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Jeudi 27 mars 2025, retrouvez François Rimeu (Stratégiste senior, Crédit Mutuel AM), Christopher Dembik (Conseiller en stratégie d’investissement, Pictet Asset Management) et Valérie Gastaldy (Stratégiste, DaybyDay) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:00Le 3 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Valérie Gastel y est avec nous, stratégiste chez Day by Day.
00:16Bonsoir Valérie.
00:17Bonsoir Grégoire.
00:18Christophe Erdembik nous accompagne également, conseiller en stratégie d'investissement
00:20chez Pictet Asset Management.
00:22Bonsoir Christophe.
00:23Bonsoir.
00:24Et François Rémeux est à nos côtés, stratégiste senior au Crédit Mutuel Asset Management.
00:28Bonsoir François.
00:30Partons de la réaction de marché effectivement, c'est ce que je décrivais et ce que Pauline
00:34précisait en ouverture des émissions.
00:37Oui, le secteur automobile est un peu affecté, 3% de baisse pour le secteur en Europe.
00:42Au-delà de ça, on a l'impression d'une journée assez normale sur les marchés François.
00:46Pour le moment, le marché est assez résilient par rapport à toutes ces nouvelles.
00:50Il y a eu un changement de consensus par rapport au début d'année qui est quand même assez
00:52clair.
00:53On a eu une petite réaction adverse des marchés américains depuis les points hauts.
00:56Mais on n'a pas du tout de bain de sang.
00:58Donc, il semblerait quand même que le consensus général, en tout cas la croyance des marchés
01:04de la part des investisseurs, soit que ces tarifs soient là, non pas pour durer, mais
01:09plus une espèce d'outil de négociation pendant quelques mois, que ça va être compliqué
01:13pendant quelques semaines, quelques mois, mais qu'in fine, à terme, on trouve une solution
01:16et qu'on n'aura pas les impacts de croissance et d'inflation qu'engendrerait une guerre
01:21tarifaire réelle, longue, prologée, avec des représailles.
01:24Il y a eu une quantité d'estimés qui ont été faites là-dessus.
01:27Le Peterson Institute en a fait, tout le monde en fait.
01:29Ça tourne autour, en fonction des zones, évidemment, mais entre 0,5 et 1 point de
01:33croissance pour la zone euro, pareil pour les États-Unis, plus de l'inflation.
01:36Si on met ça sur la table et qu'on arrive vraiment à ces résultats-là, la réaction
01:41des marchés, oui, elle est mesurée pour le moment.
01:44Qu'est-ce qui justifie effectivement cette croyance, le rationnel de cette croyance ?
01:49Il est solide, fragile ?
01:52Ce sont les investisseurs.
01:56C'est la croyance de marché.
01:58C'est difficile de mettre vraiment quelque chose derrière.
02:01On se rappelle du premier mandat de Trump, qui est une finée, on a eu le droit à quelque
02:06chose de finalement assez soft.
02:08On se rappelle des commentaires pré-élections, disant que le but était quand même de faire
02:13repartir la croissance, etc. et d'avoir une politique plutôt pro-business.
02:17On sait qu'il y a les baisers impôts qui sont potentiellement à venir.
02:19On sait que tout ça est très mouvant, très volatil, ce que dit Trump un jour est complètement
02:23invalidé le lendemain.
02:24Donc compliqué de prendre pour acquis, comme scénario de base, le fait qu'on ait une guerre
02:28tarifaire globale, généralisée et prolongée dans le temps.
02:32Donc je pense qu'on en est un peu là.
02:34Après, il y a différents effets qui jouent aussi.
02:36On est en fin de trimestre, il y a des réallocations de fin de trimestre qui soutiennent un peu
02:38les marchés.
02:39On est à la fin de la période où les Américains payent leurs impôts et donc cette période
02:44de vente d'actifs, surtout sur la tech, etc. c'est un petit peu derrière nous.
02:47On a la saison d'annonce de résultats qui arrive dans une quinzaine de jours.
02:51Historiquement, c'est plutôt un soutien et les estimés pour le Q2 sur les bénéfices
02:54ne sont pas dingues.
02:55Donc on devrait pouvoir y arriver.
02:57Après, il y a une quantité de facteurs qui, à court terme, soutiennent aussi un peu les
03:01marchés.
03:02Mais malgré ça, à priori, on ne presse pas le scénario du pire aujourd'hui.
03:06Christophe Heureux, comment vous jugez la réaction du marché sur la journée d'aujourd'hui ?
03:10C'est vrai que le marché américain a déjà un peu baissé.
03:12Le secteur automobile en Europe, certes, il a un peu rebondi, mais en termes de multiple
03:17de valorisation, il se paye quand même, j'allais dire, sur des niveaux de dépression
03:22totale absolue, déjà, avant même l'annonce des tarifs.
03:26Comment vous comprenez la manière dont le marché réagit effectivement à ces annonces
03:31tarifaires de Donald Trump ? On rentre quand même un peu dans le dur, avec l'exécution
03:36d'une menace qui a été longtemps brandie, celle du 2 avril, du jour de la libération,
03:41et un secteur automobile, encore une fois, qui reste une obsession pour le commerce américain.
03:46Alors, à court terme, il y a vraiment un manque de lisibilité, et finalement, l'administration
03:50Trump l'a mentionné, ça va être dur à court terme, et ils ont vraiment fait un service
03:53à prévente à cet égard.
03:55On a quelques éléments, je pense qu'ils doivent inciter quand même à la prudence.
03:59Je pense que l'administration Trump, par rapport à la précédente, est beaucoup plus
04:04idéologique.
04:05Il y a des théoriciens, là.
04:07Il y a des théoriciens, très clairement, avec des cas qui sont assez extrêmes.
04:12Je vais juste en mentionner deux.
04:13Un, d'abord Trump, lors de son discours d'investiture, il a quand même fait une filiation très
04:19très claire avec le XIXe siècle de présidents, un qui était très favorable aux tarifs douaniers,
04:24et un autre qui a quand même étendu géographiquement les États-Unis, ce qui fait référence un
04:29peu à cette volonté de s'accaparer des matières premières, de contrôler des routes
04:33commerciales de manière assez unilatérale.
04:35Ça, c'est le côté Trump.
04:37Alors, même s'il va arriver à un certain stade, à court de nouvelles taxes douanières,
04:41il y a quand même ce sujet-là qui va arriver, il faut se rappeler qu'il fait référence
04:45à une période du XIXe siècle où vous aviez une politique qui était protectionniste,
04:49peu importe le parti, et il semble qu'il s'intéresse beaucoup à cette période.
04:52De l'autre côté, vous avez certains qui veulent renverser la table, et pas des élus,
04:58notamment le conseiller économique de la Maison-Blanche a publié récemment un papier
05:02qui est assez intéressant, avant qu'il prenne ses fonctions.
