[#LeCanapéRouge] Dr. Stéphane Germain Iloko, Candidat à la présidentielle
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00:00:00Mesdames et messieurs, bienvenue sur le canapé rouge édition spéciale présidentielle de Gabon Media Time.
00:00:23Votre espace d'analyse et de débat sur les grands enjeux politiques, économiques et sociaux du pays.
00:00:29Aujourd'hui, nous avons l'honneur de recevoir le docteur Stéphane Germain Ilouk Boussegui, candidat à la présidentielle du 12 avril 2025.
00:00:40Né le 15 août 1961, si on ne se trompe pas, il est le fils de Richard Boussegui Mabila, ancien combattant de la guerre d'Indochine et de Marie Boussoï Ibala, infirmière accoucheuse à la retraite.
00:00:55Médecin de formation, il a poursuivi ses études à la faculté de médecine de l'université des sciences de la santé de Libreville, ainsi qu'à la faculté de médecine et de pharmacie Hassane II du Maroc.
00:01:07Il a ensuite suivi une formation postdoctorale en chirurgie générale, en surveillance épidémiologique et en gestion du projet.
00:01:18Ancien inspecteur général de la santé et conseiller du ministre de la santé, docteur Ilouk Boussegui est un expert reconnu en santé publique et en gestion de projets sanitaires.
00:01:30Dans cette émission, nous reviendrons sur les motivations de sa candidature, les axes majeurs de son programme et ses positions sur les grands défis que traverse notre pays.
00:01:42Docteur Ilouk Boussegui, bonjour.
00:01:44Bonjour.
00:01:45Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:01:48Comme il est de coutume sur le canapé rouge du Gabon Media Time, la première question que je vais vous poser est celle de savoir comment vous vous portez en cette période décisive pour l'avenir politique du Gabon.
00:02:02Écoutez, d'abord, avant de répondre à votre question, je dois vous dire merci.
00:02:08Merci pour l'occasion que vous me donnez de pouvoir m'adresser aux Gabonaises et Gabonais à quelques semaines d'une élection cruciale.
00:02:21L'élection présidentielle dans notre pays qui va sanctionner la fin de la transition est une élection capitale et les Gabonaises et les Gabonais doivent avoir présents à l'esprit tous les enjeux qui gravitent autour de cette élection.
00:02:43Il faut savoir que nous sortons de 56 ans d'un régime qui a plongé notre pays dans un chaos.
00:02:59Il faut dire que nous sortons de deux années de transition, on va dire 19 mois.
00:03:06Cette transition qui a suscité beaucoup d'espoir et qui malheureusement, il faut le dire avec honnêteté, se termine en pointillés.
00:03:18Nous espérons que le président qui sera élu sera à la hauteur bien sûr de la tâche parce qu'il faudra revoir la constitution, parce qu'il faudra revoir le code électoral, parce qu'il faudra effectivement régler la question de la dignité des Gabonais, parce qu'il faudra régler la question de la restauration des institutions.
00:03:44Et puis bien sûr, il faudra voir tout le cadre institutionnel, c'est ce qui certainement va constituer les principaux défis de ce septennat.
00:04:00Et donc je me porte bien, j'allais dire je me porte très bien. Je n'ai jamais eu autant de chance de ma vie de me retrouver aussi près du but.
00:04:12Parce qu'un homme normal, comme disait le professeur Rondosa, qui a des aptitudes entre guillemets, ne peut rêver que d'une seule chose, être à la disposition de son pays, s'occuper des hommes et des femmes de son pays.
00:04:29C'est très passionnant, c'est très excitant et c'est très valorisant.
00:04:35J'ai donc envie, je me sens bien, j'ai donc envie de regarder l'avenir. J'ai dit à ma mère qui a 89 ans, attention maman, arrête la montre, reste encore deux mois peut-être.
00:04:49Il ne faut pas que tu sois absente lorsque le soleil se lèvera. Et oui, le soleil va se lèver. Au soir du 12 avril 2025, le Gabon se lèvera sur un nouveau pied.
00:05:06Et un pied qui va l'amener vers la prospérité, vers l'unité de ses enfants, vers la paix, vers la concorde.
00:05:15Merci. Alors nous allons entamer cette interview avec l'aspect politique.
00:05:20A quelques jours de l'élection présidentielle, vous faites partie des candidats en lice pour succéder à la transition conduite par le général Brice Oligi Nguema.
00:05:29Qu'est-ce qui motive votre candidature dans un contexte aussi particulier ?
00:05:35Qu'est-ce qui motive ma candidature ? Je suis Gabonais d'abord et je pense que j'appartiens à ce qu'on appellerait abusivement l'élite de ce pays.
00:05:48Je pense que j'ai des choses à partager à mon pays, à mes compatriotes. À mon âge, on ne peut pas se poser la question de savoir qu'est-ce qui motive ma candidature.
00:06:02Lorsqu'on veut blaguer, un homme de 63 ans qui a fait du sport dans ce pays à un niveau très élevé et qui se rend compte que le sport est la dernière roue de la charrue du Gabon,
00:06:18un homme qui est médecin, praticien, qui est expert, ne peut pas ne pas avoir des raisons d'être candidat à une élection présidentielle.
00:06:27Lorsqu'on voit que l'hôpital est à terre, lorsqu'on voit que les Gabonais meurent de plus en plus, lorsqu'on voit que les femmes meurent,
00:06:38à peu près à 399 femmes pour 100 000 accouchements meurent lors de la naissance d'un enfant, comment on peut mourir en donnant la vie ?
00:06:52Lorsqu'on voit que nos hôpitaux, nos pharmacies n'ont pas toujours les médicaments à des prix abordables, lorsqu'on voit que l'école de notre pays roule à 5 vitesses,
00:07:12comment pouvez-vous poser la question de savoir ce qui motive mon engagement aujourd'hui ? Lorsque vous voyez la route du Gabon, une route accidentogène,
00:07:27lorsque vous voyez l'assiette du Gabonais, une assiette qui ne lui permet pas de manger trois fois par jour, comment pouvez-vous poser la question de savoir ce qui me motive ?
00:07:42Non, monsieur, je suis préoccupé par la situation des Gabonaises et des Gabonais. D'abord, ma propre situation à moi. J'ai des enfants qu'il faut envoyer à l'école,
00:07:52mais ces enfants-là, il faut les envoyer dans des écoles pratiquement privées qui coûtent la peau des fesses. Pourquoi l'école publique a malheureusement été sacrifiée au détriment de l'école privée ?
00:08:08Lorsque les malades sont obligés d'aller dans des cliniques privées pour faire des examens complémentaires qui coûtent trois fois plus cher et un hôpital public qui n'a pas de laboratoire, comment on peut ne pas être touché sensible ?
00:08:24Monsieur, lorsque vous voyez les policiers arrogants, lorsque vous voyez les militaires qui vous narguent, lorsque vous voyez bien sûr les douaniers qui vous escroquent, arnaquent, lorsque vous voyez les gardiens de la prison qui monnaient une visite d'un parent, comment vous ne pouvez pas être révolté, monsieur ?
00:08:46Non, je suis docteur Stéphane Germain. Le Gabon est malade et ce qui motive ma participation à ce grand challenge, c'est bien sûr d'essayer de soigner le Gabon. Soignons ensemble le Gabon, monsieur.
00:09:01Alors, en novembre 2024, une nouvelle constitution a été adoptée instaurant un mandat présidentiel de sept ans renouvelable une seule fois, tout en renforçant les pouvoirs du chef de l'État. Estimez-vous que cette réforme constitutionnelle est équilibrée et proposeriez-vous des ajustements concernant bien sûr le mandat présidentiel ?
00:09:23Monsieur, j'ai combattu cette constitution et donc logiquement, si nous étions tous logés à la même enseille, cette question ne se poserait pas. Je ne veux pas de cette constitution. Il faut la jeter à la poubelle. C'est une constitution qui a permis ou qui va permettre à un seul grand compatriote d'aller droit vers le palais rénovation. Vous savez, c'est même un miracle que je sois candidat parce que cette constitution m'élimine.
00:09:52Je ne pouvais pas avoir l'acte de naissance de ma mère. Ce n'est pas facile à 89 ans. Mais Dieu m'a permis d'avoir cet acte de naissance. Monsieur, je ne pouvais pas avoir les 30 millions de francs CFA. C'est trop, c'est excessif. Mais Dieu m'a permis d'avoir ces 30 millions de francs CFA.
00:10:10Donc, tout était fait pour éliminer les autres, les uns et les autres. Tout était fait pour permettre à ceux qui disposent des moyens de l'État, ceux qui disposent bien sûr des moyens autres que leur salaire, d'être candidats. On ne peut pas candidater dans une élection qui concerne tout le Gabon lorsque malheureusement, on n'a pas forcément les aptitudes.
00:10:34On a de l'argent, oui. On a le pouvoir, oui. Bon, cet argent, ce n'est pas l'argent du contribuable, ce n'est pas son argent, ce n'est pas notre argent, c'est l'argent du contribuable. Et c'est pour ça que d'entrée de jeu, monsieur, j'interpelle le président de la transition.
00:10:52Hier, j'ai dit à mes collègues, nous étions à cinq à la signature du protocole d'accord. J'ai dit que ce n'est pas normal. J'ai dit aux responsables de l'IDEA que ce n'est pas normal. Vous ne pouvez pas nous demander de signer un protocole d'accord qui garantisse la paix après les élections,
00:11:11qui garantisse, bien sûr, des lendemains moins heurtés ou non heurtés du tout après les élections d'un monsieur qui paye 1200 associations. Pour mettre en route 1200 associations, vous multipliez par 100 millions.
00:11:36Ça vous fait 120 millions de francs ou un milliard de cent millions, je ne sais pas. Bon, mais est-ce que c'est bon ? Vous voyez, demain, il va organiser l'ouverture de sa campagne au gymnase, au stade de l'amitié et pas au gymnase.
