Mercredi 26 mars 2025, retrouvez Henri Wallard (Auteur du livre "Mensonge d'État : Imposture écologique"), Léo Deniau (Coordinateur du plaidoyer international, AIDES) et Thomas Samuel (Fondateur, Moon) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.
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00:00Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue. C'est Smart Impact, l'émission de la transformation environnementale et sociétale de notre économie.
00:14Et voici le sommaire. Mon invité, c'est Henri Wallach qui publie « Mensonges d'État, impostures écologiques » aux éditions Fayard,
00:21une charge contre les errements des politiques publiques en matière de transition écologique.
00:26Le débat de ce Smart Impact, il portera sur le détournement des taxes solidaires, sur les transactions financières ou les billets d'avion.
00:33Vont-elles toujours permettre de financer l'aide au développement, la lutte contre le sida ou la pauvreté si elles sont intégrées au budget de l'État ?
00:40Réponse tout à l'heure. Et puis dans notre rubrique « Start-up », je vous présenterai Moon et ses solutions énergétiques innovantes destinées à développer
00:48les villages ruraux en Afrique mais aussi des villages reculés en France. Voilà pour les titres. C'est parti, c'est Smart Impact.
00:55Générique
01:01L'invité de Smart Impact, c'est Henri Wallach. Bonjour.
01:05Bonjour.
01:05Bienvenue. Vous publiez « Mensonges d'État, impostures écologiques ». C'est aux éditions Fayard. Le livre sort ces jours-ci. Pourquoi ce titre ?
01:14Quelle mensonge ? Quelle imposture ? De quoi on parle ?
01:16Alors la transition écologique et la transition énergétique sont affichées comme la grande priorité politique.
01:23Le combat du siècle guidé par la science. Et que voient nos concitoyens dans les décisions stratégiques des hésitations, des évolutions, des changements majeurs ?
01:33En 2018, il faut fermer 14 réacteurs nucléaires. En 2022, il faut en construire 14. Entre-temps, on ferme Fessenheim.
01:41Et dans la vie quotidienne, c'est un florilège de mesures bureaucratiques, courtelinesques, qui sont pour certaines très très pénalisantes pour nos concitoyens.
01:50Donc la perception est inévitablement celle d'un décalage, d'un mensonge et d'une imposture. D'où le titre.
01:56Les symptômes les plus frappants de ce moment, parce que c'est une question de cap d'une certaine façon, pour vous c'est quoi ?
02:02Alors je crois que ce sont des symptômes déjà d'errance, c'est-à-dire que d'instabilité des mesures.
02:08Je viens de l'évoquer à propos du nucléaire, mais on aurait pu le dire sur l'éolien, on aurait pu le dire sur le solaire.
02:13Il y a des changements de cap qui sont assez déroutants.
02:15Ce n'est pas lié au changement de majorité politique ?
02:17Alors ça pourrait, la primauté dans ce livre, je garde évidemment la primauté aux politiques, et je n'appelle en aucun cas un gouvernement des experts.
02:27Bien au contraire, puisque je souhaite qu'on s'appuie davantage sur le Parlement, qui fait un travail remarquable.
02:33Et je crois que c'est lié à un mode de travail qui est dans l'urgence et dans l'effet d'annonce,
02:39avec des caminées ministérielles et des ministres qui sont déconnectés des réalités scientifiques et techniques,
02:45mais qui sont en fait aussi déconnectés de la société.
02:47Et ça aggrave le fossé entre les citoyens et les politiques publiques.
02:51On va prendre quelques exemples.
02:53Mais là, on vient, il y a quelques jours, voir le gouvernement qui présentait son plan national d'adaptation au changement climatique
02:59qui se prépare à un scénario éventuel de plus 4 degrés à la fin du siècle.
03:03Là, on est dans l'anticipation quand même.
03:05Oui, on est dans l'anticipation.
03:07Mais alors après, il y a une question de stabilité des priorités et puis de pilotage.
03:13La stabilité des priorités, c'est important.
03:15C'est quand même très difficile, ne serait-ce que pour la filière nucléaire,
03:19d'être passé d'arrêt de construction et d'écroissance à recroissance.
03:23D'ailleurs, si je prends cet exemple du nucléaire, on a aujourd'hui une situation avec trois phénomènes majeurs,
03:29une bonne nouvelle, un sujet d'inquiétude et un scoop.
03:33Alors la bonne nouvelle, c'est quoi ?
03:34La bonne nouvelle, c'est la remontée de la production des réacteurs nucléaires.
03:38Rappelez-vous, en 2022...
03:40On n'a pas eu de chance. Au moment où il y a la crise ukrainienne, nos réacteurs sont en maintenance.
03:44Et en 2022, il y avait même une certaine inquiétude, on craignait des coupures de courant, rappelez-vous.
03:49Donc ça, c'est une bonne nouvelle.
03:50L'accroissement de la production électronucléaire entre 2022 et 2024, le seul accroissement,
03:56il est plus grand que toute la production d'éolien et de solaire de 2024.
04:02Donc le seul accroissement, donc c'est massif.
04:04Ça, c'est la bonne nouvelle.
04:05Le sujet d'inquiétude, c'est la construction des futurs réacteurs qui a été annoncé.
04:09Alors les EPR2, c'est combien d'ailleurs ?
04:14C'est 6 avec une option pour 8 supplémentaires.
04:16Et alors pourquoi vous dites inquiétude ?
04:18Inquiétude parce qu'en fait, autant on a continué d'exploiter les réacteurs continuellement
04:22et on a gardé l'expertise, autant pour la construction, on a perdu la main.
04:26À cause du changement de politique.
04:28À cause du fait qu'on n'a pas construit de réacteurs pendant 20 ans.
