Le député européen François-Xavier Bellamy (LR) était l’invité de 180 Minutes Info ce lundi 31 mars sur CNEWS. Il a réagi à la condamnation de Marine Le Pen à 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, l'empêchant de candidater à la prochaine élection présidentielle : «La prise de position dans la manière d'appliquer le droit pose problème».
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00:00Ce qui me surprend dans ce cas précis, c'est qu'effectivement cette exécution provisoire,
00:05je crois, est difficile à justifier.
00:10Elle se fonde sur le risque de récidive théoriquement.
00:13On voit mal comment le RN, soumis à une telle exposition médiatique, pourrait récidiver.
00:18Quand quelqu'un a triché, il doit être condamné.
00:20Je pense que là aussi, c'est ce qui devrait tous nous réunir.
00:24Mais en l'occurrence, il y a des règles de droit et l'une de ces règles,
00:27c'est que l'appel doit être possible pour n'importe quel justiciable
00:31et que cet appel ordinairement suspend l'exécution de la peine.
00:36J'ai du mal à concevoir qu'aujourd'hui,
00:39cette impossibilité de rendre l'appel suspensif ait été à ce point indispensable
00:47qu'elle ait dû être prononcée,
00:49quel que soit son impact manifestement immense sur la vie démocratique de notre pays.
00:54Pour preuve quand même que les magistrats et la juge estimaient que c'était politique,
01:01elle le dit à demi-mot, on a bien compris, là je cite Mme de Pertuis,
01:06on a bien compris que l'enjeu dépassait cette seule salle d'audience,
01:09mais le tribunal va procéder comme d'habitude.
01:11Sous-entendu, nous, la politique, on n'en a rien à faire du fait qu'elle représente,
01:16je ne sais pas, 13 millions de voix, etc.
01:18C'était déjà un aveu que de toute façon, cette décision serait politique.
01:22Je ne dirais pas ça.
01:25Je pense qu'il y a une discussion devant laquelle nous sommes tous aujourd'hui,
01:29y compris sur la loi, la loi qui aujourd'hui s'applique,
01:32cette loi qui a été votée par des élus de plusieurs bords,
01:36y compris du Rassemblement national,
01:37cette loi pose question manifestement
01:40et donc je pense que le rôle des magistrats n'est pas de faire la loi.
01:43Cela étant dit, en appliquant la loi, ils ont pris une décision
01:48et cette décision, très claire, c'était celle de procéder à cette exécution provisoire.
01:53Et là, pour le coup, oui, il y a un choix de leur part
01:56et ce choix, je le dis comme citoyen, il est difficile.
01:59Il est difficile de le considérer comme étant absolument indubitable.
02:02Il y a aujourd'hui une prise de position dans la manière d'appliquer le droit
02:08qui pose des questions, de même que posait de vraies questions,
02:12l'accélération improbable de la procédure judiciaire
02:15qui visait, en son temps, François Fillon,
02:17en plein milieu d'une campagne présidentielle.
02:19Et ce n'est pas une bonne nouvelle.
02:21Ce n'est pas une bonne nouvelle quand la justice devient,
02:25d'une certaine façon, un élément à ce point central dans la vie de notre démocratie.
02:32Ce n'est pas une bonne nouvelle quand la défiance est aussi grande envers nos institutions
02:36et je pense que personne ne devrait pouvoir se réjouir sérieusement
02:40de ce qui s'est passé aujourd'hui.
02:41Aucun esprit libre ne devrait vouloir qu'un débat démocratique se déroule ailleurs
02:45que devant les électeurs et les électeurs seuls.