• il y a 12 heures
Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

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Transcription
00:00Il est quasiment 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour Face à Mathieu Bocoté, cher Mathieu, bonsoir.
00:06Bonsoir.
00:07Bonsoir Arthur de Vatrigan.
00:08Bonsoir Eliott.
00:09A la une de L'Incorrect ce mois-ci, Tall Story, détenu, surveillant, aumônier.
00:14Il raconte, c'est donc un grand dossier sur les prisons en France avec une succession de témoignages
00:22à découvrir donc dans les pages de L'Incorrect ce mois-ci.
00:27Le point sur l'information, c'est avec vous Isabelle Piboulot.
00:30Chère Isabelle, bonsoir.
00:31Je suis très en colère car Isabelle, vous n'apportez pas l'information majeure de la soirée,
00:35à savoir que le Paris Saint-Germain vient d'être champion de France pour la 13e fois de son histoire.
00:40Mais j'ai d'autres informations en bagage.
00:42Bonsoir Eliott.
00:43Bonsoir à tous.
00:44Isabelle, c'est à vous.
00:45Vous avez pu le suivre sur notre antenne dans les Yvelines.
00:47Le maire de Montigny et le bretonneau a inauguré un square au nom de Philippine.
00:51Première ère de jeu inclusive de la ville, adaptée aux enfants en situation de handicap.
00:55Un hommage à l'étudiante de 19 ans dont le corps avait été retrouvé dans le bois de Boulogne
01:00le 21 septembre dernier.
01:02Le principal suspect, un ressortissant marocain de 22 ans,
01:05avait reconnu l'avoir abusé sexuellement avant de la tuer.
01:08En Birmanie, plus de 3350 morts sont à déplorer après le puissant séisme du 28 mars.
01:14Le tremblement de terre a également fait plus de 4500 blessés.
01:17220 personnes restent portées disparues.
01:20La marine indienne a livré aujourd'hui des centaines de tonnes d'aide alimentaire.
01:24Au lendemain d'une rencontre rare entre le premier ministre indien et le chef de l'agence militaire.
01:29Et puis cet important coup de filet coordonné par Europol.
01:33Une tonne de cocaïne a été saisie et 20 personnes arrêtées en Espagne, en France et en Belgique.
01:38Parmi elles, 10 suspects ont été placés en détention provisoire.
01:42Ces individus sont suspectés d'être impliqués dans une organisation
01:45qui faisait entrer de la drogue dans des conteneurs via le port de Valence.
01:49Merci chère Isabelle pour le point sur l'information.
01:52Évidemment il y avait des actualités plus importantes.
01:54On se retrouve à 20h pour un nouveau point sur l'information.
01:57Et on parlera peut-être du Paris Saint-Germain.
02:00A la une de face à Mathieu Bocoté, semaine politique et judiciaire historique en France.
02:05Après la condamnation en première instance de Marine Le Pen.
02:09Et cette volonté de restreindre le droit à l'indignation.
02:14Pas question de remettre en cause la décision sous peine d'être taxée de fasciste.
02:18Le RN se mobilise demain.
02:20Sédition disent les opposants.
02:22Comment expliquer cette dérive autoritaire ?
02:24On en parle dans un instant.
02:26Une professeure à Nantes filmée à son insu est malmenée
02:31pour avoir eu le malheur de demander à une élève de retirer son voile.
02:34Un maître de conférence à Lyon contraint de quitter l'amphithéâtre
02:38pris à partie par des voyous cagoulés pour s'être reposé entre autres à la rupture
02:42d'un jeune lundi dans la faculté.
02:44La crise de l'école se poursuit.
02:46Décryptage dans cette émission.
02:48Vous recevez ce dimanche, ce samedi, Charles Gave.
02:51Économiste, financier et séiste.
02:53Vous reviendrez avec lui sur la guerre commerciale lancée par Donald Trump.
02:57Est-ce la fin de la mondialisation heureuse ?
03:00Du libéralisme à outrance.
03:02Voilà le programme.
03:03Il est riche de face à Mathieu Bocoté.
03:05C'est parti.
03:06Pour commencer, c'était une semaine politique plus que chargée en France.
03:09Mathieu, de la condamnation de Marine Le Pen à celle d'Éric Zemmour
03:12en passant par la remise en question du droit de critiquer une décision de justice.
03:15Certains ont peut-être l'impression de basculer dans un nouveau monde
03:18qui se réclame de la démocratie, mais qui piétine ses principes.
03:22Et tel sera le sujet de votre première édito, Mathieu.
03:25Oui, alors je ne reviendrai pas sur le détail de ce qui s'est passé.
03:28On est tous au courant de la condamnation de Marine Le Pen.
03:31Je noterai simplement une première chose.
03:33C'est le fait que le RN et ceux qui tournent autour de lui ont été surpris, finalement.
03:38Ils étaient fondamentalement surpris par cette condamnation.
03:42Pas comme s'ils croyaient fondamentalement au système qu'ils contestent.
03:46On est dans cette séquence très particulière où le RN, version Marine Le Pen,
03:50était surpris, sincèrement surpris, de la décision de justice.
03:54Et dès lors, c'est une forme de sidération qui s'est établie pour l'ensemble de la semaine, en fait.
03:59Le RN croyait avoir achevé sa dédiabolisation,
04:02tout comme il croyait l'avoir achevé au moment des législatives l'an passé.
04:06Et chaque fois, le RN découvre que sa dédiabolisation est inachevée,
04:10que la dédiabolisation reprend toujours lorsque le système l'exige.
04:14Dans les circonstances actuelles, le nouveau nom de la dédiabolisation, c'est trompisation.
04:18Trompisation, on dit que le RN serait à la veille de faire l'équivalent de la taxe du capital
04:23dont on a parlé il y a quelques années aux États-Unis.
04:26Je note une autre chose qui me semble importante,
04:28c'est que ce qu'on appelle l'État de droit aujourd'hui connaît, partout à l'Occident,
04:32on l'a vu en Roumanie, mais aussi on l'a vu en Allemagne,
04:35et là on le voit en France aujourd'hui, une forme de dérive autoritaire.
04:38Et quelle est la dérive autoritaire de l'État de droit?
04:40Elle se présente ainsi.
04:42Pour sauver la démocratie contre des partis accusés d'être populistes
04:46qui instrumentaliseraient les méthodes de la démocratie contre l'esprit de la démocratie,
04:52il serait nécessaire de frapper ces partis, de frapper les mouvements,
04:56de frapper les discours qui instrumentaliseraient la démocratie contre les principes de la démocratie.
05:01Et ça, c'est la véritable dérive de l'État de droit,
05:05parce que l'État de droit n'est plus simplement un système,
05:07un encadrement juridique du politique ou un encadrement constitutionnel du politique,
05:11c'est une idéologie, dans les faits, qui fonctionne à la criminalisation
05:16d'à peu près tous les propos qui entrent en contradiction avec l'idéologie dominante de notre temps.
05:21Ce qu'on voit en ce moment, et c'est très particulier,
05:23c'est qu'avec la décision de justice, on nous dit qu'elle est nécessaire pour éviter,
05:31et justement, c'est le frein juridique qui empêche le basculement populiste de notre temps.
05:36Et on mobilise, vous le noterez, la mémoire de la Deuxième Guerre mondiale, encore une fois,
05:40pour expliquer que le parti qui est devant eux doit être enfin interdit,
05:44parce qu'on ne l'a pas fait à l'époque.
05:46Donc c'est le mythe de Weimar appliqué aux années 2020,
05:48on dit à l'époque Weimar s'est effondré devant les nazis,
05:51aujourd'hui la démocratie ne doit pas s'effondrer devant ceux qui la contestent.
05:54On connaît ça par cœur.
05:56Aujourd'hui, j'ajoute une chose, c'est assez important,
05:58c'est la logique de l'État d'exception qui est utilisée.
06:00L'État d'exception, qu'est-ce que c'est?
06:02Ça consiste à suspendre les règles juridiques, administratives et politiques d'un système
06:06pour chasser un corps étranger qui remettrait en question ce système,
06:10pour chasser une menace qui viendrait déstabiliser l'ordre constitutionnel.