04:31Donc on n'a plus les talents ?
04:33La filière n'est plus organisée pour.
04:35EDF a dû se restructurer, etc.
04:37Et d'ailleurs, pour moi, ce n'est pas une surprise.
04:39Il a été annoncé que le délai initial du premier réacteur EPR2 qui est à Penly
04:43passe de 2035 à 2038.
04:46Ça peut dérouter, mais ce n'est pas un drame en réalité, surtout que c'est une tête de série.
04:50Alors le scoop, il est tout récent.
04:53Pour moi, c'est dans un comité de politique nucléaire qui a eu lieu le 17 mars,
04:58donc qui est tout récent.
05:00Il y a un certain nombre de décisions qui ont été annoncées.
05:02Et l'une d'elles, c'est la relance d'une filière industrielle de réacteurs à neutrons rapides.
05:07C'est quoi ça ?
05:09Le mot industriel est important et les réacteurs à neutrons rapides.
05:12Les réacteurs à neutrons rapides, il faut se rappeler ce que j'appelle souvent le fantôme oublié de Superphénix.
05:17Dans le début du programme, il y avait une complémentarité entre les réacteurs d'aujourd'hui,
05:23les réacteurs à eau, sous pression,
05:25et puis des réacteurs dits réacteurs à neutrons rapides qui ont, sans entrer dans la technique,
05:29la propriété d'être capables d'utiliser beaucoup plus la matière nucléaire
05:33et de recycler, d'utiliser l'uranium approuvri,
05:36quand on a une grande quantité sur notre territoire.
05:39Et en fait, ce réacteur avait une raison d'être.
05:42Pourquoi on l'avait abandonné ?
05:43Pour des raisons politiques.
05:44En 1997, il y a l'élection législative et un gouvernement,
05:49le gouvernement avec Lionel Jospin et Dominique Waney qui décide d'arrêter Superphénix,
05:53qui était un réacteur très contesté et hautement symbolique.
05:56Du coup, Chirac, Sarkozy et Hollande prennent un programme alternatif
06:05qui est un programme de développement d'un réacteur de démonstration,
06:08mais dans la même technologie, qui s'appelait Astrid.
06:102019, là aussi, ce réacteur n'est pas construit.
06:13Et les Japonais, qui étaient nos partenaires, se retrouvent tout seuls.
06:16Et qu'est-ce qui s'est passé cette semaine ?
06:18Il a été annoncé la relance d'un programme de construction futur,
06:22ça va prendre du temps, de ces réacteurs à neutrons rapides,
06:24qui complètent en fait les réacteurs d'aujourd'hui.
06:26Donc là, c'est à quel horizon ?
06:27Alors, on parle d'horizon d'un prototype probablement autour de 2050,
06:31mais une vingtaine d'années pour préparer un réacteur,
06:33ce n'est pas surprenant.
06:34Ce qu'il faut voir, c'est qu'on n'est pas les seuls.
06:36On n'est pas le seul dans le nucléaire en général,
06:38ni dans cette technologie des rapides,
06:40puisqu'en fait, les Japonais, les Russes et les Chinois ont des programmes de cette nature.
06:45Alors, je voudrais qu'on prenne d'autres exemples,
06:47même si le fait d'avoir de l'électricité de source nucléaire,
06:52ça nous permet d'avoir un bilan carbone qui est quand même bien meilleur
06:54par rapport à d'autres pays européens,
06:56mais des exemples qui sont un peu plus proches du quotidien des Français.
06:58Par exemple, qui illustre un peu ce que vous dénoncez,
07:01c'est-à-dire une forme de bureaucratie écologiste un peu déconnectée.
07:07Le leasing social, par exemple, pour acheter des voitures électriques,
07:10très bonne idée sur le papier.
07:11On s'est rendu compte que finalement,
07:13moi l'impression que j'ai eue,
07:14c'est le gouvernement dépassé par le succès du leasing social.
07:17Est-ce que c'est votre analyse aussi ?
07:19Alors, c'est tout à fait ce qui s'est passé.
07:20C'est d'ailleurs le début du livre.
07:21Il y a un personnage concret qui s'appelle Jobic
07:24qui est très, très, très en colère au début du livre.
07:26Parce qu'en 2022, il entend l'annonce de cette mesure
07:29pendant la campagne des présidentielles
07:31qui est faite par le président de la République en personne.
07:33Là, on est en 2022.
07:35Le 14 décembre 2023, la mesure est annoncée.
07:37C'est le président de la République, d'ailleurs lui-même, qui fait une vidéo
07:40qui dit voilà, cette mesure va être mise en place.
07:42Elle démarre au 1er janvier 2024.
07:44Alors, en quoi consistait cette mesure ?
07:46Ça permettait à des foyers modestes
07:48d'acquérir un véhicule électrique
07:50avec un loyer mensuel de moins de 100 euros par mois.
07:53Voilà, ça c'est une très, très bonne mesure.
07:55Effectivement, il y a eu beaucoup de demandes.
07:58Et ça coûtait trop cher au budget de l'État au bout d'un moment.
08:01Ça coûtait trop cher.
08:02Alors ça, c'est une question d'appréciation.
08:04Mais au bout de six semaines, la mesure a été arrêtée.
08:06En tout cas, la ligne budgétaire a été mangée très vite.
08:08Au bout de six semaines, la mesure est arrêtée.
08:09Alors ça, c'est le genre de chose qui est désespérant
08:11pour nos concitoyens, je dirais.
08:13Est-ce qu'on peut avoir des politiques publiques
08:15où on a des mesures qui sont lancées
08:17sans études de marché, sans études préalables ?
08:20On est dépassé par le succès
08:22parce qu'on n'a pas étudié sérieusement le dossier.
