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Les Vraies Voix avec Aurélien Martini, vice-procureur au tribunal judiciaire de Melun et secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des magistrats.

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##LE_GRAND_DEBAT_DES_VRAIES_VOIX-2025-04-02##

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News
Transcription
00:00Le Grand Débat du jour.
00:03Je ne vais pas me laisser éliminer ainsi.
00:05Est-ce que l'appel d'ailleurs de ce procès a été déposé ?
00:08Oui, aujourd'hui.
00:10La procédure est lancée.
00:11Et je souhaite personnellement que si Mme Le Pen interjette recours,
00:17ce délai de jugement nouveau à la Cour d'Appel de Paris
00:20puisse être organisé dans un délai le plus raisonnable possible.
00:23Je pense que le parquet général aura à cœur de sans doute hâter
00:27et précipiter un procès en appel.
00:32Et la Cour d'Appel de Paris qui annonce un calendrier resserré
00:35pour rejuger Marine Le Pen
00:36afin de pouvoir rendre une décision d'ici l'été 2026,
00:41un désaveu du jugement de la première instance
00:43de son exécution provisoire selon l'avocat de Marine Le Pen.
00:46Alors parlons vrai,
00:46est-ce que le calendrier politique imposait cette accélération
00:49ou est-ce que rien n'aurait dû changer ?
00:51Et à cette question, procès en appel accéléré pour Marine Le Pen,
00:56vous dites à 43% un désaveu du premier jugement,
00:59à 37% une saine adaptation de la justice
01:01et à 20% un traitement de faveur.
01:03Vous voulez réagir le 0826-300-300.
01:06Notre invité pour en parler Aurélien Martigny,
01:08vice-procureur au tribunal judiciaire de Melun
01:11et secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats.
01:14Bonsoir, merci d'avoir accepté cette invitation à Sud Radio.
01:18Philippe Bilger.
01:20D'abord, il est évident que cette rapidité de l'appel
01:27fixée dans ses conclusions à l'été 2026
01:31est d'abord une réponse au séisme politique
01:34que ce jugement a suscité.
01:36Je veux dire toute cause et toute conviction confondue.
01:40Le deuxième élément, je pense,
01:42et j'espère ne pas choquer notre invité,
01:46que dans ce jugement qui est pour l'essentiel indiscutable,
01:52je veux dire on n'a pas le droit de mettre en cause
01:56une argumentation juridique qui se tient
01:59même pour l'inéligibilité,
02:01je constate que la partie concernant l'exécution provisoire
02:06est d'une politisation extrême
02:10puisqu'elle vise à démontrer par le biais judiciaire
02:14que politiquement Marine Le Pen ne devrait pas être candidate en 2027.
02:20Et je pense qu'en effet,
02:22le processus d'accélération de l'appel
02:25est une réponse en grande partie à ce jugement
02:28et à ce passage-là.
02:30François de Gaulle.
02:30Oui, bien sûr, après la cour d'appel,
02:32je pense qu'elle fait une réponse politique.
02:35Là, c'est la cour d'appel qui fait véritablement de la politique.
02:38C'est évident sur instruction du parquet général.
02:40Ça me paraît tellement évident, il faut aller vite.
02:43Je pense que ça n'arrangera absolument pas les affaires de Marine Le Pen.
02:46Comment imaginer qu'elle ne soit pas condamnée,
02:48même à minima, en appel ?
02:50Ce qu'elle cherche, c'est à enlever évidemment l'exécution provisoire.
02:53Mais d'abord, y parviendra-t-elle ?
02:56Et puis par ailleurs, je rappelle vraiment que
02:58l'opinion est implacable sur cette question.
03:00Elle a déjà considéré que Marine Le Pen, il est normal
03:03non seulement qu'elle soit condamnée parce que c'est très lourd ce dont elle est accusée,
03:07que l'exécution provisoire n'est pas un problème.
03:09Et en plus de ça, elle substitue Jordan Bardella immédiatement.
03:12Donc je pense que la Cour d'appel fait une erreur.
03:14En donnant le sentiment d'aller très vite, de mettre en gros
03:17le dossier au-dessus de la pile, tant mieux.
