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Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, est en visite en Israël ce mercredi 26 mars. Il s'est rendu sur le site du festival Nova, où 364 personnes ont été tuées lors de l'attaque du 7-Octobre.

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00:00:00Le R.N. d'aujourd'hui, est-ce qu'il a fait vraiment son travail de repentance ?
00:00:03Je comprends que vous puissiez être sensibles à ce qui se passe ici, vraiment,
00:00:06mais moi je ne vous ai pas dans mes valeurs, mais je vous ai dans les valeurs de la République peut-être.
00:00:10Liberté, égalité, fraternité. Qu'est-ce que vous dites sur la fraternité ?
00:00:14Qu'est-ce que vous dites sur la liberté ? Qu'est-ce que vous dites sur la laïcité ?
00:00:17Et moi ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est que vous pouvez nous raconter,
00:00:19vous racontez à la population française ce que vous voulez en tant que juif français.
00:00:22Qu'est-ce que vous pouvez nous dire, vous nous protégez, mais en tant que juif français,
00:00:25par rapport à la France ? Qu'est-ce que le R.N. a à dire sur sa repentance concernant la Shoah ?
00:00:31Vous avez parlé du musée. Moi j'étais avec mon grand-père plein de fois à Auschwitz.
00:00:34Il est survivant d'Auschwitz. Qu'est-ce que vous avez à nous dire ? Rien.
00:00:37Ce n'est pas parce qu'il y a une opportunité électorale.
00:00:39On le comprend, mais concrètement, qu'est-ce que vous avez fait avant pour repentir ?
00:00:43Est-ce que vous avez dit un jour, on arrête, on sort, on fait une repentance comme les Allemands l'ont fait ?
00:00:48Je vous pose la question.
00:00:50Mais je considère que la Shoah a été le summum de la barbarie et la position…
00:00:56Je ne vous demande pas votre position personnelle. Je vous demande est-ce que le parti, le R.N. a fait quelque chose ?
00:01:00Vous m'interrogez, je vous donne ma position.
00:01:02Oui, je pense que s'il y a beaucoup de Français de confession juive qui nous accordent leur confiance aujourd'hui,
00:01:10c'est parce qu'ils connaissent la sincérité de nos discours.
00:01:13C'est parce qu'ils voient aussi qu'on a rompu avec ce qu'a pu être le Front National.
00:01:19Et je pense qu'il y a beaucoup de nos compatriotes de confession juive qui ne se sentent plus aujourd'hui en sécurité en France,
00:01:24parce qu'ils n'ont plus la liberté de mettre une kippa dans les rues du pays,
00:01:29parce qu'ils n'ont plus la liberté de sortir à certaines heures dans certains quartiers,
00:01:33et parce qu'ils considèrent aujourd'hui que le fondamentalisme islamiste qui est en train de se développer sur tout le territoire français
00:01:38et dans beaucoup de sociétés en Europe…
00:01:40Ce n'est pas qu'étudier.
00:01:42Excusez-moi, il y a un jeune qui est venu.
00:01:46Monsieur, il y a un jeune qui est venu et qui est survivant.
00:01:51Il attend de ce matin.
00:01:53Je vais vous dire quelque chose, moi je n'appartiens pas au Rassemblement National.
00:01:59J'ai été élu à quatre reprises et la cinquième fois j'ai fait 85% des voix en Israël.
00:02:05J'ai une toute petite légimité pour parler.
00:02:07Alors, en tout cas j'ai fait 85% déjà.
00:02:10Monsieur, vous êtes un militant politique.
00:02:12Est-ce qu'il est important que le Rassemblement National vienne aujourd'hui en Israël ?
00:02:17Pour moi, c'est extrêmement important.
00:02:19Et pourtant, je ne vote pas le Rassemblement National.
00:02:21Et je dis, vous avez le droit…
00:02:23Voilà, maintenant, ok.
00:02:25On va avancer monsieur, on va pouvoir discuter.
00:02:27En fait, je n'ai aucun problème.
00:02:31Très bien, je n'ai aucun problème à discuter.
00:02:33Vous savez, à confronter les points de vue, même si on n'est pas d'accord,
00:02:36on va se respecter, il n'y a aucun problème.
00:02:37A tout à l'heure, merci monsieur.
00:02:51S'il vous plaît, à partir de maintenant, que le pouls.
00:02:55BFM.
00:02:59Rahim, il va se présenter.
00:03:01Bonjour.
00:03:02Bonjour, Rahim.
00:03:03Rahim, Rahim, comment ça va ?
00:03:05Ça, c'est Jordan Bardella.
00:03:06Bonjour.
00:03:07Enchanté.
00:03:08Enchanté, Jordan Bardella.
00:03:11Rahim, il raconte…
00:03:12Vous parlez français ?
00:03:13Ouais.
00:03:14Vas-y, explique-nous, Rahim.
00:03:15Raconte-nous.
00:03:16Toute l'histoire maintenant, je commence ?
00:03:17Exactement.
00:03:18Vas-y.
00:03:19Déjà, je me présente, Rahim, j'ai 25 ans.
00:03:23Je viens de Rahana.
00:03:25Moi, j'étais là le même jour.
00:03:27Je suis arrivé à 3h30 du matin.
00:03:30Je suis venu avec 3 copains à moi,
00:03:32et encore 4 copines.
00:03:35On est arrivé à 4h du matin.
00:03:38Venir faire la fête.
00:03:42Vers les 6h30 du matin…
00:03:45J'ai un peu du mal.
00:03:46Mais il n'y a aucun problème.
00:03:47Vers les 6h30 du matin,
00:03:51ça a commencé à tirer des roquettes vers nous.
00:03:55En Israël, on a un peu envie de tirer des roquettes,
00:03:57mais on n'a pas trop stressé,
00:03:59on n'a pas encore tout compris ce qui se passe.
00:04:02J'avais des copines à moi qui étaient un peu sous,
00:04:05ils ont bu et tout, je les ai déjà écoutées.
00:04:07Partez à la maison, on s'occupe, on plie tout.
00:04:10Et on va prendre la route après vous.
00:04:13Ils sont sortis en premier une voiture de 4 copines à moi.
00:04:16Et moi, je suis resté avec 3 copains à moi
00:04:18pour plier tous les trucs à prendre à la maison.
00:04:23Vers les 7h du matin,
00:04:27on commençait à entendre des tirs
00:04:28quand on était dans la voiture.
00:04:30Il y avait un grand cac en bouteillage.
00:04:36On était bloqués, ça a commencé à entendre des tirs.
00:04:39On n'a pas trop compris ce qui s'est passé.
00:04:42Ça a commencé à parler partout
00:04:44qu'il y a des terroristes de Hamas qui sont rentrés.
00:04:50Et on était devant, comme vous le voyez,
00:04:51c'est très proche là, à Gaza.
00:04:54On a commencé à stresser,
00:04:55mais on n'a pas vraiment compris ce qui se passe.
00:04:57C'est-à-dire que vous n'y croyiez pas au début ?
00:04:59On n'y croyait pas.
00:05:00On a entendu des tirs,
00:05:01mais on n'a pas vraiment compris ce qui se passe.
00:05:04Vers les 7h du matin à peu près,
00:05:08on a commencé à entendre des tirs un peu plus proches.
00:05:10Et là, on commençait à stresser.
00:05:12Il y avait des cris partout,
00:05:13des voitures qui stressaient,
00:05:14ils rentraient l'un sur l'autre.
00:05:16C'est-à-dire que pendant une heure,
00:05:17de 6h à 7h ?
00:05:18De 6h30.
00:05:19Vous ne saviez pas ce qui se passait ?
00:05:21On ne savait pas ce qui se passait.
00:05:22On ne savait pas ce qui se passait.
00:05:24Vers les 7h du matin, comme j'ai dit,
00:05:28le premier truc que j'ai vu dans la gueule,
00:05:30que j'ai compris vraiment que ça commençait à être sérieux,
00:05:33c'est que j'ai vu un flic
00:05:35et une fille très jeune,
00:05:36je pense de 20 ans maximum,
00:05:38un avec une balle dans la gorge qui crassait le sang,
00:05:41et une autre avec une balle dans le pied
00:05:43que deux l'ont attrapée.
00:05:44Ils nous ont crié dessus,
00:05:45« Barrez-vous, barrez-vous, il y a des tirs ! »
00:05:47« Barrez-vous, barrez-vous, il y a des tirs ! »
00:05:49« Barrez-vous, barrez-vous, il y a des tirs ! »
00:05:51« Barrez-vous, barrez-vous, il y a des tirs ! »
00:05:53« Barrez-vous, barrez-vous, il y a des terroristes derrière nous. »
00:05:56« Ils sont habillés comme des soldats. »
00:05:59Là, ça a stressé vraiment.
00:06:00Tout le monde est rentré après l'autre dans la voiture.
00:06:02On était très bouchés.
00:06:06Le premier truc que j'ai fait,
00:06:07j'ai rentré tous mes copains dans la voiture.
00:06:10Je leur ai dit,
00:06:11« Vas-y, on se barre de là le plus vite possible. »
00:06:12« On sort par un autre côté ou un truc comme ça. »
00:06:17Et c'est là que ça a commencé à tirer de l'autre côté aussi.
00:06:20On était fermés de deux côtés.
00:06:24Je leur ai dit,
00:06:25« Mes copains restent encore dans la voiture. »
00:06:26Je suis sorti et je leur ai dit,
00:06:28« Je vais regarder ce qu'il se passe. »
00:06:31J'ai vu une voiture avec une grosse mitraillette.
00:06:34Peut-être 15 terroristes Hamas dessus.
00:06:39Ils ont commencé à tirer sur nous.
00:06:43J'ai créé un « Mes copains sortez ».
00:06:44On était encore une grosse équipe.
00:06:46Vous étiez dans la voiture ?
00:06:47Ils étaient dans la voiture.
00:06:48Moi, j'étais dehors de la voiture.
00:06:50Je les ai regardés.
00:06:51Ils ont commencé à tirer sur nous.
00:06:54Il y avait quelques jeunes qui s'étaient blessés
00:06:55parce qu'on était vraiment beaucoup dans ce mouteillage.
00:07:01En fait, vous êtes tous bloqués ?
00:07:02Bloqués.
00:07:03Très, très bloqués.
00:07:04Il y avait des voitures qui rentraient un sur l'autre
00:07:06pour sortir de là-bas.
00:07:07Parce que personne ne sait où aller.