05:04Grosso modo, il met en avant qu'il faut dévaluer le dollar, très massivement.
05:08Vous avez cette thèse qui revient sur le marché.
05:10Ça me paraît compliqué à faire, mais malgré tout, c'est quand même mis en avant.
05:13Et renverser complètement l'ordre international, l'ordre économique international.
05:17Donc, moi, ma crainte, c'est que ce serait peut-être trompeur de considérer que ce
05:22sera juste comme en 2016.
05:24Il y a quand même un aspect beaucoup plus théoricien qui est mis en avant, avec des
05:29objectifs de long terme.
05:30On voit sur le contrôle des routes commerciales, le contrôle des matières premières.
05:34Je donne l'exemple, par exemple, du Congo.
05:36La République démocratique du Congo fait face à des violents et chauds fourrés avec
05:40le Rwanda.
05:41Les États-Unis lui ont dit, on est prêts à vous apporter un soutien, mais en échange,
05:45on a accès à vos réserves, notamment les réserves de cobalt, puisque le Congo possède
05:48les premières réserves mondiales.
05:49Donc, il y a quand même une vraie philosophie, alors que le premier mandat de Trump, c'était
05:54un peu, voilà, on a des taxes douanières, on a quelques rentrées, on va essayer de
05:57protéger l'industrie.
05:58Donc, ma crainte, c'est que même s'il y a des éléments qui sont favorables au marché,
06:02les ratios courts sur bénéfices, les résultats trimestriels, c'est que ça peut être plus
06:05volatil sur la plus longue durée, et il y a quelques compartiments de marché qui
06:09sont quand même très nettement difficultés, si vous regardez les devises, alors pas les
06:12devises majeures, mais les devises émergentes, vous avez des effondrements en Asie, un semblant
06:17de guerre des devises.
06:18Donc, il y a des éléments de fragilité du marché qui ne sont pas centraux aujourd'hui,
06:20mais qui, à un certain stade, doivent inciter à la prudence.
06:22Il y a une partie de ces théoriciens de l'administration, donc Myrane, entre autres, convaincus que
06:28les États-Unis sont, depuis trop longtemps, le dindon de la farce du système monétaire
06:33et du système commercial mondial.
06:35C'est ce qui reste à démontrer.
06:38Après, c'est une croyance, une conviction, donc à partir du moment où ils en sont convaincus,
06:46il n'y a plus de discussion.
06:47Ils vont en bénéficier sur d'autres éléments.
06:48Là où Trump a raison, c'est qu'il y a une survalorisation du dollar, alors rien à voir
06:52avec les années 80, il faut être très clair, mais il y a une survalorisation du dollar.
06:56Par exemple, face au dollar canadien, on l'estime à 14% de notre côté, mais ce n'est pas
07:01non plus un élément, vous voyez, 14%, ce n'est pas majeur par rapport au yuan.
07:05Parce que la devise d'administration, on n'est plus proche des 30%, mais malgré tout, renverser
07:10la table, c'est-à-dire qu'ils ont une vision qui est très large.
07:13Par exemple, l'administration de Trump dit qu'on sait que les tarifs douaniers, ça
07:17va causer de l'inflation.
07:18En revanche, nous, notre ambition, c'est d'avoir un prix du baril de pétrole, le lieu
07:23qu'il soit, autour de 70 dollars, qu'il chute à 50 dollars, ce qui, selon les estimations
07:28très optimistes de mon point de vue de la Maison-Blanche, va permettre d'avoir une
07:31baisse de l'inflation de 1 point de pourcentage, donc ça compenserait les tarifs douaniers.
07:35Après, en revanche, il faut réussir à tout faire.
07:3750 dollars, vos producteurs de pétrole de chute américains ne sont pas rentables et
07:41je doute qu'ils vont décider de se s'aborder.
07:44Donc, il y a un grand échiquier mondial qu'ils essayent de maîtriser, c'est très compliqué
07:49et ça veut dire de la volatilité beaucoup plus durable que sur le premier mandat de
07:52Trump.
07:53Finalement, c'était jusqu'en juillet de sa première année de mandat où on a dû
07:57s'habituer à sa politique erratique.
08:00Valérie, comment vous regardez la situation, la position des marchés ou des grands actifs
08:05clés dans l'environnement qu'on décrit aujourd'hui ? Est-ce que c'est solide,
08:10est-ce que c'est fragile ?
08:11On a deux situations qui sont… Il y a la situation des marchés actions et puis après
08:20il y a les dollars et les taux et en fait, justement, c'est un petit peu le cœur
08:25du problème, c'est que dollars et taux sont très stables depuis 4 ans, 3 ans, 4
08:32ans, ça dépend un peu de comment on regarde, etc.
08:36Mais enfin, il ne se passe plus grand-chose et il s'en passe peut-être même de moins
08:38en moins.
08:39Donc ça veut dire qu'il y a quand même un ensemble d'investisseurs, mettons ce
08:49nom simple, d'investisseurs qui ne savent pas dans quel sens effectivement l'économie
08:55va évoluer parce qu'on a des risques de stagflation qui sont importants, mais peut-être
09:05qu'on va y échapper, on ne sait pas, enfin bon, il y a une imprévisibilité macro-économique
09:10qui est absolument phénoménale.
09:12Cette stabilité des actifs, du dollar et des taux, vous l'interprétez comme une
09:20perte de repère des investisseurs d'une certaine manière ?
09:22Une perte de repère ou en tout cas le fait qu'ils savent qu'ils ne peuvent pas encore
09:27trancher sur la façon dont croissance et inflation vont évoluer dans les années qui
09:34viennent.
09:35Parce que là, les marchés, les spread de taux n'envoient pas un message clair sur
09:47ce type d'anticipation.
09:49Donc c'est qu'il n'y en a pas, parce que quand cette anticipation existe, elle développe
09:54des tendances.
09:55Quand il n'y a pas de tendance, c'est qu'il n'y a plus d'anticipation ou qu'on a autant
09:58de gens qui pensent de l'un que de l'autre, donc il n'y en a pas.
10:02Alors qu'à côté de ça, on a toujours eu de gros mouvements sur les marchés actions,
10:09qui commencent à se calmer aux Etats-Unis, qui ont accéléré en Europe.
10:15Comment on l'explique ? Forcément, c'est qu'il y a encore beaucoup d'argent qui tourne
10:23et qui cherche à s'investir quelque part, au bout du compte c'est ça.
10:26Est-ce que ça peut durer ou est-ce que c'est fragile ? Moi je pense que c'est fragile parce
10:34que quand on a des hausses qui se font de cette façon-là, sans le marché obligataire,
10:41je n'ai jamais vu une hausse action qui ne soit pas confirmée par une même pensée
10:47macro-économique obligataire qui tienne.
10:49En Europe, on a réévalué un peu la croissance quand même, avec le cadeau.
