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Jeudi 27 mars 2025, retrouvez Margarita Zlatkova (Head of Data & Programmatic EMEA, Weborama), Christophe Grosbost (directeur de la stratégie, Innovation Makers Alliance), Julien Pillot (Consultant, Enseignant-chercheur en économie, Inseec - Groupe Omnes Education) et Caroline Chopinaud (directrice associée, Hub France IA) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, nous sommes ensemble pour une demi-heure, une demi-heure de débrief.
00:11On va parler de l'actu qui agite la tech, tout de suite avec mes commentateurs, je
00:15vous les présente juste après.
00:17Dans le grand débrief de Smartech aujourd'hui, Margarita Zadkova, bonjour.
00:26Bonjour.
00:27Avec nous, directrice data programmatique de Weborama, on va commenter ensemble l'actualité
00:32de la tech.
00:33Également avec Julien Pillot, bonjour Julien.
00:35Bonjour.
00:36Économiste, enseignant-chercheur à l'INSEC et Christophe Grobot, bonjour Christophe.
00:39Bonjour Delphine.
00:40Directeur de la stratégie chez Innovation Makers Alliance, autrement dit IMA.
00:45On va débattre ensemble de quoi ? On va parler d'autonomie technologique.
00:49Il y a des intentions, on sent des grandes préoccupations qui émergent jusqu'au niveau
00:55politique.
00:56Mais alors, au-delà des mots, qu'en est-il ? On en parlera notamment en se basant sur
01:01un manifeste que vous publiez à l'IMA, mais on mettra ça en perspective avec les
01:04choix très concrets qui sont faits et qui ne vont pas forcément dans ce sens.
01:08On parlera aussi de Tesla qui dévisse alors que X s'envole, un paradoxe, Elon Musk.
01:15On va débattre de tout ça, mais on commence avec l'inauguration de l'Alliance pour
01:19les technologies des langues.
01:20Et pour lancer la discussion, nous sommes connectés avec Caroline Chopineau.
01:23Bonjour Caroline.
01:24Bonjour.
01:25Directrice associée, je le rappelle, du Hub France IA.
01:29Alors, quelques mots sur cette Alliance des technologies des langues.
01:32C'est l'un des premiers.
01:33EDIC, attention, on rentre là dans les arcanes des grandes organisations européennes.
01:39EDIC, c'est un consortium européen pour l'infrastructure numérique.
01:42C'est un nouveau mécanisme qui va permettre de faire émerger des grands projets multinationaux
01:49créés dans le cadre de programmes politiques Horizon 2030.
01:53Donc, ce rôle d'Alt-EDIC, si je donne son petit nom, donc cette Alliance pour les technologies
02:00des langues, ça va être l'idée de vraiment créer une infrastructure transfrontalière
02:07commune sur des données qui vont permettre de faire émerger des technologies linguistiques
02:12souveraines à l'échelle européenne, j'ai envie de dire.
02:15Est-ce que c'est un résumé correct, Caroline ?
02:18Qu'est-ce qu'on retrouve véritablement derrière cette alliance ?
02:21Oui, c'est tout à fait correct, Delphine, bravo.
02:24C'est vraiment, la démarche au départ, c'est de regrouper les Etats européens autour
02:30d'une structure juridique commune qui va leur permettre d'avancer sur la mise en place
02:35d'infrastructures numériques conjointes.
02:37Et l'Alt-EDIC, il est vraiment orienté sur les technologies linguistiques.
02:42Donc, ça fait un peu plus de deux ans qu'ils sont en train de travailler sur le sujet.
02:46Ça a été mis en place officiellement en février 2024 et c'est la France qui coordonne
02:53cet Alt-EDIC et qui est là pour structurer toute cette diversité linguistique au sein
03:00de cet EDIC.
03:02Derrière, on retrouve une soixantaine de partenaires.
03:05Il y a des entreprises, mais il y a aussi des académiques, des industriels.
03:10Un consortium industriel a été créé constitué de 38 entreprises, dont 20 françaises.
03:15Donc, on voit quand même la marque de la France dans ce projet.
03:19Le Hub France IA, dont vous êtes la directrice générale, en fait partie.
03:22Il va se passer quoi très concrètement ? Sur quoi vous allez travailler pour commencer ?
03:26Alors, le consortium des industriels, lui, il est là pour orienter la feuille de route
03:32de l'Alt-EDIC et donc d'être vraiment en accord avec les besoins des entreprises.
03:36C'est toujours ouvert, d'ailleurs.
03:38S'il y a des entreprises ou des organisations qui veulent rejoindre l'Alt-EDIC, c'est possible.
03:43Ça vise principalement des entreprises qui utilisent ou qui développent des outils autour de la langue.
03:49L'Alt-EDIC, en tant que tel, là, ce qui a été annoncé dernièrement, c'est qu'il va porter
03:55quatre grands projets européens, qui sont financés à hauteur de 88 millions d'euros.
04:00Et c'est à travers ces projets-là qu'on va pouvoir concrètement mettre des choses en place.
04:04Nous, Hub France IA, on fait partie d'un des consortiums.
04:07C'est pour ça qu'on est partenaire de l'Alt-EDIC, puisqu'on n'est pas vraiment focalisé
04:11sur les sujets de la langue.
04:13Mais on a été sollicité pour faire partie d'un des quatre projets, celui qui est fondé sur l'idée
04:20d'aller accompagner l'écosystème, en particulier des jeunes pousses,
04:23pour les aider à s'approprier les grands modèles de langue.
04:26Ces projets vont du déploiement de l'infrastructure jusqu'à l'utilisation des modèles de langue,
04:31mais en passant aussi par des financements pour créer ces modèles
04:35et pour récupérer des données sectorielles qui vont permettre de faire des modèles spécifiques.