03:19Mais on rallonge les délais et en plus Marine Le Pen, c'est un piège parce que
03:23en gelant sa présidentielle, elle n'aura même pas le temps de préparer
03:26son successeur car de mon point de vue, elle n'arrivera pas à concourir en 2027.
03:31Jean-Michel Fauveurac.
03:32Alors sur l'aspect politique des choses, je pense qu'il y a
03:35deux décisions qui sont éminemment politiques.
03:37D'abord l'exécution provisoire sur l'inligibilité
03:41qui est très très très rare.
03:43Ça a eu lieu déjà pour la maire de Montauban qui a été ensuite...
03:47Jean-Luc Barreche.
03:48Oui, Bartholomew Falco aussi.
03:51Ensuite la deuxième décision politique, c'est celle qu'on entend là,
03:53c'est-à-dire un calendrier resserré en appel,
03:55ça veut dire que les magistrats peuvent travailler sur cet aspect politique-là.
04:01Donc là on est quand même sur quelque chose de particulier.
04:04Mais moi je crois, contrairement à Françoise,
04:06que c'est un très beau coup de la part de la cour d'appel,
04:11parce que je ne vois pas comment en appel,
04:13Marine Le Pen pourrait gagner sur son inéligibilité.
04:18Et elle sera déclarée sans doute inéligible de manière définitive,
04:22alors il y a la cassation après évidemment,
04:24de manière définitive,
04:25définitive bien avant les élections présidentielles.
04:30Et c'est un coup, un beau coup de joué par les magistrats.
04:34Nous sommes en compagnie d'Aurélien Martini, vice-procureur au tribunal judiciaire de Melun
04:38et secrétaire général adjoint de l'Union des syndicales des magistrats.
04:41Quand on voit qu'on peut accélérer un procès
04:44alors que des Français attendent depuis des années parfois un jugement
04:47en première instance ou en appel,
04:49est-ce que ça donne le sentiment que tous les Français sont égaux devant la justice ?
04:53Ah, c'est une bonne question.
04:54Je ne dirais pas que c'est un traitement de faveur.
04:56En tout cas, ce qui est sûr, c'est que c'est un traitement particulier.
05:00Mais un traitement particulier qui est sans doute lié à l'affaire.
05:03Je crois que la volonté des chefs de la Cour d'appel de Paris,
05:06ça a été d'apaiser la situation en raccourcissant le délai.
05:09C'est vrai, d'audiencement, puisque le délai d'audiencement
05:11sont généralement, habituellement, malheureusement un peu plus longs
05:15devant la Cour d'appel de Paris.
05:16Mais je crois que c'est de nature à apaiser la situation.
05:19Après, ce qu'il faut dire de cette décision,
05:21moi, je ne suis pas d'accord, ce n'est pas une décision politique.
05:23Et je trouve qu'elle est, moi, je l'ai lue et il faut que chacun la lise.
05:25C'est intéressant. Elle est particulièrement bien motivée,
05:28notamment en ce qui concerne l'exécution provisoire,
05:30qui n'est pas une mesure inhabituelle, contrairement à ce que j'ai entendu.
05:32C'est quelque chose de très courant, l'exécution provisoire,
05:34y compris sur des peines d'inéligibilité.
05:37Donc, pour vous donner un exemple,
05:38c'est prononcé sur une peine sur deux d'emprisonnement ferme.
05:41Et je pense que c'est l'immense majorité des sursis probatoires,
05:45c'est-à-dire les sursis lorsque l'on fixe des obligations aux prévenus,
05:48qui sont prononcées en France.
05:49Donc, ce n'est pas quelque chose de nouveau.
05:51Ce n'est pas quelque chose d'inhabituel.
05:53C'est quelque chose, sans doute aussi,
05:54qui est lié à la gravité du détournement de fonds commis,
05:56puisqu'ils portent sur 4 millions d'euros.
05:58Donc, ce n'est pas très surprenant.
06:00Après, cette accélération du temps, effectivement,
06:02elle peut donner l'impression,
06:05surtout quand on connaît la difficulté d'audiencer des dossiers rapidement,
06:09que ce dossier passe avant les autres.