00:07:08Ils ont fermé les carrefours des deux côtés.
00:07:09C'est ça.
00:07:12C'est-à-dire qu'ils ferment les routes.
00:07:13Ils ont fermé les carrefours.
00:07:14Donc là, vous êtes pris au piège.
00:07:16J'ai vu le policier, on va dire Djougos,
00:07:18avec le sang,
00:07:19qui nous a dit qu'il y a des Hamas de l'autre côté.
00:07:21Et on est parti par l'autre côté.
00:07:23Et ils nous ont tirés.
00:07:24Moi, j'ai vu la mitraillette sur la voiture
00:07:25de l'autre côté qui vient.
00:07:26C'est là qu'on a compris qu'on était encerclés.
00:07:29Vraiment peut-être 700 voitures, je pense.
00:07:32Un truc comme ça.
00:07:35Tout de suite, je suis rentré dans la voiture.
00:07:37Le premier truc que j'ai dit,
00:07:38sortez de là.
00:07:39On commence à courir.
00:07:40On ne peut pas rester en voiture.
00:07:41Moi, je me suis enfui sans mon téléphone, sans rien.
00:07:43Je n'avais même pas comment me connecter,
00:07:46à dire à mes parents ou un truc comme ça.
00:07:50On a couru.
00:07:51C'était vraiment juste là.
00:07:52On a couru dans le chantre ouvert.
00:07:55Et là-bas, à l'estore, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:07:58Peut-être 2000 jeunes,
00:08:01vraiment saouls, bourrés.
00:08:03C'était à 6 heures du matin.
00:08:04On était vraiment...
00:08:05On est venus pour une fête.
00:08:06On était tous très saouls, très bourrés.
00:08:09Personne n'a compris qu'est-ce qui se passe.
00:08:11On s'est fait tirer.
00:08:12On s'est fait tirer comme...
00:08:17Comme dans un trou de canard.
00:08:19Comme pour abattre un trou de canard.
00:08:20Un trou de canard.
00:08:21Je ne sais pas comment dire ça.
00:08:23Je voyais des gens blessés,
00:08:25recevoir des balles dans le dos, dans les pieds,
00:08:28devant moi.
00:08:29On a essayé vraiment d'aider tous les gens possible.
00:08:31Mais dans le même moment,
00:08:32on devait se barrer le plus loin possible.
00:08:35On a couru.
00:08:36Et mes copines, je les ai...
00:08:38On était quatre copains.
00:08:40Mon copain a ouvert.
00:08:41On va où on va.
00:08:42On devait voir où on va.
00:08:43Parce qu'on était à pied.
00:08:44On était dans le champ.
00:08:45On n'a pas compris vraiment où aller.
00:08:47Mon copain a ouvert.
00:08:48Donc là, vous laissez les voitures.
00:08:49On a tout laissé.
00:08:50Je suis parti sans téléphone, sans rien.
00:08:55Ma voiture que j'étais dedans,
00:08:57elle a une RPG.
00:09:00Elle s'est brûlée.
00:09:02Elle est partie.
00:09:03Elle n'est plus là, la voiture.
00:09:05Il n'y a rien, ni mon téléphone.
00:09:06Tout est parti.
00:09:08On a commencé à courir.
00:09:09J'ai demandé à mon copain.
00:09:10Il avait le téléphone.
00:09:11Je lui ai dit, écoute, où on va ?
00:09:12On ne sait pas où on va.
00:09:13On est là.
00:09:14On ne sait que tirer.
00:09:15On ne sait pas où aller.
00:09:16Viens, on va dans une base la plus proche.
00:09:17Je ne sais pas.
00:09:18Dans un Yéchoub.
00:09:20Il nous a dit, écoutez,
00:09:21je vois le plus proche de là.
00:09:23C'est Béry.
00:09:24Il faut aller à Béry.
00:09:25Et l'autre copain, il a eu mes copines au téléphone.
00:09:27Il leur a dit, écoutez,
00:09:28ça commence à devenir très sérieux.
00:09:30Là où vous êtes,
00:09:31nous, on est à Béry.
00:09:32On est dedans une...
00:09:34Une éclate.
00:09:35Abri.
00:09:36Abri, oui.
00:09:38On les a dit, ok, restez là-bas.
00:09:40On arrive vers vous.
00:09:42Un des premiers nests que je peux vous dire...
00:09:44Miracle.
00:09:45Un miracle, pardon,
00:09:46qui s'est passé à mon équipe
00:09:48avec encore 100 personnes autour de moi,
00:09:50c'est qu'on est arrivés vraiment deux minutes
00:09:53avant la première voiture
00:09:55qui rentrait en Béry de Hamas.
00:09:58C'est-à-dire que le moment où vous arrivez,
00:10:00le Hamas n'est pas encore entré dans Béry ?
00:10:01Pas encore.
00:10:02On n'est pas encore arrivé dedans.
00:10:03On était quelques mètres à côté.
00:10:05Et à pied, d'ici, c'est combien de temps à peu près ?
00:10:07C'est, je pense,
00:10:09trois, quatre kilomètres, je pense,
00:10:11un truc comme ça, je pense.
00:10:12Donc vous courez ?
00:10:13On court, on fait des cours.
00:10:15Je n'ai pas arrêté de courir,
00:10:16je peux vous dire à peu près 16 heures.
00:10:18Ici, c'est Réim.
00:10:20On est là ?
00:10:21Nous, on est là.
00:10:22D'accord.
00:10:23Ça, c'est Béry.
00:10:24Ça, c'est ce qu'il vient de raconter.
00:10:26Toutes les implantations,
00:10:28on va être aujourd'hui aussi à la région de Sderot,
00:10:30c'est les endroits où ils ont attaqué.
00:10:32C'est-à-dire que même si tu te sauves de Réim,
00:10:34tu les rejoins dans la prochaine implantation.
00:10:37C'est-à-dire, quand ils ont attaqué, ils ont attaqué.
00:10:39Ça, c'est bizarre.
00:10:40C'est-à-dire que les services de renseignement pensaient
00:10:42qu'il y avait au maximum 100 personnes
00:10:44qui pouvaient attaquer à la fois.
00:10:45Ils étaient plusieurs milliers.
00:10:46Il y a eu près de 5 000.
00:10:475 000.
00:10:48En trois vagues.
00:10:50Et ici, il y a 364 décédés
00:10:55qui étaient assassinés ici.
00:10:57Et 44 civils d'Israël
00:10:59qui se sont fait kidnapper d'ici à Gaza.
00:11:03Dans beaucoup de Français.
00:11:05Et les trois amis avec qui vous étiez,
00:11:06ils vous suivent jusqu'à...
00:11:07On était quatre, on ne s'est pas lâchés.
00:11:09De ce moment-là.
00:11:11On a ouvert la mapa.
00:11:15La carte.
00:11:16La carte, pardon.
00:11:17On a vu que le plus proche est Béry.
00:11:19On a dit on va à Béry.
00:11:20Comme je l'ai dit, le premier miracle qui s'est passé,
00:11:22c'est vraiment qu'on est arrivé pile à temps
00:11:25que la voiture avant qu'elle rentre
00:11:27et on n'a pas entré encore vraiment
00:11:28dans le Yeshou Béry.
00:11:30Et on a créé, on a vu la voiture,
00:11:32on a vu des armes,
00:11:33on a vu habillé un peu soldat.
00:11:35On a créé l'armée, c'est l'armée, c'est l'armée.
00:11:38Et c'est là qu'on s'est fait...
00:11:39Ils ont carrément tourné les armes vers nous.
00:11:42Et ils ont tiré,
00:11:43on était à peu près 100 personnes là-bas à peu près.
00:11:48Quelques morts à côté de moi,
00:11:49moi j'avais beaucoup de chance.
00:11:51Comment tu t'en es sorti ?
00:11:53Baisser la tête, comme ça.
00:11:55Et j'ai tourné,
00:11:56et j'ai couru le plus vite possible.
00:11:58Je peux vous dire que si quelqu'un m'aurait attrapé dans sa...
00:12:01J'étais pas là à vous raconter.
00:12:03Dans son viseur.
00:12:04J'étais pas là à vous raconter,
00:12:05il y en avait plusieurs qui...
00:12:06Et comment tu as réussi à t'en sortir finalement ?
00:12:08C'est très long, ça s'arrête pas.
00:12:13Là, ce moment-là,
00:12:15tous mes copains et moi on s'est...
00:12:17Comment dire ?
00:12:18On n'était plus ensemble.
00:12:19Vous vous dispersez.
00:12:20On s'est dispersés,
00:12:21chacun vraiment a couru d'un autre côté.
00:12:24On s'est plus vus,
00:12:25on s'est plus revus dans ce moment-là.
00:12:27C'était vers les 8 heures du matin, je pense.
00:12:31Là, j'étais tout seul.
00:12:32Moi, ça commence mon histoire tout seul.
00:12:34Moi, j'étais sans téléphone,
00:12:35comme je vous ai dit,
00:12:36j'étais perdu.
00:12:38Il y avait un moment,
00:12:39le premier truc que j'ai pensé à faire,
00:12:40c'est rentrer dans un bouclier des arbres.
00:12:44Je pense que ça s'appelle comme ça.
00:12:45D'accord, c'est bivouac.
00:12:50J'étais dedans...
00:12:51Une sorte d'abri.
00:12:55Un cylindre, c'est ça ?
00:12:56Un cylindre.
00:12:57Un cylindre, ok.
00:12:58Dans Béry ?
00:12:59Non.
00:13:00Un cylindre protégé.
00:13:01Il n'est pas loin là,
00:13:02je peux vous le montrer si vous voulez après.
00:13:04Je suis rentré dedans.
00:13:05Vous revenez en fait ?
00:13:06On revenait.
00:13:07On n'est plus partis,
00:13:08parce qu'ils nous ont tirés dessus.
00:13:09On a fait...
00:13:10On a changé de route.
00:13:12Nous, on devait aller à Béry.
00:13:13On a changé de route
00:13:14parce qu'on n'avait pas le choix.
00:13:15Ils nous ont tirés dessus
00:13:16et on ne pouvait pas y aller là-bas.
00:13:17On a compris que si on va là-bas,
00:13:18on va mourir.
00:13:19C'est vraiment un instinct de survivre.
00:13:22Tu ne sais pas ce que tu fais,
00:13:23tu ne sais pas où y aller,
00:13:24tu es perdu.
00:13:25On a commencé à courir.
