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00:00Thibault de Montbréal. Bonjour, Saliha Mahboub.
00:02Et bienvenue à la grande interview sur CNews Europe 1.
00:04Vous êtes avocat et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure.
00:08Dans quelques instants, nous parlerons d'un sondage exclusif
00:11que vous avez commandé pour votre centre sur l'insécurité
00:14et les maires et les élus en France.
00:16Mais tout d'abord, ma première question va à l'avocat Thibault de Montbréal.
00:19Nous sommes à moins de deux heures du verdict
00:21dans le procès des assistants parlementaires européens du RN.
00:24Ce sera l'heure de vérité pour Marine Le Pen.
00:27Tout se joue sur la fameuse exécution provisoire.
00:30Ça voudrait dire que Marine Le Pen serait déchue en quelque sorte de son droit
00:34de se présenter à la présidentielle.
00:36À quoi correspondrait à vos yeux un tel verdict s'il se confirmait tout à l'heure ?
00:41Puisque c'est à l'avocat que vous posez la question,
00:44c'est l'avocat qui va vous répondre.
00:46Il y a deux grandes justifications
00:48pour assortir des condamnations pénales en première instance,
00:52alors que le droit d'appel est évidemment un droit absolu.
00:56Il y a deux conditions qui peuvent justifier l'exécution provisoire.
01:00La première, c'est l'extrême gravité de l'intérêt social qui a été lésé.
01:04Et la deuxième, c'est le risque de récidive, de réitération.
01:08Donc sur l'intérêt social lésé,
01:10ce que je constate, c'est que trois partis politiques français
01:14qui ont des élus par ailleurs à l'Assemblée nationale,
01:18c'est-à-dire LFI, le MoDem et à l'époque donc le Front national,
01:23font l'objet de poursuites pour les mêmes faits à Bruxelles.
01:28C'est-à-dire d'avoir, selon l'accusation,
01:30utilisé une partie des assistants parlementaires
01:33qui étaient payés par le Parlement européen
01:36pour d'autres tâches dans l'intérêt du parti,
01:39mais pas dans l'intérêt directement de l'élu.
01:42Si la moitié des partis qui ont des élus à l'Assemblée nationale
01:47commettent ou sont soupçonnés de commettre ce genre de faits,
01:51c'est que les choses sont en réalité beaucoup plus compliquées
01:54que ce que l'accusation veut bien expliquer.
01:56Je rentre même pas sur le fond.
01:58Le simple fait que trois partis sur six aient des soucis de ce point-là
02:02montre que l'intérêt lésé n'est pas nécessairement un intérêt gravissime.
02:08Et puis sur le risque de récidive, il n'y en a pas,
02:10puisque Marine Le Pen n'est plus députée européenne.
02:12Donc je serais extrêmement surpris, toujours comme avocat,
02:15si jamais Marine Le Pen avait une condamnation,
02:19parce que déjà, attention, elle a plaidé la relax, donc on va voir,
02:22mais si elle avait une condamnation
02:24et si cette condamnation était assortie de l'exécution provisoire,
02:28comme avocat, je serais extrêmement surpris.
02:30Maître, si tel était le cas, malgré tout,
02:32on n'en pas douté, beaucoup y verraient un profond problème démocratique
02:36et non serait, pour certains, le gouvernement des juges.
02:38C'est pas la première fois en France, dans ce cas-là,
02:40qu'un candidat bien placé serait empêché,
02:44on l'a vu dans d'autres circonstances, avec notamment François Fillon.
02:48Est-ce que ça pourrait laisser des traces, selon vous ?
02:50Les traces, elles existent déjà.
02:52Je me déplace régulièrement en province,
02:54avec le Centre de réflexion sur la sécurité intérieure,
02:57et je rencontre des Français, je rencontre des élus locaux.
02:59Et dans nos échanges, il y a beaucoup de choses sur la crise démocratique
03:02qui reviennent à chaque fois.
03:04Et l'une des choses qui revient régulièrement,
03:08puisque une partie des gens qui viennent me voir
03:10sont quand même plutôt sur l'axe droit de la vie politique,
03:13mais pas qu'eux,
03:15c'est de me dire, oui, mais de toute façon,
03:17à droite, on n'y arrivera jamais,
03:19parce qu'à chaque fois, il y aura une affaire qui va être exploitée.
03:22Donc, je me contente de répéter ce que j'entends,
03:26mais je l'entends beaucoup.
