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Un débat avec Marlène Schiappa, Ancienne ministre, Présidente d'Actives et Associée chez Tilder. Animé par Clémence Lemaistre.

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00:00L'EPAP Business School a été créée en 1965, elle est membre de la conférence des grandes
00:20écoles et a été labellisée établissement d'enseignement supérieur privé d'intérêt
00:25général. L'école est localisée à Paris, Nice et Abidjan et prochainement à Thionville-Luxembourg.
00:33Elle propose une large gamme de formations allant du BTS au DBA en passant par son programme
00:38grande école et deux bachelors ainsi qu'une offre de formation continue diplomante ou sur
00:43mesure. L'école accueille chaque année 2500 étudiants dont un tiers d'étudiants internationaux.
00:49La mission de l'EPAP est double, elle consiste d'abord à former des futurs managers capables
00:55de piloter les mutations digitales environnementales et sociétales et puis de produire une recherche
01:01de qualité sur le plan national comme international. Pour remplir cette mission, l'école s'appuie
01:07sur quatre piliers, un large réseau d'entreprises notamment mobilisés dans la co-construction de
01:13ces programmes, sur une recherche de premier plan pour développer les connaissances, les
01:18enseignements de pointe mais aussi pour éclairer les pratiques dans les entreprises, sur ces équipes
01:23engagées dans l'accompagnement et la réussite des étudiants et enfin sur des campus proposant
01:28un environnement multiculturel avec des étudiants issus de 40 pays différents et offrant à nos
01:34étudiants de multiples opportunités d'expatriation.
01:42Bonjour, je suis Inda Garbi, directrice générale du groupe Bureau Veritas.
01:47La mission de Bureau Veritas consiste à fournir des solutions et des services pour aider nos
01:53clients à réduire les risques, à améliorer les performances et à relever les enjeux de qualité,
01:58de santé, de sécurité, de protection de l'environnement et de développement durable.
02:04Depuis plus de 190 ans, Bureau Veritas agit en tant que tiers de confiance entre les entreprises,
02:11les gouvernements et la société en toute indépendance et impartialité.
02:17Aujourd'hui, le groupe compte plus de 82 000 collaborateurs.
02:22Pour répondre aux besoins de nos clients, nous avons élargi et diversifié notre portefeuille
02:28et notre présence géographique afin de servir nos clients dans plus de 140 pays.
02:33Nos expertises vont du textile au nucléaire en passant par les infrastructures industrielles
02:39et nous sommes guidés par des principes forts autour de l'intégrité, de l'éthique et de la sécurité.
02:45Nous sommes ainsi devenus un leader mondial dans les essais, l'inspection et la certification.
02:52Dans un monde en constante évolution, nous nous engageons à accompagner nos clients
02:57pour les aider à faire face aux nouveaux impératifs de la transition énergétique et de la décarbonation,
03:03à la reconfiguration des flux de commerce et des chaînes d'approvisionnement,
03:07aux risques climatiques et à la durabilité en général.
03:11Aujourd'hui plus que jamais, nous sommes fiers de la mission de Bureau Veritas,
03:15bâtir un monde de confiance en assurant un progrès responsable.
03:41Bonsoir à toutes et tous et bienvenue à ce club Les Éco-débats Engagement Responsable,
03:46intitulé ce soir « Femmes dirigeantes, il n'y a pas de petites ambitions ».
03:51Il y a dix jours, on célébrait la Journée internationale des droits des femmes,
03:54une journée qui est malheureusement toujours nécessaire
03:56alors qu'on est encore loin de l'égalité professionnelle entre femmes et hommes.
04:00En France, il n'y a actuellement que quatre femmes à la tête d'entreprises du CAC 40, soit 10 %,
04:05dont Inda Garbi qu'on vient de voir à la tête de Bureau Veritas.
04:09Où en est-on de l'égalité salariale, de la présence des femmes dans les conseils d'administration
04:14et les postes à responsabilité ?
04:16Comment favoriser l'épanouissement professionnel des femmes ?
04:19Quels sont les freins à leur réussite ?
04:21Autant de sujets que nous allons aborder ce soir.
04:24Je remercie d'abord nos partenaires d'avoir rendu ce débat possible,
04:27Bureau Veritas et l'IPAC Business School,
04:30qui vont participer à nos échanges à la fin de notre débat avec Marlène Schiappa.
04:34Et donc ce soir, justement, pour parler de tous ces sujets,
04:37nous avons invité l'ancienne ministre, présidente d'Activ' et associée chez Tilder, Marlène Schiappa.
04:43Marlène Schiappa, bonsoir.
04:44Bonsoir.
04:45Merci d'être là.
04:46Avec plaisir.
04:47Vous avez commencé votre carrière chez Avas il y a 20 ans.
04:49À l'époque, ça s'appelait encore Euro RSCG.
04:52Vous êtes entrepreneuse dans l'âme.
04:54Vous avez, à 24 ans, monté l'une des premières agences de production de contenu web avec Yahoo.
04:59Puis parallèlement, vous avez créé et présidé Maman Travail,
05:02le premier réseau de mères actives,
05:04qui a obtenu un pacte de transparence dans l'attribution des places en crèche.
05:08Vous avez ensuite été ministre des gouvernements du président Macron de 2017 à 2023.
05:13En charge, entre autres, de l'égalité femmes-hommes,
05:16vous avez porté la grande cause du quinquennat,
05:19le Grenelle des violences conjugales,
05:21et fait voter de nombreuses lois sur les droits des femmes.
05:24Aujourd'hui, vous êtes toujours conseillère régionale, élu de Paris,
05:27membre de la Commission du développement économique.
05:30Vous êtes également présidente fondatrice de l'ONG Active,
05:33une coalition de femmes dirigeantes et activistes
05:36engagées pour l'égalité des femmes au plus haut niveau et pour la réussite des femmes.
05:40Active est à l'initiative notamment du Next Women 40,
05:43dont les Echos sont partenaires,
05:45qui met en lumière 40 femmes remarquables,
05:47prêtes à prendre la tête des plus grandes entreprises françaises.
05:50Merci d'être avec nous.
05:51Merci à vous.
05:52À la fin de notre échange, il y aura aussi les questions de nos partenaires.
05:55Et enfin, vous qui nous écoutez en direct sur YouTube,
05:58n'hésitez pas à poser vos questions.
06:00Vous pouvez les envoyer à l'adresse suivante,
06:02clublesechos.fr, qui s'inscrit en bas de votre écran.
06:07Je répète, clublesechos.fr.
06:11Et donc, pour commencer, je vais d'abord laisser la parole à Mariale Orente-Fragas,
06:15qui est Chief People Officer chez Bureau Veritas.
06:18Et je vous laisse le soin d'introduire ce débat.
06:21Bonjour à toutes et à tous.
06:23Quelques mots pour introduire le débat ce soir.
06:28Sur un sujet de société majeure,
06:30qui est l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.
06:34Un sujet qui me tient à cœur
06:36et qui suscite à la fois de l'espoir et des inquiétudes.
06:40Des inquiétudes qu'on voit aujourd'hui
06:44par exemple le gouvernement des États-Unis
06:46qui interdit les pratiques d'inclusion et diversité,
06:51et qu'on entend un des leaders les plus influents du monde,
06:56comme Mark Zuckerberg,
06:58qui peut dire qu'il faut plus d'énergie masculine
07:01ou qu'il faut célébrer l'agressivité dans les entreprises.
07:06Mais on a aussi des motifs d'espoir.
07:10Lorsqu'on observe par exemple
07:12le progrès que la France a fait ces dernières années,
07:16le ZECO a publié le 4 mars
07:20le baromètre équilibre 25
07:24qui montre que la France est à la tête de cette palmarès
07:29avec un score de 59%
07:32au-dessus des pays comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni.
07:36Et il y a plusieurs choses où la France est vraiment à la tête.
07:41Par exemple, on a 46% des femmes
07:45qui sont dans les conseils d'administration.
07:48Et ça, c'est grâce aussi à des mesures législatives
07:52comme c'était la loi Copézie-Merman
07:55qui demandait une quota de 40% des femmes
07:59dans les conseils d'administration.
08:01Et la France, elle est aussi dans la voie
08:04quand on regarde le nombre de femmes
08:07qu'on a dans les instances d'urgence.
08:09Parce qu'aujourd'hui, on est à 28%.
08:11Quand on regarde la loi Rexxon
08:13qui nous demandait d'atteindre le 30% en mars 2026.
08:20Mais cette baromètre d'équilibre
08:22nous montre aussi des points de vigilance.
08:25Parce que même si on a atteint 28% des femmes
08:29au niveau des instances d'urgence,
08:31on voit aussi que quand il s'agit
08:33de plus hauts postes de direction,
08:36il y a une stagnation,
08:38même voire il y a un recul dans certains pays.
08:42Et quand on regarde aussi
08:44le résultat de l'index de l'égalité professionnelle
08:48qui a été publié par le ministère du Travail,
08:51on voit aussi qu'on a une progression
08:54vraiment faible, vraiment timide.
08:57On a passé de 88% à 88,5%.
09:02Et seuls 2% des entreprises
09:05ont atteint la note maximum de cet index.
09:10Et ces constats soulèvent des questions très importantes.
09:14Après avoir progressé dans les dernières années,
09:17est-ce qu'on a atteint un seuil, un plafond de verre
09:21dans les questions d'égalité professionnelle ?
09:24Quels sont les obstacles qui empêchent les femmes
09:27d'accéder à plus hautes fonctions de responsabilité ?
09:32Et comment encourager les femmes
09:34à visser des postes de direction
09:37et aussi les aider à s'affirmer dans leurs ambitions ?
09:42Voilà. Dans ce contexte,
09:44c'est l'initiative Next Women 40
09:47qui a été publiée en novembre dernier
09:51par l'ONG Active,
09:53dont Marlène Schiappa est la fondatrice et présidente.
09:57Et c'est vraiment une initiative d'une importance particulière.
10:01Il y a un jury qui a identifié 40 dirigeantes
10:05qui sont en mesure de devenir CEO
10:08des grands groupes de 440.
10:11Il s'agit vraiment de mettre en valeur
10:13ces dirigeantes qui sont très accomplies.
10:16C'est un talent.
10:18Il y a une nouvelle génération de leaders qui vient
10:21et parmi lesquelles se trouve, comme vous l'avez dit,
10:24Hinda Garvi, présidente générale de Voloveritas,
10:28qui est maintenant à la tête d'un groupe de 440.
10:31Et l'objectif est très clair,
10:33c'est de finir avec les petites ambitions.
10:36Même, je dirais, booster ces ambitions
10:39et pulvériser les obstacles qui empêchent les femmes
10:43d'accéder à tous les niveaux de responsabilité.
10:46Et alors, comment l'initiative Next Women 40
10:50peut contribuer à cet objectif ?
10:52Quels sont les leviers qu'on peut activer
10:55pour favoriser l'accès aux femmes à la pose de direction ?
10:58Et surtout, comment peut-on déconstruire
11:01les stéréotypes et les biais
11:04qui existent toujours dans le monde du travail ?