08:24Et on dit aux concitoyens,
08:26écoutez, les mesures, c'est comme au supermarché avec les sols,
08:28il n'y en aura pas pour tout le monde.
08:29Ce n'est pas possible.
08:30Il fallait aller plus vite, quoi.
08:31Mais elle n'est pas abandonnée.
08:33Le leasing social,
08:35même si en ces temps de budget difficile à boucler,
08:38il est peut-être moins ambitieux que prévu,
08:40mais il y a encore un dispositif.
08:42Alors, il y a un dispositif qui réapparaît,
08:45qui redisparaît.
08:46C'est vrai que l'année n'a pas été facile
08:48avec la dissolution,
08:49avec le budget 2025 qui a été particulièrement laborieux.
08:52Mais nos concitoyens doivent s'approprier des mesures.
08:56On ne peut pas leur dire,
08:57c'est comme ci, puis après c'est comme ça.
08:59Et d'ailleurs, on a un exemple encore plus sévère,
09:01si j'ose dire, dans la rénovation énergétique.
09:03Ma prime Rénov'.
09:04Ma prime Rénov'.
09:05Mais elle a été, là aussi,
09:06alors c'était effectivement très compliqué au début,
09:08elle a été simplifiée,
09:09pas suffisamment simplifiée pour vous ?
09:11Écoutez, si vous écoutez les professionnels
09:13et les citoyens,
09:14ils sont désespérés.
09:15Les professionnels, par exemple,
09:17il faut être une entreprise habilitée,
09:19ayant reçu un agrément pour faire ça.
09:21Il n'y en a plus que 60 000.
09:23Il y en a moins qu'en 2022,
09:24alors qu'on voudrait faire davantage.
09:26Les citoyens,
09:27il y a un groupe Facebook Ma prime Rénov'.
09:29Ils sont, je crois,
09:30d'une trentaine de milliers,
09:31entre 25 et 30 000.
09:32Ils racontent leurs galères.
09:33Il y a beaucoup de gens,
09:34même la défenseuse des droits s'en est émue.
09:37Il y a des gens qui sont dans une situation de précarité avec ça
09:40parce qu'ils essayent de lancer des travaux,
09:42ils n'arrivent pas à se faire rembourser.
09:44Et puis il y a aussi,
09:45il est vrai,
09:46un sujet de fraude.
09:47Encore une fois,
09:48ce sont des mesures qui ont été changées tous les ans.
09:50Même en 2024,
09:51ça a changé entre avant et après le 15 mai.
09:53Il faut des mesures stables,
09:55peut-être moins de mesures.
09:56On fera des économies mieux préparées,
09:58mais que les citoyens puissent s'y retrouver.
10:00Et alors, sur qui,
10:01si on essaye d'esquisser des solutions,
10:03vous dites,
10:04il faut s'appuyer sur les parlementaires.
10:06Pourquoi ?
10:07Alors,
10:08j'ai dit ça après un long travail d'enquête.
10:10Il y a deux ans d'enquête,
10:12en fait,
10:13dans ce livre,
10:14à la fois sur des décisions stratégiques
10:16et sur des décisions de la vie quotidienne.
10:18Les cabinets ministériels travaillent
10:20dans beaucoup,
10:21beaucoup d'agitation
10:22et parfois,
10:23malheureusement,
10:24totalement déconnectés,
10:25à la fois de la science et de la technique
10:27et de la société.
10:28Et je voudrais prendre la défense de deux organisations
10:30qui ont souvent été critiquées.
10:32Rapidement,
10:33il nous reste moins de minutes.
10:34Les parlementaires
10:35et les administrations.
10:36Les administrations,
10:37bien guidées,
10:38font un travail remarquable
10:39et les parlementaires,
10:40dans leur commission d'enquête
10:41ou avec l'office parlementaire
10:42d'évaluation des choix scientifiques et technologiques,
10:44ont une méthode,
10:45prennent le temps
10:46d'étudier les dossiers
10:47et font des recommandations
10:48qui méritent d'être suivies.
10:49D'ailleurs,
10:50la relance des réacteurs à neutrons rapides
10:52est une des recommandations
10:53qui avait été faite plusieurs fois par le Sénat.
10:55Merci beaucoup,
10:56Henri.
10:57Voilà,
10:58votre livre
10:59« Mensonges d'État,
11:00impostures écologiques »
11:01est donc publié
11:02chez Fayet.
11:03On passe tout de suite
11:04à notre débat
11:05sur les taxes
11:06de solidarité internationale
11:07en question.
11:14Le débat
11:15de ce Smart Impact,
11:16on parle des taxes
11:17de solidarité internationale
11:18et de leur détournement
11:19avec Léo Degnaud.
11:20Bonjour.
11:21Bonjour.
11:22Bienvenue.
11:23Vous êtes coordinateur
11:24du plaidoyer international
11:25chez AIDE
11:26et Mike Urgian,
11:27bonjour.
11:28Bonjour.
11:29Bienvenue à vous aussi,
11:30responsable du plaidoyer
11:31chez World Bank.
11:32Vous êtes responsable
11:33du plaidoyer
11:34chez One France.
11:35Allez, AIDE,
11:36en quelques mots,
11:37tout le monde connaît,
11:38mais quand même,
11:39rappelez-nous de quoi
11:40vous vous occupez.
11:41AIDE,
11:42c'est la première association
11:43de lutte contre le sida
11:44et les hépatites virales
11:45en Europe et en France,
11:46en France et en Europe.
11:47C'est une association de terrain.
11:48On est sur une soixantaine
11:49de lieux de mobilisation
11:50en France
11:51et le but de AIDE
11:52c'est d'agir avec
11:53et auprès des populations
11:54les plus concernées
11:55par l'épidémie.