04:40On a besoin de nouveaux modèles, de nouveaux grands modèles de langage ?
04:45Il y en a déjà tellement, et ils ne sont pas si mauvais en français.
04:48Non, non, ils ne sont pas si mauvais en français.
04:50Je pense que la démarche, à la base, c'est quand même assez politique.
04:54C'est-à-dire qu'on va essayer de faire en sorte qu'au niveau européen,
04:56on arrive à coordonner tout le monde autour d'un sujet qui est assez stratégique,
05:01qui est le fait d'avoir des modèles souverains.
05:04Là, on est vraiment alignés avec la thématique de l'émission, je pense, aujourd'hui.
05:09Il y a quand même cette position d'aller favoriser et mettre en valeur
05:14et donner du financement à des organisations et des entreprises en Europe
05:19pour avancer sur ce sujet et avoir nos propres modèles,
05:23nos entreprises qui utilisent nos propres modèles européens aussi
05:27pour se démarquer par rapport à la concurrence
05:30et se positionner aussi avec la spécificité de la culture européenne.
05:35Il y a quand même un enjeu là de se dire qu'on aura des modèles qui sont souverains
05:40et des modèles qui peuvent être exploités sereinement par les entreprises en Europe.
05:44Je ne vais pas tout de suite donner la parole à Christophe,
05:46parce qu'il va me dire que c'est super, ça fait écho à notre manifeste sur la souveraineté.
05:49J'ai demandé à Margarita qui est peut-être plus sceptique comme moi
05:52quand on voit arriver comme ça un nouveau consortium aussi gigantesque,
05:5680 millions d'euros et tout ça.
05:58Non ? On se dit, qu'est-ce qui va en sortir très concrètement ?
06:03Exactement, je pense que c'est la question qu'on se pose.
06:06D'un côté on a envie, on a envie d'avoir ça,
06:08parce qu'on est très dépendant des géants américains
06:10et on a envie d'avoir quelque chose d'européen.
06:12Et quand on parle de fuite de données, de cybersécurité, de protection des données,
06:16ne serait-ce qu'on a envie d'y croire.
06:18La question c'est, est-ce qu'on va y arriver, avoir quelque chose d'équivalent,
06:21de cette ampleur-là, qui peut porter tous ces projets européens ?
06:25Est-ce que ce consortium-là va être le bon qui va justement nous permettre de porter ?
06:29Il y a quand même, au-delà de la souveraineté,
06:31il y a effectivement une question d'autonomie aussi,
06:33des citoyens européens, des entreprises européennes,
06:36de leur donner accès à de l'innovation plus facile, plus agile, plus accessible.
06:40Je pense que l'enjeu est là, la question c'est,
06:42est-ce que derrière on va pouvoir concrétiser tous ces projets ?
06:46On se rappelle de tellement de projets, notamment dans le cloud souverain,
06:50qui n'ont pas forcément porté leurs fruits.
06:55C'est quelque chose que vous avez en tête aussi, Caroline,
06:59quand vous dites, on va participer au pilotage d'un projet comme ça ?
07:04Oui, en fait, c'est clair qu'il y a eu des projets européens,
07:08des financements européens qui n'ont pas forcément toujours abouti.
07:11Aujourd'hui, il y a une dynamique et une structuration
07:14qui se fait entre les projets aussi, qui est intéressante,
07:16parce que l'Altedic, il n'est pas tout seul,
07:19il va être associé à les AI Factory,
07:22et en particulier les AI Factory France et AI2F,
07:26qui a été lauréat de l'EuroHPC il y a quelques semaines,
07:30qui va être là pour produire autour des supercalculateurs,
07:34des services dédiés aux entreprises et aux académiques
07:37pour utiliser les supercalculateurs pour développer leurs IA
07:41ou les mettre en œuvre.
07:43Il y a aussi un grand projet européen qui s'appelle Deploy AI,
07:46qui est la plateforme européenne de l'IA,
07:48qui est aussi associée à ça.
07:50Je pense qu'il y a peut-être, par rapport à avant,
07:52il y a une structuration un peu plus claire sur l'IA
07:55qui est en train de se mettre en place,
07:57et les différents projets et les différents financements sont assez liés,
08:00donc on n'essaie pas de refaire encore des énièmes choses,
08:03on essaie plutôt de faire en sorte que tout ça s'articule
08:06pour qu'à la fin, il puisse vraiment y avoir quelque chose de concret qui en sorte.
08:10Merci beaucoup Caroline Chopineau, directrice générale du Hub France IA.
08:14Je crois que vous m'avez convaincue déjà, c'est pas mal !
08:17Merci beaucoup.
08:18On continue notre conversation, on l'a dit,
08:20quand on avait parlé de souveraineté, d'un manifeste en l'occurrence
08:23qui vient de sortir pour la souveraineté technologique
08:25et l'autonomie stratégique du numérique en France et en Europe,
08:27c'est son titre complet, je crois !
08:29Christophe Grebeau, qu'est-ce que vous proposez comme initiative ?
08:32Alors déjà, peut-être vous donner la jeunesse,
08:34parce que ce n'est pas un travail de lima,
08:36c'est un travail collectif qui a réuni plusieurs centaines de personnes.
08:39D'ailleurs Caroline Chopineau qui vient d'intervenir du Hub France IA,
08:42France 2030, France Digital, la French Tech, Station F,
08:47le CESIN, Exatrust et nous,
08:49qui a un travail collaboratif qui a été créé en fait
08:52à partir de deux sondages,
08:54un auprès de 135 entreprises et administrations ETI françaises,
08:57un autre auprès d'une cinquantaine d'offreurs,
08:59à peu près, de technologies souveraines en France et en Europe.
