La cheffe de file des députés du Rassemblement national a été condamnée ce lundi à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, dans le cadre de l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national.
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00:00— Merci de votre présence à cette réunion de groupe un petit peu particulière. Je vais évidemment, en introduction de cette réunion,
00:10avant de laisser la parole à Marine, vous dire quelques mots sur le déroulé de ces dernières heures. Marine l'a exprimé hier soir.
00:23Je l'ai exprimé ce matin. Vous avez été très nombreux à vous exprimer sur ce sujet, sur les réseaux sociaux, dans les médias,
00:31en vous faisant aussi l'écho de l'indignation des millions de Français qui ont regardé cette décision hier et qui ont regardé
00:39cette journée du 31 mars 2025 qui, à l'évidence, va rester dans l'histoire de la démocratie française comme une date extrêmement sombre,
00:52date où des juges ont décidé de manière partiale, partisane, de fausser la grille de départ, en tout cas d'essayer de fausser la grille de départ
01:09de la prochaine élection présidentielle dans ce qui apparaît comme une négation de l'État de droit. C'est plus l'État de droit.
01:18Là, c'est la négation de l'État de droit dans ce qui ressemble non pas à ce que nous avons eu l'habitude d'appeler – ça a été aussi, je crois,
01:29le ressenti de beaucoup de Français ces dernières années – le gouvernement des juges, mais la tyrannie des juges, puisque nous avons été privés
01:40à la fois d'un procès équitable. Ça avait été rappelé pendant le déroulé du procès il y a plusieurs semaines. Souvenez-vous de cette procureure
01:49qui avait... S'agissant de l'un des dossiers, notamment celui de Jean-François Jalc, sur lequel elle n'avait pas d'élément indiqué que ça lui ferait
01:58trop mal de demander la relaxe, ce qui dit tout, d'ailleurs, de la manière dont nous avons dans notre ensemble été considérés, à commencer évidemment
02:08par nous, par Marine, par le parti traité dans ce dossier. Et évidemment, le droit au recours qui nous a été privé, puisque cette décision hallucinante
02:20d'exécution provisoire, justifiée non pas en droit par... Ils n'ont même pas fait semblant d'aller sur le terrain d'un potentiel risque de récidive.
02:31C'est un lien très clair et assumé avec la prochaine élection présidentielle, qui consiste à dire qu'il y a un risque de trouble à l'ordre public
02:41si Marine Le Pen est élue présidente de la République alors qu'elle a été condamnée en première instance, faisant fi d'ailleurs de toute possibilité d'appel.
02:49Nous devons rappeler sans cesse que s'il existe des cours d'appel, c'est parce que les tribunaux de première instance peuvent se tromper, et que s'il est prévu
02:58la possibilité de se pourvoir en cassation, c'est parce qu'il peut y avoir aussi des erreurs commises, non pas seulement en première instance,
03:03mais aussi en appel. Je crois pouvoir dire que nous n'avons jamais vu une motivation aussi politique que celle qui a été exprimée hier par le tribunal.
03:18Cette décision nous prive de manière absolument ahurissante d'un deuxième degré de juridiction, s'agissant de la peine d'inéligibilité.
03:29Et je crois que beaucoup de Français ont été pas seulement indignés, mais ils ont été touchés hier de ce qui s'est passé.
03:36Moi, j'ai le sentiment, mais comme je crois beaucoup d'entre vous, que les Français considèrent que c'est pas tant Marine, en réalité, qu'on élimine.
03:45C'est leur propre voix. Ce sont leurs propres espérances. Et c'est la confiance qu'ils placent en Marine et qu'ils placent dans notre mouvement
03:54depuis maintenant... Je vais pas dire plusieurs mois, mais en fait depuis plusieurs années, davantage encore ces derniers mois, avec les élections législatives,
04:02mais encore plus ces dernières années. Nous sommes dans une situation qui est brutale, qui est violente, qui est injuste, qui prive des millions de Français
04:15d'une candidate qui est pas seulement donnée au second tour, mais qui est aujourd'hui la favorite de l'élection présidentielle
04:24et donc de la prochaine présidente de la République. Moi, je vous appelle d'abord à vous indigner. Je crois que des millions de Français sont indignés.