11:56Et One,
11:57c'est une ONG internationale,
11:58c'est ça ?
11:59C'est ça,
12:00c'est une campagne
12:01de plaidoyer.
12:02Donc nous,
12:03on n'est pas vraiment
12:04sur le terrain,
12:05mais l'idée,
12:06c'est de sensibiliser
12:07un peu les décideurs,
12:08les journalistes
12:09et l'opinion publique
12:10à la nécessité
12:11de lutter contre
12:12l'extrême pauvreté
12:13en Afrique
12:14et les maladies évitables.
12:15D'accord.
12:16Et ce qui vous réunit,
12:17vous menez un combat commun
12:18autour des taxes
12:19de solidarité internationale.
12:20De quoi on parle déjà ?
12:21Oui, alors déjà,
12:22peut-être rapidement,
12:23la solidarité internationale,
12:24c'est quoi ?
12:25C'est une politique
12:26qui est née de la seconde
12:27guerre mondiale.
12:28C'est l'idée
12:29d'un pays propre
12:30et que du coup,
12:31on va avoir
12:32des transferts financiers
12:33un peu entre les pays riches
12:34et les pays pauvres.
12:35On s'est rendu compte
12:36assez rapidement
12:37qu'en fait,
12:38les besoins étaient énormes
12:39et que les crédits budgétaires
12:40d'un état
12:41ou même d'un ensemble
12:42de plusieurs états
12:43ne seraient pas suffisants.
12:44Et donc est née
12:45cette idée
12:46d'avoir des taxes solidaires,
12:47c'est-à-dire
12:48des financements
12:49un peu pérennes,
12:50plus abondants
12:51et prévisibles
12:52qui puissent aller
12:53soutenir les pays
12:54en développement.
12:55Vraiment,
12:56l'idée de base,
12:57au départ,
12:58c'est d'aller taxer
12:59les bénéficiaires
13:00de la mondialisation
13:01pour soutenir ceux
13:02qui n'en bénéficient pas.
13:03Et c'est pour ça
13:04que les deux taxes
13:05qui ont été créées
13:06par Jacques Chirac
13:07et Nicolas Sarkozy,
13:08c'est une taxe
13:09sur les billets d'avion.
13:10Donc dès que vous achetez
13:11un billet d'avion
13:12au départ de la France,
13:13il y a une petite partie
13:14qui va à la solidarité internationale
13:15et une taxe
13:16sur les transactions financières.
13:17On va y revenir en détail
13:18mais si on prend la taxe
13:19sur les billets d'avion,
13:20par exemple,
13:21à quoi elle sert ?
13:22Où est-ce que l'argent
13:23est fléché pour l'instant ?
13:28Le problème qu'on a
13:29dans la situation actuelle,
13:30c'est qu'on avait une situation
13:31où une partie de la recette
13:32de ces deux taxes
13:33bénéficiait directement
13:34à la solidarité internationale
13:35et surtout à la santé,
13:36au climat, à l'éducation.
13:37Donc ça permettait directement
13:38à ce que des personnes
13:39aient accès
13:40à des antirétroviraux
13:41dans les pays des Sud.
13:42Il y a eu une décision
13:43qui, du coup,
13:44ne flèche plus
13:45les recettes de ces taxes-là
13:46vers la solidarité.
13:47C'est un peu
13:48comme la sécurité sociale.
13:49La sécurité sociale,
13:50on l'a séparée
13:51du budget de l'État
13:52parce qu'on voulait protéger
13:53les principes de santé publique
13:54C'est pareil avec
13:55la solidarité internationale
13:56et ces deux taxes-là.
13:57Ça permettait
13:58de les sanctuariser.
13:59Et donc là,
14:00depuis le budget 2025,
14:01elles sont réintégrées
14:02dans le pot commun
14:03du budget de l'État.
14:04C'est ça.
14:05J'emploie des mots
14:06un peu simplistes
14:07mais c'est ça l'idée.
14:08C'est tout à fait ça.
14:09Elles ont été budgétisées
14:10et leur lien avec
14:11ce pour quoi
14:12elles ont été créées
14:13n'existe plus aujourd'hui.
14:14Et nous, c'est une décision
14:15qui nous inquiète
14:16et la ministre chargée
14:17des Comptes publics,
14:18Amélie de Montchalin,
14:19la décision qu'elle a prise
14:20avec cette budgétisation,
14:21pour nous, ça revient
14:22à abandonner les malades.
14:23Alors, sauf s'il y a
14:24des crédits qui ne baissent pas
14:25mais sauf qu'il n'y a plus
14:26la garantie
14:27que ces crédits existeront.
14:28C'est ça votre combat.
14:29C'est ça.
14:30Et dans le budget 2025,
14:31on a une coupe
14:32de 2 milliards d'euros
14:33sur l'aide publique au développement.
14:34C'est énorme.
14:35Oui mais en même temps,
14:36il y a des coupes partout
14:37dans le budget 2025
14:38parce qu'il faut faire
14:39des économies.
14:40Vous avez raison
14:41mais en fait,
14:42le budget de la solidarité internationale
14:43a été impacté
14:44de manière beaucoup plus importante
14:45que les autres lignes budgétaires.
14:46Vraiment disproportionnée.
14:48D'accord.
14:49Et donc ça,
14:50c'est un vrai problème
14:51parce que c'est des lignes budgétaires
14:52et peut-être qu'on ne se rend pas compte
14:53mais derrière les lignes budgétaires,
14:54il y a des vies humaines.
14:55Comme l'a dit Léo,
14:56il y a des traitements
14:57contre le VIH SIDA,
14:58il y a des traitements
14:59contre le paludisme,
15:00la tuberculose.
