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Gilles Artigues, directeur diocésain de l'enseignement catholique du Tarn à Albi

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00:00C'est votre quart d'heure Toulousain, et ce matin on parle des violences dans les établissements catholiques, la parole se libère
00:05après l'affaire Mettaram. On vous pose cette question ce matin, les violences dans les écoles catholiques, est-ce que vous en avez vécu ?
00:11Est-ce qu'il faudrait plus de contrôle dans ces établissements ?
00:14Venez témoigner si vous le souhaitez. 05 34 43 31 31.
00:18Et on vous révèle ce matin cette trentaine de nouvelles plaintes déposées contre l'école Notre-Dame de Garezon dans les Hautes-Pyrénées,
00:25dans le Tarn aussi, l'abbaye-école de Sorez est visée par des dénonciations. L'établissement a fermé en
00:301991, mais se pose la question du contrôle exercé par l'État sur ces établissements catholiques. Nous sommes ce matin
00:37avec le directeur diocésain de l'établissement catholique du Tarn à Albi. Bonjour Gilles Gareg, Artigues.
00:42Bonjour, Gilles Artigues, je suis directeur diocésain de l'enseignement catholique du Tarn.
00:47Donc ce matin on a entendu le témoignage d'un ancien directeur de l'abbaye-école
00:52de Sorez qui parle de maltraitance. Il cite par exemple un surveillant qui avait cassé le bras d'un élève. Ces violences,
00:58vous n'en aviez pas été averti auparavant, Diocèse ?
01:02Non, moi personnellement je suis arrivé il y a trois ans dans le Tarn. C'est vrai que nous avons appris ces agissements
01:09par la presse, en écoutant Frédéric Becbelé parler de ce que son père avait vécu.
01:15Donc c'est tout à fait horrible, atroce, et bien sûr que nous avons été scandalisés.
01:20L'archevêque d'Albi, Mgr Balsa, a encouragé les victimes à porter plainte. A ce jour je crois qu'il n'y a pas eu encore de plaintes.
01:28Pour l'instant aucune, effectivement. Alors si on veut être précis, c'est vrai que cette
01:32abbaye-école
01:35n'était pas directement gérée par l'enseignement catholique. C'est pas pour minimiser les faits, mais c'est pour être précis.
01:41Elle a un statut particulier, c'est ça ? Elle avait un statut particulier jusqu'à sa fermeture.
01:45Alors sans remonter à Louis XVI et à l'école royale militaire,
01:49il faut dire qu'il y a eu une tutelle de la Congrégation des Dominicains, qui s'est arrêtée en
01:551978, et ensuite c'était davantage une école privée qui était dirigée par un ancien militaire,
02:02par des anciens élèves, par des notables également du coin, des enseignants.
02:06Et j'invite donc ce monsieur Guillaume que vous avez interrogé
02:12ce matin, à éventuellement prendre contact avec nous, mais je pense qu'on l'aidera assez peu à la manifestation de la vérité parce que
02:19le diocèse n'était pas directement concerné. Ceci dit, il y a beaucoup d'établissements catholiques
02:25qui sont entachés par toutes ces affaires.
02:2705 34 43 31 31, quart d'heure Toulousain, c'est aussi votre espace de liberté.
02:32Vous appelez Fanny ce matin, on est avec Chantal à Toulouse. Bonjour Chantal. Bonjour Chantal.
02:37Bonjour. On vous écoute.
02:40Bienvenue sur notre antenne. Vous voulez témoigner ce matin, vous avez subi des maltraitances dans une école catholique ?
02:47Oui effectivement, j'ai été dans une école à Toulouse.
02:53Je ne me souviens pas de son nom, mais elle était rue Pérolière.
02:56D'accord.
02:58J'étais dans l'année 61, 62, 63, voilà.
03:02Et vous y avez subi des violences ?
03:04Pas de violences physiques en fait,
03:09pas de maltraitances physiques, mais disons que j'étais une gauchère.