04:38Et notre rôle est aussi de permettre aux Français qui sont en colère de s'exprimer pacifiquement, démocratiquement contre ce qui leur apparaît
04:49comme une décision non pas de justice mais d'injustice et comme une décision qui est disproportionnée. Je rappelle qu'on parle pas d'un...
05:00Allons même sur le fond de l'affaire, d'enrichissement personnel, d'emploi fictif. On parle d'un désaccord sur la façon dont travaillent
05:07des assistants de députés européens. Et pour cet état de fait, cet état de droit qui nous oppose depuis très longtemps au Parlement européen,
05:17on prive les Français de leur candidate à l'élection présidentielle. Quel est ce pays, quelle est cette démocratie où, en quelques jours,
05:32on ferme une chaîne de télévision, la première chaîne de télévision de la TNT, où l'on empêche celle qui est la leader de l'opposition
05:41et la favorite de l'élection présidentielle de concourir au suffrage des Français, où l'on requiert de la prison ferme contre un ancien président de la République
05:51et où l'on met à mort sur le plan financier le premier parti de France ? Je pense que cela indigne les Français mais cela disqualifie aussi la France,
06:02pays des droits de l'homme, pour aller donner des leçons de démocratie au monde entier. Que n'aurait pas dit un certain nombre de gens,
06:12on va commencer par l'UE, si dans la Hongrie de Viktor Orban, une décision de justice était venue empêcher l'opposant n°1 à Viktor Orban de se présenter à l'élection.
06:24Je pense que la Commission européenne organiserait, diligenterait d'ores et déjà des enquêtes et aurait menacé la Hongrie en indiquant que cela reflèterait
06:35une atteinte à l'état de droit. Mais comme cela se fait en France, dans le pays qui a la réputation d'être les droits de l'homme, le pays des droits de l'homme, ça passe.
06:44Je pense que ça passe pas pour beaucoup de gens. Alors nous allons organiser, et c'est un peu le sens du message que j'ai souhaité vous adresser hier dans la réunion Argue
06:57et dans cette adresse au cadre hier soir, des mobilisations qui seront évidemment pacifiques et démocratiques, parce que je pense que les Français ont besoin de s'exprimer.
07:06Nous avons lancé hier sur le site du RN une pétition qui a déjà recueilli plusieurs centaines de milliers de signatures. Ce week-end, il y aura des opérations de tractage
07:19et des points de rencontre qui seront organisés partout en France. Nous demandons aux parlementaires de prendre l'initiative d'une conférence de presse aussi dans leur département
07:27et dans leur circonscription, parce que je crois important que dans la presse dans laquelle les Français ont toujours une confiance certaine qu'est la PQR,
07:39ils puissent lire notre expression et qu'ils puissent évidemment lire nos prises de position, et que nous puissions aussi évidemment être un peu les relais de ce sentiment d'injustice
07:53qui touche aujourd'hui des millions et des millions d'électeurs français. L'audience du 20h de TF1 hier soir, au-delà des signatures sur notre site internet,
08:07je pense témoigne de cette indignation. Il y a près de 8 millions de Français qui ont regardé le JT de TF1 hier soir. C'est considérable.
08:17Je sais pas s'ils ont été 8 millions à nous écouter ce matin sur CNews et sur Europe 1, mais en tout cas, les Français nous attendent, les Français nous écoutent.
08:28Et je crois que c'est extrêmement important que tout le monde soit sur le pont, que nous fassions bloc. Je dois dire que j'ai été encore très impressionné à la fois par la prestation
08:46et par la solidité de Marine hier soir. Je vais pas empiéter sur votre intervention, Marine, mais vous avez l'habitude de dire que le combat judiciaire,
08:55il fait partie du combat politique. Et là, honnêtement, c'est un peu gros, parce que je pense qu'il y a beaucoup de Français qui ont le sentiment que tout sera fait
09:04pour nous empêcher d'arriver au pouvoir. Moi, je leur réponds que rien ne nous empêchera de nous battre pour que nous arrivions au pouvoir.
