Un an après le meurtre d'Alexandre Fontan, sa famille attend toujours des réponses. Le 29 mars 2024, cet habitant du Chambon-Feugerolles a été tué rue de Cotatay, laissant derrière lui des proches dévastés. Ce samedi, à l'occasion du premier anniversaire de sa mort, une marche blanche a été organisée pour réclamer justice, alors que l'enquête se poursuit dans l'attente d'un procès.
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00:00Je veux que ça avance, je veux que l'histoire avance, parce qu'à l'heure d'aujourd'hui, j'ai été auditionnée avec monsieur Jérémy M.
00:13On a été auditionnés que nous deux, sur 5 heures, et le reste n'avance pas.
00:20Il devait avoir une reconstitution du lieu du meurtre.
00:27À cette heure-ci, on est au mois de mars, ça fait un an, jour pour jour.
00:32Je voudrais que ça avance. Je sais que dans la justice, il y a beaucoup de travail.
00:36Je remercie madame la juge Maisonneuve pour sa compréhension, parce qu'une juge comme ça, on n'en voit pas beaucoup.
00:42J'ai travaillé dans la justice, donc je sais ce que c'est. Oui, je pense bien à vous, la justice, un petit clin d'œil.
00:50Mais voilà, je voudrais que l'histoire avance, parce qu'un papa de 76 ans, qui ne sait pas de quoi son fils est mort,
01:01que c'est moi qui est obligé de lui dire, je ne vous explique pas comme c'est dur.
01:05Les prises de tête qu'on a eues, parce que des on dit, des on dit, des on dit, des on dit, en fait, on ne peut pas avoir une discussion.
01:13Que ce soit avec mon père, mon mari, mes enfants, il n'y a pas tout ça. Il n'y a pas tout ça.
01:19Je ne peux pas leur expliquer, parce que même moi, je ne sais pas. Il faut que ça avance. 980 personnes, comme je vous ai dit, ça fait beaucoup.
01:28Là, nous avons le procès de Youssoupha, dont sa femme s'appelle Laetitia également, qui a été tuée, comme mon frère.
01:37Ça se passe à Saint-Etienne. Mais où va-t-on ? Où va le monde ? Être tué gratuitement ?
01:45Même dans les pays, on n'est pas en Palestine ici, on est en France. On est en France.
01:52Et j'aurais voulu que cette personne, je ne demande pas qu'on me laisse les pieds, mais qu'on ait un peu de compassion, une famille, des enfants.
02:04Ah oui, soi-disant, tu ne le savais pas Jean-Michel, et Hervé non plus, tu ne le savais pas.
02:10Mais tu étais là, tu étais là pour tuer, tu aurais pu tuer n'importe qui. Moi, j'ai eu mes fils à cette heure-ci qui sortaient, qui rentraient du boulot quand ça s'est passé.
02:21Tu imagines ? Tu aurais pu leur entrer dedans ? Leur tirer dessus ? Je ne pense pas que ça serait fini comme ça entre nous.
02:30Sérieusement, je ne pense pas que ça serait fini comme ça entre nous. Et d'avoir laissé agoniser mon frère,
02:38moi, ce que je retiens de cette expérience, c'est qu'à cette heure-ci, on ne m'est pas averti qu'il a fallu que j'aille à l'IML chercher le corps de mon frère,
02:48pour bien prouver que c'était mon frère, et les trois expressions qu'avait mon frère. Mon frère a eu la peur, la tristesse et la souffrance.
03:01Et il a fini avec un sourire. Et ce sourire, c'est ce qui me permet d'avancer, parce que je me suis dit, ben tiens, t'as retrouvé la maman.
03:1040 ans, c'est jeune. 40 ans, c'est jeune. Ce n'est pas normal.