11:07Et avec ça, que l'avance les maîtres.
11:10Marlène Schiappa, je vous passe la parole
11:12pour nous donner quelques pistes de réponse.
11:14Merci.
11:15Merci beaucoup.
11:16Justement, pour commencer, j'ai assez envie
11:19de reprendre le début de votre intervention.
11:22On voit aux États-Unis,
11:24c'est en train de complètement changer.
11:26Il y a cette espèce de culture des bros,
11:28les copains d'Elon Musk et de Donald Trump.
11:30L'énergie masculine dans les entreprises
11:33est favorisée, a dit Mark Zuckerberg,
11:35en changeant complètement de ce qu'il disait auparavant.
11:38Est-ce que ce qui est en train de se passer aux États-Unis
11:41vous inquiète et vous vous dites
11:43que ça peut éventuellement venir en France, en Europe ?
11:46On l'a dit, Maria l'a dit,
11:48on a l'impression qu'on arrive à un plateau
11:50dans l'évolution professionnelle des femmes.
11:52Est-ce qu'on risque même pas de revenir en arrière
11:55avec ce qui se passe aux États-Unis ?
11:57Si, complètement.
11:58C'est effectivement très inquiétant.
12:00D'abord, comme vous l'avez très justement souligné,
12:02c'est un revirement à 180 degrés
12:04d'entreprises comme Facebook.
12:06J'avais visité Facebook quand j'étais au gouvernement,
12:08le siège à San Francisco.
12:10On donnait des primes si vous recrutiez une femme
12:12ou des personnes issues de la diversité.
12:14Ils allaient assez loin dans leur politique.
12:16Sheryl Sandberg était devenue égérie de la réussite des femmes
12:20grâce à sa carrière auprès de Mark Zuckerberg notamment.
12:23C'est vraiment un revirement,
12:25ce qui peut-être interroge sur les convictions de base
12:28puisqu'on voit qu'on suit la traîne politique.
12:30Ça illustre aussi la manière dont la politique donne le la
12:34de ce sujet dans le monde de l'entreprise
12:37puisque là, c'est le changement de gouvernement,
12:39de président aux États-Unis qui impacte cela.
12:42Ce que je déplore, c'est qu'en Europe, je trouve,
12:44nous ne défendons pas assez nos modèles.
12:46C'est-à-dire qu'on doit avoir un modèle d'entreprise à l'européenne
12:49et le modèle à l'européenne, c'est la mixité.
12:51Ce n'est pas une prime pour les femmes
12:54et ce n'est pas une énergie masculine
12:56mais c'est vraiment un modèle d'entreprise
12:58dans lequel on a un idéal de mixité, d'altérité au travail,
13:02de rencontre et de partage d'un espace de travail
13:05et de pouvoir, femmes et hommes,
13:06et c'est ce modèle qui doit être défendu, je pense.
13:08Justement, ce modèle, comment on peut le défendre ?
13:10Il y a eu beaucoup de lois,
13:11il a permis en France de le mettre en valeur
13:14et peut-être de le créer,
13:16parce qu'on partait quand même de loin.
13:18À votre avis, justement, avec le recul,
13:21on a évoqué les lois qu'il y a eues,
13:23la loi Copé-Zimmermann, la loi Rixen,
13:25l'Index sur l'égalité professionnelle.
13:27Avec le recul,
13:28quel regard portez-vous sur ces lois
13:30et est-ce qu'il faut continuer à les porter,
13:32à les appliquer
13:33ou est-ce qu'il faut qu'on change de système ?
13:35C'est assez paradoxal
13:36parce qu'on a fait une étude récemment avec l'ONG Active
13:39qui démontre que les femmes dirigeantes,
13:41quand on leur pose la question
13:42de savoir si les politiques publiques
13:44les ont aidées dans leur carrière,
13:46elles répondent non.
13:47Alors c'est un peu une claque
13:48quand on a été au gouvernement,
13:50mais bon, elles ont le mérite de l'honnêteté
13:52et voire, quand on leur demande ce qui est négatif
13:54dans la perception de la carrière des femmes,
13:56elles parlent des quotas.
13:57Alors que, mathématiquement,
13:59les quotas ont soutenu la carrière des femmes
14:01puisqu'on a maintenant de la parité
14:02dans les conseils d'administration
14:03qu'on n'avait pas avant les quotas.
14:05Donc il y a un vrai soutien des femmes
14:07grâce aux politiques de quotas,
14:08mais une méfiance des femmes elles-mêmes
14:10qui n'ont pas envie d'être assimilées
14:12à un quota, justement.
14:13Oui, c'est toute la question.
14:14On entend d'ailleurs maintenant dire
14:16les lois ont porté leurs fruits,
14:17il faut les supprimer,
14:19avec cette idée que ça éviterait peut-être
14:21qu'on continue à dire
14:23si elle a été nommée là,
14:25c'est parce que c'est une femme,
14:26ce n'est pas parce qu'elle est brillante,
14:27ce n'est pas parce qu'elle est capable,
14:29c'est juste parce que c'est une femme
14:30et il fallait qu'on mette une femme.
14:32Il faut supprimer les lois ?
14:33On est arrivé à un point
14:34où elles deviennent contre-productives ?
14:36Non, je ne crois pas.
14:37On a célébré l'anniversaire
14:38de la loi Copé-Zimmermann
14:39avec l'ONG Active
14:40à la préfecture de la région Ile-de-France,
14:41récemment,
14:42et Jean-François Copé,
14:43Marie-Josée Zimmermann,
14:44partageaient finalement,
14:45ils ont été visionnaires,
14:46il faut le dire,
14:47à ce moment-là,
14:48en portant cette loi.
14:49La France est le premier pays,
14:50d'ailleurs, du monde
14:51à avoir une loi sur les quotas,
14:52mais on voit bien
14:53que partout,
14:54il n'y a pas de quota,
14:55il n'y a pas de parité
14:56et même pas de mixité.
14:57Avec le Next Women 40,
14:58on a voulu attirer l'attention
14:59sur la tête des entreprises du CAC 40,
15:01que 3, 4 maintenant femmes
15:03et le reste des hommes,
15:05donc 10% même pas,
15:06c'est-à-dire que quand il n'y a pas de quota,
15:07on est à 10% au global,
15:09donc les quotas restent nécessaires
15:11et moi, je dis en taquinant
15:12qu'un jour,
15:13les quotas protégeront les hommes
15:14puisque ce sont des quotas
15:15du genre minoritaire.
15:16Donc je pense que c'est une bonne mesure
15:19et c'est un mal nécessaire en tout cas.
15:21Et donc pour l'instant,
15:22il faut les garder ?
15:23Oui, parce que vous savez,
15:24on dit parfois c'est vexant
15:25d'être nommé parce que vous êtes une femme,
15:26mais ce qui est encore plus vexant,
15:27c'est ne pas être nommé du tout.
15:28Ce qui est vexant,
15:29c'est que vous avez eu des successions
15:30à des grandes entreprises,
15:31Aéroports de Paris,
15:32Crédit Agricole
15:33et d'autres qui sont ouvertes aujourd'hui
15:35dans lesquelles vous n'avez pas
15:36une femme shortlistée
15:37et à peine,
15:38peut-être de temps en temps,
15:39une femme citée dans la presse
15:40mais qui n'est pas réellement considérée
15:42comme une candidate sérieuse.
15:44C'est juste pour avoir une femme
15:45dans la shortlist ?
15:46Voilà, c'est le syndrome
15:47de l'âge trompette
15:48où on va avoir une femme
15:49et je trouve que c'est désolant.
15:50Je ne dis pas qu'il faille
15:51nommer des femmes à tout prix.
15:53Si c'est un homme qui a le poste,
15:54c'est un homme,
15:55mais je pense que dans la shortlist,
15:56on pourrait faire l'effort
15:57d'auditionner,
15:58de considérer les parcours de femmes.
16:00C'est le sens aussi
16:01du Next Women 40.
16:02C'est de dire regardez,
16:03ces femmes dirigeantes,
16:04elles existent.
16:05Donc si on les cherche,
16:06on les trouve.
16:07C'est ça.
16:08Et justement,
16:09avec le Next Women 40,
16:10est-ce que vous avez l'impression
16:14qu'il y a des grands patrons
16:15qui sont venus vous voir
16:16en disant
16:17grâce au Next Women 40,
16:19maintenant je sais
16:20qui je pourrai shortlister
16:21ou pas encore ?
16:22Oui, d'abord parce qu'on avait
16:24un jury extrêmement solide
16:27dont vous faisiez partie
16:28parce que les Echos
16:29sont partenaires du Next Women 40.
16:30Donc on avait un jury solide
16:31avec la patronne de l'Indie,
16:33la présidente d'Air France,
16:34des chasseuses de tête,
16:36des DGRH de grands groupes,
16:38etc.
16:40Et donc ce jury a fait
16:41un travail sérieux
16:42pendant plusieurs mois
16:43de passage en revue
16:44de centaines de profils de femmes,
16:46membres de COMEX,
16:47du SBF 120,
16:48du CAC 40,
16:49patronne de grosses ETI,
16:50de grosses entreprises publiques,
16:51etc.
16:52Donc le sérieux de ce travail
16:53a été reconnu.
16:54D'ailleurs,
16:55l'une de nos Next Women 40,
16:56la patronne de Bureau Véritas,
16:58est rentrée au CAC 40
16:5915 jours après la publication
17:01du Next Women 40.
17:02Alors on n'y est pour rien,
17:03t'es obligé à dire,
17:04mais ça montre le sérieux
17:06de cette liste et le crédit.
17:07Et ce qui nous a fait
17:08vraiment plaisir,
17:09ce sont les CEOs
17:10qui ont relayé
17:11et qui ont félicité
17:12les membres de leurs équipes.
17:13Vous voyez,
17:14par exemple,
17:15Yann Dessy de Carrefour,
17:16Agathe Bousquet de Publicis,
17:17il y en a beaucoup d'autres,
17:19Cécile Belliot de Bell,
17:21je ne vais pas toutes les citer,
17:22mais quand on a vu
17:23des communiqués des entreprises
17:24disant on est fière,
17:26on a une femme leader
17:27dans nos équipes
17:28qui a vocation
17:29à être reconnue
17:30en tant que dirigeante
17:31importante de ce pays,
17:32quand elles sont reçues
17:33à l'Élysée
17:34et que les CEOs des groupes
17:36ou les actionnaires
17:37les félicitent,
17:38oui, ça nous fait plaisir.
17:39Oui, on se dit qu'on a marqué
17:40un petit point.
17:41On dit aussi souvent
17:43qu'on a du mal
17:44à trouver des femmes dirigeantes
17:45et des femmes
17:46qui acceptent
17:47de prendre des postes
17:48à responsabilité
17:49et à haute responsabilité.
17:50Justement,
17:51les femmes subrides,
17:52elles pensent souvent
17:53qu'elles ne sont pas
17:54à la hauteur
17:55et vous en parlez
17:56dans votre livre
17:57Nos six petites ambitions,
17:58vous évoquez notamment
17:59ce syndrome de cendrillon.
