Mehdi Bayat, l'administrateur délégué du Sporting de Charleroi, répond aux questions de Benjamin Helson et Cédric Baufayt
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00:00:00L'invité Sudinfo de la semaine n'est autre que l'administrateur délégué du
00:00:04Sporting de Charleroi, Mehdi Bayet.
00:00:09Mehdi Bayet, bonjour et bienvenue.
00:00:11Bonjour.
00:00:12Bienvenue dans ce studio.
00:00:14Alors d'ici quelques minutes nous allons évoquer ensemble
00:00:17la question de la réforme du championnat.
00:00:20Également aussi il paraît qu'il y a un certain règlement d'ordre intérieur du
00:00:24stade
00:00:24qui fait beaucoup polémique
00:00:26depuis quelques jours.
00:00:28Mais avant toute chose, le début des play-offs. OHL Charleroi c'est pour
00:00:32ce vendredi. Voici le volet sportif. Je cède la parole à Benjamin Elson.
00:00:35Mehdi Bayet, bonjour. Vous allez aborder les Europe Play-offs ce vendredi à OHL.
00:00:40Avec quelle ambition ? Je me souviens que l'année dernière vous aviez dit que vous
00:00:43vouliez être
00:00:44le FC Bruges des play-downs. Est-ce que
00:00:46vous voudriez être le FC Bruges des Europe Play-offs cette année ?
00:00:51Je vais être
00:00:52plus mesuré dans mon ambition.
00:00:55En tout cas je vais
00:00:56peut-être moins être communicatif
00:00:59dessus
00:01:00pour la bonne et simple raison qu'on a vu
00:01:03quelles sont les qualités de ce groupe.
00:01:05Et on a vu aussi
00:01:08où peuvent être les défauts de ce groupe sous pression.
00:01:11Et donc aujourd'hui je pense qu'on a une compétition où il y a absolument
00:01:15tout à gagner pour nos joueurs.
00:01:17Ça veut dire qu'ils peuvent jouer de manière complètement libérée.
00:01:19Tout le monde est d'accord dans le microcosme du football belge pour dire
00:01:23que Charleroi est une équipe qui joue au ballon.
00:01:25Qu'elle est agréable à regarder.
00:01:26Que ce soit dans le nord ou dans le sud du pays tout le monde est d'accord là-dessus.
00:01:30Et donc je suis un peu curieux en réalité. J'ai envie de voir
00:01:33ce qu'ils seront capables de faire
00:01:36sans pression.
00:01:38Mais on va devoir aussi trouver les bons mots je pense avec le coach
00:01:42et moi-même d'ailleurs
00:01:43pour faire en sorte qu'ils prennent quand même cette compétition au sérieux.
00:01:47Parce qu'il y a quand même un dernier ticket européen
00:01:50à aller chercher via ces play-offs 2.
00:01:53Et je vous avouerai qu'au fond de moi
00:01:55je suis un compétiteur.
00:01:56Et je pense que Rik Demille l'est aussi.
00:01:59Et donc on va tout faire en tout cas pour pousser cette équipe pour aller
00:02:02chercher un maximum de victoire.
00:02:05Vous l'avez dit on a vu dans les deux sens
00:02:07positif et négatif ce que cette équipe est capable de produire.
00:02:10Quel regard avez-vous sur finalement
00:02:13la phase classique ? Est-ce qu'il y a des regrets quand on voit ce que vous avez été
00:02:16capable de faire ?
00:02:17Dans certains matchs on pense à l'Antwerp, on pense contre Bruges, contre Genk.
00:02:22Même si vous n'avez pas toujours gagné.
00:02:23Et puis d'autres matchs vous êtes complètement passé à côté.
00:02:26Voilà quel regard vous avez sur cette dixième place finalement ?
00:02:30Elle est frustrante pour moi.
00:02:32Parce que parce qu'on terminait à la phase classique à la dixième place
00:02:36alors que je dirais on était
00:02:40peut-être une huitième place.
00:02:41Alors ça a beau être anecdotique parce que huitième, dixième
00:02:45même si en termes de droit télé, on prendra le classement final
00:02:49après les playoffs.
00:02:50Donc ça ne change pas grand chose.
00:02:52Mais c'est vrai que c'est quand même un peu frustrant
00:02:54parce que je pense que ce groupe regorge de qualité, qu'on a un très bon coach
00:02:58et qu'il nous a manqué peu de choses et quelques petits points perdus par-ci, par-là
00:03:03auraient même peut-être pu faire en sorte
00:03:05qu'on puisse jouer les playoffs 1, j'en reste convaincu.
00:03:10On a vu aussi l'arrivée, l'essor, la montée de Niko Stulic.
00:03:15Peut-être que si Niko avait commencé la compétition avant
00:03:18et que nous avions eu deux buteurs
00:03:21avec Danemans
00:03:24en plus, évidemment, peut-être que ça aurait changé les choses
00:03:26et peut-être que, encore une fois, ce manque d'efficacité devant
00:03:30et quelques erreurs défensives individuelles qui nous ont coûté des points
00:03:33auraient peut-être pu nous permettre d'être plus haut dans le classement.
00:03:36C'est vrai que sur base du jeu produit, finalement,
00:03:38Charles Roy mérite certainement d'être plus haut.
00:03:40Mais l'inconstance, on va dire, dans les deux rectangles
00:03:43a fait que la dixième place était finalement
00:03:46la place, on va dire, juste.
00:03:47Aussi, quand on regarde votre bilan contre les équipes
00:03:50que vous allez encore affronter maintenant, 10 sur 30.
00:03:52Voilà, il faudra forcément faire mieux pour avoir de l'ambition
00:03:55dans les deux derniers mois de compétition.
00:03:58Très clairement, mais en même temps, moi, je suis curieux
00:04:01parce qu'on se rend compte quand même qu'on a lâché
00:04:04six points à Louvain, six points à Malines.
00:04:08Lorsqu'on revoit ces matchs, je me souviens qu'après les matchs de Louvain,
00:04:12je me disais à chaque fois, mais ce n'est pas possible,
00:04:13on peut rejouer dix fois ces matchs.
00:04:15On ne les perdra jamais.
00:04:17Et donc, c'est pour ça qu'aujourd'hui, je suis aussi un peu curieux
00:04:20de voir encore une fois l'état d'esprit avec lequel on va aborder ces matchs.
00:04:24Et ça va conditionner en fait tout le reste de la compétition.
00:04:26Il y a quand même dix matchs.
00:04:27Donc, ce n'est pas un ou deux, c'est dix matchs.
00:04:29C'est beaucoup et ce n'est pas beaucoup en même temps.
00:04:32Il n'y a quasi pas d'écart de points entre toutes les équipes.
00:04:34Donc, ça veut dire que c'est comme une compétition qui recommence à zéro.
00:04:37À nous maintenant, comme je l'ai dit tout à l'heure,
00:04:40de trouver l'état d'esprit qui va nous permettre de pouvoir,
00:04:43je l'espère, engager un maximum de points
00:04:45et profiter un petit peu aussi de cette compétition
00:04:49pour faire la paix en interne.
00:04:51On sait qu'on a eu des complications.
00:04:52On en parlera certainement avec les supporters.
00:04:54Il y avait une ambiance assez particulière sur les derniers matchs.
00:04:58À nous d'essayer finalement de profiter, je dirais,
00:05:01de ces Play-Off 2 pour préparer déjà la nouvelle saison,
00:05:06tout en essayant un petit peu de ramener un peu de sérénité,
00:05:10de joie, de bonne humeur au Stade du Pays de Charleroi.
00:05:12Ça nous a un petit peu manqué les derniers temps.
00:05:15Dans ce qui l'a manqué aussi,
00:05:16est-ce que le fait qu'il n'y ait pas eu de renfort au dernier Mercato,
00:05:20est-ce que vous expliquez peut-être que c'est peut-être une des explications
00:05:23finalement de la moins bonne période que vous avez eue juste avant la fin de la saison
00:05:27et qui a fait qu'à un moment, on a de nouveau un peu craint les play-downs,
00:05:29même si finalement, on l'a dit, vous êtes resté relativement proche du top 6 aussi.
00:05:34Mais voilà, est-ce qu'il y a un petit goût de trop peu par rapport à ce Mercato d'hiver
00:05:38et éventuellement aussi de celui d'été, puisque vous l'avez dit, par rapport à l'attaque,
00:05:41même si Nico Stulic a finalement explosé.
00:05:43Mais le temps qu'il arrive, c'était un peu trop peu en attaque.
00:05:47Oui, mais il y a toujours aussi un peu une explication logique.
00:05:50On a commencé la saison avec quasiment quatre attaquants.
00:05:53Et force est de constater que peut-être on aurait dû faire confiance à Nico avant.
00:05:58C'est une réalité aujourd'hui, c'est un constat.
00:06:01Mais dans la manière dont le coach avait fait un peu sa hiérarchie,
00:06:05il a donné sa chance un peu à tout le monde.
00:06:06Nico est arrivé en bout de file, mais il a eu sa chance.
00:06:09C'est devenu une opportunité pour lui qu'il a saisie.
00:06:11Et donc, c'est pour ça qu'il est difficile et compliqué pour moi
00:06:14de prendre la responsabilité de dire on va encore aller chercher des attaquants,
00:06:17or qu'on a déjà beaucoup d'attaquants et on sait que la pire des choses,
00:06:21en fait, c'est de créer une situation où l'attaquant n'est pas en confiance.
00:06:27On a fait tout l'inverse maintenant avec Nico, tellement en confiance,
00:06:29parce qu'on a prêté un peu tous les attaquants.
00:06:31Et finalement, Nico est quasiment presque seul aujourd'hui, mais en pleine confiance.
00:06:34Et donc, je pense que c'est effectivement la bonne manière de voir les choses.
00:06:38Quant au mercato d'hiver,
00:06:40on le savait que ce serait un mercato compliqué pour nous.
00:06:43Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas vendu.
00:06:45On n'a pas vendu cet été.
00:06:46On n'a pas vendu cet hiver.
00:06:48On sait à quel point est-ce que la situation économique est compliquée
00:06:52de manière générale au sein de la Jupiler Pro League.
00:06:55J'ai encore vu des articles passer dernièrement
00:06:57où on parle de 160 millions de pertes cumulées pour les clubs
00:07:02sur la saison 23-24.
00:07:04Charleroi, on le sait, essaie d'être un bon élève à ce niveau-là.
00:07:08Et il nous manquait quelques lignes.
00:07:10On n'a pas vendu assez la saison passée.
00:07:12C'est pourquoi on a eu encore aussi une petite perte,
00:07:14alors qu'on n'est pas habitué à avoir des pertes à Charleroi.
00:07:16Cette année, on sait de manière très claire qu'on doit vendre
00:07:19beaucoup de joueurs avant le 30 juin, parce que c'est clairement une volonté
00:07:22pour nous de nouveau de montrer que Charleroi est capable de terminer à l'équilibre.
