• avant-hier

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Alors, Georges Fenech, si vous êtes là aujourd'hui, ancien magistrat, ce n'est pas pour parler de l'euro-million.
00:04On redevient sérieux.
00:05Voilà, on redevient sérieux.
00:06On va parler évidemment de Nicolas Sarkozy dans un instant.
00:09On en a déjà parlé hier dans On marche sur la tête sur Europe 1 avec Cyril Hanouna
00:14que vous retrouverez évidemment lundi.
00:16Il y a aussi les réquisitions contre Gérard Depardieu.
00:19J'ai aussi envie d'avoir votre regard à tous là-dessus.
00:21Gérard Depardieu risque 18 mois de prison avec sursis pour des agressions sexuelles.
00:27Et puis ce matin, et pour moi c'est l'information du jour,
00:31on a appris la communication des parents de Thomas.
00:35Vous savez, Thomas qui a perdu la vie à Crépole,
00:37qui a été tué à coups de couteau à Crépole en marge d'un bal
00:41tué par une bande de romans sur Isère.
00:43On n'a toujours pas identifié celui qui avait donné le coup de couteau final.
00:46Une personne incarcérée.
00:47Voilà.
00:48Ce qu'on sait, c'est qu'il y avait d'un côté une bande de jeunes rugbymen de Crépole
00:52qui faisait la fête sans ennuyer personne.
00:54De l'autre, une bande qui venait de romans sur Isère avec des couteaux.
00:58Et ce n'est pas une rixe, contrairement à ce que disent les auteurs d'un livre
01:01qui s'appelle Une nuit en France.
01:03Un livre dans lequel ils essayent de réécrire un peu l'histoire de Crépole,
01:08d'euphémiser ce qui s'est passé.
01:10Alors ils reconnaissent aussi qu'il y a eu neuf témoignages très importants.
01:14Neuf témoignages d'habitants de Crépole qui disent avoir entendu
01:18on est venu tuer du blanc.
01:20Et ce qui est important aussi, et là j'ai envie d'avoir votre regard,
01:23c'est que ces neuf témoignages ont disparu du dossier.
01:26On les a rangés dans une armoire pour ne pas dire qu'on les a jetés à la poubelle.
01:30Et tout en reconnaissant qu'il y a eu ces cris,
01:33ces neuf témoignages qui disent avoir entendu on est venu tuer du blanc,
01:36les auteurs disent c'est pas parce qu'on dit qu'on est venu tuer du blanc
01:39que ça en fait la raison pour laquelle on est venu avec des couteaux.
01:43Et donc les parents de Thomas se sont exprimés à travers leur avocat
01:46et je vais vous dire ce qu'ils ont confié à BFM TV.
01:49Ils sont dans l'incompréhension à cause de nombreux passages très gênants
01:52pour le dire avec mesure malgré la colère qu'ils suscitent.
01:55Pour eux, les auteurs du livre tendent à banaliser le port d'armes,
01:59la violence meurtrière, l'omerta et la victimisation des mises en cause.
02:03Respecter le temps judiciaire, c'est respecter Thomas.
02:06L'avocat et les parents du jeune homme expliquent également
02:08réfléchir aux suites judiciaires qui pourraient être données à la parution de ce livre.
02:12Ils ne souhaitent toutefois pas non plus gaspiller le peu d'énergie qu'ils ont dans des recours.
02:16Ils s'efforcent chaque jour de choisir la vie au lieu de la haine pour Thomas
02:20en se protégeant des récupérations politiques et médiatiques
02:22qui ne font que les maintenir dans la tombe.
02:24C'est donc l'avocat des parents dans un communiqué transmis à BFM.
02:28Le temps n'est pas celui des livres, des romans, des interprétations des uns et des autres
02:32mais celui de la justice qui doit être respecté par tous.
02:36Respecter le temps judiciaire, c'est respecter Thomas.
02:40Voilà ce que disent les parents de Thomas.
02:42Écoutez, moi je suis un petit peu gêné dans cette affaire
02:44parce que d'abord je connais bien Michel de Cugis et également Le Plongeon
02:49qui sont de très très bons journalistes.
02:51Les journalistes d'investigation parmi les meilleurs en France.
02:54Ça fait longtemps que je les connais.
02:56Je me souviens de Placebovo qui avait écrit notamment de Cugis
03:00qui est un des meilleurs connaisseurs de la police, des serroges, etc.
03:02C'est pas des journalistes comme ça qui ont voulu sortir un livre pour sortir un livre.