03:14D'accord.
03:16Et l'interdiction, la base, chez les catholiques, on n'écrit pas de la main gauche.
03:21D'accord, merci pour...
03:24Dieu nous a créé la main droite pour écrire, voilà.
03:27C'est ce qu'on vous disait ?
03:29C'est ce qu'on nous disait, oui.
03:31D'accord.
03:34Et quand je me servais de ma main gauche, parce que c'était...
03:38Un réflexe ?
03:40C'était un réflexe total,
03:42je tenais ma main avec des doigts bien tendus,
03:46et pour recevoir, un coup de barre,
03:48enfin un coup de règle,
03:50en enfer.
03:52Et ensuite on me mettait à côté du bureau,
03:56sur les genoux, sur la règle,
03:58pendant 5 minutes, 10 minutes,
04:00de temps qu'on pense que c'était assez.
04:04Et vous aviez quel âge à cette époque, vous vous souvenez ?
04:06J'avais 3-4 ans.
04:08D'accord, merci.
04:10Merci de ce témoignage Chantal.
04:12Merci beaucoup pour votre témoignage Chantal.
04:14Gilles Hartig,
04:16une réaction peut-être,
04:18ces pratiques, elles sont courantes,
04:20elles étaient courantes dans les établissements catholiques ?
04:22Alors, j'ai envie de dire,
04:24pas uniquement dans les établissements catholiques,
04:26je crois que les instituteurs aussi,
04:28dans l'enseignement public,
04:30avaient des méthodes qui, aujourd'hui,
04:32nous scandalisent.
04:34Cette dame a dû être traumatisée toute sa vie.
04:36On pensait qu'en étant sévère,
04:38on formait des jeunes
04:40pour être rigoureux
04:42après dans leur vie.
04:44En réalité, ils en ont été marqués,
04:46pour certains, durablement.
04:48Donc tout cela,
04:50évidemment, il ne faut pas le minimiser,
04:52il faut le reconnaître, on en est là aujourd'hui.
04:54L'enseignement catholique,
04:57de même que l'église catholique,
04:59de manière générale,
05:01a ouvert ses archives
05:03et a fait face, vraiment,
05:05à cette difficulté et à ce problème.
05:07Puisqu'il y a même eu une commission indépendante
05:09qui a indemnisé
05:11les victimes. Et aujourd'hui,
05:13ce que l'on dit aux personnes
05:15qui ont été
05:17dans cette situation,
05:19c'est de porter plainte, d'expliquer ce qui s'est passé
05:21pour que la justice
05:23puisse, de manière claire,
05:25reconnaître
05:27tout d'abord leurs paroles
05:29et puis qu'on sache précisément
05:31ce qu'ont été ces agissements
05:33inacceptables, scandaleux
05:35et qui nous révoltent.
05:37J'aimerais juste revenir à l'abbaye-école
05:39de Sorez, ça veut dire que
05:41le Robin Guillou,
05:43l'ancien directeur qu'on a entendu dans nos journaux,
05:45disait justement que le rectorat
05:47et le diocèse avaient un droit de regard. Vous vous dites
05:49que le diocèse n'a pas de droit de regard sur ses établissements
05:51privés catholiques ?
05:53Le diocèse a un droit de regard dans les établissements
05:55qui sont sous tutelle diocésaine.
05:57Là, en l'occurrence, il y a eu d'abord
05:59une tutelle des dominicains
06:01et puis ensuite, c'était plus une école
06:03militaire, on peut dire,
06:05avec des pratiques, certes
06:07inacceptables,
06:09mais pas directement
06:11une école catholique. En tout cas, il n'y avait pas
06:13d'intervention de religieux
06:15dans l'établissement. C'était très sévère,
06:17c'était militaire,
06:19et ça a fermé en 1991.
