Laurent Wauquiez, président du groupe “Droite républicaine” à l'Assemblée nationale, était l’invité du Face à Face de BFMTV et RMC ce mercredi 26 mars. Il a été interrogé sur le voile dans le sport, le fait religieux en entreprise, la présidence des Républicains ou encore les retraites.
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00:00Vous êtes bien sur RMC et BFM TV, bonjour Laurent Wauquiez, merci de répondre à mes questions ce matin.
00:07Vous êtes président du groupe droite républicaine à l'Assemblée nationale, vous avez été président de la région Auvergne-Rhône-Alpes,
00:12et vous êtes candidat à la présidence du parti Les Républicains.
00:16De nombreuses questions à vous poser ce matin.
00:19Je voudrais qu'on commence par ce sondage, sondage choc sur le fait religieux, le fait religieux en entreprise.
00:26Ce n'est plus un tabou et c'est même de plus en plus toléré, notamment chez les jeunes et les jeunes collègues.
00:32Près de la moitié des 18-25 ans disent aujourd'hui trouver acceptable que l'on puisse refuser de s'asseoir là où une personne de l'autre sexe s'est assise.
00:41Près de la moitié des 18-25 ans disent trouver acceptable de refuser de rentrer en contact avec des clients d'un autre sexe.
00:50Est-ce que ça ne veut pas dire qu'au fond, désormais, pour les jeunes, la question de la pratique rigoriste, religieuse, ça fait partie du paysage, y compris dans les entreprises ?
01:01J'ai vu le sondage et il m'a glacé le sang.
01:05Parce qu'il dit quelque chose de ce à quoi on a renoncé.
01:08Il faut juste qu'on comprenne bien, c'est-à-dire que la moitié quasiment de nos enfants considèrent normal de ne pas serrer la main d'une femme.
01:16C'est juste dingue.
01:19C'est pour ça d'ailleurs que je me suis engagé avec beaucoup de fermeté sur cette question du port du voile sur les terrains de sport.
01:26Parce qu'en fait, à force d'avoir reculé, d'avoir petit à petit accepté que le terrain de la laïcité soit grignoté,
01:34on perd sur les nouvelles générations les valeurs de la République.
01:37Mais ces jeunes-là disent l'accepter au nom de la tolérance.
01:42Oui, mais je pense que c'est exactement l'inverse.
01:45Vous savez, j'ai été, je ne l'ai jamais oublié, membre de la commission Bernard Stasi qui s'est occupé de l'interdiction du voile dans les enceintes scolaires.
01:54C'est d'ailleurs la seule commission qui aboutit à une décision qui ensuite a été intégralement respectée, parce qu'on a fixé une règle claire.
02:00À ce moment-là, il y a eu un témoignage qui m'a énormément marqué.
02:03C'est des jeunes filles, étudiantes, adolescentes, qui avaient demandé à témoigner et qui ont dit
02:08si vous ne mettez pas cette interdiction, on n'aura pas le choix.
02:11On sera obligés de porter le voile.
02:13Et donc non, c'est de la fausse tolérance.
02:15C'est de la fausse liberté.
02:17Dernière, il y a un travail d'entrisme, il y a un travail des frères musulmans dans notre société.
02:21Et dès qu'on laisse l'espace public se faire grignoter, eh bien, on aboutit petit à petit à cette inversion de nos valeurs.
02:27Et je précise pour ceux qui nous écoutent sur AMC que, en même temps que vous disiez ça, vous faisiez le geste au fond de, comme quand on dit,
02:33si vous donnez ça, on vous prend ça avec votre bras.
02:36Laurent Wauquiez, vous avez mentionné à l'instant la question du voile.
02:40Vous avez sans doute entendu cette différence de position, on pourrait presque dire un match,
02:46entre certains dans le sport et d'autres sur la question du port du voile dans les compétitions sportives.
02:51Teddy Riner, le grand champion Teddy Riner, qui dit, je crois qu'en France, on perd notre temps sur des choses
02:56et surtout, on ne se sert pas des choses pour mettre la lumière là où il ne faut pas.
03:00Et il précise, en l'occurrence, qu'il estime que l'on est toujours contre une certaine religion.
