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00:0018h19h sur CNews et Europe 1, Punchline, Laurence Ferrari.
00:0918h22 de retour dans Punchline sur CNews et sur Europe 1.
00:13On va évoquer ce qui se passe à Saint-Ouen dans cette école qui s'appelle Émile Zola.
00:16Les parents d'élèves sont en train de voter.
00:18On notera leurs résultats ce soir.
00:20Pour savoir s'il faut délocaliser cette classe un peu plus loin,
00:24parce que là il y a un peu trop de dealers.
00:26C'est vrai que c'est un peu le monde à l'envers, Éric Nolo.
00:29On va écouter quelques réactions des parents d'élèves qui expliquent
00:32ce qu'est leur quotidien quand ils amènent leurs enfants.
00:35Donc trois ans, on parle de la maternelle.
00:38Et puis après on évoquera cette votation citoyenne.
00:42Par rapport à tout le parcours qui a déjà été fait,
00:45toutes les réunions, etc.,
00:47j'ai trouvé que par rapport aux faits qui se sont passés,
00:49c'était déjà assez grave.
00:51Et donc j'ai décidé de voter pour une délocalisation
00:54dès les prochaines vacances.
00:56C'est pas idéal.
00:57Défermer l'école, c'est pas bien non plus.
00:59Parce qu'eux, ils ont gagné, du coup.
01:01C'est quand même gagnant.
01:03Le problème de drogue était en début d'année,
01:06vraiment dans les premiers mois.
01:07Le jet de bonbonnes en janvier, si je ne me trompe pas.
01:10Et des démarches ont été engagées seulement après ce jet de bonbonnes-là.
01:13Il y a eu beaucoup de discours politiques,
01:17des mesures qui ont été prises, je crois,
01:20mais on ne voit pas grand-chose de ce qui a été fait, concrètement.
01:23Bien filer maintenant, c'est bien.
01:25Mais le quartier n'est pas rassurant.
01:27Filer, Éric Nolot, pour sécuriser les bambins dans la cour de récré.
01:31Les gens qui nous regardent, qui nous écoutent,
01:33peuvent dire, mais ils sont fous, c'est des Parisiens.
01:35Et imaginer ceux qui vivent la situation sur le terrain,
01:38qui doivent être en état d'incroyable.
01:40Non, mais en fait, les dealers sont en train de gagner la guerre.
01:43Les magistrats nous ont expliqué que la guerre est perdue,
01:45malgré les efforts des policiers, des magistrats, tout ce que vous voulez.
01:48Et ils gagnent aussi la guerre des idées,
01:49parce que là, ils appliquent la philosophie de M. Piolle,
01:52le maire de Grenoble, qui dit maintenant,
01:54il faut s'adapter aux dealers.
01:55Alors, à Grenoble, c'est déjà bien avancé.
01:58Puis là, je vois que ça gagne du terrain.
02:00Auparavant, on nous disait, l'école doit être un sanctuaire.
02:02Maintenant, on nous explique que c'est le point de deal
02:04qui doit devenir un sanctuaire.
02:05Je ne sais pas jusqu'à quand on peut accepter ça.
02:07Alors, évidemment, pour les gens sur le terrain,
02:08et même philosophiquement.
02:10Là, je trouve qu'on atteint un point de non-retour
02:13qui devrait quand même interroger tout le monde.
02:15Il faut expliquer pourquoi il y a le filet.
02:16Il y a le filet parce que les dealers, quand les policiers arrivaient,
02:19ils balançaient leurs drogues dans la cour de récréation.
02:22Ces enfants, comme vous dites, de quelques années en maternelle.
02:26Donc, à la sortie des classes,
02:28quand les parents venaient chercher leurs enfants,
02:29il y a le petit qui disait à maman,
02:31regarde ce que j'ai ramassé dans la cour de récréation.
02:33Et il donnait un sachet rempli de cocaïne.
02:35Le sachet était vide, a dit la maman.
02:37Il y en a eu d'autres.
02:38Il n'y en a pas eu qu'une.
02:40Il n'y a pas eu qu'un témoignage.
02:42Il y a eu des parents que j'ai entendus sur différentes antennes
02:45expliquer que ces enfants sortaient avec des sachets remplis de drogue.
