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00:00Europe 1, 11h, 13h, Pascal Praud et vous.
00:07Géraldine Hamon bien sûr avec nous, Laurent Tessier évidemment avec nous, Fabrice Laffitte à la réalisation.
00:13Bonjour.
00:13Bonjour, Olivier Wigenec et Alexandre Marre sont là.
00:16Et nous sommes avec qui ? Est-ce que nous sommes avec Frédéric Michel peut-être ?
00:20Stéphane Burriat.
00:21Stéphane Burriat, correspondant d'Europe 1 et qui a suivi évidemment cette conférence de presse.
00:26Bonjour Stéphane.
00:27Bonjour Pascal, bonjour à tous.
00:29On va essayer de décrypter cette conférence de presse du procureur.
00:32Je ne peux m'empêcher de penser que le procureur avait d'autres dessins en faisant venir ces quatre personnes
00:42et que cet autre dessin était évidemment de conclure positivement son enquête telle qu'il l'imaginait,
00:50telle que les enquêteurs pouvaient l'imaginer,
00:52à savoir que l'un des quatre soit mis en examen pour homicide volontaire ou homicide involontaire que sais-je.
01:02J'ai quand même le sentiment avec cette conférence de presse que manifestement ils n'ont pas atteint leur objectif.
01:12Bon, je remarque également qu'il reste quelques heures de garde à vue Stéphane Burriat,
01:17ce qui est assez classique dans ces cas-là.
01:20C'est-à-dire qu'on n'a pas épuisé la garde à vue, je ne sais pas combien d'heures il reste d'ailleurs,
01:24mais on n'est pas allé au-delà des 48 heures parce qu'on veut se garder la possibilité de réentendre un ou ces quatre personnes-là.
01:34Donc si je voulais synthétiser, je dirais que les quatre personnes qui ont été entendues,
01:40à mon sens, dans l'esprit du procureur et peut-être des enquêteurs, ne sont pas lavées de tout soupçon.
01:49Est-ce que vous partagez cette analyse ?
01:52Le procureur a été très prudent, je vais l'être aussi, effectivement, dans ce qu'on peut décrypter de cette conférence de presse.
02:00Les éléments qui étaient les leurs aux enquêteurs étaient insuffisants pour décider du moindre contrôle judiciaire,
02:07de la moindre mise en examen ou placement sous témoin assisté.
02:12La piste familiale n'est pas fermée, même si à ce jour on arrête là la garde à vue,
02:19il le dit bien, on n'abandonne pas totalement cette piste familiale qui continue d'être explorée.
02:25Il se justifie pourquoi ils sont partis sur cette piste, tout simplement puisque les analyses ont parlé,
02:33les analyses des eaux, les analyses des vêtements qui ont été retrouvées du petit Émile,
02:38et on écarte la thèse selon laquelle l'enfant serait parti et se serait perdu seul en forêt.
02:44Pourquoi ? Parce que déjà le crâne révèle des traces d'un traumatisme crânien assez violent,
02:51et puis dans un autre temps, les vêtements qui ont été analysés, le crâne permettent d'écarter certaines pistes.
02:59Tout d'abord, le corps n'a pas été enfoui, le corps n'était pas présent à l'endroit où cette randonneuse l'a retrouvé depuis le début.
03:06Ce corps a pu être stocké quelque part, donc ils s'intéressent à une piste criminelle.
03:11Et dans cette optique, ils ont voulu cibler ceux qui auraient vu le petit Émile vivant en dernier,
03:18à savoir ce cercle familial, c'est pourquoi ils se sont vraiment orientés sur cette piste.
03:22Alors parmi les informations qu'on a apprises de la bouche du procureur, il y a celle-ci quand même qui est décisive,
03:29les vêtements et les ossements ont été transportés et déposés peu de temps avant leur découverte.
03:37Ça c'est quelque chose qui est tangible, et évidemment par définition on ne sait pas qui a déposé ces vêtements et ces ossements.
03:48Mais on voit d'ailleurs, parce qu'on pense beaucoup à l'affaire Grégory dans cette affaire du petit Émile,
03:54on voit les progrès de la police scientifique qui permet aujourd'hui d'avoir des éléments qui n'existaient pas il y a 40 ans.
04:03L'autre information, moi j'ai l'impression que c'est quasiment l'information d'ailleurs qui a été donnée,
04:09qui permet, en tout cas c'est le lac qui ne souffre d'aucune contestation.
04:16Pardonnez-moi, j'ai un chat dans la gorge, qui ne souffre d'aucune contestation.
04:21En revanche, il y a une deuxième chose que j'ai retenue, la question a été posée sur l'homicide volontaire.
04:27Et le procureur a dit, à ce stade je ne peux pas affirmer qu'il s'agisse d'un homicide volontaire,
04:34et je laisse la possibilité d'un homicide involontaire, mais on a voulu ouvrir au plus haut,
04:40c'est ce qui est dit souvent dans le langage judiciaire. Stéphane Burgatt.
04:44Exactement, de toute façon sur les pistes scientifiques, médico-légales, il nous parle d'un traumatisme facial violent.