00:11:58Monsieur, c'est 5000 francs par compatriote pour aller au gymnase, au stade d'Angonji. Vous comptez 5000 francs multipliés par 100 000 spectateurs, 100 000 abonnés. C'est 500 millions, monsieur. Personne, personne ne peut trouver 500 millions pour jeter par la fenêtre.
00:12:17Mais attention, Dieu, après ça. Attention à Dieu après ça. Parce que, et je le dis toujours, rien n'est gagné d'avance. Rien n'est gagné d'avance. Ce que nous verrons demain, c'est ce que nous avons vu avec Ali Bongo Ndipa. Ce que nous verrons demain, c'est ce que nous avons vu avec Omar Bongo Ndipa.
00:12:36Mais les deux n'ont jamais gagné une élection. Ils ont toujours tripatouillé. Ils avaient, bien sûr, la cour constitutionnelle qui disait le contraire de ce que les Gabonais avaient dit. Ce qui compte, c'est d'aller aux élections et de battre ce compatriote qui n'a pas le minimum de scrupules pour dire que c'est une élection.
00:13:04C'est une élection. Lui, il a des électeurs déjà pratiquement bien identifiés et il donne à ses électeurs le front électoral. Mais nous qui n'avons pas d'électeurs, nous qui n'avons pas de moyens, nos électeurs sont même d'ailleurs obligés d'aller vers ces pourvoyeurs de fonds.
00:13:28Et quand vous regardez les choses se présenter, il y a deux candidats qui se distinguent par leur force financière. L'un est peut-être au pouvoir, il veut continuer, et l'autre qui est son frère parce qu'ils sont de la même ethnie.
00:13:44Peut-être qu'il lui donne un peu d'argent et il fait des conférences de presse dans les salles. Ces deux écants sont complices. Ils doivent s'arranger pour que l'un soit le premier et l'autre soit le deuxième.
00:14:00Mais dans ce pays, le pays de Mbombe Anyangé, le pays de Mavourou, le pays de Yorwongo, ce pays c'est l'homme et la femme. C'est la main gauche et la main droite. C'est le fang et le biloblobe.
00:14:16Ça me coûte ce que ça me coûte. On dit que je suis tribaliste, mais c'est comme ça que le Gabon fonctionne depuis les indépendances. Donc si vous ne vous souvenez pas de l'histoire du Gabon, oui, l'histoire du Gabon c'est la main gauche qui lave la main droite.
00:14:31Depuis le 30 août 2023, le Gabon est sous un régime transitoire militaire. Dans un pays où la confiance entre gouvernants et gouvernés reste fragile, comment entendez-vous reconstruire une gouvernance transparente, inclusive et durable ?
00:14:48Vous savez, ce pays, on n'a même pas besoin d'être un génie pour mettre le pays sur les rails. C'est la ressource humaine. Le premier problème du Gabon, c'est la ressource humaine. On a mis les toccards. On a choisi de faire le pays avec des toccards.
00:15:13Et puis ça a donné ce que ça a donné. M. Akrombeci est un gestionnaire immobilier. On l'a mis directeur de cabinet du président de la République. Complexé, il a pris les gens d'une certaine étoffe et ils ont mis le pays en sac.
00:15:32Je le dis et j'assume. M. Biogemba, qui était premier ministre à cette époque, a appelé son neveu ou son cousin pour faire l'administration. Il a mis tous les cadres sérieux à la maison.
00:15:52M., il faut prendre ces cadres-là, il faut les mettre au travail. Ils ne demandent que ça. Ils vont, le 25, toucher leur salaire parce que pour la plupart, ils sont encore en fonction. Les autres ont eu la retraite assis à la maison.
00:16:08Ce pays, il ne faut pas inventer la roue, c'est la ressource humaine. Aux Etats-Unis, en France, dans les pays développés, on a privilégié la ressource humaine. Donc ce pays-là, vous ne pouvez pas poser de questions.
00:16:20Mais comment un cuisinier peut-il être coronateur général des affaires présidentielles ? M. Nordin était cuisinier. Blabla. Il a un BTS en comptabilité. Comment quelqu'un qui a un BTS en comptabilité, il a été formé à l'ISTA, comment il peut être directeur du cabinet du président de la République ?
00:16:42Vous voyez ? M. Abou Ranjani, un vendeur, un livreur de pain, un pasteur, comment il peut être moniteur, directeur général du protocole d'Etat, secrétaire général adjoint de la présidence de la République, directeur du cabinet du distingué camarade président ? Vous trouvez que c'est sérieux ?
00:17:04C'est ça, comment on fera pour répondre à votre question, pour redresser ce pays ? C'est la ressource humaine. Qu'est-ce qu'on fera pour redresser ce pays ? C'est le mérite. Qu'est-ce qu'on fera pour redresser ce pays ? C'est la justice, c'est être impartial.
00:17:23Et je suis sûr que le prochain président du Gabon aura une lourde tâche parce que les cadres sont là. Nous avons beaucoup de cadres qui sont parfois partis pour chercher mieux ailleurs. Nous avons d'autres cadres qui, aujourd'hui, se livrent. Ils sont obligés de se jeter dans les alcools et tout ça. Nous allons faire un appel des cadres. Et les cadres vont se mettre au travail. Dans tous les secteurs, le Gabon a la chance d'avoir des cadres dans tous les secteurs.
00:17:53Je ne dis pas qu'on ne fera le Gabon qu'avec les cadres. Ce n'est pas ce que je dis. Monsieur, il y a la conception, il y a la mise en œuvre, il y a l'exécution. Donc le pays doit fonctionner comme dans tous les autres pays modernes. Vous ne pouvez pas avoir des toccards. Vous inversez la pyramide, vous mettez les toccards en haut, vous mettez les moins brillants en bas et vous mettez les brillants au milieu, vous mettez les brillants en bas.
00:18:18C'est ça, 56 ans d'une gestion qui ne dit pas son nom. Et malheureusement, monsieur, lorsque vous me posez cette question, je sens que vous voulez me dire « mais qu'est-ce que vous avez fait ? ». Oui, je ne pouvais rien faire. Je ne pouvais rien faire. La discipline est l'apparnage du bon militant. Et puis voilà, c'est tout.
00:18:38Non, ne parlez pas, ça revient tout droit de la présidence. Mais non, Mali Bongo Ndimba a délégué à des toccards les manettes de notre pays. Et nous, malheureusement, aujourd'hui, c'est l'occasion de refonder notre pays. C'est l'occasion, il faut refonder le pays. Le pays a besoin de refondation.
00:19:02J'aimerais insister sur un aspect assez important concernant la gestion dont vous parlez, la ressource humaine. Comment envisagez-vous délester la fonction publique, par exemple l'administration publique, de la politique ? Parce qu'aujourd'hui, la question de la politisation de l'administration fait toujours défaut.
00:19:23Mais qu'est-ce que vous ne comprenez pas ? Si pour manger, il faut dire que le président Olympe Ndimba est le plus beau, il est le plus fort, il est le plus intelligent, ben écoutez, pour manger, tout le monde fera ça. Mais si pour manger, il faut se lever à 6 heures du matin, il faut faire le travail pour lequel vous êtes payé et il faut évaluer le travail que vous avez effectué pour voir si vous êtes dans ce qui est acceptable ou dans ce qu'il faut.
00:19:52Le pays, on a mis en place les inspections des services. A quoi ça sert ? C'est une très bonne idée, c'est pour évaluer les gens, pour voir si les services fonctionnent bien. Aujourd'hui, à quoi ça sert une inspection générale des services ? On a même refusé de donner une sorte de prépondérance à cet organe.
00:20:19Les instruments de contrôle au Gabon, c'est la politique, vous avez raison. Quand on vous nomme, mais vous êtes redévable, alors que ce n'est pas ça. Il faut qu'on arrive à nommer les gens parce qu'ils méritent d'être à ces fonctions-là. Et la politique, il faut la respecter.
00:20:38Le président de la République a une vision et il la partage avec ses collaborateurs qui essaient de la mettre en œuvre. Mais justement, les gens qui mettent en œuvre la politique du président de la République, ce sont les mêmes tocards. Ce sont les enfants des tocards qui étaient là, qui reviennent, ce sont les amis des tocards.
00:20:58On a vu ici le président Ali Bongo-Diba nommer un étudiant en master. Monsieur, être jeune, ce n'est pas ne pas avoir de diplôme quand même. On a vu le président Ali Bongo-Diba nommer des gens qui ont des parcours signeux.
00:21:20Quelqu'un qui n'a jamais été fonctionnaire, il se retrouve au sommet de l'État. Il se retrouve ministre d'État. Il se retrouve président, premier ministre. Mais il est obligé de s'accrocher au pouvoir. Je vous assure, c'est terrible ce que nous avons vécu dans ce pays.
00:21:43C'est terrible. Vous regardez autour de vous, vous dites mais ça c'est un ministre ? Parce que le ministre, ça s'appelle un missionnaire. Mais si le missionnaire ne comprend même pas sa mission, si lui, il doit démontrer aux autres que c'est lui qui a le pouvoir, vous l'attendez à la terrasse de sa maison, c'est lui qui a les belles voitures.
00:22:05Mais les gens ne font pas l'école, ils attendent de venir mentir sur vous pour qu'ils accèdent aux ministres aujourd'hui. Pourquoi je n'ai pas été ministre ? Parce que j'ai réfléchi avec le temps. Je n'ai pas été quelqu'un qui coupait l'herbe sous les pieds des autres.
00:22:19Mais lorsque vous regardez mes amis, comment ont-ils fait ? Pour être ministre, il fallait s'accrocher avec Nordin, il fallait s'accrocher avec, on m'a dit là, pour ne pas me perdre, Yann Goulou. Je ne le connais pas du tout. Et un ministre de Langudier m'a dit, on va se retrouver, je vais te présenter à Yann Goulou.
