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00:00Bienvenue dans les récits extraordinaires de Pierre Belmar, un podcast issu des archives d'Europe 1.
00:10Une main inquiète, c'est-à-dire hésitante et légèrement tremblante, décroche un
00:18combiné téléphonique et commence à composer un numéro. Cette main fine, soignée, avec une
00:27modeste petite bague, est celle d'une jeune femme d'environ 30 ans, blonde, aux yeux bleus,
00:34mince, vêtue d'une jupe marron et d'une blouse de soie crème. Le numéro est composé. La jeune
00:43femme porte le combiné à son oreille. Nous sommes dans un petit appartement de Vienne,
00:48en Autriche, le 5 juillet 1971. Il est exactement 20h15. Dans le silence, la jeune femme entend
01:00la sonnerie lointaine. Une fois d'abord. La jeune femme se prénomme Linda et c'est sa sœur aînée,
01:07Erika, qu'elle appelle au téléphone. Deuxième sonnerie. Linda téléphone à sa sœur Erika
01:14parce que celle-ci, qui devait l'appeler, ne l'a pas fait. Troisième sonnerie. Pourtant,
01:21lorsque Linda a conduit Erika en voiture à l'appartement de son mari, 11 Schrotzberg à ceux,
01:26Erika lui avait promis, ainsi qu'à sa mère, qui les accompagnait, de leur téléphoner rapidement.
01:32Quatrième sonnerie. Qu'est-ce qu'ils font, pense Linda. L'appartement n'est pas si grand.
01:40Ils devraient avoir déjà décroché. Un déclic, brusquement. La sonnerie s'est arrêtée. Linda
01:50serre le combiné contre son oreille. « Allô ? » dit-elle. Personne ne répond. Mais la communication
01:58n'est pas coupée. Linda entend des voix lointaines. « Allô ? Allô ? » répète Linda.
02:03Maintenant, Linda comprend. On a décroché le téléphone, on a posé le combiné sur le
02:10meuble et ce qu'elle entend, c'est sa sœur Erika qui sanglote et son beau-frère furieux qui hurle.
02:16Qu'est-ce qu'il crie, son beau-frère ? Elle ne le sait pas, car il y a à nouveau un déclic
02:24et une sonnerie lancinante. Cette fois, on a coupé la communication. La ligne sonne occupée.
02:32Linda raccroche. Elle n'insiste pas. Elle y va.
02:41Donc, chers amis, nous en étions restés au moment où Linda, qui vient d'entendre par
03:03le téléphone sa sœur Erika pleurer et son beau-frère hurler avant de raccrocher sans
03:08lui répondre, décide d'aller voir par elle-même ce qui se passe. Elle enfile en toute hâte un
03:12imperméable, saute dans l'ascenseur. La voici qui trotte dans la rue jusqu'à sa voiture. C'est
03:18encore le jour, il fait très chaud, mais le ciel est couvert et la pluie menace. Il n'est pas 21
03:24heures lorsqu'elle entre dans la grande bâtisse moderne des environs de Vienne où habite son
03:29beau-frère. Oh, ce n'est pas un immeuble résidentiel, plutôt un HLM, cinq étages,
03:35construits en papier mâché, où les chasses d'eau, les familles nombreuses et les télévisions sont
03:41particulièrement bruyantes. Son beau-frère habite au dernier étage et l'ascenseur est en panne. C'est
03:48donc un peu essoufflé que Linda débouche sur le palier. Elle se tourne immédiatement vers la
03:53porte de gauche, mais au moment d'appuyer sur la sonnette, elle hésite. Pourquoi? Parce qu'elle a
04:01peur, tout simplement. Bientôt, chers amis, vous comprendrez pourquoi. Alors, sans faire de bruit,
04:07elle pose son oreille contre la porte. Elle entend comme tout à l'heure au téléphone Érica qui
04:14pleure et son mari qui hurle. Alors, prenant son courage à deux mains, elle sonne. Personne ne
04:24répond. Au contraire, une porte claque violemment dans l'appartement, les sons deviennent plus
04:27étouffés, plus lointains. Quelques instants plus tard, Linda entre dans le commissariat du quartier.
04:36Au policier qui la reçoit, elle apparaît évidemment un peu affolée, un peu surexcitée. « Je suis
04:43inquiète pour ma sœur », dit-elle. « J'ai peur qu'il lui arrive quelque chose. » « Mais où ça,
04:49mademoiselle ? » « Chez mon beau-frère. » « Étonnement du policier. Enfin, je veux dire chez son
04:55mari. Mais elle est seule ? » « Non, elle est avec lui. » « Ah, je vois, » dit le policier,
05:01qui se tourne d'un air là une première fois vers son collègue. « Il se dispute, » explique Linda.