00:07:27Et donc, ça n'apportait pas de sens pour moi que de prendre des risques
00:07:31financiers et aller chercher.
00:07:32Un, parce qu'on a confiance dans notre groupe.
00:07:34Deux, parce que peut-être que si on avait été quatrième ou cinquième
00:07:38à ce moment-là et de se dire OK, on veut réellement avoir un rôle important
00:07:41dans les playoffs et peut-être aller chercher réellement un ticket européen.
00:07:44Alors, on prend un risque financier pour pouvoir le faire.
00:07:47Mais la situation sportive, malheureusement,
00:07:50ne nous permettait pas de pouvoir prendre ces risques-là.
00:07:53Ça aurait été insensé.
00:07:54Le fait de ne pas avoir recruté se retourne entre guillemets aussi
00:07:57un petit peu sur Joseph Braillard, sur Raymond Momens, dont certains
00:07:59se demandent un petit peu ce qu'il fait au quotidien,
00:08:02puisque forcément, c'est un travail de l'ombre.
00:08:04Mais voilà, est-ce que vous n'avez pas peur aussi que finalement,
00:08:08ces personnes-là soient aussi ciblées par le fait de ne pas avoir recruté ?
00:08:12Absolument pas.
00:08:13Je pense qu'ils font un boulot exceptionnel, vraiment.
00:08:15Et je suis très content de l'état d'esprit qu'on est en train de mettre en place.
00:08:19Ma volonté était d'essayer de faire en sorte au fur et à mesure
00:08:23que le département recrutement du sporting ne dépende pas uniquement de Mehdi Bayat.
00:08:28Ça veut dire de mon réseau, de ma manière de travailler, mes scouts, mes yeux.
00:08:33Non, aujourd'hui, on est vraiment en train de mettre en place un modèle
00:08:36de fonctionnement, une structure dans laquelle les gars,
00:08:40et notamment Joseph, Raymond, abattent un boulot exceptionnel.
00:08:44Et je crois, et c'est encore une fois un constat pour moi,
00:08:49on était à Berlin, dans un sommet sur les transferts dans le foot
00:08:53il y a quelques jours, beaucoup de clubs sont venus nous voir en disant
00:08:57vous avez fait un recrutement vraiment bon à Charleroi, avec peu de moyens.
00:09:01Et c'est vrai que si on fait le rétroacte
00:09:05et qu'on regarde tous les recrutements qui ont été faits
00:09:09sur le début de la compétition, ça veut dire avant la fin du Mercato,
00:09:14il est presque parfait.
00:09:16Vraiment, c'est un presque sans faute.
00:09:20Par contre, ce qui s'est passé, c'est qu'on avait gardé des cartouches
00:09:21pour la fin du Mercato et c'est là où peut-être, d'une certaine manière,
00:09:26on s'est un peu loupé, dans le sens où Gretjohn Key finalement n'a pas répondu
00:09:32aux attentes qu'on avait misées sur lui,
00:09:35bien que ce soit un joueur qu'on suivait depuis longtemps.
00:09:38Et c'est quand même assez, même étonnant encore,
00:09:40je le dis aujourd'hui, je le dis même à lui-même, je lui dis
00:09:42tu ne peux pas avoir planté 11 buts en Ligue 1 française
00:09:46et ne pas retrouver tes marques dans la compétition belge.
00:09:50Et puis aussi, il y a eu le cas d'Alexis Flips,
00:09:52qu'on a été chercher un peu en fin de parcours.
00:09:55Il montre de temps en temps certaines choses.
00:09:58Est-ce qu'on peut pour autant considérer que c'est un flop ?
00:10:00Je dis non, parce que, comme je le dis souvent,
00:10:02un flop pour moi est un joueur qui a eu au moins 4-5 matchs titulaires
00:10:08pour pouvoir montrer ses qualités.
00:10:09Alexis ne les a pas eus.
00:10:10Et donc, c'est pour ça que je suis quand même déçu
00:10:14parce qu'on s'attendait à ce qu'il puisse apporter plus.
00:10:16Mais en même temps, il n'a pas réellement pu montrer ce qu'il en est.
00:10:19Mais si on store ces deux profils-là, au niveau du reste,
00:10:23le travail que Joseph, Braillard et Raymond et tout le département scouting
00:10:28a mis en place et a fait, pour moi, est très bon.
00:10:31Et là, maintenant, on va avoir de nouveau
00:10:34réellement une période qui va vraiment leur donner
00:10:39un momentum pour montrer la qualité de leur travail.
00:10:42Pourquoi ? On sait qu'on doit sortir beaucoup de joueurs cet été
00:10:45et des cadres et des titulaires qu'on n'a pas fait sur, justement,
00:10:49les deux derniers mercato et qu'on doit très bien les remplacer.
00:10:52On a défini un petit peu le plan de jeu de RIG2000
00:10:56comme un modèle que l'on veut garder pour Charleroi.
00:11:03On veut réellement dire que ça correspond maintenant
00:11:05à notre volonté de jouer de cette manière-là.
00:11:07Donc, ça nous aide aussi au niveau du recrutement parce qu'il va être très ciblé.
00:11:10On veut remplacer, si Zorgan part, on le remplace par un profil Zorgan.
00:11:15Si TITRAWISOR, ça sera exactement la même chose.
00:11:16Si GIAGON part, ce sera un profil GIAGON.
00:11:19Et en essayant même d'améliorer la qualité.
00:11:22Et donc, tout ça, ça va permettre de vraiment déterminer.
00:11:26Et ce sera, je pense, encore une fois, un bon momentum
00:11:29pour notre département de recrutement de prouver les qualités et en tout cas,
00:11:34de faire en sorte que l'extérieur voit la même chose que ce que moi, je vois.
00:11:38Des gars qui bossent beaucoup, qui sont volontaires, qui connaissent le foot,
00:11:42qui ont compris comment le coach veut jouer.
00:11:45Et tous ces éléments-là sont très importants pour pouvoir faire un bon recrutement.
00:11:48Le fait d'avoir forcément beaucoup de mercato déjà à votre actif,
00:11:52est-ce qu'il y a par moment un peu d'usure de toujours repartir ?
00:11:55Finalement, un mercato se finit, il faut quasiment déjà penser au suivant.
00:11:58Est-ce que vous vous dites parfois, je ne suis plus la personne à la bonne place
00:12:01ou en tout cas, je suis usé par cet enchaînement de moments importants dans une saison ?
00:12:07Mais en tout cas, c'est très clair qu'on doit se remettre en question en permanence.
00:12:12Et moi, le premier, le Sporting de Charleroi, en 2012,
00:12:18était un club qui était en situation de faillite virtuelle.
00:12:22On l'a déjà dit à de nombreuses reprises, on a eu une ascension fulgurante.
00:12:26Mais comme dans toute société, parce que ça reste une société aussi,
00:12:29même si l'émotionnel est très présent, ça reste une entreprise comme une autre.
00:12:33On a eu ce pic de croissance et c'est ce que j'expliquais hier à La Réunion avec les supporters.
00:12:37À un moment donné, on arrive dans une phase où soit on est capable de se réinventer
00:12:42et de repartir de nouveau vers de la croissance, soit on va stagner.
00:12:45Pire, à certains moments, on peut même se casser la gueule.
00:12:48Donc là, maintenant, aujourd'hui, c'est notre responsabilité aussi de tout remettre en question.
00:12:51Et c'est pour ça qu'on remet en question aussi notre modèle de recrutement qui a été très bon.
00:12:55On a eu de très, très belles réussites sur le passé.
00:12:57Encore aujourd'hui, lorsque l'on voit le nombre de joueurs qu'on a été chercher
00:13:01pour les montants pour lesquels on a été les chercher,
00:13:03pour les montants pour lesquels on les a vendus et leurs réussites ailleurs,
00:13:05on ne peut pas dire que le département de recrutement du Sporting de Charleroi,
00:13:07sur les douze dernières années, n'a pas bien travaillé.
00:13:11Mais par contre, il faut être capable de se remettre en question, de se réinventer.
00:13:14La conjoncture est différente. La compétition est différente.
00:13:18Il y a énormément de clubs aujourd'hui qui bénéficient de moyens que nous n'avons pas.
00:13:21C'est une réalité.
00:13:23Alors, ce n'est pas pour autant qu'il faut dire on baisse les armes.
00:13:25On ne peut pas lutter contre les fonds étrangers.
00:13:27Non, non, on en est conscient.
00:13:30On sait que c'est difficile et on va continuer à se battre.
00:13:33Et c'est là où j'aimerais aussi que nos supporters,
00:13:36que les gens soient conscients aussi de cette réalité,
00:13:39qu'ils se disent qu'on doit quand même être fiers de notre équipe
00:13:42de manière générale, de ce qui est fait, du recrutement qui est fait.
00:13:44On se bat avec des moyens,
00:13:48somme toute quand même corrects,
00:13:50parce qu'on ne sait plus du tout les mêmes aussi qu'en 2012.
00:13:52En 2012, on n'avait rien.
00:13:53Donc, il fallait se débrouiller avec rien.
00:13:54Aujourd'hui, on dépense quand même de l'argent.
00:13:56On n'a jamais autant dépensé dans le recrutement.
00:13:58Mais effectivement aussi, nos ambitions sont différentes.
00:14:03Aujourd'hui, on veut absolument lutter.
00:14:04À l'époque, on faisait une année sur deux et quasiment les play-off 1.
00:14:08C'est un miracle.
00:14:09Mais depuis lors, il y a de nouvelles équipes qui sont arrivées.
00:14:12Antwerp, qui n'existait pas à l'époque, l'Union Saint-Gidoise,
00:14:15qui n'existait pas à l'époque, ne serait-ce que ces deux équipes là
00:14:18et qui ont pris une vraie place au niveau du G5.
00:14:20Et puis, beaucoup d'autres équipes aujourd'hui
00:14:22qui sont soutenues encore une fois par des fonds étrangers avec des moyens
00:14:28qui ne devraient pas exister techniquement,
00:14:29mais qui sont quand même là et qui sont nos concurrents.
00:14:32Et donc, au milieu de tout ça,
00:14:34il va falloir réécrire des nouvelles pages de l'histoire du sporting.
00:14:37Et c'est ça notre responsabilité aujourd'hui.
00:14:40Vous parliez de fonds étrangers.
00:14:41On sait que le cas avec David Helmer est différent.
00:14:43Mais pour revenir à lui,
00:14:44qu'est-ce qu'il a finalement apporté au club en presque un an et demi
00:14:48maintenant de présence ?
00:14:50Une vision, on a beaucoup travaillé ensemble
00:14:53justement sur comment réinventer le sporting de Charleroi.
00:14:57Et il nous a beaucoup aidé par rapport à ça, parce que c'est
00:15:00un serial entrepreneur comme on l'avait présenté à l'époque.
00:15:03Il a une vision un peu à l'américaine d'oser de ne pas avoir peur.