09:03Des interviews, après, avec plusieurs des décideurs de notre groupement,
09:06donc des gens en position de décision stratégique, disons, dans la tech.
09:11C'est des acheteurs en fait,
09:12c'est des grands acheteurs de solutions numériques.
09:15Et qui sont les gens les plus importants,
09:16parce que quand ils sont dans le public,
09:17ils sont forcés, enfin en tout cas poussés disons fortement
09:19à utiliser des solutions souveraines.
09:20Quand ils sont dans le privé,
09:21souvent c'est beaucoup plus compliqué qu'en choix.
09:23Donc c'était intéressant de discuter avec eux.
09:25Et de, bon, c'est un pavé, on le disait avant,
09:29donc c'est quand même 135 pages qui sont, pour moi en tout cas,
09:33énormément de savoir, énormément de connaissances
09:35et beaucoup beaucoup d'idées.
09:37Et à la fin, en fait, comme vous le dites,
09:38c'est trois pages de recommandations stratégiques
09:40qui ne sont pas en fait...
09:41On ne va pas avoir le temps de lire les trois pages.
09:42Non.
09:43Vous le savez Christophe.
09:44C'est un vrai outil de tout ce qui est possible en fait.
09:47L'idée est de dire au pouvoir public,
09:48voilà ce que l'écosystème aujourd'hui technologique français propose.
09:51Et voilà quelques idées.
09:52Alors je vais vous donner quelques idées
09:53parce qu'on ne va pas faire les trois pages évidemment.
09:54Oui, et sur lesquelles on va pouvoir rebondir justement en plateau.
09:57Alors, il y a une première idée
09:59qui est autour du Small Business Act européen,
10:02d'être capable de réserver une partie des commandes
10:05des groupes privés ou publics
10:07aux petites entreprises et aux startups européennes.
10:09Oui.
10:10Il y a une deuxième partie
10:11qui est de structurer la commande publique en Europe.
10:13Donc aujourd'hui, on a une commande publique
10:14qui est très très très diverse en fait et disparate.
10:16Donc d'être capable de la regrouper au niveau européen
10:18entre toutes les administrations européennes.
10:20Il y a une partie qui est la centralisation des besoins technologiques
10:22des groupes privés
10:23qui aujourd'hui sont souvent en fait un peu cachés aux startups.
10:26Les startups n'ont pas accès souvent aux appels d'offres
10:28et qu'elles soient capables d'avoir une visibilité beaucoup plus grande
10:30sur ce que les groupes privés,
10:31selon nous les groupes privés ont besoin.
10:32Une partie sur la régulation,
10:33donc augmenter la régulation sans faire trop de régulation.
10:36La régulation ou la réglementation ?
10:38Attention, ce n'est pas pareil.
10:39Les deux.
10:40Il y a une partie réglementation au niveau de la structuration.
10:43Il y a une partie régulation
10:45qui est d'être capable de limiter parfois sur certains marchés stratégiques
10:48l'accès aux acteurs non européens.
10:51Il y a une partie moi que je trouve extrêmement intéressante
10:53qui est sur la partie financière
10:54qui est de créer un peu comme on l'a fait pour l'écologie.
10:56Un bonus écologique va créer un bonus souverain
10:58qui soit capable de pouvoir soit par une défiscalisation
11:01soit par un bonus d'inciter les entreprises
11:03à utiliser des solutions souveraines.
11:04Ça c'est quelque chose de très intéressant.
11:06On a aujourd'hui d'ailleurs sur le marché de l'emploi en Europe
11:08été capable de pouvoir faire des politiques incitatives
11:12poussant les entreprises à recruter des collaborateurs européens.
11:15On pourra faire la même chose pour les entreprises européennes
11:17en tout cas sur certains marchés.
11:18Il y a une partie qui est l'investissement.
11:20Attention là, on va arriver aux trois pages.
11:22On n'aura pas tout.
11:23On est bon, on est quasiment bon.
11:25Il y a une partie qui est sur l'investissement.
11:26On en a parlé énormément
11:27qui est l'investissement public dans des infrastructures européennes.
11:30Et l'Europe et la France ont fait des effets d'annonce importants.
11:32Puis il y a deux parties dernières qui me semblent importantes.
11:34Une première qui sont les data space
11:36capables de créer des espaces d'échange de données
11:38qui permettent à entreprises, startups et administrations européennes
11:41de travailler collectivement de manière sécurisée.
11:44Je dois mentionner Mathias Debieff
11:48qui a mené d'ailleurs un travail fondamental sur ce sujet
11:50et qui rencontrera bientôt l'Elysée pour en faire part.
11:52Et enfin, travailler le sujet de l'open source
11:54parce qu'en Europe, l'open source est une des manières
11:57de nous différencier des Américains.
11:58Il faut savoir qu'aujourd'hui,
11:59beaucoup des technologies américaines
12:01sont basées en partie sur de l'open source européen à la base.
12:04Et on n'a peut-être pas été assez forts à une époque
12:06pour être capables de nous protéger sur ces plans-là.
12:08Allez, réaction, Julien.
12:10Il y a beaucoup de choses à dire, énormément.
12:14Non, il y a un côté extrêmement intéressant dans ce rapport
12:17parce qu'il y a une mise à jour
12:18et puis il y a aussi une déclinaison de tout un tas d'outils
12:22qu'on pourrait mettre en place
12:24pour évidemment favoriser l'émergence d'un écosystème souverain
12:28qu'il soit européen ou français.