05:07« Il est très violent. » « Il la menaçait ? » demande le policier. « Je ne sais pas. Je l'ai
05:12entendu crier et elle pleurait. » « Oui, je vois, je vois, » dit le policier qui se tourne une
05:18seconde fois vers son collègue. « Une scène de ménage, quoi. » « Mais il ne s'agit pas d'une
05:23scène de ménage, » s'écrit Linda hors d'elle. « C'est bien plus grave que ça. Je ne vous dérangerai
05:27pas pour une scène de ménage. » « Mais calmez-vous, madame, calmez-vous. Il faut comprendre. Nous ne
05:33pouvons pas intervenir pour un oui ou pour un non. Il nous faut une raison impérative. Est-ce qu'il
05:39est armé, par exemple ? » « Je sais pas. » « Mais alors pourquoi avez-vous tellement peur ? Ce n'est
05:46qu'une scène de ménage et vous ne pouvez rien faire. » Cette fois, Linda, déconcertée, découragée,
05:54a l'impression qu'il n'y a rien, en effet, rien à faire. Elle se retourne prête à s'en aller. Les
06:02larmes lui montent aux yeux. C'est alors qu'elle découvre qu'un jeune homme s'était approché d'elle
06:07pour l'écouter, un grand garçon mince, déjagandé, nonchalant, insolent et souriant. « Je suis un
06:16journaliste affecté à ce commissariat. Vous savez, ici, ces policiers sont de braves types, mais ils
06:21ont des consignes et ils envoient tellement dans une journée. Vous avez l'air vraiment inquiète.
06:27Tenez, entrons dans ce petit bureau, racontez-moi calmement votre affaire. Je pourrais peut-être vous
06:32aider. » Dans le minuscule bureau que le commissaire prête aux journalistes, Linda comprend qu'elle
06:39est obligée de raconter le plus vite possible l'histoire étrange et lamentable du mariage de
06:45sa sœur. Il y a à peine quatre mois, sa sœur Erika lisait pour s'amuser les petites annonces
06:51matrimoniales. Elle est tombée sur l'une d'elles qui l'a intriguée. Elle émanait d'un garçon de
06:5632 ans qui se disait chanteur d'opéra. C'est presque par boutade qu'Erika répondit à cette
07:02annonce, mais aussi parce que le titre de chanteur d'opéra lui en imposait. Elle a étudié le chant,
07:07qui est resté son violon dingue. Elle rencontre donc pour la première fois au célèbre hôtel
07:13Sachet à Vienne ce chanteur d'opéra d'assez belle prestance, grand, brun, très mince,
07:18presque maigre, au visage long, au nez aquilin, avec des yeux noirs très brillants et une voix
07:23grave. C'est le 13 mars qu'eut lieu ce premier rendez-vous, suivi d'autres. « Et d'une union
07:33incroyable », explique Linda. Sa sœur Erika est très cultivée. Elle a eu une excellente
07:39situation à l'ambassade d'Autriche à Prague, et elles sont d'une très bonne famille. Alors
07:43que Walter, c'est le nom du fameux chanteur d'opéra, est d'une éducation très frustre,
07:48grossière, sans culture, d'un niveau social des plus bas. En effet, bien vite, Walter avoue la
07:53vérité. Il n'est pas chanteur d'opéra, mais simplement ouvrier occasionnel, non qualifié,
07:58et il travaillait à ce moment-là comme magasinier. Sans doute, aveuglé par la passion, Erika avait
08:05accepté cet aveu tardif. Mais ce mariage de la carpe et du lapin, qui eut lieu quatre semaines
08:10plus tard, il y a donc un mois et demi, allait rapidement la mettre en face de la triste réalité.
08:15Non seulement Walter n'était pas chanteur d'opéra, mais il avait été marié à deux reprises et treize
08:22fois condamné pour vol. D'ailleurs, Walter cessait immédiatement de travailler, et dans les cafés,
08:28les restaurants et autres lieux publics, la police dut intervenir tant il était violent avec elle.
