• il y a 9 heures
Un "coup dur" pour l'économie mondiale, du "protectionnisme": la plupart des pays ont dénoncé les droits de douane additionnels imposés par le président américain, Union européenne et Chine en tête. Pendant que la première prépare sa riposte, la seconde a d'ores et déjà annoncé des droits de douane supplémentaires de 34% sur les produits américains.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Oui, ce qui est assez frappant dans cette histoire, c'est que Donald Trump, il faut mettre les mots, a lancé une guerre commerciale.
00:06C'est une guerre commerciale aujourd'hui qui est lancée par les Etats-Unis, et l'Union européenne est complètement à la remorque,
00:13complètement à la traîne, elle continue à tergiverser. Je vais vous dire, je reviens tout juste de Strasbourg à la session plénière du Parlement européen,
00:21et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a pris la parole dans l'hémicycle quand on l'a interrogée sur le sujet,
00:27pour dire qu'il va falloir considérer, évoquer, réfléchir, bref, continuer à se faire malmener et dicter la loi par les Etats-Unis de Donald Trump.
00:38Alors que, à mon sens, la réponse de l'Union européenne doit être de deux ordres.
00:42Premier ordre, de manière immédiate, évidemment, il faut répondre par des droits de douane.
00:46Il existe un instrument qu'on appelle un instrument anti-coercition au niveau européen, qui permettrait par exemple...
00:52C'est tout récent, c'est 2023, c'est ça ?
00:53Exactement, qui n'a jamais été appliqué encore. Je suis aussi, au Parlement européen, la première vice-présidente de la Commission des affaires commerciales.
00:59Dans cette commission-là, on discute beaucoup des outils de réplique, et on pourrait par exemple priver les entreprises américaines d'accès au marché public européen.
01:06Vous en parliez à l'instant.
01:07Cet outil qui est tout nouveau, vous pouvez nous le décrire ? Parce qu'il y en a qui disent que ça serait un peu comme utiliser une bombe nucléaire.
01:11C'est si grave que ça ?
01:12C'est un outil dans lequel, en réalité, il y a dix outils différents. Ce serait un peu long, là, que je vous les liste les dix.
01:18Je vous ai donné un exemple. L'interdiction d'accès au marché public européen. On peut mettre en place des quotas. On peut renforcer les normes.
01:26Bref, il y a pas mal de choses qui vous permettent de gérer les volumes d'entrées sur le territoire européen.
01:33Et donc, vous pouvez aussi les gérer avec parcimonie. Vous n'êtes pas obligés d'utiliser tout d'un coup.
01:37Ça fait partie des outils qui sont dans notre boîte et que l'on peut utiliser.
01:41Et je pense que l'Union européenne aurait tort de s'en priver. Sinon, c'est quoi ?
01:45C'est, un, donner raison à Donald Trump par sa stratégie et, deux, c'est continuer dans la fuite en avant qui consiste parce que c'est la deuxième solution à mon sens.
01:52Très concrètement, cet outil peut permettre à des produits américains de ne pas être vendus en Europe ?
01:56Exactement. Il peut permettre à des produits américains de ne pas être vendus. Il peut permettre à limiter le volume.
02:02C'est-à-dire, par exemple, plus de Tesla ?
02:03On pourrait décider plus de Tesla. On pourrait décider un volume de Tesla.
02:08Donc, un nombre X de voitures qui seraient fixées à l'entrée de l'Union européenne.
02:12Donc, vous voyez, les outils sont assez diversifiés. Mais j'insiste quand même que tout ça, c'est une réponse de très court terme.
02:18C'est une réponse d'urgence. Et que la vraie question à se poser derrière, qui est posée par Donald Trump quelque part par la guerre commerciale qui est lancée,
02:25c'est de quoi avons-nous besoin ? Que devons-nous produire ? Et où devons-nous le produire ?
02:30Et c'est là où l'Union européenne, à mon sens, se plante encore plus.
02:33Parce que ce qu'a dit, cette semaine, Ursula von der Leyen, c'est de continuer la signature à tour de bras d'accords de libre-échange.
02:38Ça veut dire qu'on va continuer à organiser des dépendances vers l'extérieur.
02:42Je vous donne un exemple très concret pour que tout le monde comprenne la question agricole.
02:45Ursula von der Leyen a dit que la réponse, c'était la signature de l'accord de libre-échange avec le Mercosur.
02:50Mais on le sait par les agriculteurs.
02:52Exactement. Et aujourd'hui, on a près de 50% de nos territoires agricoles en Europe qui servent à exporter des denrées agricoles vers l'extérieur.
03:00Et en échange, on importe la moitié de nos fruits et légumes.
03:02Tout ça n'a aucun sens. Et vous le voyez, dans le cadre d'une guerre commerciale, ça nous rend vulnérables.
03:07Et pour mettre fin à cette vulnérabilité, alors il faut mettre fin à cette logique, à cet aveuglément sur les libre-échange.
03:13Et je regrette qu'au Parlement européen, on soit le seul groupe à se battre de manière unanime contre ces accords de libre-échange.

Recommandations