12:30Parce que parfois, il faut vraiment distinguer
12:32le bon niveau de souveraineté.
12:33Il est parfois européen,
12:34mais sur certains sujets extrêmement stratégiques
12:36et extrêmement sensibles, il peut être français.
12:38Mais malheureusement, c'est un énième rapport
12:42qui vient s'ajouter à des rapports qui s'accumulent
12:44depuis maintenant un peu plus de dix ans.
12:46D'ailleurs, beaucoup des préconisations du rapport
12:50ont déjà été débattues sur ce plateau.
12:52Le Small Business Act, par exemple.
12:54C'est même porté par le MEDEF.
12:56Ça fait très longtemps qu'il est porté.
12:57Et en fait, si j'avais juste une critique globale
12:59à faire sur le rapport,
13:00c'est qu'il y a un côté un peu Yaka Faucon
13:02qui est finalement,
13:04oui, on sait ce qui devrait être fait.
13:07On peut éventuellement discuter
13:09sur la hiérarchisation des mesures,
13:10sur le niveau d'intensité qu'on peut mettre
13:12sur certaines d'entre elles plutôt que sur d'autres.
13:14Évidemment, il y a des arbitrages à faire.
13:16Mais en fait, on sait ce qu'on doit faire
13:18pour construire un écosystème souverain
13:20sur le plan numérique, j'ai envie de dire,
13:22sur le plan économique.
13:23Mais la vérité, c'est qu'à chaque fois,
13:26on se heurte à un mur qui est le mur de la réalité.
13:28Et le mur de la réalité, il nous renvoie souvent
13:31à des impossibilités techniques
13:32ou à une absence de volonté, parfois politique,
13:34d'aller plus loin que ce qu'on fait
13:36déjà bien modestement à petits pas.
13:39Et le vrai problème, il est là.
13:41Moi, sur le plan de la régulation,
13:42je le discute à longueur d'année.
13:44Les outils de régulation sur la capacité
13:48des entreprises, notamment étrangères,
13:49à exercer un pouvoir de marché
13:51et à pouvoir capter les données
13:53et voire même à contourner parfois
13:55certains de nos outils de réglementation
13:57et notamment le RGPD,
13:58en vérité, ces outils, on les a,
14:01mais on peine à les faire appliquer
14:03dans toute la sévérité que nous permettent les textes.
14:06Donc on peut avoir les textes
14:08les mieux ficelés au monde,
14:09les mieux pensés au monde.
14:11On peut avoir derrière des études académiques,
14:13et je prends ma part là-dessus,
14:15pour designer les textes en mettant en place
14:17les bons mécanismes incitatifs,
14:19les bons niveaux de sanctions qui soient dissuasifs.
14:21Mais si derrière, on est dans l'incapacité
14:23ou l'absence de volonté de les faire appliquer,
14:25en vérité, on fait du sur place.
14:27Et le problème, il est là.
14:28On ne manque pas d'intelligence.
14:29L'intelligence, il y en a partout,
14:30dans les services de l'Etat,
14:31dans les administrations,
14:32dans les entreprises,
14:33dans le milieu académique.
14:34On sait à peu près ce qu'il faut faire.
14:35On peut se poser la question de savoir
14:37comment le faire,
14:38dans quelle temporalité le faire,
14:39mais ce qu'il faut faire,
14:40on sait à peu près quoi faire.
14:41La question, c'est est-ce qu'on est capable de le faire ?
14:42Et est-ce qu'on a vraiment envie de le faire ?
14:44Alors moi, j'ai assisté au sommet
14:45de la souveraineté technologique
14:46qui se tenait en janvier 2025
14:48au ministère de l'Economie et des Finances.
14:50Et en fait, ce qui m'a frappé,
14:52c'est qu'il y avait un travail important
14:54que vous avez fait de sensibilisation
14:56sur ces sujets de souveraineté
14:58et de découverte aussi des alternatives françaises.
15:01Et je pense qu'une des vertus de ce manifeste,
15:05c'est de l'avoir fait au sein de l'IMA,
15:07c'est-à-dire avec vraiment les grands acheteurs
15:09aujourd'hui de solutions IT,
15:11pour leur dire,
15:12il existe aujourd'hui des solutions souveraines
15:15et cette question de la souveraineté,
15:17désormais, ça doit être votre sujet aussi.
15:20Margarita ?
15:21J'allais justement aller dans ce sens
15:23et je suis tout à fait d'accord
15:24avec ce que disait Julien.
15:26Ce que je trouve, effectivement,
15:28c'est une très bonne chose d'avoir ce rapport
15:30et de sensibiliser justement les acheteurs
15:32parce que je pense que c'est ça qui manque.
15:33On ne connaît pas assez les alternatives
15:35autres que les géants américains.
15:37Je pense que c'est le sujet,
15:38et effectivement, là-dessus,
15:40il y a peu d'administrations,
15:41peu d'entreprises privées ou publiques
15:43qui connaissent les bonnes alternatives.
15:45Ou souvent mal, en se disant,
15:47au lieu d'en prendre un gros américain
15:48qui fait tout et je vais être tranquille,
15:50je vais prendre 5, 6 différents
15:52avec une gestion des coûts
15:53qui est juste un cauchemar
15:55ou une gestion de relations fournisseurs
15:57qui devient effectivement un sujet très complexe.
15:59Et je pense que c'est là
16:00où, effectivement, sont les enjeux.
16:01C'est se focaliser sur le fait
16:03de bien faire connaître les solutions,
16:04de bien montrer leur place, en fait,
16:06sur le marché et sensibiliser les acheteurs
16:08au fait, oui, ils sont souverains,
16:10oui, ils respectent les réglementations,
16:11oui, ils payent aussi leurs impôts en Europe.