06:14C'est ainsi que ça se présente à nous aujourd'hui.
06:16Alors quand je dis qu'il y a partout en Occident une volonté de mater les partis populistes, révoltés, insurgés,
06:21je ne dis pas qu'il y a un complot, qu'on se comprenne bien,
06:24je ne suis pas un conspirationniste, comme on dit.
06:26Je dis simplement qu'il y a une logique en fait qui se déploie,
06:29un régime qui se braque, un régime qui se radicalise pour bloquer ceux qui le contestent.
06:34Et on le voit donc avec la décision de justice.
06:36Premier élément, oui, c'est une décision individuelle.
06:39Une autre décision aurait pu être possible,
06:41la preuve en est que plusieurs juristes disent qu'ils ne comprennent pas cette décision.
06:44C'est bien la preuve.
06:45Néanmoins, c'est un effet de système parce qu'à ce qu'on voit partout en Occident,
06:49on est passé pour les partis populistes de l'invisibilisation,
06:52à la diabolisation, à la cordon-sanitarisation, à la franc-républicanisation
06:57et aujourd'hui, c'est l'interdiction, tout seulement la décapitation juridique de leur chef.
07:01C'est un système qui se verrouille.
07:03On a dit cette semaine qu'on ne saurait critiquer une décision de justice.
07:07Mathieu Bocoté, cette idée vous surprend-elle ?
07:10Ce que je constate, c'est qu'on est donc dans un système de justice de droit divin
07:13qui correspond à une forme d'état de droit divin aussi.
07:16Encore une fois, c'est fascinant.
07:18On est devant une décision de justice,
07:20on nous dit qu'on ne comprend pas la décision de la magistrate.
07:23Plusieurs personnes qui détestent à s'en confesser le RN et Marine Le Pen
07:28disent qu'ils ne comprennent pas la décision de la magistrate.
07:31Mais on nous dit au même moment que critiquer cette décision est absolument illégitime,
07:36bien qu'il soit permis de la porter en appel,
07:39ce qui veut donc dire qu'on la conteste selon un processus juridique.
07:42Quand on nous dit que cette décision aurait pu être prise,
07:45une autre décision aurait pu être prise, un autre jugement aurait pu être rendu,
07:48qu'est-ce qu'on nous dit ?
07:50On nous dit que cette juge a fait peser sa subjectivité dans son jugement
07:55pour être capable de l'orienter dans une direction plutôt qu'une autre.
07:58Alors on nous a parlé cette semaine de l'ordre public démocratique,
08:02tout comme on nous avait parlé de l'ordre public immatériel.
08:05On multiplie les concepts aujourd'hui pour justifier le resserrement de l'espace démocratique
08:10au service des seules parties du système.
08:13Donc là, quand on s'intéresse, on se dit,
08:14est-ce qu'on pourrait savoir qui est le profil de cette juge ?
08:16Elle a un pouvoir immense,
08:18elle vient d'une forme d'interruption du processus démocratique en France,
08:22est-ce qu'on pourrait savoir qui elle est ?
08:23Non, pas pour la menacer.
08:25Évidemment, toute forme de menace de la juge est absolument condamnable,
08:28ça va de soi.
08:29Mais est-ce que nous pourrions savoir qui nous gouverne ?
08:31Et bien on nous dit non.
08:32Non, non, il faudrait invisibiliser les décisions de justice, les impersonnaliser.
08:36D'accord, mais quand on sait que cette décision,
08:38une autre décision aurait pu être prise,
08:40pourrions-nous savoir qui nous gouverne aujourd'hui ?
08:42On nous dit non.
08:43On nous dit non.
08:44La critique d'une décision de justice aujourd'hui, ce serait factieux.
08:46Ce serait l'autre nom d'une rébellion
08:48contre la possibilité même du vivre ensemble,
08:51de la démocratie, d'un monde concorde civique.
08:55Je suis fasciné en fait par cette idée
08:57que les pouvoirs aujourd'hui, sans la moindre gêne,
08:59nous expliquent qu'on n'a pas le droit de les critiquer.
09:01Tout comme les médias refusent qu'on les critique,
09:03en disant, vous ne pouvez pas critiquer les médias,
09:05parce qu'alors vous êtes contre l'esprit démocratique du quatrième pouvoir,
09:08que sont les médias.
09:10Je pose la question sur l'acceptation,
09:14est-ce qu'on peut critiquer les décisions de justice ?
09:16Si la justice est une institution humaine,
09:19et non pas une institution d'une autre nature qu'humaine,
09:21donc une institution divine,
09:23si c'est une institution humaine,
09:25elle est donc légitimement critiquable.
09:28Et on peut dire que la critique doit être formulée intelligemment,
09:30la critique doit être dans des formes, j'entends tout cela,
09:32mais si on nous dit que certaines décisions ne peuvent pas être critiquées,
09:34sans quoi on se marque immédiatement dans le camp des factieux,
09:37et bien là on est hors démocratie.
09:40Dans le même état d'esprit, il y a la manifestation dont on nous parle,
09:44qui aura lieu demain,
09:46et bien moi j'entends maintenant que la manifestation serait factieuse,
09:49serait sédicieuse,
09:51qu'il ne serait pas légitime de marcher,
09:53ou de manifester, ou de faire un rassemblement,
09:55contre la décapitation juridique
09:57de la principale candidate de l'opposition nationale en ce pays.
10:01Je confesse mon étonnement,
10:03je note qu'à cette manifestation,
10:05il y aura aussi très probablement des contre-manifestants d'extrême gauche,
10:08dont l'objectif est de provoquer, sans la moindre gêne,
10:11les manifestants qui seront là,
10:14et lorsqu'il y aura une provocation,
10:16et qu'il y aura probablement peut-être quelques coups qui seront échangés,
10:19le récit médiatique sera l'extrême droite, comme il l'appelle,
10:22est à l'origine de violence,
10:24au mieux on nous dira qu'il y a eu une rixe entre militants extrémistes,
10:26place Vauban.
10:28Je ne peux pas m'empêcher de faire un lien entre cela,
10:30et ce qui s'est passé avec Éric Zemmour,
10:32en l'espace de deux semaines,
10:34c'est la condamnation pour ses propos,
10:36où il livrait son interprétation des événements de Crépole,
10:39et maintenant condamnation à cause d'une explication historique
10:42sur la Deuxième Guerre mondiale,
10:44que l'on peut juger hasardeuse,
10:46que je ne partage pas s'il faut le dire,
10:48mais qui est une explication historique comme une autre,
10:50qu'on peut discuter, si Zemmour a tort,
10:52on l'invalide, on dit qu'il a tort,
10:54on prouve qu'il a tort, et c'est terminé, on n'en parle plus.
10:56Mais décider de régler des querelles historiques devant les tribunaux,
11:00comme on le fait avec lui,
11:02c'est une logique de censure qui va de plus en plus loin.
11:05On a renoncé à convaincre, dans le monde occidental aujourd'hui,
11:08on préfère contraindre, interdire, sanctionner et mater.
11:12Est-ce que la révolte populiste française, Mathieu Bocoté,
11:15risque d'être matée par ce que vous présentez
11:17comme une séquence répressive?
11:19C'est paradoxal, je crois.
11:21D'un côté, la répression fonctionne.
11:23Elle est là pour ça.
11:25Les répressions sont là pour fonctionner.
11:27Pour démobiliser la population,
11:29c'est ce qui se retrouvait dans la candidate Marine Le Pen
11:31dans les circonstances.
11:33À l'échelle de l'histoire, vous savez,
11:35les révoltes avortent la plupart du temps.
11:37Le système est plus fort que l'antisystème la plupart du temps,
11:40sauf quand un système en vient presque à s'écrouler, en quelque sorte.
11:43C'est arrivé aussi dans l'histoire.
11:45La question qu'on peut se poser,
11:47c'est est-ce que le système qui est le nôtre,
11:49en est rendu aujourd'hui, ne sait plus faire autre chose
11:52qu'interdire et sanctionner,
11:54parce qu'il a renoncé à gagner selon les règles habituelles.
