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Le parquet de Paris a requis une peine de 18 mois de prison avec un sursis probatoire de 3 ans contre Gérard Depardieu, jugé pour "agressions sexuelles". Le procureur a également demandé 20.000 euros d'amende, une obligation de soins psychologique, et l'inscription de l'acteur au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.

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00:00Écoutez, le parquet réclame 18 mois de prison avec sursis probatoires de 3 ans et 20 000 euros d'amende ainsi qu'une obligation de suivi psychologique.
00:09Sur l'équiditoire, vous avez raison, ça a duré à peu près 1h, 1h, 1h10 et d'abord, en commençant, le procureur, le ministère public s'est d'abord adressé à la Défense
00:18en jugeant son comportement, le comportement que la Défense a eu pendant ces 4 jours d'audience qui l'a, selon lui, saturé l'espace des débats.
00:25Et puis, il a rappelé que Gérard Depardieu était un prévenu, si je puis dire, comme les autres et si je tourne la tête, c'est pour voir si Gérard Depardieu va sortir
00:33et vous le voyez sur les images, Hachelet, Gérard Depardieu qui sort accompagné de son garde du corps, accompagné de Maître Assous.
00:38Gérard Depardieu, M. Depardieu, une réaction ?
00:42Pas de réaction, donc, de Gérard Depardieu. Le parquet, je le rappelle, cette information, donc, qui réclame 18 mois de prison avec sursis, pardon, avec 20 000 euros d'amende.
00:54On va donc, maintenant, attendre les réactions des avocats des partis civils et de l'avocat, donc, de la Défense.
01:00Et on les écoutera, évidemment, s'ils viennent à votre micro, Alizé Boissin. Pauline Renard, pas de réaction de l'avocat pourtant prolixe de Gérard Depardieu.
01:10Ses réquisitions, elles sont sévères ou pas ?
01:13Elles sont mesurées. C'est pas très sévère. On rappelle qu'il risquait jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. Il est condamné à 18 mois de prison avec un sursis.
01:21Il est pas condamné. Il pourrait être condamné.
01:23Il pourrait être condamné. Il a été requis 18 mois de prison, merci, avec sursis, 20 000 euros d'amende, une inscription au fichier des délinquants sexuels.
01:31Donc, c'est une peine requise qui est mesurée et elle pouvait aller beaucoup plus loin.
01:36On parle de deux agressions sexuelles présumées, l'une sur la personne d'Amélie, l'autre sur la personne de Sarah.
01:43C'est un prénom d'emprunt. Vous vous souvenez de ces deux agressions sexuelles dénoncées sur le tournage des volets verts
01:50qui a eu lieu à l'été 2021 dans un appartement parisien.
01:54Je rappelle les mots de l'avocat général qui dit Gérard Depardieu était peut-être trop près du précipice.
01:59Maintenant, il a un mouvement de recul. C'est un point de bascule et c'est le moment.
02:04C'est le moment de le condamner, pense l'avocat général. C'est la raison pour laquelle il réclame 18 mois de prison avec un sursis probatoire, je le rappelle, de 3 ans, 20 000 euros d'amende.
02:13Et on va écouter l'avocat de Gérard Depardieu.
02:16C'est-à-dire une démonstration émanant du ministère public qui aboutisse à un résultat, c'est-à-dire qu'on puisse à l'écoute de ces réquisitions se faire une religion sur la culpabilité ou non de Gérard Depardieu.
02:39Malheureusement, je n'ai pas assisté à ça. J'ai assisté à du vent, un grand courant d'air, des grandes généralités, aucune précision, esquivant volontairement.
02:51Mais c'était un exercice très difficile pour le monsieur le procureur de la République, c'est-à-dire que contraint de ne pas citer tous les éléments qui ont surgi des débats, il ne lui restait plus grand-chose.
03:07Donc on est resté dans quelque chose de très vague, d'imprécis, et toujours cette phrase de « il faut croire les personnes qui se plaignent », puisque si elles se plaignent, c'est qu'il s'est passé quelque chose avec toujours cette question « pourquoi mentirait-elle ? ».
03:25C'est-à-dire que ce n'est plus de la justice, c'est de la psychologie. Enfin, je crois que ça relèverait plutôt pour certaines de la psychiatrie. Et donc c'est quelque chose de... Oui, je vous dis, de vague, d'imprécis.
03:44— Il y a eu quand même un... — Oui, oui, mais bien évidemment. Mais là, il va y avoir une plaidoirie en défense. Donc il va y avoir une réponse. Sauf que cette réponse, et vous y assisterez, sera structurée, construite, et citera l'intégralité des pièces, même les pièces qui ont été présentées comme étant à charge.
04:08Et on pourra démontrer que ce qui a été présenté comme à charge ne l'est pas, et qu'après analyse, ce sont des pièces qui soit sont neutres, soit sont à décharge. Donc il n'y a pas de... C'est vraiment l'exercice normal, le déroulement normal d'un procès.
