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00:00Bienvenue dans les récits extraordinaires de Pierre Bellemare, un podcast issu des archives d'Europe 1.
00:11Lorsque l'on demandait à Alan Dulles, l'ancien chef de la CIA, quel était à son avis le meilleur espion qu'il ait jamais connu,
00:18il répondait invariablement, et avec une parfaite logique, celui que je ne connais pas.
00:24Il ne niait pas la valeur des Richard Sorg, Klaus Fuchs, Rudolf Abel ou autres cicérons,
00:30mais quel qu'ait été leur courage, leur astuce, leur perspicacité, un jour il s'était fait prendre.
00:36A cause d'un détail infime, d'une particularité insolite, d'un geste, d'un mot,
00:40l'espion professionnel, malgré l'entraînement intensif qu'il subit,
00:44est assez vite repéré dès l'instant qu'il entame la phase opérationnelle de son travail.
00:49Ce que redoutait Alan Dulles, ce que redoutent d'ailleurs tous les responsables des services de sécurité de tous les pays du monde,
00:56c'est l'espion qui n'en est pas un.
01:00Ou plus exactement, qu'il est à son insu.
01:05L'ancien chef de la CIA s'est expliqué à ce sujet.
01:09À notre époque, disait-il, la Terre entière est peuplée de dizaines de milliers d'agents.
01:15Et bien que l'FBI ait dans ses archives plus de 135 millions d'empreintes digitales,
01:21nous ne sommes pas en mesure de parer à tous les coups lancés par l'ennemi.
01:25Le plus difficile pour nous est de déterminer dans quelle mesure ce petit homme banal, insipide,
01:30que nous croisons dans la rue à longueur de journée est ou n'est pas l'artisan ou le véhicule d'information concernant la défense nationale.
01:38Le plus difficile pour nous est finalement d'admettre l'impossible,
01:42de ne pas céder à la tentation de dire « Oh, ce retraité, cet employé de banque, lui, espion, allons-donc ! »
01:48Car n'importe qui peut devenir espion, même sans le savoir.
01:54Oh, espion sans le savoir !
01:57Eh oui, chers amis, ne souriez pas, je me propose de vous le prouver.
02:12L'affaire que je vais vous conter commence en 1953 dans le bureau d'Abstone, un des patrons du FBI.
02:29Selon son habitude, Abstone est d'une humeur de chien, mais ce jour-là, en plus, il est blanc de rage.
02:36En emmartelant son bureau du point, il demande à Franck Moïc, l'agent qu'il a convoqué, « Mais qu'est-ce que vous faites ? »
02:42« Quand vous crevez un pneu, Franck, quand le clou qui a perforé votre chambre à air est si petit que vous n'arrivez pas à trouver le trou,
02:49eh bien vous donnez un coup de gonfleur, vous plongez la chambre à air dans l'eau pour voir où les bulles s'échappent. »
02:55« Eh bien, mon vieux, voilà votre boulot. Furetez au Pentagone même pour repérer d'où sortent les bulles. »
03:02Franck Moïc s'étonne. Au Pentagone, exactement.
03:05Depuis quelque temps, les Russes sont renseignés sur nos envois de canons atomiques en Allemagne avant même nos organismes européens.
03:10La fuite provient donc du Pentagone. Alors une seule solution.
03:14Vous allez passer au crible et d'urgence les 150 fonctionnaires de la boîte.
03:19Je vous signale que depuis hier, les services de l'intelligence armée marchent à blanc.
03:23Apparemment, rien n'est changé, mais tous les documents que nous laissons circuler dans les bureaux sont truqués.
03:29Le premier soin de Franck Moïc est de se mettre en rapport avec le groupe de psychotechniciens du contre-espionnage.
03:36A l'aide de trieuses mécanographiques, il leur faut 9 minutes pour feuilleter les dossiers des employés du G2,
03:43l'équivalent américain du deuxième bureau français intégralement reproduit sur carte perforée.
03:48En tenant compte de leur carrière, de leurs occupations privées, de leur tempérament,
03:52du résultat des multiples tests qu'ils ont subis avant d'être admis au Pentagone,
03:57ils sélectionnent trois noms, ceux des agents les moins sûrs.