03:06L'autre, au contraire, et notamment le champion du monde de boxe, Mayar Monchipour, lui répond,
03:11Teddy, tu ne connais pas le sujet, ne t'en mêles pas, et il dit, permettre que des jeunes filles soient couvertes
03:16parce qu'elles attiseraient la convoitise des hommes, dans ce moment de liberté qu'est le sport,
03:20c'est tuer leur liberté. Que faire ?
03:23J'adore Teddy Riner, mais là, je suis en total désaccord avec lui.
03:27Et je pense que c'est un vrai aveuglement.
03:30Et Monchipour, d'ailleurs, qui a été confronté lui-même, parce qu'il sait ce dont il parle, le dit très bien.
03:35D'origine iranienne.
03:36Bien sûr qu'il y a un travail pour essayer d'utiliser le sport comme un lieu de prosélytisme.
03:41Quand le maire de Grenoble avait, dans ma région, menacé de mettre le burkini dans les piscines municipales,
03:48j'avais immédiatement décidé de suspendre toutes les aides de la région.
03:52Et là où, en revanche, Teddy Riner a raison sur un point, c'est qu'il dit, moi j'en ai assez qu'on ait ces débats et qu'il ne se passe rien.
03:58Et là, je suis d'accord avec lui.
04:00Parce que ce qui ne va pas dans le débat qu'on a eu sur le voile dans les compétitions sportives,
04:04c'est qu'à l'arrivée, le gouvernement ne prend aucune décision.
04:08François Bayrou n'a pas inscrit, à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale, un texte qui permette de régler le sujet.
04:14Qui a été adopté par le Sénat.
04:15Exactement.
04:16Et donc, je demande à François Bayrou que maintenant on arrête de juste faire des polémiques et des débats et qu'on agisse,
04:22comme on l'a fait avec la commission de Bernard Stasi.
04:24Et que le texte interdisant le voile dans la pratique sportive soit inscrit à l'Assemblée Nationale.
04:30Et le deuxième point sur lequel je voudrais réagir, c'est que pour moi, ce n'est pas juste une question de compétition sportive.
04:36Le débat n'a porté que sur les compétitions sportives.
04:39Mais le reste du temps.
04:41Tout ce qui est la pratique sportive ordinaire.
04:44Ça veut dire quoi ?
04:45Ça veut dire que vous, vous estimez que l'interdiction doit non seulement avoir lieu pour les espaces de compétition,
04:49mais aussi pour l'entraînement, pour le simple fait de participer à la vie sportive ?
04:53La vie d'un club.
04:54Juste la pratique sportive.
04:56Quand on fait le sport en France avec la République et la laïcité, les opinions religieuses restent au vestiaire.
05:01Vous serez au marathon ce week-end. Est-ce que vous estimez qu'on ne peut pas courir avec un voile ?
05:06Oui, pourquoi ? Parce que c'est important qu'on se le fixe.
05:09Mais ce n'est pas interdit dans l'espace public.
05:12Je vais venir au cœur de mon raisonnement.
05:14Ou alors peut-être vous estimez qu'il faut interdire dans l'espace public.
05:17Je vais y venir.
05:18Un club qui est affilié à une fédération sportive, c'est une délégation de service public.
05:23Ça veut dire que c'est le service public.
05:25Et donc quand vous pratiquez le sport dans un club affilié à une fédération, c'est l'organisation de ce qu'on appelle la République.
05:32Et dans ce cadre-là, je considère, conformément à ce que je vous avais dit, vous ne laissez pas un espace.
05:37Vous ne laissez pas vous faire grignoter.
05:39Et ce qui permettra aussi, parce que c'était ça la source de notre débat, de s'adresser à cette jeunesse et de leur dire ça c'est important.
05:45Ça permet de vivre ensemble.
05:46C'est ce qui permet de partager l'espace commun sans que cet espace commun républicain soit pris par des signes de prosélytisme.
05:52Mais il ne s'arrête plus l'espace commun, Serge.
05:53Je vous repose la question.
05:54Vous avez d'abord évoqué les clubs qui ont une délégation de service public, qui reçoivent des subventions publiques pour la plupart.
06:01Est-ce que ça veut dire que ceux qui seraient intégralement privés, qui ne seraient payés que par les cotisations des adhérents, eux, pourraient accepter le voile ?