00:22:40Yann Goulou, oui, c'est l'homme qui fait tout, c'est l'homme qui les fait tout. Mais comment on peut être dans un pays où des anonymes peuvent faire et les faire ? Moi, j'étais candidat à l'élection présidentielle des députés à Mimogo. J'ai pu faire annuler l'élection, mais c'est Blala qui est devenu pasteur. Il est pasteur, il prie quel Dieu ?
00:23:05C'est lui qui m'a empêché d'être candidat. Il a barré mon nom parce qu'il avait besoin des gens qui lui étaient renouvelables. Mais ce pays, voilà, il est pasteur, il prie quel Dieu ? Qui bouge, qui bouge, bouge, qui bouge, bouge. Il dit qu'il est gabonais et vous avez dit que je suis tribaliste, vous avez dit que je suis raciste. Il a les cheveux, regardez les cheveux de Blala, il ne peut pas être gabonais.
00:23:32Il ne peut pas être gabonais. Et vous voyez un directeur de cabinet comme ça. C'est notre système qui est un système bizarre, sans repère. Et je pense que c'est terrible. En mettant cette constitution que nous allons probablement refaire, est-ce que Blala peut parler une langue du Gabon ? Il est gabonais.
00:23:52Brice Lacroix, il est gabonais. Est-ce qu'il peut parler une langue du Gabon ? Vous voyez quelqu'un comme ça, il est gabonais. Je ne suis pas venu pour ça, mais ce qui m'amène bien sûr à être candidat, c'est parce que je pense que le Gabon, comme vous, est malade et nous devons tout faire pour soigner ce malade.
00:24:18Sinon, nos enfants nous en voudront toute leur vie. On a du pétrole, on a du manganèse, on a le bois, on a le fer. Comment peut-on être aussi béni par les dieux et nous n'avons les gens qui ne mangent qu'une seule fois par jour ? Comment ? Il faut donner au Gabon ce que Dieu lui a réservé.
00:24:37Nous allons passer à la thématique économique. Le pays a connu une croissance de 2,4% selon la Banque mondiale, mais celle-ci reste largement tributaire du pétrole. Dans ce contexte de volatilité, quelles sont vos priorités pour diversifier les sources de croissance ?
00:24:57La diversification de notre économie, c'est une volonté qui, depuis la nuit des temps, est affichée par les plus hautes autorités du pays. Vous n'avez même pas besoin de sortir d'Arwar pour comprendre que le pétrole, c'est un produit qui va s'épuiser, qui ne se renouvelle pas.
00:25:27À un moment, nous aurons les puits qui vont tarir. Il faut être malhonnête, il faut avoir la cécité pour ne pas imaginer l'après-pétrole. Le Gabon a la chance de disposer d'un écosystème minier incroyable.
00:25:54Le Gabon a la chance de disposer d'une biodiversité incroyable. Le Gabon a la chance de disposer d'un environnement propice à la diversification de son économie. Il faut diversifier l'économie. Il ne faut pas s'accrocher sur un seul produit ou une seule richesse.
00:26:17Il faut faire en sorte que nous puissions donner à toutes ces richesses au moins la possibilité d'obtenir une première transformation. Nous avons du manganèse. Je vous assure, tous les jours, c'est 45, c'est 50 wagons de manganèse qu'on dépose à Ovindo. Tous les jours.
00:26:41Et ce manganèse est transporté à l'état brut. Alors que nous pouvons ici faire une première transformation, nous pouvons même faire une deuxième transformation. Nous sommes un pays béni des dieux. Nous avons de l'eau. Nous pouvons donc, par la mer, exporter notre manganèse traitée. Nous avons le bois.
00:27:05Lorsque le président Ali Bongo le dit, il dit qu'on n'exporterait plus le bois. Bon, vous voyez, on a essayé la première transformation. Mais on peut aller à la deuxième. Pourquoi pas ? On peut aller à la troisième transformation. Et ça va créer des emplois. Et ça va créer la richesse.
00:27:20Donc, nous avons besoin des dirigeants ambitieux. Des dirigeants qui ont une vision. Des dirigeants qui aiment leur pays. Des dirigeants qui croient et qui ont peur de Dieu.
00:27:37Parce que vous savez, Monsieur, Dieu, Dieu, Dieu, il faut avoir peur de Dieu. Il faut respecter la dignité humaine. Il faut respecter son voisin. Il faut aimer son voisin. Tous nos dirigeants jusqu'à présent, j'ai l'impression qu'ils n'ont jamais aimé leur pays. J'ai l'impression qu'ils ne respectent pas les autres. Ils méprisent les autres.
00:28:01Vous voyez, lorsque vous avez un problème avec quelqu'un au Gabon, il vous dit est-ce que tu sais à qui tu as affaire. Et il sait pertinemment qu'il t'a offensé. Il ne sait même pas dire excuse-moi si j'étais offensé. Les Gabonais que vous voyez là, ils ne savent pas demander pardon.
00:28:17Moi j'ai eu un problème avec un compatriote qui m'a offensé. Il n'a pas eu besoin, il n'a même pas trouvé judicieux de me dire grand excuse-moi. Il me dit à moi il faut que je lui donne les preuves. Je vous donne à vous les preuves de ce que je dis. J'affirme quoi ? Qu'est-ce que j'affirme ? Qu'est-ce que j'ai affirmé ? J'ai dit qu'il n'est pas sérieux. Et j'ai dit que ça s'est passé comme j'ai dit.
00:28:44Il veut de quelles preuves ? Ne faisons pas comme ça, ne distrayons pas les autres. Nous sommes focus sur l'élection présidentielle. C'est ça qui nous intéresse. Et qu'est-ce que nous offrons aux Gabonais à l'orée de cet événement crucial pour notre pays ? Nous allons bien sûr essayer de décrypter, de présenter ces différents aspects.
00:29:08Une problématique assez intéressante qui fait débat dans l'opinion publique, la question de la dette publique qui représentait en 2023 72,1% du PIB. Bien que les autorités de transition assurent avoir entamé une réduction de ce taux, la soutenabilité reste une inquiétude. Quelle est votre stratégie pour gérer efficacement la dette sans freiner le développement ?
00:29:36Mais la dette, cette dette-là, nous savons comment elle a été contractée et qu'est-ce qu'elle a permis de réaliser. Nous savons tous, même nos amis d'en face. Ce qui compte pour nous, c'est déjà d'être tolérance zéro.
00:29:57Il ne faut pas tolérer les détournements de fonds, il ne faut pas tolérer le blanchissement d'argent. Parce que ce que nous vivons là, ce sont les gens qui prennent de l'argent et comme ils ne peuvent pas mettre à la banque, ils construisent des immeubles, ils ouvrent des boutiques, ils blanchissent l'argent.
00:30:17Il faut vraiment au niveau de l'État mettre un service de contrôle rigoureux qui permette aux gabonaises et aux gabonais de se contenter de ce dont ils ont le droit. Les gabonais se permettent aujourd'hui de prendre de l'argent sans même justifier.
00:30:37On le voit, on le voit à travers nos collaborateurs. J'avais 500.000 francs il y a une semaine, puis j'ai dit donne à Gerda 20.000, j'ai dit donne à Ted 30.000, donne à Ted 30.000, mais à la fin on dit non c'est fini.
00:30:55Comment c'est fini ? C'est fini ? Oui c'est fini ? Non. J'ai donné à Gerda 20.000, voilà, Gerda a signé, j'ai donné à Stéphane 30.000, voilà. Il faut que la culture du contrôle soit institutionnalisée.
00:31:11Et puis, vous savez, monsieur, je suis triste. Dans le pays traditionnel au Gabon, on ne vole pas. En tout cas dans ma culture, on ne vole pas. Même dans la culture moderne occidentale, l'église, quand vous êtes à l'église chrétienne, on ne vole pas.
00:31:35Mais c'est la règle au Gabon. Et les gens vous narguent alors qu'ils ont volé. Ils achètent des VX, ils construisent des châteaux, et puis ils vous disent regardez chez moi. Mais ils savent pertinemment qu'avec leur propre salaire, s'ils en ont un, parce que le plus souvent c'est des faits mal, ils appellent ça les frappes.
00:31:57Après une frappe, ils surfacturent. Vous avez entendu parler du problème des surfacturations avec le blanc qui est, comment il s'appelle, Santurau. Mais voilà le pays, les gens ont surfacturé et ils surfacturent jusqu'à présent.
00:32:12Donc comment faire ? Mais c'est, paf, tolérance zéro. Il ne faut pas venir me dire, on va mettre en place la commission vérité réconciliation. Mais ça veut dire quoi ? Le premier qui demande que cette commission soit mise en place, mais il va aller en prison.
00:32:37Mais attends, c'est un jeu, c'est une blague. Tout le monde a volé. Tous les gars que vous voyez là ont volé. Certains disent qu'il n'y a pas de commission vérité réconciliation. D'autres disent qu'il faut la commission vérité réconciliation.
00:32:54Mais si on vous met en place une commission vérité réconciliation, vous allez tous aller en prison. C'est des voleurs ces messieurs-là. Ils ont pillé notre pays, messieurs. Ils ont mis notre pays en sac. Et il faut oublier ça. Je pense qu'il faut laisser passer.
00:33:12Parce que Dieu nous a gâtés. Maintenant, à partir du 12 avril 2025, il n'y a plus de place pour les voleurs. Il n'y a plus de place pour les mafieux. Il n'y a plus de place pour les faits mâles. Il faut, à partir du 12. Et les Gabonais doivent effectivement, je pense, tous adhérer à cette vision, quel que soit le président qui sera il.
00:33:38Alors, une question de la question société de notre émission. Avec une population passée de 1,8 à 2,2 millions entre 2013 et 2021, la pression sur les infrastructures sociales est forte. Quel investissement prévoyez-vous dans l'éducation, le logement et l'emploi pour répondre à cette dynamique démographique ?