03:28Donc, si jamais c'était le cas tout à l'heure,
03:30à n'en pas douter, on l'entendrait encore plus,
03:34et ça risque de finir par poser un vrai problème,
03:39parce qu'en réalité, évidemment, ce n'est pas à la justice,
03:43peut-être à la fin,
03:45c'est-à-dire une fois que la justice aura définitivement tranché,
03:47mais en tout cas pas en première instance,
03:49de décider par une décision d'exécution provisoire,
03:53dont pour les raisons dont on vient de parler il y a deux minutes,
03:55je pense, vous l'avez compris,
03:57qu'elle ne se justifie pas,
03:59il ne me semble pas que ça appartienne à des juges de première instance
04:03de prendre des décisions à l'impact politique si élevé.
04:06Vous parlez, Thibaud de Montbréal, des personnalités de droite
04:08aux prises avec la justice,
04:10avec des associations revendiquées de gauche
04:13comme Anticor et le syndicat de la magistrature.
04:15Quelles sont les chances pour les personnalités de droite
04:18d'avoir un procès équitable,
04:20ni plus ni moins qu'un autre citoyen,
04:22tout simplement, qu'un autre justiciable ?
04:24Il faut distinguer, parce que les associations
04:26comme Anticor ou comme d'autres,
04:28qui déposent des plaintes
04:30ou qui se constituent parties civiles,
04:32c'est-à-dire qui vont du côté des plaignants à l'audience,
04:35c'est une chose,
04:37mais ce n'est pas elles qui décident du résultat.
04:39Le syndicat de la magistrature
04:41auquel vous faites allusion,
04:43qui réunit aux élections professionnelles
04:45entre un quart et un tiers des magistrats,
04:47c'est un syndicat qui est ouvertement d'extrême-gauche,
04:49il n'est pas de gauche,
04:51il est d'extrême-gauche,
04:53il publie régulièrement des fascicules
04:55pour expliquer aux gens qui vont en garde à vue
04:57comment contrer les techniques policières,
04:59aux émeutiers qui pourrissent les manifestations,
05:01comment échapper au sort judiciaire
05:03qui pourrait être le leur, etc.
05:05C'est-à-dire qu'ils sortent du champ de neutralité
05:07auquel vous faites allusion,
05:09ils sortent du champ de neutralité
05:11auquel les magistrats sont astreints,
05:13non pas dans leurs décisions,
05:15mais dans leur vie sociale.
05:17C'est pour ça qu'on peut se permettre
05:19de dire qu'ils sont d'extrême-gauche,
05:21c'est qu'ils ont des positions sociales, sociétales,
05:23parfois ils prennent position contre des projets de loi gouvernementaux
05:25et donc ils sortent complètement de leur rôle.
05:27Mais je voudrais dire, Sonia Mabrouk,
05:29que ce n'est pas la majorité des magistrats.
05:31La majorité des magistrats
05:33sont des gens d'une très grande intégrité
05:35qui font ce qu'ils peuvent
05:37avec des moyens qui sont difficiles,
05:39il y a une submersion de procédures
05:41et en réalité,
05:43il y a beaucoup de changements,
05:45de modifications, notamment procédurales
05:47qui favoriseraient
05:49un retour de l'autorité en matière judiciaire.
05:51Je vous donne un exemple,
05:53Nicolas Sarkozy, le parquet national financier
05:55a réclamé à l'encontre de l'ancien président
05:577 ans de prison, 300 000 euros d'amende
05:59dans l'affaire de financement présumée de sa campagne
06:01de 2007 par Mohamed Kadhafi.
06:03L'ancien chef de l'État a beau condamner,
06:06je le vois dans son communiqué,
06:08il a fausté la violence des accusations contre lui
06:10ainsi que l'outrance de la peine réclamée.
06:12Comment vous avez réagi
06:14à la manière dont tout cela a été amené ?
06:16Alors, Sonia Mabrouk,
06:18ça ne m'arrive pas souvent,
06:20mais j'ai été sidéré.
06:22Je voudrais d'abord redire ici
06:24ma sympathie
06:26pour Nicolas Sarkozy
06:28dont j'imagine
06:30l'État aujourd'hui
06:32de rage,
06:34son communiqué est éloquent
06:36mais l'homme,
06:38moi je pense à l'homme ce matin,
06:40depuis que j'ai entendu ces réquisitions sidérantes,
06:42je pense à l'homme.
06:44Cela étant dit,
06:46il y a quand même un vrai problème.
06:487 ans, figurez-vous
06:50que c'est la peine moyenne
06:52à laquelle étaient condamnés
06:54les gens
06:56qui sont partis combattre en Syrie
06:58lorsqu'ils sont revenus sur les trois premières années
07:00entre 2014 et 2017
07:02au titre de l'association de malfaiteurs terroristes.
