REPLAY - Réouverture des écoles et déconfinement : Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale répond à vos questions et à Rémy Buisine
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00:00et c'est d'en faire un live le plus interactif possible.
00:02Mais tout d'abord, rentrons dans le vif du sujet.
00:05Ce 11 mai, comment ça va se passer ?
00:06Quels sont les différents scénarios
00:08pour cette reprise du 11 mai selon les différents cas de figure,
00:10qu'on soit en maternelle jusqu'au lycée ?
00:13C'est une rentrée progressive, nous l'avons dit depuis le début.
00:16D'abord, le 11 mai, c'est la pré-rentrée des professeurs.
00:19Ils en ont largement besoin,
00:20puisqu'au bout de 2 mois de confinement,
00:22il y a la nécessité de se retrouver
00:24et de préparer l'arrivée des enfants.
00:26On sait que les enfants ont vécu toutes sortes de choses
00:28pendant le confinement, et parfois des choses graves,
00:31par exemple des violences intrafamiliales
00:33ou des choses comme ça,
00:34donc il y a une dimension aussi psychologique de ce retour.
00:36Et puis la rentrée se fait progressivement.
00:38Certaines pré-rentrées se font le 12, d'autres le 14,
00:44et les élèves vont arriver progressivement eux aussi.
00:49Chaque école a eu à organiser à sa façon
00:52la manière de faire venir les élèves,
00:54puisque tous les élèves ne peuvent pas venir en même temps,
00:57puisque les groupes sont limités à 15 élèves au plus.
01:00On a donné quelques grands principes d'organisation,
01:02et chaque école l'a adapté à sa façon,
01:05aussi en fonction de ce que disaient les parents
01:07sur ce qu'ils voulaient faire pour envoyer ou pas leurs enfants.
01:11Ce qui fait qu'il y a 2 grands principes
01:13qui s'appliquent dans cette rentrée.
01:15Il y a d'une part une rentrée par niveau.
01:16Donc, par exemple, une école a pu choisir
01:18de faire rentrer le CP et le CM2, comme on le recommandait,
01:21parce que c'est des niveaux charnières,
01:23des niveaux très importants,
01:25pour lesquels les enfants ont besoin de se consolider
01:27avant de passer à l'année suivante.
01:29Et puis, à cette logique de niveau,
01:31s'ajoute une logique de public prioritaire,
01:33les élèves handicapés,
01:35les élèves décrocheurs ou en voie de décrocher,
01:38c'est beaucoup à eux qu'on a pensé
01:40dans les différentes mesures qu'on a prises.
01:42Et puis, les enfants de personnes qui travaillent
01:45dans des domaines indispensables à la continuité de la nation,
01:48comme les enfants de personnel soignant,
01:50qu'on a continué à accueillir, d'ailleurs, pendant toute la crise.
01:53Et donc, typiquement, une école va, par exemple,
01:56avoir 2 niveaux pour lesquels elle aura fait des groupes de 15,
01:58plus, mettons, 2 autres groupes
02:01avec des élèves correspondants à ces catégories.
02:05Mais ce que je viens de dire, ça n'est qu'un exemple.
02:07Après, chaque école le fait à sa façon,
02:09selon des réalités locales.
02:11C'est-à-dire, chaque école peut ajouter des choses.
02:12On a voulu laisser une souplesse locale,
02:14parce qu'on est dans une situation tout à fait particulière,
02:17et il faut que chacun puisse s'appuyer sur des principes.
02:20Par exemple, en matière sanitaire,
02:21il y a le protocole sanitaire qui, lui, est national.
02:25Et en matière d'accueil, il y a quelques principes
02:26qui sont ceux que je viens de dire.
02:28Et après, les écoles organisent les choses
02:32de manière appropriée localement.
02:34On sait que, maintenant, depuis une semaine,
02:36on a cette carte de France qui est découpée maintenant en deux,
02:38du Haut de France jusqu'à l'Île-de-France,
02:40jusqu'à la région Grand-Est.
02:42C'est du rouge. En reste, le reste, c'est en vert.
