• hier
Charlotte d'Ornellas : «Le déménagement de cette école rappelle une situation bien plus large, celui d'un pays qui bascule avec de plus en plus d'adaptation aux dealers», sur CNEWS.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Vous l'avez dit, il y a eu beaucoup de témoignages de parents ou de grands-parents à la sortie de l'école ces derniers jours.
00:06Certains ont rapporté qu'en effet des sachets avaient été retrouvés dans la cour de l'école.
00:10C'était en mai dernier, une enquête avait été ouverte immédiatement.
00:13Certains parents ont expliqué que leurs enfants revenaient de l'école en leur demandant ce que voulaient dire les cris des uns et des autres,
00:18vous savez, quand ils préviennent par exemple la police.
00:20Des parents ont évoqué que parfois il y avait des courses-poursuites,
00:23alors prouvant la présence de la police à proximité d'une école en l'occurrence,
00:29puisque ce sont des classes de l'école maternelle qui vont déménager.
00:31Et ce qui s'est passé, c'est qu'en janvier dernier, il y a eu des jets de petites bonbonnes de protoxyde d'azote,
00:38alors peut-être que certains qui nous écoutent connaissent parce que ça sert normalement à faire la chantilly.
00:42Et puis depuis quelques années, c'est une vraie épidémie, c'est ingéré.
00:48Et là en l'occurrence, il y a eu des jets qui ont traversé les fenêtres à l'intérieur de l'école
00:53et c'est à partir de ce moment-là que les parents ont fait appel au maire.
00:57Une nouvelle enquête a été ouverte évidemment et le maire a décidé de trancher à ce moment-là
01:03sur la question de l'éventuelle délocalisation en raison de la situation
01:07et donc de ce risque notamment de jets à l'intérieur de l'école.
01:11Donc ça c'était en janvier dernier et le maire a tranché.
01:15Alors le maire à son échelle, le maire ne peut pas tout.
01:18Évidemment il y a beaucoup de choses qui ne relèvent pas de lui.
01:21Par ailleurs les parents, on comprend que la proximité avec le trafic de drogue
01:25et tout ce que ça génère par ailleurs à l'échelle du pays en plus de l'échelle de Saint-Ouen,
01:30il y a une inquiétude qui a augmenté et le maire a répondu ainsi.
01:35C'était une réaction évidemment devant l'urgence survenue après des années de déni sur le trafic de drogue
01:43de manière générale encore une fois, de manière nationale, on va y revenir.
01:47Mais le plus intéressant peut-être, c'est la réaction d'Elisabeth Borne aujourd'hui,
01:53qui est ministre de l'éducation nationale et qui était ce matin dans une matinale
01:56et qui répond l'école ne reculera jamais face à la violence.
02:01Donc là elle parle de l'école en général.
02:03Et ensuite elle dit, on en a parlé avec Bruno Retailleau,
02:05évidemment le gouvernement est déterminé à rétablir un environnement sûr pour cette école.
02:09Notre objectif c'est que l'école puisse se réinstaller.
02:12Alors que ce soit leur objectif, personne n'en doute.
02:14C'est-à-dire si on avait un ministre de l'éducation nationale qui nous expliquait que non on va faire autrement,
02:18ce serait un petit peu inquiétant.
02:20Mais ce déménagement et la raison pour laquelle il fait autant réagir en France,
02:25médiatiquement mais évidemment de manière populaire aussi,
02:29c'est ce qu'il signifie, ce qu'il draine sur la place du trafic de drogue en France et de manière générale.
02:35Ce déménagement qui était sans doute nécessaire dans les circonstances tout de suite pour ces enfants-là
02:40rappelle évidemment une situation qui est bien plus large,
02:44celui d'un pays qui bascule petit à petit avec de plus en plus d'adaptations,
02:48on va dire, à ce trafic.
02:50On voit, et là encore une fois c'est à une échelle macro, à l'échelle de la France,
02:54la quantité de produits qui augmente, la quantité de saisies qui augmente,
02:57la quantité de consommateurs qui augmente,
02:59la quantité de personnes impliquées dans le trafic qui augmente,
03:02les affaires de corruption, les règlements de comptes,
03:05les méthodes de plus en plus barbares qui sont portées à notre connaissance
03:09par les forces de l'ordre et des institutions littéralement dépassées par la situation.
03:14Voilà ce qu'il y a derrière et voilà la raison pour laquelle il y a une réaction aussi vive sur cette information.
03:20Cependant, les pouvoirs publics réagissent, une loi vient d'être votée,
03:24les ministres disent clairement les choses et reconnaissent la situation.
03:29Est-ce que là, Charlotte d'Ornella, ce n'est pas un changement majeur ?
03:32Il y a des avancées et les discours depuis quelques temps sont au réveil,
03:36lucident en tout cas la plupart des discours aujourd'hui,
03:39et celui du ministre de l'Intérieur en particulier.
03:42Mais contrairement à ce que dit Elisabeth Borne, malheureusement,
03:44il y a déjà eu des reculs de ce genre et dans des situations plus graves encore.
03:49On se souvient en 2020, une école primaire avait déménagé à Nîmes.
03:52Là, c'était en raison des règlements de comptes qui se faisaient autour de l'école.
03:55Alarme de guerre.
03:56On était sur le niveau un peu supérieur.
04:00La question s'était posée pour une école de journalisme près de Grenoble.
04:03Et à Échirol, on avait les élèves d'une maternelle qui avait été privée de leur cantine.
04:07Ils devaient sortir de l'école pour aller à la cantine.
04:09Il y avait la question de proximité du point de deal.
04:12Et la cantine avait fini par ouvrir ses portes, en effet, quelques mois plus tard,
04:16à condition que les élèves contournent le point de deal et non l'inverse.
04:20Alors, d'autres informations retiennent l'attention
04:23et sont peut-être plus significatives de la raison pour laquelle nous en sommes arrivés là.
04:29C'est un exemple d'une banalité assez confondante par rapport au trafic de drogue
04:32qui est rapporté par Le Parisien le 27 mars.
04:34Un jeune homme de 19 ans est interpellé avec 1,2 kg de cannabis avec lui.
04:39Il est au volant, il est contrôlé par la police.
04:42Les policiers interviennent, ils contrôlent, ils sentent l'odeur du cannabis.
04:45Ils arrêtent le véhicule et ils trouvent qu'ils saisissent
04:48et le véhicule et le cannabis qui est sur cet homme.
04:51Mais le jeune homme ressort libre. Pourquoi ?
04:53Parce qu'il n'y avait pas d'officier de police judiciaire à ce moment-là avec les policiers
04:57et qu'il est obligatoire dans le code de procédure pénale
05:00que la saisie se fasse par un officier de police judiciaire.
05:02La nullité de procédure est donc automatique et lui est libéré.
05:06Voilà un exemple qui à mon avis est beaucoup plus significatif de l'état dans lequel nous sommes
05:11qui explique en tout cas une des raisons à la fois de notre réaction et du déménagement de cette école.

Recommandations