10:55Oui, avec la courbe des taux qui s'est pentifiée, peut-être qu'elle s'est un petit peu trop
11:02pentifiée parce qu'on ne sait pas très bien quel type de croissance on va avoir.
11:06On part de zéro en Allemagne, donc à quoi on va arriver réellement ? On ne va pas non
11:14plus aller à 4%.
11:16Oui, on est en découverte de ce futur.
11:18Oui, mais la courbe des taux, si on la projette à la vitesse à laquelle elle monte, elle
11:22pourrait correspondre à une croissance.
11:24Alors 4% en Allemagne, c'est vieux, mais enfin 2,5-3%, donc on a quand même des marchés
11:32qui n'avancent pas de façon super logique.
11:36Les écarts de taux entre les Etats-Unis et l'Europe sont peut-être aussi un peu surprenants.
11:39Ils ne bougent pas, mais en fait, depuis 4 ans, ils sont entre 100 et 200.
11:48Et là, on est à 150.
11:51Est-ce qu'on est dans la même situation qu'il y a 4 ans ? On n'a pas l'impression d'y être.
12:00Donc, il y a un vrai décalage entre les messages qui sont envoyés par ces différents marchés.
12:10Je préfère toujours faire confiance aux marchés obligataires qu'aux marchés actionnaires.
12:16Et pour vous, ça implique de la prudence sur les actifs risqués de manière un peu globale aujourd'hui ?
12:21Oui, parce que si effectivement sur les marchés américains, on a un petit ralentissement,
12:30l'Europe ne va pas non plus briller.
12:35L'effet relatif, vous dites, ça n'a qu'un temps.
12:40Oui, ça n'a qu'un temps et ça n'a qu'une amplitude restreinte,
12:45sans même parler des droits de douane, des écarts commerciaux.
12:49François, sur le marché obligataire, entre le potentiel choc de prix,
12:56alors est-ce que c'est un choc de prix, derrière, inflationniste,
12:59avec des effets de tour qui peuvent se remettre en place,
13:03et la possibilité d'un choc aussi récessif ? Où est-ce qu'on en est là ?
13:09Si on exclut les tarifs pour un moment, parce que c'est compliqué d'avoir des hypothèses claires dessus,
13:15Aujourd'hui, on a des marchés américains qui anticipent entre 2 et 3 baisses de taux aux ans fin d'année,
13:21avec une inflation qui reste structurellement trop forte,
13:24on est entre 3 et 3,5% d'inflation core aux Etats-Unis, c'est très sticky,
13:28ça reste vrai dans les services, ça remonte un peu sur les biens,
13:31on en a un peu sur l'alimentaire, on va voir le core PCE demain qui va sortir,
13:33qui va montrer autour de 0,35% de core PCE, c'est plus que le mois d'énan.
13:37Et quand on regarde tous les indicateurs avancés, les sous-composants des PMI,
13:41les diffusions du core PCE, enfin bref, je pourrais les en citer énormément,
13:44tout ça pointe à un risque d'inflation assez fort aux Etats-Unis,
13:47et ça c'est avant les tarifs et avant les droits de l'homme.
13:49Malgré ça, le marché anticipe encore 2 à 3 baisses de taux,
13:54parce que la Fed nous a dit que les taux étaient en territoire restrictif, etc.
13:57Ok, très bien, mais si on a une croissance qui tient,
14:01aujourd'hui c'est ça le consensus de base du marché,
14:04oui on a une décélération sans doute de la croissance, on ne fera pas 2,5%,
14:07mais bon si on a une croissance qui fait un 8 ou 2%, ce n'est pas un drame, on n'est pas en récession.
14:11Et quand on a une inflation qui tourne toujours autour de 3 sur l'inflation core,
14:15ça fait une croissance nominale à 5 autour, il n'y a aucune raison ou très peu de raisons de voir la Fed agir,
14:20hormis très forte dégradation du marché de l'emploi, ils ont été très précis là-dessus, ça a toujours été leur mantra.
14:25Donc si on exclut ça, parce que ce n'est pas le scenario de base,
14:27en tout cas ce n'est pas ce qui est pricé aujourd'hui par l'ensemble des autres marchés,
14:30que ce soit les sprites de crédit, la volatilité, les valorisations de marché, etc.
14:33Bon si on exclut ça, c'est très optimiste d'attendre 2 à 3 baisses de taux aux Etats-Unis,
14:39vu l'inflation que l'on a aujourd'hui.
14:40Ou alors, on a une vraie décélération, on a un vrai choc, on a une guerre tarifaire importante,
14:46et sans doute que l'effet récessif sera supérieur à l'effet inflation,
14:49et donc on aura une baisse des taux nominaux, c'est en général comme ça que ça se passe.
14:52Mais aujourd'hui, je trouve le marché obligataire assez optimiste dans la capacité de la Fed à baisser les taux,
15:00on voit sur les derniers dots qui ont été publiés, ils n'ont pas bougé,
15:02mais quand on regarde comment est-ce qu'ils se décomposent ces dots finalement,
15:06on a quand même un mouvement plutôt au quiche, ou alors qui est pressenti à être le prochain chairman de la Fed,
15:13à un côté même plutôt au quiche dernièrement, alors qu'il fait son campagne précédemment.
15:17Il a un peu pivoté.
15:18C'est un peu une jorette l'an dernier, ce n'est pas faux.
15:21Pour accéder quoi.
15:22Donc les marchés obligataires américains aujourd'hui, ils pressent,
15:24c'est un mot qui n'est pas négatif pour l'économie américaine, ils ne pressent pas un drame, ils pressent un...
15:29Et pour vous, le risque aujourd'hui venant de l'économie américaine,
15:33c'est plutôt qu'il y ait moins de baisse de taux que ce que le marché entrevoit à ce stade ?
15:37Ou alors, c'est que sur la croissance, on a un autre scénario que celui qu'on est communément anticipé
15:43par les différents organismes qui font ce genre de calcul.
15:50En zone euro, c'est un peu différent.
15:52En zone euro, on est à 2 autour de taux terminal.
15:56Encore une fois, hormis tarifs qui peuvent évidemment largement changer la donne,
15:59c'est entre guillemets assez cohérent.
16:01C'est assez cohérent avec ce que nous a dit la BSE en termes d'estimés du taux neutre, 1,75 à 2,25.
16:05Bon, voilà, c'est assez cohérent, même si, vu la relance allemande,
16:10on peut imaginer que ça pousse à un peu moins de caractère accommodant de la part de la garde.
16:15Toutes choses égales, pareil.
16:15Oui, à terme, on verra.
16:1726, 2027, on verra.
16:192,25 a priori, plutôt pour après.
16:21Oui, c'est ça.
16:22Oui, oui.
16:23Oui, Valérie ?
16:24Oui, sur les marchés américains, on a quand même tout ce qui est grande consommation qui s'effondre.