11:57Par ailleurs, imaginons que Marine Le Pen,
11:59parce que là, toute la vie politique est tendue
12:01pour un an sur l'appel,
12:03à peu près dans un an.
12:05Imaginons qu'elle soit chassée de la vie politique.
12:08Il y a quand même, à ce que j'en sais,
12:10il y a des successeurs possibles dans ce parti.
12:13De Jordane Bardella, évidemment, à Marion Maréchal.
12:16À l'extérieur de ce parti, dans la droite nationale,
12:18il y a Éric Zemmour.
12:20À l'extérieur de la droite nationale, mais les figures qui comptent,
12:22il y a Bruno Retailleau.
12:24On pourrait nommer d'autres figures.
12:26Il y a d'autres figures qui portent aujourd'hui
12:28cette révolte partout visible en France aujourd'hui.
12:32Et les causes, surtout, qui ont amené tant de Français
12:34à retirer leur confiance à l'idéologie dominante,
12:37insécurité, immigration massive, perte de confiance,
12:40fiscalisme, écrasement administratif,
12:42toutes ces causes sont encore là aujourd'hui.
12:45Donc, ce qu'on peut redouter dans les temps à venir,
12:47c'est une révolte de plus en plus profonde
12:49et une répression de plus en plus autoritaire.
12:52– Arthur de Vatrigan, est-ce que vous partagez ce constat
12:54sur cette dérive autoritaire d'une partie
12:57de la classe médiatique et politique ?
13:00– Oui, c'est pourquoi il y aura une manifestation demain,
13:02une manifestation sur laquelle je vais revenir,
13:04parce que c'est assez original.
13:06Disons qu'une manifestation en France, si vous voulez,
13:08c'est comme des robes encore froissées du placard hivernal
13:11ou des terrasses de bistrot, c'est-à-dire que ce sont des esseins
13:15qui sortent brusquement dès que le printemps prend de son nez.
13:18Et en France, on connaît les manifestations printanières,
13:21ces manifestations sont celles où, généralement,
13:23on manifeste son attachement aux valeurs de la République,
13:26c'est-à-dire qu'on descend pour faire barrage au fascisme
13:29avec des fascistes ou qu'on manif' contre la réforme des retraites
13:32ou alors pour soutenir Adama Traoré ou la Palestine.
13:35Bref, des trucs qui sont vraiment essentiels et vraiment vitaux
13:37pour la France.
13:38Et là, on est sur quelque chose de différent,
13:40d'où les réactions un peu étonnantes et du côté de la presse
13:42et du côté des politiques en disant, je ne comprends pas,
13:44normalement, ce n'est pas eux qui doivent manifester,
13:46ce n'est pas trop leur cam.
13:47Mais on a déjà connu ça au moins deux fois,
13:49toutes proportions gardées, évidemment,
13:51c'était l'école libre en 1984 ou les manifestations
13:54contre le mariage dit pour tous en 2013.
13:56Et c'est des événements comme ça qui sont assez étonnants
13:58parce que ce sont des événements, des Français descendent
14:00dans la rue sans drapeau CGT, sans ballon gonflable FO,
14:04ni bus à fretter, parce qu'ils veulent rappeler déjà
14:07que la rue appartient à tous les Français.
14:09Et surtout, lorsque ces manifestations mobilisent
14:11un peu de monde, c'est parce qu'elles dépassent
14:13la simple défense du bout de gras personnel.
14:15C'est-à-dire qu'on sort de chez soi quand on n'en peut plus,
14:18quand les murs des appartements ou de votre maison
14:22sont trop étroits pour contenir la colère.
14:24Et donc l'enjeu de beaucoup de gens,
14:26en fait, ce n'est pas Marine Le Pen,
14:28ce n'est pas le Rassemblement national,
14:29comme ce n'était pas François Fillon en 2017,
14:31dont d'ailleurs la plupart des personnes
14:33qui étaient présentes au Trocadéro
14:35n'auraient jamais glissé un bulletin Fillon dans l'urne.
14:37Si les Français prennent possession
14:39le temps d'une journée de la rue,
14:41c'est par des possessions, des possessions du pouvoir,
14:43des possessions de leur liberté,
14:45des possessions de leurs droits.
14:46Parce qu'on ne peut pas donner des leçons de démocratie
14:48toute la journée et s'asseoir dessus en même temps.
14:50La démocratie, elle fonctionne sur au moins trois fondamentaux.
14:53Premièrement, le débat des croyances.
14:55Deuxièmement, la confiance dans les institutions.
14:57Et troisièmement, une séparation des pouvoirs,
14:59c'est-à-dire un pouvoir et des contre-pouvoirs.
15:01Or, ces trois fondamentaux sont mis à mal.
15:03Le débat des croyances a été remplacé par la technocratie,
15:07le cercle de la raison, c'est-à-dire je sais, donc je suis.
15:09Si vous n'êtes pas d'accord, fermez-la.
15:11Quant aux deux autres, le cas Marine Le Pen
15:13illustre tristement les contre-pouvoirs.
15:15Les contre-pouvoirs sont devenus des pouvoirs.
15:17Il faut le rappeler avec la bénédiction du législateur,
15:20parce que ce sont les législateurs qui ont permis à des magistrats
15:24d'appliquer une exécution provisoire.
15:26Il faut toujours le rappeler.
15:27Or, l'exécution provisoire n'est rien d'autre que la certitude
15:30d'un homme ou d'une femme de ne pas se tromper.
15:32C'est-à-dire, quand vous dites, je donne une exécution provisoire,
15:35c'est, je crois, mon jugement infaillible.
15:37C'est quand même assez effrayant.
15:39Et on a inventé la justice pour éviter que chacun se fasse justice.
15:42Peut-être que des magistrats ont oublié que ça les concernait aussi.
15:45Or, on voit que la confiance dans les institutions est fragilisée,
15:48d'où l'envie de manifester et de sortir.
15:50Donc, il reste, je pense, une question,
15:52avec toute cette séquence, c'est,
15:54la démocratie est-elle un système qui s'est grippé,
15:57qui s'est rouillé, qui grince un peu et qu'on peut réparer,
16:00ou la démocratie est-elle juste une atmosphère,
16:02c'est-à-dire un vague sentiment ?
16:04Autre sujet à présent, on a beaucoup parlé de l'école cette semaine,
16:06Mathieu Bocoté, en disant que la République s'est aidée du terrain.
16:09Surtout, nous en avons eu plusieurs démonstrations, selon vous,
16:13et ce sera le sujet de votre second édito.
16:16Alors, le mot « la République s'aide du terrain »,
16:18je l'ai beaucoup entendu cette semaine, en effet,
16:19et je ne sais jamais ce que ça veut dire.
16:20Ce que je sais, c'est que l'ordre public s'aide du terrain.
16:23Ce que je sais, c'est que la laïcité s'aide du terrain.
16:25Ce que je sais, c'est que le souci de la vérité s'aide du terrain.
16:27Ce que je sais, c'est que la culture française s'aide du terrain.
16:30Mais j'ai l'impression que tout cela, on ne peut le nommer
16:32qu'à travers le vocabulaire empoulé de la République.
16:35Alors, trois exemples cette semaine.
16:37Le maître de conférences Balanche, qui a vu son cours interrompu,
16:42on en a parlé, je crois, aujourd'hui,
16:44par des militants islamo-gauchistes,
16:46et probablement plus islamo que gauchistes,
16:48qui considèrent que l'université leur appartient
16:50et qu'ils sont en droit désormais de sanctionner
16:53les propos qu'ils jugent inacceptables dans l'université.
16:56Donc, l'université, ils privatisent l'université,
16:59ils exercent une souveraineté sur ces lieux
17:02et considèrent quel prof peut enseigner ou non.
17:05Et n'oubliez jamais que ça, c'est la part visible de tout cela.
17:08Parce que la part invisible, c'est déjà un corps professoral
17:11qui, pour l'essentiel, est très marqué à gauche
17:13et qui tend régulièrement à chasser de ses rangs
17:15ou à ne pas laisser entrer ceux qui ne disent pas
17:17exactement la bonne chose pour faire carrière dans l'université.