00:15:09Et aujourd'hui, je pense que c'est peut-être l'élément le plus important,
00:15:15le fait de m'accompagner aussi au niveau du board.
00:15:18On a mis en place une structure, une gouvernance.
00:15:20On a aujourd'hui un vrai board, un vrai comité de direction
00:15:24et on continue à travailler avec la volonté de continuer à s'entourer
00:15:27d'autres personnes aussi pour justement apporter ce côté
00:15:31qui, pour moi, est extrêmement important aussi dans un club de football.
00:15:34On parle souvent d'un manque de transparence.
00:15:36On parle souvent d'un milieu opaque au niveau du foot,
00:15:39mais on ne veut pas tout ça.
00:15:41Au contraire, je trouve qu'on est un des clubs qui communiquent
00:15:43le plus en Belgique.
00:15:43On est très ouvert, très disponible, très accessible.
00:15:46Mais on doit maintenant structurer tout ça et faire en sorte,
00:15:49encore une fois, comme je l'ai dit, de la même manière que le sporting
00:15:52ne doit pas être dépendant de Medhi Bayat pour le recrutement.
00:15:56Le sporting ne doit pas être dépendant de Medhi Bayat pour rien en réalité.
00:15:59Et c'est ça, aujourd'hui, mon rôle et ma responsabilité.
00:16:01Je suis accompagné par David et d'autres personnes qui vont tout doucement
00:16:05aussi, je pense, faire surface en tant que consultant d'abord
00:16:09et peut-être après aussi dans des rôles au niveau du board
00:16:12en tant que membre indépendant pour justement apporter
00:16:16ce côté gouvernance qui est absolument nécessaire et montrer à tout le monde
00:16:19que notre volonté est réellement de faire en sorte que le sporting de Charles Roy
00:16:22soit une société transparente, claire, totalement lisible pour tout le monde
00:16:28et qu'on puisse voir exactement quelle est notre volonté, où on veut aller
00:16:32en présentant de nouveau un projet très clair, une vision claire.
00:16:35Le 369 de l'époque a été très utile.
00:16:38On a essayé de se réinventer à différents moments,
00:16:40mais on doit être encore plus précis aujourd'hui de manière à pouvoir retrouver
00:16:44une ligne de conduite qui sera appréciée par tout le monde
00:16:48et surtout à travers laquelle nos partenaires commerciaux,
00:16:51nos supporters, tous les stakeholders, peu importe qui ils soient,
00:16:55de près ou de loin du sporting de Charles Roy puissent s'identifier.
00:16:58Par rapport au bilan financier, vous l'avez dit, on sort de deux bilans négatifs.
00:17:03Vous ne l'avez pas vendu en janvier, donc il faudra vendre avant le 30 juin.
00:17:06Est-ce que vous craignez
00:17:08que ce soit un troisième bilan négatif ?
00:17:10Et comment est-ce que vous expliquez cette difficulté à vendre des joueurs
00:17:12depuis le retour de Felice Mazzu, finalement,
00:17:14puisque le dernier gros transfert sortant, c'est Vakunbayo.
00:17:17Il y a eu Ken Enkuba aussi, mais c'est sur ces prestations de cette époque-là
00:17:21aussi. Voilà quel regard vous avez là-dessus ?
00:17:23Est-ce qu'il y a des craintes de ne pas être dans les clous de nouveau cette saison ?
00:17:26Non, parce que je pense qu'aujourd'hui, on a un noyau avec une vraie valeur marchande.
00:17:31Nos joueurs sont suivis.
00:17:32On l'a vu encore une fois, comme je le dis, on était à un sommet sur les transferts
00:17:35à Berlin et j'ai très clairement vu qu'on était sollicités.
00:17:40Les gens venaient, les clubs venaient vers nous.
00:17:42Donc, ce qu'il faut savoir, c'est qu'à un moment donné,
00:17:45il y a toujours un équilibre à trouver entre le sportif et le financier.
00:17:48On a vécu des périodes de turbulence que nous n'avions pas prévues.
00:17:53Depuis, c'est simple à regarder, la première année où Edouard Steele est arrivé,
00:17:59après la deuxième mauvaise année de Karim Belhossine,
00:18:02en sachant que Karim Belhossine, sa première année, nous a donné la meilleure
00:18:05de toute l'histoire du club.
00:18:06Et c'est là où on se rend compte que dans le football aujourd'hui,
00:18:09il y a des cycles qui sont difficiles à expliquer.
00:18:11Karim Belhossine fait la meilleure période de toute l'histoire du club.
00:18:16On est bloqué par le Covid.
00:18:17Il recommence par un 18 sur 18.
00:18:19Et puis, finalement, on coule comme un plomb avec le même noyau.
00:18:21Comment ça s'explique ?
00:18:22J'ai toujours du mal à le comprendre aujourd'hui.
00:18:24Edouard Steele, sa première année arrive, on termine sixième.
00:18:28C'est bien, c'était une sixième place pour un jeune entraîneur
00:18:31qui vient d'arriver dans un groupe qu'on avait considérablement aussi
00:18:35fait évoluer.
00:18:36C'est déjà pas mal.
00:18:37Mais sa deuxième année se passe moins bien.
00:18:39Et puis, c'est pour la première fois
00:18:40que je décide de faire un changement d'entraîneur en cours de saison.
00:18:43Felice arrive sur les 17 matchs qu'il coache.
00:18:45On est troisième au classement.
00:18:47Donc, on se dit ça y est, c'est reparti.
00:18:49Et puis, on se dit, on va quand même donner les moyens à Felice
00:18:51donc garder de la stabilité parce qu'on sait que c'est important pour lui
00:18:54pour qu'il puisse faire une bonne deuxième saison.
00:18:56On a vu comment ça s'est terminé.
00:18:58Et donc, c'est pour ça que je dis, il y a certains moments
00:19:00où il y a des facteurs qui, malheureusement, ne s'expliquent pas toujours,
00:19:03mais nous obligent à devoir faire un équilibre entre la stabilité sportive
00:19:07qui est importante et l'obligation financière.
00:19:10Parce qu'on a eu pendant plus de dix ans
00:19:13un des rares clubs, peut-être le seul en Belgique,
00:19:15à avoir dégagé des bénéfices pendant plus de dix ans
00:19:18et avoir réinvesti l'intégralité de nos bénéfices dans nos fonds propres.
00:19:22Ça nous a permis de pouvoir nous dire à un moment donné,
00:19:25OK, on peut encaisser une perte parce qu'on a suffisamment de fonds propres
00:19:29et qu'on est dans une situation qui nous permet de pouvoir faire
00:19:31à un moment donné, dire bon, voilà, on réfléchit différemment.
00:19:34Et c'est ça que j'ai fait à ce moment là.
00:19:36Peut-être que j'aurais dû vendre.
00:19:38Finalement, quand on voit les résultats,
00:19:39on aurait mieux fait, finalement, de dire on vend
00:19:42et on s'en serait peut-être sorti aussi.
00:19:46Mais aujourd'hui, c'est vraiment cet équilibre là
00:19:49qu'on doit retrouver à un moment donné.
00:19:50Et là, par contre, on n'a pas le choix.
00:19:52On va vendre avant le 30 juin.
00:19:53On est préparé pour ça.
00:19:55On est préparé aussi pour faire le recrutement qu'il faut
00:19:57pour remplacer des cadres qu'on va vendre.
00:19:59Et c'est pour ça que je l'ai dit tout à l'heure.
00:20:01C'est un momentum pour nous tous, pour démontrer réellement la faculté
00:20:05et la capacité de notre département recrutement
00:20:08de pouvoir faire en sorte qu'on re-rentre de nouveau
00:20:09dans un roulement positif.
00:20:11Pour la suite, Médhi, parlons de ce fameux conflit
00:20:15avec une certaine partie des supporters du sporting de Charleroi.
00:20:19Parce qu'encore une fois, il est important de le rappeler,
00:20:22c'est une partie et pas l'intégralité des supporters du sporting de Charleroi.
00:20:26Mais avant de parler de ce conflit, une question d'ordre philosophique.
00:20:30De manière générale, dans un stade de foot
00:20:33et pas simplement en Belgique, en Europe,
00:20:36est-ce que les supporters ne considèrent pas aujourd'hui
00:20:40un stade de foot comme une zone de non-droit ?
00:20:45C'est une question qui mérite d'être posée parce que,
00:20:50et vous avez raison de dire que ce n'est pas que par rapport à la Belgique.
00:20:55On se rend compte aujourd'hui de plus en plus que les supporters,
00:21:01certains, veulent réellement prendre le contrôle du stade.
00:21:05Et avoir la possibilité de faire ce qu'ils ont envie,
00:21:09que ce soit en termes de folklore, comme on pourrait l'appeler,
00:21:12ou en même temps aussi d'avoir un poids sur certaines décisions.
00:21:19Mettre la pression sur un entraîneur, mettre la pression sur une direction.
00:21:22On le voit.
00:21:23On a vu des situations en France, par exemple, à Lyon.
00:21:26Moi, j'ai encore ces scènes assez surréalistes.
00:21:29On parle quand même de Lyon, ce n'est pas un petit club
00:21:31où on voyait les joueurs qui étaient comme des petits enfants
00:21:32devant un cup en train de se faire gronder à la fin d'un match.
00:21:38Et puis, ils étaient là, tous.
00:21:39On voyait sur leur visage, ils se demandaient qu'est-ce qu'on fait là ?
00:21:41Mais on doit être là.
00:21:42Et donc, c'est une réalité aujourd'hui du monde dans lequel on est.
00:21:46Moi, je pense qu'il faut voir, en tout cas de notre côté aujourd'hui à Charleroi.
00:21:52On a quand même vécu pas mal de situations compliquées, difficiles.
00:21:58Surtout ces derniers temps.
00:21:59Moi, à titre personnel,
00:22:01je veux dire, j'ai ramassé pour mon grade
00:22:04bien comme il faut.
00:22:05Et comme je le répète quand même assez souvent,
00:22:08le sporting de Charleroi, c'est plus de 23 ans de ma vie.
00:22:13J'ai 46 ans, c'est la moitié de ma vie.
00:22:15J'ai donné la moitié de ma vie à un club pour lequel je pense avoir quand même...
00:22:22La question ne se pose même plus.
00:22:23Est-ce que l'attachement que j'ai pour la ville de Charleroi,
00:22:26pour le club de Charleroi...
00:22:28Il n'y a même plus de question par rapport à ça.
00:22:32Et se faire démolir comme ça m'est déjà arrivé
00:22:35de le vivre à certains moments...
00:22:38Evidemment que ça fait mal.
00:22:40Et en tant que dirigeant, à un moment donné, on se pose la question de se dire
00:22:42mais pourquoi en fait, je suis maso d'accepter ça.
00:22:47Ma femme me pose des fois la question de me dire mais tu n'en as pas marre.