06:11Ce n'est pas faux,
06:12mais je crois que c'est surtout lié à la nature du dossier
06:15et aux réactions qu'a suscité la décision.
06:17Moi, si je puis me permettre, je vais vous poser une question.
06:21Quelque chose qui me heurte.
06:22Je voudrais savoir ce que vous en pensez en tant que magistrat.
06:24J'entends les intermoins morts,
06:26j'entends une partie de la classe politique
06:28qui hurle contre cette loi,
06:30d'ailleurs, qu'elle a votée en 2016, la loi Sapin II.
06:33Et je vois un Premier ministre...
06:34Et pas qu'elle.
06:35Et pas qu'elle.
06:35Et je vois un Premier ministre qui patouille à l'Assemblée nationale,
06:40alors que vous avez une magistrate, Bénédicte de Pertuis,
06:42qui n'est absolument pas une groupie d'Eva Jolie.
06:45Juste, elle a expliqué que parce qu'elle a vu Eva Jolie à un documentaire,
06:48ça lui a donné la passion de la justice.
06:49Eva Jolie, c'est celle qui a cravaté Bernard Tapie.
06:52Et voilà, je trouve ça indécent totalement.
06:55Cette magistrate est menacée de mort de façon grave et réitérée.
06:59Bénédicte de Pertuis, ce n'est pas la gauchiste du coin
07:01qui fait 150 pages, si vous voulez, d'argumentaires
07:05sur une décision de justice.
07:07Moi, je trouve ça révoltant.
07:08Et je pense que, contrairement aux ambiances
07:10où on s'entretient entre nous, d'entre-soi,
07:13sur les plateaux, etc.,
07:14je pense que les Français sont ultra choqués par ça, en fait.
07:17– Je ne crois pas.
07:18Aurélien Martinière, pardon.
07:20– Allez-y.
07:21– Non mais comme la question était longue...
07:23– Oui, pardon.
07:25Non, je partage votre avis.
07:26C'est à la fois indigne et très inquiétant.
07:28D'abord, Bénédicte de Pertuis, elle n'est pas seule.
07:30Ils sont trois à avoir pris la décision
07:31et rien ne dit qu'elle n'a pas été mise en minorité.
07:34C'est vraiment, là, on fixe et on personnalise
07:36en lui mettant une cible dans le dos, ce qui est très dangereux.
07:38Mais il y a trois magistrats qui ont pris une décision
07:40et qui ont pris une décision après des années d'enquête,
07:42des mois d'audience et des semaines de délibérés.
07:46Donc tout ça n'est pas écrit sur un coin de table par trois magistrats.
07:48C'est une décision qui a été pensée, mesurée, réfléchie.
07:52Mais oui, c'est dangereux pour notre démocratie
07:54parce que vous avez une prise en étau, en quelque sorte.
07:57On parle beaucoup aujourd'hui des magistrats
07:59qui sont menacés par le narcotrafic.
08:01Et l'USM a beaucoup œuvré pour qu'on fasse rentrer dans la loi
08:03des dispositifs innovants et plus efficaces
08:06sur le haut du spectre de la criminalité organisée.
08:07On sait que les magistrats sont aujourd'hui la cible des narco-bandits.
08:11Il ne faudrait pas qu'ils deviennent aussi la cible
08:14de politiques qui sont condamnées par eux.
08:17Il faut que la justice passe et il faut qu'elle passe sereinement.
08:20On peut ne pas être d'accord avec une décision de justice.
08:23On peut la contester.
08:24Il ne faut pas jeter le discrédit sur elle.
08:25Ça, c'est une infraction.
08:27Il ne faut pas attaquer l'institution
08:28parce qu'elle est fondamentale à réguler les liens sociaux.
08:32Et puis, sur la loi Sapin de 2016,
08:35effectivement, la loi peut être discutée.
08:37Mais la question de l'inéligibilité automatique, par exemple,
08:40elle doit être discutée à l'Assemblée nationale, pas dans un tribunal.
08:43Les magistrats n'ont pas à discuter la loi, ils ont à l'appliquer.
08:46Si la loi est une mauvaise loi, moi, je n'ai pas d'avis sur la question.