15:01Et juste pour vous donner une idée,
15:02là, on voit aux Etats-Unis
15:04qu'il y a eu des coupes massives
15:06sur ce budget-là.
15:07Depuis le 20 janvier,
15:08déjà 15.
15:09Oui.
15:101000 personnes sont mortes.
15:11Oui.
15:12Effectivement.
15:13Et on va en parler
15:14de ce qui se passe aux Etats-Unis
15:17pour dénoncer ce détournement.
15:21Je ne rajoute rien
15:22parce qu'elle parle d'elle-même.
15:23On regarde.
15:43Il y en a une aussi
15:44avec des pompiers
15:45qui arrivent sur un feu de forêt
15:46et qui arrosent à côté
15:47et qui font pousser les fleurs.
15:50Cette campagne,
15:51elle s'adresse au grand public.
15:53Comment vous essayez
15:54d'infléchir finalement ?
15:56Alors, ça va être
15:57pour le budget suivant,
15:58j'imagine,
15:59mais d'infléchir la position
16:00du gouvernement.
16:01Alors juste,
16:02la campagne,
16:03vous voyez bien,
16:04l'idée, c'est de démontrer
16:05l'absurde.
16:06On a créé ces taxes
16:07et en fait,
16:08on a un discours
16:09du président Chirac,
16:10on a un discours
16:11du président Sarkozy
16:12qui disent bien
16:13que ces taxes,
16:14on les met en oeuvre
16:15et qu'on les a re-budgétisés.
16:16C'est pour ça que vous parlez
16:17de détournement aujourd'hui.
16:18Exactement, c'est ça.
16:19Et donc, cette campagne,
16:20elle s'adresse bien sûr
16:21au grand public
16:22mais aussi au gouvernement.
16:23L'idée, c'est bien sûr
16:24qu'on parle de ces thématiques
16:25parce que parfois,
16:26il y a beaucoup de choses
16:27dans l'actualité en ce moment.
16:28On se perd un peu
16:29dans ce qui se passe.
16:30Il y a une pétition par exemple ?
16:31On peut signer ?
16:32Il n'y a pas de pétition.
16:33L'idée, c'est vraiment
16:34de pouvoir interpeller
16:35les différents ministres,
16:36notamment M. Barrault
16:37qui est le ministre
16:38des Affaires étrangères
16:40directement sur les réseaux sociaux.
16:43Parce que l'idée,
16:44c'est qu'eux,
16:45ils voient cette campagne,
16:46qu'ils comprennent un peu
16:47la surdité de leur décision
16:48et surtout,
16:49la responsabilité
16:50qu'ils vont avoir
16:51dans les conséquences
16:52qu'on va avoir sur le terrain.
16:53C'est très important.
16:54Et c'est d'autant plus important
16:55qu'il y a évidemment
16:57les décisions prises
16:58par l'administration Trump,
17:00notamment avec
17:01les coupes budgétaires massives
17:03réalisées dans USAID
17:05qui est un programme
17:07qui essaime partout
17:09sur la planète.
17:10Sur le sida,
17:11pour les malades du sida,
17:13quelles conséquences
17:14concrètes ça a déjà aujourd'hui ?
17:16C'est des conséquences
17:17désastreuses.
17:18Pour être très clair,
17:19c'est la première fois
17:20dans l'histoire de la maladie
17:21qu'on est face
17:22à une potentialité
17:23de reprise épidémique.
17:24On ne l'a jamais vue
17:25depuis les pics
17:26des années 90
17:27et du début des années 2000.
17:28Concrètement,
17:29comme Maël disait,
17:30c'est des morts
17:31qui sont déjà comptabilisables
17:32sur le terrain.
17:33Donc c'est PEPFAR,
17:34l'organe bilatéral
17:35des Etats-Unis
17:36pour la lutte
17:37contre le VIH sida
17:38qui a été partiellement
17:39interrompu,
17:40très majoritairement interrompu
17:41et c'est 58%
17:42de la réponse internationale
17:43qui est coupée d'un coup
17:44comme ça.
17:45La réponse internationale,
17:46c'est du budget
17:47proposé par les pays
17:48les plus riches
17:49pour aider les pays
17:50les plus pauvres
17:51face au sida.
17:52Exactement.
17:53Les Etats-Unis,
17:54dans la lutte contre le sida,
17:55c'est 80%
17:56des financements.
17:57C'est énorme.
17:58Et c'est surtout
17:59beaucoup de traitements.
18:00Donc là,
18:01il y a des ruptures
18:02de traitements.
18:03Nous, dans notre réseau,
18:04le réseau de Coalition Plus,
18:05c'est 25%
18:06des traitements
18:07qui sont suspendus.
18:08Au Cap Vert,
18:09c'est 25%
18:10des activités
18:11de prise en charge
18:12des personnes vivant
18:13avec le VIH
18:14qui sont maintenues.
18:15C'est-à-dire que les 75%
18:16ne le sont pas.
18:17Donc on va avoir
18:18des transmissions mère-enfant,
18:19on va avoir des populations
18:20qui vont être éloignées
18:21du soin,
18:22qui ne vont plus avoir
18:23accès aux traitements
18:24antirétroviraux
18:25et qui vont aussi repartir
18:26sur les nouvelles contaminations.
18:27Ces coupes franches
18:28dans les budgets
18:29d'USAID,
18:30ça a des conséquences
18:31dans d'autres domettes,
18:32notamment dans la lutte
18:33contre la pauvreté ?
18:34Oui, ça a un impact
18:35sur la santé,
18:36mais ça a un impact
18:37aussi sur la faim.
18:38On a déjà chiffré
18:39en milliers de personnes
18:40le nombre de personnes
18:41qui vont mourir de la faim.