18:00Est-ce que vous pouvez
18:01nous en parler plus ?
18:02Bien sûr,
18:03c'est le syndrome de cendrillon,
18:04c'est le syndrome
18:05de la bonne élève,
18:06c'est-à-dire comme cendrillon,
18:07on a l'impression
18:08que métaphoriquement au travail,
18:09on fait très bien le ménage
18:10et qu'un jour,
18:11quelqu'un va venir nous voir
18:12et dire mais j'ai remarqué
18:13que tu travailles très bien,
18:14tu arrives tôt,
18:15tu pars tard,
18:16tu as des performances remarquables,
18:17je vais donc t'emmener
18:18vivre avec moi dans un château
18:19et donc te donner
18:20une promotion symboliquement
18:21et en fait,
18:22ça ne se passe pas comme ça.
18:23Il y a un travail
18:24de savoir-faire
18:25mais il y a aussi
18:26un travail de faire savoir
18:27et les femmes,
18:28en général,
18:29se minimisent.
18:30C'est pour ça que j'ai appelé
18:31ce livre
18:32Nos six petites ambitions
18:33parce que les femmes
18:34utilisent beaucoup
18:35le mot petit
18:36pour parler d'elles.
18:37Un homme,
18:38même si ça fait deux jours
18:39et qu'il est auto-entrepreneur,
18:40il va dire qu'il est CEO.
18:41Regardez,
18:42les profils LinkedIn
18:43sont remplis d'hommes CEOs
18:44ou DG de quelque chose.
18:45Une femme va dire
18:46j'ai une petite équipe,
18:47j'ai une petite performance.
18:48D'ailleurs,
18:49beaucoup de femmes
18:50du Next Women 40
18:51quand on les a contactées
18:52n'ont pas cru au début
18:53qu'elles étaient sélectionnées.
18:54On pensait que c'était une erreur,
18:56que ce n'était pas à elles
18:57que c'était destiné.
18:58Donc vraiment,
18:59on a un travail
19:00à mener en tant que femme
19:01sur le fait d'accepter
19:02d'avoir de grandes ambitions
19:03et d'accepter
19:04d'être fière de son travail
19:05et de le dire.
19:06Et comment justement
19:07aider ces femmes
19:09ou alors aider ces femmes
19:10d'abord à être fière
19:11de leurs ambitions,
19:12qu'il n'y a pas de honte à avoir
19:13et qu'elles en sont capables.
19:14Il y a ça,
19:15comment les aider maintenant ?
19:16Mais est-ce que aussi
19:17vous feriez des recommandations
19:18du plus long terme ?
19:19Parce que là,
19:20on parle de femmes
19:21qui sont déjà quand même
19:22arrivées très haut.
19:23Comment faire
19:24pour que peut-être
19:25toutes petites,
19:26les petites filles
19:27se disent que plus tard
19:28elles pourraient devenir
19:29après tout PDG du CAC 40 ?
19:31Complètement.
19:32Et ce qui est vrai aussi,
19:33c'est que je n'ai pas envie
19:34de culpabiliser les femmes
19:35davantage.
19:36C'est pour ça que le sous-titre
19:37de mon livre,
19:38il s'appelle
19:39Nos six petites ambitions
19:40pour une révolution
19:41de la réussite des femmes.
19:42Parce que je dis que c'est
19:43systémique finalement.
19:44On a, c'est vrai,
19:45des femmes qui refusent
19:46des interviews,
19:47qui refusent
19:48de prendre la parole,
19:49qui sont très frileuses
19:50par rapport à la mise en avant,
19:51à la communication personnelle.
19:52Et en même temps,
19:53c'est vrai que les femmes
19:54qui se mettent en avant,
19:55qu'elles soient politiques,
19:56journalistes,
19:57femmes d'entreprise,
19:58elles reçoivent souvent
19:59un backlash assez fort.
20:00En tant que femmes,
20:01elles sont critiquées
20:02sur leur voix,
20:03leur coiffure,
20:04leur vêtement,
20:05leur apparence,
20:06leur vie privée réelle
20:07ou supposée.
20:08Qu'on ne ferait jamais
20:09avec un homme.
20:10Bien sûr.
20:11Et donc les autres femmes
20:12se disent peut-être
20:13pour vivre heureuse,
20:14vivons cachés
20:15et travaillons bien
20:16dans le syndrome
20:17de la bonne élève, etc.
20:18Donc c'est aussi un regard
20:19qu'on doit changer
20:20pour ne pas accabler les femmes
20:21de présomptions d'incompétence
20:22alors qu'on a
20:23une présomption de compétence
20:24pour un homme qui s'exprime.
20:25Et est-ce qu'il y a
20:26des choses concrètes
20:27qu'on pourrait faire
20:28pour aider ces femmes
20:29ou des conseils concrets
20:30que vous pourriez leur donner ?
20:31Est-ce qu'il y a
20:32forcément de réseaux à créer
20:33et peut-être dès l'école
20:34faire en sorte
20:35qu'elles soient formées
20:36ou en tout cas
20:37qu'on leur donne
20:38la possibilité
20:39de penser pour elles-mêmes ?
20:40Complètement.
20:41Et de manière
20:42assez contre-intuitive
20:43puisque j'ai créé une ONG
20:44qui s'appelle Active
20:45et qui défend
20:46la réussite des femmes.
20:47Mais moi,
20:48j'inciterais les femmes
20:49à aller vers des réseaux
20:50mixtes également
20:51et pas à rester forcément
20:52incarner justement
20:53la femme leader.
20:54Je pense qu'il y a
20:55un devoir quasiment
20:56de rôle modèle
20:57quand on est une femme
20:58qui a réussi
20:59comme ses 40 ans
21:00et qui a réussi
21:01comme ses 40 femmes
21:02du Next Women 40.
21:03Mais d'un point de vue
21:04très pragmatique,
21:05je pense qu'il faut
21:06accepter aussi
21:07de prendre la parole
21:08sur ces sujets
21:09de compétence
21:10et se dire
21:11qu'on n'est pas
21:12moins compétente
21:13qu'un homme leader.
21:14Chez Tilder,
21:15ça fait un an et demi
21:16maintenant depuis que
21:17j'ai quitté le gouvernement
21:18que j'accompagne
21:19des dirigeants
21:20et des dirigeantes
21:21et je vois vraiment
21:22des différences
21:23de comportement.
21:24Je sais qu'un dirigeant,
21:25quand je lui propose
21:26une visibilité média,
21:27va dire oui.
21:28Donc 99% des cas,
21:29la femme dirigeante,
21:30elle veut vraiment savoir
21:31quand ou sur quel sujet
21:32avoir les questions
21:33très très bien préparées.
21:34Les femmes aiment préparer
21:35vraiment ce qui va se passer.
21:36Ça les rassure.
21:37Ça les rassure
21:38et parce qu'aussi
21:39elles savent
21:40qu'elles vont être
21:41davantage critiquées.
21:42Donc il y a aussi
21:43ce sujet d'accepter
21:44aussi d'être visible
21:45finalement,
21:46ce qui est plus difficile
21:47pour les femmes.
21:48Et d'accepter
21:49d'être critiquée du coup.
21:50Oui, d'accepter
21:51d'être critiquée
21:52et après en même temps
21:53d'être aussi insurgée
21:54quand on est critiquée
21:55de manière injuste.
21:56Qu'une femme dirigeante
21:57soit critiquée
21:58pour sa robe,
21:59sa coiffure,
22:00son apparence.
22:01C'est effectivement injuste.
22:02On ne le ferait pas
22:03pour un homme dirigeant.
22:04On ne le fait pas d'ailleurs
22:05pour un homme dirigeant.
22:06Et on voit qu'on a
22:07d'ailleurs des critères
22:08plus importants
22:09pour les femmes.
22:10C'était une difficulté
22:11dans le jury
22:12du Next Women 40
22:13quand on a défini
22:14les critères
22:15de ce qu'est
22:16une bonne future patronne
22:17du CAC 40.
22:18On avait une liste
22:19de critères.
22:20J'ai dit mais aucun patron
22:21du CAC 40
22:22ne coche toutes ces cases.
22:23Donc ne soyons pas
22:24plus exigeants
22:25vis-à-vis des femmes
22:26qu'on l'est vis-à-vis des hommes.
22:27Elles le sont déjà suffisamment
22:28envers elles-mêmes.
22:29Et vous pensez vraiment
22:30qu'on est plus exigeants
22:31pour les femmes ?
22:32Oui, bien sûr.
22:33Il y a une présomption
22:34d'incompétence
22:35pour les femmes.
22:36Ce qui fait qu'on a
22:37un peu ce double standard
22:38et ça s'illustre.
22:39Regardons par exemple
22:40sur n'importe quelle
22:41prise de parole
22:42ou sur n'importe quel
22:43réseau social.
22:44J'en parle dans le livre
22:45« Nos six petites ambitions »
22:46sur cette habitude
22:47agaçante du mansplaining.
22:48C'est-à-dire de venir
22:49expliquer à une femme
22:50son propre domaine
22:51de compétence.
22:52Vous, vous êtes
22:53journaliste aux Echos.
22:54Vous allez être
22:55dans une soirée.
22:57Vous expliquez
22:58le journalisme économique.
22:59Et il sera sûr
23:00qu'il a raison
23:01et que vous avez besoin
23:02et qu'il est gentil
23:03de partager son savoir
23:04avec vous.
23:05On le voit sur LinkedIn.
23:06Dès lors qu'il y a
23:07une femme qui partage
23:08quelque chose,
23:09vous avez systématiquement
23:10quelqu'un, un homme,
23:11qui vient lui expliquer
23:12ou alors la traiter
23:13avec condescendance.
23:14Lui expliquer que
23:15c'est quantité négligeable.
23:16Je le raconte
23:17avec un peu d'ironie
23:18dans le livre
23:19en disant « même ma fromagère
23:20se fait mansplainer »
23:21en racontant une anecdote
23:22d'une fromagère,
23:23quelqu'un qui vient
23:24lui expliquer que ce qu'elle vend
23:25n'est pas vraiment du camembert
23:26et elle s'énerve en disant
23:27« je suis fromagère
23:28que depuis 35 ans après tout ».
23:29Et en fait,
23:30cette habitude
23:31d'être remise en question
23:32dans sa compétence,
23:33elle existe.
23:34J'en finis avec ça,
23:35mais un exemple,
23:36si vous prenez
23:37n'importe quelle émission
23:38professionnelle,
23:39vous avez un homme
23:40qu'on ne connaît pas
23:41mais qui est en costume
23:42avec une cravate
23:43qui est un homme,
23:44il bénéficie
23:45de la présomption
23:46d'expertise.
23:47On part du principe
23:48que c'est un expert.
23:49De quoi ?
23:50On ne sait pas encore,
23:51il n'a pas encore pris la parole,
23:52mais il ressemble à un expert.