03:06Donc ça me gêne beaucoup que ce soit eux qui aient décidé de publier ce livre en plein processus.
03:12Alors même qu'on ne connaît toujours pas, on n'a pas identifié l'auteur du coup de couteau.
03:17Et ils disent que ces jeunes voulaient aussi faire la fête alors qu'ils avaient des couteaux.
03:19On va faire la fête avec des couteaux ?
03:21Effectivement, ce qui est gênant, c'est cette banalisation, cette réécriture un peu de l'histoire.
03:25Quant aux neuf procès-verbaux, moi j'aimerais bien savoir qui a caviardé ces procès-verbaux.
03:29Qui aurait pu prendre la décision de retirer d'un dossier criminel
03:34des procès-verbaux qui sont très importants.
03:38Donc ils vont réapparaître, tôt ou tard.
03:40C'est évident.
03:43Je pense qu'effectivement, je me mets à la place de la famille et je comprends leur réaction
03:47dans cette réécriture pour banaliser cette affaire alors que c'est une affaire extrêmement grave.
03:52Jules, on comprend l'émotion de la famille de Thomas et déjà qu'ils vivent l'horreur,
03:57le pire, perdre un enfant, tuer à coups de couteau.
04:00On vient, dans un livre, euphémiser ce qui s'est passé,
04:03dire que les jeunes, avec les couteaux, ils venaient faire aussi la fête,
04:07que du racisme, il y en a eu des deux côtés.
04:09On a entendu, on est venu tuer du blanc,
04:11mais ce n'est pas pour ça que c'est la raison de ce crime, c'est insupportable pour ses parents.
04:15Comme si la colère n'était pas déjà suffisante.
04:18Ça s'est passé il y a maintenant un an et demi, ce drame de Crépole.
04:21Il y a une personne incarcérée, on ne sait toujours pas qui a porté le coup fatal,
04:27le coup qui a tué Thomas.
04:29Les services de renseignement et les policiers vous disent que tout le monde sait
04:33qui a porté ce coup.
04:35Les écoutes, notamment des personnes qui ont été en détention provisoire,
04:39nous montrent qu'ils savent, mais ils ne le diront jamais,
04:42parce qu'ils ont peur de passer pour une poucave.
04:46C'est exactement les termes qu'ils utilisent.
04:48Évidemment, pour les familles, c'est un énième désastre
04:52de voir qu'il y a des journalistes qui, en effet,
04:54moi je les connais, je les lis,
04:57sont des bons journalistes,
04:59mais qui, malheureusement, sont touchés une nouvelle fois
05:01par une idéologie qui ne veut pas décrire la réalité.
05:05La réalité, c'est que le drame de Crépole,
05:07c'était du racisme anti-blanc,
05:09c'était des personnes issues, a priori, de l'immigration,
05:12qui voulaient s'en prendre à des jeunes Français,
05:15des jeunes Blancs, avec des machettes.
05:17Et c'est ça le problème, c'est qu'ils refusent de voir cette réalité-là.
05:20Valérie Benay.
05:21Oui, je suis comme...
05:23Je pense qu'effectivement, il y a un souci.
05:27Moi, j'écris des livres, Police, Justice,
05:30j'aurais pu, moi, me retrouver dans cette situation.
05:32Et c'est pour ça que je pense à mes confrères,
05:34qui, je le sais, ont travaillé certainement avec toute bonne foi,
05:38et en essayant de faire un travail le plus propre possible.
05:42Ce qui m'interroge, malgré tout,
05:44c'est qu'ils aient écrit un livre
05:46alors que la vérité judiciaire n'a pas été établie,
05:48et qu'elle n'a pas encore été écrite.
05:50C'est ça où, là, moi, ça me chagrine un petit peu.
05:52Je pense qu'il aurait fallu attendre.
05:54Quand les parents disent que le temps des livres n'est pas arrivé,
05:56je souscris, je suis d'accord avec eux.
05:59On ne sait pas encore.
06:00Il y a 14 personnes qui sont mises en examen pour l'instant.
06:03Le procès n'a pas eu lieu.
06:04Donc, il me semble que là,
06:06les gens peuvent imaginer
06:10qu'il s'agit là d'une forme de plaidoirie d'un côté ou de l'autre.
06:12Or, il n'y a pas de vérité judiciaire.
06:14J'espère qu'il y aura de l'autocritique chez ces journalistes
06:16au vu du témoignage des parents de Thomas.