18:42Et en fait,
18:43c'est quand même
18:44une politique
18:45qui vise à sauver
18:46des vies humaines,
18:47mais il y a des impacts
18:48bien sûr
18:49sur d'autres secteurs.
18:50Par exemple,
18:51aujourd'hui,
18:52on parle beaucoup
18:53de défense et de sécurité.
18:54Mais en fait,
18:55qu'est la sécurité internationale
18:56dans un monde
18:57qui n'est pas stable ?
18:58Et l'aide publique
18:59au développement,
19:00elle a aussi cette vocation.
19:01Parce qu'imaginez un pays
19:02où on a des reprises épidémiques,
19:03on a des reprises de faim,
19:04on sait tout de suite
19:05qu'il y a une insécurité
19:06qui va s'installer
19:07et que ça aura des impacts
19:08sur la stabilité du monde.
19:09Ça, c'est une première chose.
19:10Il y a plutôt une baisse
19:11de la pauvreté tendancielle.
19:14Donc ça veut dire
19:15que la pauvreté mondiale,
19:16elle peut repartir à la hausse ?
19:18Oui, c'était déjà le cas.
19:19En fait, il y a eu...
19:20Vraiment, on a fait
19:21d'énormes progrès.
19:22Cette politique, elle fonctionne.
19:23La part de l'extrême pauvreté
19:24dans le monde,
19:25elle a été réduite de 70 %
19:26depuis les années 90.
19:27Donc vraiment,
19:28on peut tous être fiers
19:30depuis le Covid-19,
19:31ça stagne.
19:32Et là, on pense vraiment
19:33que la décennie 2020-2030
19:35sera une décennie
19:36perdue pour le développement
19:37parce qu'il y a eu
19:38une remontée de la pauvreté
19:40pendant le Covid.
19:41Et là, on ne fait plus
19:42de progrès, ça snag.
19:43Et donc, c'est toujours
19:44aujourd'hui 700 millions
19:45de personnes
19:46qui vivent
19:47avec moins de 2,15 dollars
19:48par jour.
19:49Pour vous donner une idée,
19:50700 millions de personnes,
19:51c'est deux fois
19:52la population des Etats-Unis,
19:53c'est dix fois
19:54la population française.
19:55Et ça, c'est...
19:56Justement, elles étaient là
19:57pour garantir qu'on ait
19:58un budget pérenne
19:59pour aider ces gens
20:02et s'assurer
20:03qu'ils aient accès
20:04à des droits sociaux
20:05et humains de base.
20:06Est-ce qu'il y a des pays,
20:07alors on peut sortir
20:08du cas français,
20:09mais des pays
20:10qui prennent le relais
20:11ou qui se préparent
20:12à prendre le relais
20:13des Etats-Unis ?
20:14Pas aujourd'hui.
20:15Pas aujourd'hui.
20:16On parle de montants
20:17tellement importants,
20:18en fait, il va falloir
20:19penser différemment.
20:20Et les Etats, aujourd'hui,
20:21qui sont des financeurs
20:22d'aides publiques
20:23au développement,
20:24ne prennent pas la mesure
20:25de ce que ça représente.
20:26Tu as parlé de Covid-19,
20:28est-ce qu'on a vraiment
20:29appris des leçons,
20:30notamment sur
20:31les cas de santé ?
20:32Les virus ne connaissent
20:33pas de frontières,
20:34des reprises épidémiques
20:35en Amérique latine
20:36ou en Afrique subsaharienne
20:37auront des conséquences
20:38sur la santé publique
20:39en France.
20:40Donc non, aujourd'hui,
20:41il n'y a pas de décision
20:42suffisamment franche.
20:43Preuve en est,
20:44le budget de l'aide publique
20:45au développement en France
20:46coupé de 40%,
20:47il est coupé aussi,
20:48Keir Starmer au Royaume-Uni
20:49a annoncé une coupe
20:50pour financer la défense.
20:51On sent vraiment
20:52une départition complète
20:54loin de la solidarité.
20:57Il y a quand même eu,
20:58essayons d'avoir
20:59une toute petite note d'espoir,
21:00la Cour suprême
21:01qui a rétabli
21:02une décision de justice
21:03qui sommet
21:04l'administration Trump
21:05de reprendre
21:06les versements de l'USAID.
21:07Est-ce que vous vous dites,
21:08parce qu'on se pose
21:09beaucoup de questions
21:10sur les contre-pouvoirs
21:11aux Etats-Unis,
21:12est-ce que vous vous dites
21:13quand même que là,
21:14il y a peut-être
21:15un levier juridique
21:16qui va obliger Donald Trump
21:17et son administration
21:18à reprendre
21:19un certain nombre de versements ?
21:20Je pense qu'il y a quand même
21:21pas mal d'opportunités
21:22et c'est une période
21:23un peu critique,
21:24mais justement,
21:25c'est ce que Trump
21:26décide de faire.
21:27Donc il y a eu cette décision,
21:28on verra un peu
21:29si jamais ça tient dans le temps,
21:30mais encore une fois,
21:31nous au niveau européen,
21:32on a les outils aujourd'hui
21:33et on a,
21:34c'est ce qu'on appelle
21:35les financements innovants,
21:36les fameuses taxes
21:37qui nous permettraient
21:38alors pas de complètement
21:39remplacer les Etats-Unis,
21:40c'était trop grand,
21:41mais d'arriver à limiter
21:42les dégâts de manière considérable.
21:43Parce qu'en fait,
21:44ces taxes aujourd'hui,
21:45elles ne sont,
21:46en tout cas pour la TTF,
21:47pas payées par le citoyen
21:48et en fait,
21:49elles ont des potentiels
21:50de revenus
21:51qui sont énormes
21:52si on arrive à les renforcer,
21:53à les rendre plus transparentes
21:54et avec ça,
21:55on pourrait,
21:56on pourrait vraiment
21:57améliorer la situation.
