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Avec Arnaud de Saint-Rémy, avocat au barreau de Rouen, responsable du groupe de travail Droit des enfants du Conseil national des barreaux (CNB)

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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2025-03-28##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Jean-Jacques Bourdin.
00:04Général Dominique Trincant, bonjour.
00:06Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous. On va essayer de réfléchir à ce qui se passe dans le monde, bien agité.
00:11Regardons ailleurs qu'en France, parce que c'est si important.
00:16Vous étiez chef de la mission militaire française à l'ONU,
00:19vous êtes spécialiste des relations internationales. Général Trincant, deux choses.
00:22D'abord, réaction de Vladimir Poutine, qui dit clairement
00:27qu'il ne faut pas placer l'Ukraine sous administration temporaire.
00:31Vladimir Poutine, ça veut dire qu'il faut que Zelensky s'en aille.
00:35C'est bien ce que ça veut dire.
00:37Tout à fait, c'est la gestion de l'Union soviétique.
00:40En clair, l'Ukraine n'existe pas, n'a pas d'indépendance.
00:43Et donc, en plus, il y a l'antagonisme très connu entre M. Zelensky et M. Poutine.
00:49Un peu comme M. Trump et M. Zelensky, d'ailleurs.
00:52Et donc, éliminons tout ça et instrumentalisons l'ONU
00:57pour en faire un instrument dans notre intérêt.
01:01Donc, on revient à l'Union soviétique.
01:03Poutine qui veut diviser l'Europe et les États-Unis.
01:06Il veut enfoncer un coin entre l'Europe et les États-Unis.
01:10Et moi, je dis que M. Trump devrait lire le document fourni par ses services de renseignement il y a deux jours,
01:17vous savez, le document annuel, dans lequel,
01:20qui a été fait, évidemment, avant qu'il n'arrive en place,
01:23et qui vous rappelle que la Russie est l'ennemi des États-Unis.
01:27Que, clairement, sur le long terme, il y a un antagonisme qu'il faut prendre en compte.
01:32Et malheureusement, lui pense qu'il est un grand copain de Poutine.
01:35Bien, et pendant ce temps-là, les Européens essaient de s'organiser,
01:38mais s'organisent tant bien que mal.
01:40Hein, Général Trinquant ?
01:42Où en est-on ?
01:44Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique essayent de mobiliser les Européens.
01:48Ce n'est pas facile, parce qu'il y a de profondes divisions au sein de l'Europe.
01:52Alors, quelles sont les décisions qui ont été annoncées hier ?
01:58Assez peu, finalement, après cette réunion à Paris,
02:01assez peu l'envoi futur d'une force qui pourrait garantir la paix,
02:09mais on ne sait pas très bien qui serait positionné en certains points du territoire ukrainien.
02:13Mais qui peut envoyer des soldats aujourd'hui en Ukraine ?
02:17Vous avez raison, la difficulté, c'est que quand on fait le tour des 31 pays qui étaient autour de la table,
02:22il n'y a pas beaucoup de pays qui ont les capacités.
02:25Et réjouissons-nous pour nous la France,
02:27la France est l'un des seuls à avoir des capacités,
02:29parce qu'elle a remonté ses capacités depuis plusieurs années,
02:32et qu'aujourd'hui, elle n'est pas au top, mais elle a bien remonté.
02:36Et elle est un peu la seule en Europe.
02:38Si vous voulez, les Italiens qui font la fine bouche,
02:41une fois qu'ils ont déployé leurs soldats au Liban dans le cadre de la Finul,
02:44terminé, ils n'ont plus rien.
02:46Les Britanniques qui ont beaucoup misé sur les missiles,
02:49ont beaucoup moins d'armées de terre.
02:51Donc aujourd'hui, la décision qui a été prise,
02:54c'est d'envoyer la semaine prochaine, en Ukraine,
02:57nos équipes de planification.
02:59Au passage, le binôme franco-britannique,
03:01ça c'est une excellente chose,
03:03parce qu'on a des rapports bilatéraux.
03:05Moi-même, j'ai été en Yougoslavie avec eux,
03:07j'ai été formé chez eux.
03:08On est capable de travailler ensemble tout de suite.
03:10Et donc ça, c'est une bonne nouvelle.
03:12Et je crois que les autres Européens sont heureux de voir un tandem
03:15qui fonctionne.
03:16Et derrière, on va voir comment on va boucher les trous,
03:19avec la Pologne qui va servir de base arrière,
03:22avec les Français qui peuvent mettre des soldats au sol,
03:24les Britanniques qui peuvent rajouter autre chose,
03:27et puis les Pays Baltes,
03:29et puis on attend l'Allemagne.
03:30Parce que l'Allemagne change de chancelier,
03:32elle a entamé son virage,
03:34elle ne l'a pas complètement terminé,
03:36il va falloir voir quand le nouveau chancelier sera en place,
03:39les décisions qu'il prendra.
03:40Bien, Général, c'est très clair,
03:42ce n'est pas une force qui va combattre.
03:44On est bien d'accord, c'est une force de dissuasion.
03:48Parce qu'il y a tellement d'interprétations,
03:50tellement de commentaires un peu hâtifs, d'ailleurs, au milieu de tout ça.
03:54Il faut rester sur les faits.