04:53Les origines peuvent être multiples, donc effectivement il y a plusieurs pistes à explorer.
04:59Vous parlez des progrès de la police scientifique et des recherches.
05:04Il a quand même souligné également que lors des perquisitions on a saisi le véhicule du grand-père,
05:11on a saisi aussi la caravane de transport de ces deux poneys qui ont été analysés.
05:17Ces analyses ne sont pas terminées, elles peuvent révéler des éléments encore.
05:20C'est pourquoi il ne ferme pas totalement cette porte non plus.
05:22C'est le sentiment effectivement qu'on a.
05:25Ce que je disais tout à l'heure, il y a une forme de déception peut-être qu'on peut entendre dans la bouche du procureur,
05:33parce qu'aujourd'hui ces gardes à vue n'ont pas révélé la vérité.
05:39Mais j'ai le sentiment que ces quatre personnes, c'est ce que je disais tout à l'heure,
05:43tous les soupçons, des soupçons en tout cas, peuvent encore peser sur eux.
05:49Que dire encore ? Vous n'avez pas croisé ces quatre personnes lorsqu'elles sont gardées à vue ?
05:56Elles ne s'en sont pas exprimées ? On imagine quand même la difficulté.
06:00C'est pas rien une garde à vue lorsqu'on n'est pas habitué.
06:03Difficulté psychologique, difficulté également matérielle.
06:06Est-ce que ces personnes sont sorties d'une manière discrète ou est-ce qu'elles ont rencontré la presse ?
06:13Non, personne ne les a vues. Ils ont pu sortir par des endroits discrets.
06:19Pour ceux qui étaient en tout cas attendus à la caserne de Nadieu à Marseille, c'est un site assez vaste.
06:24Ils ont pu prendre une sortie discrète. Seuls les avocats sont venus à la rencontre de la presse.
06:29On rappelle que c'est une famille qui est toujours quand même restée discrète et assez méfiante vis-à-vis de la presse.
06:34Donc ce sont vraiment les avocats qui sont chargés de s'exprimer face aux caméras.
06:39Quand vous dites que cette famille est méfiante contre la presse, je peux le comprendre parce qu'on en a parlé ici.
06:46Je trouve que le secret de l'instruction n'existe pas en France.
06:50Manifestement, je rappelle que c'est la loi quand même.
06:52Ce n'est pas le cas évidemment sur Europe 1, ce n'est pas le cas sur CNews,
06:55mais les informations qui sont données ce matin notamment dans le Parisien piétinent complètement le secret de l'instruction, le secret de l'enquête.
07:03Et un jour, il faudra sans doute réfléchir à ça.
07:06Alors c'est paradoxal que ce soit un journaliste qui dise ça,
07:09puisque je suis quasiment en train de dire qu'il faudrait limiter le droit de la presse à publier certaines informations.
07:16Donc je n'ai pas d'avis tranché, bien sûr, là-dessus.
07:19Parce que d'un côté, il y a la liberté d'informer, la liberté d'expression qui doit être importante,
07:24mais la présomption d'innocence, elle doit être aussi préservée.
07:27Et on est dans cette situation Stéphane Burgat, que vous connaissez forcément, que tous les journalistes connaissent.
07:32Et c'est pour ça qu'on avance toujours avec prudence, parce qu'il y a des familles, il y a des gens qui sont engagés, qui sont concernés.
07:37Mais convenez que depuis 48 heures, toute la France pense ou pensait ou pense encore
07:44que le meurtrier du petit Émile, puisqu'on a parlé d'homicide volontaire,
07:51il est parmi ces quatre personnes.
07:53Et forcément, ça nous interroge Stéphane Burgat sur l'exercice de notre profession.
07:59Écoutez, oui, tout simplement, pour une anecdote très très rapidement,
08:02quand on a passé ces longues heures devant le commissariat, la brigade de gendarmerie de Marseille,
08:07des gens passaient en voiture, fenêtre ouverte, pour nous crier « ne perdez pas votre temps, c'est le grand-père ».
08:11Voilà, ça on l'a entendu plein de fois par exemple hier.
08:13Ben oui, écoutez, moi j'ai eu pas mal de témoignages, parce que tout le monde a des avis.
08:19Je citais tout à l'heure Jacques Expert, qui est un journaliste qui est passé par de nombreux médias
08:23et qui avait couvert l'affaire Grégory,
08:26et qui m'a envoyé tout à l'heure un petit texto en disant « voilà, à 40 ans de distance,
08:30la presse n'a rien compris et refait les mêmes erreurs ».
08:33Bon, on essaye, et il ne s'agit pas de donner des leçons bien sûr,
08:36parce que personne ne doit en donner dans nos métiers,
08:38mais on essaye d'avancer avec prudence,
08:41de ne pas dire des choses qui seraient de l'ordre de la supputation, des scénarios, etc.
08:48Je pense qu'il ne faut pas aller là-dedans,
08:50et d'ailleurs le public n'aime pas forcément qu'on aille là-dessus.
08:53Mais en revanche, les éléments factuels doivent être dits.
08:56Je vous remercie beaucoup Stéphane Burgat.

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