16:14C'est quand même pas négligeable.
16:16Et en même temps,
16:17ils proposent la même qualité de service
16:19que celle qu'on peut trouver chez les gérants américains.
16:20Je pense que c'est là où se situe l'enjeu.
16:22Absolument.
16:23Donc je voulais mettre ça quand même en regard
16:25avec les choix qui ont été annoncés
16:27du côté de l'éducation nationale
16:28et de l'école polytechnique.
16:30Voilà, de travailler avec Microsoft.
16:32Bon, ça a amusé tout le monde,
16:36toute la planète.
16:37Pour autant, c'est ce choix qui a été fait.
16:39En fait, j'allais dire,
16:40je suis complètement d'accord
16:41avec ce que Julien a dit.
16:42Qu'est-ce qui s'est passé ?
16:43Il y a deux problématiques.
16:44Il y a une première problématique
16:45qui est sur les groupes publics,
16:47donc typiquement l'éducation nationale,
16:49où aujourd'hui,
16:50il y a quand même une solution par défaut,
16:52qui est souvent de travailler avec les GAFA.
16:54Donc là, l'évangélisation,
16:55je pense que c'est central.
16:56C'est d'être capable,
16:57même au niveau des administrations publiques
16:58qui pourtant portent des lois
16:59qui vont en défense de la souveraineté technologique,
17:01de leur rappeler le fait
17:02que c'est important qu'ils la défendent eux-mêmes.
17:03Ça, c'est une évidence.
17:04Néanmoins, on ne peut pas non plus
17:05pointer du doigt, toujours,
17:06parce qu'il y a aussi un aspect
17:07qui est important
17:08dans le cas de l'éducation nationale et polytechnique,
17:09c'est que la plupart des étudiants,
17:11des enseignants,
17:12utilisent déjà des technologies Microsoft.
17:14Donc il y avait aussi une logique
17:15qui était de se dire
17:16en fait, je vais donner un outil
17:18que tout le monde s'est déjà accaparé
17:19et où les gens sont à l'aise pour l'utiliser.
17:21Ça, c'est malheureusement une dimension
17:22qu'il nous faudra travailler.
17:23Oui, mais il faut leur mettre entre les mains
17:24justement des nouveaux outils.
17:25Alors moi, je trouve ça génial,
17:26le tweet d'Andy Yen,
17:28le fondateur de Proton,
17:29qui a dit
17:30moi, ce que je suis prêt à faire, en fait,
17:32c'est de vous donner la solution gratuitement.
17:35Parce que là, c'est l'avenir, en fait.
17:36C'est les jeunes polytechniciens,
17:38demain, c'est nos futurs cerveaux.
17:40Il faut qu'ils adoptent ces outils,
17:42ces outils souverains.
17:43Et Proton, c'est l'excellence quand même.
17:45Je vais dire en réponse à ce que vous disiez,
17:46parce que je suis complètement d'accord.
17:48Alors évidemment, il y a beaucoup de choses
17:49qui ont déjà été dites et redites.
17:51Il y a quand même des nouvelles idées
17:52sur la partie bonus des fiscalisations.
17:54Je pense qu'il y a des choses
17:55qui sont intéressantes.
17:56Mais le plus important,
17:57c'est l'évangélisation.
17:58C'est le fait qu'on réalise
17:59le contexte actuel géopolitique,
18:00qu'on réalise le fait
18:01qu'on a ce qui était avant un allié,
18:02et on se pose la question aujourd'hui
18:03de savoir si c'est un allié,
18:04qui peut demain nous couper accès aux GPU,
18:06qui peut demain nous couper accès peut-être
18:07de manière générale à notre cloud,
18:09et qui, dans une situation
18:10de guerre froide technologique,
18:12pourrait finalement nous empêcher de penser.
18:14Vous savez très bien que l'IA,
18:15on part vers, vous avez vu même UCI,
18:17on part vers de l'IA agentique
18:18à prendre l'IA décisionnelle.
18:20Donc la plupart de nos groupes
18:21utiliseront de l'IA pour réfléchir.
18:22Si demain, on nous coupe la réflexion,
18:24c'est comme si on perd l'IA
18:25de notre intelligence.
18:26Ce serait un problème stratégique majeur.
18:28Donc je pense que l'évangélisation
18:29au niveau de nos groupes,
18:30elle est centrale,
18:31et c'est le but de ce rapport,
18:32comme vous le disiez,
18:33c'est d'expliquer à l'ensemble
18:34des grands groupes français privés
18:35l'importance de prendre en compte
18:37le risque d'ingérence à 5 ans ou à 10 ans
18:40d'utiliser des technologies non européennes,
18:42et que si on est malheureusement
18:44dans une situation un peu compliquée
18:45avec les Américains demain,
18:46qu'ils soient capables de nous dire
18:47du jour au lendemain,
18:48bah écoutez, aujourd'hui,
18:49vous n'aurez plus d'intelligence.
18:50Voilà.
18:51Je fais juste un parallèle
18:52avec l'éducation nationale
18:53et le monde du travail,
18:54parce qu'on parlait des étudiants
18:55et des chercheurs.
18:56Ce qu'il faut avoir en tête,
18:57c'est que quand ils vont se retrouver
18:58dans des entreprises privées,
18:59ils vont travailler sur du Microsoft,
19:01ils vont travailler sur du Google,
19:02qui reste le seul concurrent
19:03avec Apple très présent.
19:05Oui, mais s'ils s'en dessinaient demain,
19:06ils peuvent décider.
19:07Exactement.