04:01Dès le lendemain matin, Franck, aidé par deux de ses collègues du FBI, se lance sur la trace des suspects présumés.
04:08Et la fastidieuse enquête commence.
04:11Un fonctionnaire du Pentagone ne doit avoir aucune liaison amoureuse, ni le goût de la boisson, ni aucun vice dispendieux.
04:18Franck est rapidement débordé par une avalanche de renseignements complémentaires, parfois incohérents, souvent fantaisistes.
04:24Il apprend ainsi les différentes marques de dentifrice des hommes qui les chargeaient de surveiller,
04:29l'heure de leur coucher, de leur réveil, la quantité de flocons d'avoine qu'ils consomment,
04:33le nombre de cigarettes qu'ils fument, leur goût en matière de spectacle ou de sport, la qualité de leur rapport avec leurs voisins.
04:39L'un d'eux, par exemple, est détesté, car il joue régulièrement de la trompette en haute heure du soir.
04:43L'autre, parce qu'il est propriétaire d'un chien qui aboie à longueur de journée.
04:47Franck Moïc commence à désespérer.
04:50L'attitude systématique des comptes en banque et des engagements dans des sociétés de crédit
04:56ne lui apporte aucun élément susceptible de soupçonner plutôt celui-là que celui-ci.
05:00Les trois personnages qui lui ont été désignés sont en tout point irréprochables.
05:06Et l'agent du FBI se demande s'il sera capable de mettre un terme aux fuites qui proviennent du Pentagone.
05:13Un soir, en rentrant chez lui après une journée de filature aussi épuisante que vaine,
05:19il consulte à nouveau les dossiers des employés qui lui ont été confiés.
05:23Et, tout à coup, il est frappé par la personnalité curieuse d'un certain Norbert Stratton.
05:32Cet individu ressemble en effet davantage à un automate admirablement réglé qu'à un être humain.
05:37Sa vie, son emploi du temps sont d'une minutie étonnante.
05:42Mercredi, Stratton sort du Pentagone à 17h05.
05:45Il achète le New York Times au coin du deuxième bloc, descend au troisième arrêt du métro devant Walnut Street,
05:52suit cette rue à pied jusqu'à Crescent Avenue où il habite, au rez-de-chaussée du numéro 353.
05:58Il entre chez lui, lit son journal, prépare son repas lui-même et dîne seul dans sa cuisine.
06:03À 20h15, il fait une promenade d'une demi-heure et réintègre son appartement
06:08où là il écoute la radio pendant 30 minutes, prend une douche, se couche, etc.
06:13Pendant huit jours.
06:14Les observations du contre-espionnage signalent exactement les mêmes gestes, les mêmes horaires, les mêmes occupations.
06:24Est-ce par contraste avec le caractère de Frank Moïc plutôt désordonné ?
06:29Toujours est-il que cette extraordinaire ponctualité paraît étrange à l'agent du FBI
06:35et il décide de filer personnellement Stratton.
06:39Dès le lendemain, il l'attend à la sortie des bureaux du Pentagone.
06:43Pendant 48 heures, à deux mètres de lui, noyé dans la foule des fonctionnaires, il ne le quitte pas d'une semelle.
06:49Frank est désarmé par ce robot ambulant qui marche à une allure toujours régulière,
06:55qui n'adresse la parole à personne et que personne n'aborde.
06:59Par acquis de conscience, il lui consacre une dernière soirée bien résolue à abandonner cette piste inhumaine.
07:07Norbert Stratton s'arrête devant le kiosque du deuxième bloc.
07:12Il s'arrête là comme d'habitude pour acheter le New York Times.
07:15Il dépose une pièce de 10 cents sur la pile de journaux.
07:20Frank est derrière lui.
07:22Il se penche rapidement et s'empare de la pièce au moment où le vendeur veut la saisir.
07:26Le vendeur pallie.
07:28L'agent du FBI est fixé.
07:31Avant que le marchand de journaux ait le temps de faire le moindre geste, il est ceinturé.
07:34L'opération n'a duré que 30 secondes.