17:21Donc, un professeur, ici, qui est dans un souci
17:23de transmission scientifique du savoir,
17:25de production scientifique du savoir,
17:27il est frappé d'interdit.
17:29De même, cette directrice, si je ne me trompe pas,
17:32qui pose la question du voile, on la filme, on la filme.
17:36Vous vous rendez compte que le sentiment d'impunité absolue
17:39de celui qui peut filmer les autorités de l'école
17:41pour les intimider en disant
17:43« Vous allez désormais vous coucher,
17:45nous avons le pouvoir, vous ne l'avez plus. »
17:47Et finalement, cette enquête de Mediapart,
17:49que je trouve absolument terrifiante,
17:51sur une professeure qui est accusée
17:53de tenir des propos anti-islam,
17:55on pourrait dire plus largement anti-islamiste,
17:57on pourrait être plus précis,
17:59sur un compte privé, Twitter.
18:01Et qu'est-ce qu'elle fait?
18:03Là, on fait tout pour la désigner
18:05à la vindicte publique, comme si on marquait
18:07sa porte d'une croix en disant
18:09« Voilà la prochaine cible. »
18:11Je trouve ça fascinant, cette logique de délation,
18:14parce qu'il n'y a pas d'autre mot
18:16qu'une logique de délation.
18:18Et moi, ces militants politiques, ces militants idéologiques,
18:20ces policiers idéologiques,
18:22qui aiment se faire appeler journalistes
18:24et qui pratiquent dans les faits
18:26l'identification des contrevenants idéologiques,
18:28qui pratiquent la délation haineuse,
18:30qui veulent que nous sachions
18:32qui est coupable de tel propos.
18:34Et de ce point de vue, il faut des sanctions.
18:36Les sanctions viendront du haut, viendront du bas,
18:38viendront d'ailleurs, on ne sait pas.
18:40Et on nous dira que quand la sanction viendra,
18:42l'autre l'a bien cherché, parce qu'il a pensé
18:44à l'extérieur du périmètre du pensable.
18:46Je suis tout à fait terrifié.
18:48Et encore une fois, il faut voir,
18:50parce que j'ai parlé d'université,
18:52j'ai parlé de la situation faite aux autorités,
18:54aux enseignants, c'est que l'école
18:56n'est plus un lieu véritablement
18:58d'accueillir les égards.
19:00Elle perd du terrain un peu partout.
19:02Et qu'est-ce qu'on demande à l'école aujourd'hui?
19:04Est-ce qu'on lui demande encore de transmettre
19:06le savoir, la culture, une culture générale?
19:08Non, pas vraiment. On lui demande seulement
19:10de gérer au mieux une situation qui semble perdue.
19:12Oui, pourtant, je le disais,
19:14Élisabeth Borne a bien dit, pardonnez-moi,
19:16que la République ne reculerait pas.
19:18N'est-ce pas l'essentiel, Mathieu?
19:20Je pense que le problème de la classe politique,
19:22c'est de dire une chose pour cacher le contraire.
19:24C'est-à-dire, la République ne reculera pas,
19:26c'est qu'elle a déjà reculé.
19:28L'école ne reculera pas, c'est qu'elle a déjà reculé.
19:30La laïcité ne reculera pas, c'est qu'elle a déjà reculé.
19:32La parole politique, dans les faits,
19:34ne sert plus à dire une réalité,
19:36à proposer quelque chose.
19:38Elle sert à masquer, à dissimuler,
19:40mais elle cache bien mal.
19:42Et aujourd'hui, les incantations républicaines
19:44font grand mal à la politique, je crois,
19:46font grand mal à la vie démocratique.
19:48Et on nous présente la situation de l'école,
19:50encore une fois, c'est l'insécurité,
19:52mais c'est l'insécurité scolaire.
19:54Il y a de centaines, de milliers de faits divers
19:56qu'il ne faudrait pas mettre en lien les uns les autres.
19:58On se demande quelques fois
20:00quel est le grand geste d'autorité
20:02qui permettrait de renverser le rapport à l'autorité
20:04dans cette société marquée par ce que vous avez appris
20:06ce matin, l'inversion des valeurs.
20:08On peut croire que l'école serait le lieu
20:10de la restauration d'une scène de verticalité,
20:12mais qui y croit vraiment aujourd'hui?
20:14Il se peut, j'en suis pas certain,
20:16mais il se peut que la restauration de l'école
20:18passe moins par le grand geste de verticalité
20:20sur le mode Troisième République
20:22pour que chacun puisse se sauver d'un système
20:24qui, sinon, nous entraîne tous à couler.
20:26L'école recule et reculera encore.
20:28Arthur de Vatrigan ?
20:30On a eu une séquence assez effrayante cette semaine,
20:32mais malheureusement, rien de neuf.
20:34Je passe rapidement sur Lyon 2 et cet universitaire
20:36qui s'est fait expulser de son cours.
20:38Pour ceux qui ne connaissent pas Lyon 2,
20:40c'est l'équivalent de Tolbiac, c'est la ménagerie des gauchistes.
20:42Mais malheureusement, la gangrène s'est propagée partout.
20:44Rappelez-vous, en 2021,
20:46lorsque la ministre de l'Enseignement supérieur
20:48et de la Recherche, Frédéric Vidal,
20:50avait voulu lancer une enquête,
20:52avait réclamé une enquête sur l'islamo-gauchisme.
20:54Il y avait eu un tollé, une levée de boucliers
20:56d'universitaires et de chercheurs.
20:58Donc, on voit déjà que c'est gangréné.
21:00Et le triptyque qui est fondamental à l'université,
21:02qui est l'instruction, la vérité, la liberté,
21:04en fait, a été grand remplacé depuis longtemps
21:06par l'endoctrinement, l'idéologie et la censure.
21:08Donc, avec l'adoumement d'universitaires
21:10et de chercheurs. Pour le voile à l'école,
21:12rien de neuf non plus, malheureusement.
21:14On sait que c'est le terrain de jeu,
21:16l'un des terrains de jeu principaux de l'islamisme
21:18pour imposer son contre-modèle éculturel.
21:20Parce que c'était là où on devait faire des bons républicains.
21:22C'est là où il faut les empêcher de devenir français.
21:24Et enfin, pour l'école, toujours,
21:26si vous résistez, vous pouvez toujours compter
21:28sur Houdoui Plenel, qui est le prince des mouchards,
21:30pour vous dessiner des pointillés sur la gorge
21:32et de dire aux islamistes, regardez, c'est là que ça se passe.
21:34Donc, pour répondre enfin à Madame Borde,
21:36on dit souvent que la République recule
21:38ou que l'État a reculé ou a déserté.
21:40Mais en fait, l'État n'a ni reculé ni déserté.
21:42Il s'est fait expulser comme un vulgaire squatteur.
21:44Mais ce n'est pas en agitant le vieux drapeau troué des valeurs de la République
21:46qu'il va retrouver un peu de vigueur et un peu d'autorité.
21:48Restez avec nous, chers téléspectateurs,
21:50car dans un instant, Charles Gave,
21:52essayiste et économiste financier,
21:54sera l'invité d'Arthur Vatrigan
21:56et Mathieu Bocoté.
21:58A tout de suite.
22:02Un peu moins de 19h30
22:04sur CNews pour la suite de Face à Mathieu Bocoté.
22:06Toujours avec Mathieu Bocoté, bien sûr,
22:08et Arthur de Vatrigan.
22:10Et nous avons le plaisir de recevoir sur le plateau
22:12Charles Gave, essayiste,
22:14financier, économiste.
22:16Charles Gave, bonsoir.
22:18Pourquoi avoir invité Charles Gave
22:20ce soir ? J'ai ma petite idée.
22:22Je crois que vous vous en doutez, cher ami.
22:24Globalement, il y a la séquence des tarifs qui vient de
22:26commencer. On la connaissait déjà
22:28en Amérique du Nord. Elle vient de commencer
22:30avec Donald Trump. Et le commentaire médiatique
22:32dominant, c'est « Trump est fou ».