02:44Concrètement, est-ce qu'il y a une différence
02:46pour les écoles de ce côté-là
02:48entre ce qui est en rouge et ce qui est en vert ?
02:49Non, il y a surtout une différence pour les collèges,
02:52puisqu'on ouvre les collèges le 18 mai,
02:54et on les ouvrira uniquement dans les départements verts.
02:56Par contre, les écoles ouvrent dans toute la France.
02:59Mais c'est vrai que, quand il y aura
03:02un souhait de fermeture d'une école dans tel endroit
03:06parce qu'il y aurait, par exemple,
03:07un problème de respect du protocole sanitaire,
03:09ce sera regardé plus fortement en zone rouge que en zone verte.
03:14Mais j'espère surtout que l'immense majorité des écoles
03:18sera ouverte. On sait déjà que c'est 90 % des écoles
03:21qui sont prêtes à ouvrir la semaine prochaine.
03:24La question, justement, c'est sur les mesures fortes
03:26du protocole sanitaire.
03:28Il fait plusieurs dizaines de pages,
03:29donc on ne peut pas rentrer dans tous les détails,
03:30mais quels sont les points essentiels
03:31de ce protocole qui est mis en place
03:33dans les tout prochains jours ?
03:35Le protocole sanitaire, on a beaucoup dit
03:37qu'il était strict et exigeant.
03:39C'est vrai, et on l'a voulu exigeant
03:41parce que, justement, pour offrir des garanties
03:43à tous les acteurs, que ce soit les élèves, leur famille
03:46ou les professeurs et les personnels.
03:48Et ce protocole comporte beaucoup d'éléments.
03:50Il y a les enjeux de distanciation physique,
03:52et c'est pour ça qu'il y a des petits groupes d'élèves,
03:54la manière dont on dispose les tables,
03:56la distance entre les élèves.
03:58Il y a tous les enjeux d'hygiène, notamment la présence du savon,
04:02qui est essentielle, de points d'eau.
04:04La manière dont on organise les flux d'élèves aussi
04:06pour, justement, toujours respecter la distanciation.
04:09Chacun des domaines et des moments de la vie de l'élève est vu,
04:12comme la cantine, l'internat, quand il y en a un,
04:15ça, c'est pour le second degré,
04:18la récréation,
04:19de façon à avoir une liste d'éléments à respecter.
04:23C'est conçu un peu comme des checklists
04:25de chacun des domaines.
04:27Il y a aussi le sujet des masques.
04:29Le masque est pour les adultes.
04:31A l'école primaire, on ne demande pas
04:33que les enfants portent un masque.
04:34Par contre, dans l'enseignement secondaire, si.
04:38Et donc, on fournira les masques nécessaires
04:40dans les écoles comme dans les collèges,
04:42puis, j'espère, dans les lycées, si les lycées ouvrent.
04:44Alors, il y a ce protocole,
04:46mais il y a justement la théorie et la réalité.
04:49On le voit, c'est pas évident.
04:50On l'a vu, notamment, lors de votre dépassement
04:52avec Emmanuel Macron dans une école en région parisienne.
04:54On peut voir, voilà, des moments,
04:57les enfants vont se rapprocher les uns des autres.
04:59C'est très compliqué d'imaginer certains points
05:03que cette distanciation sociale puisse être respectée.
05:07Les mesures d'hygiène, les feutres, les cahiers,
05:09des fois, ça passe de main en main
05:10en l'espace de quelques instants.
05:12Et le professeur, lui, tout seul,
05:13comment il peut gérer à la fois sa classe
05:16et tous ces petits gestes les uns aux autres
05:18qui peuvent peut-être transmettre le virus si c'est le cas,
05:21si quelqu'un est contaminé ?
05:23Mais il peut arriver dans la vie quotidienne
05:26qu'on respecte les gestes barrières,
05:28et puis, d'un seul coup, il y a une exception qui se produit
05:30parce qu'un élève a un peu oublié.
05:35Ce sont des choses qui peuvent arriver.
05:38Ça a pu arriver dans la classe qu'on avait visitée.
