Mercredi 26 mars 2025, retrouvez Damien Cléris (Directeur général, Natixis Interépargne) et Simon Fabre (Président & fondateur, Roseau Patrimoine) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.
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00:00Et nous enchaînons à présent avec Enjeu Patrimoine, nous allons nous demander ensemble
00:07comment prendre en main le sujet de l'épargne salariale selon deux axes, côté entreprise
00:12évidemment, mais aussi côté salarié et épargnant et pour en parler nous avons le
00:16plaisir de recevoir sur le plateau de Smart Patrimoine deux experts du sujet, nous avons
00:20le plaisir d'accueillir tout d'abord Damien Cléris, bonjour Damien Cléris.
00:23Bonjour.
00:24Vous êtes directeur général de Natixis Inter-épargne et à vos côtés on a le plaisir
00:27d'accueillir également Simon Fabre, bonjour Simon Fabre.
00:29Bonjour.
00:30Vous êtes président et fondateur de Roseau Patrimoine, alors messieurs si on fait cette
00:33émission en ce moment c'est parce que se tient actuellement la semaine du partage de
00:37la valeur qui permet de remettre un petit peu le sujet sur le devant de la scène, même
00:41s'il était quand même sur le devant de la scène depuis le début de l'année, avec
00:43notamment l'entrée en vigueur de la loi partage de la valeur qui je le rappelle impose
00:47aux entreprises de 11 à 49 salariés de mettre en place au moins un dispositif de partage
00:53de la valeur.
00:54Damien Cléris peut-être pour commencer, première question, on est presque à fin
00:59mars 2025, ça fait trois mois que cette obligation est entrée en vigueur, est-ce que vous avez
01:04constaté une montée en puissance du sujet au sein des entreprises ou est-ce que de toute
01:07façon c'était déjà le cas avant même qu'on arrive au 1er janvier ?
01:10Alors quand on regarde aussi les résultats de l'épargne salariale en 2024 on voit en
01:15fait que le mouvement était déjà lancé puisque l'épargne salariale a fait une très
01:18belle année en 2024 avec près de 20 000 nouvelles entreprises qui ont mis en place
01:22des dispositifs de partage de valeur et clairement dans ces 20 000 nouvelles entreprises c'est
01:25très majoritairement des TPE et des PME qui sont concernés par cette loi, d'ailleurs
01:31ça s'est matérialisé aussi par 500 000 nouveaux salariés en France qui bénéficient
01:34de ces dispositifs, on arrive à 12,8 millions de salariés soit plus de 50% des salariés
01:39en France.
01:40Donc ça se démocratise ?
01:41Donc clairement ça se démocratise et on voit que ces dispositifs qui historiquement
01:45vous le savez étaient très concentrés sur les très grandes entreprises qui sont toutes
01:49équipées depuis longtemps, les ETI progressivement équipées à peu près à 70% et bien on
01:53voit que désormais les PME et les TPE mettent en place ce type de dispositifs.
01:57Et pour répondre à votre question, oui on voit une accélération depuis le début de
02:00l'année, alors ça ne fait que 3 mois évidemment, mais on voit qu'un certain nombre d'entreprises
02:05d'une part s'étaient déjà préparées dès 2024 et avaient commencé à travailler
02:08voire à mettre en place ce type de dispositifs et on voit le nombre de demandes clairement
02:12des clients qui nous proviennent depuis le début de l'année en forte hausse.
02:15Au-delà de l'obligation réglementaire, pour quelles raisons une entreprise met en
02:20place un dispositif d'épargne salariale ou de partage de la valeur ?
02:23Alors l'épargne salariale en fait se développe fortement et a encore connu une très bonne
02:28année en 2024 principalement pour 4 facteurs.
02:30Premier facteur, le taux de chômage reste relativement bas en France, ce qui veut dire
02:34que les entreprises ont des enjeux d'attractivité et de rétention de leur talent.
02:37Et ça c'est un facteur de rétention de talent l'épargne salariale ?
02:40Et c'est clairement un facteur de rétention de talent, on voit d'ailleurs quand on interroge
02:44les entreprises, on a réalisé une étude fin d'année dernière, on voit clairement
02:48les entreprises sont satisfaites de la mise en place de ces dispositifs qui ont atteint
02:52leurs objectifs.
