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L'emprisonnement de son principal opposant marque la brusque dérive autoritaire du président turc.

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00:00Lui, c'est le principal opposant à Erdogan, le président turc.
00:08Il est en train de faire son autre cravate pendant que la police encercle sa maison.
00:11Depuis son arrestation, la Turquie connaît une vague de manifestations inédite depuis
00:20au moins dix ans.
00:21On peut voir régulièrement des cercueils dans les cortèges qui sont censés symboliser
00:26la démocratie turque.
00:27Lui, c'est le candidat présidentiel du principal parti d'opposition à Recep Tayyip
00:54Erdogan.
00:55Il a été désigné comme tel à la primaire du parti et c'est une figure politique extrêmement
01:01talentueuse qui attire beaucoup la lumière, qui est extrêmement populaire.
01:06C'était donc un candidat qui pouvait vraiment déchirer Erdogan, peut-être le premier candidat
01:11crédible pour battre Erdogan à une éventuelle présidentielle.
01:14Un mouvement de contestation de cette ampleur, c'est du jamais vu depuis 2013 et la révolte
01:19de Gezi.
01:20A l'époque, des centaines de milliers de gens s'étaient rassemblés un peu partout
01:23dans le pays pour contester la politique d'Erdogan.
01:26C'était plus spontané à l'époque, un peu moins organisé comme ça l'est aujourd'hui
01:30parce qu'aujourd'hui, la rue se mobilise pour Ekrem Imamoglu et son parti, le CHP,
01:35mais qu'il faut prononcer GEP.
01:53Vous aimez les formats longs et explicatifs ? Vous allez adorer la chaîne de l'Express,
02:02alors n'hésitez pas à vous abonner.
02:03Ekrem Imamoglu, c'est la bête noire d'Erdogan et de son parti, la KP.
02:08En fait, avant 2019, pas grand monde connaissait son nom, mais il a remporté cette année-là
02:13la mairie d'Istanbul lors des élections municipales.
02:16A l'époque, le haut comité électoral avait déjà voulu annuler le scrutin en disant
02:21Pour résumer, l'écart de voix est beaucoup trop faible, il va falloir refaire un vote.
02:25Il y a donc eu un nouveau vote et Imamoglu a cette fois-ci gagné avec beaucoup plus
02:30de voix.
02:31En novembre 2024, nouvel épisode, le président turc Erdogan porte plainte contre Imamoglu
02:37pour injure.
02:38On peut imaginer à quoi ressemblerait le taux d'occupation des prisons en France
02:42si nous avions des procès pour injure au président de la République.
02:45Donc voilà pourquoi la plupart des gens estiment qu'Erdogan mène une vendetta personnelle
02:49contre Imamoglu et que l'épisode du 19 mars, c'est une étape très importante
02:54dans sa dérive autocratique.
02:55Et ça, ça ne date pas d'hier, à l'express, on vous en parlait déjà dans un explainer
03:21en 2022.
03:22Il faut au minimum retenir 3 dates, qui sont à chaque fois comme 3 franchissements de
03:27barrières si vous voulez.
03:28En 2013, la répression contre les manifestations de Gezi, on en a déjà parlé.
03:32En 2016, il y a eu une tentative de coup d'état en Turquie, Erdogan aurait très bien pu y
03:38perdre la vie.
03:39Et ça, ça l'a conduit à purger son armée, son administration, sa fonction publique et
03:43à mettre des milliers de gens en prison.
03:44Et en 2018, Erdogan a été à l'initiative d'une réforme constitutionnelle qui lui
03:49a donné grosso modo les pleins pouvoirs.
03:51Et aujourd'hui, tous les yeux sont rivés vers la prochaine présidentielle.
03:55C'est vraiment ça qui cristallise toute la tension politique des derniers jours.
03:59D'ailleurs, drôle de coïncidence, Imamoglu a été arrêté au moment où il venait d'être
04:04désigné par son parti comme candidat pour 2028.
04:22Dont la base électorale est en train de s'éroder, cette envie qu'a l'AKP de tripatouiller
04:28les élections et de faire en sorte que le résultat soit joué d'avance.
04:32Maintenant, il reste un grand point d'interrogation.
04:34Comment Erdogan va faire pour rester au pouvoir ? Car théoriquement, il ne peut pas se présenter
04:39à la présidentielle de 2028.
04:41La constitution l'en interdit.
04:43Enfin, la constitution actuelle.
04:45Et donc là, ce que tout le monde attend, c'est une nouvelle réforme constitutionnelle
04:49dans la mesure où il n'a pas réussi à préparer sa succession.
04:52Et pour le moment, il se voit encore seul aux commandes.
04:55C'est encore lui qui doit assurer l'avenir de son parti et incarner l'avenir de son pays.
05:01Donc voilà la partie d'échec qu'Erdogan est en train de jouer et qui révolte en ce
05:05moment une partie des Turcs.
05:06Il utilise d'abord la justice pour contraindre, voire même empêcher l'opposition de présenter
05:11un candidat pour 2028.
05:13Et il se dit que le contexte régional va jouer en sa faveur.
05:17La Turquie, elle est toute proche de l'Ukraine.
05:19Elle partage une frontière avec la Syrie qui vient d'être renversée.
05:23Et n'oublions pas le conflit entre Israël et le Liban ou encore Israël et Gaza qui
05:28se tient à deux ou trois cents kilomètres de son territoire.
05:30Cette instabilité, c'est plutôt un atout pour Erdogan parce qu'il veut se présenter
05:34comme un homme fort dans une région en crise.
05:36Et puis, ça attire l'attention diplomatique sur d'autres sujets.
05:39Voilà ce qu'on pouvait dire sur la Turquie et sa dérive autocratique.
05:43Pour en savoir plus, allez sur L'Express.fr.
05:45Et en attendant, à bientôt pour de nouvelles vidéos.

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