19:08La réflexion que je me faisais,
19:09c'est que si l'éducation
19:10est faite déjà à l'école
19:11sur des alternatives différentes,
19:13les professeurs, les étudiants,
19:15déjà, en fait,
19:16il y a la réflexion
19:17qui peut arriver petit à petit
19:18par effet boule de neige
19:19aussi dans les entreprises
19:20qui ont la même réflexion
19:21que les administrations
19:22ou l'éducation nationale,
19:24le tout-en-un, le plus simple
19:26et ce qui est connu par tout le monde
19:27parce qu'il n'y a pas besoin
19:28de réapprendre à tout le monde
19:29un nouvel outil.
19:30Alors, je voulais faire réagir
19:31l'économiste sur l'actualité
19:33autour d'Elon Musk.
19:34On a la valorisation de X
19:37qui est remontée
19:38à 44 milliards de dollars
19:40comme à l'époque de son achat.
19:42Enfin, en tout cas,
19:43la somme qu'il a mis sur la table.
19:44Et Tesla, à côté,
19:45qui dégringole.
19:46Alors, quoi ?
19:47On boycotte Elon Musk
19:48pour ses voitures
19:49mais pas pour son réseau social.
19:50Qu'est-ce qui se passe ?
19:51Il y a un fond de vérité
19:52dans ce que tu viens de dire Delphine.
19:53Après, on aurait tort
19:54de vraiment lier les deux sujets.
19:56Il y a le sujet X
19:57et le sujet Tesla.
19:58Sur X,
19:59il y a un retour des annonceurs.
20:01Et évidemment,
20:02sur un réseau social,
20:03la présence des annonceurs,
20:04c'est un kérosène
20:06pour la valorisation.
20:07Pourtant, on avait parié
20:09justement sur une fuite
20:10des annonceurs
20:11du fait de la tournure politique
20:12que prenait X.
20:13Elle a eu lieu.
20:14Elle a eu lieu à un moment donné
20:15mais les annonceurs reviennent
20:17à la fois parce qu'effectivement,
20:18il s'agit de montrer
20:19un petit peu de patte blanche
20:20vis-à-vis de l'administration
20:22Donald Trump.
20:23C'est ça.
20:24Donc la situation politique
20:25a influencé, vous pensez ?
20:26Bien sûr.
20:27Mais il y a aussi
20:28une autre vérité
20:29qui est peut-être un peu moins avouable,
20:30c'est que X fonctionne très bien.
20:31En vérité, en termes d'impact
20:33et surtout en termes de capacité
20:35à faire infuser des messages
20:37à portée commerciale.
20:38On a des acheteurs moyens sur X
20:41qui sont plutôt actifs
20:43et qui aujourd'hui, en fait,
20:45consomment du contenu sur X
20:47mais consomment également
20:48du contenu à portée publicitaire
20:50ou sponsorisé.
20:51Et derrière, ça doit se traduire
20:52par des actes d'achat.
20:53En tout cas, il y a des annonceurs
20:55qui font ce pari-là.
20:56Et tout simplement parce que X,
20:58aujourd'hui, est un réseau
20:59qui, au niveau global,
21:00fonctionne plutôt pas mal.
21:01Après, il y aura
21:02des divergences pays par pays.
21:03Mais en vérité,
21:05c'est à peu près ce qui se passe.
21:06Par contre, il y a Tesla
21:07de l'autre côté.
21:08Alors juste sur X,
21:09il y a peut-être aussi autre chose.
21:10C'est quand même le XAI Group
21:13qui devient un argument,
21:15je veux dire,
21:16pour les financiers important
21:17puisque X devient
21:18une plateforme d'entraînement
21:19finalement du modèle d'IA
21:20d'Elon Musk.
21:21En fait, elle a toujours été
21:22perçue comme telle.
21:24D'ailleurs, Musk l'a racheté
21:25en partie pour cela.
21:27Ce qui a changé,
21:28c'est deux choses.
21:29C'est qu'avant,
21:30c'était une plateforme d'entraînement
21:31pour les IA tierces.
21:32Aujourd'hui, c'est toujours possible
21:33mais il faut payer les droits
21:35de pluguer des API dessus.
21:36Et évidemment,
21:37c'est extrêmement onéreux.
21:38Donc beaucoup, beaucoup
21:39de concurrents de X
21:40n'ont pas envie de renforcer
21:42l'écosystème d'Elon Musk
21:43et donc essaient de se passer
21:44des données sur Twitter.
21:45Mais il reste que
21:49il y a un gros avantage
21:50concurrentiel sur X
21:52parce qu'une grosse partie
21:54des données extrêmement qualifiées
21:56transitent par X.
21:58Et le fait est qu'aujourd'hui,
21:59effectivement,
22:00il y a des investisseurs
22:02qui prennent conscience
22:04du fait que XAI
22:06a la capacité quasi exclusive
22:08de pouvoir bénéficier
22:10de ces données extrêmement qualifiées
22:11qui transitent par son réseau.
22:13Et il y en a certains
22:14qui laissent à penser
22:16que cet avantage concurrentiel
22:17devrait faire de XAI
22:18probablement le LLM
22:19le plus performant
22:20à moyen terme.
22:21Donc les investisseurs
22:22valorisent cela
22:23et il n'est pas illogique
22:25de voir la valorisation
22:26de X flamber.
22:27Si je reviens sur les annonceurs,
22:28vous voulez faire une réaction
22:29peut-être là-dessus ?
22:30X, c'est une plateforme
22:32fréquentable aujourd'hui
22:33pour les Européens,
22:34par exemple les marques européennes ?
22:35Je ne pense pas.
22:36Je ne pense pas.