02:53On est à peu près à 82% des entreprises qui sont satisfaites et on voit que 87% de
02:57leurs salariés valorisent ces dispositifs et les trois quarts d'entre eux utilisent
03:02et investissent.
03:03Donc on voit que c'est vraiment une réalité et que ça leur permet clairement d'être
03:06compétitif.
03:07Ce qui veut dire que les entreprises qui n'en ont pas, à l'inverse, vont avoir des difficultés
03:11potentiellement ou vont se positionner de manière un petit peu négative par rapport
03:14à celles qui en bénéficient.
03:16Donc clairement, attractivité des talents.
03:18Le deuxième facteur, c'est qu'avant de partager de la valeur, il faut en créer et
03:23en 2024, les résultats des entreprises ont été en France assez bons.
03:26Troisième élément, et on en reparlera peut-être, les Français, à force d'avoir des réformes
03:31sur les retraites, ont aussi compris qu'il y avait un enjeu de constituer un complément
03:35de retraite et ces dispositifs peuvent en servir.
03:38Et puis enfin, vous l'avez mentionné, c'est le cadre réglementaire qui incite de plus
03:41en plus d'entreprises à mettre en place ce type de dispositif.
03:44Donc au-delà de ce cadre réglementaire, trois autres bonnes raisons de mettre en place
03:48un dispositif d'épargne salariale au sein de son entreprise.
03:50Simon Fabre, question assez ouverte parce que vous échangez avec des personnes qui
03:57prennent en main le sujet de leur épargne mais qui peuvent être entrepreneurs ou dirigeants
04:00d'entreprises.
04:01Quel est le premier sujet d'inquiétude que vous pouvez voir sur le sujet ou de questionnement ?
04:06Est-ce que c'est le dirigeant qui veut partager la valeur de son entreprise ou l'épargnant
04:12qui se pose des questions sur sa retraite ?
04:14En fonction du bénéficiaire ou de l'interlocuteur, on aura des questions différentes.
04:20Mais les deux questions aujourd'hui apparaissent.
04:23On voit de plus en plus de chefs d'entreprise, de petites entreprises et de moyennes entreprises,
04:31qui sont informés de ces dispositifs, qui savent qu'ils existent et qui savent que
04:35c'est un élément différenciant par rapport à des grandes entreprises et qu'il est
04:41donc nécessaire pour ces entreprises plus petites également d'y aller, de permettre
04:48à leurs salariés de comparer parce qu'aujourd'hui il y a un accès à l'information, ces dispositifs
04:53existent depuis bien longtemps, mais depuis bien longtemps un certain nombre de bénéficiaires
04:58salariés mettaient ça de côté, le laissaient vivre parce qu'on était beaucoup sur des
05:03dispositifs collectifs dans un esprit de retraite.
05:07Donc on le laissait vivre et finalement c'était un peu la bonne surprise pour le salarié
05:12au moment où il finissait par le dénouer ou éventuellement quand il quittait l'entreprise
05:17de temps en temps il se rendait compte qu'il avait cet argent.
05:19Et ce n'est plus le cas aujourd'hui si vous en parlez au passé ?
05:21Aujourd'hui les dirigeants savent qu'il y a cet aspect concurrentiel et les salariés
05:27savent que pour deux raisons, soit ça existe ailleurs parce qu'ils ont plus de mobilité,
05:32ils sont au courant que chez l'ancien employeur j'avais ça, soit notamment aussi grâce
05:37à votre travail et à notre intervention je l'espère, l'information est beaucoup
05:41plus diffusée.
05:42Les lois sont renforcées donc forcément il y a plus de communication, il y a plus
05:47d'informations.
05:48On fait aujourd'hui en ce moment, vous l'avez précisé, la semaine de l'épargne salariale,
05:54donc il y a tous ces éléments d'informations où le salarié est au courant qu'il possède
06:00une option, investir ou pas, et donc ensuite qu'est-ce qu'il en fait ?
06:04Est-ce que ça change le comportement des salariés vis-à-vis de leur dispositif d'épargne
06:07salariale ?