09:17Plus des entraves se mettront sur notre route, plus nous serons déterminés à avancer. Et je peux vous assurer que nous étudions d'ores et déjà évidemment tous les chemins,
09:28même s'ils sont étroits, pour lever l'injustice qui nous est appliquée de manière préventive. Nous allons mener ce combat évidemment ensemble.
09:40Nous avons besoin de vous dans cette bataille qui est en train de se jouer en ce moment et en ces heures. Mais je crois encore une fois que c'était hier un jour très sombre
09:50pour la démocratie française, peut-être le plus sombre que la démocratie française ait connu. Et moi, en tout cas, j'ai été extrêmement fier hier en regardant le 20h de TF1.
10:02Et je crois que notre devoir et le devoir du RN comme celui de tous les Français et tous les électeurs patriotes, c'est d'être unis, soudés, mobilisés auprès de quelqu'un
10:16dont, me semble-t-il, la seule faute et le seul tort est de s'être retrouvés en capacité de gagner la prochaine élection présidentielle.
10:25Voilà, mes chers amis, le message que je souhaitais vous délivrer ce matin. Je vais laisser Marine intervenir. Mais c'est pas le moment de flancher.
10:36La politique est un chemin de croix. Les clés du pouvoir ne nous seront pas données. Et en tout cas, je veux dire aux Français qui nous écoutent ce matin,
10:46sans doute par l'intermédiaire de la presse, que nous n'abandonnerons pas et que s'ils pensent qu'une décision de justice va nous empêcher de faire de la politique
10:57et va nous empêcher de continuer à porter l'espoir de millions de Français, non seulement c'est mal nous connaître, mais je pense que c'est aussi mal la connaître.
11:07— Applaudissements du public —
11:20— Merci beaucoup, Jordan, pour cette introduction. D'abord, merci à tous. Merci de vos marques de soutien, de vos marques d'affection.
11:32Le système a sorti la bombe nucléaire. Et s'il utilise une arme aussi puissante contre nous, c'est évidemment parce que nous sommes sur le point de gagner les élections.
11:47Voilà. Et qu'ils se disent que tout ce qu'ils ont mis en œuvre n'a pas servi et que donc peut-être faut-il passer à la vitesse supérieure.
11:56Alors les choses sont extrêmement claires. On ne se laissera pas faire. Et on ne se laissera pas faire non pas tant pour nous défendre seulement nous-mêmes,
12:05mais pour défendre les Français, qui ont le droit de voter pour qui ils le souhaitent, et puis pour défendre le pays, parce qu'aujourd'hui, le pays est en train de vaciller.
12:16Il vacille sur ses principes. Il vacille sur ses valeurs. Et tous ceux qui n'ont que l'état de droit à la bouche sont en général ceux qui sont les premiers
12:26à chercher à violer cet état de droit. Ils nous ont volé les législatives par des manœuvres scandaleuses. Que les choses soient très claires,
12:36on ne laissera pas les Français se faire voler l'élection présidentielle. Et donc nous allons...
12:41– Applaudissements –
12:48Nous allons nous défendre. Nous allons user de tous les moyens qui sont à notre disposition pour permettre aux Français de choisir leur futur dirigeant.
13:03Et nous allons gagner. Voilà. Parce que la vérité et la justice doivent gagner. Et que ce qui vient de se dérouler est un tel scandale démocratique,
13:17une telle honte, une telle tâche sur notre pays... Jordan a raison de le rappeler. À qui allons-nous pouvoir demain donner la moindre leçon de démocratie dans le monde ?
13:33À qui ? Comment vont-ils pouvoir défendre M. Navalny ? Comment vont-ils pouvoir défendre l'opposant principal de M. Erdogan qui est actuellement emprisonné ?
13:50Comment peut-on se scandaliser de l'élection annulée et du candidat empêché en Roumanie ? Lorsque dans notre propre pays, par la voie d'une exécution provisoire,
14:06en rompant encore une fois avec ce qui fait le principe même de notre État de droit qui est le double degré de juridiction, c'est-à-dire le recours...