22:34L'idée n'est pas d'être d'accord ou non avec lui,
22:36mais de chercher à comprendre ce qu'il est dans la tête.
22:38Est-il fou ou a-t-il une vision de l'économie
22:40et comment la comprendre ? Charles Gave, bonsoir.
22:42Bonsoir, merci de m'inviter. Alors, je vous pose
22:44la question. Est-ce que Donald Trump est fou
22:46ou a-t-il une vision de l'économie qui soit compréhensible ?
22:48Écoutez, c'est une question. Je ne suis pas psychiatre
22:50donc je ne peux pas répondre.
22:52Si je devais qualifier les fous
22:54que la quasi-totalité des hommes politiques le sont,
22:56donc on n'est pas rendus là.
22:58Je voudrais simplement dire
23:00un certain nombre de choses. C'est que pour raisonner
23:02rationnellement, ce qui est quand même
23:04le but, la première des choses que
23:06vous devez faire, c'est essayer de comprendre
23:08quelles étaient les causes
23:10des décisions qui ont été prises. Pourquoi
23:12M. Trump a-t-il été amené
23:14à prendre ces causes ? Alors, il y a des causes intérieures
23:16et des causes extérieures. Je vais commencer par
23:18les causes extérieures. Quand il est arrivé au pouvoir,
23:20les États-Unis étaient en train de perdre une guerre.
23:22Vous me direz, ça leur arrive tout le temps.
23:24Ils n'en ont pas gagné une depuis la guerre de Corée
23:26qui était un match nul. Mais ils ont perdu
23:28la guerre en Ukraine. Je crois que tout le monde
23:30est d'accord là-dessus. Et pour la première fois,
23:32il y a quelque chose qui s'est passé d'extraordinaire. C'est qu'ils ont perdu
23:34cette guerre parce que leur armement était inférieur.
23:36Et ça, c'est ce qu'on ne dit
23:38absolument pas. Ce dont c'est
23:40rendu compte, c'est que leur armement des Russes
23:42était bien meilleur que l'armement des Américains.
23:44Dans l'artillerie, dans les drones,
23:46dans les hypersoniques. C'est-à-dire que les Russes
23:48ont aujourd'hui des hypersoniques, des missiles,
23:50qui vont à dix fois la vitesse du son et qui peuvent vous couler
23:52les douze porte-avions américains en cinq minutes.
23:54C'est-à-dire que les États-Unis
23:56ont perdu le leadership
23:58militaire.
24:00Et qu'ils ne peuvent plus protéger
24:02les autres. Et c'est ce qu'a à dire toute lettre
24:04de Vance à Munich.
24:06Il a dit, les gars, on ne peut plus vous protéger,
24:08démerdez-vous.
24:10On ne peut plus vous protéger,
24:12on n'a plus la capacité militaire de vous protéger.
24:14Donc, abandon
24:16en race campagne de l'OTAN,
24:18ça me paraît déjà un truc assez important,
24:20mais ils ne peuvent pas faire autrement.
24:22La deuxième chose
24:24qui se passe, dont on parle
24:26assez peu, c'est que cette
24:28guerre a amené
24:30la Russie à vendre son pétrole
24:32aux Indiens
24:34en roupies.
24:36Ils ont cassé
24:38le monopole de paiement
24:40du pétrole en dollars qui existait
24:42depuis 1947,
24:44l'accord entre l'Arabie Saoudite
24:46et les États-Unis sur le
24:48estroïen américain.
24:50Et donc, qu'est-ce que ça veut dire ?
24:52Ça veut dire que maintenant,
24:54le mot de dollar n'est plus monnaie de réserve.
24:56Tout le monde avait besoin de dollars
24:58dans ses réserves de change, pour une raison très simple,
25:00c'est que vous n'avez pas besoin
25:02d'acheter des produits aux États-Unis, ils ne font pas grand-chose,
25:04mais vous aviez besoin d'acheter de l'énergie.
25:06Donc, vous étiez obligés d'avoir des dollars
25:08pour acheter de l'énergie. Le deal des Américains, c'est
25:10vous me vendez une bagnole, je vous donne
25:12un papier vert, et avec ce papier vert,
25:14vous pouvez aller acheter de l'énergie à l'Arabie Saoudite.
25:16C'est fini. Le privilège
25:18impérial des États-Unis est fini.
25:20Ils ne peuvent plus financer leur déficit budgétaire
25:22par leur déficit extérieur. C'est terminé.
25:24Et la troisième chose
25:26qui est en train de se passer, on est en train de voir
25:28émerger le bloc asiatique,
25:30qui va contrôler toute l'Asie,
25:32qui est le Triangle, Moscou,
25:34Pékin, Delhi.
25:36Les rues sont ouvertes
25:38des lignes de communication
25:40gigantesques, en quatre ans,
25:42qui vont de la Russie directement
25:44dans le golfe Persique
25:46et avec un bateau qui l'amène à Delhi.
25:48Donc, pour la première fois, l'Inde
25:50a accès à toutes les matières premières qui viennent
25:52du nord de l'Himalaya.
25:54C'est la première fois dans l'histoire qu'elle a
25:56accès à ses réserves et qu'elle peut les payer
25:58dans sa monnaie. Mais vous ne vous rendez pas compte,
26:00ça veut dire qu'il va y avoir un boom dans l'Océan Indien
26:02mais inimaginable,
26:04mais qui ne sera pas financé par le dollar,
26:06qui sera financé par les pays
26:08qui ont des excédents d'épargne, la Russie et la Chine
26:10et le centre financier du monde, ça va devenir
26:12Hong Kong. Vous pouvez fermer Wall Street.
26:14Alors, vous nous donnez ici
26:16les éléments extérieurs.
26:18Avec un élément supplémentaire,
26:20peut-être, on a depuis
26:221945, probablement après
26:24et plus encore dans les années 1980,
26:26les Américains croyaient au libre-échange,
26:28à l'expansion du libre-échange, à l'abolition des frontières
26:30et ainsi de suite, barrières douanières.
26:32Et là, on a l'impression qu'il y a un retour
26:34à une logique protectionniste. Est-ce que c'est bien le cas
26:36ou c'est plus complexe? Ils ne peuvent pas faire autrement
26:38parce qu'ils étaient dans une logique d'empire.
26:40Quand vous êtes dans une logique d'empire,
26:42vous vous en foutez votre monnaie, la monnaie de l'empire
26:44et vous continuez à payer, à apporter vos trucs.
26:46Mais à partir du moment où vous avez un État-nation
26:48et où les gens qui vendront des choses aux États-Unis
26:50ne vont pas demander des papiers verts
26:52mais vont demander une voiture ou un avion en échange.
26:54Ils vont échanger bien contre bien.
26:56Mais ça veut dire qu'ils doivent
26:58se réindustrialiser à toute allure.
27:00Ils n'ont plus le choix puisque maintenant,
27:02ils vont devoir passer à cause de, en quelque sorte,
27:04le privilège impérial des États-Unis
27:06de ne pas avoir de déficit extérieur.
27:08Le déficit extérieur, ça n'avait jamais
27:10aucune influence sur la politique. C'est fini.
27:12Maintenant, il y en a payé comme un autre.
27:14C'est évident.
27:16Donc, ils ne peuvent pas se permettre maintenant.
27:18C'est-à-dire l'industrie qu'ils ont laissé filer
27:20pendant les années d'empire.
27:22– Je ne pense pas me tromper en disant que vous êtes libéral.
27:24Normalement, on considère que les libéraux
27:26sont favorables à une liste de libre-échange maximale.
27:30Est-ce que vous êtes libéral inquiet ?
27:34En ce moment, vous considérez qu'on entre
27:36dans une période où le libéralisme va devoir
27:38intégrer une idée protectionniste ?
27:40– Ça me fait rigoler. Les libéralistes…
27:42Personne n'est plus libéral que moi.
27:44Mais l'embêtant, c'est que je connais
27:46le libéralisme et que les autres ne le connaissent pas.
27:48Et donc, la réalité, si vous voulez, c'est assez simple.
27:50C'est que pour qu'il y ait un système libéral
27:52qui fonctionne, il faut par exemple
27:54quelques conditions.