05:41Mais ce qui est intéressant de noter, c'est que,
05:43dans cette école de Poissy,
05:44qui a accueilli 30 000 enfants de personnel soignant,
05:46donc plus sensibles,
05:47puisque enfants de personnel des milieux hospitaliers,
05:51dans cet exemple-là, où il y a eu quand même
05:52des dizaines d'enfants accueillis 7 jours sur 7
05:55pendant deux mois,
05:56on n'a pas eu de maladies particulières
05:58ni pour les enfants ni pour les adultes.
06:00Donc ça permet aussi quand même de mettre les choses
06:02en perspective et de se dire que c'est bien,
06:05ils ont su respecter les gestes barrières,
06:07et les quelques accros qu'il y a pu avoir par rapport à ça
06:11n'ont pas généré des choses trop graves.
06:13Le recul, justement, on le dit pour ceux qui nous regardent,
06:15parce que certains, quand ils voyaient cette vidéo,
06:16ils disaient comment ça se fait qu'une école est ouverte.
06:18On précise, les écoles sont restées ouvertes
06:19depuis le début du confinement
06:21pour accueillir notamment les enfants du personnel soignant.
06:23C'est-à-dire que vous, là, depuis ces un mois et demi,
06:25presque deux mois maintenant de confinement,
06:26vous n'avez pas constaté de clusters, de contaminations
06:29qui seraient liés à une école ?
06:32Et puis déjà, comment vous pouvez en avoir la certitude ?
06:35Alors, il y a une étude qui est menée en ce moment même,
06:37et on aura les résultats dans quelques temps
06:39nous permettant de dire des choses plus consolidées.
06:42Mais vous voyez, quand je prends un exemple comme celui-là,
06:44celui de Poissy, voilà, pas de conséquences.
06:47On n'a pas eu de conséquences importantes,
06:49parce que s'il y avait eu des conséquences importantes,
06:51on le saurait déjà.
06:52Mais maintenant, on veut regarder finement
06:54s'il y a eu une proportion à noter,
06:56si je puis dire, de contaminations.
06:59Et c'est important de souligner ça,
07:00puisque c'est important à deux titres.
07:02D'abord, parce que le fait d'avoir été capable,
07:057 jours sur 7, j'insiste, même le samedi et le dimanche,
07:08d'accueillir les enfants de personnels soignants,
07:09qui étaient environ 30 000 tout au long de ces deux mois.
07:12Ça montre bien la capacité d'adaptation
07:15de notre pays et de l'éducation nationale.
07:17Ça a été bien fait, avec les collectivités locales.
07:20Et puis deuxièmement, ça montre que,
07:22alors même que certains craignaient la dangerosité
07:24de faire cela,
07:25mais c'était indispensable de le faire
07:26pour aider nos personnels soignants,
07:29qui étaient en première ligne,
07:30eh bien, on a eu des professeurs
07:32qui ont été magnifiquement volontaires pour le faire
07:34et qui n'ont pas rencontré de problème particulier.
07:36Donc, dans des conditions beaucoup plus...
07:41beaucoup plus exigeantes, sur le plan sanitaire,
07:43comme celles que nous allons avoir à partir de lundi,
07:46je pense que nous nous préservons quand même
07:48très fortement des risques.
07:50Quand on parle justement de ces risques,
07:51il y a aussi la connaissance du virus.
07:53On sait que les écoles, c'est ce qui a été fermé en premier
07:55dans cette vague de fermeture à partir de la mi-mars.
08:00Souvent, on imagine que c'est ce qui va rouvrir en dernier,
08:02parce que c'est vrai que le risque des écoles,
08:03c'est ce qui avait été évoqué en premier.
08:05Qu'est-ce qui a fait évoluer les choses ?
08:07Est-ce qu'on a aujourd'hui des connaissances,
08:09vraiment, avec certitude vis-à-vis du virus pour se dire
08:11qu'on sait que vis-à-vis des écoles,
08:13il n'y a pas tant de risques que ça
08:14par rapport à ce qu'on imaginait au départ ?