00:34:02Le pays, vous savez, les gens ont la mémoire courte. Omar Bongo Ndimba a créé le CIRMEF. Le CIRMEF, c'est le Centre International de Sciences de Massoukou. Mais pourquoi il a créé le CIRMEF ?
00:34:24Parce que le Gabon était un pays où régnaient l'hypo-fécondité et l'hypo-fertilité. C'est ça le problème du CIRMEF. C'est la première raison. Parce qu'un constat avait été fait. Au Gabon, les femmes n'accouchent pas. On ne va pas dire les femmes du Haut-Togoue. Il ne faut pas stigmatiser les femmes gabonaises.
00:34:49Vous allez voir des femmes, peut-être qui ont 3, 4, 5 enfants, mais vous allez en règle générale voir les femmes qui ont un enfant. Tac, stérilité secondaire arrive. Tac, il fait deux enfants. Tac, il a fait le curetage clandestin. Donc, c'est un problème. Comment faire pour régler la question du nombre des Gabonais ?
00:35:11Mais c'est une grande question. C'est une question qui demande d'être prise au sérieux. Vous savez déjà les femmes, vous avez les quelques enfants que ces femmes-là accouchent qui sont jetés dans les WC. Alors, il faut se poser la question de savoir pourquoi les enfants sont jetés dans les WC. Et nous savons les raisons fondamentales.
00:35:33Donc, il faut essayer d'endiguer, de traiter le mal à la source. Les abortements clandestins qui débouchent sur les stérilités secondaires, il faut endiguer le mal à la source.
00:35:45Donc, il y a déjà cet aspect d'accompagner la femme pour que la femme soit capable de faire des enfants. Peut-être mettre une sorte de stimulation, d'encouragement, une prime. Mais ça, ça va être regardé avec le personnel médical, le personnel des soignants.
00:36:07J'ai appelé le secrétaire général du ministère de la Santé. Je lui ai dit, monsieur le secrétaire général de la Santé, il dit oui. Vous savez que je suis candidat à la présidence de la République. Je veux que vous me donniez les éléments pour me permettre de faire mon projet de société, même si je connais des choses.
00:36:27Mais vous avez des limites. Vous avez des gens payés pour le faire. Il m'envoie me balader. Il peut me suivre. Et ce gars-là, il faut l'enlever du ministère de la Santé. Il ne coopère pas, il ne collabore pas. Il fait ça pour protéger Oligi. Non.
00:36:45Le président Oligi Nguema est un gabonais comme le docteur Stéphane Germain. Nous sommes tous à la recherche des solutions pour améliorer notre pays. Mais si des cadres du ministère, comme ce monsieur-là, cachent la réalité de notre pays. Combien de médecins nous avons pour combien de lits ? Combien d'infirmiers nous avons pour combien de lits ? Combien de lits nous avons à Libreville ?
00:37:09Qu'est-ce qu'il faut faire pour réduire la mortalité infanto-maternelle ? Mais ils ont les informations et ils les cachent. Comment nous devons faire pour améliorer la nutrition ? Est-ce qu'il faut inciter l'allaitement maternel ? Ils ont les informations, ils les cachent. Comment il faut faire, monsieur, pour prévenir, pour lutter contre le paludisme ? Ils ont les informations, ils les cachent.
00:37:37Vous allez sortir d'où pour venir proposer des solutions concrètes lorsque vous n'avez pas les informations ? C'est notre pays. Il faut refuser ça. Il faut que les informations soient disponibles. Et il faut que nous, qui sommes candidats à une élection présidentielle, nous puissions disposer, n'est-ce pas, d'un maximum d'informations pour proposer des solutions.
00:37:59Personne n'a la science infuse. Si vous prenez les huit candidats, personne n'est au-dessus de l'autre. Nous allons parler des mêmes choses. Sauf qu'en fonction du niveau de maîtrise du dossier, vous allez proposer des solutions. Les experts qui sont gabonnés, on ne peut pas les mettre en branle.
00:38:23Moi, j'ai mon grand-frère Obamidou, un expert. Il a été secrétaire général adjoint du ministère de la Santé. Il a été mon adjoint à l'inspection générale de la Santé. Il est pédiatre. C'est un expert. Vous appuyez, il vous crache tout. Il est à la maison. On ne le prend même pas comme consultant.
00:38:43Vous voyez, Toungve, ce monsieur, je ne sais pas où il a disparu. Monsieur, comment il s'appelle, le camarade. Mais ce sont des gens qui vivent. Il y a mon frère, mon grand-frère, comment il s'appelle. Il y a des gens, à la limite, même s'ils doivent aller à la retraite, il faut les exploiter parce qu'ils ont la connaissance. Et notre pays ne sait pas utiliser sa ressource humaine.
00:39:11Donc, votre question, comment je vais faire ? Oui, je vais utiliser la ressource humaine. Je vais l'utiliser. Regardez Nguema Jambier, Nguema Mbomba Jambier, un proviseur hors pair. Il a été proviseur du lycée Léombard, il a été proviseur du lycée technique. Aujourd'hui, il a créé son lycée à Port Gentil à Lambarélé, que j'ai visité la semaine dernière. Vous voyez quelqu'un qui aurait pu servir, ne serait-ce que de conseiller ou de consultant à l'éducation nationale.
00:39:39Vous voyez, on construit des écoles, on construit des bâtiments. Le problème du Gabon, ce n'est pas les bâtiments. Le problème du Gabon, c'est la gestion de la ressource humaine. Un professeur qui est payé à 500 000 francs par fois, il est obligé de bâcler des cours, de créer des cours de soutien. Donc, il gagne. Il est obligé d'aller donner des cours dans les établissements privés à quel moment il prépare le cours.
00:40:02Donc, il faut refonder le pays dans sa diversité, dans sa multiplicité, au lieu de traiter les gens de tribalistes. Non.
00:40:12Nous allons d'ailleurs abonder sur la question éducative. Le système éducatif fait face à une crise structurelle, classe surchargée, pénurie d'enseignants, faible taux de réussite. Quelles mesures phares souhaitez-vous mettre en œuvre pour transformer durablement l'éducation nationale ?
00:40:30Je n'ai pas bien suivi votre question.
00:40:33Pour réitérer ma question, le système éducatif fait face à une crise structurelle, classe surchargée, pénurie d'enseignants, faible taux de réussite. Quelles mesures phares souhaitez-vous mettre en œuvre pour transformer durablement l'éducation nationale ?
00:40:53D'abord, vous savez, ce n'est pas sérieux d'avoir des ministères qui n'ont pas de progression cohérente. Un bon ministre de l'éducation nationale doit être un ministre de l'enseignement supérieur, parce que le profil.
00:41:12Un bon ministre de l'éducation nationale doit être un ministre à la limite de la maternelle et du pré-primaire. Nous allons réduire le nombre de ministères et nous allons mettre à la tête d'un département ministériel un homme ou une femme qui est chevronné, qui doit avoir un secrétaire général avec les besoins des secrétaires généraux en fonction des pôles.
00:41:37Je rigole lorsque je vois un ministre de la santé qui n'est pas ministre des affaires sociales, qui n'est pas ministre de la famille. Mettez un ministre de la santé, des affaires sociales et de la famille, vous avez quelqu'un qui a une vision de la famille, parce que la famille c'est l'élément essentiel dans la société.
00:41:59A partir de la famille, vous avez bien sûr tout ce qui est aide, assistance, tout ce qui est problèmes sociaux. L'un des problèmes sociaux les plus importants c'est l'accès aux soins. On peut même dire c'est l'emploi. Donc voilà, on met des gens qui à la limite sont des adversaires, qui sont des rivaux. J'ai vu un problème entre le ministre de l'éducation actuelle et l'ancien ministre de l'enseignement supérieur. Je ne sais pas si je parle de la même personne.
00:42:24Mais non, au gouvernement il n'y a pas de compétition. Au gouvernement il y a des missions, des missionnaires. Mais lorsque vous prenez d'ailleurs un ministre et vous lui donnez huit mois, qu'est-ce qu'il va faire en huit mois ? Voilà les gens qui n'ont pas la suite dans leurs idées. Il faut permettre au ministre de rester là deux ans, trois ans, d'initier des projets, d'évaluer les projets et bien sûr de suivre les projets et d'évaluer les projets.
00:42:53Le pauvre ministre il arrive à huit heures et au prochain conseil, il se dit on va m'enlever. Donc il travaille plus pour rester longtemps au gouvernement que pour produire ce pour quoi on l'a vu. Ça il faut arrêter. Il faut arrêter. Il y a des compétences au Gabon.
00:43:11Et un poste de ministre ce n'est pas un poste pour donner à son copain ou à sa copine. C'est un poste pour donner à quelqu'un qui est un coordonnateur. Il coordonne des projets. Donc moi par rapport à votre question je pense qu'il faut refonder le pays. Il faut refonder l'État. Il faut donner bien sûr beaucoup d'importance et d'intérêt à la valeur intrinsèque.
00:43:35Ce n'est pas parce que je suis Massango moi que le ministre, quand je serai président de la République, le ministre de la Santé sera Massango. Non. C'est pour ça que nous avons échoué. Nous avons mis des copains. Nous avons mis des frères. Vous regardez même le gouvernement du président de la transition. Vous regardez le gouvernement du président de la transition.
00:43:56Vous allez voir que dans son gouvernement il y a les cousins de ses femmes. Il y a ses cousins. On n'a pas pris les gens qui n'ont aucun lien avec la personne du président de la transition. La preuve c'est que moi je ne suis pas dedans. Alors que tout ce que j'ai là, vous croyez que ça ne peut pas servir ? Même en tant que simple comité de bureau. Mais je ne suis plus là pour réclamer ce qu'on ne m'a pas donné. Heureusement d'ailleurs qu'on ne m'a pas donné.