07:36Un autre inspecteur surgit et rattrape Stratton.
07:40Une dizaine de personnes en plus regardent curieusement ce groupe de quatre hommes s'engouffrer dans une voiture qui démarre en faisant hurler ses pneus.
07:47Les yeux exorbités derrière ses lunettes cerclées de métal, Norbert Stratton demande à Frank Moïc en balbutiant
07:52« Mais qu'est-ce que ça signifie ? Qu'est-ce que j'ai fait ? »
07:55L'agent du FBI répond simplement en souriant.
07:59« J'ai trouvé la bulle. »
08:02Du moins, il le pensait.
08:04Mais il se trompait.
08:06La bulle était ailleurs.
08:11Les récits extraordinaires de Pierre Belmar, un podcast européen
08:18Anéanti, stupéfait par l'extravagante aventure dont il est soudain le héros, Norbert Stratton est emmené dans le bureau d'Hapstone.
08:26Là, Frank Moïc, fier d'avoir mené à bien et si rapidement sa mission, lui montre la pièce de dissense.
08:32« Cette pièce est bien celle que vous avez remise au marchand de journaux ? »
08:36« Oui. »
08:37« Et chaque jour, vous procédez de la même façon ? »
08:39« Oui, pour acheter le New York Times. »
08:42« Alors, pouvez-vous m'expliquer ceci ? »
08:46L'arrête de la pièce est striée d'un seul trait circulaire sur toute sa tranche.
08:52Il faut à peine cinq secondes à Frank Moïc pour déboîter les deux faces
08:57et pour découvrir plaquées entre elles quelques millimètres de microfilms.
09:03L'agent du FBI présente à Stratton cette preuve irréfutable de sa culpabilité.
09:08Mais l'employé du Patagone hoche la tête.
09:11« Mais je ne comprends pas. »
09:13« Voyons, vous voulez nous faire croire que vous ne saviez pas ce que contenait cette pièce de dissense.
09:19Vous voulez nous faire croire que vous ignorez que sur ce microfilm
09:23sont photographiés des documents ultra-secrets qui proviennent du Patagone. »
09:27Norbert Stratton sursaute. « Des documents ultra-secrets ? »
09:30« Mais jamais ! Jamais je n'ai sorti quoi que ce soit de mon bureau. Jamais ! »
09:35« Enfin, si je comprends bien, vous m'accusez d'espionnage. Et ça, voyez-vous, je ne peux pas l'admettre.
09:40Je suis un Américain loyal et je vous jure que je n'ai rien à me reprocher. »
09:46Abstone, le patron, intervient.
09:48Il s'approche de Stratton et lui parle sans brutalité comme à un enfant pris en faute.
09:53« Écoutez, nous avons toutes les raisons de penser que votre combine dure depuis des mois
09:59et que chaque fois que vous déposez sur le comptoir de ce marchand de journaux une pièce de dissense,
10:04c'est un document confidentiel que vous transmettez en utilisant ce procédé.
10:10Vous feriez mieux d'avouer.
10:12Quand avez-vous été contacté pour faire ce travail ? »
10:15« Mais je n'ai jamais été contacté ! »
10:18« Quand et par qui ? »
10:20« Mais par personne ! Ce n'est pas moi ! Je vous dis que ce n'est pas moi !
10:23Mais alors expliquez-nous comment cette pièce était en votre possession ! »
10:26« Mais je ne sais pas. Franchement, je ne sais pas, monsieur. »
10:31Après de longues heures d'interrogatoires ininterrompues,
10:34Stratton persiste à nier avec une naïveté frisant l'inconscience.
10:38Interrogé, à son tour, le marchand de journaux, lui, ne peut nier les faits qui lui sont reprochés.
10:44« Oui, j'avais ordre de remettre les microfilms à un autre client qui se présentait à mon kiosque.
10:51Je lui rendais la monnaie simplement.
10:53Oh ben, quel client ça ! Il changeait tout le temps, vous savez, j'étais prévenu par téléphone.
10:58»
10:59Ses renseignements sont vagues, mais les agents du contre-espionnage américain
11:02n'espèrent pas en obtenir de plus précis.