14:14Mais pas seulement le recours. Le recours effectif. Le recours effectif, c'est celui qui permet de ne pas se voir imposer en première instance une décision
14:26dont les conséquences sont irréparables. Or, l'objectif déclaré de la magistrate – je vous le rappelle, je l'ai dit hier soir –, c'est de m'empêcher d'être élu
14:39à la présidence de la République. Ça n'est pas moi qui le dis. C'est elle qui le dit. Elle le dit avec toute la candeur de ceux qui sont convaincus d'être
14:51dans le camp du bien. Si Marine Le Pen pouvait se présenter à la présidentielle en bénéficiant d'un appel suspensif alors que condamné en première instance
15:01une décision non définitive, cela constituerait un trouble à l'ordre public. L'ingérence de ces magistrats dans le processus électoral suprême
15:14qui est celui de l'élection présidentielle, voilà où est le trouble à l'ordre public. Et les Français ne l'accepteront pas, qu'ils soient électeurs du RN
15:25ou qu'ils ne soient pas d'ailleurs électeurs du RN. Or, vous savez, dans des affaires aussi graves que celle-là, somme toute, les masques tombent.
15:34Vous avez des adversaires politiques qui sont des gens attachés à la démocratie. Ceux-là disent « Écoutez, moi, je partage pas les idées de Marine Le Pen,
15:43mais honnêtement, empêcher un candidat en première instance sans que les voix de recours aient été épuisées de concourir à l'élection présidentielle
15:52alors qu'elle est la favorite de l'élection présidentielle, c'est pas possible ». Et puis, vous avez ceux qui n'ont ni foi ni loi, ceux qui, en réalité,
16:01se réjouiraient si vous preniez un coup de lame en sortant dans la rue, pour peu que ça leur permette d'éviter d'avoir à vous combattre dans les urnes.
16:11Ceux-là, je ne veux même pas en parler. Encore une fois, les Français jugeront des comportements des uns et des autres. Mais Jordan a dit quelque chose
16:20de très juste hier. Il a dit « Mais qu'ils ne se réjouissent pas trop vite, car nous avons été toujours les premiers à être victimes des malhonnêtetés du système.
16:34D'autres suivent toujours. Aujourd'hui, c'est nous. Mais demain, évidemment, ce sera eux. Et ce jour-là, ils viendront pleurer, car ils ne pleurent que lorsqu'il s'agit d'eux-mêmes ».
16:46Nous, nous pleurons sur notre pays quand il s'agit encore une fois de l'ensemble des Français qui sont privés d'un fonctionnement démocratique.
16:54Et parce que nous avons des principes, nous appliquons toujours nos principes à nos adversaires. Nous ne les réclamons pas que pour nous-mêmes.
17:04Si demain, un candidat était empêché de se présenter, nous serions les premiers, même et sûrement plus même, si c'est un adversaire politique, à venir le défendre.
17:17Nous l'avons toujours fait. Nous avons toujours défendu la présomption d'innocence, y compris quand nos adversaires politiques étaient mis en cause
17:24dans de multiples affaires. Nous ne sommes jamais montés au créneau pour profiter de l'occasion. Jamais. Qu'ils soient LFI, qu'ils soient Modem, qu'ils soient LR.
17:35Nous n'avons jamais fait cela. Nous n'avons jamais crié avec les loups parce que nous sommes attachés à la présomption d'innocence. Nous avons des principes.
17:44Et pour beaucoup d'entre eux, ils n'ont pas de principes. Ils brandissent ces principes lorsqu'ils sont eux-mêmes empêchés ou gênés. Mais lorsque leurs adversaires le sont,
17:54ils se réjouissent. Eh bien nous avons l'honneur de ne pas nous comporter comme ça. Et c'est peut-être pour ça, après tout, que nous sommes le Premier parti de France.
18:03— Applaudissements —
18:16Alors mes chers amis, vous le savez, nous contestons formellement, formellement les accusations qui ont été portées contre nous et qui font l'objet de ce procès,
18:26de ce procès dont je vous rappelle qu'il a été engagé par des adversaires politiques. M. Schultz, président socialiste du Parlement européen, main dans la main avec Mme Taubira.