08:17Alors, d'abord, il y a un sujet de société,
08:19puis il y a un sujet sanitaire dans votre question.
08:21Sur le sujet sanitaire,
08:24c'est vrai que les choses ont évolué en deux mois
08:26et que les dernières études scientifiques
08:29ne disent pas exactement la même chose
08:30que celles qu'on avait il y a deux, trois mois.
08:33Il y a deux, trois mois,
08:34ce que l'on avait comme élément,
08:35c'était qu'il semblait qu'il y avait
08:37une plus forte contagiosité des enfants.
08:39Même s'ils étaient souvent asymptomatiques,
08:41il semblait plus contagieux.
08:42Aujourd'hui, les dernières études
08:44sont montrées que, notamment pour les enfants de moins de 10 ans,
08:47ça n'est pas le cas, c'est même l'inverse.
08:49Est-ce qu'on a assez de certitude, justement, de ce côté-là ?
08:50C'est un sujet sur lequel...
08:52Pourquoi d'un côté scientifique, il y a parfois des études
08:53qui vont se faire...
08:54C'est vrai, je m'exprime forcément avec beaucoup de prudence
08:55quand je dis ça, je ne suis pas moi-même
08:57une autorité scientifique.
08:58Et surtout, chacun a bien compris
09:00que depuis le début de ce virus,
09:01on est face à un phénomène biologique nouveau
09:03et qu'il faut avoir une certaine humilité par rapport à ça.
09:05Mais néanmoins, on est bien obligés
09:08d'essayer d'avoir les points de repère les plus à jour.
09:09Est-ce que cette humilité, ce n'est pas de se dire
09:11qu'on ne sait pas, du coup, on n'ouvre pas ?
09:13Alors, ça, ça amène au problème social.
09:15C'est-à-dire que si on mène ce raisonnement,
09:16ça veut dire qu'on devrait fermer les écoles
09:17jusqu'à ce qu'on trouve un vaccin.
09:19Et à ce moment-là, le remède est pire que le mal.
09:22Parce qu'évidemment qu'il n'y a pas que le Covid-19
09:24comme grand risque pour nos enfants.
09:27Vous voyez, il y avait encore un professeur de pédiatrie
09:29ces jours-ci et même la Société de pédiatrie française
09:32qui disait qu'il faut rentrer à l'école,
09:35qu'il peut y avoir beaucoup plus de risques pour un enfant
09:36à ne pas aller à l'école qu'à y aller.
09:39D'abord parce qu'il y a d'autres problèmes sanitaires
09:41que le Covid-19.
09:42C'est vrai pour les enfants comme pour les adultes.
09:43Il y a une série de pathologies qui ne sont pas soignées aujourd'hui
09:46parce qu'il y a eu le confinement.
09:47De plus, il y a des conséquences sociales
09:50qui peuvent être très graves du confinement.
09:52C'est les violences intrafamiliales,
09:53c'est la mauvaise alimentation,
09:56et puis c'est la non-éducation parfois.
09:58Et donc c'est évidemment très grave.
09:59Je ne peux pas, si vous voulez, défendre le principe
10:01de l'éducation avec la plus grande vigueur possible
10:05tout le temps, en permanence, me battre pour l'éducation
10:08et puis, dès qu'il y a une crise, dire que finalement,
10:09l'éducation, c'est secondaire.
10:11Non, ce n'est pas secondaire.
10:12Il y a des garanties sanitaires à donner, bien sûr,
10:14c'est le premier point,
10:15mais ça doit être au service d'un aspect archi-prioritaire
10:19du retour à l'école.
10:20L'école, c'est fondamental et quand il n'y a pas d'école,
10:23les inégalités sociales se déploient
10:25et l'ensemble des enfants,
10:27même au-delà de l'enjeu des inégalités,
10:29pâtissent du non-contact avec l'école.
10:33Donc on doit revenir à l'école.
10:35Six mois sans école, ce serait très grave pour les enfants
10:38et pour la société française.
10:39Et donc cette évaluation avantage-inconvénient
10:45que nous avons faite,
10:46nous ne sommes pas le seul pays à le faire, évidemment.