08:49Il faut que les députés reviennent dessus.
08:51Mais attention, il y a l'inéligibilité d'une part,
08:54l'exécution provisoire d'une autre part.
08:56Je dis aussi, ne désarmons pas la justice pénale
08:59qui a aujourd'hui besoin de l'exécution provisoire
09:01dans toute une série de contentieux.
09:03Juste, je rappelle juste que Marine Le Pen a condamné lourdement
09:07ses menaces de mort, les magistrats.
09:09Les menaces de mort...
09:11Non, mais excusez-moi, je reviens là-dessus.
09:13On peut bien les condamner.
09:14Non, Françoise, on voudrait parler aussi.
09:16Quand on parle de juges tirants à l'Assemblée nationale,
09:19on peut très bien condamner.
09:20Donc, si on condamne, on ne parle pas de ça.
09:21Mais quel rapport, Françoise ?
09:23Quel rapport ? Vous ne pouvez pas...
09:24Céline Bilger.
09:24Tout le monde a contesté, a décrié, a dénoncé
09:29les menaces contre la présidente du tribunal correctionnel.
09:32Mais je voudrais poser une question à mon ancien collègue.
09:38Est-ce que vous trouvez que l'argumentation
09:41concernant l'exécution provisoire n'est pas politisée
09:45lorsqu'elle affirme qu'il y a un trouble à l'ordre public
09:50si jamais une candidate à l'élection présidentielle
09:54pouvait se présenter en étant condamnée ?
09:57Est-ce que vous considérez que c'est un raisonnement judiciaire
10:01ou une argumentation politique ?
10:04Je considère que c'est une motivation judiciaire,
10:06mais il faudrait qu'on s'entende sur l'ordre public
10:08et il faudrait qu'on ait un peu plus de temps pour en parler
10:10parce que l'ordre public, nous le savons,
10:12et vous le savez aussi, chers collègues,
10:14c'est une notion plus protéiforme que simplement
10:16le bon ordre sur la voie publique.
10:18L'ordre public, c'est aussi le respect de l'ordonnancement juridique,
10:21des décisions de justice.
10:22Donc c'est ça qui a voulu être dit par la collègue.
10:26Moi, je le sais parce que je sais ce qu'est l'ordre public,
10:28mais j'avoue que quand on lit la décision
10:30et qu'on n'a pas de connaissance juridique,
10:31on peut croire qu'elle le fait pour éviter le désordre dans la rue.
10:34Ce n'est pas cela.
10:35Donc il faut s'entendre.
10:36C'est un peu comme quand on vise le risque de récidive.
10:39Le récidive, il est lié, et les magistrales savent bien,
10:41à un comportement à l'audience.
10:44Si on ne reconnaît pas ce qui est son droit le plus strict,
10:46les faits, on a tendance à considérer
10:48soit qu'il n'a pas compris qu'il a fait mal,
10:50qu'il a passé la ligne, ce qu'a dit le tribunal,
10:52puisqu'il a condamné l'ensemble des préjugés,
10:54si ma mémoire est bonne.
10:56Et donc, vous avez tendance à considérer
10:57qu'il y a un risque de réitération de récidive plus important.
11:00Mais là aussi, ce sont des notions un peu complexes
11:01et il faut les expliquer.
11:02Sinon, effectivement, on ne comprend rien.
11:04Mais c'est très dangereux de dire que la justice est politisée.
11:07Moi, j'appartiens à une organisation syndicale
11:09qui est largement majoritaire, qui fait 63% des voix aux élections.
11:12C'est assez rare d'avoir une organisation syndicale aussi majoritaire
11:16et qui a la politique dans son ADN.
11:18Je ne veux pas qu'on puisse dire d'un magistrat qu'il est politisé
11:23parce que sa mission, justement, c'est d'être apolitique
11:25et de ne pas tenir compte de ses préjugés.
11:28C'est très important, c'est ça le magistrat,
11:29c'est le tiers impartial.
11:31Et donc, dire que la justice est politisée,
11:33c'est la faire rentrer dans un champ
11:34dans lequel elle ne devait jamais rentrer.
11:37Jean-Michel Fauvergue.