21:58C'est une question
21:59de décision politique.
22:00Oui, après,
22:01on peut aussi se dire,
22:02je vais mettre un peu
22:03les pieds dans le plat,
22:04que c'est aussi peut-être
22:05l'occasion pour les pays
22:06qui bénéficiaient de cette aide
22:07de se prendre un peu plus
22:08en main,
22:09vous voyez ce que je veux dire ?
22:10Alors peut-être,
22:11Léo,
22:12ça doit être les deux en fait.
22:13On sait très bien
22:14que du jour au lendemain,
22:15les pays ne vont pas
22:16financer l'intégralité
22:17de ce qui était financé
22:18par l'aide internationale.
22:19Je pense que les deux
22:20peuvent vraiment aller de pair.
22:21C'est même,
22:22le président Macron
22:23s'était engagé là-dessus.
22:24Il y a moins d'un an,
22:25en juin 2024,
22:26il avait dit que voilà,
22:27ce lien entre les taxes
22:28et la solidarité
22:29devait être préservé
22:30envers et contre tout.
22:31Et six mois plus tard,
22:32on a une suspension
22:33de la part du gouvernement.
22:34C'est quelque chose
22:35qu'on ne comprend pas
22:36et dans l'état
22:37de la solidarité,
22:38ça pose vraiment,
22:39vraiment question.
22:40C'est-à-dire qu'il y a
22:41une suspension
22:42de la part du gouvernement.
22:43C'est quelque chose
22:44qu'on ne comprend pas
22:45et dans l'état
22:46de la solidarité,
22:47ça pose vraiment,
22:48vraiment question.
22:49Et il y a vraiment,
22:50dernier mot,
22:51c'est la brutalité
22:52de la décision.
22:53Bien sûr qu'il faut
22:54cette transition
22:55mais aujourd'hui,
22:56on voit bien que
22:57quand on arrête
22:58les financements
22:59du jour au lendemain,
23:00ça se compte
23:01en milliers de morts.
23:02Et donc,
23:03il faut qu'on puisse
23:04continuer à les accompagner
23:05dans cette période de transition
23:06vers un endroit
23:07où ils financeront
23:08effectivement leurs propres
23:09programmes nationaux.
23:10Merci beaucoup
23:11à tous les deux
23:12et à bientôt
23:13sur Bismarck Francais.
23:14Merci à vous.
23:15On passe tout de suite
23:16à notre rubrique
23:18Smart Ideas,
23:19la bonne idée du jour.
23:20Elle est signée Thomas Samuel.
23:21Bonjour.
23:22Bonjour.
23:23Bienvenue.
23:24Vous êtes le fondateur
23:25de Moon,
23:26entreprise créée en 2019
23:27avec quelle idée ?
23:28Électrifier les populations
23:29qui n'ont pas accès
23:30à l'énergie.
23:31Il reste malheureusement
23:32des centaines de millions
23:33de gens qui ne sont pas équipés
23:34par le réseau traditionnel
23:35et on a développé
23:36une solution
23:37qui permet
23:38d'apporter
23:39un premier niveau
23:40d'énergie
23:41rapidement
23:42et de façon industrielle.
23:43Alors,
23:44vous l'avez d'abord développé
23:45sur le continent africain,
23:46c'est ça ?
23:47Oui,
23:48on a commencé
23:49à équiper
23:50certains villages
23:51en mode projet pilote
23:52au Sénégal
23:53et puis après,
23:54on a accéléré
23:55notre impact.
23:56On a gagné un appel d'offre
23:57du gouvernement togolais
23:58et aujourd'hui,
23:59on a déjà équipé
24:00plus de 20 000 maisons
24:01là-bas
24:02où en fait,
24:03les gens prépayent
24:04un niveau
24:05de service énergétique,
24:06de l'éclairage,
24:07de la recharge USB
24:08qui est déjà
24:09une énorme transformation
24:10dans leur quotidien.
24:11On imagine les conséquences,
24:12on va le détailler
24:13mais ça marche comment ?
24:14C'est quoi ?
24:15C'est un petit kit
24:16qu'on a designé
24:17et qui est très innovant.
24:18À l'intérieur,
24:19une petite batterie,
24:20un panneau solaire
24:21qu'on installe sur le toit
24:22et puis après,
24:23beaucoup d'intelligence
24:24parce que ce sont
24:25des kits prépayés
24:26donc finalement,
24:27c'est un mini linky solaire
24:28de premier niveau
24:29d'accès à l'énergie.
24:30C'est incroyable.
24:31Et à quel point
24:32ça change la vie ?
24:33Parce qu'on le,
24:34intuitivement,
24:35on le comprend
24:36mais ça a des conséquences
24:37en matière d'hygiène,
24:38de santé,
24:39d'éducation,
24:40d'accès,
24:41enfin bon,
24:42on peut dérouler la liste.
24:43La liste est énorme
24:44parce qu'aujourd'hui,
24:45des gens restent dans le noir
24:46et en fait,
24:47l'impact principal
24:48et sur lequel,
24:49nous,
24:50on est extrêmement mobilisés,
24:51c'est l'accès à l'éducation.
24:52Comment est-ce
24:53qu'on peut imaginer
24:54qu'aujourd'hui,
24:55il y a des centaines
24:56de millions d'enfants
24:57dans ces villages
24:58qui ne peuvent pas étudier
24:59proprement leurs leçons ?
25:00C'est absolument inadmissible
25:01alors que les solutions
25:02technologiques
25:03et la façon de les financer
25:04et de structurer les projets
25:05existent.
25:06C'est vraiment notre...