27:56La première, c'est qu'on soit un Etat noir,
27:58qu'il n'y ait pas de déficit budgétaire,
28:00que les Etats n'interviennent pas
28:02sur les taux d'intérêt, qu'ils n'interviennent pas
28:04sur les taux de change. Donc, il faut rigoler
28:06tout ça en disant qu'on était dans un régime
28:08de libre-échange, on était dans un régime
28:10qui favorisait les grandes sociétés
28:12au détriment des petites, simplement parce
28:14qu'on avait pris le contrôle des Etats.
28:16Ce n'était pas du libéralisme, c'était du capitalisme
28:18de déconnivence. Ça fait 20 ans qu'on est dans
28:20un capitalisme de déconnivence qu'on présente sous le nom
28:22du libéralisme. Et ça n'a rien de libéral, ni du début
28:24ni à la fin, ni cela ne l'a jamais été.
28:26Donc, j'ai écrit des livres là-dessus, d'ailleurs, vous pouvez les lire,
28:28ils sont très bien.
28:30– Donc, Donald Trump a annoncé de manière assez précise
28:32ses réformes, en tout cas...
28:34– Il va mettre des tarifs, oui.
28:36– Ses tarifs et droits de douane.
28:38Selon vous, qui va être gagnant
28:40et qui, surtout, vont être les grands perdants
28:42de toute... – C'est une bonne question,
28:44mais je vais répondre de façon différente.
28:46Pourquoi les a-t-il mis ? D'abord, parce qu'il veut
28:48réindustrialiser les Etats-Unis.
28:50Et alors, vous avez remarqué que les Etats-Unis
28:52ont d'immenses sociétés du style
28:54Apple, Microsoft, etc.
28:56Et que toutes ces sociétés
28:58ont une caractéristique commune,
29:00elles ne payent aucun impôt.
29:02Et comment elles réussissent
29:04à ne pas payer d'impôt ? Prenez l'exemple d'Apple,
29:06il faut faire des téléphones en Chine,
29:08à 100 euros le téléphone,
29:10et ils le vendent aux Etats-Unis
29:12à 1000. Mais ils ne le vendent pas aux Etats-Unis,
29:14parce que s'ils le vendaient aux Etats-Unis,
29:16ils feraient un profit de 900 sur le coup,
29:18donc on aurait 30% qui irait à l'Etat,
29:20qui gagnerait 270 euros,
29:22et il n'aurait pas de problème fiscaux, l'Etat.
29:24Non, ils le vendent à l'Irlande,
29:26où l'impôt sur les sociétés est à 2%,
29:28ils l'achètent à 100, puis ensuite,
29:30l'Irlande la revend à 900
29:32aux Etats-Unis. Et donc,
29:34le fisc américain ne voit pas un rond.
29:36Donc, ce que les gens ne comprennent pas, c'est que ces tarifs,
29:38c'est en fait une augmentation des impôts
29:40sur les grandes multinationales américaines,
29:42qui jouaient des systèmes comptables mondiaux
29:44pour ne pas payer d'impôts. Maintenant,
29:46s'ils exportent d'Irlande vers les Etats-Unis,
29:48les téléphones,
29:50ils vont payer 25 ou 30% de tarifs,
29:52de toute façon, c'est bien fait pour leur gueule.
29:54Donc, les gens disent que c'est contre les autres pays,
29:56c'est contre ces propres grandes sociétés,
29:58qui étaient toutes des sociétés démocrates.
30:00– Alors, je vois la situation,
30:02il y a une grande inquiétude en Europe en ce moment,
30:04vous le noterez, François Bayrou
30:06on parle de catastrophe, plusieurs disent
30:08qu'il faut avoir des contre-mesures, peut-être,
30:10si ce n'est pas les contre-mesures,
30:12il faut comment réagir en Europe et en France ?
30:14Il n'est pas certain que les intérêts de la France
30:16et de l'Allemagne et de l'Italie soient les mêmes dans les circonstances ?
30:18– Il est même certain que ce ne sont pas les mêmes, oui.
30:20– Alors, quelle devrait être, selon vous,
30:22la réaction de la France devant cela ?
30:24– Avant de parler de la réaction de la France,
30:26je voudrais dire le problème interne qu'ont les Etats-Unis.
30:28Les problèmes internes qu'ils ont grâce à Biden
30:30pendant quatre ans, ils ont un système budgétaire
30:32qui n'est pas exploité, qui ne marche pas.
30:34C'est une dette absolument incroyable.
30:36Donc qu'est-ce qu'ils ont ?
30:38Quels sont les trois postes de dépense des Etats-Unis ?
30:40Les trois grands postes, c'est la sécurité sociale,
30:42vous ne pouvez pas la supprimer,
30:44ni la restreindre, etc.
30:46parce que politiquement c'est impossible et ce serait injuste.
30:48Donc ce que vous faites, c'est que vous envoyez
30:50quelqu'un voir si par hasard il n'y aurait pas des fraudes.
30:52C'est Monsieur Musk.
30:54Et donc on va essayer de diminuer les dépenses
30:56de la sécu en enlevant un peu toutes les fraudes
30:58qui étaient quand même ce qui permet à Washington
31:00de vivre, si l'immobilier aux Etats-Unis
31:02à Washington est le plus cher des Etats-Unis,
31:04c'est pas parce qu'ils y travaillent,
31:06c'est parce qu'ils sont corrompus jusqu'à l'os.
31:08Donc ça c'est le premier truc.
31:10La deuxième dépense, imaginez-vous,
31:12c'est l'armée.
31:14Je viens de vous dire, l'armée, ils ne peuvent plus,
31:16donc ils vont baisser les dépenses militaires
31:18de 8% par an dans les années qui viennent.
31:20Dans le cadre de, je vais défendre la forteresse américaine.
31:22Donc ils retournent dans les Etats-Unis du 19ème,
31:24la doctrine Monroe,
31:26personne ne vient nous emmerder chez nous,
31:28mais on n'emmerdera personne ailleurs.
31:30Sauf leurs voisins, si je peux me permettre.
31:32Un peu vers le sud. Un peu vers le nord aussi.
31:34Le Groenland, le Canada, le Mexique.
31:36Le Groenland, on va en parler, c'est assez rigolo
31:38parce que ça a d'autres implications géopolitiques.
31:40Mais poursuivez.
31:42Et la troisième, c'est le service
31:44de la dette.
31:46Donc ils doivent tout faire pour maintenir
31:48les taux d'intérêt aussi bas que possible,
31:50que les taux d'intérêt restent en dessous du taux de croissance
31:52pour éviter d'entrer dans une trappe à dette.
31:54Si votre taux d'intérêt monte plus vite que votre taux de croissance
31:56et que vous empruntez, vous êtes mort.
31:58Ça prendra du temps, mais c'est toujours comme ça.
32:00Donc pas de trappe à dette.
32:02Et en même temps, ils doivent augmenter les recettes.
32:04Et pour augmenter les recettes,
32:06ils foutent des tarifs,
32:08mais qui vont frapper surtout les sociétés américaines
32:10de l'extérieur, pas les petites sociétés
32:12qui travaillent à l'intérieur.
32:14Et ils disent au reste du monde,
32:16vous avez 12 000 milliards de dollars
32:18dans réserve de change,
32:20vous savez ce que vous devriez faire ?
32:22Vous devriez acheter des terrains et bâtir des usines aux Etats-Unis
32:24plutôt que de garder des obligations américaines
32:26à l'extérieur.
32:28Donc tout l'effort, c'est d'amener maintenant
32:30les Etats-Unis
32:32à se réindustrialiser
32:34parce qu'ils deviennent une nation comme une autre
32:36qui devra payer pour son commerce extérieur
32:38et ce qu'elle produit.
32:40C'est-à-dire qu'on est en train de changer le monde.
32:42Je raconte toujours en rigolant
32:44que vous vous endormez en 1790,
32:46vous vous réveillez en 1830, vous ne comprenez rien.
32:48Vous vous endormez en 1890,
32:50vous vous réveillez en 1930, vous ne comprenez rien.