00:13:28Moi, je me suis caché
00:13:29peut-être 20, 25 minutes.
00:13:31Je me suis caché
00:13:32et j'ai vu quelques jeunes
00:13:33qui se cachaient avec moi là-bas.
00:13:34Et là, vous entendez les tirs ?
00:13:35Et là, on entend les tirs se rapprocher.
00:13:38Et moi, j'ai pété un plomb.
00:13:40Il y avait un moment,
00:13:41je me suis dit
00:13:42si je meurs aujourd'hui,
00:13:43c'est en courant.
00:13:44Ils ne me kidnappent pas,
00:13:45ils ne m'attrapent pas.
00:13:46Je commençais à comprendre
00:13:47ce qu'il se passe.
00:13:48Je suis sorti,
00:13:49j'ai crié là-bas,
00:13:50écoutez, ne restez pas là,
00:13:51on va se faire kidnapper,
00:13:53ils vont nous attraper.
00:13:54Là, ils m'ont dit
00:13:55ferme ta gueule,
00:13:56vas-y, casse-toi si tu veux,
00:13:57va tout seul.
00:13:58Je suis parti tout seul.
00:13:59J'ai commencé à courir.
00:14:00Oui, parce que vous avez dit
00:14:01si je reste caché,
00:14:02ils vont nous trouver,
00:14:03ils vont nous t'emmener.
00:14:04Ils vont nous trouver,
00:14:05ils vont nous prendre.
00:14:06Je ne voulais pas,
00:14:07je me suis dit
00:14:08si je meurs aujourd'hui,
00:14:09c'est en courant,
00:14:10ils ne me kidnappent pas,
00:14:11ils ne m'attrapent pas.
00:14:12Vous préférez mourir
00:14:13que vous faire kidnapper ?
00:14:14C'est ça.
00:14:15Après, je suis arrivé un peu proche
00:14:16de la fête,
00:14:17je suis revenu vers la fête
00:14:18j'ai vu des gens sans tête,
00:14:19j'ai vu des pieds ouverts,
00:14:20des filles,
00:14:21des trucs que je n'ai jamais vu,
00:14:22je croyais que je vais voir.
00:14:23J'ai pris le chemin,
00:14:24j'ai attrapé,
00:14:25je me suis caché
00:14:26derrière un arbre,
00:14:27je n'avais pas trop
00:14:28quelques trucs à faire.
00:14:29Je me rappelle
00:14:30que je suis descendu
00:14:31une grande...
00:14:32Là, il y a des corps ?
00:14:33Il y a des corps.
00:14:34Vous entendez encore
00:14:35des tirs ?
00:14:36On entend des tirs
00:14:37de partout,
00:14:38ça ne s'arrête pas.
00:14:39Les boums là-haut,
00:14:40on entend des tirs
00:14:41de partout,
00:14:42ça ne s'arrête pas.
00:14:43On entend des tirs
00:14:44de partout,
00:14:45ça ne s'arrête pas.
00:14:48Il y a des roquettes ?
00:14:49Sans arrêt.
00:14:50Des roquettes et des tirs
00:14:51sans arrêt.
00:14:52Et nous, on a compris.
00:14:53Moi, je me suis trouvé
00:14:54avec une petite équipe
00:14:55de jeunes de cette fête
00:14:56que je ne connaissais personne.
00:14:57On s'est retrouvé
00:14:58à dire...
00:14:59Écoutez,
00:15:00chaque fois qu'on entend
00:15:01des tirs,
00:15:02si on les entend
00:15:03proche de nous
00:15:04ou vraiment
00:15:05des fricottes,
00:15:06des balles
00:15:07qui approchent nous,
00:15:08on comprend
00:15:09que ce n'est pas
00:15:10la bonne route.
00:15:11Je peux vous dire
00:15:12qu'au 5h,
00:15:13on était perdus,
00:15:14on n'était pas
00:15:15dans un endroit
00:15:16où il y avait
00:15:17des tirs.
00:15:18Au 5h,
00:15:19on était perdus
00:15:20dans tout
00:15:21ce champ-là.
00:15:22Chaque fois,
00:15:23on faisait tourner
00:15:24de là à là
00:15:25et il y avait
00:15:26un moment
00:15:27qu'on s'est tous baissés
00:15:28par terre
00:15:29parce qu'on a entendu
00:15:30des tirs vraiment
00:15:31très forts à côté de nous.
00:15:32On a tourné la tête,
00:15:33on a vu
00:15:34peut-être
00:15:355 ou 6 motos
00:15:36avec des terroristes
00:15:37dessus
00:15:38et ils étaient
00:15:39deux par moto.
00:15:40Deux personnes
00:15:41sur la moto.
00:15:42On a levé la tête,
00:15:43on a compris
00:15:44qu'ils ne sont pas
00:15:45loin de nous
00:15:46et qu'ils ne vont pas
00:15:47nous voir.
00:15:48Ils vous ont vus ?
00:15:49Ils nous ont vus.
00:15:50Après un moment
00:15:51qu'on s'est cachés,
00:15:52on s'est tous mis par terre,
00:15:53une équipe de 100 personnes.
00:15:54On s'est tous mis par terre,
00:15:55les mains sur la tête.
00:15:56Parce que vous n'êtes même
00:15:57pas abrités,
00:15:58vous n'êtes pas cachés.
00:15:59On n'est pas abrités,
00:16:00c'est vraiment des arbres,
00:16:01c'est des trucs comme ça.
00:16:02C'est comme vous voyez
00:16:03autour de vous,
00:16:04c'est ça mes cachettes.
00:16:05C'est vraiment
00:16:06des petits arbres,
00:16:07des trucs comme ça.
00:16:08Il y avait un moment
00:16:09qu'ils nous ont vus.
00:16:10On était 100 personnes
00:16:11et là-bas,
00:16:12encore la même histoire
00:16:17Là-bas aussi,
00:16:18je pense qu'il y avait
00:16:19encore quelques morts.
00:16:20Bahou Khachem,
00:16:21encore une fois,
00:16:22je n'étais pas
00:16:23dans le viseur
00:16:24des Nkhablims,
00:16:25des terroristes.
00:16:26Je suis arrivé
00:16:27dans un champ de...
00:16:28Là, vous ne savez pas
00:16:29où sont les gens
00:16:30avec qui vous étiez,
00:16:31vos amis ?
00:16:32Non, non, pas du tout.
00:16:33Je ne sais pas du tout
00:16:34où sont mes amis.
00:16:35Je ne sais pas
00:16:36qu'est-ce qui se passe.
00:16:37Ils s'en sont sortis finalement ?
00:16:38J'ai deux copines
00:16:39qui sont mortes.
00:16:40Parmi les quatre ?
00:16:41Oui, parmi les quatre.
00:16:42Et il y en a encore une
00:16:43avec une balle
00:16:44dans l'épaule.
00:16:45Mes copains,
00:16:46en Bahou Khachem,
00:16:47ils s'en sont sortis.
00:16:48Chacun
00:16:49avec une histoire
00:16:50incroyable.
00:16:51Dans la fin,
00:16:52moi,
00:16:53je me suis retrouvé
00:16:54avec un copain à moi
00:16:55vers le midi,
00:16:56une heure de l'après-midi,
00:16:57dans un champ
00:16:58d'oranges,
00:16:59un grand champ
00:17:00d'oranges.
00:17:01Il n'est pas loin
00:17:02de là aussi.
00:17:03On s'est retrouvé
00:17:04en Bahou Khachem
00:17:05un miracle.
00:17:06Bahou Khachem,
00:17:07c'est Dieu merci.
00:17:08Dieu merci, oui.
00:17:09Et vos amis,
00:17:10vos copines,
00:17:11elles sont décédées
00:17:12à Béry ?
00:17:13À Béry,
00:17:14à Béry,
00:17:15dedans.
00:17:16Là où vous êtes,
00:17:17le cylindre ?
00:17:18Dans un abri.
00:17:19Un abri.
00:17:20Il y en avait
00:17:2140 dedans.
00:17:22Il y en a 6
00:17:23qui sont revêtus
00:17:24dedans.
00:17:25Ils ont jeté
00:17:26des grenades
00:17:27dedans de...
00:17:28Dans les abris.
00:17:29Ils ont jeté des grenades
00:17:30dans les abris.
00:17:31Il est même terminé.
00:17:32On a à côté
00:17:33de chaque station
00:17:34de bus.
00:17:35Comme cette région,
00:17:36elle est bombardée
00:17:37par le Hamas
00:17:38et je pense
00:17:39que les enfants
00:17:40attendent dans la station
00:17:41pour le bus
00:17:42ou pour aller à l'école
00:17:43à côté de chaque station
00:17:44vous allez voir
00:17:45une chambre.
00:17:46Cette chambre,
00:17:47c'est l'abri.
00:17:48Les gens
00:17:49se sont sauvés
00:17:50dans cet abri.
00:17:51Ils sont des abris
00:17:52pour les bombardements,
00:17:53c'est ça ?
00:17:54Exact.
00:17:55Ils ont balancé
00:17:56des grenades
00:17:57à l'intérieur.
00:17:58Comme ça,
00:17:59ici,
00:18:00comme tu vois,
00:18:01il y a une grenade
00:18:02ici.
00:18:03Oui, c'est simplement
00:18:04pour se protéger
00:18:05du bombardement.
00:18:06Il y en a souvent
00:18:07dans cette région,
00:18:08il y en a beaucoup
00:18:09sur la route
00:18:10parce que souvent,
00:18:11en général,
00:18:12les gens sont habitués
00:18:13à avoir des tirs de roquettes.
00:18:14Donc ils ont 20-30 secondes
00:18:15pour aller dans des endroits,
00:18:16des abris.
00:18:17Donc partout,
00:18:18sur la route,
00:18:19il y a des petits endroits
00:18:20en béton
00:18:21parce qu'on n'a pas le temps
00:18:22d'aller,
00:18:23c'est très près de la frontière,
00:18:24il faut,
00:18:25en moins de 30 secondes,
00:18:26aller dans un abri.
00:18:27Donc ça,
00:18:28ils étaient préparés.
00:18:29Ils étaient préparés
00:18:30à avoir dehors
00:18:31de 5000 personnes
00:18:32attaquées.
00:18:33C'était le pire
00:18:34dans l'histoire.
00:18:35Dedans,
00:18:36sous cette chambre-là,
00:18:37tu es sûr
00:18:38que tu vas être protégé.
00:18:39Là où il y a le plus de morts.