08:35Il y a trois jours, Erika fit part à sa sœur et à sa mère de son intention de demander le
08:40divorce. Ce matin même, elle a été chercher ses affaires personnelles à l'appartement de son mari
08:45en lui annonçant son intention de divorcer. Évidemment, elle était décidée à ne plus le
08:50revoir. Seulement, elle avait besoin de sa voiture pour reprendre son service à l'ambassade d'Autriche
08:54à Prague, demain, 6 juillet, et sa voiture était en révision dans un garage. Lorsqu'elle voulut
09:00la reprendre, on lui a appris que son mari était déjà venu la chercher. Elle avait donc décidé au
09:05début de l'après-midi d'aller le retrouver pour lui demander où elle était. Voilà pourquoi Linda
09:11et sa mère l'avaient conduite en voiture vers 18 heures à l'appartement de Walter. Erika leur
09:17avait promis de téléphoner rapidement. La suite, vous la connaissez. Et lorsque le journaliste a
09:23entendu le récit de Linda, il va trouver les policiers. « Je crois qu'il vaudrait mieux aller
09:30voir, les gars. » « Pourquoi, c'est sérieux ? » « Ah, ça se pourrait bien. La petite dame a oublié de vous dire
09:37que son beau-frère est un drôle d'oiseau. Vous devez d'ailleurs l'avoir dans vos cartons. Treize fois
09:43condamné pour vol. » Il est donc 22 heures environ, lorsque deux policiers suivis de Linda et du
09:53journaliste grimpent l'escalier du HLM, devenus silencieux au point qu'au troisième étage, ils
09:59entendent ronfler un locataire. Au cinquième, Linda dit « c'est à gauche ». Sur le palier, les policiers
10:05se tournent vers la porte de gauche. Il n'y a pas un bruit. L'un des policiers appuie sur la sonnette.
10:13Cette fois, le policier frappe trois ou quatre coups assez violents sur la porte.
10:19Silence complet. « J'essaie une dernière fois, » dit-il, « et il frappe plus fort encore. »
10:28De deux choses l'une, madame, disent les policiers, ou bien ils dorment très profondément, ou, ce qui
10:36est plus probable, ils sont sortis. De toute façon, nous, on ne peut pas insister. Linda se tourne vers
10:45le journaliste. Il estime qu'ils ont raison et qu'il vaut mieux s'en aller. « À l'heure qu'il est, elle
10:52est peut-être chez vous, » dit-il, pour la rassurer. Linda est donc remontée dans sa petite voiture pour
10:58retourner chez elle. Pendant ce temps, les deux policiers et le journaliste sont revenus au commissariat.
11:05« Vous devriez peut-être téléphoner, » suggère le journaliste. « D'accord. » Quelques instants plus tard, le
11:11sergent entend la sonnerie du téléphone, un déclic, une voix de femme qui répond. C'est Erika en personne.
11:19Le sergent s'excuse de la déranger, lui fait part des inquiétudes de sa sœur et lui demande si tout va bien.
11:25« Oui, oui, tout va bien. »
11:28« Je suis simplement très fatigué, » répond Erika d'une voix morne, lente, « sans doute dû au fait qu'on vient de
11:34l'arracher à son sommeil. Vous pouvez rassurer ma sœur et lui dire que je retournerai demain à Prague. Je
11:41reprendrai mon service à l'ambassade. »
11:43« Merci, madame. Excusez-moi. »
11:47Le sergent veut alors appeler Linda pour la rassurer, mais son téléphone est occupé et pour cause, elle vient de
11:52décider elle aussi d'appeler Erika. Erika lui tient le même langage que celui qu'elle a tenu au policier. Elle est
11:59fatiguée, mais tout va bien. Elle reprendra normalement demain son travail à l'ambassade à Prague.
12:06Brusquement, Linda sent qu'on arrache le téléphone des mains de sa sœur et c'est maintenant Walter qui parle.
12:11« Écoutez, Linda, c'est pas vous que j'ai épousé, c'est votre sœur. Alors je vous demande de ne plus vous occuper de nos
12:16affaires. C'est pas parce que nous avons une scène de ménage qu'il fallait mettre les flics dans le cou. Mais, dit Linda, ce matin
12:23elle voulait divorcer. Eh bien, elle veut plus. C'est une idée de femme. Maintenant, elle veut plus. Hein, Erika, tu veux plus ? »
12:31Et Linda entend dans le lointain la voix d'Erika qui confirme. « Non, je veux plus. »
12:38Il ne reste plus à Linda qu'à raccrocher et, quelques instants plus tard, à s'excuser auprès des policiers lorsqu'ils lui
12:43téléphonent. « Vous voyez, dit le policier, c'était une scène de ménage, une simple scène de ménage. »
12:57Les récits extraordinaires de Pierre Belmar, un podcast européen.
13:02Le lendemain matin, dès huit heures, Linda, qui n'est qu'à demi rassurée, se précipite sur le téléphone pour appeler à nouveau sa sœur.