23:53Et si vous avez
23:54une femme à côté
23:55et de surcroît
23:56si elle a du maquillage,
23:57des vêtements colorés,
23:58si elle est jeune,
23:59âgée,
24:00issue de la diversité,
24:01bref,
24:02si elle sort de ce qu'on voit
24:03d'habitude,
24:04vous avez une présomption
24:05d'incompétence,
24:06d'outsider
24:07et la première question sera
24:08« qu'est-ce qu'elle fait là,
24:09celle-là ? »
24:10Et ça,
24:11il suffit de regarder
24:12n'importe quel commentaire,
24:13même pas forcément
24:14sur les réseaux sociaux,
24:15mais sur n'importe quel
24:16journal sérieux,
24:17vous regardez les commentaires
24:18quand il y a une femme
24:19en photo ou en vidéo.
24:20En général,
24:21la moitié remet en question
24:22la compétence
24:23même de la femme
24:24avant de débattre
24:25de ce qu'elle est
24:26en train de dire.
24:27Son expertise.
24:28Absolument.
24:29Tout à fait.
24:30Ou la façon dont elle est habillée.
24:31Justement,
24:32pour changer ces mentalités,
24:33on parle aussi,
24:34pour reprendre
24:35sur la carrière
24:36de la femme
24:37qui serait peut-être
24:38moins experte,
24:39on parle aussi
24:40de la question
24:41de la maternité.
24:42Je change un peu
24:43de débat,
24:44mais comment faire
24:45pour que les mentalités changent
24:46et que cette question
24:47de la maternité
24:48ne pèse pas
24:49sur la carrière des femmes ?
24:50Parce qu'à chaque fois,
24:51on dit non seulement
24:52qu'elles ont deux mois,
24:53trois mois,
24:54parce qu'elles ont un enfant,
24:55mais après,
24:56évidemment,
24:57elles vont devoir s'occuper
24:58des enfants.
24:59Donc,
25:00elles vont être moins
25:01au bureau à travailler.
25:02Comment on pourrait faire
25:03changer ces mentalités ?
25:04C'est un sujet
25:05vraiment crucial.
25:06Avant de rentrer au gouvernement,
25:07j'ai présidé dix ans
25:08une association
25:09que j'avais fondée déjà
25:10qui s'appelait
25:11Maman Travail.
25:12J'avais écrit un livre
25:13sur le plafond de mer,
25:14c'est-à-dire
25:15le plafond de verre
25:16appliqué à la maternité
25:17et comment la maternité
25:18freine la carrière des femmes.
25:19Il y a différents calculs
25:20qui montrent qu'il y a
25:22un daddy bonus,
25:23c'est-à-dire
25:24la vision qu'on va avoir
25:25de l'homme
25:26qui annonce
25:27qu'il va avoir un enfant,
25:28c'est qu'il est chef de famille,
25:29il est responsable,
25:30il est pourvoyeur quasiment
25:31de revenus pour sa famille
25:33et donc,
25:34il faut bien le considérer
25:35dans sa carrière,
25:36alors que la femme,
25:37effectivement,
25:38on part du principe
25:39qu'elle va partir.
25:40Mais je pense que la répartition
25:41des responsabilités parentales
25:43est déjà une clé.
25:44Quand j'étais au gouvernement,
25:45on a allongé
25:46le congé paternité
25:47à 30 jours.
25:48Je pense que c'est déjà
25:49un pas important
25:50pour dire que les pères
25:51ont un rôle à jouer
25:52dans la cellule familiale
25:54et qu'on peut revoir
25:56ce modèle hétéro-traditionnel
25:58du couple
25:59femmes-hommes
26:00où la femme fait l'essentiel
26:01des tâches ménagères.
26:02Mais vous savez,
26:03c'est assez récent, en fait.
26:04Je me souviens que
26:05quand j'avais créé
26:06mon association Maman Travaille,
26:07à l'époque,
26:08la Convention collective
26:09des métiers de la publicité
26:10prévoyait que les hommes
26:11pouvaient prendre
26:12des congés enfants malades
26:13uniquement s'ils étaient veufs
26:14ou divorcés,
26:15chargés de famille.
26:16Et ce n'était pas
26:17la situation...
26:18C'était forcément la maman.
26:19Exactement.
26:20Donc, en fait,
26:21cette idée reçue
26:22selon laquelle
26:23le parent principal,
26:24c'est la mère,
26:25et si la mère n'est pas là,
26:26qu'elle est occupée,
26:27qu'elle a disparu,
26:28etc.,
26:29le père devient un parent
26:30à part entière,
26:31cette idée,
26:32elle existe quand même encore.
26:33Elle est complètement
26:34dans la société.
26:35On le voit,
26:36je ne sais pas si vous avez
26:37eu des enfants à l'école,
26:38enfin, si.
26:39Quand les enfants sont malades,
26:40en général,
26:41l'école appelle d'abord
26:42la mère
26:43avant d'appeler le père.
26:44Et en même temps,
26:45là aussi,
26:46il y a quelque chose de nous.
26:47Quand mes filles étaient petites,
26:48j'avais 18 ans et 13 ans,
26:49mais quand elles étaient petites,
26:50je télétravaillais le mercredi,
26:52j'essayais d'être présente pour elles,
26:54j'allais moi-même au carmesse,
26:55aux sorties d'école,
26:56etc.
26:57Donc, on est aussi
26:58dans cette ambivalence
26:59parce qu'on a envie de s'engager
27:00et c'est bien normal
27:01pour élever nos enfants
27:02et dans le même temps,
27:03on sait qu'on va être pénalisés.
27:04Donc, il y a peut-être,
27:05là aussi,
27:06quelque chose à revoir
27:07du système global
27:08en se disant
27:09qu'un salarié
27:10ou un dirigeant
27:11qui est heureux,
27:12c'est aussi un dirigeant
27:13qui a le temps
27:14de prendre le soin
27:15Mais on le voit
27:16toujours dans cette idée
27:17que la femme,
27:18elle s'occupe plus
27:19des enfants
27:20que de son travail.
27:21Je ne sais pas
27:22si vous avez vu
27:23l'image d'Elon Musk
27:24pour revenir à lui
27:25dans le bureau ovale
27:26avec son fils
27:27sur les épaules
27:28et tout le monde dit
27:29c'est mignon,
27:30il est venu avec son fils.
27:31D'ailleurs, on le voit
27:32quand un homme
27:33vient avec son enfant,
27:34fille ou garçon,
27:35c'est pas la question,
27:36au bureau,
27:37tout le monde est là
27:38c'est super,
27:39il s'occupe de ses enfants
27:40mais quel homme extraordinaire.
27:41Alors que quand une femme
27:42vient avec son enfant au bureau,
27:43en général,
27:44c'est qu'elle est mal organisée
27:45ou que l'enfant est malade
27:46ou qu'il y a eu un problème
27:47à la crèche
27:48ou je sais pas quoi.
27:49C'est vrai que la vision
27:50n'est pas du tout
27:51la même.
27:52Moi, j'ai toujours profité
27:53du fait d'être
27:54un peu médiatisé
27:55pour justement imposer
27:56le fait de venir
27:57avec mes enfants
27:58et le fait même,
27:59une fois,
28:00d'être en retard
28:01à l'Assemblée nationale
28:02de 6 minutes
28:03parce que ma fille
28:04était malade
28:05et j'avais voulu
28:06en faire un sujet
28:07et en parler justement
28:08pour qu'on puisse considérer
28:09que quand une femme
28:10est en difficulté
28:11avec ses enfants,
28:12elle n'est pas à mentir
28:13que son enfant est malade.
28:14J'ai des femmes
28:15qui me disaient
28:16je fais semblant
28:17que je suis malade
28:18pour pas dire
28:19mon enfant est malade
28:20sinon on va me le reprocher.
28:21Donc je pense que là,
28:22c'est vraiment fondamental.
28:23Mais peut-être,
28:24pour finir sur une note positive,
28:25je rentre des États-Unis
28:26et c'est vrai que
28:27dans les entreprises américaines,
28:28on nous envie beaucoup
28:29le congé maternité
28:30mais aussi le fait
28:31qu'en droit du travail,
28:32on ne peut pas licencier
28:33une femme enceinte
28:34ou qui revient
28:35de congé maternité
28:36et qu'en revenant
28:37de congé maternité,
28:38on a droit à une augmentation
28:39égale à la moyenne
28:40des augmentations du service
28:41et c'est l'avantage
28:42du droit français
28:43qui bénéficie
28:44et qui protège
28:45en tout cas
28:46les femmes enceintes au travail.
28:47Oui, on le voit d'ailleurs
28:48l'exemple qui avait été donné
28:49par rapport au Royaume-Uni
28:50ou l'Allemagne
28:51et notamment,
28:52on voit en Allemagne
28:53où il y a un gros problème.
28:54Les femmes ne travaillent pas
28:55et n'arrivent pas
28:56à déposer sa responsabilité.
28:57C'est quand même dû
28:58à la politique familiale française.
29:01Pour revenir sur l'histoire
29:02du congé paternité
29:03qui a été allongé,
29:04est-ce que vous savez
29:06si on voit déjà des effets
29:08dans le partage des tâches
29:09où c'est encore un peu tôt
29:10et est-ce qu'il faudrait
29:11l'allonger encore plus
29:12ou qu'il soit vraiment
29:13partagé à deux ?
29:14Alors, on ne voit pas
29:15encore des effets,
29:16on n'a pas mesuré
29:17en tout cas encore des faits.
29:18En revanche,
29:19il y a plus de congés paternités
29:20qui sont pris
29:21que la réforme précédente
29:22qui visait à partager
29:23le congé parental
29:24où là, on était vraiment
29:25sur autre chose.
29:27Mais effectivement,
29:28ce n'est pas une baguette magique
29:29le congé paternité allongé.
29:31J'ai eu même des femmes
29:33de mon association
29:34qui me disaient
29:35qu'elles préféraient
29:36être toutes seules
29:37avec le bébé
29:38qu'elles avaient moins de travail.
29:39C'est un peu ironique
29:40d'aller là-dedans
29:41et il y a évidemment
29:42autant de configurations
29:43qu'il y a de couples
29:44et qu'il y a de familles.
29:45Mais c'est vrai que les femmes
29:46arrivent aussi à un moment,
29:47parfois,
29:48quand elles sont en âge
29:49d'être dirigeantes
29:50où elles sont un peu
29:51en sandwich
29:52entre leurs enfants
29:53qui soient petits
29:54ou qui sont en train
29:55de passer le bac,
29:56ce qui est un peu chronophage aussi,
29:57je salue ma fille,
29:58et les parents.
29:59Parce qu'on arrive
30:00dans une génération
30:01où on a des parents
30:02qui sont peut-être
30:03parfois malades, dépendants,
30:04qui ont besoin d'aide,
30:05des parents ou des beaux-parents
30:06d'ailleurs,
30:07puisque les femmes
30:08ont besoin
30:09des beaux-parents.
30:10Et donc on se retrouve
30:11un peu en sandwich
30:12en train de tenir
30:13à bout de bras
30:14deux générations,
30:15ce qui prend du temps,
30:16de la charge mentale,
30:17de l'énergie,
30:18mais qu'on doit faire.