11:04Ils savent qu'une règle draconienne prescrite à chaque espion en poste à l'étranger
11:09d'éviter toute communication directe avec un autre membre du réseau.
11:12À propos de Stratton, le marchand de journaux dit simplement
11:15« On m'avait dit que c'était lui qui était chargé de me donner les pièces de 10 cents.
11:19Mais qui en ? Une voix. Au téléphone, toujours.
11:22Alors moi, je ne me suis pas posé de question. Ce Stratton ou un autre. »
11:27Abstone et Frank Moïc sont intrigués.
11:30Ils arrêtent Lambert Stratton, mais presque à contre-cœur.
11:33Son entêtement à nier l'évidence les intrigue, les trouble.
11:36Il y a dans son attitude, dans les mots qu'il prononce,
11:39un accent de sincérité et de désespoir qui les étonne.
11:42Il ne se coupe jamais. Pas une seule fois son système de défense n'est pris en faute.
11:46Pas une seule fois il ne commet la plus minuscule erreur.
11:49« Abstone, dit à Frank Moïc, décidément il y a quelque chose qui cloche dans cette histoire.
11:55Je vous conseille de reprendre votre enquête à zéro, Frank,
11:57et de fouiller plus à fond dans la vie de Stratton,
12:00où c'est un remarquable comédien, et je n'en ai pas l'impression,
12:03où il est innocent, et alors là c'est à nous de le démontrer. »
12:08L'arrestation de Lambert Stratton cause une vive émotion dans son service,
12:12où il est hautement apprécié malgré son excessive manie du rangement méthodique.
12:16Frank Moïc, un peu vexé de s'être réjoui trop tôt de son triomphe,
12:20se remet au travail. Il cherche le détail qui aurait pu lui échapper,
12:24l'indice formel qui permettra de confondre, sans contestation passive cette fois, le présumé coupable.
12:30Mais l'existence que mène Norbert Stratton, depuis des années,
12:34est un modèle de banalité, de tranquillité, d'honnêteté.
12:37L'homme n'a d'autres ressources que son traitement, il méprise le luxe,
12:40il n'a pas d'amis, pas d'ennemis, il ne sort jamais, il ne s'intéresse ni au sport ni au spectacle,
12:44et sa vie sans histoire ne prête à aucun chantage.
12:47Il s'occupe lui-même de son linge, de son appartement,
12:50aucune liaison sentimentale, aucune passion, aucun vice.
12:54L'agent du FBI est découragé.
12:57Mais, décidé à y voir clair, il retourne au Patagone,
13:00il bavarde longuement avec les employés, et en particulier avec le collègue de bureau de Stratton,
13:05un nommé Arthur Wessler.
13:07En apprenant les ennuis qui accablent son camarade de travail,
13:10Wessler est abasourdi, mais ce n'est pas possible, enfin c'est pas lui,
13:13il est maniaque, peu bavard, sauvage même, mais je ne le crois pas capable de trahir.
13:17À ma connaissance, il n'a jamais appartenu à aucun parti politique,
13:20et du reste, en dehors de son travail, il n'a pas d'autres sujets de conversation.
13:24Franck Moïc demande à Arthur Wessler.
13:26Maniaque, vous avez dit.
13:28Ah, ça oui, c'est inimaginable.
13:30Vous savez, ça fait des mois qu'on vit tous les deux dans le même bureau,
13:32alors j'ai eu le temps de l'observer.
13:34Quand il arrive, il accroche soigneusement et invariablement sa veste à la même patère,
13:38il essuie ses lunettes à un morceau de din qui ne quitte pas la poche de son gilet,
13:42et puis avant de s'asseoir, il remplit son stylo avec sa bouteille d'encre
13:46qui est rangée là, dans le coin gauche du troisième tiroir.
13:49Ensuite, à dix heures précises, après avoir signé sa feuille d'absence,
13:52il descend boire un café et manger quelque chose à la cafétéria.
13:57Franck Moïc dresse l'oreille.
13:59Il reste longtemps absent.
14:01Vingt minutes.
14:03Mais pas une de plus, pas une de moins.