32:52Vous vous endormez en 1990,
32:54vous vous réveillez en 2030, vous ne comprenez rien.
32:56Pourquoi ? Parce que le capitalisme est tellement révolutionnaire
32:58qu'il fait 70 ans de stabilité
33:00puis ça se prend au grappe,
33:02tout ça ne marche plus, tout se coince
33:04parce qu'il y a des fonctionnaires partout,
33:06il y a des réglementations, il y a l'Europe, il y a toutes ces conneries.
33:0870 ans de croissance
33:10et 30 ans de merdier.
33:12On rentre, on est en plein dans les 30 ans de merdier
33:14et c'est là où ça devient amusant, c'est là où ça devient intéressant.
33:16Enfin, on s'essaie de s'ennuyer.
33:18Vous dites amusant mais pour plusieurs personnes
33:20c'est moins s'amuser que s'angoisser.
33:22Ils voient par exemple les régimes de retraite,
33:24on annonce leur fonte, on annonce une déstabilisation économique européenne.
33:26Je vous repose la question qui me semble importante.
33:28Plusieurs se demandent
33:30qu'est-ce que la France peut faire devant cela ?
33:32Est-ce que la France doit entrer dans une logique
33:34de tarif pour tarif ?
33:36Est-ce que la France doit profiter de cela pour se libéraliser
33:38en disant qu'elle ne peut pas faire rien d'autre que de se libéraliser
33:40à l'intérieur pour augmenter sa capacité économique ?
33:42Que peut faire la France et l'Europe plus largement ?
33:44Parlons de la France par exemple.
33:46C'est un sujet qui me tient beaucoup à cœur.
33:48Vous savez que la France veut se réindustrialiser.
33:50Il n'y a pas que M. Trump qui veut se réindustrialiser.
33:52On vous a parlé de cela.
33:54Il y a un indice boursier
33:56qui s'appelle
33:58le Morgan Stanley Capital International
34:00industriel en Europe.
34:02C'est-à-dire que ça mesure la valeur,
34:04la capitalisation boursière
34:06de toutes les sociétés industrielles en Europe.
34:08Les valeurs françaises dans cet indice
34:10font 28%.
34:12Les valeurs allemandes font combien ?
34:14Vous nous le direz.
34:1622%.
34:18La puissance industrielle française
34:20est très supérieure
34:22à la puissance industrielle allemande
34:24qui est purement domestique.
34:26Mais ces entreprises françaises
34:28ont parfaitement compris depuis 20 ans
34:30que ça ne servait à rien de mettre une usine en France.
34:32Et elles ont des usines partout.
34:34Schneider qui domine l'électrique mondiale
34:36à 5% Bercy.
34:38Pourquoi ça ne sert à rien
34:40de mettre une usine en France ?
34:42Parce que la rentabilité du capital investi
34:44à cause des corps de l'ONU à Bercy
34:46est la moitié de ce qu'elle est si vous la mettez ailleurs.
34:48La moitié.
34:50C'est complètement idiot.
34:52Ce que j'essaie de dire,
34:54c'est que si en France on veut réindustrialiser,
34:56il faut simplement que la rentabilité
34:58du capital investi sur les entreprises industrielles
35:00retourne au niveau où il est en Allemagne,
35:02en Angleterre, en Espagne ou en Italie.
35:04Sinon, vous allez mettre l'usine à côté.
35:06Non ?
35:08Concrètement, ça veut dire baisser les impôts
35:10de production, baisser les impôts, les charges,
35:12les règlements et ainsi de suite ?
35:14Ce qui est extraordinaire, c'est qu'il y a 70%
35:16de fonctionnaires de plus en France par 10 000 habitants
35:18qu'en Allemagne.
35:20Autrefois, on les payait en monnaie de singe
35:22puisque la monnaie dévaluait tout le temps.
35:24Maintenant, on les paye en Deutsche Mark
35:26puisqu'on est dans l'euro.
35:28Donc, il faut sortir de l'euro.
35:30C'est l'euro qui nous tue.
35:32Vous n'avez pas Schneider Air Liquide
35:34qui ne produisent pas en France,
35:36mais eux, justement, produisent aussi aux Etats-Unis.
35:38Ils sont très contents.
35:40Si vous l'achetez quelque chose dans la bourse,
35:42Schneider Air Liquide vous en aurez besoin.
35:44Alors, tous les spectateurs de CNOOS
35:46qui vont se plaindre...
35:48Pour les soucis,
35:50on ne donne pas de conseil très précis
35:52si il y a telle entreprise ou telle autre.
35:54Ce n'est pas un conseil précis,
35:56c'est que vous avez en France des merveilleux...
35:58Les entreprises françaises vont sortir gagnantes
36:00de NACAN.
36:02Mais pas la France.
36:04Non, les entreprises françaises.
36:06Mais le Français qui regarde ça
36:08et qui se dit que je crains, par exemple,
36:10je crains pour mon emploi,
36:12je crains pour l'état des finances publiques.
36:14L'Américain qui craint,
36:16parce qu'on en parle beaucoup en ce moment aussi,
36:18pour l'effondrement du régime de retraite.
36:20Est-ce que ce sont des craintes légitimes
36:22et compréhensibles en ce moment
36:24ou sont des craintes exagérées selon vous ?
36:26Moi, je suis un financier.
36:28Quand les gens me demandent
36:30combien je peux gagner dans la bourse,
36:32je leur dis que je n'ai aucune idée,
36:34je ferai de mon mieux, mais ce n'est pas grave.
36:36Quelqu'un qui vous dit qu'il est capable
36:38compte tenu de l'incertitude de l'histoire,
36:40c'est un plaisantin.
36:42Donc tous nos régimes de retraite,
36:44par répartition ou par capitalisation,
36:46sont des régimes de plaisantins.
36:48En aucun cas,
36:50si j'étais un gouvernement normal,
36:52je ne peux garantir quoi que ce soit
36:54dans le futur,
36:56parce que je ne sais pas ce qui va arriver.
36:58On va être envahis par la Russie ou par la Turquie,
37:00c'est l'autre possibilité,
37:02ou bien par les Allemands, ça on a l'habitude.
37:04Mais je veux dire par là
37:06c'est que des systèmes de retraite
37:08globaux, centralisés,
37:10et qui garantissent quoi que ce soit,
37:12ils ne peuvent pas fonctionner.
37:14Si vous l'avez cru, vous êtes très bête.
37:20Sur l'Union Européenne,
37:22il y a 40 ans,
37:24la moitié de ses ressources étaient les tarifs douaniers.
37:26Aujourd'hui c'est 15%.
37:28Est-ce que vous pensez que l'Europe doit ou peut
37:30faire comme Trump,
37:32c'est-à-dire augmenter ses tarifs de douane ?
37:34Ils peuvent s'amuser au sens,
37:36mais le but de Trump
37:38c'est de réindustrialiser
37:40les Etats-Unis.
37:42Ce n'est pas la peine de réindustrialiser la Suède.
37:44Elle va très bien, merci.
37:46La Suisse il pète la forme, ils ont une industrie
37:48qui est beaucoup plus importante que la nôtre en chiffres absolus.
37:50L'Allemagne, ils ont fait la bêtise
37:52de quitter les voitures que tout le monde achetait
37:54pour essayer de faire des voitures
37:56que personne n'achète, mais donc
37:58nous on aurait
38:00interdit,
38:02alors peut-être en France
38:04il faudrait qu'on mette des barrières douanières
38:06mais ça ne marcherait pas
38:08parce que ça ferait la fortune des fonctionnaires,
38:10mais je veux dire
38:12non, je ne vois pas,
38:14je vois très bien pourquoi les Etats-Unis le font,
38:16je ne vois pas pourquoi nous on devrait le faire.
38:18Alors, Trump a deux ans
38:20dit-on devant lui, avant les midterms,
38:22est-ce que vous croyez que sa politique va
38:24ou peut fonctionner ? Est-ce que c'est un pari sur l'avenir ?
38:26Vous dites l'avenir est imprévisible,
38:28mais vous avez par ailleurs, votre métier consiste souvent
38:30à prédire un peu mieux que les autres,
38:32est-ce que vous croyez que les Etats-Unis peuvent réussir ?