18:35Donc c'est pas besoin de vous rappeler tout de même qu'elle est une opposante absolument farouche de notre mouvement. Nous avons dit...
18:49Écoutez, on va accorder un bénéfice, le bénéfice du doute, tiens, aux magistrats qui vont nous juger, en pensant que peut-être ne vont-ils pas nous juger poétiquement.
19:04Mon doute a duré 2 heures. Au bout de 2 heures d'audience, le premier jour, j'ai compris que nous ne serions pas jugés normalement. Et l'intégralité de la rédaction
19:16de ce jugement est une folie. J'espère que les juristes vont se pencher sur la rédaction de ce jugement qui est une folie, une folie parce que, encore une fois,
19:26le droit est tordu, parce que l'élection présidentielle est l'objectif assumé des magistrats. Après tout, la magistrate aurait pu dire « Je mets l'exécution provisoire
19:39pour l'empêcher d'être candidate aux élections ». C'était déjà honteux, mais c'était plus général. Mais là, la magistrate, elle enjambe les élections municipales ?
19:50Elle enjambe les potentielles élections législatives anticipées pour dire « Non, je mets l'exécution provisoire pour l'empêcher d'être candidate et d'être élue à l'élection présidentielle ».
20:00Parce que moi, magistrate de première instance, je n'admets pas l'idée que les Français puissent élire quelqu'un que j'ai condamné en première instance.
20:10Mais qui est souverain dans notre pays, en fait ? C'est le peuple ou c'est les magistrats, ces magistrats de première instance ? C'est quand même une vraie question.
20:19Il me semble que c'est le peuple. Et par conséquent, vouloir forcer, tordre le bras des électeurs en disant « Vous risquez de voter pour elle, alors je vais vous dire quoi ».
20:28Moi, je considère que je m'autorise le pouvoir de vous interdire de le faire. Mais c'est une honte absolue. Il n'y a pas un seul pays, en réalité, dans lequel les choses se déroulent ainsi.
20:40Donc cette justification est la justification politique par excellence. Donc quand on me dit « C'est une décision judiciaire », non, c'est une décision politique.
20:48Et c'est la magistrate qui le dit elle-même. Mais il n'y a pas que ça. Il y a 10 raisons de se scandaliser de ce jugement.
20:56Au passage, je rappelle que ce jugement, les avocats ne l'ont pas eu. Ils l'ont eu ce matin à 9h30 du matin. Mais hier soir, tous les journalistes avaient le jugement.
21:07Bon, ça n'est qu'un élément supplémentaire. Mais enfin, c'est un élément quand même assez révélateur. Moi, je suis arrivée sur le 20h. M. Boulot avait le jugement.
21:15Mes avocats ne l'avaient pas. Ils l'ont eu ce matin à 9h30 du matin. Mais je veux dire, encore une fois, c'est vraiment une caricature en quelque sorte
21:28de l'abandon de tout principe, de toute valeur, de tout fonctionnement démocratique, de la violation de toutes les règles de fonctionnement de nos institutions.
21:45Mais il n'y a pas que ça. Je vous dis, il y en a beaucoup d'autres. Il y a une criminalisation dans ce jugement, en fait, des droits de la défense.
21:53C'est-à-dire que si vous vous défendez, eh bien je vais vous condamner 2 fois plus durement. Mais il me semble que les droits de la défense, le principe même,
22:02c'est de pouvoir se défendre. Eh bien non, vous n'avez pas le droit de vous défendre. Voilà. Et le simple fait de se défendre justifie la condamnation à mort.
22:14Mais ça existe où, ça ? En fait, dans quel pays ça existe, ce type de fonctionnement ? On nous a même reproché d'avoir défendu l'idée que les faits qui étaient soumis
22:26au tribunal étaient prescrits. Non mais pardon. Vous nous direz la prochaine fois. Vous nous ferez la liste de ce qu'on a le droit de dire. Peut-être faut-il arriver
22:34avec la robe de bure, un genou et la corde au cou pour vous faciliter le travail. Ben non, on va pas faciliter le travail. Parce que nous, nous considérons,
22:42encore une fois, qu'il y a énormément de choses à dire sur le fond de ce dossier et que ce dossier a été utilisé en réalité exactement dans le but qui est intervenu hier.