14:05Et c'est tous les jours le même programme.
14:09Ces vingt minutes constituaient le sol blanc dans l'enquête de Franck.
14:15Il pose quelques questions au personnel de la cafétéria,
14:18mais personne n'est capable de signaler la moindre particularité dans le comportement de Stratton.
14:24Il commande un sandwich pain-miel, il s'installe sur un tabouret,
14:26il mange en silence et il boit son café.
14:29Il ne va pas téléphoner.
14:30Non, jamais.
14:32Il rencontre quelqu'un d'autre, homme ou femme ?
14:34Personne, il est toujours seul.
14:38Franck Moïc est de plus en plus perplexe et ses recherches tournent court.
14:41Norbert Stratton est apparemment blanc comme neige.
14:44Pourtant, elle existe bien, cette pièce de dissense truquée et qui renferme des microfilms.
14:49Alors d'où provient-elle ?
14:51Et c'est tout de même Stratton qui l'a remise aux marchands de journaux.
14:56Franck est dérouté.
14:57Il est prêt à s'avouer vaincu.
14:59Il passe des heures à errer dans les couloirs du Pentagone,
15:02il passe des heures dans le bureau de Stratton, il observe, il réfléchit.
15:07À ses côtés, Arthur Wessler, appliqué à son travail,
15:10supporte avec philosophie cette présence silencieuse.
15:14Brusquement, un matin, Franck lui demande
15:16« Savez-vous si Stratton était riche ?
15:18Avez-vous remarqué un détail, le plus mince soit-il,
15:21qui aurait pu laisser supposer qu'il avait des revenus disant secrets ? »
15:26Wessler répond en souriant « Non, non vraiment. »
15:29En tout cas, ici, il n'avait jamais d'argent sur lui.
15:32Juste deux pièces, toujours dans la poche droite de sa veste.
15:36Cinquante cents pour la cafétéria et, Franck achève doucement la phrase,
15:40« Et une pièce de dix cents, n'est-ce pas ? » pour acheter son journal.
15:46Le regard d'Arthur Wessler réfléchit.
15:52Franck poursuit « Curieuse habitude, Wessler,
15:54que de fouiller dans les poches de votre collègue.
15:56Oh, il était le premier à en rire, vous savez.
15:59Peut-être, mais en ce moment, il ne rit pas. »
16:03Franck Moïc entreprend la fouille systématique du bureau
16:06et il finit par découvrir un minuscule appareil photo
16:09et une petite lampe éclatron destinée aux forts éclairages.
16:13Arthur Wessler profitait des vingt minutes
16:16pendant lesquelles Stratton s'absentait pour se rendre à la cafétéria.
16:19Il adaptait son ampoule sur la lampe de travail de son collègue,
16:22photographiait les documents et plaçait le microfilm
16:25dans une pièce de dix cents truquée qu'il substituait à celle de Stratton
16:29dans la poche droite de sa veste.
16:31Et sans se douter de rien, le malheureux et intègre employé du Patagone
16:35se transformait en espion en achetant le New York Times
16:38aux marchands de journaux du deuxième bloc.
16:42En quittant les locaux du FBI, définitivement mis hors de cause,
16:46Norbert Stratton essuie ses lunettes avec son morceau de din
16:49et dit à Franck Moïc,
16:51« C'est bien la première fois que j'ai à me plaindre de ma manie de l'ordre.
16:55Et je ne me serais jamais douté
16:57qu'on peut devenir un espion sans savoir qu'on en est un. »
17:09Vous venez d'écouter les récits extraordinaires de Pierre Belmar,
17:13un podcast issu des archives d'Europe 1.
17:17Réalisation et composition musicale, Julien Tarot.
17:21Production, Estelle Laffont.
17:23Patrimoine sonore, Sylvaine Denis, Laetitia Casanova, Antoine Reclus.
17:29Remerciements à Roselyne Belmar.
17:32Les récits extraordinaires sont disponibles sur le site
17:35et l'appli Europe 1.
17:37Écoutez aussi le prochain épisode
17:39en vous abonnant gratuitement sur votre plateforme d'écoute préférée.

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