06:08Ça les rend je pense effectivement beaucoup plus actifs, ils comprennent mieux l'intérêt
06:13aussi et nous notre rôle, et les conseillers financiers de manière générale qui intervenons
06:18une fois que le dispositif existe, c'est de leur montrer justement comment allouer
06:24aussi leur patrimoine.
06:26Forcément on va soit avoir un objectif de retraite, soit des cas de déblocage potentiellement
06:31anticipés pour certains dispositifs, avec des cas qui ne sont pas forcément que la
06:36mort, il faut le souligner, l'idée ce n'est pas de tout redétailler, mais c'est aussi
06:41pouvoir arbitrer son patrimoine et lui donner des horizons qui nous correspondent.
06:47On a récemment eu une incitation, un développement des lignes ISR-ESG dans l'épargne salariale,
06:54donc c'est possible maintenant pour les salariés, grâce aux distributeurs, de dynamiser, de
07:01prendre vraiment en main cette gestion et donc ensuite d'allouer le reste du patrimoine
07:06en conséquence.
07:07C'est une obligation pour tous les professionnels comme moi de prendre ça dans leur bilan pour
07:13pouvoir justement faire les bons placements.
07:15Damien Clérisse, vous constatez une montée en puissance de l'utilisation de ces dispositifs
07:20par les salariés eux-mêmes, au-delà effectivement de la mise en place par les dirigeants ?
07:24Oui, on a évalué, en les interrogeant, qu'il y avait à peu près un quart d'entre eux
07:28qui font des arbitrages, donc qui gèrent activement.
07:31Ces pourcentages sont en croissance, on voit également les versements volontaires qui
07:37sont en augmentation significative année après année, c'est de l'ordre de 12% en 2024 par
07:41rapport à les années précédentes, donc tout ça ce sont des bonnes nouvelles, ça montre
07:44en effet que de plus en plus ils utilisent ces dispositifs comme le reste de leur support
07:48d'épargne, néanmoins ça reste une minorité, donc on a encore un enjeu important de pédagogie
07:53financière, faire en sorte que les salariés comprennent bien leurs dispositifs et d'accompagnement
07:57pour qu'ils puissent en effet gérer de manière dynamique, tout au long de leur carrière,
08:01tout au long de leur vie, ces dispositifs d'épargne.
08:03Ça veut dire qu'on a des salariés qui ont des dispositifs d'épargne salariale mais
08:07qui n'ont pas encore suffisamment pris la mesure de l'intérêt potentiellement de piloter
08:12cette épargne salariale et de ne pas simplement attendre la retraite, si je comprends bien.
08:15En fait, je pense que pour la plupart, ils ont très bien compris l'intérêt de verser
08:20sur ces dispositifs-là.
08:21D'accord.
08:22Et comme je l'ai dit tout à l'heure, plus de trois quarts d'entre eux versent activement
08:24tous les ans.
08:25Donc ça, c'est très très bien compris.
08:26En revanche, je pense que ce qui n'est pas encore totalement intégré, c'est que ces
08:29supports aujourd'hui sont compétitifs, sont diversifiés, permettent justement d'allouer
08:34son épargne différemment en fonction de ses projets de vie, en fonction de son horizon
08:37de vie, permettent également de passer de son dispositif d'épargne salariale à son
08:42dispositif d'épargne retraite qui clairement correspond à des horizons différents, le
08:45décès moyen terme, le décès de long terme.
08:47Donc c'est cette gestion dynamique que l'on peut réaliser sur d'autres supports, que
08:51l'on peut tout à fait appliquer aujourd'hui à son dispositif d'épargne salariale.
08:54Simon Favre, question cash, mais que se posent à mon avis un certain nombre d'épargnants,
08:58quel intérêt d'aller faire des arbitrages sur un dispositif d'épargne salariale alors
09:03que justement on se dit, j'ai versé, je verse tous les ans et puis j'en retirerai les fruits
09:07à la retraite et justement je n'ai pas à m'en occuper ?
09:10Alors quel intérêt ? Justement, laisser faire les autres c'est bien, mais quand on
09:15le fait soi-même, c'est la possibilité normalement d'améliorer la performance, alors même
09:19si on est sur des horizons de vision moyen voire très long terme, on peut se permettre
09:27d'accompagner avec plus de sérénité, les sous-breceaux, on en connaît quelques-uns
09:32là ces derniers jours, et donc justement de prendre des positions beaucoup plus sereines.