30:19Tout à fait.
30:20Je regarde l'heure
30:21pour être sûre
30:22qu'on n'est pas
30:23en train de déborder.
30:24Non, c'est bon.
30:25Est-ce qu'on a
30:26beaucoup parlé
30:27justement de tous ces débats ?
30:28On a parlé
30:29des jeunes femmes
30:30en se disant
30:31que peut-être
30:32qu'on est en train
30:33de leur ouvrir la voie.
30:34Est-ce que vous auriez
30:35un conseil à leur donner ?
30:36Je ne sais pas,
30:37peut-être qu'ils ont
30:38un conseil à leur carrière
30:39et qu'ils se disent
30:40que plus tard,
30:41peut-être,
30:42elles voudraient devenir dirigeantes
30:43ou avoir des postes
30:44à responsabilité,
30:45parce que c'est vrai
30:46qu'on a parlé
30:47des femmes dirigeantes
30:48avec le Next Forum M40.
30:49On a parlé des femmes
30:50dans les conseils
30:51d'administration
30:52avec la loi Copé-Zimmermann,
30:53mais il y a tous
30:54ces postes à responsabilité
30:56qui sont encore
30:57très masculins.
30:58Quel conseil
30:59on pourrait donner
31:00à ces femmes,
31:01à ces jeunes femmes
31:02qui débutent leur carrière
31:03pour pouvoir continuer
31:04de grimper
31:05et d'arriver
31:06à la responsabilité ?
31:07D'aller se projeter déjà,
31:08de se projeter
31:09dans ces métiers-là
31:10quand elles sont jeunes,
31:11étudiantes,
31:12de faire des stages
31:13et d'aller contacter
31:14des femmes
31:15qui sont déjà patronnes.
31:16Elles sont toujours
31:17très heureuses
31:18d'avoir aussi
31:19ce côté rôle modèle,
31:21finalement,
31:22d'inspirer
31:23des jeunes générations
31:24et puis d'aller voir
31:25des femmes et des hommes
31:26aussi, d'ailleurs,
31:27qui réussissent
31:28et de ne pas se mettre
31:29de limites,
31:30de ne vraiment pas
31:31freiner leurs ambitions
31:32et de se demander
31:33ce qui leur plaît.
31:34Je pense que c'est ça
31:35de multiplier les expériences,
31:36les observations,
31:37les stages, etc.,
31:38pour trouver vraiment
31:39ce qui fait vibrer.
31:40Je pense qu'on n'est jamais
31:41aussi bon
31:42que quand on est
31:43dans vraiment quelque chose
31:44qui nous donne absolument
31:45envie de nous dépasser,
31:46de refondre
31:47complètement
31:48l'écosystème
31:49dans lequel
31:50on va travailler
31:51et voilà,
31:52de trouver vraiment
31:53ce qui leur plaît à elles
31:54profondément
31:55au fond d'elles.
31:56Et peut-être aussi
31:57rencontrer des gens
31:58qui pourront les pousser.
31:59Vous pensez
32:00que ça peut fonctionner
32:01comme ça ?
32:02Est-ce qu'il y a
32:03un moyen
32:05d'aider ces femmes
32:06à avoir des postes
32:07à responsabilité ?
32:08Dans le sens,
32:09vous avez parlé
32:10de clubs
32:11ou d'associations.
32:12Comment elles peuvent
32:13les trouver ?
32:14À quelle porte
32:15elles doivent frapper ?
32:16Moi, je pense que d'abord,
32:17il y a un travail
32:18sur ces marqueurs
32:19à faire,
32:20c'est-à-dire
32:21qu'est-ce qu'on défend,
32:22qu'est-ce qu'on incarne
32:23une fois qu'on va
32:24les frapper
32:25à une porte ?
32:26Qu'est-ce qu'on va dire ?
32:27Voilà, exactement,
32:28des mails de gens
32:29qui proposent
32:30de vous rencontrer
32:31et de vous demander
32:32des mails de gens
32:33qui proposent
32:34de vous rencontrer
32:35mais on en a
32:36plusieurs dizaines par jour
32:37et qu'est-ce qui fait
32:38qu'on va retenir quelque chose ?
32:39Quel apport ?
32:40Moi, je dis souvent
32:41quand je vais dans des écoles,
32:42dans des grandes écoles
32:43ou dans des universités,
32:44je dis à chaque fois aux jeunes
32:45en fait,
32:46votre jeunesse
32:47est un atout
32:48parce que des personnalités,
32:49des dirigeants
32:50qui ont 40 ans
32:51et quelques comme moi
32:52ou 50 ans,
32:5360 et plus,
32:54en fait,
32:55on n'est pas au fait
32:56de ce qu'aiment les jeunes
32:57aujourd'hui,
32:58de ce qu'ils pensent,
32:59de l'opinion finalement
33:00de cette génération
33:01parce qu'on a parlé
33:02des marques
33:03de grandes distributions
33:04mais des marques de luxe
33:05également,
33:06des médias,
33:07on a tous besoin
33:08de toucher
33:09ces jeunes générations
33:10donc moi,
33:11je leur dis à chaque fois,
33:12réfléchissez à ce que
33:13vous savez vous
33:14que le dirigeant ne sait pas.
33:15N'essayez pas de rentrer
33:16dans un moule
33:17ou de singer
33:18des dirigeants existants.
33:19Dites-vous,
33:20vous,
33:21qu'est-ce que vous avez vécu,
33:22qu'est-ce que vous avez observé
33:23qui peut attirer quelque chose
33:24chez eux
33:25et se dire,
33:26tiens, ça,
33:27je ne le savais pas
33:28et lui ou elle,
33:29il me l'apprend.
33:30Pour avoir...
33:31Et des plus âgés
33:32mais pour avoir
33:33une diversité de générations
33:34et des jeunes qui arrivaient
33:35avec des idées
33:36que je n'aurais évidemment
33:37pas eues.
33:38Parce que vous ne connaissiez pas.
33:39Pour avoir plus de femmes
33:40à responsabilité,
33:41est-ce que
33:42on pourrait imaginer
33:43que la loi oblige
33:44à avoir des formations ?
33:45Parce que c'est vrai
33:46que souvent,
33:47elles n'osent pas,
33:48elles ne savent pas
33:49mais il faut les former.
33:50On dit,
33:51mais il n'y avait personne,
33:52personne n'a postulé
33:53pour être chef
33:54ou pour être responsable
33:55et on se dit,
33:56ben oui,
33:57mais en fait,
33:58on ne les a pas aidées
34:00mais ça peut être valable
34:01pour les hommes.
34:02D'ailleurs,
34:03comme on voit que les jeunes
34:04ont de moins envie
34:05de faire du management,
34:07est-ce qu'on pourrait
34:08presque imaginer
34:09que la loi oblige
34:10à avoir des formations,
34:11du coaching
34:12dans les grandes entreprises ?
34:14Je suis très ambivalente
34:15par rapport à ça
34:16parce qu'il y a
34:17beaucoup de formations
34:18destinées aux femmes
34:19et je vais vous dire
34:20à quel point je suis ambivalente,
34:21j'ai suivi ces formations.
34:22Quand je suis partie
34:23du gouvernement,
34:24la première chose que j'ai fait
34:25c'est aller me faire certifier
34:26à l'EMU
34:27en tant qu'administratrice d'entreprise
34:28pour la gouvernance
34:29d'entreprise, etc.
34:30J'avais monté deux agences,
34:31j'avais été ministre sept ans.
34:32Je veux dire,
34:33factuellement,
34:34je n'avais pas besoin
34:35de faire la formation
34:36mais comme beaucoup de femmes
34:37et comme beaucoup de personnes
34:38qui doutent d'elles-mêmes,
34:39j'avais besoin d'aller
34:40suivre cette formation.
34:41Et du coup,
34:42je suis gênée
34:43parce que je vois
34:44beaucoup de femmes
34:45qui font ces formations
34:46pour devenir administratrice
34:47et je vois très peu d'hommes
34:48en réalité,
34:49suivre ces mêmes cursus.
34:50Donc ça veut dire
34:51que nous,
34:52on a assimilé
34:53qu'on avait besoin
34:54d'une validation,
34:55d'un certificat,
34:56d'un temps plein.
34:57Et que le moindre
34:58se passe.
34:59Donc finalement,
35:00est-ce qu'on a besoin
35:01vraiment d'inciter
35:02les femmes ?
35:03Je ne sais pas.
35:04Mais en revanche,
35:05ce que je sais,
35:06c'est que très souvent
35:07quand je fais des conférences
35:08avec des femmes dirigeantes,
35:09je leur demande
35:10un tour de table
35:11ou quelques-unes
35:12de se présenter au début
35:13et à la fin,
35:14je leur dis en fait
35:15vous allez vous représenter
35:16mais sans le mot petit,
35:17sans le mot
35:18j'ai modestement fait ci,
35:19sans le mot humilité
35:20et présentez-vous
35:21de la manière
35:22la plus arrogante possible.
35:23Je le dis de façon caricaturale
35:24exprès.
35:25Et là,
35:26elles se présentent
35:27comme si elles étaient
35:28un homme dirigeant
35:29en disant
35:30j'ai la première A,
35:31j'ai doublé les performances 2,
35:32je dirige une équipe
35:33de tant de milliers
35:34de personnes.
35:35Mais ça demande
35:36un petit travail sur soi
35:37pour se défaire
35:38de cette modestie féminine.
35:39C'est le côté
35:40bonne élève
35:41qu'on a appris
35:42à ne pas justement
35:43être devant le projecteur.
35:44À ne pas être
35:45trop arrogante
35:46en tant que femme.
35:47C'est vraiment,
35:48on a peur en tant que femme
35:49d'être arrogante
35:50ou impolie.
35:51Je dis parfois
35:52soyez arrogante
35:53et impolie 30 secondes.
35:54Le temps de vous présenter.
35:56D'accord.
35:57Merci beaucoup.
35:58On va continuer
35:59et je vais faire appel
36:00à nos partenaires
36:01qui avaient aussi
36:02plein de questions
36:03à vous poser.
36:04Du coup,
36:05je vais leur laisser la parole.
36:06Tout d'abord,
36:07Marie-Josée Scotto
36:08qui est professeure
36:09à l'IPAC Business School
36:10et responsable
36:11du département
36:12de ressources humaines
36:13et RSE.
36:14Marie-Josée,
36:15je vous laisse poser vos questions.
36:16Merci beaucoup.
36:17Madame la ministre.
36:18Bonjour,
36:19je suis vraiment ravie
36:20de vous rencontrer
36:21et de cette opportunité.
36:22Moi, j'avais une question
36:23sur votre passage
36:24au ministère
36:25des droits des femmes
36:26et je voulais savoir,
36:27à votre avis,
36:28quelles étaient
36:29les actions
36:30les plus emblématiques,
36:31celles où vraiment
36:32vous considérez
36:33que vous avez fait
36:34bouger les lignes
36:35et notamment
36:36dans le fait
36:37que ces actions
36:38puissent se transférer
36:39au niveau des territoires
36:40parce qu'on a
36:41des politiques nationales.