00:44:20Sinon je me serais contenté du peu. Maintenant je recherche le plus gros pour bien sûr répartir. Parce que le pays a besoin de redémarrer. Et notre pays a des potentialités. Et notre pays a des valeurs.
00:44:35Ne faisons pas non pas le tribalisme. Ce n'est pas ça qu'on appelle le tribalisme. Mais ne faisons pas du sectarisme. Ne faisons pas de l'exclusion. Ne clivons pas le pays. Parce que lorsque vous avez un ministre de telle zone et pas de telle zone, dans la même famille.
00:44:55Regardez à l'Astorville. Le député c'est un imongo. Le ministre c'est un imongo. Mais comment une ville de 10 000 habitants. Il n'y a que les imongos qui peuvent être ministre. Ce sont mes frères. Je préfère les citer parce que ce sont mes frères. Comment un département aussi grand que Mouloudou. Le ministre est imongo. Le député de la transition est imongo.
00:45:23Ah bon ? Vous n'avez pas d'autre ? Vous croyez que c'est sérieux ? Il faut changer ça. Personne n'est indispensable. Et le Gabon a beaucoup de valeurs malheureusement laissées pour compte. Parce qu'on n'est pas ensemble. C'est ça le jargon du PDG. On n'est pas ensemble. Il n'est pas avec nous.
00:45:47Le taux de prévalence du VIH sida reste élevé. Il se situe à 5,2%. Quelle approche globale envisagez-vous pour renforcer la prévention, le dépistage et l'accès au traitement sur l'ensemble du territoire ?
00:46:17Je vais réitérer ma question. Le taux de prévalence du VIH sida reste assez élevé à 5,2%. Quelle approche globale envisagez-vous pour renforcer la prévention, le dépistage et l'accès au soin sur l'ensemble du territoire ?
00:46:47Le gouvernement pour le Gabon n'aime pas entendre parler du membre fondateur. Mais lorsque vous avez été au début de l'affaire, lorsque vous avez rédigé les statuts, lorsque vous avez rédigé le règlement intérieur, lorsque vous avez rédigé la charte, vous êtes membre de quoi ? Vous êtes membre fondateur ? Peut-être qu'ils ont une autre lecture de membre fondateur.
00:47:05Non, j'étais membre fondateur de SidaZéro. J'ai fondé SidaZéro avec d'autres amis, personnellement à cause de ma petite sœur, paix à son âme. Elle avait un mari gendarme, un petit homme bizarre, il sortait les femmes à l'accueil et puis il a chopé le sida. Il est venu donner le sida à ma petite sœur.
00:47:29Et moi, je me suis battu jusqu'à la fin pour que ma sœur... C'était au début des années 98, je crois, par là. Et c'est nous qui avons mis, avec docteur Malonga, avec madame Chantal Miboto, avec madame Édith Lucibongo, parce qu'ils avaient la gasse et nous on avait SidaZéro, avec madame Angèle Londo, nous avons mis en place cette démarche de prise en charge des maladies.
00:47:59Première chose à faire, c'est la prévention. Il n'y a pas de moyens pour faire la prévention. Moi, j'étais au programme de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, donc le VIH. Mais pour aller faire de la prévention ou de la promotion de la santé, il faut que vous payiez 2 millions. Ce ne sont pas les 2 millions qui vont dans la poche du docteur, c'est parce que le docteur n'a pas de budget.
00:48:27Elle me suit là, le docteur n'a pas de budget. Nous sommes dans un pays où, effectivement, vous parlez de la prévalence du SidaZéro, et puis vous avez effectivement étiqueté cette problématique comme étant une problématique centrale pour notre pays.
00:48:44Et vous ne donnez pas les budgets, vous ne trouvez pas l'argent. Vous trouvez l'argent pour réunir 100 000 personnes au stade, mais vous ne trouvez pas l'argent pour faire de la prévention. Parce que, monsieur, je suis heureux que vous parlez de la prévention, parce qu'il vaut mieux éviter ce folklore que nous voyons avec la construction des hôpitaux vides de plateau technique, des hôpitaux sans personnel, alors qu'on peut empêcher, on peut limiter, on peut réduire.
00:49:13Et vous avez raison. Comment on va faire ? C'est la prévention, d'abord. La prévention. Et bien sûr, il faut arriver aussi à éduquer les gens. Regardez la campagne présidentielle. Les gens vont partir de Libreville vers l'intérieur du pays. Ils ne vont pas amener les préservatifs. Ils ont un peu d'argent. Ils vont boire le vin. Ils vont sortir les femmes. Et les femmes, ils vont les contaminer. Parce qu'en règle générale, ce sont les hommes qui contaminent les femmes. Je suis un homme.
00:49:42Et puis, la femme, si elle se rend compte qu'elle a été contaminée, elle, elle va contaminer. Et donc, c'est le cercle vicieux. Il faut d'abord dire que le sida, ce n'est pas une fatalité. Il faut dire que le sida, ce n'est pas une fatalité.
00:49:56Que l'on peut vivre, bien sûr, en respectant quelques mesures hygiéno-diététiques, en respectant, bien sûr, la prise du médicament. Parce que les écoles sur la question sont plurielles, sont multiples. Il y a des gens qui pensent que lorsque vous êtes séropositif, on vous met sous anti-rétroviraux. Ça, c'est une école.
00:50:19Mais comment vous pouvez prendre les mesures ? Il faut formater les gens. Et il faut refonder l'hôpital. Parce que l'hôpital, c'est effectivement le lieu par excellence où nous devons faire la promotion des bonnes mœurs.
00:50:36Alors, nous passons au volet justice et droit de l'homme de notre interview. L'actualité récente a été marquée par l'affaire Hervé-Patrick Oupianga et celle impliquant Sylvia Bongo-Ndimba et son fils Nourdine Bongo. Pour beaucoup, ces affaires posent la question de la neutralité de la justice. Quelle est votre position sur l'indépendance de la justice et la lutte contre l'impunité dans ce contexte ?
00:51:02Vous savez, j'ai refusé de parler de la justice gabonaise depuis trois mois. Parce qu'il faut aussi savoir protéger les autres. Mais moi, j'ai un problème dans ma famille. Mon petit frère a été jeté en prison à Mouila par Oyinamono Francis, le gouverneur.
00:51:33J'ai demandé à Francis pourquoi il faisait ça. Il a dit à mon petit frère de servir d'indique. Mon petit frère devait renseigner le gouverneur sur ce qui se passait à Mimongo.
00:51:48Et mon petit frère a renseigné le gouverneur. Le préfet de Mimongo allait, avec les motopompes, exploiter l'or. Le médecin de l'hôpital de Mimongo, transporté avec les nouvelles ambulances, sa débroussailleuse, ses aliments et tout ça.
00:52:10Il n'a dit que ça. Il a dit que les responsables de l'Assemblée départementale et de la mairie gèrent de manière opaque les budgets. Il a envoyé le document au gouverneur. J'assume ce que je dis.
00:52:26Le gouverneur a pris le document. Il l'a présenté à son secrétaire général, à son préfet. Le préfet lui a envoyé la photocopie de ce document. Un document qui a été remis au gouverneur. Le gouverneur a donné le document au préfet.
00:52:42Alors le préfet, le proviseur du lycée de Mimongo, le maire, le délégué de la mairie, le médecin, ils ont porté plainte à mon petit frère. Je trouverai le terme.
00:53:02Dénonciation calomnieuse ?
00:53:04Je ne sais pas si c'est dénonciation calomnieuse. Je ne sais pas. Mais en tout cas, est-ce que ce n'était pas des propos diffamatoires ? Je ne sais pas.
00:53:14Mais lorsque mon petit frère est attrapé et saisi par la gendarmerie, il passe la nuit à la gendarmerie de Mimongo.
00:53:24Mais lorsqu'il part de la gendarmerie de Mimongo, il se retrouve à Mwila, pas au tribunal, il part chez le gouverneur avec cette bande de compatriotes mafieux.
00:53:40Et c'est après chez le gouverneur qu'il part en prison. J'ai refusé de parler de ça. Je parle de ça parce que vous me demandez comment se comporte la justice.
00:53:56Le gouverneur a amené mon petit frère en prison et il est en prison aujourd'hui. On lui avait dit que c'était un flagrant délit, qu'il devait rester 23 jours. Mais le tribunal est rentré en grève.
00:54:10Donc il est là, ça fait trois mois qu'il est en prison. Vous vous rendez compte ? J'ai dit à Francis, mais c'est ton petit frère. Et c'est toi qui lui a demandé de faire ça.
00:54:19Mais pourquoi tu ne dis pas au procureur, laisse tomber, des propos calomnieux ? Allez-y, voir si c'est vrai, voir si c'est faux. Et monsieur là, c'est mon petit frère, donc il ne va pas se volatiliser.
00:54:38Voilà la justice qui n'est même pas capable de laisser quelqu'un. Il n'est pas dangereux. Et vous me parlez d'une justice là ? Une justice aux ordres ? Moi je ne crois pas en notre justice.
00:54:51Et d'ailleurs notre constitution vient de nous prouver aujourd'hui que le président de la République qui sera élu sera le patron de la justice. Parce qu'il est le président du conseil supérieur de la magistrature.
00:55:01Vous voyez monsieur, je ne fais pas du dossier de mon petit frère un problème politique, mais j'ai les moyens de le faire. J'ai les moyens de faire en sorte que ce problème soit réglé autrement.
00:55:12J'ai les moyens d'interpeller le président de la transition qui est quand même le garant de l'équité de la justice. C'est un mauvais dossier.
00:55:24Et les gens ont voulu marcher, j'ai dit ne marchez pas. Parce que si vous marchez, on risquera de croire qu'il y a une main noire derrière. Mais est-ce que ça c'est bon ?
00:55:33Donc la justice gabonaise est à refaire. Il y a de très bons magistrats, j'ai des amis magistrats. Mais excusez-moi, je ne vais pas dire ce que je pourrais dire des magistrats.