16:28Pas sur les données hard data, sur les soft data, oui.
16:30Sur les actions.
16:31Sur le marché boursier ?
16:32Sur le marché boursier.
16:33Le signal du marché ?
16:34Je ne sais pas, il me semble, quand on regarde tous les grands distributeurs,
16:38les distributeurs très largement implantés, ça ne se passe pas bien du tout.
16:43Les Target, les Rostor, tous ces machins-là.
16:48Oui, mais quand on regarde les indicateurs macro de consommation,
16:51que ce soit les Retail Sales, le Red Book, les commentaires de Powell dessus, le Beige Book, etc.,
16:57pour le moment, on n'a pas de confirmation de baisse des hard data.
17:00Il y a le rétroviseur et le signal du marché.
17:02C'est cette incohérence.
17:02Oui, mais tant qu'on n'a pas une baisse réelle de ces indicateurs, la FED n'agira pas.
17:06Donc, peut-être qu'on va avoir ce ralentissement important de la consommation,
17:12mais pour le moment, on ne le constate pas dans les données macro, dans les données de PIB.
17:14En fait, mon débat n'est pas sur la réalité des données macro qui est confirmée ou pas.
17:21Ce que je souligne, c'est qu'on a un véritable problème de cohérence des scénarios.
17:26Parce que sur les marchés actions, ces valeurs qui sont de la consommation de base pour beaucoup d'entre elles, quand même...
17:36Sur le marché boursier, on se dit qu'il y a un vrai problème qui arrive sur la consommation.
17:40Et pourtant, à côté, on dit oui, mais finalement, l'un dans l'autre, les tarifs, les baisses d'impôts, les trucs, le machin, ça peut bien se passer et tout.
17:49Moi, je trouve que l'orientation sectorielle des marchés ne correspond pas à ce que l'on peut comprendre des orientations macro-économiques qu'on entend.
18:02Et donc, il y a un risque de déception encore supplémentaire sur l'économie américaine ?
18:06Il n'y a pas vraiment de réflexion. Moi, je pense que les gens sont horriblement moutonniers en ce moment.
18:12Il n'y a pas de vision.
18:15Non, il n'y a pas de vision.
18:18Ça fait peut-être partie du projet aussi de déstabilisation de Trump.
18:22Quand il n'y a pas de vision, on ne prend pas des bonnes décisions parce qu'on ne sait pas pourquoi on les prend.
18:25Donc, on les déprend très très vite aussi.
18:29C'est quoi le ou les risques principaux qui pèsent sur l'économie américaine pour vous à ce stade, Christophe ?
18:35On est assez alignés sur le scénario américain.
18:37Je pense qu'il y a un narratif qui évolue beaucoup et qui reflète bien sûr la volatilité.
18:43Vous aviez eu il y a quelques semaines de cela un narratif qui était très inflationniste et finalement ensuite la récession
18:47en se basant sur une analyse très souvent mauvaise des indicateurs, notamment de la balance commerciale.
18:52Aujourd'hui, quand on voit l'économie américaine, c'est effectivement un scénario de décélération avec une économie américaine...
18:58Donc, sous le potentiel. On a fait au moins deux ans au-dessus du potentiel. Donc là, c'est sous le potentiel.
19:03On est quand même proche du potentiel si on compare à la zone euro.
19:07Il faut être très prudent sur toutes les prévisions.
19:09Par exemple, on parlait précédemment de la zone euro et du plan de réarmement allemand.
19:13Déjà, la première chose, c'est qu'une grande partie sera déjà plutôt visible en 2026.
19:16Nous, on est en type 0,8%. Ça reste une prévision.
19:19Mais ce que je veux dire par là, aujourd'hui, si on regarde en hard data,
19:22les États-Unis s'en sortiront probablement beaucoup mieux que la zone euro sur l'année 2025.
19:28La confiance des consommateurs ralentit effectivement sur les enquêtes.
19:31Mais ce qui est important, c'est les hard data, en tout cas en termes de prévision, etc.
19:34Donc aujourd'hui, vous avez quand même une résilience de la consommation aux États-Unis.
19:38C'est complètement logique, comme d'ailleurs on le voit sur les enquêtes auprès des entreprises,
19:41qu'il y ait de l'incertitude à propos des tarifs douaniers.
19:44Mais encore une fois, vous avez une difficulté énorme à estimer.
19:49Alors, on fait des modélisations.
19:50Mais après, si on regarde le chiffre final par rapport à la modélisation,
19:55il y a quand même un grand écart des tarifs douaniers.
19:57Je vous donne un exemple.
19:58En 2022, on avait eu sur les tarifs douaniers à l'égard de la Chine
20:01un record en termes de rentrée budgétaire.
20:032023, ça s'est effondré. Pourquoi ?
20:05Parce que vous avez eu des stratégies de contournement des entreprises.
20:08Donc, comme vous aurez des produits de substitution pour les consommateurs au niveau national.
20:12Donc, la réalité, si on regarde vraiment les données purement,
20:15moi je pense que le marché action, en tout cas, panique beaucoup trop par rapport à la réalité économique.
20:20L'économie américaine est résiliente.
20:22Certes, elle décélère.
20:24Mais même en anticipant des tarifs douaniers qui sont un peu mis en application,
20:27on n'est pas sur un scénario qui est catastrophe aux États-Unis.
20:29Et très certainement d'ailleurs, alors vous avez beaucoup d'entreprises qui ont révisé à la baisse leurs résultats.
20:35C'est l'exercice traditionnel comme ça.
20:36Quand on va publier, on va surprendre positivement.
20:38A mon avis, quand on se sera un peu remis de ce moment de panique,
20:43on verra quand même que l'économie tourne plutôt bien.
20:45Et y compris en zone euro, vous n'êtes pas sur un scénario qui est catastrophe.
20:49D'ailleurs, honnêtement même, je pense que tout le monde fait cet exercice,
20:52mais essayez de suivre ce qui est annoncé en termes de tarifs douaniers,
20:55ce qui est réellement mis en application.
20:57Tout le monde a plein d'équipes derrière pour essayer de le suivre.
20:59Donc, c'est très très compliqué.
21:01La réalité, c'est qu'aujourd'hui, vous avez quand même des forces de rappel qui sont très importantes
21:05et qui soutiennent l'économie américaine.
21:07Mais ça veut dire qu'il faut quand même à tout prix éviter de s'engager dans ce qu'on appelait le tit-for-tat,
21:12l'escalade pas à pas, mesures de rétorsion contre mesures de rétorsion,
21:17contre mesure, contre mesure, contre mesure.
21:19Mario Draghi s'est encore exprimé cette semaine.
21:22Lui, il est dans le camp de dire qu'il faut vraiment se poser la question
21:27de savoir si on veut mettre en place des mesures de représailles un pour un
21:31contre cette guerre commerciale de Trump 2.0.