36:42Voilà.
36:43Quel est votre...
36:44Absolument.
36:45Votre retour là-dessus.
36:46Merci.
36:47Merci pour votre question.
36:48En fait,
36:49on ne le sait pas
36:50parce qu'on oublie,
36:51on a la mémoire courte
36:52et c'est normal
36:53parce qu'on est en 2017,
36:54nous sommes en 2025
36:55mais j'ai porté
36:56des dizaines de lois
36:57et des dizaines de mesures,
36:58notamment
36:59la pénalisation
37:00du harcèlement de rue
37:01qui n'était pas interdit
37:02précédemment,
37:03l'ouverture du congé maternité
37:04aux femmes entrepreneurs
37:05ou agricultrices,
37:06l'allongement
37:07du congé paternité,
37:08on en parlait à l'instant,
37:09mais aussi
37:10la pénalisation
37:11du cyberharcèlement
37:12en meute
37:13ou de la soumission chimique,
37:14l'allongement
37:15des délais de prescription
37:16pour le viol
37:17et le Grenelle
37:18des violences conjugales
37:19qui était une forte mobilisation
37:20et je m'arrêterai
37:21peut-être là-dessus
37:22en disant que
37:23la question
37:24des violences conjugales
37:25était quand même
37:26très taboue,
37:27il faut se replonger
37:28il y a huit ans
37:29en arrière,
37:30ça restait quand même
37:31un tabou,
37:32les journaux parlaient encore
37:33de drames passionnels,
37:34de drames conjugales,
37:35etc.
37:36et j'ai le sentiment
37:37qu'avec le Grenelle
37:38des violences conjugales,
37:39on a permis un réveil
37:40de la société
37:41sur ces questions-là
37:42avec des lois importantes
37:43comme la suppression
37:44de l'autorité parentale
37:45pour les hommes
37:46auteurs de crimes
37:47vis-à-vis de la mère
37:48de leurs enfants,
37:49ce qui me semblait la base
37:50mais qui n'était pas
37:51si éloignée que ça
37:52de l'égalité professionnelle
37:53parce que quand on dit
37:54que les femmes
37:55s'autocensurent,
37:56se minimisent,
37:57etc.,
37:58quand on voit
37:59les proportions de femmes
38:00qui sont victimes
38:01ou qui sont exposées
38:02à des violences intrafamiliales,
38:03soit qui l'ont été
38:04dans l'enfance
38:05ou dans leur jeunesse,
38:06soit qu'elles le sont
38:07en tant que femmes,
38:08c'est normal
38:09qu'on se minimise.
38:10Quand on est frappé,
38:11agressé,
38:12victime de violence,
38:13on a tendance
38:14à se replier sur soi
38:15et à ne pas afficher
38:16une conscience en soi
38:17comme on le pourrait,
38:18donc ces sujets,
38:19je crois,
38:20ne sont pas
38:21des sujets
38:22qui sont
38:23en l'air en apparence.
38:24Et pour le passage
38:25du national au territoire
38:26parce que parfois,
38:27les politiques nationales
38:28n'arrivent pas
38:29à,
38:30comme on dit,
38:31percoler
38:32au niveau des territoires ?
38:33Vous avez raison.
38:34D'ailleurs,
38:35la question de l'égalité
38:36femmes-hommes,
38:37c'est un des grands sujets
38:38d'écart
38:39entre le droit formel
38:40et le droit réel.
38:41On en parlait
38:42sur la loi
38:43sur l'égalité salariale.
38:44Ça fait plus de 40 ans
38:45qu'il y a une loi
38:46et qu'il y a toujours
38:47un écart de salaire
38:48femmes-hommes
38:49contre les violences conjugales.
38:50J'avais organisé
38:51des grenelles régionaux
38:52et locaux
38:53pour faire en sorte
38:54que tout le monde se parle.
38:55Policiers, gendarmes, magistrats,
38:56entreprises,
38:57et d'ailleurs,
38:58beaucoup d'entreprises
38:59se sont considérablement engagées
39:00contre les violences conjugales
39:01en prenant le sujet,
39:02en créant des référents,
39:03des psychologues,
39:04des cellules d'écoute.
39:05On a célébré,
39:06je ne sais pas si c'est le terme,
39:07mais on a parlé
39:08des cinq ans
39:09de l'anniversaire
39:10du Covid récemment.
39:11Il y a beaucoup d'entreprises
39:12qui,
39:13au moment du confinement,
39:14ont pris des initiatives,
39:15notamment des entreprises
39:16de distribution
39:17pour ouvrir
39:18des points d'écoute
39:19pour des femmes victimes
39:20de violences intrafamiliales.
39:21Je trouve que ça,
39:22ça mérite vraiment
39:23d'être salué.
39:24C'est un bel exemple
39:25de l'engagement des entreprises
39:26au service
39:27de l'intérêt général
39:28et qui, d'ailleurs,
39:29à ce moment-là,
39:30étaient plus tiers de confiance
39:31que le gouvernement.
39:32C'est une période
39:33où la voix du gouvernement
39:34est très prise
39:35avec beaucoup de défiance
39:36et quand vous dites
39:37le gouvernement dit que,
39:38automatiquement,
39:39vous avez des gens
39:40qui n'écoutent plus
39:41ou qui sont en défiance
39:42et quand vous dites
39:43telle marque qu'on aime bien
39:44dit que,
39:45là, finalement,
39:46il y a une écoute.
39:47C'est ainsi.
39:48Je remercie ces marques
39:49de leur engagement.
39:50J'ai juste une dernière
39:51petite question.
39:52Oui, allez-y.
39:53On avait dit
39:54que vous pouviez poser
39:55deux questions.
39:56Justement,
39:57vous avez parlé
39:58du plafond de mer
39:59et puis on a évoqué
40:00la question de la maternité
40:01qui hache
40:02les carrières des femmes
40:03et, en fait,
40:04c'est des visibilités
40:05parce que, généralement,
40:06on détecte
40:07les hauts potentiels masculins
40:08dans les années 30,
40:09quand ils ont 30,
40:1035 ans,
40:11là où les femmes
40:12sont occupées,
40:13je dirais,
40:14plus occupées
40:15sur les enfants
40:16et, justement,
40:17comment on fait
40:18prendre conscience
40:19qu'il y a
40:20des temps de carrière
40:21différents, finalement,
40:22parce qu'une fois
40:23que les femmes sont,
40:24je dirais,
40:25dégagées
40:26des obligations maternelles,
40:27elles sont plus visibles.
40:28Vous avez complètement raison
40:29et c'est pour ça,
40:30d'ailleurs,
40:31qu'avec le Next Women 40,
40:32moi, j'ai insisté
40:33pour qu'il y ait
40:34des femmes
40:35de tous les âges.
40:36La plus jeune,
40:37je pense qu'elle a
40:3836 ou 37 ans,
40:39quelque chose comme ça,
40:40ou 35
40:41et on a des femmes
40:42qui ont 65 ans
40:43et plus
40:44et on a eu
40:45hésité
40:46à les mettre
40:47mais moi,
40:48je pense qu'il faut se dire
40:49qu'il y a un ajout.
40:50Les enfants sont grands,
40:51ils sont partis,
40:52les femmes ont
40:53énormément d'énergie,
40:54elles sont,
40:55en général,
40:56reformées,
40:57ce qu'on disait tout à l'heure,
40:58les femmes se forment beaucoup,
40:59elles ont du temps,
41:00des compétences
41:01et donc, moi,
41:02je pense qu'il faut inciter
41:03vraiment les entreprises
41:04à regarder
41:05avec beaucoup d'intérêt
41:06et de désirabilité
41:07les femmes
41:08de 50 ans et plus
41:09en se disant
41:10que ce sont, elles,
41:11les hauts potentiels.
41:12Il reste,
41:13quand on a 50 ans,
41:1415,
41:1517,
41:16je ne lance pas le débat
41:17sur l'âge de départ à la retraite
41:18mais il reste un long temps
41:19de travail
41:20donc on peut miser aussi
41:21sur ces femmes
41:22et se dire
41:23que ce n'est pas parce que
41:24jusqu'à 50 ans,
41:25vous avez eu une carrière
41:26où vous n'êtes pas
41:27devenue dirigeante
41:28que vous ne pouvez pas
41:29devenir dirigeante
41:30après 50 ans,
41:31bien au contraire.
41:32Merci beaucoup.
41:33Je peux encore poser
41:34une petite question ?
41:35Allez-y parce qu'on a
41:36encore le temps.
41:37Voilà,
41:38c'était justement
41:39sur la loi
41:40Copé-Zimmermann
41:41parce que la France
41:42est très sensible
41:43à la loi.
41:44Quand il y a une loi,
41:45généralement,
41:46nos entreprises s'y conforment
41:47et je voulais savoir,
41:48est-ce que vous pensez
41:49que la loi RIC1
41:50pourra avoir
41:51des résultats aussi forts
41:52et comment votre ONG
41:53peut justement
41:54influer là-dessus ?
41:55Oui,
41:56c'est vrai qu'on avait
41:57beaucoup travaillé
41:58avec Bruno Le Maire
41:59à l'époque
42:00sur les prémices
42:01de cette loi
42:02pour élargir
42:03le principe de quotas.
42:04Alors avec une difficulté,
42:05c'est-à-dire que
42:06quand vous avez des quotas
42:07sur les bords,
42:08vous composez votre board
42:09donc c'est assez facile
42:10et puis vous pouvez
42:11faire des comptes
42:12et puis vous pouvez
42:13faire changer les boards
42:14à mesure des mandats.
42:15Quand vous avez un COMEX,
42:16vous n'allez pas
42:17virer votre DRH,
42:18votre directeur financier
42:19et votre DGA
42:20qui sont des hommes
42:21pour dire
42:22il me faut une parité
42:23donc je vais mettre des femmes.
42:24Donc il y a une difficulté
42:25particulière,
42:26c'est pour ça
42:27qu'il y a un délai
42:28dans le temps
42:29pour pouvoir arriver
42:30à quelque chose
42:31de paritaire dans le temps
42:32et ça va forcer
42:33nécessairement
42:34à avoir
42:35des people review
42:36avec un intérêt
42:37vis-à-vis des femmes
42:38dirigeantes particulièrement.
42:39Merci beaucoup.
42:40Merci à vous surtout.
42:41Et donc maintenant
42:42j'appelle
42:43Stéphanie Guernalec
42:44qui est DRH France
42:45de Bureau Veritas.
42:46Merci.
42:47Et je vous laisse
42:48poser vos questions.
42:49Bonsoir mesdames.
42:50J'ai une première question
42:51qui concerne
42:52l'index de l'égalité professionnelle.
42:53On a remarqué
42:54qu'il y a beaucoup de progrès
42:55mais qui malgré tout
42:56reste critiqué
42:57pour son manque d'efficacité
42:58à réduire réellement
42:59les inégalités.
43:00Est-ce que vous envisagez
43:01une réforme
43:02de l'index
43:03de l'égalité professionnelle
43:04pour réduire
43:05réellement
43:06les inégalités
43:07dans le domaine
43:08des femmes
43:09?