00:22:50Et beaucoup de personnes qui me côtoient au quotidien me disent
00:22:53mais cette résilience, on ne la comprend même plus.
00:22:55Et vous en avez marre ?
00:22:57Alors, à certains moments, c'est difficile,
00:22:59mais c'est là où il faut faire la part des choses.
00:23:02Ça veut dire que mon expérience ces 23 années m'ont permis de comprendre
00:23:07que le foot, et je le disais tout à l'heure, n'est pas une entreprise
00:23:11comme une autre en réalité.
00:23:12On doit la gérer comme une entreprise comme une autre
00:23:14parce qu'à un moment donné, elle a des responsabilités cette entreprise.
00:23:18On n'a plus de sens équivalent en plein aujourd'hui au sporting de Charleroi.
00:23:21Ma responsabilité première, c'est de payer les salaires de mon personnel
00:23:25à la fin du mois, coûte que coûte, parce que si je ne le fais pas,
00:23:28je mets en danger toutes ces familles là aussi.
00:23:30Et en même temps, il y a un aspect émotionnel très fort
00:23:34dans lequel il y a un sentiment d'appartenance, un sentiment
00:23:37dans lequel certains supporters se disent c'est mon club, on s'en fout de lui.
00:23:41Moi, je suis quelqu'un de passage.
00:23:43Tous les gens qui sont là sont des gens de passage.
00:23:45Ça fait 23 ans que je suis là, à un moment donné, je ne serai plus là.
00:23:48Et puis certains disent bon, voilà, moi, j'ai le tatouage sur mon bras,
00:23:50c'est mon club, mon club coule dans mon sang.
00:23:55Et donc, c'est là où on doit être dans une forme de
00:24:01de compromis en permanent, à essayer de comprendre l'aspect émotionnel,
00:24:05mais en même temps de faire fonctionner le club.
00:24:07Mais instant confession quand même, est-ce qu'il y a eu un soir
00:24:12où sur l'oreiller, vous avez dit à votre épouse
00:24:15bon, demain matin, je l'annonce, c'en est trop, j'arrête.
00:24:21Malheureusement,
00:24:24sur le modèle dans lequel moi je suis,
00:24:29ça ne peut pas exister.
00:24:31Pourquoi ? Parce que je suis,
00:24:34j'ai été pendant tout un temps l'actionnaire principal du club.
00:24:39Depuis que David Allmer nous a rejoint,
00:24:40j'ai embarqué quelqu'un d'autre avec nous dans le bateau.
00:24:45Et j'ai cette responsabilité.
00:24:48Ça veut dire que le sporting de Charles Roy,
00:24:50ce n'est pas un bout de tissu ou un papier
00:24:53que je peux, à un moment donné, jeter à la poubelle et dire,
00:24:55voilà, ça y est, j'en peux plus.
00:24:57Ils m'ont fatigué, je dois partir.
00:24:58Ça ne marche pas comme ça.
00:24:59C'est une responsabilité que j'ai, que j'ai accepté en 2012
00:25:04lorsqu'on a repris le club.
00:25:06Et donc,
00:25:09si à un moment donné, je laisse cette possibilité
00:25:16se poser même, de dire à ma femme,
00:25:18c'est quoi là, ça y est, j'en peux plus.
00:25:20Demain, je ne vais plus travailler.
00:25:21Allez, j'abandonne le sporting.
00:25:23Mais je crois que là, à ce moment là,
00:25:24il faut vraiment que je fasse un sacré pas de côté
00:25:27et que je trouve très vite quelqu'un d'autre
00:25:28pour pouvoir prendre mes responsabilités
00:25:30et s'occuper du club,
00:25:32parce que ce serait inconscient totalement de ma part.
00:25:36Encore une fois, je dis, il faut bien faire la part des choses
00:25:38entre le sens des responsabilités d'un côté
00:25:40qui engage d'avoir une résilience
00:25:43quand même relativement dopée au maximum,
00:25:46parce que certains moments sont très compliqués,
00:25:48mais ça fait partie de la vie du dirigeant de foot
00:25:50que beaucoup de gens ne voient pas.
00:25:52C'est l'autre côté.
00:25:54On voit un peu le côté
00:25:56strass, paillettes.
00:25:57On est pris en photo.
00:25:58On a des interviews.
00:25:59On a une personnalité publique.
00:26:00On est connu, reconnu.
00:26:02Mais ce n'est pas toujours non plus
00:26:05très agréable de le vivre de cette manière là.
00:26:07Alors, ce mardi 25 mars,
00:26:09il y a donc eu une décision de justice.
00:26:12Les ultras ont proclamé qu'ils avaient
00:26:16remporté la victoire.
00:26:18De votre côté, vous, sur le show,
00:26:21vous avez dit
00:26:22laissez nous le temps de lire et d'analyser
00:26:24techniquement cette décision.
00:26:26Avec 48 heures de recul,
00:26:29c'est quoi votre analyse ?
00:26:32L'analyse, c'est que la décision qui est rendue
00:26:36me paraît juste
00:26:39et d'une certaine manière équilibrée.
00:26:42Et si les ultras
00:26:44ont voit dans le fait qu'ils peuvent réintégrer,
00:26:47parce que la décision est très claire par rapport à ça,
00:26:49le stade, une victoire, c'est une bonne chose.
00:26:52Mais moi, je ne vois pas pour autant une défaite
00:26:55pour l'un ou pour l'autre.
00:26:56Je suis vraiment content parce qu'on a eu une réunion
00:26:59hier soir avec avec 13 de nos clubs de supporters.
00:27:03Donc, mercredi soir.
00:27:04Oui, tout à fait.
00:27:05Et
00:27:10j'ai commencé la réunion en disant
00:27:11écoutez, on est dans une situation
00:27:13où le plus important pour moi, c'est l'apaisement.
00:27:15On ne veut pas être en conflit avec nos supporters,
00:27:17quels qu'ils soient.
00:27:18Ultra, pas ultra, les uns, les autres.
00:27:21On ne veut pas.
00:27:22Un club de football ne peut pas être en conflit
00:27:25en permanence avec ses supporters.
00:27:27Et j'ai vraiment senti aussi de leur côté
00:27:29qu'ils étaient tristes de dire
00:27:31on a été obligé d'assigner en justice notre club.
00:27:35Et je les pense sincères par rapport à ça.
00:27:37Par contre, il y a une réalité.
00:27:39En tant qu'administrateur délégué du Sporting de Charles Roy,
00:27:42je suis responsable de la sécurité dans le stade,
00:27:45du bien-être dans le stade,
00:27:47de tout ce qui se passe autour de l'organisation du match de foot.
00:27:50Pas tout seul.
00:27:52On a la police, les pompiers.
00:27:53On a des partenaires qui nous accompagnent
00:27:55parce que c'est notre responsabilité de pouvoir organiser
00:27:57une grande manifestation sportive de cette ampleur-là.
00:28:01Et on a tous des responsabilités.
00:28:03On a tous des responsabilités.
00:28:05On a tous des responsabilités.
00:28:07Et on a tous des responsabilités.
00:28:09Aujourd'hui, ce règlement d'ordre intérieur
00:28:12que nous avons utilisé pour exclure une partie de nos supporters
00:28:16n'a pas été remis en cause par la justice.
00:28:20La justice dit simplement
00:28:22vous avez tout à fait le droit d'utiliser votre règlement d'ordre intérieur
00:28:24de la même manière qu'est la loi foot,
00:28:26qu'est la loi civile par rapport à la fédération pelge de football.
00:28:31Vous avez tout à fait le droit d'utiliser votre règlement d'ordre intérieur
00:28:34pour exclure,
00:28:36mettre des sanctions
00:28:38à quelqu'un qui est dans un contrat avec vous.
00:28:41Pourquoi ?
00:28:42Le Sporting de Charleroi est une entité privée.
00:28:44Ils vendent des tickets pour assister à un spectacle
00:28:47qui est un match de football.
00:28:49Et lorsqu'on achète ce ticket,
00:28:52on reconnaît le règlement d'ordre intérieur de facto.
00:28:56Et celui-ci nous engage dans une espèce de forme de contrat.
00:28:59Et ce contrat engage les deux entités à respecter certaines choses.
00:29:04Nous à donner accès à une place pour pouvoir assister à un spectacle
00:29:07qui va durer autant de temps et ainsi de suite.
00:29:10Et faire en sorte que la personne puisse arriver tranquillement dans le stade,
00:29:14accéder à sa place et repartir.
00:29:16Ça, en gros, c'est notre contrat.
00:29:18Mais la personne qui assiste au spectacle a aussi un contrat vis-à-vis du club.
00:29:22Celle de respecter la bonne ambiance,
00:29:26de ne pas insulter son voisin, de ne pas taper son voisin,
00:29:30de ne pas créer une ambiance délétère,
00:29:32de ne pas avoir des propos racistes et ainsi de suite.
00:29:34Et donc, ce contrat mutuel que nous avons l'un et l'autre,
00:29:38aujourd'hui, cette décision de justice nous dit de manière très claire,
00:29:42attention, vous avez effectivement le droit d'utiliser votre règlement d'ordre intérieur,
00:29:45mais là, vous ne l'avez pas bien utilisé.
00:29:48Parce qu'il faut identifier clairement le coupable.
00:29:51Parce que vous avez fait un bloc en disant,
00:29:53il y a 60 personnes que vous avez identifiées pour différentes faits,
00:30:01mais vous n'avez pas identifié individuellement
00:30:05les reproches que vous faites aux uns et aux autres.
00:30:07Ça veut dire qu'à partir du prochain match, contre le standard,
00:30:09des choses vont-elles être mises en place pour davantage mieux pouvoir identifier
00:30:14ces personnes qui vont peut-être, je n'espère pas,
00:30:17arrêter la rencontre à la 62e minute ?
00:30:19Alors, aujourd'hui, on est clairement dans un état d'esprit d'apaisement.
00:30:23Ça veut dire que je pense que les supporters...
00:30:25Oui, mais on sait très bien qu'il y a toujours un dingue
00:30:27qui a bu un peu trop de bière, qui... Voilà.
00:30:29Ils ont compris.
00:30:30Ils ont compris leur responsabilité.
00:30:31Ils ont compris la responsabilité qu'ils ont vis-à-vis du reste de la tribune,
00:30:36du reste du stade.
00:30:37Ils avaient déjà dit ça aussi après Maline.
00:30:39Mais aujourd'hui, on est dans une situation où pour moi, de mon côté,
00:30:42c'est ce que j'ai dit et je l'aurai dit de manière très claire hier soir,
00:30:44on va jouer le jeu.
00:30:46On veut repartir vers nos supporters.
00:30:47On veut assainir.
00:30:48On veut faire en sorte que la situation soit beaucoup plus calme,
00:30:51beaucoup plus sereine pour tout le monde.
00:30:52On veut retrouver de l'ambiance dans le stade.
00:30:54On veut que nos supporters s'identifient de nouveau au club
00:30:57et ne pas être dans un conflit permanent.