07:04Les condamnations, c'était entre 6 et 8 ans.
07:067 ans, Sonia Mabrouk,
07:08c'est la peine moyenne
07:10à laquelle est condamné
07:12le chef d'un gros trafic de cocaïne,
07:14on parle de plusieurs dizaines de kilos,
07:16lorsqu'il est primo délinquance,
07:18c'est-à-dire lorsqu'il n'a pas déjà
07:20été condamné pour les mêmes faits.
07:22C'est-à-dire que la peine
07:24qui est demandée contre Nicolas Sarkozy,
07:26c'est une peine qui
07:28est prononcée
07:31dans d'autres dossiers
07:33pour des faits qui ne sont pas
07:35graves, qui sont extrêmement
07:37graves. Est-ce que
07:39le dossier contre Nicolas Sarkozy,
07:41président de la République,
07:43qui a été président
07:45de la République,
07:47mérite 7 ans de prison ?
07:49Moi, je ne connais pas le dossier.
07:51J'ai suivi les débats dans la presse, évidemment.
07:53On m'a raconté ici et là.
07:55Moi, ce que j'observe, c'est que
07:57on a à l'œuvre le parquet
07:59national financier qui a été
08:01créé par François Hollande. On sait pourquoi ?
08:03Il a été créé par François Hollande.
08:05Pour viser certaines personnalités expressément de droit ?
08:07Bien sûr, il a été créé par François Hollande et Christiane Taubira.
08:09Ce qui est sans doute le binôme
08:11qui, par ailleurs, a fait le plus de mal
08:13à la justice française depuis 40 ans.
08:15Et manifestement,
08:17eh bien...
08:19Il a rempli son rôle dans ce cas-là.
08:21Le rôle est rempli. Moi, je constate
08:23encore une fois, c'est que le PNF
08:25est à l'origine de
08:27toutes les procédures
08:29dont on parle et toutes les procédures
08:31qui visent expressément
08:33les politiques de droite.
08:35Moi, je ne dis pas
08:37qu'il n'y a que des gens probes
08:39et bien sûr qu'il y a des élus...
08:41On parle d'une orientation éventuelle.
08:43Ce que je constate,
08:45c'est qu'il y a une disproportion majeure
08:47entre les élus de droite et les élus de gauche
08:49qui sont poursuivis et que c'est
08:51une disproportion qui ne peut pas...
08:53qui n'est pas cohérente
08:55en termes statistiques, si vous voulez.
08:57Parce que soit on a une classe politique sur le spectre droit
08:59qui est complètement corrompue
09:01et une classe politique sur le spectre gauche
09:03qui est d'une probité sans faille,
09:05mais ça se saurait. Soit les choses sont plus
09:07compliquées que ça et l'équilibre entre les deux
09:09devrait se voir aussi dans l'équilibre entre les poursuites
09:11et entre les condamnations, ce qui n'est pas le cas.
09:13Thibaud de Montbréal, on poursuit notre entretien sur
09:15CNews et Europe 1. Dans l'actualité, je voudrais vous faire réagir
09:17à ces images choquantes,
09:19à ce qui s'est passé à la cité des Francs-Moisins
09:21à Saint-Denis. Je vais décrire la situation
09:23pour nos auditeurs d'Europe 1.
09:25On voit des individus attaqués en meute,
09:27une voiture de police
09:29municipale. On le voit avec
09:31des barres, avec tout ce qui se trouve
09:33à leur portée.
09:35La voiture, d'ailleurs, est contrainte
09:37de partir, de fuir quelque part.
09:39En voyant ces images, on dirait une chasse
09:41aux policiers, en réalité. La chasse aux policiers
09:43est ouverte.
09:45Moi, je vous pose simplement
09:47une question.
09:49Et je la pose à tous ceux qui regardent ces images.
09:51Qu'est-ce qui se serait passé
09:53si l'équipage
09:55d'une de ces voitures, parce qu'en réalité,
09:57il y en a deux, avait été bloqué ?
09:59C'est-à-dire que si cette horde
10:01de dizaines d'individus
10:03armés, vous avez vu qu'ils sont armés,
10:05ils ont des bâtons et des objets qui ressemblent
10:07à des couteaux ou des machettes.
10:09Qu'est-ce qui se serait passé pour l'équipage si une voiture avait été coincée ?
10:11Le pire, sans doute, en tenue de la violence
10:13qu'il y ait des chaînes.
10:15Et peut-être même, aurions-nous entendu
10:17à supposer que les policiers aient utilisé leurs armes,
10:19des gens critiquaient l'utilisation de cette arme
10:21en expliquant que ce n'était pas légitime,
10:23etc. La réalité, c'est que des scènes
10:25comme ça, ça arrive plusieurs fois par semaine en France.