21:36Mais si on regarde dans les faits, personne ne le veut réellement.
21:38Regardez l'Union Européenne, ils ont reporté à mi-avril une éventuelle décision.
21:42Même la Chine, qui bien sûr réagit ensuite dans la foulée, ce qui est assez logique.
21:46Vous êtes dans un scénario qui est plus politique qu'autre chose.
21:48Vous n'utilisez pas d'armes...
21:50C'est compliqué de rien faire aussi.
21:52Je me mets à la place des politiques.
21:54Vous êtes dans la gestion politique.
21:56Mais c'est compliqué de rien dire, de rien faire et de dire on ne fera pas de représailles.
22:00Mais vous pouvez prendre des mesures qui, en termes d'affichage, montrent que vous réagissez.
22:04Mais en termes macroéconomiques, seront plutôt mesurées.
22:08Quand Trump parle de l'aluminium de mémoire,
22:10l'aluminium, c'est la 130e ou 133e importation aux Etats-Unis.
22:14En revanche, c'est très symbolique, notamment pour son électorat.
22:16Mais l'impact macro, ça restera quand même très très mesuré.
22:20Je pense qu'il ne faut pas...
22:22Et c'est pour ça que je suis toujours très prudent.
22:24Vous avez eu plein de comparaisons sur les années 30, etc.
22:26Vous aviez des tarifs très très larges, plus proches du universel.
22:30Les Etats-Unis étaient à 40-60% de taxes douanières.
22:32On n'est pas du tout sur ce scénario-là.
22:34Personne ne souhaite aller vers ce scénario.
22:36Même la Chine le montre très bien.
22:38Un élément, par exemple, qui montre qu'aucun pays ne veut aller au bras de fer,
22:40regardez l'évolution du yuan chinois par rapport au dollar.
22:44C'est plutôt très très stable.
22:46Ils auraient pu déprécier un tout petit peu, sans qu'on ait une dépréciation trop importante,
22:50parce que vous avez des sujets de fuite de capitaux.
22:52Mais ils auraient pu éventuellement le faire.
22:54Ils ne le font pas.
22:56Donc ça montre vraiment que personne ne souhaite aller au bras de fer.
22:58Parce qu'on sait qu'à la fin, tout le monde y perd.
23:00Et puis même de manière très pragmatique,
23:02beaucoup de pays n'ont pas les moyens de le faire.
23:04L'Europe, alors je sais bien qu'on met en place toujours l'arsenal européen qui a été mis en place, etc.
23:10Mais est-ce qu'on a réellement la capacité aujourd'hui de faire un bras de fer avec les Etats-Unis ?
23:14C'est compliqué quand 60% de votre gaz naturel vient des Etats-Unis.
23:18Et d'ailleurs...
23:20On a des importations qu'on peut difficilement substituer.
23:22Oui, c'est sûr.
23:24Vous n'aurez pas de relais du jour au lendemain.
23:26Alors certes, vous avez...
23:28Non, mais sur la partie services, on l'entend.
23:30Il y a la balance commerciale.
23:32Mais si on prend l'ensemble de la balance courante,
23:34il y a quand même...
23:36On consomme beaucoup de services américains.
23:38On achète beaucoup de treasuries.
23:40Oui.
23:42Mais bien sûr.
23:44Mais on ne s'attaque jamais au vrai sujet.
23:46Par exemple, un élément de la balance commerciale européenne,
23:48c'est quand même les valeurs pharmaceutiques américaines
23:50qui font de l'optimisation fiscale.
23:52Soit du côté américain, soit du côté européen,
23:54on pourrait éventuellement actionner le levier.
23:56Personne ne souhaite aller à un bras de fer
23:58qui sera dans tous les cas négatif.
24:00Ça ne veut pas dire qu'il faut
24:02relativiser les taxes douanières, très clairement.
24:04Ça crée vraiment de la volatilité,
24:06du bruit sur les marchés, notamment actions,
24:08qui est négatif à court terme.
24:10Mais sur le temps long, on sait très bien que ce n'est pas ça
24:12le vrai objectif américain.
24:14C'est un levier à utiliser pour d'autres objectifs
24:16qui devraient en revanche nous préoccuper.
24:18Les Etats-Unis veulent s'accaparer
24:20la majorité des matières pédales,
24:22même pas des terres rares,
24:24contrôler toutes les routes commerciales.
24:26Il y en a une seule qu'il faudra regarder,
24:28c'est le détroit de Malacca, mais c'est plus compliqué
24:30parce que la Chine a une grosse présence.
24:32C'est 60% des importations de la Chine de pétrole
24:34qui passent par le détroit de Malacca.
24:36Mais aujourd'hui, à l'exception de ce détroit,
24:38sur toutes les autres routes commerciales,
24:40les Etats-Unis sont ultra présents.
24:42Effectivement, on a une arme ultime
24:44qui est quand même la devise.
24:46C'est l'Europe qui fait les fins de mois
24:48des Américains,
24:50moins que le Japon,
24:52plus que le Japon et que la Chine désormais.
24:54Les courbes se sont croisées maintenant.
24:56Donc on a quand même cette arme-là,
24:58potentiellement,
25:00sur laquelle obtenir un consensus
25:02est peut-être plus facile
25:04que la partie commerciale.
25:06Sur les forces de l'Europe,
25:08comment vous considérez
25:10l'impact sur l'économie
25:12des Etats-Unis ?
25:14Sur l'Europe,
25:16comment vous avez analysé
25:18sur ces trois dernières semaines
25:20les annonces allemandes ?
25:22Est-ce que ça peut changer ?
25:24C'est bon pour l'Allemagne ?
25:26C'est bon pour l'ensemble de l'Europe ?
25:28Est-ce que ça change structurellement
25:30la vision que les investisseurs globaux
25:32pouvaient avoir de l'Europe jusqu'à présent ?
25:34Ça change un peu.
25:36Il y a deux phases dans le plan.
25:38Il y a le plan européen d'un côté
25:40et le plan allemand de l'autre.
25:42Il provoque un tightening financier
25:44dans l'ensemble des pays de la zone,
25:46y compris ceux qui n'ont rien demandé
25:48et qui ne font pas de relance.
25:50La France, l'Italie, l'Espagne, etc.
25:52C'est un peu négatif à court terme
25:54pour ces pays-là qui ont un petit tightening.
25:56En face de ça,
25:58on a le plan allemand qui va contribuer
26:00à la totalité de la zone,
26:02mais surtout à l'Allemagne.
26:04On a l'Europe à côté,
26:06mais ça dépendra des capacités budgétaires
26:08de chacun des pays, de la volonté
26:10et des dépenses de défense.
26:12Pour le moment, c'est impossible à modéliser.
26:14Pour l'Allemagne, c'est beaucoup.
26:16Ce n'est pas que la défense,
26:18c'est beaucoup d'infrastructures.