00:30:59Donc, je vais prendre nos responsabilités par rapport à ça.
00:31:04Mais évidemment, nos supporters aussi ont une responsabilité.
00:31:07Et c'est très clair.
00:31:07Et notre règlement de l'intérieur, on l'utilisera.
00:31:10Ce n'est pas parce qu'aujourd'hui, on décide de dire qu'on veut aller de nouveau vers
00:31:15ouvrir la porte et faire en sorte que la situation se passe mieux,
00:31:18qu'on peut de nouveau se permettre de prendre des risques par rapport aux autres.
00:31:20Si un fumigène termine dans la tête de quelqu'un et que cette personne,
00:31:24malheureusement, perd un œil ou pire même, meurt parce qu'un fumigène lui a atterri dans la tête,
00:31:30c'est moi qui suis responsable.
00:31:32C'est moi qui suis responsable.
00:31:34Si à un moment donné, pour être dans des faits un peu moins graves,
00:31:37la Fédération décide de nous pénaliser de nouveau pour utilisation de pyrotechnique,
00:31:41elle décide de donner un huis clos à la T4 ou voire même à tout le stade,
00:31:46c'est notre responsabilité.
00:31:48Les autres supporters qui sont dans le stade vont dire,
00:31:51« Mais enfin, Medzibayat, il est bien sympa, mais qu'est-ce qu'il fait en fait ? »
00:31:56Avec son équipe de sécurité, avec ses stewards, avec la police,
00:32:00ils ne sont pas capables de fouiller convenablement,
00:32:02de faire en sorte qu'on ne puisse pas allumer de fumigènes dans le stade.
00:32:05Et moi, maintenant, je suis pénalisé parce que je ne peux pas assister au match de foot de mon équipe,
00:32:09parce que des mecs ont envie d'allumer des fumigènes dans un stade.
00:32:11C'est ça en fait, tout le principe est là.
00:32:15Et je pense qu'il faut qu'à un moment donné, nos ultras aussi soient conscients
00:32:19de la passion qu'ils les animent à travers le fait d'être des ultras
00:32:23et la responsabilité qu'ils portent vis-à-vis des autres aussi.
00:32:26Et à un moment donné, tout ça doit se mettre sur la table et dans les faits,
00:32:30se vérifier et voir exactement comment les choses vont évoluer sur les prochains matchs.
00:32:35Mais en tout cas, et de manière très claire,
00:32:37on n'a pas été hier soir, en tout cas mercredi soir, dans une réunion avec les supporters
00:32:41pour les menacer en leur disant tout de suite, voilà.
00:32:44Non, ils savent très bien, ils ont lu le jugement, ce n'est pas des idiots.
00:32:47Le règlement d'en intérieur est tout à fait valable.
00:32:50Et sur base de ce règlement d'en intérieur, nous pouvons prendre des décisions d'exclusion
00:32:54qui sont beaucoup plus rapides que celles où on doit passer par la loi football
00:33:00ou par la possibilité d'intenter des actions civiles au niveau de la Fédération belge de football.
00:33:05On peut le faire et on sait maintenant comment on doit le faire,
00:33:08puisque la juge nous l'a expliqué.
00:33:10Et nous prendrons les mesures nécessaires qui s'imposent
00:33:13simplement pour faire respecter l'ordre, le bien-être et le bon fonctionnement de nos matchs de football.
00:33:19On ne veut pas être en conflit avec qui que ce soit.
00:33:22On n'est pas là avec une volonté dictatoriale de dire on veut taper sur tout le monde.
00:33:26On veut simplement que la loi soit respectée, que les règles soient respectées,
00:33:30parce que nous sommes responsables de ça et que si de notre côté,
00:33:33nous ne faisons pas ce que nous devons faire, c'est nous qui sommes responsables.
00:33:36Et il y a aussi ce principe de la responsabilité objective des clubs
00:33:41qui sont censés être responsables des actes de leurs supporters.
00:33:43Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ça.
00:33:45Je sais qu'il y a des actions qui sont en cours aujourd'hui, en Belgique d'ailleurs, par d'autres clubs.
00:33:50Et on verra exactement ce qu'il en est.
00:33:52Mais en tout cas, nous essayons de faire du mieux possible pour assumer nos responsabilités.
00:33:56Ce règlement d'ordre intérieur, est-ce que vous allez le revoir pour davantage le muscler pour la saison prochaine ?
00:34:03Oui, très clairement, on va essayer de travailler avec.
00:34:04Encore une fois, l'objectif, de toute manière, on en a parlé aussi avec les supporters,
00:34:08c'est de faire aussi une charte avec eux, une charte de responsabilité de la part de nos supporters
00:34:12qui s'engagent aussi à certaines choses.
00:34:15Et cette charte sera signée avec les clubs de supporters officiellement reconnus par le club.
00:34:19Et puis de l'autre côté, notre règlement d'ordre intérieur sera, je dirais,
00:34:24updaté de manière à pouvoir nous permettre justement d'être encore plus clair
00:34:29et que les supporters comprennent bien quels peuvent être les risques pour eux
00:34:33en cas de non-respect des règles de fonctionnement du club.
00:34:37Le supporter qui est à l'origine de l'arrêt de la rencontre contre Maline, il vous a versé les 65 000 euros ?
00:34:43Non, il a fait appel, il a fait appel de la décision.
00:34:47Et je pense que l'appel était suspensif de ce qui avait lieu de payer.
00:34:53Mais encore une fois aussi, c'est une question de principe pour nous.
00:34:57On veut aller au bout des choses parce qu'on veut démontrer aussi aujourd'hui
00:35:03que la responsabilité d'une personne peut être engagée dans un stade et que tout le monde le comprenne.
00:35:08Parce qu'il doit payer plus de 60 000 euros.
00:35:10On parle de beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent.
00:35:13Ce n'est pas rien.
00:35:14Et donc aujourd'hui, un, j'espère qu'il regrette son geste, vraiment.
00:35:21Mais deuxièmement, il doit servir d'exemple à tous les autres.
00:35:25Parce que ce que je veux que chacun comprenne, c'est qu'aujourd'hui, le club ne se laissera plus faire.
00:35:29On ne va plus payer des amendes comme ça à Touva, à la Proligue, à la Fédération.
00:35:33À partir du moment où on peut identifier les personnes qui sont responsables et nous ferons tout pour le faire,
00:35:38nous les attaquerons parce que ce n'est pas au sporting de Charles Roy ou à sa grande masse d'autres supporters
00:35:44d'assumer les conséquences d'actes de certains.
00:35:47Dernière question sur cette thématique et de manière générale, parce que vous avez évoqué la France.
00:35:52Il y a eu une escalade en France, mais aussi en Belgique.
00:35:57On voit bien qu'en France, il y a même maintenant un règlement qui stipule que si,
00:36:03et je vais être un petit peu vulgaire, je m'en excuse,
00:36:05si les supporters commencent à chanter « On sert, on t'encule »,
00:36:09l'arbitre a l'obligation d'arrêter le match et de faire perdre le club dont les supporters sont à l'origine de ces chants-là.
00:36:18Je pense que le débat n'a pas encore eu lieu en Belgique.
00:36:20Vous, votre position par rapport à ça ?
00:36:23Parce qu'on sait que Charles Roy, vos supporters sont assez coutumiers de chanter « Bruxelles, on t'encule » pour des raisons un peu débiles.
00:36:30Oui, ça chante un peu partout en Belgique.
00:36:33Je dirais moi aussi, quand on voyage avec Charles Roy, on entend très souvent aussi…
00:36:39Il y a pareil du côté de la Flandre, « On est bien d'accord », on est bien d'accord.
00:36:43Voilà, c'est une réalité malheureusement ennuyeuse, c'est dérangeant, c'est gênant.
00:36:53Ça renvoie une image très mauvaise quand même.
00:36:55Ça renvoie une image négative du monde du football de manière générale, ça c'est clair.
00:36:59Parce qu'il y a des tas d'enfants qui sont là dans le stade et des parents qui disent « Ok, moi je viens au stade, ce n'est pas pour entendre ce genre de choses », c'est clair.
00:37:06Mais ça fait partie aussi malheureusement de la réalité du monde du football, ce n'est pas propre qu'à Charles Roy.
00:37:10Je pense qu'il faut à un moment donné être conscient de l'impact de certaines décisions qui doivent être prises au niveau politique
00:37:25pour pouvoir essayer à un moment donné de régler certains problèmes.
00:37:29Aujourd'hui, les clubs n'ont pas les moyens tout seuls de régler le problème.
00:37:31Je vais vous donner un exemple précis pour expliquer pourquoi aujourd'hui je doute de ce genre de décision.
00:37:38À l'époque, on a eu des arrêts de match Charles Roy standard, standard Charles Roy.
00:37:42C'est ça qui a un peu initié les règles qu'on a mises en place aujourd'hui en disant « On va mettre des amendes sévères,
00:37:47on va faire en sorte qu'un match n'est pas arrêté, on le reprend, on ne le reprend pas, on paye 20 000, 25 000, 50 000 euros d'amende. »
00:37:54On pensait que nos supporters allaient être conscients, et quand je dis « nos supporters »,
00:37:59c'est de manière générale dans le monde du foot, qu'ils peuvent nuire à leur équipe.
00:38:03Mais si on peut faire en sorte qu'ils payent 50 ou 100 000 euros d'amende, on va faire ça.
00:38:06Enfin, ce n'est pas bon pour notre club.
00:38:08Et finalement, on s'est rendu compte que non, l'argent, ce n'est pas leur problème.
00:38:13Et puis à un moment donné, il y a eu aussi ce fait de dire « on fait perdre des points, on a perdu un match contre Malines. »
00:38:19Peut-être que ces trois points-là, à cette époque-là, nous auraient permis, on en parle encore aujourd'hui, de peut-être être…
00:38:24D'aller en play-off.
00:38:25D'aller en play-off.
00:38:26Et donc, le fait de dire aujourd'hui, par exemple qu'en France, si on décide de prendre cette décision,
00:38:36je pense que la réflexion derrière, c'est de dire « on va taper là où vraiment l'âme du supporter va dire à un moment donné à l'autre « arrête tes conneries »,
00:38:44parce que là, on perd le match par les points.
00:38:48Mais moi, ça me fait peur.
00:38:49Parce que c'est des mesures qui peuvent tellement impacter la vie d'un club au quotidien.
00:38:54Et on s'est rendu compte à certains moments que certains supporters peuvent dire « on va faire couler le club, on va le tuer, on s'en fout.
00:39:02Qu'on redescende en deuxième, en troisième, en quatrième division, ce n'est pas grave.
00:39:06On reconstruira. Nous, on est là. Nous, peu importe, on soutiendra notre équipe.
00:39:09Mais eux, si on descend, ils ne seront plus là.
00:39:12Et donc, c'est pour ça que je dis qu'il faut toujours faire attention.
00:39:14Et je ne parle pas aujourd'hui uniquement de Charles Roy.