02:49Donc, c'est toujours pareil.
02:50C'est typiquement un cas chimiquement pur
02:52d'inversion totale des valeurs.
02:54C'est-à-dire qu'on ne déplace pas les dealers.
02:56On ne va pas harceler le point de deal pour empêcher qu'ils soient là
02:59et pour empêcher qu'ils fassent leur petit trafic.
03:01Non, c'est les élèves qu'on va déplacer.
03:03Et la votation qui a lieu aujourd'hui,
03:05ce n'est pas pour savoir si l'école va être déplacée.
03:07L'école va être déplacée.
03:08C'est pour savoir si elle va être déplacée en avril ou en septembre.
03:11Donc, on a renoncé.
03:13On va écouter juste le maire Karim Bouamran,
03:16PS de Saint-Ouen, qui explique ce vote des parents.
03:20Déjà, c'est une belle expression démocratique
03:22parce que, comme vous avez pu le constater,
03:24énormément de personnes se sont déplacées
03:26pour pouvoir trancher sur deux options.
03:28Soit les quatre classes se déplacent,
03:31on déplace les quatre classes dès la rentrée prochaine,
03:34c'est-à-dire au mois d'avril,
03:35ou soit le report se fait au mois de septembre.
03:38Mais quelle que soit l'issue du scrutin,
03:41nous aurons un renforcement,
03:43un grand renforcement du service public.
03:45Donc, un renforcement en termes de sécurité,
03:47en termes de présence humaine.
03:48En termes, c'est travailler avec toutes les autorités
03:51pour qu'il y ait un renforcement
03:53de l'appropriation de l'espace public.
03:55Et ensuite, concomitamment,
03:57c'est poursuivre ce qu'on a déjà lancé,
03:59à savoir le réaménagement, la rénovation,
04:02la réhabilitation, la végétalisation,
04:04et surtout, désenclaver le quartier.
04:06Dans tous les catégories, l'école des ménages.
04:08On a bien compris.
04:09Je peux juste vous citer le témoignage d'un père de famille,
04:11parce que je trouve ça fou.
04:12Ma fille a retrouvé un sachet,
04:13on parle de sachet avec de la cocaïne,
04:15et un pouce dans la bouche peut vite arriver,
04:17et surtout, après avoir cru que c'était du sucre.
04:19Voilà ce qu'il s'est passé dans la cour de récréation à Saint-Ouen.
04:22Bien sûr. Alors, Louis Drignel, et après Maître Salmon.
04:24Objectivement, il n'y a pas grand-chose,
04:26il n'y a rien qui va dans ce que dit même le maire de Saint-Ouen.
04:28Parce qu'il dit, oui, je salue une expression démocratique.
04:30Non. En réalité, c'est la faillite du maire
04:33qui échappe à ses responsabilités.
04:35Il y a une expression démocratique,
04:37c'est au moment de son élection municipale.
04:38C'est le premier magistrat de la ville,
04:40donc sa mission, c'est de prendre les décisions
04:42pour protéger les établissements de sa commune.
04:44Et organiser un vote pour savoir,
04:46en fait, peser la responsabilité de la décision sur les parents,
04:50ça veut simplement dire qu'il envoie un message au dealer
04:53pour dire, attention, je ne veux surtout pas prendre de décision,
04:55et c'est à vous d'endosser la décision.
04:57Et ensuite, l'autre sujet, et qui est beaucoup plus grave,
05:00c'est que ça fait des années qu'on parle du fameux continuum de sécurité
05:03avec l'articulation police municipale, police nationale.
05:06On voit que là, il y a un problème, il y a une défaillance.
05:09Et le problème auquel on est confronté,
05:11et c'est un problème qui va se développer dans les prochaines années,
05:14c'est que selon que vous habitez dans une ville de droite ou de gauche,
05:18avec un maire qui est intéressé par les questions de sécurité ou pas,
05:22vous aurez la sécurité qui est différemment appliquée sur votre territoire.
05:26Je prends cet exemple-là, je prends l'exemple de Grenoble,
05:28je prends l'exemple de Nantes,
05:30et toutes les villes qui ont fait ces choix-là.
05:32Karim Bouamrane, c'est la gauche républicaine qui parle de sécurité.
05:35Il est tout sofa-assimilé avec la récolte.