06:22Est-ce qu'il existe encore des établissements
06:24sur lesquels vous n'exerciez pas
06:26de tutelle et que vous ne pouvez pas
06:28contrôler, dans le Tarn par exemple ?
06:30Il y a des établissements, effectivement,
06:32qui sont privés, non catholiques,
06:34qui n'ont pas
06:36de lien direct avec la direction
06:38diocésaine de l'enseignement catholique,
06:40et sur lesquels, oui, nous n'avons
06:42pas de possibilité d'intervenir
06:44directement. Par contre, s'agissant
06:46des écoles qui sont
06:48sous tutelle diocésaine ou
06:50d'une congrégation qui appartient
06:52à l'enseignement catholique, là,
06:54nous exerçons effectivement des contrôles.
06:56Et puis, l'Éducation nationale
06:58a décidé aussi d'aller
07:00davantage dans nos établissements.
07:02Dans le Tarn, nous allons avoir six établissements
07:04qui vont être contrôlés.
07:06C'est vrai que ces contrôles s'effectuaient
07:08assez peu jusqu'à présent.
07:10Ça n'était pas le fait de l'enseignement catholique.
07:12Nous, nous étions tout à fait prêts à ces contrôles,
07:14mais par manque de moyens,
07:16l'Éducation nationale ne le faisait pas,
07:18et nous, nous n'avons rien à cacher,
07:20et nous sommes plutôt satisfaits que ces contrôles
07:22puissent s'opérer dans les prochains mois.
07:24Dans les prochains mois, vous savez quand est-ce qu'ils auront lieu,
07:26exactement ? Sans tarder,
07:28les établissements sont connus,
07:30nous savons que des inspecteurs vont
07:32venir faire des contrôles
07:34administratifs, des contrôles
07:36financiers, vont s'intéresser aussi
07:38au climat scolaire,
07:40et puis, de manière plus générale,
07:42il pourra se faire qu'il y ait des questionnaires
07:44au retour de voyages scolaires,
07:46par exemple avec Nuité,
07:48ou dans les internats.
07:50Et très rapidement, l'archevêque d'Albi,
07:52Mgr Balsad dont vous parliez, il concède
07:54ce matin sur notre antenne que trop longtemps
07:56on a protégé l'institution, est-ce que vous êtes
07:58d'accord avec ce constat ?
08:00Oui, d'ailleurs je pense que c'était un refuge
08:02pour un certain nombre de prédateurs,
08:04de personnalités
08:06vicieuses, perverses, qui savaient
08:08que dans cette institution-là,
08:10il n'y aurait pas de dénonciation.
08:12Mais encore une fois,
08:14il n'y a pas que l'enseignement catholique,
08:16on a des situations dans l'enseignement public,
08:18dans les colonies laïques, dans le sport aussi.
08:20Donc c'est un problème général.
08:22On parle beaucoup de l'enseignement catholique parce que
08:24il y a eu bien sûr l'affaire Betara, mais ça a
08:26libéré la parole aussi dans d'autres lieux.
08:28Mais je pense que c'est un problème
08:30général d'une éducation
08:32qui était
08:34très, très, très stricte.
08:36Et aujourd'hui, je ne dis pas qu'il n'y a plus
08:38de problème, mais
08:40il y a en tout cas une parole qui est davantage
08:42écoutée. Lorsque les jeunes disent des choses,
08:44c'est pris en considération.
08:46Et puis, tout de suite,
08:48on alerte. Il y a la
08:50possibilité de faire des informations préoccupantes
08:52ou des signalements. Donc là-dessus,
08:54nous sommes évidemment très, très
08:56vigilants. Merci Gilles Hartig,
08:58directeur diocésain de l'établissement
09:00catholique du Tarn-à-Albi. On a entendu
09:02votre appel. Vous incitez donc les victimes
09:04de ces violences à
09:06porter plainte auprès de la gendarmerie
09:08ou de la police. Merci à vous. Bonne journée.

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