00:39:17Je parle d'un sujet de société globale où il faut faire attention à ne pas donner autant de pouvoir à des supporters de pouvoir décider de la survie d'un club ou pas.
00:39:29De dire « on peut faire perdre un match, on a décidé, on vous emmerde. »
00:39:33Voilà, c'est comme ça.
00:39:34Parce que c'est de cette manière-là qu'il faut regarder la chose.
00:39:36Et donc, je trouve que c'est très dangereux.
00:39:38Et je pense qu'on doit aujourd'hui essayer de trouver, encore une fois, des solutions adéquates avec les supporters.
00:39:48Parce qu'on le veuille ou pas, à un moment donné, c'est des acteurs importants de la vie d'un club.
00:39:51Mais ils doivent comprendre quelle est leur place.
00:39:54Et comme je le dis souvent, le supporter doit supporter, le dirigeant doit diriger.
00:39:58À certains moments, le dirigeant peut faire des erreurs, le supporter peut en faire aussi.
00:40:02Et le tout, c'est d'essayer de rester dans une zone dans laquelle, à un moment donné, ça ne nous explose pas au visage.
00:40:07Et nous pousse, malheureusement, dans des situations que nous avons déjà vécues à Charleroi.
00:40:10Nouvelle thématique concernant le stade.
00:40:12Médhi, on a entendu qu'il y avait des choses qui pourraient évoluer ici dans les semaines qui viennent.
00:40:17Où est-ce que ça en est ?
00:40:18Et finalement, est-ce que vous pouvez aussi un peu revenir sur le projet ?
00:40:21Puisqu'on savait que les coûts avaient fait un petit peu exploser le budget qui n'était plus dans les cordes.
00:40:26Donc, est-ce que vous avez dû revoir le projet à la baisse ?
00:40:28Voilà, quelle est la situation du stade aujourd'hui ?
00:40:31Alors, le stade, évidemment, c'est un projet extrêmement important pour essayer de permettre au club de passer à un palier.
00:40:36Mais en même temps, la volonté était de travailler dans l'état d'esprit de dire,
00:40:42on doit aussi ajouter un plus pour la région de Charleroi.
00:40:46Et c'est pour ça qu'on a travaillé dès le départ en se disant, ce n'est pas un stade de foot,
00:40:49mais c'est une enceinte multifonctionnelle dans laquelle on pourra jouer au foot.
00:40:53Et en même temps, avoir des spectacles et des events qui permettront de drainer du monde.
00:40:58Aussi, d'aller chercher un public beaucoup plus culturel qui pourrait venir à Charleroi.
00:41:05Et surtout, de développer ce projet au niveau de la porte ouest,
00:41:08qui est cette porte de Charleroi où il y a tout à refaire aujourd'hui.
00:41:14On s'inscrit clairement dans un projet de ville.
00:41:17Ce n'est pas qu'un stade de foot, encore une fois, vraiment.
00:41:19Et au moment où on nie ici le projet, il y a des discussions, on choisit le site, on en parle, puis on lance le process.
00:41:27Entre temps, Covid, guerre en Ukraine et ainsi de suite, explosion des prix des matériaux,
00:41:31explosion des taux d'intérêt aussi au niveau des banques.
00:41:36Et donc le projet, le business plan est complètement déstabilisé.
00:41:39Ça ne nous a pas empêché de continuer à travailler et de faire en sorte,
00:41:43un, d'avoir aujourd'hui un permis purgé de recours et deuxièmement,
00:41:47de continuer à travailler maintenant de manière à faire diminuer le prix de construction.
00:41:52On a besoin d'avoir en fait aujourd'hui un prix de construction qui est,
00:41:56je dirais, réaliste et qui correspond à la réalité de ce que le stade peut rapporter,
00:42:02tant au niveau foot qu'au niveau event, pour qu'il soit rentable tout simplement.
00:42:06On a besoin d'avoir évidemment un constructeur qui nous garantit ce prix là.
00:42:10Ça veut dire que si jamais il y a des dépassements budgétaires, c'est lui qui les assume,
00:42:14parce que nous, on est déjà au rikirak de ce qu'on peut faire à notre niveau budgétaire.
00:42:19Et une fois que tous ces différents éléments viennent compléter une espèce de puzzle,
00:42:24on va pouvoir lancer effectivement la première pierre, je dirais, pour la construction du stade.
00:42:32On n'est vraiment pas loin, on est maintenant vraiment au bout du process,
00:42:37et si tout s'enclenche convenablement comme ça doit être le cas,
00:42:41j'espère que d'ici peut-être le mois de septembre, on pourra officiellement poser la première pierre,
00:42:48en sachant que d'une certaine manière, les travaux ont déjà commencé,
00:42:51dans le sens où la SPAC est en train de travailler pour assainir, dépolluer le site,
00:42:55et qu'on travaille d'une certaine manière en parallèle avec eux pour ne pas refaire deux fois le même travail,
00:42:59en tout cas au niveau de l'assainissement qu'ils sont en train de faire.
00:43:02Au niveau du budget justement, on sait que ça va augmenter,
00:43:05mais le budget, les clous, ce serait d'être dans un budget de quoi, de 65 millions, c'est ça ?
00:43:11Au départ, on était sur un budget de 65 millions, on est monté à même plus que 80 à un certain moment,
00:43:16l'objectif c'est d'être entre 70 et 70 de 3 millions maximum.
00:43:20C'est sur ce budget-là, je dirais que la rentabilité est optimum.
00:43:25L'idée était de débuter la saison 2027-2028 dans le nouveau stade,
00:43:29par rapport à ce que vous disiez de peut-être poser les premières pierres en septembre,
00:43:33est-ce que ça reste ça la volonté ou bien c'est un peu trop court ?
00:43:37On est entre 18 mois, je dirais, de grosse oeuvre réellement, plus quelques mois de finition,
00:43:42donc techniquement c'est encore jouable, mais il faut savoir qu'on doit constamment,
00:43:45en fait c'est un dossier qui est constamment sous pression,
00:43:49on ne peut pas se permettre à un moment donné, je dirais, de se dire
00:43:51« Ok, bon, on verra ce qui va se passer ». Non, ce n'est pas possible, on doit le pousser en permanence.
00:43:56Pour pouvoir commencer les travaux en septembre,
00:43:58à quel moment il faudrait que le financement, que vous ayez trouvé une société pour faire le stade,
00:44:03et que le financement, que tout ça soit abouti,
00:44:05parce qu'on imagine forcément que ça ne peut pas être fini au 31 août et démarrer le 1er septembre.
00:44:10J'aime maintenir une pression constante et permanente de manière à faire avancer les choses,
00:44:14donc ça veut dire qu'avant la fin, en fait, avant le début de l'été, je dirais,
00:44:21même pas la fin, avant le début de l'été, il faut que toutes les pièces du puzzle soient là,
00:44:25de manière à avoir un dossier complet qu'on pourra ensuite faire valider
00:44:28par les différentes entités, banques et autres investisseurs qui rentreront avec nous dans le process.
00:44:33Et une fois que ce sera le cas, on pourra envisager, comme je l'ai dit,
00:44:36de commencer réellement les vrais travaux à la rentrée au mois de septembre.
00:44:41Vous parliez de la dépollution, ça en est exactement,
00:44:43puisque forcément il faudra que ce soit ça terminé pour pouvoir commencer.
00:44:46Ça avance très bien. La SPAC fait un excellent travail, vraiment.
00:44:50Depuis le départ, ils ont abattu vraiment un travail exceptionnel,
00:44:57et donc on suit tout simplement leur ligne pour le moment,
00:45:00mais on ne devrait pas avoir trop de problèmes à ce niveau-là non plus.
00:45:02C'est ça, c'est pas de ce côté-là qu'il pourrait y avoir un éventuel retard,
00:45:06c'est plus si le financement n'est pas correct.
00:45:08Non, au moment où on parle aujourd'hui, non.
00:45:09Un mot sur la réforme du championnat Midi-Bayette,
00:45:12le retour à 18 clubs sans play-off, c'est ce que vous souhaitiez ?
00:45:17Absolument pas. J'ai toujours été un grand défenseur des play-offs,
00:45:22et bizarrement, à la Pro League, on m'a demandé à un moment donné
00:45:26de participer à un groupe de travail pour essayer de trouver une solution.
00:45:32Peu importe la réforme, mais de trouver une solution,
00:45:33parce que ça faisait maintenant quelques temps au sein de la Pro League,
00:45:36on essayait, on avait différentes assemblées générales,
00:45:38des réunions, et on n'arrivait pas à tomber d'accord.
00:45:41À chaque fois, à peu de choses près, mais on ne tombait jamais d'accord.
00:45:44Et donc, là, j'ai participé vraiment à cette réunion,
00:45:48et par honnêteté intellectuelle et surtout par, je dirais,
00:45:54un profond respect de la démocratie, j'ai travaillé pour faire en sorte
00:45:58que ce 18 puisse passer, parce qu'il y a eu un vote, un vote démocratique.
00:46:05Mais je suis totalement contre.
00:46:07Bizarrement, je veux dire, il est contre, mais il fait en sorte que ça puisse passer.
00:46:11Oui, parce que c'est ça aussi la responsabilité d'être dirigeant
00:46:15dans le monde dans lequel on vit, quand on prend une responsabilité,
00:46:19ce n'est pas forcément parce qu'on n'est pas d'accord
00:46:21qu'on doit tout faire pour la saboter.
00:46:23Deux tiers des clubs ont voté pour passer à 18,
00:46:26ce qui pour moi est une erreur, et je vais vous expliquer pourquoi.
00:46:28Pour la bonne et simple raison que 1, déjà 18 clubs en première division en Belgique,
00:46:32c'est trop, c'est largement trop.
00:46:3416, c'est déjà compliqué, mais 18, c'est un non-sens total.
00:46:39Deuxièmement, les playoffs, je suis totalement pour,
00:46:41parce que c'est une compétition qui crée une intensité.
00:46:45Avec ou sans la division des points ?
00:46:47Avec la division des points, la totale, le full package,
00:46:49je veux dire, cette compétition, elle est juste exceptionnelle.
00:46:52C'est le slogan de la Pro League, Undescripted Drama, c'est notre slogan.
00:46:58Et c'est ce qui fait que toute l'Europe regarde avec beaucoup d'envie
00:47:04notre compétition en disant « Waouh, c'est fou ! ».
00:47:05Pourquoi personne n'a copié jusqu'ici ?
00:47:08Parce que je crois qu'ils ont peur de cette compétition.
00:47:10Elle est tellement intense, vous vous rendez compte que l'hélicoptère
00:47:14se promène à chaque fois sur les derniers matchs pour savoir qui va être champion.
00:47:18C'est quand même assez hallucinant.