26:20En plus de ça, on a eu un jugement
26:22d'accord constitutionnel hier
26:24qui nous enlève une petite potentielle
26:26sur un tightening budgétaire
26:28qu'on aurait eu sur le budget 2025.
26:30C'est un acte de solidarité,
26:32de réunification.
26:34C'est positif.
26:36500 milliards sur un peu plus de 10 ans,
26:38sans compter les dépenses militaires.
26:40C'est très positif.
26:42Maintenant, il va falloir
26:44le mettre en place.
26:46Il va falloir trouver
26:48les moyens et la main-d'oeuvre
26:50pour que ce soit réellement
26:52mis en application.
26:54Ça va prendre des années.
26:56Ce n'est pas pour 2025, c'est un peu pour 2026.
26:58On est un peu moins positif que vous sur 2026,
27:00mais c'est quand même positif
27:02et ça va se diffuser longtemps.
27:04Le pricing des marchés aujourd'hui
27:06semble à peu près cohérent avec ça.
27:08On a augmenté les primes de termes
27:10de 30 à 40 points de base
27:12sur les parties longues de courbe.
27:14Ça peut être plus ?
27:16C'est pas mal déjà.
27:18Ça paraît assez cohérent.
27:20On ne voit pas de mispricing important
27:22sur la courbe allemande,
27:24sur les courbes de swap, zone euro,
27:26vu les annonces.
27:28Mais même avant ça,
27:30on voyait un petit peu d'amélioration
27:32en zone euro.
27:34Christine Lagarde insistait encore
27:36sur l'idée.
27:38On va voir du point initial.
27:40On partait de PMI manufacturier à 44,
27:42on était en dépression totale.
27:44Donc oui, reprise.
27:46Il y avait un point de mieux auparavant,
27:48mais il ne faut pas s'attendre au grand soir.
27:50Si on fait plus d'un pour cent de croissance
27:52en 2025 en zone euro, c'est bien.
27:54Ce sera toujours inférieur à ce que les Etats-Unis
27:56feront et pourront faire.
27:58C'est la dynamique qui joue.
28:00C'est ça qui joue pour les marchés financiers.
28:02Ce n'est pas le chiffre en absolu.
28:04Ça fait deux ans que les Etats-Unis
28:06voient leur croissance révisée
28:08structurellement à la hausse.
28:10C'est l'inverse pour la zone euro,
28:12d'où les valorisations de marché.
28:14Pour la BCE, comment on gère cet intervalle
28:16ou ces horizons de temps différents ?
28:18La perspective long terme peut-être
28:20un peu meilleure que ce qu'on pouvait évaluer
28:22jusqu'à présent.
28:24Ça posera la question du taux d'équilibre.
28:26Et en même temps, le court terme,
28:28avec des annonces de tarifs
28:30dès la semaine prochaine et d'autres
28:32peut-être encore à venir.
28:34Quand bien même le marché pense que ça ne durera pas,
28:36ce sera quand même encore à démontrer.
28:38Je pense que les banques centrales,
28:40la BCE et la Fed, ont toujours le même mantra.
28:42Ce qui est annoncé
28:44mais pas voté ou pas mis en application,
28:46elles ne le prennent pas en compte.
28:48Aujourd'hui, toutes ces rumeurs
28:50de tarifs et autres, elles ne le prennent pas en compte.
28:52Le plan de relance allemand,
28:54il ne va quasiment pas être pris en compte
28:56non plus, c'est trop loin dans le temps.
28:58On n'arrête pas de nous dire
29:00qu'elle est data dépendante.
29:02J'espère qu'elle n'anticipe pas trop
29:04ce que sera l'Allemagne dans deux ans.
29:06Elle va constater à la marge une amélioration
29:08des soft data
29:10et elle va constater que pour le moment, les hard data
29:12ne s'améliorent pas vraiment.
29:14Et donc, on peut continuer de baisser les taux ?
29:18Oui, continuer de baisser les taux
29:20mais pas vraiment plus
29:22que ce que le marché en cite aujourd'hui.
29:24Le marché en cite deux baisses des taux.
29:26Christine Lagarde nous a dit que
29:28la politique monétaire était aujourd'hui
29:30moins restrictive.
29:32Substantiellement moins restrictive qu'auparavant.
29:34On se rapproche du taux neutre.
29:36On a toujours une inflation dans les services qui est trop importante.
29:38On tourne à 3+.
29:40On est à 0,3 mensuel depuis 3 mois.
29:42Donc, tant qu'on aura ça, tant qu'on aura
29:44une inflation dans les salaires qui sera importante
29:46et quand on ne sera pas en récession,
29:48la baissure n'a pas de raison d'aller en dessous de son taux neutre.
29:50Elle nous dit que son taux neutre est à 2%.
29:52Elle est quasiment à sa cible d'inflation
29:54mais elle est au-dessus.
29:56Elle n'est pas en récession. Elle reste là.
29:58Donc, aller plus loin que ça, je pense que ce n'est pas
30:00le scénario de base de la baissure aujourd'hui
30:02hormis les problématiques macro.
30:04Et des tarifs qui seraient installés
30:06pour durer dans le temps,
30:08c'est baisser les taux pour la Banque Centrale Européenne ?
30:10Tout dépend de ce que font les gouvernements en face.
30:12Est-ce que l'Allemagne, la France, l'Italie, etc.
30:14vont mettre en place des pendent relance
30:16pour contrebalancer ces politiques tarifaires ?
30:18On n'a pas la place budgétaire
30:20dans la majorité des pays
30:22dans lesquels on en a un petit peu.
30:24On en a en Allemagne, on en a en Espagne,
30:26on en a au Portugal, on en a dans les pays du Nord.
30:28Donc, on peut imaginer un peu de relance
30:30potentielle pour contrebalancer ça.
30:32Donc, ça dépendra beaucoup de ce que font chacun des pays
30:34et ça dépendra de ce qu'est l'impact réel sur les données.
30:36Tant qu'elle n'a pas de données,
30:38la baissure ne fait pas grand-chose.
30:40Sur le fond de la géopolitique,
30:42on réfléchit quand même
30:44à ce que pourrait générer
30:46l'idée d'un cessez-le-feu
30:48entre la Russie et l'Ukraine.
30:50Très compliqué là aussi
30:52comme exercice.
30:54On n'a pas beaucoup de vision
30:56sur ce que pourrait être un cessez-le-feu.
30:58Est-ce qu'il pourrait conduire à une paix durable
31:00ou est-ce que ce serait un cessez-le-feu de façade
31:02qui resterait fragile avec
31:04potentiellement un effondrement du cessez-le-feu ?
31:06Ce sont des scénarios très différents
31:08mais ça fait baisser
31:10un peu l'incertitude ?
31:12Est-ce que c'est positif ?
31:14Macro ? Positif marché ?