00:55:46Mais comment pouvez-vous ? Le procureur a trois possibilités. Il dit balancez ça. Il dit allez-y, vous allez revenir demain, vous verrez chaque fois. Ou bien vous mettez en prison.
00:55:58Il choisit la prison. Parce que qu'est-ce qui était grave ? Un secrétaire général du conseil départemental que vous pouvez voir tous les jours, que vous pouvez attraper, vous le mettez en prison.
00:56:09Il a fait quoi ? Donc ne me parlez pas de la justice. Il y a des gens là qui sont à gros bouquets. Papa Yves Mouelé, il est à la justice, il est là depuis 2018. Il n'est pas jugé.
00:56:29Il a commis des faits graves, d'accord, mais ça fait 2018. Aujourd'hui on est en 2025. Il va faire plus de 10 ans, presque bientôt 10 ans. Il n'est pas jugé. Donc je vous dis, notre pays.
00:56:42Et j'ai dit au prêtre ce matin, j'ai dit au prêtre, monsieur mon prêtre, oui, je dis il y a trois métiers au monde. Il y a le prêtre, il soigne l'âme. Il y a le médecin, il soigne le corps. Et il y a le juge qui encadre, qui règle la société.
00:57:03Voilà la justice qui prive un père de famille de sa liberté d'aller et de venir. Voilà une justice qui ne tient même pas compte de l'histoire. Parce que le gouverneur de la province de Lagunier, bien sûr, est libre, il a ses pouvoirs.
00:57:19Mais Francis, j'ai dit à Francis que comment tu peux faire ça ? On était allé investir ensemble. Tu étais à l'institut de gestion. Et tu as vu la bouille de mon petit frère. Et tu sais que ce qu'il a fait là, il l'a fait à cause de toi. Ce n'est pas normal.
00:57:31Ce n'est pas normal. Donc ne me parlez pas des questions de justice. Espérons que le prochain candidat va mettre le pied dans la fourmilière.
00:57:40Regardez le prochain candidat de la transition. Il demande que les magistrats fassent la politique. Non. Il ne faut pas que les magistrats fassent la politique. Non. Déjà là, ils ne faisaient pas la politique. Ils sont comme ça.
00:57:52Mais quand ils le feront, c'est qu'ils feront la politique. Mais ils seront pires. Moi je suis contre le CTRI. Mon petit frère, c'est mon petit frère. Le CTRI va le mettre en prison parce que le magistrat là-bas est magistrat du CTRI.
00:58:05Non. Il ne faut pas que les magistrats fassent la politique. Il ne faut pas que les militaires fassent la politique. Ce n'est pas orienté vers le président de la transition. C'est orienté vers l'équilibre des pouvoirs.
00:58:18Parce que le travail du militaire, c'est de protéger le territoire. Ce n'est pas d'aller faire des canapés rouges. Ça c'est le travail du politique. Vous comprenez ?
00:58:31Donc je pense qu'il faut savoir raison garder. Notre pays a rebâti. Nous sortons de 56 ans d'une gestion bien sûr quelconque. Et là nous avons eu droit à deux ans d'une gestion que nous voulons justifier par le fait qu'on a mis en place l'inclusivité.
00:58:56Bon, espérons que le président qui sera élu mettra à profit ces sept ans pour remettre le pays sur les rails. Moi personnellement, si je suis élu, je resterai sept ans. Je pense qu'un président, sept ans, c'est beaucoup.
00:59:11Il faut arriver à réduire le mandat du président pour en faire un mandat de quatre ans ou de cinq ans et puis renouvelable une fois. Mais sept ans renouvelable, ça fait 14 ans. Moi par exemple, après ce mandat, je ne pourrai plus me présenter parce que j'aurai 60 ans et plus.
00:59:29Donc voilà comment on fait. Est-ce que quelqu'un qui a de la ressource, quelqu'un qui a un potentiel, est-ce qu'on doit le priver de la possibilité de gérer ses frères et soeurs, ses compatriotes ? Est-ce qu'il faut mettre quelqu'un de novice, de bleu, comme vous voulez le dire, pour venir à prendre ? On ne vient pas à prendre à gérer un pays.
00:59:52Ecoutez, monsieur. Vraiment, la justice, c'est quelque chose qui me met hors de moi et je n'avais pas envie de sortir de ce studio avec des nerfs tendus. Vous comprenez. C'est notre pays. Il y a de tout. Il y a du bien, il y a du mal et il faut savoir, bien sûr, relativiser les choses.
01:00:14Et même, il faut dire grâce à Dieu. Parce que vous ne savez pas, si mon petit frère était dehors, peut-être que quelque chose de mauvais lui serait arrivé. Ce sont les plans de Dieu. Ce sont les plans de Dieu. La destinée. Et vous ne pouvez rien faire contre la destinée.
01:00:29Alors, nous allons aborder une question qui préoccupe essentiellement les populations, généralement de l'intérieur du pays. La question du conflit homophone, notamment avec les éléphants. Ce conflit qui met en péril un peu la sécurité alimentaire des populations rurales.
01:00:49Quelle est votre solution pour concilier préservation de la biodiversité et protection des moyens de subsistance des communautés ?
01:00:59C'est une question assez difficile. Vous savez, un éléphant, c'est un être vivant. C'est un être vivant. Un homme aussi, c'est un autre vivant. Vous savez, l'éléphant a besoin de manger pour vivre, mais l'éléphant ne plante pas. L'homme, lui, il a besoin de manger pour vivre, mais lui, il plante.
01:01:21Alors, celui qui ne plante pas, il va chercher la nourriture auprès de celui qui plante. Mais qu'est-ce qui s'est passé en réalité ? Ce que les gens ne veulent pas dire. Nous avons toujours eu des éléphants chez nous, mais les éléphants ne sont pas souvent venus au village pour venir manger les plantations. Ce sont les forciers, là.
01:01:38Une des raisons, c'est l'augmentation de la population qu'une autre raison. Donc, je pense qu'il faut s'organiser pour faire, pourquoi pas, une battue des éléphants réglée pour éviter, bien sûr, qu'il y ait une surpopulation et donc pour éviter que les humains, les hommes et les éléphants se retrouvent à discuter d'un espace qui devient de plus en plus restreint.
01:02:08Vous avez les grumiers, tous les jours, on abat notre bois dans la forêt, là où est l'éléphant. Lorsqu'on fait tomber le bois, l'éléphant fait comment ? Il fouille vers une direction qui, malheureusement, peut être le village. Donc, il faut organiser, bien sûr, même au niveau de la gestion de nos forêts, il faut organiser les choses de telle sorte qu'un espace assez important...
01:02:33Eh bien, écoutez, c'est le risque à prendre. Si vous avez un espace assez important, un parc, par exemple, qui peut servir pour loger les éléphants, vous savez, ils sont en sécurité, ils n'ont pas les bruits de caterpillars, ils n'ont pas les bruits de tracteurs.
01:02:49C'est une réflexion qui ne doit pas se limiter au niveau, d'ailleurs, des politiques, parce que les politiques ne sont pas assez outillées pour réfléchir sur les questions pointues qui concernent, bien sûr, la société.
01:03:05Nous devons travailler avec les cadres du ministère de l'Environnement, le cadre du ministère des eaux et forêts, pour faire en sorte que la meilleure des solutions, même si elle doit nous faire mal, que nous puissions prendre cette solution pour épargner nos parents, parce que je vous dis, épargner nos parents, nos parents n'ont pas la route.
01:03:27Nos parents n'ont pas la route. On peut dire, bon, s'ils avaient la route, ils iraient chercher la nourriture à 4, 5 heures, ils n'ont pas la route. Moi, j'ai fait Makoku, au vent, Makoku, Kokonja, est-ce que j'ai croisé 4 voitures ?
01:03:41Le Gabon est un pays enclavé. Il faut effectivement insister sur les moyens de circulation, les moyens de déplacement des Gabonaises et des Gabonais. Nous avons des raisons de croire que nous sommes bénis de Dieu. Nous avons des raisons. Il n'y a pas beaucoup à faire.
01:04:04Mais malheureusement, lorsqu'on demande aux gens de construire la route, ils surfacturent. Là, le président de la transition briscotère, il s'est fait flouer par ses amis. Un kilomètre de béton, il paraît que c'est 200 millions. Mais là, il facture ça à 800 millions.
01:04:23Il faut quand même que nous soyons des patriotes. Il faut que nous soyons honnêtes. Il faut que nous soyons justes. Maître Gaston Maïra, qui vient de mourir près à son âme, il m'a dit, mais docteur, pourquoi avoir autant de richesses ? Pourquoi avoir autant de voitures ? Si vous avez deux voitures, est-ce que vous pouvez mettre un pied dans une première voiture et l'autre pied dans une deuxième voiture ?
01:04:43Donc, soyons mesurés. C'est une question qu'il faut absolument prendre au sérieux. C'est une question qu'il faut prendre au sérieux parce que même la vie de nos compatriotes en dépend.
01:05:01Parce qu'un éléphant qui est en train de se sauver, il peut vous charger et puis vous mourrez. La question, bien sûr, qui a trait à la commercialisation des défenses des éléphants, qui a fait une activité qui est très lucrative, toutes ces questions-là doivent être repensées, doivent être réfléchies.
01:05:22Parce que ce qu'on ne nous dit pas aussi, c'est que les mêmes personnes qui attrapent les défenses des éléphants, ils les vendent dans le noir. Donc, vous voyez, il faut un pays transparent et un pays où la loi est la règle. Faux. La loi, c'est la règle. La loi, ce n'est pas l'exception.
01:05:39Alors, le bois précieux Kevazingo, que vous connaissez peut-être, a été réintroduit dans le circuit économique depuis le coup d'État, l'août 2023. Êtes-vous favorable à cette mesure et comment lutter efficacement contre les scandales de corruption liés à son exploitation ?