38:34Je ne prédis jamais mieux que les autres, je ne prédis jamais rien,
38:36tout ce que j'essaye de faire c'est de comprendre ce qui se passe aujourd'hui.
38:38Donc ce qui se passe aujourd'hui pour moi
38:40est très simple, c'est que d'abord Trump n'est pas un idiot,
38:42il est extraordinairement compétent,
38:44deuxièmement il est entouré
38:46de gens extraordinairement compétents et intelligents,
38:48de Musk à Tulsi Gabbard
38:50à Patten,
38:52vous en avez
38:54dix qui sont, c'est le cabinet
38:56ministériel aux Etats-Unis,
38:58le plus intéressant
39:00de l'histoire depuis
39:02je ne sais pas,
39:04probablement, peut-être un petit peu Kennedy,
39:06il y avait quelques personnes intelligentes.
39:08Donc c'est un cabinet intéressant
39:10mais qui peut réussir ?
39:12Je vais voter en touche là,
39:14je ne suis pas certain comme tous ces génies
39:16qui font des commentaires à Paris, qu'ils vont échouer.
39:18Je ne suis pas certain
39:20qu'ils vont échouer, il n'est pas possible
39:22qu'ils réussissent, et s'ils réussissent
39:24à ce moment-là, il faudra
39:26considérer les Etats-Unis comme un investissement
39:28possible, mais ça passera par l'écroulement
39:30de toutes les valeurs multinationales
39:32américaines qui ont pillé les Etats-Unis
39:34avec la bénédiction des démocrates.
39:36C'est-à-dire que ça passera par un effondrement
39:38de la bourse de New York,
39:40qui n'est que ses grosses valeurs,
39:42et que ça passera aussi par un effondrement
39:44de ce qu'on appelle l'indexation dans les marchés,
39:46c'est-à-dire que vous n'avez pas la peine de chercher
39:48où vous donnez votre capital, vous achetez l'indice
39:50et ce que je veux dire
39:52aujourd'hui, c'est que l'indice de New York aujourd'hui,
39:54je vous donne un exemple, dans l'indice mondial
39:56des actions, les actions américaines
39:58à cause de ces dix grosses valeurs
40:00font 70% de la capitalisation
40:02mondiale, c'est-à-dire que le reste
40:04des bourses du monde entier c'est 30%.
40:06C'est idiot, ces dix valeurs
40:08vont perdre 50, 60, 70%
40:10puisqu'elles ont
40:12essayé de se payer les Etats,
40:14c'était des monopoles,
40:16à tel niveau de puissance qu'elles ont essayé d'influencer
40:18les Etats, on les a vus au moment
40:20de toutes les histoires
40:22de fake news, vous savez, quand ils ont intervenu
40:24donc elles ont essayé d'intervenir
40:26dans la gestion de l'Etat
40:28et du coup aujourd'hui, elles attaquent
40:30les Etats dans la souveraineté des Etats
40:32et elles vont en crever, c'est comme
40:34les grands aristos qui s'attaqueraient au roi de France
40:36on leur coupait la tête.
40:38Alors, de manière, j'essaie de traduire ça
40:40politiquement, on dit en ce moment
40:42l'électeur américain ça va lui coûter beaucoup plus cher
40:44avec les tarifs de Trump.
40:46Si je comprends bien votre logique, mais vous me corrigez
40:48si je l'ai mal compris, globalement,
40:50la côte ouest et la côte est aussi
40:52risquent d'être fragilisées, mais le cœur
40:54du pays qui avait payé le prix de la mondialisation
40:56lui risque de sortir
40:58renforcé de la prochaine crise.
41:00Qui sont les deux
41:02plus gros exportateurs
41:04vers les Etats-Unis ?
41:06D'un côté c'est le Mexique
41:08et de l'autre côté c'est le Canada.
41:10Et donc,
41:12là on a mis des taux à 10%.
41:14Des tarifs à 10%.
41:16Et miraculeusement, les deux monnaies
41:18ont baissé de 10% depuis un an.
41:20Donc,
41:22tout ce qui vient du Canada,
41:24tout ce qui vient du Mexique,
41:26rien n'a changé.
41:28Et c'est quand même le plus gros. Par contre, pour la Chine,
41:30ça va être difficile. Mais la Chine,
41:3250% de leurs exportations allaient vers les Etats-Unis
41:34il y a 10 ans.
41:36Aujourd'hui, ils sont à 11%.
41:38Donc, ils vont se développer comme des fous dans la zone
41:40dont je parlais, autour de l'Inde.
41:42Donc, non, le grand perdant, c'est l'Europe.
41:44Alors, le grand perdant, c'est l'Europe.
41:46Et est-ce que je reviens à la France ?
41:48Parce que plusieurs se demandent.
41:50Vous savez, c'est la question de Lénine, mais traduite dans les circons.
41:52Que faire ? Alors, imaginons que vous soyez
41:54le président Gave pendant un instant. Vous êtes aux affaires.
41:56Vous avez un programme possible
41:58et réalisable en six mois pour répondre
42:00aux tarifs de Trump. Que feriez-vous ?
42:02J'envoie une lettre commandée à la Commission européenne,
42:04ce qui est la procédure requise
42:06par les traités, pour dire
42:08je sors de l'Europe,
42:10je sors de l'euro, je reprends le contrôle
42:12de la monnaie,
42:14il y a 1400
42:16hautes autorités, grands conseils
42:18en France, qui dépensent
42:20à peu près 130 milliards d'euros
42:22de leur corruption. Et puis, c'est simple,
42:24je les supprime tous. Je n'ai plus un
42:26grand conseil, plus une autorité.
42:28Je fais 130 milliards et je baisse les impôts
42:30des Français de 130 milliards. Et je leur dis
42:32au boulot les gars, je dis à tous les Français, ce serait bien
42:34si vous reveniez de l'extranger. Et puis, je vais baisser
42:36tous les impôts. Au fur et à mesure que je coupe les coûts qui servent à rien,
42:38je baisse les impôts. Et vous verrez, comme ça, on démarrera.
42:40Régler le problème de la France,
42:42c'est enfantin.
42:44– Enfantin ? – Enfantin. Vous le faites en 5 minutes
42:46si vous avez le courage politique. Il n'y a aucun problème.
42:48– Et si on partage le même diagnostic que vous ?
42:50– Il n'y en a pas d'autre. C'est le diagnostic
42:52de Millet, c'est le diagnostic
42:54de Primp. À partir du moment
42:56où il y a des gens qui ne foutent rien
42:58et qui prennent le contrôle
43:00d'une partie importante des dépenses de l'État,
43:02le mieux, c'est
43:04l'État, il faut le ramener dans ses fonctions
43:06étatiques. On a une double mission en France,
43:08c'est renforcer l'État dans ses
43:10missions stratégiques et
43:12deuxièmement, le faire disparaître partout
43:14où il n'a pas l'idée d'être.
43:16– Merci Charles Gave d'être
43:18venu sur le plateau de face
43:20à Mathieu Bocoté. Vous avez cité
43:22Schneider tout à l'heure,
43:24Schneider Électrique. – Schneider Électrique.
43:26– Pour les âmes chagrines, parce que je sais que parfois
43:28ils nous surveillent. J'en cite
43:30d'autres, si vous me permettez. La Croix
43:32Environnement aussi, c'est bien.
43:34Witt, Endres, ou encore
43:36Sulser, Encival, Moët.
43:38– Il y a des tas de très belles valeurs.
43:40– Bah écoutez, voilà. – J'ai cité des exemples,
43:42pas des recommandations. – Oui, vous avez bien fait.
43:44Vous avez bien fait de préciser.
43:46Vous avez bien fait de préciser.
43:48Vous imaginez maintenant avec l'art comme ce qu'on faisait.
43:50Merci Mathieu Bocoté,
43:52merci Arthur Devatrigan, Charles Gave,
43:54merci beaucoup. On va ressortir certaines de vos déclarations
43:56pour l'heure des pros, on va les commenter.
43:58On va faire grand bruit.
44:00À tout de suite.

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