06:09Moi ce que je considère, c'est que dès lors que vous êtes dans une fédération sportive, ça signifie que c'est une délégation de service public.
06:16C'est organisé par l'État, ça fait partie de ce qui est l'organisation de notre pays.
06:21Et donc dans un cadre comme ça, ça n'est pas possible.
06:23Si en revanche, évidemment, vous prenez vos baskets, vous allez courir, malheureusement, on ne peut pas le décider.
06:29Donc le marathon, ce n'était pas un bon exemple ?
06:31Non, c'est un bon exemple.
06:32Parce qu'un marathon, c'est organisé dans le cadre d'une fédération sportive.
06:35C'est une fédération sportive qui l'organise.
06:37Vous êtes dans la fédération d'athlétisme, et donc dans un cadre comme ça, évidemment qu'on est dans une délégation de service public.
06:43Donc, si on veut courir le marathon, c'est-à-dire s'inscrire au marathon, pas le courir tout seul dans son coin, mais s'inscrire à l'épreuve du marathon.
06:50Pouvoir avoir la médaille en sortant, le brassard, le dossard.
06:54Tout ça, ça veut dire que ça n'est fait pour vous que si on ne porte pas le voile.
06:58S'il n'y a pas de signe religieux, tout ça, ça doit rester au vestiaire.
07:02Parce que précisément après, petit à petit, on aboutit à l'inversion de nos valeurs.
07:05Et je pense que ces questions-là, il faut qu'on se les pose globalement.
07:09Vous connaissez ma position sur l'université.
07:11Il faut interdire le voile à l'université ?
07:13Je pense qu'à l'université, c'est le même problème.
07:14Alors maintenant, je vais plus loin, puisque je vous ai interrogé sur ce sondage, sur le fait religieux en entreprise.
07:19Avec notamment ces questions-là, pour le coup, on n'est pas sur le voile, on est sur la question du sexe opposé.
07:23C'est-à-dire, au fond, comprendre, il y avait eu parfois des scandales sur le fait qu'un conducteur de bus de la RATP refuse de prendre le volant,
07:32si une femme avait touché ce volant avant lui.
07:35Aujourd'hui, quand vous entendez...
07:37Juste, on s'arrête deux secondes.
07:39C'est-à-dire, on est en France.
07:42Pas très des droits de l'homme.
07:43Laïcité.
07:44On s'est battus pour tout ça.
07:46Et on est au XXIème siècle.
07:48Et on se demande, est-ce qu'un conducteur de la RATP prend un bus, si une femme a touché le volant avant ?
07:52Mais on ne se le demande pas ?
07:53C'est surtout ça que je vous dis ce matin.
07:55C'est qu'on ne se le demande pas ?
07:56C'est-à-dire que la moitié des jeunes disent ne pas se le demander.
08:00Oui, mais c'est pour ça que je refuse qu'on se soumette.
08:02Je refuse qu'on ferme les yeux là-dessus.
08:05C'est quand même le fondamental du fonctionnement de notre société.
08:08Légiférer ou demander aux entreprises d'inscrire dans leurs règlements,
08:11d'anticiper ces questions-là, en quelque sorte,
08:13et d'inscrire dans leurs règlements
08:15qu'on doit accepter de serrer la main d'une femme,
08:17qu'il n'est pas question de refuser de servir un client parce qu'il serait du sexe opposé.
08:23Est-ce que tout ça doit être inscrit ?
08:25Est-ce qu'il faut l'écrire noir sur blanc ?
08:27Oui.
08:28Et ce que je veux, c'est que les partenaires sociaux,
08:31parce que ce sujet jusque-là a été un gros tabou dans l'entreprise,
08:35que les partenaires sociaux puissent se mettre autour de la table
08:38et traiter le sujet.
08:39Parce que je pense que le silence sur ces questions, c'est le pire.
08:42C'est pour ça que je suis très heureux qu'on l'aborde
08:44très clairement, très concrètement ce matin.
08:46Et c'est pour ça que sur ce débat sur le voile, j'ai tout de suite été...
08:48Mais vous allez très loin, vous allez plus loin
08:50que tout ce que les débats jusqu'à présent ne proposaient.