11:38J'entends bien ce que vous dites et je le partage,
11:40mais ce n'est pas du tout le cas.
11:42En fait, ce n'est pas le cas à cause d'un de vos syndicats
11:45qui n'est pas le vôtre, qui est le syndicat de la magistrature
11:48et qui a politisé, effectivement, la justice.
11:51Mais je voudrais revenir, moi, sur les violences...
11:54Alors, ils n'ont pas politisé la justice.
11:55Eux, ils sont politisés, mais ça ne concerne qu'eux.
11:58Ah oui ?
11:59Oui, enfin, je voudrais revenir sur les violences,
12:01en particulier les violences vis-à-vis des magistrats.
12:05Mais là, on est rattrapé aussi, et moi, je le regrette fortement,
12:09par cette violence généralisée envers toute forme d'autorité.
12:13Et longtemps, les magistrats sont restés à l'écart de ça,
12:16n'ont pas voulu voir ça, et même pour certains,
12:19politisés, ont participé à ça.
12:21Et aujourd'hui, c'est quelque chose qui les rattrape.
12:23La violence, elle est partout.
12:24Elle est contre les policiers, elle est contre les gendarmes,
12:27elle est contre tous les serviteurs de l'autorité de l'État
12:31et elle est contre, maintenant, les serviteurs de la justice.
12:34Dans les propos du président de la République,
12:37revenons sur les propos, il a dénoncé la menace à Magistrat,
12:39il a dit que la justice devait être équivalente à tous.
12:43On applaudit les deux mains.
12:45Par contre, il a parlé d'une justice indépendante.
12:48Ce n'est pas la justice qui doit être indépendante.
12:50Ce sont les magistrats, et en particulier les magistrats,
12:52les juges d'urgence, c'est-à-dire les magistrats du siège,
12:55qui doivent être indépendants pour donner des réponses
12:58tout à fait indépendantes, pas la justice.
13:00La justice, il y a des politiques pénales qui doivent répondre
13:03aux impulsions des politiques.
13:05La justice, elle n'est pas en sustentation,
13:09elle répond à certaines choses, et en particulier
13:12à la cohésion de l'État français.
13:14Aurélien Martini.
13:15Oui, mais là, vous confondez la magistrature du siège
13:18et la magistrature du parquet.
13:20Moi, j'ai été longtemps parquetier,
13:21j'ai été un peu juge d'instruction, mais longtemps au parquet.
13:23Oui, le parquet applique une politique pénale
13:25qui, au titre de l'article 20 de la Constitution,
13:27est définie par le gouvernement.
13:28Ça, ce n'est pas une difficulté.
13:29Mais c'est la justice qui doit être indépendante,
13:31l'institution judiciaire,
13:32en tant qu'elle rend des actes juridictionnels
13:34en toute indépendance, à l'abri des pressions.
13:36Mais moi, je partage votre avis sur le fait
13:39qu'il y a eu un délitement de l'autorité
13:41et qu'il y a des atteintes de plus en plus fortes
13:43et de plus en plus importantes en volume
13:46à l'endroit des dépositaires de l'autorité publique,
13:47qu'ils soient policiers, gendarmes, douaniers, magistrats,
13:49et j'en oublie.
13:50Mais ça, c'est quelque chose qui inquiète dans la société.
13:53Et je vais vous dire, je n'ai jamais pris ça,
13:55et l'union syndicale des magistrats,
13:56qui s'est toujours élevée contre les violences
13:58faites à l'endroit des FSI, des forces de sécurité intérieure,
14:01on est très bien placé pour dire que c'est un danger,
14:04ça aussi, pour la démocratie.
14:06Parce que lorsque vous avez ceux qui sont en première ligne,
14:08on parle beaucoup aujourd'hui de la PPL narcotrafic,
14:12mais de la lutte contre le haut du spectre de la criminalité.
14:14Lorsqu'on ne peut plus protéger ceux qui sont en première ligne,
14:16policiers, gendarmes et magistrats dans ces dossiers,
14:18eh bien, c'est le front qui risque de céder.
14:21Et si nous perdons cette guerre-là,
14:22on ne viendra pas dire que c'est la police et la justice qui l'ont perdue,
14:25nous la perdrons ensemble.