22:54Le seul objectif, c'était celui-là. Alors mes chers amis, on va nous dire qu'il ne faut pas contester les décisions de justice. Bon, en l'occurrence,
23:04c'est pas une décision de justice. Ça tombe bien. Donc du coup, on a le droit de la critiquer. Mais qu'est-ce que c'est aussi que ce système qui consiste à dire
23:12« Vous n'avez le droit de ne rien dire. Vous n'avez pas le droit de vous défendre parce que vous n'avez pas le droit de contester les décisions de justice ».
23:21Ben à ce moment-là, il faut qu'ils suppriment l'appel, puis accessoirement la cassation. Parce que si on n'a pas le droit de contester une décision de justice,
23:28alors supprimons les degrés de juridiction. Puis après tout, supprimons le procès puisque de toute façon, vous êtes obligés de plaider les coupables.
23:37Par conséquent, pourquoi s'ennuyer à passer 2 mois comme je l'ai fait dans une salle d'audience pour pouvoir développer des arguments que la présidente
23:45semblait clairement ne pas vouloir entendre. Cette affaire, je ne peux m'empêcher de la mettre en résonance avec le communiqué du syndicat de la magistrature
24:02qui a été diffusé au mois de juin dernier. Au mois de juin dernier, le syndicat de la magistrature en appelle aux magistrats et aux magistrates, pas aux électeurs, pas aux citoyens,
24:19aux magistrats et aux magistrates pour empêcher le Rassemblement national d'accéder au pouvoir. Ce matin, on explique que les magistrats font l'objet de menaces.
24:32Je trouve qu'il est scandaleux que ces magistrats fassent l'objet de menaces, que les choses soient très claires. D'injure, de menace, c'est inadmissible.
24:43Nous faisons tous l'objet d'injure et de menace. Toute personne, tout responsable politique, tout journaliste, tout écrivain, tout magistrat aujourd'hui dans notre société
24:56qui prend une position quelle qu'elle soit, se fait menacer, se fait injurier. Est-ce qu'on s'en félicite ? Pas du tout. On le déplore. Mais c'est hélas devenu d'une grande banalité.
25:08Le conseil supérieur de la magistrature, ce matin, que j'entendais à la radio, est venu dire qu'il est absolument scandaleux de menacer les magistrats. Nous partageons cela.
25:17Mais quand le syndicat de la magistrature dit qu'il faut empêcher le Rassemblement national d'arriver au pouvoir, c'est aussi une menace. C'est aussi une menace.
25:28C'est une menace à l'égard du Rassemblement national. C'est une menace à l'égard des électeurs du Rassemblement national. C'est une menace à l'égard des élus du Rassemblement national.
25:36Et cet appel, encore une fois, il est fait aux magistrats et aux magistrates. Qu'est-ce qu'on est censé comprendre de cela ? Et qu'a dit le conseil supérieur de la magistrature ?
25:47S'est-il soulevé contre ce communiqué ? Non. A-t-il engagé une procédure contre la procureure qui a indiqué qu'elle ne pouvait pas plaider à la relax parce que ça lui ferait trop mal ?
26:00Rompant ainsi avec la neutralité qui s'applique aussi au parquet, pas seulement aux juges du siège. Ça s'applique aussi au parquet. Non. On n'a rien entendu du conseil supérieur de la magistrature.
26:12Donc ce deux poids, deux mesures, je le dis poliment, est évidemment perçu, nous l'avons compris, et nous ne nous soumettrons pas à cela.
26:26Donc de manière pacifique, de manière démocratique, nous allons défendre nos droits. Et nous allons aussi défendre les droits de nos électeurs.
26:35Et le premier de ces droits, l'a rappelé le Conseil constitutionnel, dans une réserve d'interprétation il y a quelques jours de cela, c'est le droit de voter librement.