00:18:40Il y en a deux vivantes,
00:18:42deux morts.
00:18:43Et celle-là qui est vivante,
00:18:45elle s'est mise
00:18:47en dessous des corps,
00:18:48sa meilleure copine
00:18:49sauve elle.
00:18:50Elle s'est cachée, pardon.
00:18:51En dessous des corps
00:18:52que sa meilleure copine
00:18:53sauve elle.
00:18:54Dessus.
00:18:55Elle a attrapé,
00:18:56elle a carrément
00:18:57attrapé le gironier.
00:18:58Réveille-toi,
00:18:59tu es là,
00:19:00tu es avec moi.
00:19:01Et elle est morte dans ses mains
00:19:02avec des bombes.
00:19:03Et c'est ça
00:19:04qui lui a sauvé aussi sa vie.
00:19:05J'imagine qu'elle reste
00:19:06ensuite un moment
00:19:07avec les corps sur elle
00:19:08en attendant l'alarme.
00:19:09Des heures.
00:19:10Des heures.
00:19:117-8 heures je pense.
00:19:12On a quelques heures après
00:19:13que ça a pris
00:19:147-8 heures.
00:19:15Votre amie est restée
00:19:16plusieurs heures cachée
00:19:17sous les corps,
00:19:18les corps contre elle
00:19:19pour se protéger.
00:19:20Elle avait un moment
00:19:21qu'elle était sûre
00:19:22qu'elle va perdre
00:19:23tout le sang dans le nez
00:19:24parce qu'elle était écrasée
00:19:25par des corps.
00:19:26Il y a des mères
00:19:27qui tenaient leurs enfants.
00:19:28Moi j'ai la petite poupée
00:19:29de pleine de sang
00:19:30qu'on m'a donnée
00:19:31la première fois
00:19:32que je suis venue à Berry.
00:19:33La maman a tenu son gosse.
00:19:34Les deux sont morts
00:19:35et il restait la poupée.
00:19:36C'est terrifiant.
00:19:37C'est ce qui s'est
00:19:38hélas passé.
00:19:39Moi après vers les 7 heures
00:19:42je pense que je cours
00:19:43dans les quartiers
00:19:45que je vois des morts
00:19:46que grâce à Dieu vraiment
00:19:48je peux dire que
00:19:49merci à Dieu
00:19:50parce que vraiment
00:19:51il y a tous les gens
00:19:52qui sont levés le matin
00:19:54ils sont partis de chez eux
00:19:55pour nous défendre à nous.
00:19:57Mais moi il n'y avait personne
00:19:59vraiment qui a réussi
00:20:00à me sauver là-bas
00:20:01parce que j'étais tout le temps
00:20:02je ne faisais que courir
00:20:03je ne faisais qu'aller
00:20:04à gauche, à droite
00:20:05j'entendais des tirs par là
00:20:06j'entendais des terroristes devant moi
00:20:07je voyais des corps
00:20:08j'ai compris que
00:20:09là ils ont passé
00:20:10je peux continuer par là.
00:20:11J'étais vraiment à sourd
00:20:13j'essayais vraiment à continuer.
00:20:15Après je suis parti à Patiche.
00:20:16Patiche c'est 17 kilomètres de là.
00:20:18A pied ?
00:20:19A pied.
00:20:2017 kilomètres j'ai fait à pied.
00:20:21Ce même jour.
00:20:23Quand je suis arrivé à Patiche
00:20:25ils m'ont donné à appeler mes parents.
00:20:27Mes parents ils étaient hackés
00:20:28ils ne savaient pas où je suis.
00:20:29Ils savaient que je suis dans la fête
00:20:31mais ils ne savaient pas
00:20:32si je suis mort, si je suis vivant
00:20:33si je suis kidnappé.
00:20:35Et là vraiment j'ai appelé mes parents.
00:20:37Donc vous y allez à pied ?
00:20:38J'étais à pied.
00:20:39Sans savoir d'ailleurs
00:20:40si vous allez être en sécurité
00:20:41sur le trajet là-bas.
00:20:42C'est une chance.
00:20:44C'est une chance.
00:20:45C'est que de la chance.
00:20:47Vraiment c'est...
00:20:49Moi vraiment je crois en Dieu.
00:20:51Je pense que
00:20:52de la fin à aujourd'hui
00:20:53tout ce que je fais là
00:20:54c'est pour vraiment raconter
00:20:55ce qu'il s'est passé.
00:20:56Je suis vivant aujourd'hui
00:20:58pour donner un peu
00:21:00comprendre ce qu'il s'est passé
00:21:01ce même jour.
00:21:02De la fin on est des jeunes.
00:21:03A quel âge ?
00:21:04Moi j'ai 25 ans.
00:21:05J'ai fêté il y a quelques jours.
00:21:07J'avais 23 ans et demi.
00:21:09Je faisais l'armée.
00:21:10J'étais combattant.
00:21:11Je sais c'est quoi une guerre.
00:21:13Je sais c'est quoi combattant
00:21:14contre combattant.
00:21:15Ça doit être comme ça.
00:21:16Ça doit pas être
00:21:17pour des mères de famille
00:21:18des bébés
00:21:19des gens qui viennent
00:21:20carrément pour une fête
00:21:22pour faire un kiff
00:21:23pour danser
00:21:24qui sont pleins de sourds
00:21:25ou les meilleurs amis
00:21:26devant eux ils crèvent.
00:21:27Et je peux vous dire que
00:21:30avant de jouer ils ont violé.
00:21:32Et quand ils ont violé
00:21:34ils ont fini violé à même
00:21:35ils ont même pas levé leurs pantalons
00:21:37ils tirent dans la tête
00:21:38l'un après l'autre.
00:21:39Il y avait des histoires
00:21:40c'était pas vraiment
00:21:41venir pour tuer
00:21:42c'était pour vraiment
00:21:43ils ont fait un kiff
00:21:45je sais pas qu'est-ce qu'ils ont fait là-bas
00:21:46ils ont...
00:21:47Ils ont la culture de la mort
00:21:48ils jouissent
00:21:49c'est l'islamisme.
00:21:51Quand des gens chez nous
00:21:53ont tué au 14 juillet
00:21:54c'est pareil.
00:21:55Vous êtes revenu combien de fois ici ?
00:21:56Cette fois c'est la deuxième fois.
00:21:59Donc vous n'étiez jamais revenu
00:22:02Même là aujourd'hui
00:22:03j'ai très du mal à venir.
00:22:05Toute cette route
00:22:06c'était très difficile pour moi.
00:22:08J'ai perdu de toute cette histoire
00:22:107 copains en tout.
00:22:11Parce que
00:22:12je vous ai dit aussi
00:22:13je suis combattant
00:22:14Moshé Baron
00:22:15qui était mon combattant
00:22:16Je le connais bien de Ranana.
00:22:17Oui de Ranana.
00:22:18Moi je suis de Ranana.
00:22:19Je m'occupe de Moshé Baron.
00:22:20Ah il est incroyable.
00:22:21Moshé Baron Abraham.
00:22:22C'était un lion
00:22:23dans le combat.
00:22:24J'étais son soldat.
00:22:26J'étais son soldat
00:22:27deux ans et demi.
00:22:28Il est incroyable.
00:22:30En tout moi j'ai perdu
00:22:326 copains
00:22:334 dans l'armée
00:22:34et
00:22:352 très bonnes copaines à moi
00:22:37dans la fête.
00:22:39Ce n'est pas un truc
00:22:40que je dois avoir
00:22:41que des grands-parents
00:22:42ont enterré ses enfants
00:22:43ou des mères
00:22:44qui ont enterré ses enfants
00:22:45qui sont partis en une fête
00:22:47comme on fait tous les semaines.
00:22:48Dans la fin on sort dans des fêtes
00:22:50on travaille très dur
00:22:52et on est partis vraiment
00:22:54pour s'amuser
00:22:55pour passer un beau moment
00:22:56et on s'est retrouvé
00:22:57dans un champ de mort.
00:22:59Je peux vous dire
00:23:00tout ce que j'ai vu
00:23:01dans mes yeux
00:23:02dans aucun film
00:23:03que j'ai vu de ma vie.
00:23:05Des morts sans tête
00:23:06carrément des corps
00:23:08qu'ils ont tués
00:23:10et ils ont carrément
00:23:11marché dessus.
00:23:14J'imagine que vous y pensez
00:23:15tous les jours.
00:23:16C'est dans mes rêves.
00:23:17Ça passe partout.
00:23:19C'est un truc
00:23:20qui ne va pas me lâcher
00:23:21toute ma vie.
00:23:22Khaim, merci beaucoup.
00:23:24C'est difficile
00:23:25de trouver les mots
00:23:26mais vous avez beaucoup
00:23:27de courage.
00:23:28Merci d'avoir
00:23:29trouvé le courage
00:23:30de nous dire ça.
00:23:31Je pense que c'est important
00:23:32que les gens
00:23:33y compris en France
00:23:34se rendent compte
00:23:35de ce qui s'est passé
00:23:36ici le 7.
00:23:37Parce que ça peut aussi
00:23:38nous arriver.
00:23:39On a été touché
00:23:40par des attentats
00:23:41tout aussi monstrueux
00:23:42en France.
00:23:43On est rentré
00:23:44dans des salles de concert
00:23:45on a tiré sur des gens
00:23:46pour la même idéologie
00:23:48et vous avez
00:23:49beaucoup de courage.
00:23:54Merci beaucoup.
00:23:55Merci beaucoup.
00:23:57J'ai mis chemin au train.
00:23:58On va continuer.
00:24:03Vous faites quoi aujourd'hui ?
00:24:07J'essaie vraiment
00:24:08de me remettre en place
00:24:09parce que j'avais
00:24:10un an très difficile.
00:24:12Vraiment, mes parents
00:24:13tous les jours
00:24:14j'ai une belle famille
00:24:15qui m'attends.
00:24:16Qui soutient.
00:24:17Comment tu as une famille ?
00:24:18Bracha.
00:24:19Tu as eu la bénédiction.
00:24:20Bracha, c'est bénédiction.
00:24:22Tu es béni.
00:24:23Khaim, tu continues
00:24:24avec nous
00:24:25vers l'endroit
00:24:26de l'ambulance.
00:24:27On continue.
00:24:31Vous travaillez ?
00:24:34Je n'aime pas vraiment
00:24:35travailler toute la semaine
00:24:37mais j'y arrive
00:24:38deux ou trois fois
00:24:39par semaine
00:24:40ou deux ou trois fois
00:24:41par jour
00:24:42par semaine.