43:10Est-ce que vous envisagez
43:11une réforme
43:12de cet index
43:13pour le rendre
43:14peut-être plus incitatif
43:15ou plus contraignant
43:16pour les entreprises ?
43:17Mais ce qui est très vrai
43:18alors il y a deux choses
43:19qui sont très vraies
43:20dans ce que vous dites.
43:21D'abord c'est qu'on dit
43:22en France
43:23on aime bien les lois
43:24on aime les reporting aussi.
43:25Et la première fois
43:26que j'ai quitté le gouvernement
43:27j'avais envisagé
43:28de créer une agence
43:29de notation extra-financière
43:30sur l'égalité femme-homme.
43:31Tous les patrons
43:32que j'ai vus
43:33m'ont dit
43:34pitié on n'en peut plus.
43:35On ne veut plus de labels
43:36on ne veut plus de reporting.
43:37On voit tous les débats
43:39sur la politique
43:40c'est-à-dire l'adhésion
43:41sur le fond des objectifs
43:42de la prise en compte
43:43des externalités
43:44y compris sur les questions
43:45de climat etc.
43:46Mais le fait de dire
43:47les reporting
43:48c'est extrêmement compliqué
43:49et l'index égalité
43:50a ce site positif
43:51qui l'oblige chacun
43:52à faire le point
43:53sur sa politique égalité
43:55mais il ne crée pas
43:56de nouvelles normes
43:58de nouvelles obligations etc.
43:59Donc on a ceux
44:00qui se vendent de leur index
44:01en disant
44:02j'ai 99 sur 100
44:03à grand confort
44:04de visuel et de campagne
44:05et ils ont bien raison
44:06de le faire
44:07et ceux qui ne communiquent
44:08pas sur leur index
44:09ils peuvent un peu s'inquiéter
44:10mais c'est vraiment
44:11simplement une compilation
44:12des lois existantes
44:13du coup je suis tout à fait
44:14convaincue qu'il est possible
44:15de le faire évoluer
44:16et d'interroger
44:17sur la féminisation
44:18mais comme par exemple
44:19le fait le baromètre
44:20etixenbord
44:21ou comme le font
44:22d'autres baromètres
44:23qui mesurent justement
44:24l'évolution
44:25de la prise en considération
44:26de la place des femmes
44:27de façon globale
44:28dans l'entreprise.
44:29Merci.
44:30Une autre question
44:31on parlait des sanctions
44:32financières
44:33est-ce qu'il y a
44:34d'autres mesures
44:35qui pourraient être
44:36mises en place
44:37pour inciter
44:38les entreprises
44:39à s'engager davantage
44:40en faveur de
44:41l'égalité professionnelle
44:42justement ?
44:43Alors moi je pense que
44:44très souvent
44:45de manière paradoxale
44:46les entreprises
44:47sont en avance
44:48par rapport à la loi
44:49si on prend
44:50plusieurs des dernières
44:51mesures d'égalité
44:52entre les femmes
44:53et les hommes au travail
44:54ce sont en fait
44:55les entreprises
44:56qui les ont mises en place
44:57d'abord on parlait
44:58du congé paternité
44:59à la base
45:00on a un parental act
45:01avec l'Oréal
45:02Accor
45:03et pardon pour les entreprises
45:04que je vais oublier
45:05mais il y a beaucoup
45:06de grandes entreprises
45:07qui se mettent ensemble
45:08et qui disent
45:09ben chez nous
45:10il y a un long congé paternité
45:11et on s'y engage
45:12et on le finance
45:13et même si c'est pas
45:14dans la loi etc
45:15et ensuite le législateur
45:16que nous sommes
45:17vient dire
45:18on acte qu'il y a
45:19ces innovations-là
45:20et donc on va
45:21les valider
45:22et finalement
45:23les étendre
45:24et les mettre
45:25dans la loi
45:26je vois qu'il y a
45:27beaucoup d'entreprises
45:28qui prennent des initiatives
45:29sur leur engagement
45:30en termes de RSE
45:31mais aussi
45:32sur les questions
45:33d'égalité
45:34entre les femmes
45:35et les hommes
45:37il y a de plus en plus
45:38de DRH
45:39qui prennent des initiatives
45:40très innovantes
45:41qui font appel
45:42à des formateurs
45:43des conférenciers
45:44des associations
45:45des applications
45:46parfois aussi
45:47pour prendre en compte
45:48différents sujets
45:49autour de la maternité
45:50mais autour aussi
45:51des violences
45:52des discriminations
45:53etc
45:54moi j'ai plutôt confiance
45:55dans les entreprises françaises
45:56on parlait du modèle
45:57d'entreprise européenne
45:58le modèle d'entreprise
45:59à la française
46:00c'est quand même
46:01une entreprise
46:02qui a une conscience
46:03aiguë de son rôle
46:04et du rôle
46:05qu'elle peut jouer
46:06dans la société
46:07vis-à-vis de ses salariés
46:08mais aussi
46:09de tous ses stakeholders
46:10et tout son écosystème
46:11donc moi je trouve
46:12qu'à l'inverse
46:13le législateur
46:14a souvent intérêt
46:15à aller voir
46:16ce qui se fait
46:17dans les entreprises
46:18pour s'en inspirer
46:19d'accord
46:20j'aurais une dernière question
46:21peut-être plus personnelle
46:22il y en a trois aussi
46:23quelle femme leader
46:24vous inspire
46:25pourquoi
46:26et quels sont
46:27les traits de leadership
46:28que vous admirez le plus
46:29chez elle
46:30c'est très difficile
46:31de répondre à cette question
46:32moi j'ai toujours
46:33quand je suis arrivée au gouvernement
46:34à cette question
46:35j'ai toujours dit
46:36moi j'aime la phrase d'Oscar Wilde
46:37soyez vous même
46:38tous les autres sont déjà pris
46:39et je pense que si on veut
46:40trop ressembler
46:41à tel ou tel femme leader
46:42finalement on devient
46:43des copies
46:44et ce qui est intéressant
46:45c'est notre vie à nous
46:46nos failles
46:47nos erreurs
46:48nos défauts
46:49ce qui fait qu'on va
46:50être nous personnellement
46:51mais si je dois citer
46:52deux femmes
46:53qui m'inspirent au quotidien
46:54je vais pas parler
46:55de ma mère ou ma grand-mère
46:56mais je vais parler
46:57de mes filles justement
46:58je parlais de ma fille
46:59de 13 ans
47:00je l'ai amenée
47:01chez Tildor
47:02à mon agence
47:03et elle m'a dit
47:04ah non ma belle
47:05je dirais que je suis ta patronne
47:06ça m'a fait rigoler
47:07on a toutes des anecdotes
47:08comme ça
47:09avec nos enfants
47:10qui ont ces petites réflexions
47:11dans lesquelles on se dit
47:12on est peut-être allé un peu loin
47:13dans la conscience en soi
47:14et dans l'ambition
47:15mais voilà
47:16moi je suis beaucoup
47:17remise en question
47:18et challengée
47:19par mes filles
47:20moi j'ai toujours considéré
47:21être très féministe
47:22mais aux yeux de mes enfants
47:23je pense que je suis
47:24quelque chose
47:25comme une tradwife
47:26dans ma vie quotidienne
47:27donc elle me pousse
47:28beaucoup
47:29à me dépasser
47:30à me remettre au quotidien
47:31à m'interroger
47:32sur ma manière
47:33de voir les choses
47:34en termes d'ambition
47:35des femmes
47:36donc je trouve ça
47:37assez intéressant finalement
47:38de se faire un peu pousser
47:39par les générations
47:40qui arrivent
47:41merci beaucoup
47:42c'est moi qui vous remercie
47:43merci
47:44alors on va regarder
47:45les questions du public
47:46alors
47:47je regarde là-dessus
47:48pardon
47:49pour savoir
47:50s'il y a des questions
47:51qui ont été envoyées
47:52en direct
47:53alors
47:54il y a une question
47:55qui vient d'être envoyée
47:56en direct
47:57c'est une question
47:58qui vient d'être envoyée
47:59en direct
48:00alors
48:05ok
48:06on peut
48:09il y a une question
48:10qui peut être intéressante
48:12et qui reprend en fait
48:13ce dont on a parlé
48:14au début
48:15et justement
48:16et ce dont vous venez
48:17de parler
48:18sur cette entreprise française
48:19qui pourrait être
48:20un exemple
48:21est-ce que vous avez
48:22une idée
48:23de comment
48:24on pourrait faire
48:25justement
48:26pour qu'elle soit
48:27un exemple
48:28et comment on pourrait
48:29faire la publicité
48:30à l'étranger
48:31parce que
48:32ça marche en France
48:33mais
48:34est-ce qu'on peut aller
48:35expliquer aux américains
48:36qu'ils n'ont rien compris
48:37et que c'est le modèle
48:38à la française
48:39qu'il faudrait qu'ils appliquent
48:40je ne sais pas
48:41ce sont des modèles
48:42qui sont vraiment différents
48:43c'est vrai qu'en France
48:44on a ce paradoxe
48:45parce qu'on attend
48:46beaucoup de l'État
48:47d'une part
48:48et en même temps
48:49les citoyens attendent
48:50énormément de la part
48:51des entreprises
48:52je prends un sujet
48:53qui n'a rien à voir
48:54avec l'égalité femme-homme
48:55et regardez Notre-Dame
48:56quand il a fallu
48:57reconstruire Notre-Dame
48:58d'un coup en appelant
48:59à la générosité
49:00des entreprises
49:01finalement sans contrepartie
49:02voire avec des contreparties
49:03négatives
49:04de manière très paradoxale
49:05et très française
49:06là aussi
49:07donc oui
49:08on a cette attente
49:09très forte
49:10vis-à-vis du monde
49:11de l'entreprise
49:12mais le monde de l'entreprise
49:13c'est le monde du travail
49:14et le monde du travail
49:15c'est un peu
49:16ce dernier lieu
49:17de l'altérité
49:18c'est un des derniers endroits
49:19dans un monde
49:20très fragmenté
49:21avec beaucoup de replis
49:22sur soi
49:23par communauté
49:24par famille
49:25par communauté de pensée
49:26par groupement politique
49:27etc.
49:28Dans le monde du travail
49:29on côtoie des gens
49:30qui n'ont pas les mêmes origines
49:31pas les mêmes opinions politiques
49:32pas les mêmes envies
49:33pas les mêmes...