26:45C'est le premier des droits dans une démocratie. Voter librement. Car si l'on ne vote pas librement, eh bien à ce moment-là, on n'est plus véritablement dans une démocratie.
27:01Si ce sont les dirigeants politiques ou des magistrats qui décident qui peut se présenter et pour qui les Français peuvent voter, alors nous ne sommes plus dans une démocratie. Voilà.
27:14Nous allons donc nous battre. Tous les moyens de droit seront analysés et utilisés. M. Schottel a fait une tribunière pour dire que la décision du tribunal s'assayait sur la décision du Conseil constitutionnel.
27:30C'est un petit peu problématique pour l'État de droit, quand même, parce que les amoureux de l'État de droit devraient savoir que les décisions du Conseil constitutionnel
27:39s'appliquent immédiatement à l'intégralité des juridictions, qu'elles soient judiciaires ou administratives. Voilà peut-être un chemin étroit que nous ne manquerons pas de prendre.
27:53Nous allons bien entendu réclamer qu'un appel se déroule dans les plus brefs délais, car nous n'avons pas la maîtrise de cela, bien sûr.
28:03C'est évident que quand celui qui a la bouée de sauvetage, c'est votre adversaire politique, c'est un peu compliqué, quoi. Vous vous dites « est-ce qu'il va la lancer ? », « quand est-ce qu'il va la lancer ? », « est-ce qu'il va pas la lancer trop tard ? ».
28:15On peut se permettre quand même de se poser la question. Et puis il y a peut-être aussi une voie législative, puisque j'ai entendu ce matin Éric Chiotti
28:31scandaliser comme nous par cette décision, qui a évoqué une potentielle voie législative que nous allons donc analyser de très près.
28:44Donc la défense de nos électeurs, la défense de notre mouvement, qui, je vous le rappelle, a été victime d'une condamnation, d'une lourdeur financière
29:02qui engage son avenir, parce que c'est ceinturé-bretel. Il ne s'agit pas seulement d'éliminer la candidate à la présidentielle. Si on peut tuer le parti en même temps, bon.
29:16Comme ça, on est bien sûr qu'il n'y a pas de possibilité. Ce sont dit manifestement les magistrats. Donc nous allons là aussi nous battre contre cette condamnation
29:33qui nous apparaît tout à fait contraire par ailleurs à la jurisprudence. Je n'ose d'ailleurs défendre quelques arguments de peur d'être immédiatement considérée comme coupable
29:46et condamnée peut-être deux fois plus. Mais on va quand même tenter. On va pas se laisser impressionner. Donc pour résumer mon propos, et on vous adressera bien entendu
29:59l'ensemble des éléments d'analyse de ce jugement. Ceux qui sont en train de l'analyser ont les yeux qui sortent de la tête. Vraiment. Et un peu qu'ils soient juristes, ils sont au bord de l'apoplexie tellement c'est énorme.
30:16Mais on vous donnera tous ces éléments-là. Mais pour conclure, je vais vous dire que surtout, surtout, ne vous laissez pas intimider. Ne vous laissez pas démoraliser.
30:27Quand la décision arrive, elle est dure. Mais elle est dure parce qu'elle est injuste. Et qu'en réalité, vous connaissez très bien cette phrase de Montesquieu.
30:44Il n'y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l'on exerce à l'ombre des lois et sous les couleurs de la justice. C'est-à-dire que quand l'injustice vient directement de ceux qui sont censés rendre la justice,
30:59il est évident qu'elle est plus insupportable encore que n'importe quelle autre injustice. Mais cette indignation, cette blessure, il faut s'en servir. C'est un moteur. Voilà.
31:13C'est un moteur de motivation. C'est un moteur de persévérance. Si nous ne tenons pas à bon, si nous ne sommes pas ceux qui exprimons cette solidité et cette persévérance,
31:27qui le fera à notre place ? Personne. Alors partout où vous allez, dites aux Français qu'ils peuvent compter sur nous. Il n'y a aucun problème. On sera là. On sera là jusqu'au bout. On sera là jusqu'à la victoire.
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