05:38Demandez aux habitants de la ville.
05:39Il a fait diminuer les points de deal dans sa ville de Saint-Ouen depuis qu'il est maire.
05:44Les points de deal ont reculé.
05:46Là, il faut être honnête, c'est le ministre de l'Intérieur qui doit intervenir,
05:50qui doit mettre des forces de l'ordre pour empêcher le point de deal.
05:53C'est pas la police municipale.
05:54Demandez aux habitants, vous verrez.
05:55Demandez aux habitants.
05:56Il a fait reculer le nombre de points.
05:58On ne peut pas comparer Karim Bouamrane, qui veut lutter contre la drogue,
06:02et Éric Piolle qui dit qu'il faut un modus vivendi avec les deals.
06:05On ne peut pas reculer, on ne peut pas remplacer Éric Piolle qui dit
06:10« saluez le dealer en bas de chez vous »
06:12et Karim Bouamrane qui a fait objectivement, c'est des chiffres,
06:14chuter le nombre de points de deal.
06:15Si vraiment il voulait aller au bout, il en appellerait au ministre de l'Intérieur.
06:19Il l'a fait sur Europe 1 il y a 5 minutes.
06:21Il déciderait de lui-même la décision.
06:24Il ne serait pas porté la responsabilité sur les dépenses des parents.
06:26Le maire de Saint-Ouen était dans l'émission précédente en direct sur Europe 1
06:29et il a dit qu'il s'était entretenu avec Bruno Rotaillot
06:31et que Bruno Rotaillot s'était engagé à intervenir rapidement.
06:33Demandez aux habitants de la ville.
06:35Ils l'ont élu.
06:37Le maire en question, en effet, il est considéré comme un dangereux droitier
06:40par le reste de la gauche.
06:41Nous sommes d'accord.
06:42Simplement, excusez-moi, mais ce qu'il vient de déclarer devant une caméra,
06:45pour moi, c'est inadmissible.
06:46Un maire qui arrive et qui dit « écoutez, moi je ne peux rien faire,
06:49cette école soit elle va déménager dans quelques jours, soit à la rentrée
06:52parce qu'on n'y arrive pas avec les dealers. »
06:54Excusez-moi, mais vraiment, qu'on soit même en train de débattre de ça,
06:57ça me paraît sidérant.
06:58Il aurait dû arriver en disant « écoutez, cette école va être sécurisée,
07:01j'en ai parlé avec M. Rotaillot ou avec qui lui plaira,
07:04le problème va être réglé. »
07:05Moi, c'est ce que j'attends d'un maire.
07:07Je n'attends pas un modus vivendi avec les dealers.
07:10« Vous allez pouvoir continuer à traficoter, on va aller enseigner ailleurs. »
07:14Moi, je trouve qu'on marche sur la tête.
07:16Enseigner ailleurs et délocaliser l'école, ça ne va rien changer
07:19puisque les dealers vont s'étendre encore plus.
07:21Finalement, on ne règle pas le problème et on ne va pas sécuriser l'école.
07:25Il faut que ces dealers soient sanctionnés.
07:27Pourquoi il n'y a pas eu d'interpellation ?
07:29Ils sont autour, pourquoi il n'y a pas de garde à vue en cours,
07:32voire des comparutions immédiates ?
07:34On se dit qu'on va délocaliser, ça va régler le problème,
07:36mais les dealers sont toujours là.
07:37Bien sûr que non.
07:38Être inefficace et impunité.
07:40Là-dessus.
07:41Les dealers sont toujours là parce qu'il y a des consommateurs,
07:43et il y a des consommateurs partout aujourd'hui.
07:46Vous êtes là, je me drogue pas,
07:48autour de moi, j'ai l'impression que j'en drogue pas,
07:50mais s'il y a autant de dealers, c'est que vraiment,
07:52en France, il y a énormément de gens qui consomment.
07:56Mais bien sûr.
07:58Quels effets ça a sur la société ?
08:01Sur le travail ?
08:02Sur les accidents de voiture ?
08:04Sur les dépressions ?
08:08Les agressions.
08:10Je suis d'accord avec Catherine,
08:11on ne met pas assez l'accent sur les consommateurs.