00:24:43Pas des heures entières.
00:24:44Vraiment,
00:24:45j'ai des gens
00:24:46qui me comprennent
00:24:47dans la France.
00:24:48On était
00:24:49dans cette fête
00:24:504 000 personnes
00:24:51on n'a pas beaucoup vécu ça.
00:24:52Et ils me comprennent.
00:24:53Il y a beaucoup
00:24:54de personnes
00:24:55dans le pays
00:24:56qui ont beaucoup d'aide.
00:24:57Aujourd'hui,
00:24:58moi je suis 50%
00:24:59handicapé.
00:25:00Moi,
00:25:01je suis connu
00:25:02dans le pays
00:25:03que 50%,
00:25:0450% handicapé.
00:25:05Ça m'aide beaucoup
00:25:06aussi.
00:25:07Depuis la guerre ?
00:25:08Oui,
00:25:09depuis la guerre.
00:25:10Avant,
00:25:11il était commandant
00:25:12au Golani.
00:25:13Avant,
00:25:14avant,
00:25:15je voulais
00:25:16tout faire.
00:25:17Aujourd'hui,
00:25:18vous entendez
00:25:19les booms là ?
00:25:20Moi,
00:25:21quand j'entends
00:25:22un boom comme ça,
00:25:23je rentre
00:25:24dans moi-même
00:25:25et je ne sais pas
00:25:26même là.
00:25:27C'est quoi le boom
00:25:28pour vous ?
00:25:29C'est
00:25:30le bombardement
00:25:31de l'armée
00:25:32sur des
00:25:33endroits
00:25:34où ils ont
00:25:35des missiles
00:25:36sur Israël
00:25:37et sur
00:25:38l'État.
00:25:39D'accord.
00:25:40Pour moi,
00:25:41c'est très difficile
00:25:42de retrouver
00:25:43le Khaïm
00:25:44Brakha
00:25:45qu'il y avait avant.
00:25:46La vie.
00:25:47La vie même.
00:25:48C'est du travail
00:25:49tous les jours.
00:25:50C'est du travail,
00:25:51c'est...
00:25:53Oui.
00:25:58Khaïm Brakha.
00:25:59Bravo.
00:26:00Tu as un nom
00:26:01très disposé.
00:26:02La vie bénie.
00:26:03Khaïm Brakha
00:26:04bénie.
00:26:05Voilà.
00:26:06Khaïm bénie.
00:26:07Bravo.
00:26:08Un plaisir.
00:26:09Bon courage.
00:26:11Ça va Stéphane ?
00:26:12Bien.
00:26:15Merci.
00:26:16Merci beaucoup.
00:26:17Merci à vous.
00:26:18Merci beaucoup.
00:26:19Est-ce qu'on va faire
00:26:20monomètre
00:26:21quelques minutes à côté
00:26:22de l'endroit
00:26:23où il y avait l'ambulance ?
00:26:24Vous allez le voir
00:26:25à la fin de la journée
00:26:26à Khoma.
00:26:27Ils ont pris là-bas,
00:26:28ils ont mis
00:26:29toutes les voitures.
00:26:30Et à la fin,
00:26:31vous allez...
00:26:32Là, ce qu'on entend,
00:26:33c'est les opérations
00:26:34de...
00:26:35De salles.
00:26:36De salles.
00:26:37Exact.
00:26:38On est à combien
00:26:39de mètres là
00:26:40de la bande de Gaza ?
00:26:41800 mètres.
00:26:42Même pas un kilomètre.
00:26:43D'accord.
00:26:44Même pas.
00:26:45Et c'était un endroit
00:26:46
00:26:47il y a des très belles fleurs
00:26:48qui s'appellent
00:26:49en hébreu
00:26:50calanites.
00:26:51OK.
00:26:52Et le sud,
00:26:53le mot le sud,
00:26:54ça se passe...
00:26:55Ici, vous voyez
00:26:56les fleurs.
00:26:57C'est ça,
00:26:58les calanites.
00:26:59D'accord.
00:27:00Et cet endroit,
00:27:01il s'appelle
00:27:02Darom Adom.
00:27:03Darom,
00:27:04c'est le sud.
00:27:05Ah, c'est un coquelicot.
00:27:06D'accord.
00:27:07Darom, c'est le sud.
00:27:08OK.
00:27:09Et Adom,
00:27:10c'est rouge.
00:27:11D'accord.
00:27:12Et dans la période,
00:27:13il y a
00:27:14tout l'Israël,
00:27:15du pays,
00:27:16du monde
00:27:17qui arrive ici
00:27:18parce que c'est
00:27:19très joli à voir.
00:27:20Et pour nous,
00:27:21ces deux mots,
00:27:22le sud rouge
00:27:23est devenu
00:27:24un autre mot
00:27:25avec ce qui s'est passé
00:27:26ici.
00:27:27Vous avez dit...
00:27:28Le rouge du sang.
00:27:29Les attentats.
00:27:30Exact.
00:27:31C'est le sud rouge
00:27:32avec le rouge de notre sang,
00:27:33de notre peuple
00:27:34qui s'est passé ici
00:27:35dans ce massacre.
00:27:36Vous avez rappelé
00:27:37les attentats
00:27:38que vous avez eus.
00:27:39Oui.
00:27:40Vous avez un très grand
00:27:41attentat à Paris.
00:27:42Le Bataclan.
00:27:43Le Bataclan.
00:27:44Et le stade de foot.
00:27:45Et...
00:27:46Et les terrasses parisiennes.
00:27:47Le numéro
00:27:48de gens
00:27:49qui ont été assassinés
00:27:50à Paris
00:27:52que
00:27:53à l'endroit
00:27:54où on est
00:27:55en train de mettre
00:27:56notre pied.
00:27:57On a eu
00:27:58364
00:27:59assassinés
00:28:00ici.
00:28:01364,
00:28:02c'est uniquement
00:28:03le festival.
00:28:04Uniquement
00:28:05le festival.
00:28:06On continue.
00:28:07Il y avait des toilettes.
00:28:08Là,
00:28:09ils ne sont plus.
00:28:10Ils ont été
00:28:11toilette par toilette
00:28:12tuer les gens
00:28:13qui ont été
00:28:14plantés dans les toilettes.
00:28:15C'est terrible.
00:28:16Les heures passées
00:28:17sous les corps
00:28:18pour se protéger
00:28:19parce qu'il y a eu
00:28:20des gens
00:28:21qu'on les a tués.
00:28:22C'est terrible.
00:28:23Cet endroit
00:28:24où il y a eu
00:28:25des gens
00:28:26qui ont été
00:28:27tués
00:28:28c'est terrible.
00:28:29C'est un endroit
00:28:30où il y a eu
00:28:31des gens
00:28:32qui ont été
00:28:33tués.
00:28:34C'est un endroit
00:28:35où il y a eu
00:28:36beaucoup d'hommes
00:28:37qui ont été tués.
00:28:38Cet endroit
00:28:39même après
00:28:40qu'on est arrivé
00:28:41et on va
00:28:42encore raconter
00:28:43aussi à cedairock
00:28:44il y a des gens
00:28:45qui se sont cachés
00:28:46pendant des jours.
00:28:47Et ça faisait
00:28:48plusieurs jours après.
00:28:49Il y a eu des gens
00:28:50qui étaient aussi
00:28:51blessés
00:28:52et c'est possible
00:28:53que personne
00:28:54ne pouvait arriver
00:28:55à le soigner.
00:28:56Ca veut dire
00:28:57que ça a pris du temps
00:28:58et il y a eu
00:28:59comme
00:29:00l'armée
00:29:01la police
00:29:02et tous les secouristes
00:29:03on a travaillé
00:29:04partout
00:29:05Ça a pris son temps.
00:29:09L'armée a mis combien de temps à arriver sur place ?
00:29:12D'abord, ça dépend où.
00:29:13Oui, parce qu'il y a plusieurs...
00:29:15À la frontière de Gaza, on a eu toujours des...
00:29:20On a eu déjà des brigades qui étaient déjà sur place.
00:29:27Mais ce qui s'est passé ici avec l'attaque,
00:29:29il fallait avoir de l'armée qui arrive de dehors.
00:29:32D'abord, comme l'armée, on a...
00:29:35C'est notre poste d'être responsable sur la sécurité et la défense.
00:29:41On a fait échouer ce jeu-ci.
00:29:44C'est quelque chose qu'on n'a jamais fait avec toute la nation.
00:29:47Ici, on sait que l'endroit de la fête est autour de l'endroit de la fête.
00:29:54C'est une fête qui est plus que 24 heures.
00:29:57C'est quand même un grand festival.
00:29:59On amène les chaises, les tables.
00:30:01C'est un festival qui a lieu chaque année ?
00:30:03Oui.
00:30:04D'accord.
00:30:05Toujours ici, pas toujours à Réim ?
00:30:08Je ne suis pas spécialiste de fêtes,
00:30:11comme je suis à l'armée presque toute l'année.
00:30:14Mais je sais que dans cette région, il y a eu beaucoup de fêtes.
00:30:18C'est des fêtes très grandes et on en parle beaucoup.
00:30:23Il y a eu, parmi les gens qui sont venus,
00:30:26des handicapés qui arrivent pour faire leur repos,
00:30:29des familles avec les enfants,
00:30:31et des soldats qui sont sortis en congé.
00:30:34Il y a des soldats qui étaient ici, comme civils.
00:30:37Ils ont couru vers la base.
00:30:41Et dans la base, ils ont commencé à se battre.
00:30:44C'est un moment très difficile.
00:30:48Au début, quand on est arrivés,
00:30:51dans des endroits, ça a pris 24 heures à se déroter.
00:30:56Le lendemain matin, à 11 heures,
00:30:59j'étais là-bas dans la région.
00:31:02Parce qu'il y a combien de points d'attaque ?
00:31:04Il y en a plus que 66.
00:31:06Sauf que vous ne les connaissez pas au début.
00:31:08Donc il faut aller un peu partout.
00:31:10Ça prend énormément de temps.
00:31:12Exactement.
00:31:13Et ça prend aussi beaucoup de temps de comprendre
00:31:15exactement où est dirigée l'armée.
00:31:20Ce que je veux raconter ici, et on va continuer,
00:31:23c'est que ça c'est une bagnole, une voiture,
00:31:26c'est une ambulance.
00:31:28Mais par cette ambulance, on va comprendre
00:31:31un peu plus la photo tout autour.