04:27Là, on aurait pu, au vu des éléments du dossier, s'attendre à ce que le ministère public ait le courage de requérir la relaxe ou de s'en rapporter. Maintenant, il y a une telle pression sociale, il y a une telle pression médiatique, et puis de certaines associations que là, il y a eu en effet une réquisition de condamnation, mais sans aucune conviction, sans force et sans aucune démonstration.
04:54— C'est-à-dire quoi, ça relève de la psychiatrie, pour certains ?
04:57— Ben, moi, je pense que quand vous êtes pris à défaut à une ou deux ou trois reprises et que vous êtes une personne qui est accusée à une, deux, trois, quatre reprises d'être agressée sexuellement alors que vous ne le prouvez pas, alors qu'il n'y a rien qui le démontre, je crois qu'il y a un problème.
05:18Si vous n'en voyez pas, donc tac. Moi, je considère qu'une personne qui accuse deux, trois, quatre hommes de l'avoir agressée sexuellement sans jamais le démontrer, sans jamais le prouver, sans jamais obtenir la moindre condamnation, c'est quelqu'un qui a un problème. C'est mon opinion. Je vous laisse avoir le vôtre.
05:35— Les partis civils, c'est exactement la même chose.
05:41C'est-à-dire qu'on a assisté à deux heures ou trois heures de plaidoiries qui n'étaient qu'invectives, vulgarité, indécence, mais toujours avec la même chose.
05:57C'est-à-dire aucune démonstration, pas de droit, pas de citation de cote, enfin de procès-verbaux de manière précise et pour, à la fin, demander 30 000 €, 40 000 €, 20 000 € de frais d'avocat pour l'une des parties civiles.
06:13Donc voyez-vous, c'est un peu comme ce qui a été souligné en disant « Vous vous rendez compte ? L'avocat de la Défense a osé donner le nom des plaignantes alors qu'elle voulait garder l'anonymat ».
06:27Écoutez, je vous invite à regarder de nouveau vos enregistrements. Les partis civils passent leur vie devant la télé. Elles sont sur le parvis. Elles sont toutes souriantes, très heureuses d'avoir ce mur de caméra devant elles.
06:39Donc écoutez, c'est juste ridicule. C'est-à-dire que là, ce procès, grâce à la présidente du tribunal et au président de la 10e chambre, on a pu prendre le temps.
06:51Et donc on a pu voir comment... On a pu démontrer que tout ce qui était des invectives, des accusations, des affirmations ne reposait sur rien.
07:04Donc oui, là, c'est le moment où... C'est le jeu, j'allais vous dire. Elles doivent soutenir ce qui leur reste de soutenable. Donc comme elles n'ont rien, elles sont dans l'injure, la grossièreté, la vulgarité.
07:18Écoutez, je vous avoue que je m'en remettrai.
07:23Jérémy Assous, l'avocat de Gérard Depardieu qui réagit à ce réquisitoire, il est lui-même en train de faire un réquisitoire, Jérémy Assous, en ce qui concerne les deux femmes qui accusent Gérard Depardieu d'agressions sexuelles.
07:41Ça relève pour certaines de la psychiatrie, dit-il.
07:44Ce sont des mots extrêmement durs prononcés par l'avocat de Gérard Depardieu à l'instant. Et il épingle aussi les plaidoiries de ses consoeurs qui défendent ces deux femmes, qui défendent Amélie et Sarah.
07:54Deux-trois heures de plaidoiries, dit-il, qui n'ont été qu'invectives, vulgarité et indécence. Il n'y a pas eu de code cité. Et puis on a eu, dit-il, un réquisitoire un peu à la louche.
08:0610, 15, 20 000 euros d'amende, dit-il. On le rappelle, des réquisitions qui sont, somme toute, mesurées. 18 mois de prison avec sursis probatoires de 3 ans, 20 000 euros d'amende, obligation de soins et d'indemnisation des parties civiles.
08:19Il risquait jusqu'à 5 ans ?
08:21Voilà, il risquait jusqu'à 5 ans de prison, mais lui, on peut dire que côté défense, il ne fait pas non plus dans la mesure. Avec les mots qu'il choisit, il parle d'un grand courant d'air, il parle de vent.
08:30Pour parler du réquisitoire, c'est assez violent.
08:32Il va plaider cet après-midi ?
08:34Oui, l'avocat de Gérard Depardieu, qui n'est pas encore condamné.
08:40Vincent Ventillem, néanmoins, quand il y a eu ces réquisitions, vous étiez à l'intérieur de la salle, vous aviez l'acteur en visu. Comment a-t-il réagi ?
08:50Un peu comme il a réagi tout au cours de la matinée, c'est-à-dire en restant serein, sans véritablement bouger sur le cube sur lequel il est installé avec son avocat derrière.
09:02Il se retournait vers lui. Ils ont discuté quelques minutes. Gérard Depardieu souriait.