31:16Est-ce que tout ça est déjà dans les prix
31:18d'investisseurs qui anticiperaient
31:20beaucoup de choses en amont ?
31:22L'exécution va être bien sur l'enjeu
31:24mais la réalité sur l'Ukraine
31:26c'est que je pense qu'une grande partie
31:28a déjà été pricée.
31:30Si vous regardez le secteur de la construction
31:32notamment des entreprises de l'Europe de l'Est
31:34particulièrement polonaise dans la construction
31:36parce que le marché considérait que c'était
31:38les premiers bénéficiaires.
31:40La hausse, parfois spectaculaire
31:42sur quelques semaines, 30-40%
31:44d'assez large cap plutôt de la région
31:46a commencé vers le 20-25 janvier
31:48quand Trump a commencé à être mis en place
31:50on voit que ça a duré
31:52pendant quasiment un mois jusqu'à fin fériée
31:54et ça a commencé à s'atténuer
31:56quand on s'est rendu compte que c'était un peu compliqué.
31:58Mon sentiment c'est que l'effet bonne nouvelle
32:00d'un éventuel cessez-le-feu
32:02paix etc. peu importe le format
32:04est déjà quand même en grande partie intégré.
32:06L'effet macroéconomique
32:08je pense qu'il ne faut vraiment pas
32:10l'exagérer.
32:12Déjà il faut être humble
32:14on ne sait pas pour être très honnête
32:16et surtout tout va dépendre de l'exécution.
32:18Le point en revanche qui est un peu plus important
32:20selon moi, c'est que finalement
32:22au début de la guerre en Ukraine
32:24le vrai sujet c'était sur les matières premières agricoles
32:26du fait de la place bien sûr de l'Ukraine
32:28si vous regardez, les matérias, les céréales
32:30ça n'a pas bougé
32:32c'est même plutôt d'ailleurs baissé
32:34il n'y a strictement rien lié à l'Ukraine.
32:36Ca veut dire quoi ? Ca veut dire que finalement ce géant
32:38parce que c'était un géant du point de vue des céréales
32:40était complètement contourné en l'espace
32:42de 2 ou 3 ans.
32:44Beaucoup de bruit pour un effet court terme
32:46pour pas grand chose, ça peut créer
32:48quelques effets bonnes nouvelles sur du court terme
32:50mais vous voyez que la région
32:52qui a été le plus concernée c'était les actifs financiers
32:54Europe centrale et orientale
32:56que ce soit actions ou devises
32:58ça ne bouge assez peu aujourd'hui
33:00en tout cas on ne voit pas qu'il y a un lien particulier
33:02donc pour moi ça sera plus proche
33:04du non-événement ou si vous faites du trading
33:06mais ça c'est un autre sujet mais autre chose.
33:08Sur le plan macro quand même
33:10tous les pays les plus à l'est
33:12vont quand même, entre les faits des inflationnistes
33:14Ca peut être négatif, non non
33:16Ca peut être négatif. Regardez la Pologne
33:18La Pologne ils ont un taux de chômage
33:20que vous connaissez bien. Oui je sais
33:22je sais bien sûr
33:24Très bon exemple. Tout à fait beau pays
33:26un taux de chômage qui est extrêmement bas
33:28ils avaient besoin absolument
33:30de main d'oeuvre et ils ont eu la chance
33:32d'avoir plusieurs millions d'Ukrainiens qui
33:34si demain vous avez
33:36la paix vont vraisemblablement rentrer en Ukraine
33:38donc tension inflationniste
33:40hausse de salaire etc. Donc c'est pas nécessairement
33:42positif pour les pays de la région parce que
33:44concrètement ça fait de la main d'oeuvre à bas coût
33:46Si vous parlez à un acteur comme Colas
33:48français qui est très très présent
33:50dans la région, qui a beaucoup de contrats dans la région
33:52notamment en Pologne, il vous dit nous ça a été
33:54une bénédiction. On était à un moment sortie
33:56Covid avec des hausses de salaire. Manque de capacité, manque
33:58d'offres. Des hausses de salaire qui étaient incroyables
34:00dans la région. On a eu la main d'oeuvre à bas coût
34:02ukrainienne, ça nous a permis de gérer sur
34:04des contrats en plus qui étaient compliqués à renégocier
34:06avec les gouvernements. Donc l'effet positif
34:08n'est pas certain. C'est peut-être plus négatif au point du
34:10macro sur certains pays.
34:12Il y a le côté désinflationniste qui peut être positif
34:14mais effectivement si ça amène des tensions supplémentaires
34:16sur le marché du travail, ça peut compenser
34:18effectivement cet effet là.
34:20Qu'est-ce qu'on fait
34:22sur les marchés ? On va conclure l'émission
34:24tour de table
34:26Valérie, fin de mois, fin de trimestre
34:28vous étiez
34:30plutôt prudente sur l'idée que
34:32le grand rattrapage, la grande remontada
34:34européenne face à des marchés américains
34:36qui se fragilisent
34:38pouvait durer longtemps.
34:40Ça fait un mois
34:42qu'il ne se passe rien en Europe.
34:44Une grande dispersion sectorielle sur les indices
34:46il ne se passe rien.
34:50Je pense toujours que
34:52sur les marchés américains
34:54il n'y a plus grand chose
34:56à tirer.
34:58Je vous disais
35:00la dernière fois déjà qu'il y avait
35:02un manque de couverture des marchés américains
35:04ça a encore baissé.
35:06Il y a
35:08un excès de confiance
35:10des investisseurs sur les marchés américains
35:12qui ne sont pas suffisamment couverts.
35:14Ce n'est pas pour ça que ça fait baisser le marché
35:16mais ça veut dire que quand on a des mécaniques baissières
35:18qui se mettent en route, elles vont
35:20beaucoup plus vite.
35:22Il y a eu un gros buy the deep du retail
35:24aux Etats-Unis.
35:26Oui, absolument.
35:28Une fois encore
35:30n'oublions pas que
35:32les valeurs
35:34les semi-conducteurs sont les
35:36plus touchés.
35:38Derrière les semi-conducteurs, la tech
35:40au sens large
35:42et après
35:44les fangs
35:46avec tous leurs nouveaux noms et leurs cortèges
35:48c'est quand même
35:50eux qui souffrent le moins.
35:52En pourcentage c'est impressionnant mais en fait
35:54quand on relativise
35:56à ce qu'elles ont gagné auparavant
35:58Ah oui, d'accord.
36:0030% de baisse pour une Mac 7
36:02ce n'est pas la même chose que 30% de baisse
36:04pour une banque.
36:06J'entends.
36:08Mais il y a quand même cette
36:10fragilité qui est importante
36:12parce que les portefeuilles sont
36:14surpondérés encore dans ces secteurs.
36:16Ce n'est pas nettoyé là.
36:18Non, c'est loin d'être nettoyé.
