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Philippe de Villiers : «Arrêtez de faire de chaque français un exilé. La patrie, c'est le bien de ceux qui n'ont rien», sur CNEWS.

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00:00Oui, alors, j'ai vous parlé du populisme, parce que j'ai vécu l'émergence du mot, toujours intéressant d'observer quand un mot arrive.
00:12Comme disait Paul Valéry, les mots prennent du volume à mesure qu'ils perdent leur sens.
00:16Populisme. Et je réponds à votre question.
00:19En fait, on a vécu la sécession des élites. Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:27Ça veut dire qu'en fait, depuis longtemps, les élites françaises ont été nourries au lait de la culture post-nationale.
00:37Elles ont retrouvé, les élites françaises, l'instinct censitaire.
00:43Et elles se tournent vers le monde, elles ne se tournent plus vers le peuple.
00:50Elles craignent ce que, un jour, Emmanuel Macron a appelé devant moi, la vague irrédentiste.
00:59Et en fait, elles pratiquent la recommandation de Bertolt Brecht.
01:02Quand le peuple s'en caprice de ne plus voter pour le gouvernement, il n'y a qu'une solution, c'est de changer de peuple.
01:08Ils le font, ils changent même de peuplement.
01:12En 2005, le Cercle de la raison, je ne sais pas qui est le premier qui a lancé ça, Delors, Minc ou Attali, a dit populisme.
01:21Et moi, j'ai repris, à l'époque avec Éric Zemmour, c'est lui l'inventeur du mot, le populisme, c'est le cri des peuples qui ne veulent pas mourir.
01:29C'est un cri de détresse, un cri d'angoisse, un cri d'appel.
01:34Et en réalité, la sécession des élites, elle se manifeste par quatre spoliations.
01:44La première spoliation, c'est la spoliation de l'outil de travail.
01:48C'est eux qui ont tout délocalisé.
01:51C'est eux la mondialisation heureuse.
01:53C'est eux qui ont dit la France ne sera plus un pays de producteurs, mais un pays de consommateurs.
01:58Et donc, c'est eux qui ont installé cette idée d'une collection d'atomes interchangeables.
02:03Si on manque d'atomes acheteurs, on va aller chercher dans le sud.
02:07On va chercher des nouveaux esclaves.
02:09C'est une vision néocoloniale d'un capitalisme sans entrailles.
02:12Deuxièmement, la deuxième spoliation, c'est la spoliation de la propriété.
02:16Tous les petits propriétaires, passoires thermiques pour leur logement, les voitures thermiques, les ailes des feux.
02:22Le peuple, en fait, est soupçonné d'être polluant.
02:26Le peuple est rétif à l'idée du passage d'un peuple polluant à un peuple climatophile.
02:34Le peuple, il dégage des mauvaises fumées.
02:37Le peuple, il dégage des mauvaises odeurs.
02:40Place aux mervers qui vont remettre de l'ordre.
02:43La troisième spoliation, c'est la spoliation de la souveraineté.
02:45Le peuple n'est pas capable de guider ce choix lui-même.
02:48On revient aux candidatures officielles de Napoléon III.
02:51Et donc, on lui dit, non, non, il y a des candidats pour lesquels il ne faut pas voter.
02:55C'est la justice, en plus, qu'il dit.
02:57Celui-là, il ne faut pas voter pour l'autre.
02:58Là, vous pouvez voter pour un tel.
03:00Donc, le peuple est dépouillé de sa souveraineté.
03:02Et enfin, et surtout, le peuple est dépouillé de sa mémoire vivante.
03:07C'est-à-dire qu'on salit la France à longueur de journée.
03:11Et il n'y a pas un politicien pour se lever et dire, et crier en pleurant, arrêtez, arrêtez la honte.
03:20Est-ce que vous pouvez dire aux petits Français qu'on est un grand pays, qu'on est un beau pays ?
03:27Arrêtez de faire de chaque Français un exilé.
03:30Le pire exil, ce n'est pas d'être arraché de son pays, c'est de ne plus rien trouver qui le faisait aimer.
03:36Surtout quand on était petit.
03:39Et il y a une phrase de Jaurès que je dédicace à toute cette gauche magistrale
03:45qui supporte la magistrature contre ceux qui veulent défendre le moignon de France qui nous reste.
03:54La phrase de Jaurès, la patrie c'est le bien de ceux qui n'ont rien.

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