08:54Et c'est la réalité qui est en train de dériver très loin.
08:57C'est les faits qui sont dramatiques.
08:59C'est tout ce qu'on a évoqué ce matin qui sont préoccupants.
09:01Vous ne voulez pas de cette société pour vos enfants.
09:03Je ne la veux pas pour mes enfants.
09:05C'est la question de l'égalité homme-femme
09:07qui est quand même aussi au cœur de cette question-là.
09:09Est-ce que ça veut dire qu'il faut revoir les règles
09:13telles qu'on les a faites aujourd'hui,
09:14pensant que l'égalité homme-femme allait de soi ?
09:16Moi, ce qui me frappe, c'est la profonde dérive
09:19d'une partie du mouvement féministe
09:21et notamment de l'extrême-gauche sur ces sujets.
09:23Tiens, c'est des sujets, je le reconnais le premier,
09:25où souvent la gauche a été en pointe.
09:27Et aujourd'hui, elle a totalement trahi.
09:29Et elle a abouti à cette confusion.
09:30L'extrême-gauche a créé une confusion
09:32avec, au fond, sa complicité avec l'islamisme.
09:35Elle a abouti, petit à petit,
09:37à altérer la cause de l'égalité des hommes et des femmes.
09:40Laurent Wauquiez, vous disiez tout à l'heure
09:41que vous estimiez que le gouvernement
09:43avait une forme de responsabilité
09:44en ne mettant pas à l'ordre du jour les lois
09:47et donc à laisser cet espace
09:49où chacun y va de soi
09:51et parfois même une cacophonie au sein du gouvernement
09:54entre notamment la ministre des Sports
09:56et Bruno Retailleau ou Gérald Darmanin de l'autre.
10:00François Bayrou avait sonné la fin de la récréation,
10:02en quelque sorte, en les convoquant.
10:03Est-ce que ça a été suffisant ?
10:05Non, parce que ce qui me frappe
10:07dans ce qui est devenu la politique,
10:09c'est beaucoup de débats, beaucoup de polémiques,
10:11très peu de résultats.
10:13Donc, moi, ce qui m'intéresse,
10:14c'est pas qu'on ait sonné la fin de la récréation
10:16dans la cacophonie gouvernementale.
10:18Ce qui m'intéresse,
10:19et là Teddy Reynor a raison,
10:20c'est qu'il y ait des actes.
10:21Et les seuls actes,
10:22c'est qu'à un moment, une bonne fois pour toutes,
10:24on fasse passer une loi
10:25qui clarifie les choses
10:26et ne laisse plus d'espace de doute.
10:28Or, pour l'instant, je le redis,
10:30et c'est ce que je demande à François Bayrou,
10:32inscrivez enfin la loi permettant
10:34d'interdire le voile dans les pratiques sportives
10:36à l'agenda de l'Assemblée nationale.
10:38Si vous étiez Bruno Retailleau, vous démissionneriez ?
10:42C'est à lui d'en juger.
10:44Ce que je sais, ce que je mesure,
10:46c'est que la tâche des ministres républicains au gouvernement
10:48est très difficile.
10:50C'est difficile d'avoir des résultats
10:52dans ce contexte de compromis.
10:54Ça nécessite toute leur énergie.
10:56Et je lui apporte, et je leur apporte
10:58tout notre soutien, celui des députés de la droite républicaine,
11:00pour qu'ils puissent réussir.
11:02Après, ce que je constate,
11:04c'est qu'ils ont beaucoup de bâtons dans les roues.
11:06Mais mis par qui ?
11:08Vous voyez très bien,
11:10on a parlé du voile sur les pratiques sportives.
11:12Pareil,
11:14le Premier ministre a parlé de submersion migratoire.
11:16Il n'y a pas l'inscription,
11:18depuis juillet, du moindre texte
11:20sur l'immigration à l'agenda de l'Assemblée nationale.
11:22Le seul qui a été voté,
11:24c'est celui qui a été porté
11:26par les députés de mon groupe, la droite républicaine,
11:28pour limiter le droit du sol à Mayotte.
11:30Comment vous pouvez réussir à avoir des résultats
11:32si on ne vous en donne pas les moyens ?
11:34Vous auriez voulu une loi supplémentaire
11:36sur la question migratoire ?