36:20Donc ça c'est un
36:22vrai problème mais
36:24les dynamiques haussières
36:26elles sont très lentes à épuiser
36:28donc je pense qu'on est plutôt encore dans
36:30cette phase où on a des forces
36:32de rappel et c'est pour ça que je trouve
36:34pour moi que ce marché part
36:36un peu dans tous les sens sans une forte
36:38cohérence entre
36:40marchés etc. Je trouve qu'il y a
36:42trop d'histoires différentes qui sont racontées
36:44et ça, ça correspond d'expérience à ces périodes
36:46où on met en place des
36:48longues consolidations.
36:50Ça peut durer encore 6 mois
36:52d'aller-retour.
36:54Alors, en Europe, pour le moment
36:58peut-être qu'on va continuer
37:00à amplifier les hausses
37:02et à minimiser les baisses
37:04des marchés américains.
37:06Ça paraît possible.
37:08Enfin, on n'a pas encore de signaux
37:10graves.
37:12Et aussi, au niveau
37:14des positionnements sur les marchés
37:16d'options, il n'y a pas de
37:18complaisance particulière
37:20à priori sur les marchés européens.
37:22Ça peut continuer à
37:24surperformer doucement.
37:28Et voilà, pour le moment,
37:30on a des dynamiques qui se poursuivent
37:32et qui se poursuivent. Ça dépend
37:34de l'horizon de temps qu'on a.
37:40Il ne faut pas encore changer grand-chose.
37:42D'accord.
37:44Il y aura des rotations
37:46mais ce n'est peut-être pas encore le moment
37:48de...
37:50Forcément, il y en a toujours.
37:52Moi, je trouve que les valeurs
37:54pétrolières, là, elles deviennent intéressantes
37:56par exemple.
37:58C'est un secteur qui permet de traverser cette période
38:00de consolidation, par exemple.
38:02En tout cas, c'est un secteur qui n'a pas fait grand-chose
38:04depuis un moment.
38:06C'est un secteur qui, en général, balance
38:08le secteur bancaire.
38:10C'est des secteurs qui, à part quelques
38:12années avant les années 2020,
38:14sur très très long terme,
38:16c'est l'un ou l'autre qui surperforme.
38:18Donc, si on veut équilibrer
38:20un portefeuille et se préparer
38:22à, à un moment donné, un arrêt
38:24du secteur bancaire, il faut...
38:26Le pétrole est une bonne option.
38:28Il faut remettre du pétrole, là, maintenant.
38:30François, sur la stratégie de marché, là, aujourd'hui.
38:32La dernière fois,
38:34je pense que c'était en fin janvier, début février,
38:36on avait parlé des valeurs chinoises.
38:38On reste plutôt positif dessus,
38:40malgré l'appréciation.
38:42Le plan de relance budgétaire
38:44chinois, on le trouve plutôt convaincant
38:46dans toutes les mesures en place.
38:48On trouve les données macro plutôt correctes.
38:50Elles ne sont pas dingues, évidemment,
38:52mais elles sont plutôt correctes.
38:54Donc, on pense que ça peut se poursuivre encore un peu.
38:56Nous, ce qu'on aime bien, c'est les taux réels.
38:58Dans un contexte
39:00où la croissance est quand même un peu challengée
39:02et où on a un risque inflationniste
39:04qui nous semble réel, en tout cas aux Etats-Unis,
39:06les taux réels, c'est une bonne façon de passer
39:08ce genre de période un peu de turbulences
39:10actives, de guerres tarifaires et autres.
39:12En plus, de manière empirique, ça se retrouve.
39:14C'est quoi, 2% de taux réels
39:16aux Etats-Unis ?
39:18Un peu moins.
39:20On a vu une violente chute des taux réels sur les parties
39:22courtes américaines depuis le début de l'année.
39:24Le 2 ans s'est effondré, mais sur le 5 ans et le 10 ans,
39:26il reste beaucoup de place. Donc ça, on l'aime bien.
39:28On aime toujours beaucoup l'or, évidemment.
39:30Guerres tarifaires, c'est bon pour l'or.
39:32Des déficits budgétaires qui sont abyssaux,
39:34c'est bon pour l'or.
39:36L'or est un marché de momentum classique.
39:38Les tendances ne durent pas 6 mois,
39:40elles durent plusieurs années.
39:42C'est parti, sans doute, pour durer.
39:44Donc ça, on l'aime bien aussi.
39:46Après, on est moins inquiets, sans doute,
39:48sur la partie Mac Seven dont on vient de parler.
39:52Je trouve que la correction a quand même
39:54corrigé une partie de l'exubérance
39:56qu'on avait eue post-Trump
39:58et une partie de ce qu'on avait eue en 2024.
40:00Évidemment, ce n'est pas donné.
40:02Mais la tendance en place est toujours
40:04très forte sur la dynamique de earnings, etc.
40:06Quand on regarde tout ce qui est
40:08price earnings versus grosses, etc.
40:10On ne trouve pas ça dingue en termes de valorisation
40:12vu la qualité des boîtes en dessous.
40:14Elles ne sont pas toutes, évidemment,
40:16enlogées à la même enseigne.
40:18Tesla est un cas un peu à part, etc.
40:20Vous n'enterrez pas.
40:22On n'est pas hyper inquiets
40:24vu les niveaux actuels.
40:26Ce qui semble apparaître,
40:28je suis d'accord sur les valeurs technologiques,
40:30c'est surtout qu'on a un rééquilibrage.
40:32Sur les 2-3 dernières années,
40:34il fallait être juste présent sur les Etats-Unis.
40:36Là, on voit bien qu'au 1er trimestre,
40:38c'est quasiment fini.
40:40Il y a une surperformance recorde
40:42pour les CEL de l'Europe à cet égard.
40:44Le question de manger, c'est surtout de savoir
40:46si, notamment à l'égard de l'Europe,
40:48on va avoir une surperformance qui perdure,
40:50ce qui me paraît assez peu probable,
40:52puisqu'il y a eu beaucoup d'exubérance
40:54dans un sens comme dans l'autre.
40:56Dernier trimestre 2024, c'était les Etats-Unis
40:58et ensuite l'Europe.
41:00Ou si on renoue un peu avec la période
41:021990 jusqu'à la crise de 2010,
41:04où vous aviez une performance assez similaire
41:06entre les actions européennes et américaines.
41:08On est peut-être de retour à cela,
41:10parce que si vous regardez juste par la suite,
41:122010 jusqu'à 2024,
41:14la performance des actions européennes
41:16était plutôt très médiocre.
41:18À mon avis, on est plutôt sur un rééquilibrage
41:20qui va se mettre en place.
41:22Merci à vous trois.
41:24Merci d'avoir été les invités
41:26de Planète Marché ce soir.
41:28Christophe Erdembik,
41:30Piquet Asset Management,
41:32François Rimeux,

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