01:05:58Non, il faut simplement faire respecter la loi. Il y a, j'imagine, un certain nombre de troncs de Kevazingo qui ne doivent pas être dépassés, de coupes de Kevazingo qui ne doivent pas être dépassées.
01:06:20Parce que, vous savez, le Kevazingo rapporte suffisamment d'argent. Plus vous en coupez, plus vous vous enrichissez. Donc, il faut un juste milieu. Et vous savez, vous posez des problèmes que j'ai rencontrés tout le temps.
01:06:37Le problème du Kevazingo, c'est le problème de l'Okume, c'est le problème des autres bois. C'est une mafia. C'est une mafia. Là, c'est une mafia. Les gens exportent le bois sans même tenir compte des normes internationales.
01:06:58Qu'est-ce que la Gaza ? Qu'est-ce que la Gaza vient faire pour délivrer un certificat phytosanitaire à une société qui exporte du bois ? Ce n'est pas de la nourriture. Mais vous allez voir, les gars du ministère de l'Agriculture et de l'Élevage, plutôt des eaux et forêts, pour dire que c'est vous qui êtes les propriétaires, c'est vous qui les contrôlez, c'est vous qui les protégez.
01:07:21Ils disent non, non, non, c'est la Gaza. Mais la Gaza, c'est l'agence gabonaise de sécurité alimentaire. Et normalement, la Gaza ne doit même pas être logée au ministère de l'Agriculture. Parce que ce qui est dans nos plats n'appartient plus au ministère de l'Agriculture. Ce qui appartient au ministère de l'Agriculture, c'est ce qui est dans les plantations.
01:07:43Mais comme chacun veut tirer, ça rapporte beaucoup. Mais on reprend la Gaza. La Gaza doit être le ministère de la Santé. Vous voyez ? Mais le ministère de la Santé est faible. La petite soeur d'Ali Bougondiba est le directeur général de la Gaza. Les gens sont frileux.
01:08:01J'ai démontré que les parents du président ne sont pas ce qu'on imagine. Ils respectent la loi si on leur donne l'occasion de respecter la loi. Ce ne sont pas des extraterrestres. J'ai, moi, menacé de faire fermer la clinique El Rafa.
01:08:25Parce que l'une des conditions pour avoir une clinique, c'est qu'il faut être médecin. Notre mère, Edith Bougondiba, avait malheureusement perdu la vie. Elle était morte. Cette clinique n'avait plus de raison d'exister.
01:08:41Je passe sous silence les autres aspects en rapport avec l'inspection générale de la santé, les questions de richesse, les questions du personnel, les questions de plateau technique. Mon objectif, ce n'est pas de sortir des choses qui n'ont pas de rapport. Je vous parle de la législation.
01:09:01Je peux la citer, c'est le professeur Konafilomen. C'est ma collègue, ma soeur. Elle est venue, Stéphane. Elle ne m'appelle pas docteur, elle m'appelle Stéphane. J'ai dit oui, philo. Comment tu peux fermer la clinique de ton père ? Je lui ai dit, papa est mort, maman est morte. Si tu veux, va, fais une demande, on va régulariser, tu deviens le propriétaire de la clinique.
01:09:23Mais moi, inspecteur général de la santé, fils d'Omar Bongoldiba, je ne peux pas marcher sur la loi. J'ai eu des problèmes comme ça. On m'a viré de l'inspection général de la santé parce que je suis allé dire aux pompes funèbres, écoutez les gars, vous n'êtes pas en règle. Vous n'avez pas d'autorisation d'ouverture. Je ne parle pas de l'absence de thanatopracteur. Je ne parle pas de la gestion de vos déchets.
01:09:49Je ne parle que du papier qui vous autorise à ouvrir. Vous êtes là pour la plupart depuis 1967. Ils ont joué les costauds parce qu'ils étaient sous la protection de Biogéba. Ils ont joué les costauds parce que Biogéba était le chef du ministre du général Zengidzoudou.
01:10:07Le général Zengidzoudou a tenu une réunion avec les responsables, les propriétaires des pompes funèbres en excluant son collaborateur que j'étais. Ils ont décidé de m'enlever. Je suis sorti du ministère de l'inspection général de la santé.
01:10:23Quel gâchis ! J'avais un projet et ce projet, je veux le mettre en œuvre lorsque je serai élu président de la République parce qu'on ne peut pas se permettre de cautionner l'anarchie dans ce qui est de notre santé.
01:10:39J'ai vu un monsieur, et il est là, je peux donner son nom, infirmier, mais il a usurpé le titre de médecin dans une maison de pompes funèbres. Dans le dossier, il y a les carnets de vaccination. Ce monsieur vaccinait les agents des pompes funèbres tous les six mois.
01:11:03Lorsque j'ai pris le monsieur, j'ai dit « Joe, est-ce que c'est bon ? » Il a développé l'hypertension artérielle. Il n'est pas mort, je crois qu'il est là. C'est un pays béni des dieux. Il y a des gens ici qui font à leur tête et qui n'ont rien à foutre avec les textes qui existent, qui sont bons.
01:11:27L'inspection générale de la santé a ce qu'on appelle le mandat général, c'est-à-dire un document qui vous permet d'aller partout. Partout, ça veut dire partout. Mais ici au Gabon, l'inspecteur général de la santé ne peut pas aller à l'hôpital militaire de Mélène. C'est une chance gardée.
01:11:45Je suis allé là-bas, le professeur Nzuba m'a dit « Docteur, laisse là-bas, ne part pas ». Mais comment je ne peux pas partir ici ? Soyez les Gabonais et les Gabonais. Donc vous avez des textes, des bons textes, mais bien sûr à cause des relations personnelles ou individuelles, à cause des intérêts. Les gens ne mettent pas en musique.
01:12:07Donc vous me posez la question de savoir comment régler la question du conflit faune-homme-faune. Je dis qu'il faut prendre le problème au sérieux, il faut mettre les experts en place et il faut que les experts nous donnent. Il ne faut pas qu'ils fassent comme pour le référendum, il ne faut pas qu'ils fassent comme pour la loi électorale, c'est-à-dire dire oui à la place du non.
01:12:28Parce que ce code-là, si les intellectuels étaient sérieux, ils n'auraient jamais validé l'exclusion de nos amis de la diaspora, ils n'auraient jamais validé l'exclusion de nos grands fréquents de 70 ans, ils n'auraient jamais validé l'exclusion de nos petits fréquents de 35 ans, parce qu'un électeur est éligible.
01:12:48On espère pouvoir mettre fin à cette anarchie, à ce désordre en privilégiant la ressource humaine, en mettant en place des mécanismes pour permettre aux meilleurs de jouer leur rôle.
01:13:05Meilleur même balayeur de rue, meilleur même WASH, meilleur même ménagère, il faut que les meilleurs, les plus méritants aient bien sûr la place qu'il faut. Ça n'a rien à voir avec la représentation, la représentativité, ça n'a rien à voir.
01:13:23Moi je vois une Assemblée Générale comme en France où il y a des ménagères, je vois une Assemblée Générale où il y a bien sûr des chauffeurs, un syndicat des chauffeurs, je vois une Assemblée Générale. L'Assemblée Générale ce n'est pas le lieu de l'élite, c'est la représentativité nationale.
01:13:43Dans les réformes, vous n'avez pas posé la question, un député du Gabon ne peut pas évaluer un projet qui émane d'un ministère. Au ministère il y a le ministre, au ministère il y a les conseillers, au ministère il y a le secrétaire général, au ministère il y a le directeur général. Ils ont monté un dossier, ils sont à dix.
01:14:05Ils ont monté un dossier béton. Et vous la voyez à l'Assemblée Nationale où il y a un député. Vous regardez le ministre, il y a un député. Et ce député-là n'a personne autour de lui. Le chargé parlementaire c'est un garde du quartier qui lui a permis d'avoir des voix et donc il ne peut pas réfléchir.
01:14:25C'est ça les réformes. Il faut donner à l'Assemblée Nationale les moyens pour répondre à ces trois missions. Elle a trois missions l'Assemblée Nationale. Il faut éviter de venir proposer des solutions sans réflexion, dissoudre le Sénat. Est-ce que c'est la seule solution ?
01:14:47Notre pays a besoin des hommes et des femmes sérieux qui ne trompent pas les autres. Mais là, avec les femmes âgées, ils vont continuer comme ça. C'est eux qui disposent des moyens. C'est eux qui vont gagner les élections. Et c'est eux qui vont perpétuer la médiocrité. C'est ça le problème.
01:15:10Nous entamons la dernière partie de notre interview en parlant de la diplomatie. Le Gabon suspendu de l'Union africaine après le putsch de 2023 tente de regagner sa crédibilité. Quelle est votre vision du repositionnement du Gabon sur la scène diplomatique régionale et internationale ?
01:15:34Ecoutez, si papa Omar Boungodi va donner une autre image du Gabon, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Il y a la diplomatie, il y a le sport qui sont bien sûr des domaines qui permettent de faire connaître le pays et de faire respecter le pays.
01:15:55Ce que nous vivons aujourd'hui est catastrophique. Il y a même la diplomatie économique. Il faut arriver à faire en sorte que notre diplomatie soit performante, soit plus conquérante, soit plus ambitieuse.
01:16:13Notre diplomatie doit donner à l'extérieur une image du Gabon plus reluisante, doit donner à l'extérieur une image du Gabon plus dynamique. Ce que nous avons vécu jusqu'à présent, malheureusement après le décès du père Omar Boungodi, est une sorte de chute libre de l'image prestigieuse de notre pays.
01:16:36Il faut redonner au Gabon la possibilité de se hisser au toit de la sous-région, au toit de la région et au toit du monde parce que nous méritons cette place qui nous a été léguée par Omar Boungodi.
01:16:52Donc nous, personnellement, nous allons faire en sorte que l'image du Gabon, la diplomatie gabonaise, soit bien sûr une diplomatie conquérante, une diplomatie qui permette... Vous savez, moi j'étais au Maroc. Je parle toujours des histoires.