11:38Vous voyez tout ce qu'on a à traiter.
11:40Le meilleur encadrement...
11:42Vous y metteriez quoi, là, maintenant ?
11:44Par exemple, un meilleur encadrement du regroupement familial.
11:46Par exemple, pouvoir mieux réguler
11:48l'accès aux aides sociales
11:50par des annuités de travail
11:52pour des étrangers qui arrivent chez nous.
11:54Il y a toute une série de questions
11:56qu'on doit quand même traiter. On le voit bien.
11:58Il y a une immigration qu'on n'arrive pas à réguler.
12:00Et donc, ce qui me frappe en ce moment,
12:02c'est qu'il faut se battre.
12:04Il faut qu'on exerce le maximum de pression.
12:06Mais se battre où ? Dedans ou dehors ?
12:08Est-ce que Bruno Retailleau
12:10peut, à vos yeux, rester ministre ?
12:12C'est à lui d'en prendre la décision.
12:14Moi, ce que je sais, c'est le choix que j'ai fait.
12:16Le choix que je fais, c'est que pour la reconstruction...
12:18On va vous montrer qu'il y a une forme
12:20d'impossibilité à aller au bout de ces actes.
12:22Non. Ce que je pense, c'est qu'ils peuvent faire un travail utile.
12:24Très difficile. On peut avoir
12:26quelques résultats, mais pas la refondation
12:28dont notre pays a besoin, parce qu'on est prisonnier
12:30des recettes antérieures.
12:32Et est-ce que ce n'est pas mieux que rien ?
12:34Je vais y répondre. C'est utile.
12:36Mais c'est pour ça que moi, je pense qu'à côté,
12:38au niveau des Républicains, il faut qu'on travaille sur le projet de rupture
12:40auquel aspirent les Français,
12:42sans être pris dans la solidarité gouvernementale
12:44de François Bayrou. Et c'est pour ça
12:46que je suis candidat, comme vous l'avez dit,
12:48pour la présidence de notre famille politique,
12:50pour pouvoir porter cette parole.
12:52Et que je considère que
12:54c'est pas un duel avec Bruno Retailleau. Je ne veux pas de duel,
12:56je veux d'un duo. Je pense que les deux
12:58sont complémentaires. D'une part,
13:00le travail qu'il fait comme ministre, aujourd'hui,
13:02dans l'actualité immédiate... En fin de compte, vous lui dites, du coup,
13:04restez ministre. Reste ministre.
13:06C'est à lui de l'évaluer, ça c'est pas à moi.
13:08Ce que je sais, en revanche,
13:10c'est que notre pays a besoin d'un projet de rupture.
13:12Il a besoin de quelque chose de beaucoup plus fondamental
13:14que ce qui se passe en ce moment.
13:16Et les questions qu'on a abordées au début le montrent.
13:18On aurait pu aussi traiter de la dépense publique,
13:20du problème de rééquilibrage du travail
13:22par rapport à l'assistanat,
13:24de la revalorisation du fonctionnement
13:26de nos services publics. On a une école qui ne marche plus.
13:28Et donc, il faut tout repenser.
13:30Et ça, c'est ce que je veux porter,
13:32parce que je pense que la droite républicaine a ce devoir
13:34pour 2027, de mettre sur la table
13:36un projet de rupture.
13:38Je voudrais qu'on parle des retraites, je voudrais qu'on parle du narcotrafic,
13:40mais au fond, la question que je vous posais
13:42sur Bruno Retailleau,
13:44je peux même vous la poser
13:46dans l'autre sens, c'est-à-dire est-ce que lui doit démissionner
13:48ou est-ce que vous, vous devez censurer ?
13:50Est-ce que vous pensez à nouveau à censurer ?
13:52Est-ce que vous ne vous interdisez plus
13:54de censurer le gouvernement
13:56François Bayrou ?
13:58On ne censurera pas. C'est un choix qu'on a fait
14:00parce qu'on ne sera jamais des artisans de chaos.
14:02Jamais. C'est un choix qu'on a fait.