00:31:34Après qu'on a fini, on est arrivés ici.
00:31:37On était aussi avec le ministre qui est arrivé
00:31:40après quelques jours.
00:31:42Il était déjà sur place et l'ambulance était encore ici.
00:31:45On a raconté au début qu'on a trouvé dans cette ambulance
00:31:48cinq morts.
00:31:51C'est-à-dire que l'ambulance a été brûlée ?
00:31:53L'ambulance a été brûlée avec des personnes à l'intérieur.
00:31:56Et au début, ce qu'on a trouvé, c'était les gens.
00:32:00Et un vendredi, un des lieutenants colonels
00:32:05qui était avec moi, il me dit
00:32:07« Voilà, vendredi je prends encore une équipe
00:32:09et je retourne ici. »
00:32:11C'était déjà vendredi, une semaine après.
00:32:13Je lui ai dit « On a déjà fini de ramasser
00:32:18tous les corps qu'on a trouvés ? »
00:32:21Il m'a dit « Je sais, mais je veux retourner
00:32:23parce que j'ai l'impression qu'on n'a pas fini. »
00:32:26Alors comme chaque commandant est assez sérieux,
00:32:30je lui ai dit « Tu sais ce que tu fais,
00:32:32prends, voilà une équipe et tu vas. »
00:32:35La nuit, il retourne et il me dit
00:32:38« J'ai quelque chose de te raconter.
00:32:41Impressionnant, ce n'est pas le mot que je cherche.
00:32:44Il m'a dit « On a trouvé encore trois cadavres. »
00:32:47Je lui ai dit « Où ? »
00:32:49Il m'a dit « Comme on a pensé que l'ambulance
00:32:51était une voiture 4x4.
00:32:54Ça veut dire qu'elle était haute.
00:32:56On ne savait pas que c'était un ambulance.
00:32:58Il a dit « Je voulais tourner l'ambulance.
00:33:01Et il a trouvé un, deux, trois.
00:33:05Vous voyez ça, c'est un dos.
00:33:08Et il a trouvé parmi les dos,
00:33:11il a trouvé cette bague.
00:33:14Donc les trois personnes en question
00:33:16étaient cachées sous la voiture.
00:33:18Comme la voiture, ils l'ont montée en feu.
00:33:21Ils se sont retrouvés prisonniers.
00:33:23Exact.
00:33:24Et cette bague, c'est la bague de Matane.
00:33:28C'était le DJ du festival.
00:33:31Ça, ça a commencé,
00:33:35comme on dit en hébreu,
00:33:37« Effect dominant ».
00:33:39Comme le jeu domino.
00:33:41Exact.
00:33:42Ça a commencé de dire « Regardez.
00:33:45Arrêtez de soulever les voitures.
00:33:47C'est possible que sous les voitures,
00:33:49on a encore nos gens, nos peuples. »
00:33:52Ça veut dire qu'on a encore des centaines
00:33:54de kidnappés.
00:33:55Comment il a eu cette intuition ?
00:33:57D'abord, il était dans l'unité
00:34:00qui est spéciale de chercher
00:34:02les gens qui sont perdus.
00:34:05Une impression.
00:34:08Après qu'il a continué cette histoire,
00:34:10on a trouvé déjà cinq.
00:34:12Avec ces trois cadavres, ça fait huit.
00:34:15On a amené les archéologues.
00:34:17En une voiture.
00:34:18On a amené les archéologues.
00:34:21Vous êtes combien de jours après le 7 octobre ?
00:34:24Vendredi, une semaine après.
00:34:26La semaine d'après, on amène les archéologues.
00:34:29Lui, sa spécialité,
00:34:31ce n'est pas la police,
00:34:33ce n'est pas de trouver des cadavres.
00:34:35C'est de chercher l'archéologie,
00:34:37des pièces, des pierres.
00:34:39Il commence à chercher.
00:34:41Avec les seaux, on a trouvé
00:34:45encore une dizaine de personnes
00:34:47dans cette ambulance.
00:34:49Maintenant, je vais raconter
00:34:51l'histoire de Shani.
00:34:53Le père de Shani, Shani Gabay,
00:34:56était ici.
00:34:57Les personnes en question étaient dans l'ambulance.
00:35:00Ils les ont tuées, ils ont mis le feu à l'ambulance ?
00:35:03Dans l'ambulance, il y a eu des blessés.
00:35:06Ils ont tiré sur l'ambulance.
00:35:08L'ambulance a essayé de sortir d'ici.
00:35:10L'ambulance, ça se voit.
00:35:12Ils ont lancé un missile sur l'ambulance.
00:35:16L'ambulance a pris feu.
00:35:18Shani Gabay, c'est une histoire
00:35:20qu'on a eu encore quelques histoires comme ça.
00:35:23Avec elle, on a compris
00:35:25encore un autre chapitre
00:35:28dans notre histoire d'Israël du 7 octobre.
00:35:32Ils ont trouvé le collier
00:35:34de Shani par terre.
00:35:36Maintenant, quand on a pris le collier
00:35:38et ils l'ont pris à la police
00:35:40pour comprendre le DNA,
00:35:42il y a eu un dent,
00:35:44pas de Shani,
00:35:46d'une autre personne
00:35:48qui était déjà enterrée.
00:35:50Ils ont demandé à la famille
00:35:52l'autorisation d'ouvrir le cercueil.
00:35:58Ils sont rentrés dans le cercueil.
00:36:00Ils ont sorti.
00:36:02Ils ont fait le DNA.
00:36:04Ils ont trouvé que parmi le corps,
00:36:06ils se sont rassemblés
00:36:08avec le corps de Shani Gabay
00:36:10qui était enterré déjà quelques jours avant.
00:36:1250 jours après,
00:36:14on a trouvé Shani dans un autre cercueil.
00:36:17La personne où on a trouvé
00:36:20le dernier,
00:36:22il s'appelle Eliakim Livman.
00:36:24Eliakim Livman était ici
00:36:26par la sécurité civile
00:36:28sur le festival,
00:36:30exactement comme il se passe
00:36:32dans le stade en France.
00:36:34Et lui qui était combattant,
00:36:36il ne s'est pas sauvé.
00:36:38Au début, il y a eu des films
00:36:40où on le voit dire aux gens
00:36:42sauvez-vous, partez d'ici.
00:36:44Il y a des gens qui sont venus
00:36:46la deuxième fois.
00:36:48Il est resté sur place
00:36:50même s'il n'était pas armé.
00:36:52Il est resté sur place
00:36:54pour sauver les gens.
00:36:56Il est monté dans l'ambulance
00:36:58parce qu'il était aussi secouriste
00:37:00pendant son entraînement à l'armée.
00:37:02Et il trouve sa mort
00:37:04dans l'ambulance.
00:37:06La famille était sûre
00:37:08pendant 200 jours
00:37:10qu'il était kidnappé.
00:37:12Après 210 jours,
00:37:14avec la même façon,
00:37:16pour chercher les gens
00:37:18qu'on a déjà enterrés
00:37:20200 jours avant,
00:37:22Eliakim est enterré
00:37:24210 jours après le 7 octobre.
00:37:26Il l'a trouvé
00:37:28dans un autre cercueil
00:37:30de Victoria.
00:37:32Maintenant,
00:37:34ça s'est passé exactement
00:37:36où on est ici.
00:37:38On ne va pas finir
00:37:40notre mission
00:37:42puisqu'on va amener
00:37:44tous nos peuples
00:37:46qui étaient kidnappés.
00:37:48Et comme vous l'avez dit
00:37:50au début de cette journée,
00:37:52c'est une journée
00:37:54qu'on va la prendre avec nous
00:37:56dans notre sang,
00:37:58dans notre pensée.
00:38:00Encore beaucoup d'années
00:38:02avec nous
00:38:04et avec nos enfants.
00:38:08Et on va continuer à vivre
00:38:10parce que le peuple d'Israël,
00:38:12c'est un peuple très fort.
00:38:14Deuxièmement, c'est un peuple
00:38:16qui donne l'espoir.
00:38:18Quand on l'entend,
00:38:20ça s'entend normal,
00:38:22mais ce n'est pas normal.
00:38:24Quand on dit qu'à côté
00:38:26de chaque station d'enfants
00:38:28il y a une chambre blindée
00:38:30parce qu'on est habitué
00:38:32à des bombardements,
00:38:34je pense que le 7 octobre,
00:38:36on s'est dit qu'on allait
00:38:38être bombardés.
00:38:40Le peuple d'Israël,
00:38:42il veut la paix.
00:38:44Cet endroit voulait la paix.
00:38:46Il s'est habitué
00:38:48à vivre dans une façon
00:38:50dont il ne faut pas s'habituer.
00:38:52Il ne faut pas s'habituer
00:38:54à ce que le Hamas,
00:38:56chaque deux ou trois ans,
00:38:58soulève la tête et bombarde Israël.
00:39:00Et nous, on veut la paix,
00:39:02alors on essaie de faire très fragile,
00:39:04de ne pas réagir très fort.
00:39:06Et parmi ce qui s'est passé maintenant
00:39:08et qui s'est kidnappé,
00:39:10on est obligé,
00:39:12comme peuple, comme pays,
00:39:14de ramener tous nos enfants
00:39:16en Israël.
00:39:18Les vivants et les...
00:39:20Il reste combien d'otages aujourd'hui ?
00:39:22Aujourd'hui, on a...
00:39:2659.
00:39:28Avec les corps.
00:39:30Il faut aussi détruire le Hamas.
00:39:32Je crois que c'est aussi un début de la guerre.
00:39:34Vous avez retrouvé combien en fouillant les voitures ?
00:39:36Plus que centaines.
00:39:38En plus ?
00:39:40En plus, dans beaucoup de voitures,
00:39:42pas que ici.
00:39:46Pour chercher et trouver,
00:39:48c'est des...
00:39:50Des fois, c'est des...
00:39:52C'est comme ça
00:39:54qu'on dit à une famille,
00:39:56on va là, on a trouvé.
00:39:58C'est possible que dans cette photo,
00:40:00tu aies trois ou quatre personnes,
00:40:02parce qu'avec le feu
00:40:04qui était terriblement fort,
00:40:06il ne reste presque rien du tout.
00:40:08Donc Faraj là,
00:40:10et après, quand on a compris
00:40:12ce domino-effect,
00:40:14ils ont fermé
00:40:16toutes les maisons et recommencé à chercher
00:40:18dans tous les endroits où on était déjà.