14:26Donc moi, je suis tout à fait d'accord pour dire
14:28que les atteintes à l'autorité, au fond, de la puissance publique,
14:33parce que c'est ça qui est atteint
14:34quand on atteint un policier ou un magistrat,
14:36c'est quelque chose qui doit tous nous alerter.
14:38Et d'où que viennent les menaces, d'où qu'elles viennent.
14:40– Bien sûr, d'accord avec vous, mais n'oubliez pas
14:43qu'un de vos syndicats, le syndicat de la magistrature,
14:46a participé aussi à des tables rondes, à la fête de l'humanité en particulier,
14:50pour dénoncer des violences policières systémiques.
14:53Et donc à partir de ce moment-là,
14:55évidemment que ça n'arrange pas les choses.
14:58– Oui, mais ils sont minoritaires.
15:00– Ils sont minoritaires, ils font 25%.
15:02– Oui, mais ça existe.
15:03– Ok, ça existe, comme ça existe dans la police, comme ça existe.
15:05Écoutez, moi, je pense que c'est un faux débat.
15:07Moi, je voudrais poser un, ça tombe bien parce que c'est l'USM, très court.
15:11Honnêtement, quand vous avez, et ça a tout à voir avec la choucroute,
15:14moi, je ne veux pas qu'on fasse, qu'on noie tout dans un grand tout.
15:17– 30 secondes.
15:18– Il se passe quelque chose dans ce pays,
15:19vous avez une formation politique qui parle de juges tyrans,
15:22vous avez une droite de plus en plus radicale qui s'attaque à l'état de droit,
15:27je suis désolé, vous ne pouvez pas dire,
15:29ok, ça fait partie de la violence de la société,
15:31mais il y a un fait aujourd'hui majeur
15:33qui est vraiment une attaque en règle de la justice.
15:36Honnêtement, je ne sais pas comment vous le vivez, mais il ne faut pas exagérer.
15:39– Ce n'est pas la première, quand il y a eu l'affaire Urbain,
15:41un ministre a parlé de son violage judiciaire.
15:43– Les amis, les amis, réponse très courte pour vous, Aurélien Martini, s'il vous plaît.
15:47– Oui, mais c'est effectivement très inquiétant,
15:49parce qu'on se sert d'une affaire particulière pour atteindre la justice en général.
15:53Mais encore une fois, si vous asséplissez la justice,
15:56vous asséplissez la capacité de l'État aussi à répondre aux actes de délinquance.
16:00C'est ça qu'il faut comprendre et répondre à tous les problèmes
16:02que peuvent rencontrer les Français dans leur vie quotidienne.
16:04Donc, quand on dit que c'est une institution pilier,
16:07ce n'est pas pour satisfaire les magistrats,
16:09c'est parce que, encore une fois, si cette institution-là tombe
16:11et qu'elle est décrédibilisée, toute la société tombe avec elle.
16:14Et je ne le dis pas pour le bien-être des magistrats,
16:16il y a quatre fois moins de procureurs en France
16:18et deux fois moins de juges que la moyenne européenne,
16:20donc ils savent très bien quel est le travail qui est devant eux
16:22et dans quel état ils sont laissés.
16:24Mais encore une fois, si cette institution-là tombe,
16:27j'ai la plus grande crainte que nous ne soyons plus en démocratie
16:31et que nous soyons régis par d'autres règles.
16:33C'est ça qui est en jeu.
16:34– Merci beaucoup Aurélien Martini,
16:36vice-procureur au tribunal judiciaire de Melun
16:38et secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats.
16:41Dans un instant, chers amis, une autre thématique bien compliquée,
16:45ou là, ou là, ou là...
16:47– Il n'y a pas de règle de droit là.
16:49– On pourrait mettre un procès en place avec tout ce qui va être fait.
16:54– Allez, c'est dans un instant, à tout de suite.
16:56– Sud Radio, c'est vous qui donnez le temps.
16:59– Merci de donner la parole, vous êtes une radio engagée,
17:01l'information est pertinente.
17:03– Sud Radio, parlons vrai.

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