La journaliste Charlotte d'Ornellas était l’invitée de Face à l’Info ce lundi 1er avril sur CNEWS. Elle s’est exprimée au sujet de la condamnation de Marine Le Pen à cinq ans d’inéligibilité : «Tout le reste de l'année, les magistrats défendent l'individualisation de la peine».
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00:00Les magistrats qui se contentent d'expliquer
00:03que la loi leur permet de faire ça,
00:05devraient nous expliquer pourquoi, tout le reste de l'année,
00:08ils défendent sans cesse l'individualisation de la peine,
00:11par exemple, quand on évoque la question des peines planchées.
00:13C'est donc bien qu'ils se laissent une marge d'interprétation
00:16par rapport aux outils qui leur sont donnés.
00:18Il faut renvoyer la responsabilité aux politiques.
00:20Vous donnez des outils, les gens s'en servent, ne vous étonnez pas.
00:23Et de l'autre côté, la question du magistrat,
00:25ça n'épuise pas les choses que, dans le Code pénal,
00:27cette chose soit permise.
00:30Mais pourquoi la colère s'adresse-t-elle plus à cette décision,
00:33en effet, qu'aux pouvoirs politiques, dans les circonstances ?
00:36Une décision de justice peut être contestable,
00:39alors j'empiète un peu et Mathieu va le développer,
00:41mais une décision de justice peut être contestable,
00:44c'est d'ailleurs tout l'objet d'un appel.
00:45Quand vous faites appel, c'est que vous contestez la décision de justice.
00:48Donc, déjà, je ne comprends pas pourquoi on nous explique
00:50que c'est impossible.
00:52Par ailleurs, je n'ai entendu aucun magistrat s'énerver
00:54quand Emmanuel Macron, à lui, clôt un débat
00:57avant même que la justice ne passe.
00:58Donc, on ne peut pas contester une décision de justice.
01:00Par contre, quand Emmanuel Macron nous dit,
01:02au moment de la mort de Naël,
01:03que le geste est inexcusable et inexplicable,
01:06là, ça ne gêne personne qui clôt l'enquête
01:07avant même l'existence du procès.
01:09Vous noterez que, là, les magistrats n'avaient pas réagi.
01:12Et surtout, la politisation de certains magistrats
01:16empêche la sérénité de toute la justice.
01:19Il n'y a plus un magistrat qui peut prendre une décision
01:21sans que pèse sur sa décision,
01:23surtout que les magistrats ont un devoir de réserve
01:25et ne viennent pas expliquer leur décision,
01:26sans que pèse sur ses décisions
01:28le poids de la politisation extrêmement bruyante
01:31de certains de leurs collègues sans réaction de personne.
01:35C'est évidemment le syndicat de la magistrature,
01:37et il y a une phrase qui est ressortie,
01:38évidemment, à cette occasion,
01:40qui appelait, après le résultat des Européennes,
01:42des dernières Européennes,
01:43puisqu'on reproche également aux partis
01:45dans la décision de justice
01:46d'être très opposés aux institutions européennes,
01:49alors même qu'ils contestent dans ce dossier en particulier.
01:52Le syndicat de la magistrature écrit
01:54qu'il appelle l'ensemble des magistrates et magistrats,
01:57ainsi que toutes celles et ceux
01:58qui participent à l'activité judiciaire,
02:00à se mobiliser... Oui, c'est lourd dingue.
02:03À se mobiliser contre l'accession au pouvoir
02:05de l'extrême droite.
02:06Qui a réagi à ce moment-là dans un processus électoral ?
02:09La dissolution était déjà engagée.
02:11Il y avait donc une campagne électorale en cours.
02:13J'appelle ça, évidemment, une atteinte à la neutralité
02:17qui prévaut pour les magistrats.