25:07Je me souviens
25:08d'un village au Sénégal
25:09où la bougie était
25:10un outil
25:11qui valait très cher
25:12et qu'on utilisait
25:14avec parcimonie
25:15et notamment les enfants
25:16pour réviser les leçons.
25:17C'est quoi
25:18le modèle économique ?
25:19Parce qu'on est dans des villages
25:20où il n'y a pas forcément
25:21des moyens importants,
25:22donc là,
25:23c'est un abonnement.
25:24C'est les populations
25:25les plus vulnérables du monde
25:26et ils payent très cher
25:27pour les bougies,
25:28pour les piles,
25:29pour des lampes,
25:30tout ça
25:31pour s'abîmer les yeux
25:32et mal voir.
25:33Et du coup,
25:34nous,
25:35notre schéma,
25:36c'est de lever les financements
25:37auprès des États
25:38ou des bailleurs
25:39pour permettre
25:40de déployer l'infrastructure
25:41et que ça soit
25:42exactement comme
25:43n'importe quelle
25:44infrastructure d'électricité
25:45a été financée
25:46dans le monde entier.
25:47Donc là,
25:48on utilise
25:49et on réplique des schémas.
25:50Sauf que c'est une infrastructure
25:51qui est distribuée.
25:52Chaque maison est équipée
25:53de son kit solaire
25:54et les usagers
25:55prépayent
25:56quelques euros par mois.
25:57Donc,
25:58quelque chose
25:59d'absolument abordable,
26:00moins cher
26:01que les bougies.
26:02Ça leur coûte moins cher
26:03que les bougies
26:04et les piles.
26:05Bien sûr.
26:06Et en fait,
26:07le fait d'avoir
26:08ces revenus récurrents
26:09nous permet de salarier
26:10des équipes,
26:12d'avoir une infrastructure
26:13qui est vraiment soutenable.
26:14Et ces solutions,
26:15elles sont adaptables
26:16aussi en France
26:17ou dans des pays européens ?
26:19Mais alors,
26:20dans quel type
26:21de circonstances
26:22ou de villages ?
26:23Mais en fait,
26:24on s'est rendu compte
26:25et c'est très différent
26:26le concept européen.
26:27Malheureusement,
26:28il y a la moitié du monde
26:29qui consomme trop
26:30et la moitié du monde
26:31qui ne consomme pas assez.
26:32Et vu qu'on est
26:33une boîte d'impact,
26:34on s'est dit
26:35mais est-ce qu'on ne pourrait pas
26:36utiliser notre savoir-faire
26:37de déploiement
26:38à l'échelle
26:39de solutions solaires
26:40pour les Français ?
26:41En fait,
26:42tous nos concitoyens
26:43gaspillent de l'énergie,
26:44payent de plus en plus cher
26:45pour leurs factures
26:46et du coup,
26:47on a lancé une activité
26:48en France
26:49qui fait effet de levier
26:50sur l'autoconsommation,
26:51donc la capacité
26:52de diminuer
26:53sa facture énergétique
26:54en autoconsommant
26:55sa production
26:56et notre savoir-faire
26:57aussi de domotique
26:58et d'intelligence
26:59parce que typiquement,
27:00c'est un marché
27:01qui a été très subventionné
27:02au début.
27:03Les aides,
27:04heureusement,
27:05se sont arrêtées
27:06en février.
27:07C'est malheureux
27:08pour l'industrie
27:09parce que
27:10beaucoup de boîtes
27:11s'étaient développées
27:12en utilisant
27:13le vent de ces aides
27:14mais ça ne forçait pas
27:15à l'optimisation
27:16et du coup,
27:17nous,
27:18on est très heureux
27:19de voir que
27:20le but,
27:21ce n'est pas de consommer plus
27:22et de payer moins cher.
27:23Le but,
27:24c'est de consommer moins
27:25et mieux
27:26et du coup,
27:27on a développé vraiment
27:28un truc qui,
27:29j'espère,
27:30peut aussi changer la vie
27:31des foyers français.
27:32Avec une levée de fonds
27:33annoncée de 7 millions d'euros
27:34au mois de décembre dernier,
27:35quel levier,
27:36quelle ambition
27:37avec cette levée de fonds ?
27:38En fait,
27:39on est sur plein de sujets.
27:40On continue à développer
27:41de la technologie.
27:42On a un programme de R&D
27:43qui est très ambitieux.
27:44On déploie
27:45dans plusieurs pays
27:46en Afrique.
27:47On est en train
27:48d'ouvrir de nouveaux pays.
27:49Je pars bientôt
27:50à Madagascar.
27:51On a gagné aussi
27:52un programme
27:53financé
27:54par la Banque mondiale
27:55où on va,
27:56j'espère,
27:57électrifier
27:58des centaines
27:59de milliers
28:00de maisons
28:01à Madagascar
28:02et aussi
28:03développer
28:04notre activité en France.
28:05Donc,
28:06cette levée de fonds
28:07et tous ces développements
28:08qui sont aussi,
28:09par ailleurs,
28:10soutenus par des bailleurs,
28:11par la puissance publique.
28:12Merci beaucoup
28:13Thomas Samel
28:14et bon vent à Moon.
28:15Voilà,
28:16c'est la fin
28:17de ce Smart Impact.
28:18Je voudrais remercier
28:19rapidement
28:20Marie Biya,
28:21Alexis Mathieu,
28:22Juliette Muglieri
28:23à la préparation,
28:24programmation
28:25et production,
28:26Xavier Sanchez,
28:27réalisateur
28:28et Thierry Thibaud
28:29à vouloir aller
28:30trop vite,
28:31je me plante,
28:32l'ingénieur du son.
28:33Salut !
28:37Sous-titrage Société Radio-Canada