03:56Restons sur les faits.
03:58C'est ce qu'il y a de plus important.
04:01Cette alliance franco-britannique est la bienvenue.
04:05Zelensky dit, d'ailleurs,
04:07je veux que les Français et les Britanniques,
04:09par l'intermédiaire d'Emmanuel Macron et du Premier ministre britannique,
04:12soient présents lors des prochaines séances de négociations.
04:15Mais les Russes ne foutront jamais cela.
04:17Et les Américains non plus, non ?
04:19Oui, mais il y a un moment où il faut arrêter d'être timide
04:21et d'avoir peur de tout le monde.
04:23D'abord, peur des Russes.
04:24Je voudrais rappeler que l'armée russe, en trois ans,
04:26n'a pas réussi à vaincre l'armée ukrainienne.
04:28Donc, n'en faisons pas une montagne,
04:29elle est importante, en particulier dans le domaine de la communication,
04:32du cyber et des guerres hybrides, certes,
04:35mais en capacité militaire, elle n'est pas aussi forte que ça.
04:39De l'autre côté, les Américains se sont mis dans un guet-apens.
04:42Et aujourd'hui, il va falloir que M. Trump réalise
04:45que s'il ne veut pas être un loser,
04:47il change un peu de pied,
04:49et puis, d'une certaine façon,
04:51comprenne que les vrais alliés sont les Européens.
04:54Et puis, il y a un point que personne ne souligne,
04:57et je voudrais le faire avec vous, Général Trinquant, ce matin.
05:00C'est ce qui se passe dans l'océan Indien.
05:02C'est une base qui s'appelle Diego Garcia,
05:05qui est une base américaine dans l'océan Indien,
05:09où se retrouvent, en ce moment, des bombardiers.
05:13Des bombardiers qui se positionnent.
05:16Pourquoi, selon vous ?
05:17Alors ça, c'est la montée en puissance du dispositif américain,
05:20que j'ai vu à différents endroits du globe,
05:23Irak, Yougoslavie,
05:25et quand ça monte en puissance, c'est très difficile de l'arrêter.
05:28Là, ce sont des bombardiers B2, donc furtifs,
05:31capables de transporter des bombes,
05:33capables de percer 60 mètres sous terre.
05:35Eh bien, s'ils se mettent là, c'est pas par hasard.
05:38S'il y a des drones qui sont en train de faire des cercles
05:42dans le golfe Persique,
05:45ça n'est non plus pas par hasard.
05:47D'autant qu'il faut se rappeler qu'après la dernière frappe israélienne,
05:50au mois d'octobre, sur l'Iran,
05:53les Iraniens ont dit, vous allez voir, on va y aller.
05:56Rien ne s'est passé.
05:57Pourquoi ? Ils ont quasiment leur défense aérienne,
06:00qui a été ratiboisée par les Israéliens,
06:02donc ils ont très peu de capacité de défense.
06:04Ça veut dire que les Etats-Unis se préparent à frapper l'Iran ?
06:08Je crois que oui.
06:09Parce qu'il faut se rappeler que le fameux cercle de feu
06:12Hamas, Hezbollah, Syrie, Irak, Houthi,
06:16est en passe d'être réduit,
06:18et donc on va au cœur du système,
06:20et le cœur du système, c'est l'Iran.
06:22Et pour M. Netanyahou, pour qui la paix, c'est la guerre,
06:26d'une certaine façon, c'est l'objectif final.
06:29Je rappelle que, là encore, un échec de M. Trump,
06:32il avait déchiré l'accord JCPOA,
06:35qui devait empêcher les Iraniens d'avoir l'arme nucléaire,
06:38ils sont en passe de l'avoir.
06:40Et donc la seule façon aujourd'hui de les empêcher de l'avoir,
06:43c'est soit qu'ils se rendent complètement,
06:45ce qui me paraît assez probable,
06:47soit qu'on les réduise.
06:48Imaginons, une dernière question,
06:50parce que ça fait un peu froid dans le dos,
06:52mais imaginons que les Etats-Unis frappent l'Iran,
06:54que vont faire les Russes et les Chinois ?
06:57Rien. Ils ne peuvent rien faire.
06:59Alors, dans l'asymétrie...
07:01Les Russes, non.
07:03C'est peut-être aussi pour cela
07:05que Trump a engagé ce dialogue avec Poutine.
07:10Oui, peut-être, peut-être,
07:12mais je crois qu'il se fait des illusions dans ce dialogue avec Poutine.
07:15La Russie reste fondamentalement un ennemi des Etats-Unis.
07:18Reprenons le discours de Munich en 2008, de M. Poutine,
07:21je veux la fin de l'unilatéralisme américain
07:24et le règne des BRICS.
07:26Les BRICS ? Russie, Chine en particulier, Iran.
07:29Donc, je crois que M. Trump se fait des illusions.
07:33Il est temps qu'il réalise que nous sommes,
07:36Européens, ses vrais alliés,
07:38et que ce qu'on appelle le monde libre
07:40ne doit pas se réduire uniquement à l'Europe,
07:42mais au tandem Europe-Etats-Unis.
07:45Bien, merci beaucoup, Général Trinquant,
07:47d'être venu nous voir ce matin à 7h49.
07:49Très intéressant.

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