00:40:20Parce que vous pensiez en fait que les personnes étaient prises en otages.
00:40:22Exact.
00:40:24On n'a pas pensé à chercher en petits morceaux.
00:40:26Bien sûr.
00:40:28Je vais te dire quelque chose sur la tâche de la gouffre,
00:40:30c'est qu'ils sont venus avec des batailles,
00:40:32avec de la benzine,
00:40:34sur les corps,
00:40:36pour brûler les corps.
00:40:38C'était une partie de la tâche.
00:40:40Il y a la petite Journaud,
00:40:42qui est une petite Française, qui était avec le plâtre.
00:40:44Son père,
00:40:46c'est Doran Journaud que j'ai connu.
00:40:48C'est la fille handicapée ?
00:40:50On lui a donné une dent.
00:40:52Ce qu'il reste de sa fille,
00:40:54c'est une dent. Ils ont brûlé le corps.
00:40:56Et pendant longtemps, on pensait qu'elle était en otage,
00:40:58on pensait qu'elle était otage,
00:41:00mais finalement,
00:41:02le père m'a dit ce que j'ai de ma fille,
00:41:04c'est une dent.
00:41:06Tout le reste, c'était des cendres.
00:41:08Une petite Française.
00:41:10Ça, c'est la tête de la fille.
00:41:12Non, pas de la fille de Journaud.
00:41:14Une fille qui était dans cette ambulance,
00:41:16handicapée.
00:41:18C'est une histoire
00:41:20qu'en Israël, tout le monde attendait
00:41:22de comprendre, comme elle était handicapée,
00:41:24dans une chaise roulante.
00:41:26Son père l'a prise dans chaque festival.
00:41:28Ça, c'est l'examen.
00:41:30Voilà.
00:41:32Ça, c'est bon ?
00:41:34Très bien.
00:41:36Si vous voulez, on peut aller voir les photos.
00:41:46On l'a beaucoup vu sur les réseaux.
00:41:50Il y a toutes les photos sur les parents.
00:41:52Je vous conseille qu'on...
00:41:54D'avoir l'épaule.
00:41:58C'est une façon de...
00:42:00C'est devenu le sang.
00:42:02Exactement.
00:42:04Le rouge est devenu la couleur du sang.
00:42:16Les rescatés reviennent ici, apparemment ?
00:42:18Ça dépend.
00:42:20Chacun va agir autrement.
00:42:24Il y a des gens qui ne sortent même pas de leur chambre.
00:42:26Il y a des gens qui commencent à raconter
00:42:28pour que le peuple continue à comprendre
00:42:30notre chapitre de l'histoire.
00:42:34C'est d'ici qu'on voyait les vidéos
00:42:36avec les parapentes du Hamas qui arrivaient ?
00:42:38Non, ils ne sont pas arrivés ici.
00:42:40Ils sont arrivés à Netteva, à Sarra,
00:42:42et à Farazan.
00:42:44C'est là-bas.
00:42:46Mais c'était le lieu du festival.
00:42:48Ici, ils sont arrivés avec les bagnoles
00:42:50et les motos.
00:42:52Une centaine.
00:42:54Putain...
00:42:56Donc c'était ici précisément,
00:42:58sur le terminal de tout à l'heure.
00:43:00Exactement ici.
00:43:02L'endroit du...
00:43:04C'était ici
00:43:06l'endroit du festival
00:43:08avec les gens danser.
00:43:10On a trouvé des cadavres
00:43:12dans les frigos.
00:43:14Les gens qui ont essayé
00:43:16de s'échapper ou de se cacher.
00:43:18C'est là-bas.
00:43:20C'est là-bas.
00:43:22Les gens qui ont essayé
00:43:24de s'échapper ou de se cacher.
00:43:26Ils sont rentrés dans les frigos
00:43:28de bière et de Coca-Cola.
00:43:30Et il y a eu le film
00:43:32que vous allez voir aussi aujourd'hui.
00:43:34Les gens qui se sont cachés
00:43:36dans les toilettes.
00:43:38Ils sont passés sur toutes les toilettes
00:43:40et en train de tirer sur toutes les portes.
00:43:42Et on est arrivé pour...
00:43:44Après qu'on a fini de se battre,
00:43:46on a commencé à chercher les gens.
00:43:48C'est de passer dans...
00:43:50Chaque chambre, chaque toilette,
00:43:52tu trouves un cadavre.
00:43:54Tu ouvres les...
00:43:56Ici, j'ai encore une autre photo
00:43:58avec les...
00:44:00les réfrigérateurs.
00:44:02Et tu trouves les gens dedans.
00:44:04Des filles de 18 ans.
00:44:06Moi, je suis père à 6 enfants.
00:44:08Mon fils, il a 19 ans.
00:44:10Tu as l'impression que tu regardes ses amis.
00:44:14C'est quelque chose qui est très...
00:44:16très difficile à...
00:44:18Dans cette histoire, on continue
00:44:20à travailler
00:44:22et chaque jour de retourner.
00:44:24Et...
00:44:28C'est un très grand...
00:44:30Les voyages d'âge, c'est quoi, 25 ans?
00:44:32Oui. Déjà.
00:44:36Et la soirée a duré combien de temps
00:44:38au total?
00:44:40La...
00:44:42L'attaque.
00:44:44Ça, c'était les toilettes.
00:44:46Là, c'est parce qu'on était là.
00:44:48Je m'imagine que les gens se cachaient.
00:44:50Ils étaient tous là-bas, il y avait des lignes,
00:44:52parce que c'est les toilettes qu'on fait pour les festivals.
00:44:54Ils sont rentrés un par un, ils les ont tous fumées un par un.
00:44:56Il y en a un ou deux qui ont réussi à suivre un blessé.
00:45:00Plus que 24 heures.
00:45:02On a eu des...
00:45:04Les endroits qui étaient
00:45:06Steyroth, Berry, Farasa,
00:45:08c'est plus que 24 heures de combat
00:45:10dans les implantations.
00:45:12Et ça...
00:45:14Après, il y a eu encore
00:45:16un mardi, lundi matin,
00:45:18encore à côté de Steyroth, on a perdu
00:45:20trois soldats à moi.
00:45:22Il y avait la population civile palestinienne
00:45:24qui était là. Les civils palestiniens étaient là aussi.
00:45:26Je veux dire que les civils palestiniens
00:45:28qui sont arrivés ici,
00:45:30pour nous, c'est des terroristes aussi.
00:45:32Ils sont venus.
00:45:34C'est-à-dire qu'en fait, les terroristes étaient suivis par des civils
00:45:36qui venaient piller,
00:45:38participer au massacre.
00:45:40Exact. Et c'est à cause de ça que
00:45:42parmi nos kidnappés, il y a des kidnappés
00:45:44qui étaient au début dans des maisons...
00:45:46Dans des familles. Dans des familles normaux,
00:45:48dans des endroits, dans des
00:45:50régions où il y a des...
00:45:52La civile...
00:45:54Ah oui, d'accord. Avec les écoles,
00:45:56on a trouvé...
00:45:58C'est...
00:46:00C'est ça, le massacre ?
00:46:02Alors, quand on me dit
00:46:04qu'il y a des civils qui sont venus ici pour voler,
00:46:06tu vois des civils qui sont venus
00:46:08pour voler avec une moto, et ils ont volé.
00:46:10Ils ont volé la vie.
00:46:12Ils ont volé des gens vivants.
00:46:14Alors, ça ne s'appelle pas de voler,
00:46:16c'est kidnapper. Ils ont violé. Exact.
00:46:18Est-ce que des terroristes sont restés
00:46:20ensuite plusieurs jours, ou est-ce qu'ils sont tous repartis...
00:46:22Oui, on a... Comme l'armée,
00:46:24on était... Avec l'armée
00:46:26et la police, on a... On les a cherchés
00:46:28partout et...
00:46:30On a...
00:46:32Parmi les...
00:46:34Les terroristes de Hamas,
00:46:36de Nourba, on a des gens
00:46:38qui sont en prison maintenant.
00:46:40Ceux qui étaient
00:46:42avec nous en combat,
00:46:44ils sont morts, et ceux qu'on pouvait les attraper
00:46:46pour comprendre aussi toute l'histoire,
00:46:48trouver les...
00:46:50Les plans,
00:46:52la façon dont ils sont arrivés
00:46:54à chaque implantation, et de montrer
00:46:56voilà, cette maison ici,
00:46:58la façon dont le ministre l'a dit,
00:47:00c'était très...
00:47:02Très...
00:47:04Organisé.
00:47:06Qui rentre pour tuer,
00:47:08qui rentre pour kidnapper,
00:47:10qui brûle les maisons.
00:47:12Dans les maisons, il y a eu des gens, des familles qui sont rentrées
00:47:14dans la chambre de sécurité.
00:47:16Ils sont montés en feu.
00:47:18L'armée de l'air est arrivée très tardivement,
00:47:20parce que les gens disent, pourquoi les hélicoptères de combat...
00:47:22À quelle heure vous avez vu les hélicoptères arriver ?
00:47:24Ça... D'abord, ça...
00:47:26C'est pas à moi de...
00:47:28De demander cette question.
00:47:30Et...
00:47:32Ça nous a pris du temps
00:47:34à grandir
00:47:36de ce qui s'est...
00:47:38Les différents points d'attaque.
00:47:40Et au même moment, aussi, de...
00:47:42Je veux dire, là...
00:47:44Évidemment, à échelle très...
00:47:46Différente, mais ce qui s'est passé à Paris,
00:47:48on en parlait tout à l'heure, en novembre 2015,
00:47:50la difficulté pour les services de sécurité,
00:47:52c'est qu'en fait, au fur et à mesure que la police
00:47:54se déploie, il y a d'autres points d'attaque qui sont signés,
00:47:56et donc là, plus personne ne sait où aller, en réalité.
00:47:58Exact.
00:48:01On va continuer pour...
00:48:04Oui, si tu veux, oui.
00:48:07On va fermer.
00:48:09Ok.
00:48:31Ça, c'est Matane.
00:48:33Ça, c'est Matane.
00:48:39On va faire un micro-tendu, il y a de la place derrière, prenez du champ s'il vous plaît.
00:49:04Qu'est-ce que vous retenez de ce micro-tendu ?
00:49:24On va prendre du champ, il y a de l'espace derrière, reculez d'un pas.
00:49:40Qu'est-ce que vous retenez de cette visite, de ce premier lieu des massacres du 7 octobre ?