00:47:19Il y a beaucoup de gens qui parlent d'éthique sportive en disant
00:47:22« Oui, mais on a terminé la phase classique, ce n'est pas juste, ce n'est pas correct. »
00:47:27Moi, je trouve que ça nous a permis d'avoir vraiment une intensité exceptionnelle,
00:47:30d'avoir envie de regarder cette compétition jusqu'au dernier moment.
00:47:33Et les play-offs 1 sont vraiment un produit exceptionnel.
00:47:38Les play-offs 2 peuvent être améliorés.
00:47:40Les play-downs, bien qu'on l'ait vécu avec Charles Roy et que ça a été très compliqué,
00:47:43fait en sorte aussi que la phase classique, elle est intense jusqu'au bout.
00:47:47Voilà, ça a le mérite aussi de mettre en avant des matchs qu'on ne regarderait peut-être pas
00:47:51avec Saint-Tron ou HL.
00:47:53Il y a un intérêt aujourd'hui.
00:47:54Clairement.
00:47:55Et on l'a vu d'ailleurs, on le voit dans les audiences, ces matchs-là sont suivis
00:47:59parce qu'il y a cette volonté de savoir qui va être dans les play-downs.
00:48:01Bon, tout ça va nous manquer.
00:48:04Et je suis même persuadé que d'ici quelques années, on fera un rétroacte et qu'on dira
00:48:08« bon, peut-être qu'on va changer », parce que 18, ça va être très ennuyeux.
00:48:12Il faut le reconnaître.
00:48:13On a moins de matchs, ça va donner peut-être certains avantages aux grandes équipes
00:48:18qui jouent des compétitions européennes et qui veulent absolument avoir moins de matchs,
00:48:21que j'ai du mal à comprendre.
00:48:22En Angleterre, ils jouent un match tous les trois jours.
00:48:25Ce n'est pas pour ça que le niveau est mauvais.
00:48:28Et certains grands clubs aujourd'hui en Belgique ont vraiment de sacrés moyens pour pouvoir
00:48:31justement avoir suffisamment de joueurs pour pouvoir être sur toutes les compétitions.
00:48:34On le voit d'ailleurs, on n'a jamais été aussi bons que sur la dernière phase européenne.
00:48:38Mais le problème qu'il y a, c'est que quand le 7e va jouer contre le 9e à la 23e journée
00:48:48de championnat, il n'y aura aucun intérêt.
00:48:50En attendant, c'est la formule qui a été adoptée.
00:48:53C'est une question volontairement provoquante, mais on a l'impression, vu de l'extérieur,
00:49:00que les dirigeants de la Pro League, en tout cas celles et ceux qui votent, sont un peu hors-sol.
00:49:05Vous êtes un dirigeant hors-sol ?
00:49:07Non, parce que le problème qu'on a, c'est qu'aujourd'hui, un des gros soucis,
00:49:12ça a été les play-downs.
00:49:14Il faut comprendre comment fonctionne la Pro League.
00:49:17On a des grandes équipes qui, elles, réfléchissent en grandes équipes.
00:49:22On a des équipes de moyenne taille.
00:49:24Les grandes équipes, on les appelle le G5.
00:49:27Les équipes de moyenne taille, on les appelle le K11.
00:49:30Et puis ensuite, on a les équipes de Challenger Pro League.
00:49:32Et tout ce petit monde vote ensemble.
00:49:35Et chacun va réfléchir, à un moment donné, en fonction de ses intérêts personnels.
00:49:39Et c'est là où c'est dommage.
00:49:40Parce qu'il faut avoir une réflexion, pour moi, beaucoup plus globale.
00:49:43Moi, toutes les fonctions que j'ai occupées au sein de la Pro League ou à la Fédération,
00:49:46quand j'étais président de la Fédération, j'ai toujours, toujours essayé de me positionner
00:49:50au-dessus de la mêlée et de réfléchir de manière globale en se disant
00:49:54« Je dois défendre l'intérêt général, l'intérêt de tout le monde.
00:49:56Il ne faut pas que je réfléchisse de manière égoïste pour mon club
00:49:59ou que j'essaye de faire de l'empathie par rapport à un autre club qui va dire
00:50:01« Moi, je réfléchis de cette manière-là. »
00:50:02Non, on doit être au-dessus de la mêlée.
00:50:05Et aujourd'hui, ce n'est pas tout à fait le cas.
00:50:08Parce qu'il y a des équipes qui, très égoïstement, disent
00:50:10« Non, on veut juste moins de matchs, on veut moins de ci, on veut moins de ça. »
00:50:12Il y a des équipes du K11 qui disent « Nous, on ne veut plus des play-downs. Fini.
00:50:16Trop de stress, c'est trop compliqué à gérer pour nous de se dire
00:50:18qu'est-ce qui va se passer, qu'est-ce qui ne va pas se passer.
00:50:20On veut du calme et de la sérénité.
00:50:22Spectacle, pas spectacle, intensité, pas intensité, on s'en moque.
00:50:25Et puis, il y a des équipes en Challenger Pro League
00:50:27qui voient un peu ça comme une opportunité pour certains
00:50:29de dire « On sera 18, on sera plus safe,
00:50:32ce sera plus facile pour nous de rester en Division 1.
00:50:35Il y aura moins cet ascenseur émotionnel de dire
00:50:37« On descend, on monte » et en sachant les complications économiques
00:50:40qu'il y a avec une équipe qui descend.
00:50:41Et donc, c'est comme ça finalement que ce vote a eu lieu.
00:50:45Et il y a une réalité au niveau spectacle
00:50:48et une réalité en gestion quotidienne.
00:50:51Et c'est pour ça que 18 est passé.
00:50:53Parce que quasiment 8 ou 9 clubs sur 11 du K11 ont dit
00:50:59« On veut de la sérénité, de la tranquillité, plus de play-downs.
00:51:02Donc, on va vers cette formule-là. »
00:51:05Qui ne poussaient pas avant, qui ne pouvaient pas passer avant
00:51:08parce que certains clubs du G5, dont le Gang par exemple,
00:51:11étaient contre, ont toujours été pro-play-off.
00:51:14Et là, le seul club qui a ouvertement dit
00:51:15« Non, moi je suis contre », c'est Gang,
00:51:18qui a dit « On ne vote pas pour ça. »
00:51:20Mais les autres clubs du G5 ont voté pour.
00:51:23Et à partir du moment où il y a une majorité des deux tiers qui est votée,
00:51:28ça s'appelle un vote démocratique, qu'il soit bon ou mauvais.
00:51:31Et comme je l'ai souvent dit, si à un moment donné,
00:51:34on essaye d'imposer à quelqu'un qui vote pour quelque chose,
00:51:40autre chose, parce qu'on pense qu'on veut le faire pour son bien,
00:51:45on rentre dans une dictature.
00:51:47Et ça, ce n'est pas mon modèle de fonctionnement.
00:51:49Donc, je suis totalement contre 18 pour énormément de raisons
00:51:53que je pourrais expliquer pendant des heures et des heures
00:51:56pour dire à quel point est-ce que les play-offs auraient été largement meilleurs.
00:52:00Mais il y a un vote démocratique qui a eu lieu,
00:52:01et il faut l'accepter et l'assumer.
00:52:04Et c'est pour ça que j'ai soutenu Lorine Paré,
00:52:08le management de la Pro League sur la mise en place
00:52:10pour essayer de faire en sorte que ce vote-là puisse être respecté,
00:52:13même si je suis contre.
00:52:14– Georges Louis Boucher, le président des Francs-Borins,
00:52:17je pense que vous avez eu l'occasion en plus d'en discuter ces derniers jours avec lui.
00:52:21Donc, il attaque cette réforme du championnat.
00:52:26Votre regard, est-ce qu'à vous entendre,
00:52:29vous avez plutôt envie qu'il réussisse son pari ou pas ?
00:52:34– Alors, non, parce que ce serait hypocrite de ma part
00:52:37que de dire d'un côté, pour moi, il y a un vote, il y a un vote.
00:52:40Ça, c'est une première chose.
00:52:41Mais il faut bien comprendre aussi la logique de Georges Louis Boucher
00:52:44et des Francs-Borins et de certaines équipes entre les deux.
00:52:47Parce qu'on a parlé de la réforme à 18 en division 1A,
00:52:52on n'a pas parlé de l'impact dans le package par rapport à la Challenger Pro League.
00:52:57Là, qu'est-ce qui se passe ?
00:52:58Certains clubs ont dit, on veut avoir un quota de clubs en deuxième division.
00:53:05C'est là-dessus que Georges Louis Boucher est totalement contre.
00:53:08Et certains autres clubs aussi de Challenger Pro League.
00:53:10C'est le fait de dire que 4 équipes U23 vont être là
00:53:15et quel que soit leur résultat en fin d'année, elles resteront là.
00:53:18Donc, ça veut dire qu'en gros, un Challenger Pro League dans un format à 16,
00:53:22imaginons que les 4 équipes U23 terminent 16, 15, 14 et 13,
00:53:27c'est le 12e et voire le 11e qui descendent.
00:53:33Je peux comprendre effectivement que ça inquiète Georges Louis Boucher.
00:53:41Et étant encore une fois dans une démocratie,
00:53:45c'est tout à fait son droit le plus légitime de défendre l'intérêt de son club
00:53:49s'il pense que ce n'est pas juste.
00:53:51Maintenant, les clubs de 1B ont aussi voté pour ça.
00:53:54Et encore une fois, ce package a été voté de manière globale.
00:53:57Donc, il y a un vote démocratique.
00:53:59Lui estime de l'autre côté que ça enfreint certaines règles
00:54:02au niveau de l'éthique sportive et de la concurrence.
00:54:05Et donc, c'est tout à fait son droit d'aller se défendre par rapport à ça.
00:54:08Et on verra comment est-ce que ce dossier, ou en ce cas, où est-ce qu'il aboutira.
00:54:14Dernière thématique avant le tac au tac.
00:54:17Mehdi, on va aussi revenir un petit peu sur l'agression.
00:54:19Vous avez été victime il y a quelques mois au Van der Waal à Gossely.
00:54:24Tout d'abord, où en est l'enquête ?
00:54:27Alors, je ne sais pas.
00:54:28Pour la bonne et simple raison que la justice fait son travail.
00:54:36Mais je ne suis pas, je ne suis personne lambda comme tout autre.
00:54:43Ça a été évidemment médiatisé, c'est sorti dans la presse.
00:54:46Mais ce n'est pas pour autant que parce que je suis Mehdi Bayat,
00:54:49j'ai une ligne directe avec le parquet ou avec la justice pour savoir ce qu'il en est.
00:54:55Des informations que mon avocat me donne, effectivement, le procès est en cours.
00:55:02Et je reste persuadé que les personnes qui m'ont lâchement agressé
00:55:07seront punies à un moment donné à un autre.
00:55:09Je veux croire en la justice, j'ai envie de croire en la justice.
00:55:13Elle fera son travail, elle fera ce qu'elle a à faire.
00:55:16J'étais quand même, c'est une épreuve vraiment…
00:55:22J'étais triste parce que ça se passe à Charleroi.