09:06Ce qu'on peut dire, c'est que le ton employé par le procureur qui était à l'autre bout du prétoire était assez faible.
09:11Gérard Depardieu a plusieurs reprises indiqué qu'il avait des problèmes d'audition. Il n'est pas exclu qu'il n'ait pas entendu la totalité de ce réquisitoire.
09:18C'est pourquoi son avocat a dû lui expliquer aussi les peines qui avaient été requises à son encontre.
09:22Ce sera à son tour, cet après-midi, à Jérémy Assouz de plaider, de plaider de la relax pour son client parce que c'est ce qu'il réclame, vous l'avez dit.
09:29Ce réquisitoire, il est somme toute mesuré de la part du parquet.
09:3318 mois de prison avec un sursis probatoire de 3 ans parce que pour le procureur, les faits sont caractérisés par une chose toute simple,
09:41la cohérence, la constance des déclarations des deux plaignantes, Sarah et Amélie, qu'il a opposées aux versions divergentes de Gérard Depardieu,
09:50versions qui ont changé entre la garde à vue et l'audience de mardi puisqu'il a changé de version.
09:56Et puis, le procureur de la République a estimé que Gérard Depardieu était au bord du précipice, qu'il s'était peut-être rendu compte qu'il était allé trop loin,
10:04mais qu'il était trop tard. Il a fait ce mouvement de recul, mais pour lui, il est trop tard et il faut punir ce comportement, punir avec cette peine.
10:10Donc, de 18 mois de prison avec un sursis probatoire de 3 ans et surtout cette obligation de soins.
10:16Vincent Ventighem, Gérard Depardieu qui a répondu il y a quelques instants à notre micro, je vais me reposer, dit-il.
10:23On va écouter les avocates des partis civils.
10:27Qu'est-ce que vous pensez déjà de ce réquisitoire ?
10:33Je crois que le réquisitoire a fait la démonstration de la culpabilité de M. Depardieu.
10:38C'est un réquisitoire qui a été relativement long, qui a repris en détail les éléments de preuve de chacun des dossiers et qui était parfaitement étayé.
10:47Quant à la peine, je ne me prononce pas. Nous sommes partis civils et nous n'avons pas à nous prononcer sur les réquisitions en ce qui concerne la peine.
10:55Après de l'avocat de Gérard Depardieu qui a dit qu'il prenait plaisir avec nous dans le micro, on a entendu des notes de série, etc.
11:01Qu'est-ce que vous pensez de ce procès en termes de sexisme ?
11:05Ah ben là, on a atteint l'apogée. Vous venez d'entendre une litanie d'arguments plus misogynes les uns que les autres.
11:14Sur les caméras, moi je suis dans le dossier depuis des mois. Certains journalistes le connaissaient, je me suis toujours tenue à distance.
11:23Ça va être compliqué quand même comme argument. Là, on vient d'entendre des trucs...
11:28On va dire que c'est une blague. On peut lui retourner parce que le premier qui dénonce le tribunal médiatique est le premier à l'entretenir.
11:36C'est un avocat qui, à chaque pause, se rue sur les caméras. On le voit tout le temps être en train de filmer.
11:43Plaidez le dossier devant vos caméras, vous donnez des éléments de preuve, mais sans vous remettre le dossier d'enquête.
11:50Pour moi, c'est un aveu de faiblesse en soi. Parce qu'un dossier, ça se plaide dans l'enceinte judiciaire.
11:56Moi, je ne vais pas vous développer les éléments de preuve présentement que l'on a dans ce dossier-là.
12:01Ce n'est pas l'objet devant les médias. Et justement, s'il le fait, c'est parce qu'il est très mal à l'aise à l'intérieur du tribunal.
12:09Est-ce que vous pouvez nous rappeler, en quelques mots, les histoires d'excès ? Qu'est-ce qu'il y a ?
12:19Ce sont des faits d'agressions sexuelles qui ont été commis en septembre 2021 sur un tournage à l'égard de deux techniciennes
12:27qui étaient en situation hiérarchique inférieure, bien inférieure, évidemment, à M. Depardieu, qui est quand même le géant du cinéma français.
12:35Et il a fait des attouchements sexuels sur ces femmes-là. Mais ce n'est pas la première fois qu'il y a eu des actes qui ont été dénoncés.
12:42Il y a eu des actes qui ont été dénoncés également à l'encontre d'autres techniciennes.
12:46Et ce que l'on peut relever, c'est que ce sont toujours sur des petites mains du cinéma.
12:51Il y a un rapport hiérarchique, un rapport de toute puissance, en fait, un effet de toute puissance, de domination de M. Depardieu sur ces femmes-là.
13:02Et donc elles ont dénoncé. Ce qui est important, c'est qu'elles ont dénoncé l'effet immédiatement.
13:07Et on a un certain nombre de preuves qui en découlent et qui sont vraiment probantes. Ça prouve l'effet.

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