49:34C'est encore un lieu
49:35qui peut être de débat
49:36Exactement
49:37Oui je pense
49:38oui oui on aime
49:39je vous disais
49:40j'étais à New York précédemment
49:41et une des personnes
49:42avec qui j'échangeais
49:43me disait
49:44qui était une française
49:45qui travaillait à New York
49:46depuis 15 ans
49:47elle me disait que la différence
49:48c'est qu'en France
49:49on est tout le temps
49:50en train de débattre de tout
49:51elle me disait
49:52en France tout est philosophique
49:53tout est politique
49:54tout est conceptuel
49:55on a tous un avis sur tout
49:56et elle me disait
49:57qu'aux Etats-Unis
49:58on est plus sur le retrait
49:59sur la retenue pardon
50:00et qu'on va dire
50:01I need to process
50:02et qu'on ne va pas
50:03se lancer dans le débat
50:04quasi philosophique
50:05d'ailleurs sur l'égalité femme-homme
50:06regardez nous en France
50:07on en fait des lois
50:08des concepts
50:09des philosophies
50:10il y a des essentialistes
50:11des existentialistes
50:12des pro-quotas
50:13il y a des débats
50:14de tous les côtés
50:15on est très philosophique
50:16et alors que
50:17dans le monde anglo-saxon
50:18on est plus pragmatique
50:19ça marche ou ça marche pas
50:20et on ne s'encombre pas
50:21de ces débats
50:22alors moi j'aime bien
50:23quand même le modèle à la française
50:24et j'aime bien qu'on débatte
50:25et qu'on ne soit pas d'accord
50:26de manière enflammée
50:27voilà
50:28et justement
50:29à propos de débat
50:30est-ce que vous pensez
50:31que le fait de pousser
50:32les femmes au sommet
50:33et dans les entreprises
50:34ça peut être aussi
50:35un moyen de pousser
50:36la diversité
50:37parce que ce qui est intéressant
50:38aussi dans une entreprise
50:39c'est pas juste
50:40qu'il faut mettre des femmes
50:41mais c'est que les femmes
50:42c'est 52%
50:43de la population française
50:44et que le fait
50:45qu'elles soient représentées
50:46à l'intérieur d'une entreprise
50:47et au sommet
50:48c'est aussi bien
50:49pour l'entreprise
50:50c'est-à-dire
50:51d'un point de vue bien
50:52pour l'entreprise
50:53c'est-à-dire
50:54d'un point de vue business
50:55en fait
50:56et est-ce que
50:57ce mouvement-là
50:58peut aussi être
50:59favorable
51:00à une autre diversité
51:01en fait ?
51:02Non, c'est beaucoup attaché
51:03dans le cadre du Next Women 40
51:04à essayer d'avoir
51:05des femmes
51:06je disais
51:07de tous les âges
51:08mais aussi d'avoir
51:09des femmes
51:10issues de la diversité
51:11qui soient représentées
51:12après moi je trouve
51:13qu'il y a une particularité
51:14là aussi très française
51:15pardon
51:16mais qui est vraiment
51:17cette passion
51:18pour le top
51:19des écoles de commerce
51:20où on a vraiment
51:21été étonnés
51:22dans le jury du Next Women 40
51:23j'ai souvent dit
51:24mais est-ce que le fait
51:25d'avoir passé 3 ans
51:26quelque part
51:27il y a 30 ans
51:28dit quelque chose
51:29du dirigeant que vous êtes
51:30aujourd'hui ?
51:31Ou est-ce qu'on peut considérer
51:32que quelle que soit
51:33votre formation
51:34vous avez acquis
51:35une expérience
51:36vous avez performé
51:37vous avez accompli des choses
51:38et peut-être on peut regarder
51:39ça davantage
51:40mais je trouve qu'en France
51:41même quand vous avez
51:4240 ou 50 ans
51:43on continue à vous demander
51:44de quelle école
51:45vous êtes allumée
51:46diplômée, etc.
51:47C'est vrai que ça
51:48c'est très français
51:49C'est très français
51:50On va regarder
51:51ce que vous avez fait
51:52vos preuves en fait
51:53Qu'est-ce que vous voulez faire
51:54dans l'avenir
51:55votre vision
51:56vos projets
51:57qu'est-ce que vous êtes
51:58capables de faire
51:59vos idées
52:00et en France
52:01on a quand même ce tamis
52:02et qui est un tamis social
52:03qu'on le veuille ou non
52:04initialement
52:05donc je pense que
52:06si on a vraiment
52:07un sujet vraiment
52:08de game changer
52:09ce serait vraiment
52:10de partir du principe
52:11qu'il ne faut pas
52:12bannir bien sûr
52:13les gens qui ont fait
52:14de brillantes études
52:15mais se dire
52:16peut-être qu'on pourrait
52:17avoir une mixité
52:18et qu'on pourrait
52:19avoir à côté
52:20des gens qui ne sont pas
52:21passés par le top
52:22des trois écoles
52:23de commerce parisiennes
52:24Ça, ça demande vraiment
52:25un gros changement
52:26on le voit
52:27moi je vois
52:28aux écours
52:29on discute beaucoup
52:30avec des dirigeants
52:31et c'est vrai que
52:32je ne sais pas
52:33si c'est très français
52:34ou si c'est juste humain
52:35on est rassuré
52:36quand on a des gens
52:37comme nous à côté
52:38en fait
52:39on n'aime pas forcément
52:40la différence
52:41la diversité
52:42et se confronter
52:43avec un autre regard
52:44Vous pensez
52:45qu'on peut
52:46progresser là-dessus ?
52:47Bien sûr
52:48mais je pense qu'il y a
52:49même une forme de
52:50mais vous parliez
52:51de formation tout à l'heure
52:52mais peut-être
52:53plutôt que de former
52:54les femmes
52:55on pourrait former
52:56aussi les recruteurs
52:57à ces biais cognitifs
52:58et au fait qu'effectivement
52:59on va aller chercher
53:00dans la candidature
53:01ce qui nous ressemble
53:02et le neurone miroir
53:03qui sera activé
53:04en se disant
53:05ah tiens
53:06il a fait
53:07telle école comme moi
53:08il vient d'un tel endroit
53:09comme moi
53:10On va discuter
53:11on va trouver
53:12un point de comparaison
53:13Exactement
53:14donc je pense
53:15qu'il y a ce travail-là
53:16à mener
53:17et c'est un peu
53:18à l'anglo-saxonne
53:19de se projeter
53:20c'est-à-dire de moins demander
53:21ce que vous avez fait
53:22dans le passé
53:23mais plus ce que vous voulez faire
53:24dans l'avenir
53:25ce que vous êtes prêts à faire
53:26ce que vous êtes prêts
53:27à apporter
53:28mais pour ça
53:29oui il faut partir du principe
53:30qu'on a besoin
53:31de mixité dans une équipe
53:32après je suis assez convaincue
53:33que les vrais leaders
53:34les dirigeants qui réussissent
53:35font ça déjà
53:36c'est-à-dire que
53:37quand vous regardez
53:38les équipes
53:39des grands leaders
53:40que ce soit des leaders
53:41économiques, politiques
53:42etc.
53:43vous voyez ça
53:44et après il y a parfois
53:45quand même une distorsion
53:46on est inclusif
53:47on aime la différence
53:48on aime les profils atypiques
53:49etc.
53:50et la réalité
53:51je donnerai un seul exemple
53:52un peu particulier
53:53les gens qui viennent
53:54du monde politique
53:55en fait moi
53:56j'ai accompagné
53:57des conseillers
53:58qui ont été avec moi
53:59en cabinet
54:00qui ont travaillé
54:017 jours sur 7
54:02qui ont fait face
54:03à des crises majeures
54:04qui ont développé
54:05un talent
54:06un réseau
54:07etc.
54:08et qui en sortant de cabinet
54:09ont eu parfois du mal
54:10parce qu'on leur disait
54:11oui mais le monde politique
54:12n'est pas forcément
54:13transposable
54:14aux codes de l'entreprise
54:15alors que
54:16si tout à fait
54:17d'une part
54:18comme d'autre part
54:19d'ailleurs on peut transposer
54:20aussi l'entreprise
54:21au monde politique
54:22mais cette appréhension
54:23de tout ce qui sort
54:24un petit peu du cadre
54:25habituel
54:26elle est légitime
54:27mais au moment de choisir
54:28le candidat final
54:29j'ai le sentiment
54:30qu'on va toujours aller
54:31vers le candidat
54:32un peu plus conforme
54:33à l'image
54:34plus rassurant
54:35on a besoin d'être rassuré
54:36tout à fait
54:37on pourrait dire
54:38on a dit que sur les CV
54:39il fallait parfois
54:40enlever l'origine
54:41enlever la photo
54:42peut-être qu'il faudrait
54:43enlever les formations aussi
54:44mais on a besoin
54:45les CV quand même
54:46où on dit tout
54:47d'abord maintenant
54:48on a assez facilement
54:49accès à la totalité
54:50des profils
54:51de réseaux sociaux
54:52d'Instagram
54:53à TikTok
54:54des choses qu'on ne voudrait
54:55pas voir parfois
54:56moi j'aime bien
54:57qu'il y ait une rencontre
54:58vraiment avec la personnalité
54:59mais c'est vrai
55:00que c'est un petit combat
55:01contre nous-mêmes
55:02de se dire
55:03qu'on va aller chercher
55:04des profils différents
55:05en âge
55:06en parcours
55:07de toutes les manières
55:08en beaucoup de choses
55:09et il faut en chercher plusieurs
55:10parce qu'on voit aussi
55:11que parfois
55:12on en prend un
55:13qui est différent
55:14et il a du mal
55:15à s'intégrer
55:16parce qu'il est tout seul
55:17dans l'équipe
55:18la question de l'inclusion
55:19c'est une vraie question
55:20et moi je dis souvent
55:21que l'inclusion
55:22ce n'est pas le contraire
55:23de l'exclusion
55:24c'est-à-dire inclure
55:25quelqu'un dans l'équipe
55:26ça ne veut pas juste dire
55:27ne pas lui dire
55:28non ne t'assieds pas avec nous
55:29ça veut dire
55:30aller chercher une chaise
55:31lui proposer de venir
55:32l'installer
55:33et le mettre à l'aise
55:34lui l'intégrer peut-être
55:35dans l'équipe
55:36de manière proactive
55:37et c'est valable
55:38pour toute personne
55:39qui est au dehors
55:40quelqu'un qui vient
55:41d'un autre pays
55:42mais aussi quelqu'un
55:43qui est en situation
55:44de handicap
55:45quelqu'un qui ne ressemble pas
55:46au reste de l'équipe
55:47quelqu'un qui n'a pas
55:48la même formation
55:49voilà l'inclusion
55:50ça doit être une démarche
55:51et qui finalement
55:52sert la performance
55:53j'en suis très très convaincue
55:54merci beaucoup
55:55c'est moi qui vous remercie
55:56c'est une très jolie chute
55:57merci
55:58c'est la fin de ce club
55:59et il me reste
56:00à vous remercier
56:01vous tous
56:02de nous avoir suivis
56:03ce soir
56:04merci Marlène Tiappa
56:05merci à nos partenaires
56:06de l'équipe
56:07et merci à tous
56:08de nous avoir suivi
56:09le soir
56:10merci à nos partenaires
56:11le débat était
56:12très intéressant
56:13et je vous rappelle
56:14que vous pouvez le regarder
56:15sur Youtube
56:16en différé
56:17et le club des éco-débats
56:19vous donne rendez-vous
56:20le 3 avril
56:21pour un club prospective
56:22animé par Dominique Seux
56:23merci à tous

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