00:55:24Et c'est ça en fait qui m'embête plus que tout,
00:55:27parce que j'ai toujours défendu Békéon et Charleroi.
00:55:31Et que quand ça s'est passé, j'ai eu tellement un retour de flamme
00:55:34de gens de l'extérieur, de tout le monde, toute la Belgique du football.
00:55:38Oh Mehdi, c'est triste, Charleroi est une ville peu sûre.
00:55:43Comment est-ce que ça peut se passer en plein après-midi sur le parking d'un hôtel ?
00:55:49En fait, ce qui me gêne le plus dans cette histoire, c'est ça.
00:55:52Cet hôtel, c'est notre partenaire.
00:55:54L'hôtel Vendroval qu'a Charleroi, c'est un hôtel exceptionnel.
00:55:59Tout est fait pour que les gens se sentent bien, pour que ça se passe bien.
00:56:01Ils ne méritent pas que ça se passe là, sur le parking.
00:56:05Pour la ville de Charleroi, la ville de Charleroi ne mérite pas
00:56:08qu'on ait autant de médiatisation autour de ça.
00:56:10Et pour qu'on dise, voilà, Mehdi Bayat s'est fait agresser lâchement.
00:56:16C'était horrible, c'était un acte barbare.
00:56:18Des personnes qui arrivent, cagoulées, armées, à quatre, voilà.
00:56:24Mais c'est ce volet-là, moi, en fait, qui me gêne le plus.
00:56:26Parce que j'aime ma ville, parce que j'aime la ville de Charleroi,
00:56:29parce que je défends la ville de Charleroi,
00:56:32parce que je dis qu'il n'y a pas plus d'insécurité à Charleroi
00:56:34qu'à Bruxelles ou dans d'autres grandes villes européennes.
00:56:37C'est la réalité, c'est comme ça.
00:56:38Et j'espère tout simplement que la justice fera son travail
00:56:42pour qu'on démontre que ça peut se passer,
00:56:45mais qu'au moins on a fait ce qu'il faut pour faire en sorte
00:56:48que ça devienne même un exemple pour d'autres.
00:56:50Et c'est comme ça qu'on réglera le problème de l'injustice.
00:56:54Il y a une certaine forme d'impunité, on le sait, de manière générale,
00:56:57en Europe occidentale, pas qu'en Belgique, c'est pas qu'à Charleroi.
00:57:00Et des agressions, il y en a quasiment tous les jours,
00:57:02à Paris, à Marseille, à Londres.
00:57:05Et donc aujourd'hui, j'espère que nous, de notre côté,
00:57:08en tout cas, c'est un sentiment que j'ai,
00:57:10que la ville de Charleroi prend aujourd'hui des problèmes de sécurité à bras-le-corps.
00:57:13On le voit, j'ai écouté Thomas Dermine, notre nouveau bourgmestre,
00:57:16il a un discours très clair par rapport à ça.
00:57:19Et j'ai écouté aussi le chef de corps, qui a un discours très clair par rapport à ça.
00:57:23Et j'ose espérer que Charleroi devienne de plus en plus une ville sûre,
00:57:29une ville agréable, une ville où on verra nos étudiants,
00:57:32maintenant, nos nombreux étudiants qui vont arriver,
00:57:34se promener entre la ville haute, la ville basse,
00:57:36et que le fait qu'il réoccupe l'espace public
00:57:41fera en sorte que Charleroi deviendra de plus en plus un endroit safe et sûr,
00:57:47où il fera bon habiter.
00:57:49Au-delà de l'aspect carollo, vous avez été quand même la victime sur le moment,
00:57:53comment est-ce qu'on se remet de ça psychologiquement ?
00:57:55Parce qu'on sait que vous êtes parfois, on l'a dit,
00:57:56parfois ciblé par des champs, par ce genre de choses,
00:57:59mais là, c'est forcément très différent.
00:58:01Voilà, comment est-ce qu'on se remet d'un tel épisode ?
00:58:05Il faut être fort dans la tête, c'est tout.
00:58:06Je pense que peut-être le degré de pression que j'ai vécu,
00:58:11ou que je vis encore, depuis plus de 23 ans dans le foot,
00:58:15me permet d'avoir une certaine forme de résilience,
00:58:18encore une fois, à toute épreuve.
00:58:20Et bon voilà, il faut être fort, il faut être fort dans la tête.
00:58:26L'impact le plus compliqué, ça a été pour ma famille.
00:58:29Encore une fois, quand j'ai eu une fracture au pied,
00:58:33j'ai été blessé au visage, j'ai eu des points de suture au visage.
00:58:37Quand on rentre à la maison et que ma femme me voit comme ça,
00:58:39ou que mes enfants me voient comme ça,
00:58:42c'est difficile à expliquer à mes filles qui ont 12 et 10 ans.
00:58:46C'est compliqué de leur expliquer ce qui s'est passé.
00:58:48Mais il faut trouver les mots, il faut trouver aussi,
00:58:50encore une fois, cette forme de responsabilité parentale,
00:58:53de devoir expliquer, malheureusement,
00:58:54des choses qu'on n'a pas envie de vivre,
00:58:56et des choses qui ne devraient pas exister dans notre société.
00:59:00Vous avez encore eu une appréhension par rapport à ça,
00:59:02parce que forcément, vous l'avez dit,
00:59:03l'hôtel Van der Waal est un endroit où vous allez régulièrement,
00:59:05mais que ce soit là ou ailleurs,
00:59:06est-ce qu'il y a parfois eu des moments où vous étiez pas posé,
00:59:11enfin où vous ne seriez pas posé il y a quelques mois ?
00:59:13Non, mais très clairement, à un moment donné,
00:59:18une certaine forme de paranoïa se met en place.
00:59:20Mais je ne joue pas avec ma sécurité.
00:59:25En fait, quand on vit une expérience comme celle-là,
00:59:28aujourd'hui, je fais le nécessaire
00:59:31pour que ce genre de choses ne puissent pas se passer.
00:59:34Que ce soit moi-même avec ma vigilance,
00:59:37ou par rapport au fait d'être accompagné
00:59:40par des sociétés de sécurité, bon voilà, c'est un métier.
00:59:42Et aujourd'hui, quand on est un personnage public comme moi,
00:59:45il faut faire attention à ça, c'est ma responsabilité aussi,
00:59:48de faire en sorte, évidemment,
00:59:50que ce genre de choses ne puissent plus se passer.
00:59:52Et le nécessaire a été fait, voilà.
00:59:54Midi, peut-être la partie la plus difficile de cette interview.
00:59:57On va vous demander des réponses en 10, 15 secondes.
01:00:01C'est un véritable défi.
01:00:03Quelques questions tac au tac.
01:00:06Votre meilleur souvenir au Sporting de Charleroi,
01:00:08parce qu'on a beaucoup évoqué les problématiques, les supporters.
01:00:12Il y a des super souvenirs.
01:00:15C'était à peu près à 10 ans,
01:00:17notre première qualification pour les Play-offs 1.
01:00:19C'était un moment magique,
01:00:20parce que j'avais tous mes amis d'enfance,
01:00:23de Cannes qui étaient là,
01:00:24qui étaient venus pouvoir m'accompagner pour ce moment,
01:00:26où on était là, dans l'excitation.
01:00:28C'était l'équivalent d'un trophée pour nous.
01:00:30On arrivait de tellement loin.
01:00:33Et cette première qualification en Play-offs 1,
01:00:35où j'avais vu la joie,
01:00:37la...
01:00:40cette passion qui était là dans les yeux de tout le monde.
01:00:43J'en avais pleuré d'ailleurs.
01:00:44J'en avais pleuré.
01:00:4522 secondes, André, vous avez déjà raté.
01:00:48Votre plus grand regret ?
01:00:51Oh, je pense qu'il y en a...
01:00:53Il y en a tellement.
01:00:58Parce que je veux dire, je suis quelqu'un qui me remet en question en permanence.
01:01:01Donc je me dis souvent, on aurait peut-être pas dû faire ça de cette manière-là.
01:01:04J'aurais peut-être pas dû faire ça de cette manière-là.
01:01:06Mais là, vraiment, au tac au tac et en 10 secondes,
01:01:08je n'ai rien de particulier qui me vient en tête comme ça.
01:01:11Je vais peut-être vous aider.
01:01:12Cette fameuse 30e journée de championnat,
01:01:15ce Charleroi-Courtret qu'on n'a jamais disputé.
01:01:17Vous avez dit tout à l'heure,
01:01:19qu'est-ce qui s'est passé entre la meilleure saison de Karim Balhossine,
01:01:22et puis cette deuxième saison qui est tout à fait catastrophique.
01:01:25Si cette 30e journée est jouée,
01:01:27peut-être que Charleroi ne doit pas passer par les tours préliminaires
01:01:30et être directement qualifié pour la phase de poule.
01:01:33Ça vous trotte encore dans la tête ?
01:01:35C'est cette décision un peu surréaliste.
01:01:38On savait jouer la finale de la Coupe de Belgique,
01:01:40mais la 30e journée, ça, on ne savait pas la jouer.
01:01:41Non, ça m'a vraiment frustré.
01:01:42Parce qu'en plus, moi, j'ai écrit à tous les clubs
01:01:44en disant qu'on était en train de faire une énorme erreur
01:01:46et qu'il fallait absolument continuer,
01:01:47en tout cas aller au bout de la phase classique.
01:01:50Bon, voilà, je n'ai pas été suivi à l'époque.
01:01:53Oui, effectivement, ça peut être un regret.
01:01:54Et un deuxième vraiment mauvais souvenir, maintenant qu'on en parle,
01:01:57c'est vrai parce que je l'ai vécu et j'ai cette image live en tête,
01:02:00c'est notre match à Gans,
01:02:03où on est à la fin du match à Gans l'année passée,
01:02:06où on fait des play-downs,
01:02:08et qu'on regarde tous ensemble à la télé la dernière phase,
01:02:11dans les dernières secondes des arrêts de jeu du match entre Maline et Louvain,
01:02:16et où on voit Louvain aller marquer ce but qui nous pousse en play-down.
01:02:23C'est vrai que c'est aussi quand même un moment assez particulier.
01:02:25Oui, non, en septembre 2012, si c'était à refaire, vous le refaites.
01:02:30Oui.
01:02:31Et Mehdi, toujours à Charleroi en 2030 ?
01:02:34Oui, je reste encore jeune, j'ai que 46 ans.
01:02:38Je suis peut-être, non, je ne suis pas peut-être,
01:02:40je suis le dirigeant en Belgique à 46 ans,
01:02:45qui est le plus en activité dans un club aujourd'hui.
01:02:48Mehdi Bayat, un tout grand merci.
01:02:50Benjamin Elson également, journaliste qui suit au quotidien le sporting de Charleroi.
01:02:55Pour Sudinfo pour le soir, merci encore une fois, Mehdi.
01:02:58Merci à vous.