14:04Sur la question des retraites,
14:06vous le savez, le conclave
14:08officiellement continue, mais avec une partie,
14:10j'entends que ça vous fait rire,
14:12avec une partie de ces acteurs
14:14qui en est partie après la déclaration de François Bayrou
14:16sur le fait qu'on ne reviendra pas
14:18à la retraite à 62 ans,
14:20il y a une question qui commence à être posée
14:22et qui est défendue à la fois par le MEDEF
14:24et par la CFDT, qui est l'idée de faire
14:26sauter les 10% d'abattement fiscal
14:28des retraités les plus aisés.
14:30Vous vous étiez battu sur la question de l'indexation
14:32des retraites. Est-ce que sur ces
14:3410%, vous considérez comme la CFDT,
14:36comme le MEDEF, qu'il faut que les retraités
14:38participent à l'effort ?
14:40Hors de question.
14:42Et je m'y attendais.
14:44Je ne suis pas surpris que, au final,
14:46de ce conclave, sorte cette idée brillante
14:48consistant à dire, finalement,
14:50pour équilibrer notre régime de retraite,
14:52le plus simple, c'est de massacrer
14:54le pouvoir d'achat des retraités.
14:56C'est hors de question. Je suis en désaccord
14:58total avec la responsable de la CFDT
15:00et j'ai beaucoup d'estime
15:02pour Patrick Martin, qui est un ami, mais je ne suis pas
15:04d'accord avec lui sur ces positions. Pourquoi ?
15:06Les retraites, ce n'est pas un privilège.
15:08Peut-être parce que les retraités votent plutôt à droite ?
15:10Non, ce n'est pas pour ça ?
15:12Vous pensez sérieusement, avec ce
15:14qu'est le pouvoir d'achat des retraités aujourd'hui,
15:16avec les efforts qu'ils auront déjà été demandés ?
15:18Je parle des retraités les plus aisés.
15:20Oui, mais Apolline de Malherbe, vous croyez encore à
15:22Sepharibol ? On commence par les retraités
15:24les plus aisés. Demandez-leur à quel stade
15:26ils les positionnent, les retraités les plus aisés.
15:28Moi, ça m'intéresse beaucoup qu'on me dise ça.
15:30Parce que je sais souvent ce à quoi ça aboutit.
15:32À partir de 2000 euros, on considère en France qu'on est un retraité aisé.
15:36On donne un doigt, on prend tout le droit.
15:38Si c'est maintenant vous qui faites le geste, ça ne va plus aller.
15:40Mais juste, on est sur un point sérieux.
15:42Une retraite, ce n'est pas un privilège.
15:44C'est le fruit d'une vie de travail. Vous avez cotisé.
15:46Vous avez payé des impôts.
15:48C'est un dû qu'on vous doit.
15:50Mais ce que dit le président du Medef, c'est que si ce ne sont pas
15:52les retraités les plus aisés qui font
15:54un effort aujourd'hui, cet effort,
15:56il faudra bien trouver des sous quelque part
15:58et ils iront les chercher dans des hausses de cotisations,
16:00dans des hausses d'impôts. Vous préférez ça ?
16:02Il n'y a pas quelque chose qui vous frappe.
16:04Il y a un problème là, parce que dans ce fameux
16:06conclave, il y a un thème que je ne vois pas venir.
16:08Les régimes spéciaux de retraite,
16:10au juste, on en est où ?
16:12Les près de 8 milliards d'euros
16:14qui continuent à être versés quasiment chaque année
16:16sur l'équilibre des régimes spéciaux
16:18de retraite qu'on a, contrairement à ce qu'on nous a dit,
16:20pas mis en extinction.
16:22Ça va mettre 40 ans à ce qu'on les mette en extinction.
16:24C'est un sujet qu'on a le droit de mettre sur la table ou non ?
16:26La question de l'équilibre
16:28et de la justice entre le système public
16:30et le système privé de retraite.
16:32D'un côté les 6 mois, de l'autre les 25 ans.
16:34Le système déprime.
16:36C'est des sujets qu'on a le droit de mettre sur la table.
16:38Pour vous, c'est là qu'il faut trouver
16:40les efforts et non pas
16:42dans le fait de faire sauter l'abattement fiscal des retraités.