10:27C'est arrivé la semaine dernière, par exemple,
10:29à Aulnay-sous-Bois.
10:31Et là, il y a une vidéo, donc
10:33on en parle plus, mais c'est le quotidien
10:35de nombreux policiers nationaux,
10:37de gendarmes,
10:39de policiers municipaux aussi,
10:41dans des quartiers
10:43qui sont des quartiers, parce que les Framboisins,
10:45c'est un des quartiers les plus connus en France
10:47pour les stups. Quand je parle d'Aulnay-sous-Bois,
10:49c'était la cité des 3000, pareil.
10:51Donc, ce sont des quartiers où
10:53les délinquants
10:55sont dans une logique de territoire.
10:57C'est-à-dire que la police, pour eux, ce n'est pas
10:59la force garante
11:01de l'autorité de l'État. C'est une bande adverse
11:03qu'il faut faire fuir.
11:05Et je le prône
11:07depuis longtemps. Vous savez que moi, je prône
11:09un choc d'autorité qui se décline.
11:11On va en parler, parce qu'il tarde à arriver.
11:13L'expression m'a beaucoup été reprise,
11:15mais personne ne l'a encore mis en œuvre.
11:17Faute aussi, parfois, de moyens
11:19législatifs. Mais la première
11:21des choses, la première des choses,
11:23Sonia Manbrouk, qu'il faut
11:25impérativement remettre
11:27en œuvre, c'est un soutien,
11:29c'est le rappel
11:31que les policiers et les gendarmes
11:33sont détenteurs de la force
11:35légitime. Et que dans le cadre,
11:37évidemment, de la proportion exigée
11:39par la loi à juste titre,
11:41il y a tout un tas
11:43d'hypothèses
11:45et de scènes auxquelles ils sont confrontés au quotidien
11:47où ils n'utilisent pas pleinement
11:49la force qu'ils auraient le droit d'utiliser.
11:51Et moi, franchement,
11:53cette scène hier soir,
11:55c'est une scène de lynchage.
11:57Sauf que le lynchage n'a pas eu lieu parce que les policiers
11:59ont réussi à se dégager, vous avez vu, en heurtant
12:01d'autres véhicules, etc.
12:03Mais c'est une véritable scène de lynchage.
12:05On est dans une logique de tentative de domicile.
12:07On n'est peut-être pas dans la tentative de domicile au sens pénal
12:09parce que les émeutiers
12:11n'ont pas réussi à coincer un véhicule,
12:13mais la logique, c'est celle de l'homicide.
12:15Effectivement, le pire a été évité.
12:17Quand vous dites soutien aux policiers, c'est ce que j'imagine que vous entendez
12:19puisque vous sillonnez la France,
12:21c'est Baudon-Bréal depuis des mois, Nantes, Rennes,
12:23Blois encore ce jeudi.
12:25Et de cette itinérance,
12:27vous avez demandé
12:29à l'IFOP
12:31une enquête, une grande enquête, très importante
12:33puisqu'elle concerne finalement les élus,
12:35les maires de France et le sentiment,
12:37la réalité plutôt, de l'insécurité.
12:39D'abord, pourquoi une telle enquête et quel est
12:41le plus grand enseignement de ce sondage ?
12:43L'idée, c'est que ça fait 18 mois
12:45que je me balade dans toute la France,
12:47je vais dans des grandes villes, je vais aussi dans des toutes petites villes,
12:49j'échange avec les citoyens,
12:51j'échange avec les élus locaux
12:53et j'entends
12:55des inquiétudes, etc. Ensuite, en 2024,
12:57le ministère de l'Intérieur a publié,
12:59enfin début 2025, des statistiques
13:012024 qui montrent une explosion
13:03de la violence partout, y compris
13:05dans les villes les plus petites
13:07et dans les zones rurales les plus reculées.
13:09Et enfin, il y a les élections municipales
13:11l'année prochaine. Donc, avec mon équipe,
13:13on s'est dit, ça va être intéressant de faire converger
13:15ce que j'observe, les statistiques,
13:17la perspective électorale,
13:19avec ce que ressentent, ce que souhaitent les maires
13:21et d'où nous avons donc demandé
13:23ce sondage, dont les résultats
13:25sont très intéressants puisque
13:27le principal enseignement, en fait il y en a deux,
13:29c'est que les maires,
13:31d'abord, la sécurité
13:33est une préoccupation majeure pour tout le monde,
13:35elle arrive systématiquement en tête
13:37pour les maires de villes de plus de 2000 habitants
13:39et ensuite,
13:41les maires veulent plus de moyens, mais pas forcément
13:43de policiers ou de gendarmes,
13:45mais de simplification administrative
13:47et moyens juridiques, d'une part,
13:49et d'autre part, d'informations.