08:13Il y a une complaisance envers la drogue en France
08:15qui est vraiment incroyable.
08:16C'est très cool, mais ce n'est pas cool du tout.
08:18Parce qu'on dit, il y a une école.
08:19Là, maintenant, ils vont avoir une petite boutique tranquille
08:21avant qu'on reprenne l'école.
08:23Tout le monde dira, venez à l'école,
08:25vous trouverez votre petite dose.
08:27Mais c'est vrai aussi, dans des villes tranquilles,
08:30où il y avait partout, donc à la campagne,
08:33où pratiquement tout le monde se connaît,
08:35on dit, tiens, il n'y a pas de gens qui sont susceptibles
08:37de prendre la drogue.
08:38Mais s'ils viennent, ce n'est pas qu'ils arrivent
08:40de 30 kilomètres plus loin,
08:41c'est qu'il y en a déjà sur place.
08:43Donc c'est ça, c'est quand même une...
08:45Il faut que la société soit malade.
08:47Elle doit être angoissée.
08:49Ça traduit aussi à mal-être des jeunes,
08:52des moins jeunes, des ouvriers, des chômeurs.
08:54Des gens qui ont un travail qui ne leur plaît pas.
08:56Enfin, voilà.
08:57Et maintenant, on a l'impression que c'est...
08:59Voilà, on boit moins et on se drogue plus.
09:03Michel Oboy.
09:04C'est vrai ?
09:05Qu'est-ce que vous pensez de cette situation ?
09:07Dans la drogue, disons les choses clairement,
09:09ce qui est vraiment le plus dangereux, c'est la cocaïne.
09:11C'est ça qui est en train de se multiplier.
09:13On a aujourd'hui des témoignages de consommation
09:16dans des milieux professionnels.
09:18On connaissait un peu...
09:19Je n'ose pas transciter,
09:21parce que je vais encore à des syndicats professionnels
09:23sur le dos,
09:24mais vous avez lu tout ça dans la presse.
09:26Donc, non, c'est tout à fait inquiétant.
09:30Et c'est vrai.
09:31Moi, je militerais pour un vrai plan anti-cocaïne,
09:34quelque chose qui soit massif,
09:36uniquement policier.
09:38Et ce n'est pas qu'une question de santé publique.
09:40C'est vraiment...
09:41La France doit, à un moment ou à un autre, dire
09:43« Stop la cocaïne, il faut arrêter. »
09:45Dans l'affaire en question, ce qui est très gênant,
09:47c'est que le maire est quand même dans son rôle
09:50de protéger son école,
09:51parce que l'école appartient à la commune.
09:53Et donc, normalement, il y a une police municipale
09:55qui doit assumer la protection autour de l'école.
09:58Alors, comme je ne suis pas allé sur place,
10:00j'ai du mal à comprendre quel est le problème exactement,
10:02mais je vais y aller,
10:03puis je vous le dirai si je comprends.
10:05On va vous envoyer un reportage.
10:07Quand j'entends le maire finir son discours en disant
10:10« Et on attend la végétalisation »,
10:12je me dis « Voilà, ça y est, on est reparti
10:14dans les opérations de rénovation urbaine,
10:16on va repeindre les murs, on va végétaliser,
10:18ça sera beau, il n'y aura plus de dealer.
10:20Bon, je ne veux pas rassurer le maire,
10:22mais, objectivement, on fait ça depuis dix ans,
10:24et partout où je passe, là où c'est très beau,
10:27il y a toujours autant de dealers qu'avant.
10:29Donc, franchement, la couleur des murs n'a rien à voir
10:31avec le prix de l'alcool.
10:32Les dealers ne sont donc pas sensibles à l'esthétisme.
10:34Dernier mot, Gauthier, avant de rappeler les titres.
10:36Ce qu'on n'arrive pas à comprendre,
10:37c'est pourquoi on ne coffre pas ses dealers.
10:39On met des policiers qui viennent du ministère de l'Intérieur
10:42ou de la municipalité de Saint-Ouen,
10:4424 heures sur 24 devant cette école,
10:46pour empêcher que les dealers balancent leurs drogues
10:48au milieu de la cour de récréation.
10:51Et s'ils reviennent, on les arrête
10:53jusqu'à ce qu'ils ne reviennent plus.

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