Christophe Dugarry comprend que le gouvernement menace certains groupes de supporters de dissolution. Le champion du monde 98 trouve qu'il y a trop de violence dans les stades et que les problèmes datent depuis longtemps.
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00:00— Moi, c'est trop facile. C'est trop facile d'en arriver à des dissolutions, à des menaces comme ça de dissolution de groupes de supporters,
00:07si tu ne vas pas au cœur du problème et que tu dis qu'il y a des minorités dans les groupes de supporters, en effet,
00:16où il y a des énergumènes qui ne comprennent pas.
00:19Ils ne comprennent pas, ben tu dois les sanctionner. Pourquoi tu dois sanctionner tout un groupe de supporters
00:23qui représente une minorité, et ceux qui n'ont rien à voir là-dedans,
00:28et qui ne sont pas les capos, qui ne sont pas les chefs, qui ne sont pas les ceci, les cela,
00:32ils vont être punis de la même façon que celui qui fait le con, tu vois.
00:36Et en plus, aujourd'hui, on ne peut pas dire qu'on n'a pas les moyens de voir qui ne respecte pas les règles,
00:42qui est violent, qui fait rentrer les fameuses banderoles si ça dérange, qui est à l'origine de certains champs, tu vois.
00:50Donc c'est très simple aujourd'hui, et c'est assez simple parce qu'ils doivent tous pointer, tous les clubs connaissent.
00:57Si tu dissous comme ça, un groupe, deux groupes, trois groupes, quatre groupes, là, il y en a neuf qui sont menacés.
01:01Si les neuf, ils arrivent à les dessoudre, je peux te dire que ça va jouer sur l'ambiance,
01:05et pour moi, on va perdre une grande partie du spectacle.
01:08Alors déjà qu'on souffre, mais pour moi, ce n'est pas la solution, et qu'il y a des étapes à passer.
01:12Mais en effet, et je finis là-dessus, il y a des générations, on a changé, la société a changé, c'est comme ça,
01:19il y a des choses qu'on acceptait il y a une dizaine d'années, qu'on n'accepte plus aujourd'hui,
01:22mais il faut un certain temps pour l'expliquer, expliquer aux gens en question qui font le spectacle, qui font de l'humour, qui font ceci.
01:30Aujourd'hui, ils ne sont peut-être pas dans le vrai, mais il y a, en quelque sorte, laissé la chance au produit quand même,
01:37laissé la chance aux gens d'évoluer.
01:40Du gars.
01:40Alors écoute, moi je comprends les groupes de supporters qui estiment que c'est des épiphénomènes,
01:45avec une absence totale de volonté d'identifier individuellement les quelques personnes qui créent les incidents.
01:51Voilà, ils ont l'impression de prendre tous pour une minorité et pour un petit nombre qu'ils n'avaient pas identifié.
01:56Ils reprochent au gouvernement et au ministère de ne pas faire cet effort-là, de les chercher individuellement les cas.
02:03Je l'entends, je comprends.
02:04Je comprends leur colère et je comprends leur envie.
02:06Maintenant, moi, je pense que Marie Barsac, la ministre des sports, est un interlocuteur crédible.
02:12Voilà, moi, je pense que c'est quelqu'un d'ouvert, c'est quelqu'un d'intelligent, c'est quelqu'un qui a un parcours,
02:16c'est un juriste déjà, c'est quelqu'un qui a un parcours intéressant.
02:19Moi, je suis sûr que cette dame, elle est à l'écoute.
02:21Elle l'a dit, d'ailleurs, dans l'équipe.
02:22Elle dit distinguer les ultras des hooligans.
02:25Bien évidemment qu'il faut faire la différence entre tout ça.
02:27Voilà. Alors après, Jérôme, dire que c'est facile pour le gouvernement de dissoudre, c'est faux.
02:33C'est très compliqué. C'est compliqué parce que, justement, il va y avoir des mécontentements et j'espère que ça n'ira pas plus loin.
02:39Parce que là, il y a des menaces de part et d'autre qui font que ça va être quand même très compliqué.
02:42La décision que risque de prendre le gouvernement va être lourd de sens.
02:47Pourquoi? Pourquoi elle est prise cette décision?
02:49Parce que Jérôme, ça fait 30 ans et quand je t'écoute encore, que tu m'expliques qu'il faut du temps, mais du temps, pourquoi?
02:56Ça fait 30 ans que les problèmes ne sont pas réglés.
02:59Jérôme, une nouvelle fois, c'est arrivé à Montpellier.
03:03À Montpellier, il y a encore eu des débordements.
03:05Ça fait et je les vois, les groupes de supporters aussi, comme ils font.
03:08Ils se disent le gouvernement et le ministère des Sports échangent tous les deux ans, tous les trois ans, tous les six mois, tous les quatre ans, tous les cinq ans.
03:13Ça change tout le temps.
03:14Donc, à chaque fois, c'est reculer, c'est dire que ça donne un peu à manger d'un côté et puis ça reprend de l'autre, c'est dire que les groupes de supporters, qu'est ce qu'ils ont véritablement changé?
03:23S'ils ont vraiment envie de ne pas être dissous et que les choses fonctionnent et marchent droitement, qu'ils proposent quelque chose de crédible et qu'ils s'y tiennent.
03:31Aujourd'hui, on vit dans une société de l'ultra violence.
03:36On le sait, on le voit tous les jours aux informations.
03:38Alors, peut être que c'est amplifié, peut être que c'est exagéré, mais c'est un cas quand même.
03:42Aujourd'hui, il y a trop de violence.
03:44On ne va pas dans un stade pour avoir et pour être face à la violence.
03:48Voilà, il y a trop.
03:49Aujourd'hui, on parlait tout à l'heure des problèmes du football.
03:51Aujourd'hui, il y a trop de problèmes dans notre football où les jeunes ne peuvent plus aller au stade parce que tu peux prendre un fumigène.
03:55Il peut se passer quelque chose.
03:56C'est aussi ça la défection du football.
03:58Aujourd'hui, ça existe aussi.
04:00Donc, à un moment ou un autre, s'ils en sont amenés à dissoutre ces groupes de supporters pour repartir à zéro.
04:05C'est peut être aussi la faute des groupes de supporters qui, depuis 20 ans, 30 ans, n'ont amené aucune solution crédible ou quelque chose de sérieux qui tient la route pour que cette violence soit totalement.
04:17Je ne dis pas un peu totalement arrêté.
04:20Le modèle, c'est le foot anglais.
04:21Quoi qu'on en dise, on se régale tous à regarder le foot anglais économiquement, au niveau du sponsoring, au niveau des joueurs, au niveau du plaisir, au niveau de regarder les mains.
04:28Tout est fantastique.
04:29Alors, le modèle est pas.
04:30On ne peut pas retranscrire le modèle parfaitement.
04:33On n'est pas des anglais, bien évidemment.
04:34Mais il y a quand même un modèle à suivre.
04:36Il faut arrêter avec cette violence dans les stades.
04:39Ce n'est pas un bonheur ou un plaisir.
04:42Ce n'est pas le folklore du football.
04:43Le football, ce n'est pas ça.
04:44Arrêtons avec ce discours là.
04:45Donc, je comprends d'un certain côté le discours du ministère des Sports.
04:51Je les comprends qu'au bout d'un moment, il y en a marre.