01:17:09Mais à notre époque, vous arrivez au Maroc, vous êtes gabonais, Omar Boungodi. Vous voyez, les gens étaient fiers. Vous allez dans les pays de l'Afrique de l'Ouest, vous êtes gabonais, à la limite on vous fait les salam alaik. Aujourd'hui on se moque des gabonais, les bourses ne sont pas payées, les gabonais sont exclus des logements dans lesquels ils vivaient.
01:17:35Donc c'est tout ça qui participe au rayonnement d'un pays. Il faut avoir une parole. Lorsque les leaders chefs, les dirigeants n'ont pas de parole, ça déteint sur la diplomatie, ça déteint sur le rayonnement du pays.
01:17:50Lorsque vous avez les dirigeants, bien sûr, qui rament à contre-courant, vous avez une justice qui est bien sûr aux ordres. Vous avez un président de la République qui est costaud parce qu'il est le président du Conseil supérieur de la magistrature, il est le président du gouvernement, il est le chef de l'administration.
01:18:19Vous ne verrez pas ça ailleurs. Et donc cette image que nous envoyons, nous renvoyons aux autres de notre pays est une très mauvaise image. La diplomatie ce n'est pas seulement être ministre de l'intérieur de la fonction des affaires étrangères, vous avez des gabonais à l'étranger qui ont du mal à avoir un passeport par exemple.
01:18:39Vous avez des gabonais à l'étranger qui tombent malades, on ne paie pas les factures. Donc c'est une vision systémique de la diplomatie gabonaise. La diplomatie doit être vue dans son ensemble, il ne faut pas se limiter seulement au passeport. Il faut regarder le pays, c'est notre pays, il faut rêver de le voir plus grand, il faut rêver de le placer là où il était avant.
01:19:02Bien sûr, cette histoire d'Akroube Ziboi, de cette histoire de Blamboi, cette histoire de la Young Team et peut-être cette histoire du Sétéri. C'est pour ça que je ne fais pas le bilan du Sétéri, parce que je sais que Dieu a prévu quelque chose pour le Gabon. Donc tout ce qui a été fait là, il faut oublier ça. Même si ça n'a pas servi au pays, il faut oublier.
01:19:27Une question d'actualité qui rythme l'actualité en Afrique surtout, c'est la relation entre le Gabon et la France, notamment sur le plan militaire. Quelle est la position du docteur Hilo Kobusugi en tant que président au 12 avril 2025 ?
01:19:45Mon cher, il ne faut pas faire ça. Il faut laisser les choses en état. Je dis, si ça peut me valoir l'échec à l'élection présidentielle, qu'on me batte. D'abord, vous avez la langue. Nous avons en commun la langue, le français.
01:20:09Qu'est-ce que je peux faire ? Je ne parle pas bien anglais, je ne parle même pas. Qu'est-ce que je vais faire avec le russe ? Qu'est-ce que je vais faire avec l'espagnol ? Honnêtement, vous m'écoutez parler, je parle français.
01:20:21Je ne peux pas, aujourd'hui, parler de panafricanisme. Je ne peux pas parler de la suppression. J'assume la suppression des rapports que nous avons avec la France. La France, pour moi, c'est un partenaire privilégié pour le Gabon.
01:20:42Mais nous devons nous arranger. Vous savez, il y a des choses qui ont été faites à l'époque, certainement à cause de nos chefs d'État, mais là, nous devons nous asseoir. Nous devons nous asseoir pour regarder l'intérêt des deux peuples, le peuple gabonais et le peuple français.
01:20:57Je vois les gens dire qu'il faut fermer la base militaire de l'armée française à Libreville. Mais qu'est-ce que la base militaire nous fait ? Qu'est-ce qu'elle fait pour le Gabon ? Est-ce que les militaires brutalisent les gens dans les quartiers ? Est-ce que les militaires arrachent les femmes dans les quartiers ? Est-ce que les militaires français troublent la circulation ?
01:21:17Non, l'ordre public, non. Ce n'est pas parce qu'on est au Burkina Faso, ce n'est pas parce qu'on est au Niger, ce n'est pas parce que c'est devenu à la mode qu'on va croire que le Gabon est un pays indépendant.
01:21:37Moi, je suis président de la République, mais j'aurai l'Assemblée, je vais consulter l'Assemblée, j'ai le Sénat, donc mon Parlement, je vais consulter le Parlement et puis j'ai l'élite de ce pays. Il faut faire travailler l'élite. Il faut permettre à ces gens-là qui sont assis, qui se rongent les doigts, d'être utiles à leur pays.
01:22:01J'ai vu Marie-Madeleine Bronceau, j'ai vu Roussatanga, j'ai vu quel autre expert. Ils sont allés défendre le pays sur la question de l'île Mbanié. On a pris les meilleurs. Il faut prendre les meilleurs. Et il y a au Gabon des meilleurs.
01:22:18Moi, je ne suis pas meilleur dans les domaines aussi spécialisés que ça, mais il y en a là-bas, mais qu'on a mis de côté parce qu'on devait mettre un étudiant qui est chanteur, qui est artiste, ministre de la culture. Comment vous pouvez mettre un ministre de la culture et étudiant ? Comment ? Comment vous pouvez faire ça ? Parce qu'il n'y a pas de Gabonais qui peuvent être ministre de la culture.
01:22:41Mais que vous parlez de diplomatie. Le matin, il est à l'école, il veille les papiers. L'après-midi, il vient au ministère et il commande même ses professeurs. Est-ce que c'est bon ?
01:22:54Le pays doit vraiment sortir de cette torpeur. Le pays doit sortir de ce cauchemar. Le pays doit sortir de cet état innommable. Notre pays a longtemps souffert et ce n'est pas bien.
01:23:12Donc moi, vous avez parlé de la diplomatie gabonaise. Je pense que le Gabon doit être un pays fort. Le Gabon doit être un pays plus reluisant. Le Gabon doit être un pays plus dynamique. Le Gabon doit être plus conquérant parce que nous ne sommes pas nombreux.
01:23:27Mais il faut qu'on parle de nous. Pour qu'on parle de nous, il faut se mettre. Pendant que les autres ont 10 000, 20 000 habitants, nous avons 2 millions. Mais on parle de 10 000 habitants parce qu'ils sont plus nombreux. Nous, on parlerait de 2 000 habitants parce que nous sommes plus visibles, nous sommes des bons médiateurs, nous sommes des bons négociateurs, nous avons une terre d'accueil.
01:23:47Donc il faut régler la question de la diplomatie dans ce sens pour donner au Gabon son image d'antan. Un pays où il fait bon vivre, un pays où règne la démocratie, où règne les droits de l'homme, où règne l'état de droit.
01:24:05Le Docteur Iloko, nous arrivons au terme de notre interview. Vous avez une minute pour adresser un message aux populations gabonaises.
01:24:35Je suis un homme équilibré. Je n'ai pas peur de l'autre. J'accepte bien la différence. Le Gabon est un pays multiculturel, multiethnique. Il faut accepter mais il faut affirmer sa particularité.
01:24:56Moi je suis Massango. Mon père avait deux femmes. La première femme, mon père était Michogo. Je suis dans un département où il y a les Akeré. Je suis dans un département où il y a les Simba. Je suis dans un département où il y a les Pygmé. C'est ça mon écosystème.
01:25:13Déjà avec ces gens-là j'ai des liens de parenté, malgré les problèmes de langue. Je ne suis pas tribaliste. Le Gabon aura réussi lorsque tous les enfants du Gabon seront parlés au moins une langue de leur pays.
01:25:31Le Gabon aura gagné lorsque tous les enfants du Gabon connaissent leurs origines. Le Gabon aura gagné lorsque tous les enfants du Gabon ne se feront pas arnaquer. Vous voyez les gars qui font le bwiti ? Les miennes font le bwiti.
01:25:47J'étais à Borsobwe. Lorsque tu manges le bois sacré, ça n'a rien à voir avec le mwiri. Mais ils donnent le bois sacré et ils te disent on va aller à gauche. Donc comment ils parlent ? Comment ils initient quelqu'un ? Parce que nous les gens qui nous initions au mwiri, le mwiri ne parle même pas Massango.
01:26:11Le mwiri ne parle pas Massango. Mais eux ils parlent quelle langue ? Ils sont miennes. Le mwiri des miennes ne parle quelle langue ? Donc il faut éviter d'induire les autres. Tous ces gars-là trompent les autres. Il faut rester dans ta culture. Chacun de nous a sa culture. Chacun de nous a son éducation.
01:26:32Je vois les gens qui disent qu'il faut l'armée pour tous les Gabonais. Non ! Quelle armée pour tous les Gabonais ? Il faut dire qu'il faut que chaque enfant Gabonais reparte au village pour se faire initier à la tradition ou à la secte de sa culture. Un enfant Massango qui préfère aller dire abat le diable, abat le machin. Ce n'est pas bien. Il faut qu'il aille se faire initier pour les garçons au mwiri. Il faut qu'il aille se faire initier pour les femmes au Nyeben.
01:27:00Ce sont les écoles de la vie. C'est un peu comme l'armée. Sauf que l'armée n'a pas un être mystique, mystico-spirituel. Donc moi je crois, je me bats. Je veux encourager les Gabonais à accepter d'être des Gabonais.
01:27:16C'est-à-dire parler la langue de leur papa ou de leur maman. C'est-à-dire être initié à un rite de notre pays. C'est-à-dire bien sûr aimer l'école parce que c'est l'école qui débouche vers l'élite, la formation de l'élite. Et bien sûr respecter les normes de la République, les lois de la République.
01:27:42Promouvoir la paix. Promouvoir la paix. Promouvoir la paix parce que sans la paix nous ne pouvons rien faire.
01:28:12Merci, c'est moi qui vous dis merci.