13:11Entre huit heures et huit heures vingt, elle appelle plusieurs fois, mais ça ne répond pas. Ce n'est qu'à huit heures vingt qu'enfin on
13:20décroche. C'est Walter. « Ah, c'est encore vous, dit-il. Je vous passe Erika. Allô ? Allô, Erika ? Oui, tu peux me parler ? Euh, Walter est à côté, il écoute. Mais je peux te parler. Oui, oui, Walter est là, il est dans la pièce, il écoute. »
13:42Linda comprend qu'il est inutile d'insister et raccroche après quelques paroles banales. Vers dix heures, Linda est à son bureau, lorsqu'Erika l'appelle. « Allô, Linda ? Oui, c'est Erika. Est-ce que tu pourrais prévenir l'ambassade à Prague que je ne prendrai pas mon service ? Mais pourquoi ? Ça ne va pas ? Si, si, mais je me suis fait une petite blessure et je ne peux pas conduire. »
14:12« C'est Walter qui me conduira. »
14:14« Une blessure ? Mais quelle blessure ? Mais rassure-toi, rien de grave. Mais comment est-ce arrivé ? Mais je te dis que ce n'est rien, je te raconterai. »
14:24Linda est d'autant plus angoissée que sa sœur parle d'une voix saccadée comme essoufflée, qui ne lui est pas du tout habituelle. « Mais enfin, Erika, explique-toi. Tu ne t'es pas blessée toute seule. Dis-moi au moins ce que tu as. »
14:37« C'est bon, dit Linda, je vais prévenir la police. Non, non, non, je t'en prie, ne parle de ça à personne. Je te demande de ne rien dire. »
14:45« C'est bon, passe-moi Walter. »
14:48« Allô, Walter ? Oui ? Je vous préviens que je téléphone immédiatement à la police. Eh bien, téléphonez, dit Walter. »
14:58Et il raccroche.
15:00Il est donc un peu plus tard que dix heures, lorsque Linda appelle de nouveau le commissariat.
15:09Cette fois, les policiers de service la reçoivent plutôt mal. Ils ont entre les mains le rapport des faits survenus la veille, qui conclut qu'on les a dérangés à vingt-deux heures pour une banale scène de ménage.
15:19La déclaration téléphonique rassurante d'Erika a été soigneusement notée. Ils refusent d'intervenir, car ils n'en ont légalement pas le droit.
15:30À dix heures vingt-cinq, Linda rappelle une fois de plus à sa sœur. C'est Walter qui répond. Il répond d'une voix très calme, très sûre de lui.
15:39« Qu'est-ce que vous voulez encore ? »
15:41« Je veux parler à ma sœur. »
15:42« Elle ne peut pas vous répondre. Elle est sous la douche. »
15:44« Ça ne fait rien. Prévenez-la, j'attendrai. »
15:46« C'est pas la peine. »
15:48« Si vous avez quelque chose d'urgent ou d'important, vous me le dites. Je lui dirai. Parce que dès qu'elle a fini, on s'en va. »
15:55« Bon, si vous n'avez rien à dire, reprends Walter. Je raccroche. »
16:03Linda a une idée. Elle rappelle le commissariat et demande qu'on lui passe le jeune journaliste. Elle a le sentiment de lui avoir fait une certaine impression. Il l'aidera s'il le peut.
16:13Quelques instants plus tard, en effet, à la demande de Linda, le journaliste grimpe les escaliers du HLM et au palier du cinquième étage, il trouve un petit mot collé avec du scotch.
16:24« Erika et moi, on est sortis. On revient dans une heure. »
16:29Revenu au rez-de-chaussée, le journaliste demande au gardien s'il a vu sortir Erika et Walter.
16:35Le gardien a vu sortir Walter, mais pas Erika.
16:40Vers onze heures, les policiers sont de nouveau sur le palier au cinquième étage avec un serrurier.
16:45À onze heures cinq, ils pénètrent dans l'appartement pour découvrir, dans le living-room en désordre, tous les meubles renversés comme s'ils ont s'y été battus et Erika, allongée dans une mare de sang, le corps percé de plusieurs coups de couteau. Elle est morte.
17:01Six heures plus tard, Walter, arrêté, fait des aveux complets, bien que confus et contradictoires.
17:07Il a blessé une première fois Erika d'un coup de couteau entre minuit et deux heures du matin.
17:12C'est sous l'effet de la drogue qu'il a tué Erika entre dix heures et dix heures trente.
17:17Le rapport d'expertise confirme que la mort a été précédée d'une lutte acharnée entre les deux époux.
17:24Bien que complets, les aveux de Walter sont confus et contradictoires, comme je vous l'ai dit, et ne permettront guère ni de reconstituer le crime, ni de découvrir son vrai mobile.
17:34Par contre, l'affaire déclenchera une violente campagne de presse et les journaux publieront des titres de ce genre « Une jeune femme est morte parce que la police a flanché » ou encore « Scandale de la police à Vienne ».
17:46Ce à quoi la police répondra qu'elle reçoit journellement des centaines d'appels, comme celui lancé par Linda, qu'elle ne peut pas soupçonner un crime dans chaque scène de ménage.
17:56Et le chef de la police conclura « Est-ce que les policiers doivent aussi posséder le don de la voyance ? »
18:27Productions Estelle Lafon, Patrimoine Sonore, Sylvaine Denis, Laetitia Casanova, Antoine Reclus.
18:35Remerciements à Roselyne Belmar.
18:37Les récits extraordinaires sont disponibles sur le site et l'appli Europe 1.
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