22:37Mais ce qui est très intéressant
22:38avec X,
22:39c'est que c'est de la donnée live.
22:40Parce que comme vous le dites,
22:41c'est des gens
22:42qui commentent en direct.
22:43Donc Grok a la capacité
22:44et XAI a la capacité
22:46d'accéder à de la donnée
22:47à laquelle peut-être en effet
22:48Meta aujourd'hui ou OpenAI
22:50n'ont pas capacité d'accès.
22:51Et la deuxième chose,
22:52c'est qu'il a quand même
22:53réformé complètement X
22:54aussi en matière de business model.
22:55Il y a un niveau d'engagement
22:56qui a grandement augmenté.
22:57Aujourd'hui, il a mis du paiement
22:58à l'intérieur.
22:59Il a mis des vidéos longues.
23:00Donc il a restructuré la plateforme
23:01que ce ne soit plus
23:02seulement une plateforme de blogging
23:03mais qu'il soit une plateforme
23:04complète, adaptée.
23:05Tesla, vous parliez de Tesla.
23:06Le problème en face de Tesla,
23:07c'est qu'il a promis
23:08le full self-driving
23:09depuis 10 ans.
23:10Aujourd'hui, on sait
23:11que c'est très compliqué
23:12à mettre en place.
23:13Et donc, les annonceurs
23:14et je pense d'ailleurs
23:15les investisseurs
23:16préfèrent parier sur
23:17un truc scalable
23:18qui est de l'IA
23:19plutôt que parier
23:20sur quelque chose
23:21qui a un capex énorme
23:22qui est de l'automobile
23:23et sans la promesse
23:24qui était à la base
23:25de créer des voitures autonomes.
23:26Margarita ?
23:27Moi, je voudrais souligner
23:28un paradoxe
23:29qui est quand même
23:30de voir de gros annonceurs
23:31revenir qui, je pense aussi
23:32par allégeance
23:33à l'administration Trump
23:34font ce pas-là
23:35vers Elon Musk,
23:36typiquement des Disney,
23:37des Amazon
23:38qui ont augmenté
23:40ou Apple
23:41qui ont augmenté
23:42énormément leurs investissements.
23:43Ces annonceurs-là
23:44qu'on rencontre
23:45sur des sites éditeurs premium
23:46notamment,
23:47et des Français et Américains
23:48sur lesquels ils sont
23:49intransigeants
23:50sur la bande safety
23:51c'est-à-dire là
23:52où se trouve leur marque,
23:53le contenu autour.
23:54Ils refusent tout
23:55ce qui est politique,
23:56tout ce qui touche
23:57à des fake news, etc.
23:58Ils sont extrêmement
23:59exigeants dessus.
24:00Et de l'autre côté,
24:01ils sont sur X
24:02sans avoir du tout
24:03ces contraintes-là
24:04qu'ils imposent
24:05aux éditeurs premium
24:06qui, eux, travaillent
24:07dans un mode plutôt démocratique
24:08à la différence
24:09de ce qu'on voit sur X.
24:10Ça, c'est un des paradoxes
24:11que je voulais souligner
24:12qui est quand même
24:13assez impressionnant.
24:14Et la deuxième chose,
24:15je voulais rebondir
24:16sur ce qu'elle disait Julien.
24:17Vous la refaites remarquer,
24:18j'imagine.
24:19Non mais c'est génial,
24:20c'est de la réelle économie.
24:21C'est vraiment très intéressant.
24:22Exactement, c'est la dualité
24:23entre les comportements
24:24des mêmes annonceurs
24:25et des mêmes décideurs.
24:26Et la deuxième remarque
24:27que je voulais faire,
24:28c'était sur ce qu'elle disait
24:29Julien sur X
24:30et la publicité.
24:32Effectivement,
24:33il y a quelque chose sur X
24:34qu'on n'a pas
24:36de B2B,
24:37qui est une des cibles
24:38les plus complexes
24:39à toucher en publicité
24:40et à faire transformer.
24:41Et l'avantage de X,
24:42il est là,
24:43il n'est pas tellement
24:44sur le B2C,
24:45c'est-à-dire le consommateur
24:46qu'on peut trouver ailleurs aussi,
24:47il est beaucoup sur les décideurs.
24:48Et ça, ça lui donne
24:49effectivement une puissance
24:51plus l'IA dont on a parlé
24:53et tout le reste
24:54qui, pour les investisseurs,
24:55est très intéressant.
24:56Sur Tesla, Julien ?
24:57Non, sur Tesla,
24:58Olivier en a un petit peu parlé.
24:59Christophe.
25:00Christophe, pardon.
25:01Je suis désolé.
25:03Je disais,
25:04tout ce que tu as dit
25:05est frappé du saut du bon sens.
25:07Il y a une chose
25:08à rajouter en complément,
25:09c'est qu'Elon Musk
25:11est aussi dispersé
25:13dans ses annonces.
25:14Parce qu'autant
25:15sur la partie
25:16self-driving,
25:17il y a quand même fort à parier
25:18que si un jour
25:19une solution technologique
25:20venait à s'imposer
25:21comme standard,
25:22Tesla fait partie
25:23des entreprises
25:24qui devraient être
25:25parmi les grands élus
25:26parce qu'ils ont des technologies
25:27qui sont plutôt en avance
25:29en la matière
25:30et la capacité
25:31de pouvoir les déployer.
25:32Mais en revanche,
25:33il s'est beaucoup éparpillé,
25:35notamment en présentant
25:36les robots Optimus,
25:37ce genre de choses.
25:38Et d'un point de vue d'un investisseur,
25:40il y a une promesse de valeur
25:42qui est moins lisible.