00:50:06Je suis venu ici d'abord parce que je crois que c'est vital pour nous de ne jamais oublier ce qui s'est passé le 7 octobre 2023 ici en Israël
00:50:18et ce dont a été capable l'islamisme et le mouvement terroriste du Hamas,
00:50:23qui dans une barbarie absolument indicible a massacré des jeunes, des civils, des innocents qui étaient venus ici s'amuser,
00:50:32dans des conditions qui sont d'une horreur et d'une barbarie sans précédent.
00:50:38Et je suis aussi venu dire que face à cette menace et face au terrorisme, toutes les démocraties doivent travailler main dans la main, doivent travailler ensemble.
00:50:47J'ai eu l'occasion de rappeler tout à l'heure que sur les centaines de victimes qui ont perdu la vie ici en Israël,
00:50:54il y a 42 de nos compatriotes qui ont été abattus froidement, que ce soit ici au festival ou dans les kibbouts aux alentours.
00:51:01Et je crois absolument fondamental non seulement de ne jamais oublier, mais de rappeler que l'islamisme est une menace existentielle pour nos démocraties,
00:51:10une menace vitale peut-être la plus importante.
00:51:12Et moi je suis extrêmement inquiet de voir que l'idéologie du Hamas, que combat ici Israël, est une idéologie qui est déjà présente en France et en Europe depuis maintenant plusieurs années.
00:51:23Ce qui s'est passé ici le 7 octobre rappelle le mode opératoire que nous avons connu en novembre 2015,
00:51:29au Bataclan, au Stade de France et sur les terrasses parisiennes.
00:51:33Et je crois plus que jamais à l'impérieuse nécessité d'unir nos voix, d'unir nos forces face au terrorisme islamiste
00:51:41et face à la barbarie, face à des gens qui ne veulent pas se séparer de notre civilisation,
00:51:47mais qui veulent purement et simplement l'anéantir dans la barbarie la plus dure et la plus violente.
00:51:52Votre visite n'est pas forcément appréciée par tout le monde, on l'a vu vous avez été accueilli par un français de confession juive,
00:51:58qui rappelait notamment le passé de votre parti, certains n'ont pas oublié, l'état israélien semble avoir tourné la page,
00:52:06mais certains n'ont pas oublié le parti duquel vous venez, qui était celui de Jean-Marie Le Pen, condamné pour antisémitisme.
00:52:12Moi je ne fais pas de la politique dans le rétroviseur, et à ce jeu-là je pense que l'on pourrait trouver à redire sur beaucoup de partis politiques français.
00:52:20Je rappelle que le parti socialiste est l'héritier de la SFIO qui a voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940,
00:52:28donc je ne suis pas certain que ce soit extrêmement pertinent comme lecture.
00:52:31Moi j'ai toujours été extrêmement clair sur le rapport de notre mouvement à la mémoire, le rapport de notre mouvement à la seconde guerre mondiale,
00:52:40moi je considère que le régime de Vichy fait partie des heures sombres de l'histoire française,
00:52:45mais que l'honneur et la dignité de la France se trouvaient à Londres, aux côtés du général de Gaulle.
00:52:50C'est dans cette lecture historique que j'inscris mon engagement politique, l'antisémitisme est une cause qui dépasse les frontières françaises,
00:52:59et je m'inquiète de voir cette recrudescence d'un antisémitisme d'atmosphère en France et en Europe depuis une dizaine d'années,
00:53:08mais depuis essentiellement le 7 octobre, il y a eu 1600 actes antisémites qui ont été recensés en 2024,
00:53:15c'est autant qu'en 2023, il y a eu beaucoup de violence, de haine à la suite du 7 octobre,
00:53:21et encore il y a quelques heures dans les rues de France, dans les rues d'Orléans,
00:53:25où un rabbin a été agressé devant son enfant parce qu'il était juif, parce qu'il portait une kippa,
00:53:30donc je pense et je crois très sincèrement que nos compatriotes de confession juive,
00:53:35au-delà des propos extrêmement politiques qui sont tenus par des organisations associatives françaises,
00:53:42connaissent la sincérité de notre engagement, et savent que la menace aujourd'hui qui pèse sur leur sécurité, sur leur liberté,
00:53:49c'est le fondamentalisme islamiste, c'est le fondamentalisme islamiste qui a tué ici le 7 octobre,
00:53:54c'est le fondamentalisme islamiste qui menace la nation israélienne,
00:53:57et c'est le fondamentalisme islamiste qui est aujourd'hui la menace existentielle,
00:54:01qui a tué plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de nos compatriotes,
00:54:04depuis les attaques de Mohamed Merah en 2012 à Toulouse et à Montauban,
00:54:10donc je pense que les Français de confession juive connaissent la sincérité de notre engagement,
00:54:16celle de Marine Le Pen, qui a toujours été irréprochable sur ce sujet,
00:54:20et je crois que nous apparaissons aujourd'hui comme un socle extrêmement solide,
00:54:25et comme un bouclier pour nos compatriotes de confession juive.
00:54:28Maintenant moi je vais vous dire, je n'ai aucune difficulté, je n'aurai jamais la main qui tremble à condamner l'antisémitisme,
00:54:33qu'il vienne de l'extrême gauche, de l'extrême droite,
00:54:36ou qu'il soit le fait du totalitarisme islamique qui est aujourd'hui en train de s'installer dans la société française dans la durée.
00:54:42Il y a une crainte aujourd'hui dans votre parti ?
00:55:12Pour les valeurs judéo-chrétiennes, pour la civilisation occidentale, l'islamisme radical.
00:55:17Nous ne parlons pas de tous les musulmans, nous parlons de l'idéologie de la fraternité musulmane,
00:55:22qui est l'idéologie de Hamas.
00:55:24Quand vous regardez les statistiques,
00:55:27ce qui s'est passé en France, Charlie Hebdo, Hyper Cashier, Toulouse,
00:55:31ce samedi avec le rabbin inouer Léon,
00:55:34ces attaques ont tous été commises par des islamistes radicaux.
00:55:39C'est la crainte pour la communauté juive,
00:55:42et non seulement pour la communauté juive,
00:55:44mais aussi pour la France en elle-même.
00:55:46Et donc, je pense que ce que nous avons besoin,
00:55:49ce sont des leaders qui sont audaces,
00:55:52qui abandonnent la correctivité politique,
00:55:54qui est inutile,
00:55:56qui disent exactement quelle est la crainte,
00:55:59et qui sont prêts à prendre des actions sérieuses,
00:56:03comme nous le voyons maintenant dans les Etats-Unis avec les déportations
00:56:06de terroristes pro-Hamas et pro-Hezbollah des Etats-Unis,
00:56:10qui défendent des universités qui ne peuvent pas tirer contre l'antisémitisme.
00:56:13C'est ce que nous avons besoin.
00:56:15Nous avons besoin d'actions.
00:56:16Et maintenant, voyons les actions faites par ce parti depuis octobre 7.
00:56:21Jusqu'à ce que je me souvienne,
00:56:23c'était Marine Le Pen qui est allée avec la communauté juive
00:56:27pour la parade contre l'antisémitisme.
00:56:30Malheureusement, Macron a décidé de ne pas atteindre le rallye.
00:56:35Deuxièmement,
00:56:37quand le Premier ministre de l'Israël
00:56:39et le ministre de la Sécurité de l'Israël
00:56:42ont été accusés à l'ICC,
00:56:45et qu'ils avaient un warrant d'arrestation contre eux,
00:56:49aucune condamnation n'est venue de l'administration.
00:56:54Je suis heureux d'être ici aujourd'hui
00:56:58et d'accueillir la communauté juive.
00:57:02Cette guerre,
00:57:05c'est une guerre de la communauté juive.
00:57:13C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:18C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:20C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:22C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:24C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:26C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:28C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:30C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:32C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:34C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:36C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:38C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:40C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:42C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:45C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:47C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:52C'est une guerre de la civilisation occidentale.
00:57:57...
00:57:58J'ai désaccordé.
00:57:59On ne peut pas...
00:58:00On algorithms le plus bien
00:58:07Je ne pensais pas...
00:58:12...
00:58:13Je ne sais pas.
00:58:27Donc,
00:58:30Je ne sais pas.
00:58:42Mais la nouvelle génération
00:58:46a son propre potentiel.
00:58:51Non.
00:59:00Nous aussi.
00:59:07Donc,
00:59:11le chip
00:59:15Est-ce qu'il est là?
00:59:22Il l'a aussi entendu pour la première fois,
00:59:25c'était très
00:59:30C'est comme ça que vous vous battez.
00:59:32C'est comme ça que vous vous battez.
00:59:333 ennemis
00:59:35et
00:59:36par contre
00:59:37c'est un ennemi commun.
00:59:39Merci à tous.
00:59:41Merci à tous.
00:59:43On a.
00:59:45On a pas attendu.
00:59:47On a pas attendu.
00:59:48Mais écoutez.
00:59:49On en a.
00:59:50Non mais,
00:59:51si vous voulez trouver des choses à nous reprocher,
00:59:53vous pouvez toujours trouver des choses à nous reprocher.
00:59:55La réalité, c'est que
00:59:57notre rôle aujourd'hui,
00:59:58le rôle du Rassemblement National sur l'échiquier français,
01:00:00européen et international,
01:00:01la manière dont nous sommes reçus et perçus
01:00:03par des gouvernements étrangers,
01:00:04je vous rappelle que
01:00:05il y a quelques jours,
01:00:06Marine Le Pen était en déplacement au Tchad,
01:00:08reçu par le chef d'état.
01:00:09Nous apparaissons aujourd'hui comme
01:00:11des gens qui sommes en capacité
01:00:13de diriger la France
01:00:15dans quelques mois.
01:00:16Et par conséquent,
01:00:17dans ce cadre-là,
01:00:18nous avons vocation à dialoguer,
01:00:20à travailler étroitement
01:00:22avec toutes les nations qui luttent
01:00:24à la fois pour leur sécurité,
01:00:25mais qui luttent aussi contre le fondamentalisme islamiste.
01:00:28Et il se trouve que,
01:00:29en la matière et s'agissant du Hamas,
01:00:31nous avons les mêmes adversaires.
01:00:32Et je le disais tout à l'heure,
01:00:34la réalité, c'est que
01:00:36l'idéologie qui est combattue aujourd'hui par Israël,
01:00:38elle est déjà sur le sol français.
01:00:39Et c'est ça, moi, qui me perturbe.

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