06:18Et vous dites, en pleine bonne foi,
06:20il y avait une volonté aussi politique derrière ce livre.
06:23Ils s'en prennent souvent à notre groupe,
06:26à chaque fois qu'ils sont dans les médias,
06:28ils s'en prennent souvent à CNews,
06:30ils s'en prennent à Pascal Praud.
06:31Donc, ce n'était pas un livre juste pour refaire les faits et le récit.
06:36On parle moins du livre que de leur campagne de promotion.
06:39Parce qu'en réalité, c'est leurs interviews qui choquent.
06:41C'est quand M. De Cugy dit sur France Inter
06:43« Bon, il y a 9 procès-verbaux qui font acte
06:47d'un propos qui pourrait relever du racisme anti-blanc »
06:51et qui nous dit dans la même phrase, dans la phrase suivante,
06:53que le parquet ne reconnaît pas
06:55de qualification de racisme anti-blanc.
06:58Il y a 9 personnes qui en parlent,
06:59ou il y a 9 personnes qui n'en parlent pas.
07:00Et ça, ça crée chez les gens,
07:02et particulièrement chez les gens qui sont victimes
07:04de ce bal de Crépole,
07:06un sentiment de colère qui, malheureusement, ne disparaîtra pas.
07:09Le problème de ce livre et de cette enquête,
07:11c'est qu'on sent bien qu'ils partent d'un postulat
07:13et qu'ils essaient de tout faire rentrer
07:16dans ce biais, dans ce choix qu'ils font dès le début.
07:20Alors que normalement, on devrait rentrer dans le sujet
07:23avec une ouverture d'esprit
07:26et avec une capacité à s'amender
07:28par rapport au point de départ.
07:30Le timing, la temporalité, moi comme toi Valérie, me pose problème.
07:33Et concernant ce qu'a évoqué Gauthier sur les couteaux,
07:36on lit ceci dans le livre.
07:38« Ils sont venus pour s'amuser.
07:40Rien n'indique à ce stade qu'ils avaient l'intention
07:42de faire usage de leurs couteaux
07:44qu'ils ont, je cite, d'ailleurs,
07:46l'habitude d'avoir sur eux. »
07:48C'est insupportable.
07:49Mais cette seule phrase
07:51amende presque,
07:53se retrouvent des circonstances atténuantes,
07:55puisqu'ils ont l'habitude de les avoir sur eux.
07:57Bon, mais ça s'est passé comme ça.
07:59On ne peut absolument pas banaliser
08:01le fait que des adolescents
08:03ou des adultes
08:05puissent se promener avec des couteaux sur eux.
08:07Et puis, Georges Fenech, il y a un tabou.
08:09Le racisme anti-blanc est un tabou.
08:11Si on fait disparaître ces 9 procès verbaux.
08:13Fabien Roussel a reconnu cette semaine
08:15le leader communiste, l'existence du racisme anti-blanc.
08:17Bon, il s'en est pris plein la figure
08:19de la part de la France Insoumise.
08:21Il y a un tabou. Alors peut-être qu'il est enfin en train de sauter
08:24ce tabou. Il y a des ministres qui parlent aussi de racisme anti-blanc.
08:26Mais enfin, quand même, on voit bien dans cette affaire
08:28que si ça avait été
08:30d'autres communautés,
08:32si Thomas n'avait pas été blanc
08:34et qu'il y avait eu du racisme au moment
08:36de ce meurtre, je pense qu'on l'aurait retenu.
08:38Qu'on n'aurait pas fait disparaître du dossier.
08:40Bien sûr, il venait d'où ces jeunes du Quartier de la Monnaie ?
08:42Moi, ce qui m'a gêné aussi, c'est
08:44cette mise en cause
08:46d'une femme que je trouvais extrêmement courageuse.
08:48Marie-Hélène Thoraval.
08:50La mère de Romans-sur-les-Aires.
08:52Alors qu'elle a pris
08:54toutes ses responsabilités en tant que mère
08:56et elle continue d'ailleurs.
08:58Et ça, je trouve ça particulièrement déplacé.
09:00Donc, je voudrais lui apporter mon soutien.
09:02Vous avez raison.
09:04On peut aussi penser, évidemment,
09:06aux parents de Thomas
09:08qui sont effondrés
09:10et qui le font savoir
09:12par le biais de leur avocat dans un communiqué.
09:14Peut-être que les auteurs du livre vont se remettre en question.

Recommandations