13:51Alors là, on a des scores très élevés, de l'ordre de
13:5389 et 94 %
13:55pour l'annonce
13:57d'arrivée de migrants sur la commune.
13:59Alors là, c'est un raz-de-marée, tous les maires
14:01de droite, de gauche, de grande ville, de petite ville
14:03veulent plus d'informations
14:05et pour la présence de fichés S
14:07dans la ville. Donc, ce que veulent les maires,
14:09c'est d'être capables d'anticiper
14:11les problématiques de
14:13modification éventuelle de l'équilibre
14:15sécuritaire dans la ville par des événements
14:17de cette nature, et puis des moyens, encore
14:19une fois, intéressants, administratifs,
14:21juridiques, plus que purement
14:23en termes d'hommes et de matériel.
14:25Il y a des demandes qui se font oppressantes
14:27et qui se traduisent par un sentiment,
14:29là encore, une réalité d'abandon
14:31par l'État. C'est ce qui frappe aussi dans ce sondage,
14:33c'est ce qu'on remarque très souvent, ce que les élus,
14:35quelle que soit la taille de la ville, de la commune,
14:37nous rapportent, c'est un sentiment
14:39d'abandon, en réalité, par l'État, alors que
14:41véritablement, ils veulent prendre en charge
14:43et prendre en main les problèmes de leurs administrés.
14:45On a compris depuis un
14:47moment que l'État
14:49n'avait plus littéralement
14:51les moyens de mettre des policiers et des gendarmes
14:53autant qu'il faudrait partout. Donc, on a développé
14:55la police municipale, ce qui est une
14:57bonne idée, sauf que la police municipale,
14:59elle est financée par la commune, ce qui pose
15:01un problème, évidemment, de moyens et
15:03ensuite, elle est limitée dans ses moyens d'action
15:05puisqu'il y a, par exemple, des choses assez contradictoires.
15:07On demande à la police municipale
15:09de faire la sécurité
15:11du quotidien et d'aller contrôler,
15:13mais le problème, c'est qu'elle ne peut pas faire de contrôle d'identité
15:15ni ouvrir les coffres. Donc, dès qu'il y a un contrôle
15:17qu'il faut un peu pousser, la police municipale
15:19est obligée d'appeler la police nationale.
15:21Donc, il y a des contradictions
15:23juridiques et des contradictions
15:25administratives. Un autre exemple qu'on me sort
15:27à chaque fois, c'est que quand vous avez un policier
15:29ou un gendarme qui devient policier
15:31municipal, avec 20 ans d'expérience,
15:33parfois même il est moniteur de tir,
15:35quand il entre en police municipale,
15:37il doit aller faire une formation
15:39de plusieurs semaines, qui coûte
15:41extrêmement cher à la commune, pour
15:43avoir un port d'armes comme si c'était un novice.
15:45Mais ça n'a pas de sens. L'expression
15:47marche sur la tête s'applique vraiment. Et puis, en plus,
15:49là, il suffirait d'un décret pour faire l'égalité des ports
15:51d'armes. Pour conclure, vraiment, en un mot,
15:53le fameux choc d'autorité, vraiment,
15:55vous l'appelez de vos voeux depuis très longtemps.
15:57Est-ce qu'il est en train de se matérialiser, quand on voit tout cela ?
15:59Alors, on
16:01dit beaucoup plus les choses, mais en réalité,
16:03quand on voit encore ce qui s'est passé hier soir à Saint-Denis,
16:05et surtout quand les maires nous disent,
16:07dans le sondage, ou me disent quand je me déplace,
16:09à chaque fois que la violence augmente
16:11partout en France, y compris dans les zones rurales,
16:13etc., le risque,
16:15c'est que si ce choc
16:17ne se fait pas à notre main, c'est-à-dire
16:19avec une politique de reconquête
16:21du territoire, eh bien, ce choc
16:23n'a pas encore lieu, mais nous le subirons, et à ce moment-là,
16:25il aura des conséquences bien pires.
16:27Merci Thibaud de Montbréal, c'était votre grande interview,
16:29je vous dis à bientôt.
16:31Merci Thibaud de Montbréal, merci Sonia Mabrouk.
16:33À suivre sur Europe 1, vos signatures du lundi.
16:35À commencer par Philippe Val, à tout de suite.