25:43Donc un risque
25:44qui est peut-être augmenté.
25:45Donc on désinvestit
25:46un peu sur Tesla,
25:47surtout qu'en ce moment,
25:48il y a aussi un bad buzz
25:49qui se crée autour
25:50de la personnalité d'Elon Musk
25:51et des Tesla
25:52qui sont vandalisés
25:53à des fins d'affichage politique.
25:56Donc voilà,
25:57le fait est que
25:58peut-être que Tesla,
25:59on y reviendra
26:00un petit peu plus tard,
26:01mais quand ce sera
26:02un peu plus lisible,
26:03un peu moins risqué
26:04et pendant ce temps-là,
26:05on va réinvestir
26:06sur des valeurs
26:07qui nous semblent plus intéressantes
26:08à augmenter.
26:09Il y a une concurrence chinoise
26:10extrêmement forte aussi
26:11avec des acteurs chinois
26:12qui font la même chose que lui
26:13pour beaucoup moins cher.
26:14Ce qui forcément
26:15est très problématique
26:16parce qu'autant on se dit
26:17qu'on ne va pas utiliser
26:18de l'IA chinoise,
26:19autant des voitures chinoises,
26:20pourquoi pas ?
26:21Oui, parce que je pense
26:22que le phénomène du boycott,
26:23c'est anecdotique
26:24pour les investisseurs,
26:25il me semble.
26:26À mon avis,
26:27c'est le marché
26:28de l'automobile
26:29et du self-driving
26:30qui montrent
26:31que ces choses
26:32sont plus compliquées.
26:33Donald Trump pense
26:34l'inverse que vous
26:35puisque la raison
26:36pour laquelle
26:37il a fait ce show
26:38avec Tesla,
26:39c'est qu'il pensait
26:40qu'il allait impacter
26:41les investisseurs
26:42et en effet,
26:43il n'a pas impacté
26:44les investisseurs.
26:45Et on a aussi
26:46le cours de bourse
26:47qui a grimpé
26:48au moment de l'élection
26:49de Donald Trump
26:50justement pour cette raison-là
26:51parce que tout le monde pensait
26:52que Tesla allait avoir
26:53l'autorisation très rapidement
26:54des voitures autonomes
26:55sans chauffeur
26:56et ça l'a fait attendre
26:57donc le niveau de bourse
26:58aussi prend en compte
26:59ces risques
27:00et on voit que ça ne va pas
27:01être si simple que ça
27:02corrige-moi Julien
27:03mais il y a le sujet
27:04de la rémunération aussi
27:05effectivement
27:06et les promesses
27:07qu'Elon Musk a fait
27:08sur les Tesla
27:09qui finalement
27:10sur les derniers modèles
27:11ne se sont pas concrétisés
27:12du tout,
27:13ont été plutôt déceptifs.
27:14On a vu quand même
27:15que les Chinois
27:16ne les aiment pas tant que ça
27:17donc finalement ça a fait
27:18deux gros marchés
27:19qui sont l'Europe et la Chine
27:20qui ont quasiment perdu
27:21de mémoire
27:22moins 49%
27:23en termes de ventes
27:24donc ça a un impact
27:25assez important aussi
27:26sur le côté investisseur.
27:27Il y a même pire que ça
27:28c'est qu'on est face
27:29à un business
27:30qui est industriel
27:31par essence
27:32et Elon Musk
27:33pour pouvoir
27:34quelque part rentabiliser
27:35et donner des gages
27:36de rentabilité
27:37à ses investisseurs
27:38a voulu faire du volume
27:39pour faire du volume
27:40il a fallu qu'il descende
27:41progressivement en gamme
27:42et qu'il fasse des Tesla
27:43de moins en moins
27:44onéreuses
27:45au niveau des coûts
27:46de production
27:47et de plus en plus
27:48accessibles au niveau
27:49des prix de vente
27:50mais ça cassait un petit peu
27:51l'image de Tesla
27:52l'image premium
27:53le symbole aussi
27:54qu'on pouvait
27:55quelque part
27:56se payer
27:57lorsqu'on pouvait
27:58se payer une Tesla
27:59quand on voyait
28:00une Tesla aujourd'hui
28:01ça devient quasiment
28:02un lieu commun
28:03en fait
28:04et donc
28:05qu'est-ce qui reste
28:06aux premiers investisseurs
28:07aux premiers acheteurs
28:08de Tesla
28:09quand n'importe qui
28:10peut conduire une Tesla
28:11donc d'un côté
28:12Elon Musk a été poussé
28:13à une descente en gamme
28:14à rechercher
28:15des économies d'échelle
28:16des synergies
28:17pour baisser les coûts
28:18et de l'autre
28:19il a rendu sa voiture
28:20accessible à tout le monde
28:21et peut-être qu'elle est
28:22moins valorisable
28:23qu'une voiture électrique
28:24alors que Donald Trump
28:25pousse le drill
28:26baby drill
28:27donc c'est très particulier
28:28Elon Musk
28:29c'est allié avec quelqu'un
28:30qui en fait
28:31est en train d'expliquer
28:32que la voiture électrique
28:33n'est pas si importante que ça
28:34et qu'on peut rouler
28:35avec une voiture
28:36avec de l'effet
28:37pas facile cette vie de couple
28:38merci beaucoup
28:39à tous les trois
28:40merci Christophe Grosbeau
28:41Julien Pillot
28:42et Margarita Zlatkova
28:43d'avoir été avec moi
28:44dans ce Smartech
28:45dans ce grand débrief
28:46de l'ActuTech
28:47je vous dis à très vite
28:48sur Bsmart for Change