16:44Ce qui est extraordinaire, c'est que là on nous dit
16:46qu'on va faire payer les retraités et on refuse de poser
16:48les questions de justice. Moi je préfère
16:50poser les questions de justice sur les régimes spéciaux,
16:52je préfère les poser sur l'égalité publique-privé
16:54et qu'on préserve
16:56le pouvoir d'achat des retraités.
16:58Laurent Wauquiez, Nicolas Sarkozy,
17:00le véritable décisionnaire, le véritable
17:02commanditaire d'un pacte de corruption
17:04inconcevable, inouï, indécent
17:06noué avec le dictateur libyen
17:08Muammar Gaddafi pour qu'il
17:10finance sa campagne présidentielle de 2007.
17:12Ce sont les mots des réquisitions du
17:14parquet dans le cadre du procès
17:16à l'encontre de Nicolas Sarkozy.
17:18Comment est-ce que vous
17:20entendez ce réquisitoire ?
17:22Je ne commente jamais des affaires
17:24de justice et encore moins quand on est
17:26juste au stade du parquet. Mais je veux
17:28juste dire toute mon amitié et toute
17:30ma solidarité pour Nicolas Sarkozy. Voilà,
17:32c'est tout. Les mots ?
17:34Mes mots, c'est des mots
17:36d'affection et c'est des mots de soutien.
17:38Est-ce que vous me direz aussi la même chose sur ce
17:40qui pourrait arriver lundi
17:42pour Marine Le Pen ? Vous le savez, ce sera
17:44le jugement. Le réquisitoire
17:46là encore du parquet était extrêmement
17:48sévère et évoquait
17:50la possibilité d'une inéligibilité
17:52à effet immédiat.
17:54Ça veut dire que potentiellement, lundi,
17:56Marine Le Pen apprendra
17:58qu'elle ne peut plus se présenter
18:00à des élections.
18:02Je vous dirais exactement la même chose, c'est-à-dire
18:04je ne commande pas des affaires de justice, c'est normal
18:06et vous le comprendrez. J'ajouterais juste
18:08quelque chose. Le débat
18:10politique, je préfère qu'il se
18:12règle en politique et pas
18:14dans les prétoires de justice. Le ministre de la
18:16justice actuelle, Gérald Darmanin,
18:18a largement commenté cette affaire
18:20avant d'être à nouveau ministre
18:22de la justice, mais estimant que ça lui
18:24apparaissait inconcevable et inimaginable
18:26qu'une personne comme Marine Le Pen puisse
18:28être inéligible.
18:30Je viens de vous dire, c'est-à-dire je préfère
18:32que le débat politique se règle
18:34avec le débat politique, avec les
18:36échanges qu'on peut avoir, la confrontation des idées
18:38et pas à travers la justice. C'est ma réponse.
18:40Au-delà de ces deux questions-là, est-ce que
18:42vous considérez qu'aujourd'hui
18:44une partie de la justice est politique ?
18:46Non, je l'espère pas.
18:48Et je ne veux pas tomber dans
18:50ce genre de diagnostic.
18:52Par contre, vous savez ce que j'ai posé.
18:54Je pense que notre pays est bloqué par une dérive de l'État de droit.
18:56Et que petit à petit,
18:58la jurisprudence des cours suprêmes, ce qui n'est pas à confondre
19:00avec la justice, a conduit
19:02à toute une série de règles qui nous empêchent
19:04de faire plus de fermeté sur le régalien,
19:06sur l'immigration, sur la valorisation
19:08du travail, et que c'est un des problèmes majeurs
19:10du fonctionnement de notre démocratie. On a maintenant
19:12un État de droit qui bloque la démocratie
19:14au lieu de la protéger, et qui au lieu de protéger
19:16les citoyens, protège les délinquants.
19:18Et ça, pour moi, c'est un sujet qu'on doit poser.
19:20Ça veut dire que vous n'appelez pas
19:22à ne pas respecter l'État de droit,
19:24mais vous appelez à changer ce droit.
19:26J'appelle à ce qu'on change notre fonctionnement,
19:28dans lequel aujourd'hui en France, ce ne sont plus les Français
19:30et les élus qui décident, mais le Conseil constitutionnel.
19:32Et ça, pour moi, c'est une dérive. On est allé trop loin.
19:34Merci Laurent Wéquier d'avoir répondu
19:36à mes questions ce matin.