09:37Mais c'est aussi la possibilité à un moment, il y a des dispositifs d'épargne salariale
09:41qui sont à vision moyen terme et c'est la possibilité progressivement de réallouer
09:47aussi son patrimoine sur d'autres actifs, de travailler peut-être d'autres aspects
09:52de son patrimoine, que ce soit de l'immobilier ou des fonds.
09:57Alors aujourd'hui évidemment, encore une fois, l'épargne salariale développe de plus
10:02en plus les supports sur lesquels il est possible d'investir et fort heureusement parce que
10:06pendant longtemps, c'est vrai que certains nombres de fonds ou de possibilités n'étaient
10:11pas forcément accessibles, donc aujourd'hui ils ont compris cette nécessité.
10:15Donc aujourd'hui, il y a plus de possibilités aussi de faire d'arbitrage, de piloter si
10:19ce n'est pour rien.
10:20Il y a beaucoup plus de possibilités d'action, de le prendre en main, de le rendre cohérent
10:21aussi avec les envies et les contraintes ou les opportunités.
10:27Je ne sais pas si c'est le bon mot mais on voit qu'on traverse et il y a un grand débat
10:30sur l'orientation de l'épargne des Français en général avec le sujet qu'on connaît
10:36au niveau géopolitique.
10:37Forcément, le monde économique va être chamboulé aussi par ça.
10:42Et ça, c'est des questions qu'on doit se poser même sur les sujets d'épargne salariale,
10:45à visée retraite alors même que justement on est dans du temps très long et là on
10:49commente du temps.
10:50Alors ça peut devenir du temps long ou du temps moyen mais pour l'instant on est dans
10:54l'actualité.
10:55Si vous avez la possibilité de prendre de la performance tout de suite, c'est toujours
10:59mieux que d'avoir laissé passer le train.
11:00L'avantage de ces dispositifs, c'est aussi les intérêts composés ou l'image de la
11:05boule de neige qui part du haut de la montagne et qui va descendre quand on est en bas de
11:10la montagne.
11:11C'est quand on veut récupérer.
11:12Et donc forcément, plus vous arrivez à la faire grossir rapidement, plus vous regagnez
11:17de l'argent dessus.
11:18Et c'est pour ça que, mais ça c'est plus un travail d'éducation financière qui doit
11:22être fait au niveau français et on y travaille, c'est de se dire que laisser faire les choses,
11:28c'est pas mal.
11:29C'est déjà mieux que ne pas avoir investi mais ensuite faire vivre son épargne, c'est
11:33encore mieux en l'orientant et en la rendant alignée avec éventuellement ses convictions
11:38quand on en a.
11:39Damien Cléry, si je comprends bien ce que nous dit Simon Fabre, l'épargne salariale
11:42est devenue un placement comme un autre pour les épargnants aujourd'hui, à traiter de
11:45la même manière que les autres placements qu'on peut avoir ?
11:47Alors oui, je pense qu'en effet du point de vue de l'épargnant, du point de vue du salarié,
11:52c'est une opportunité, c'est un support aux côtés d'autres supports dont l'épargnant
11:56peut bénéficier.
11:57C'est aussi un avantage puisque ces supports ont été mis en place par leur entreprise
12:02et à des tarifs qui ont été négociés par leur entreprise, donc ils bénéficient
12:06du collectif dans le niveau de frais également.
12:08Ce sont des dispositifs qui sont performants et pour moi, in fine, ce sont à la fois des
12:12opportunités pour les entreprises parce que c'est l'occasion d'aligner les intérêts
12:16des actionnaires, des dirigeants, des salariés au service de la performance de l'entreprise
12:20mais c'est aussi une opportunité pour ces épargnants de se constituer une épargne
12:23au service de leur projet de vie.
12:24Merci à tous les deux, on finira là-dessus, merci Damien Cléry, ce directeur général
12:28de Natixis Inter-Épargne, merci Simon Fabre, président et fondateur de Roseau Patrimoine,
12:32merci d'être venu sur le plateau de Smart Patrimoine et quant à nous on se retrouve
12:34tout de suite dans l'œil de l'expert.