10:48Comment va se dérouler un peu une journée de cours classiques ?
10:51C'est vrai qu'il y en a beaucoup qui se disent,
10:52mais ils ont la crainte que ça ressemble finalement à une garderie.
10:55Qu'est-ce que vous pouvez leur répondre à ça ?
10:56Je fais tout justement pour que ce ne soit pas l'école garderie.
10:58C'est pour ça que dans l'exemple que je vous donnais tout à l'heure,
11:01j'insiste beaucoup sur le fait qu'il y a aussi une logique de niveau.
11:03Vous savez, les niveaux, c'est-à-dire les classes,
11:05CP, CE1, etc.,
11:08c'est la charpente de l'éducation nationale.
11:11C'est ce qui fait que c'est une classe
11:13avec une pédagogie particulière.
11:15Là, par exemple, on a envoyé des éléments
11:18sur ce qui est attendu sur le plan pédagogique en mai et juin,
11:21puisque ça va être très différent de ce qui se passe habituellement,
11:24mais il y a quand même une armature,
11:26notamment pour consolider les savoirs des enfants
11:29en cette fin d'année scolaire.
11:30Donc c'est la logique de niveau qui garantit le plus ça.
11:33On y ajoute une logique sociale avec la notion de public prioritaire.
11:38Mais encore une fois, c'est, premièrement, pas comme d'habitude,
11:40ça, on doit l'assumer.
11:42Par exemple, on a dit que l'enjeu n'était pas de finir les programmes
11:44coûte que coûte, donc c'est vrai, c'est pas comme d'habitude.
11:47Mais deuxièmement, ça ne veut pas dire que c'est l'école garderie.
11:49C'est vraiment l'école où il se passe quelque chose
11:51sur le plan psychologique, pédagogique et éducatif.
11:55On a cette question d'Aurélie dans les commentaires
11:56qui rebondit avec ces préconisations du Conseil scientifique
12:00qui, quant à eux, il y a quelques semaines,
12:01dans leur avis datant de la mi-avril, disait
12:03que les écoles, ce serait préférable de les rouvrir en septembre.
12:06Et finalement, cet avis n'a pas été suivi par le gouvernement.
12:10Pourquoi ?
12:11Vous avez raison, le mot préférable est important.
12:13Et immédiatement après, le Conseil scientifique
12:17a fait une note d'accompagnement en disant
12:18qu'il pouvait parfaitement comprendre la décision d'ouvrir
12:22quand on avait une vision qui allait au-delà du Covid-19
12:24et qu'on avait la vision plus ample de la société.
12:26C'est un raisonnement qui a été tenu par bien d'autres,
12:28comme les sociétés de pédiatrie dont je parlais à l'instant,
12:30comme par exemple l'Académie des sciences allemandes
12:33qui, en Allemagne, a dit ce que je disais tout à l'heure,
12:35c'est-à-dire si on a une vision large de la vie de l'enfant,
12:39il faut bien entendu tout faire pour prémunir contre la contagion,
12:43mais ne pas en arriver à la conclusion
12:44qu'on doit rester chez soi pendant des mois et des mois.
12:47Là, les carences que cela créerait seraient bien plus graves
12:51que les risques de contamination.
12:53Et donc, le Conseil scientifique français
12:57a lui-même accédé à ce raisonnement
12:59et le dit dans sa note d'accompagnement en disant
13:01qu'on peut comprendre pourquoi.
13:03Et d'ailleurs, c'est pour ça qu'on vous explique à ce moment-là
13:06les règles à respecter,
13:07et c'est ces règles à respecter que nous avons suivies
13:09en faisant le protocole sanitaire.
13:11Et c'est pour ça qu'elles sont strictes,
13:12parce que le Conseil scientifique a une vision stricte de ces sujets.
13:15Comment éviter que ces inégalités ne s'accentuent
13:17dans le sens où certains vont être à l'école, d'autres non ?
13:20On sait que c'est sur la base du volontariat.
13:21Des parents peuvent dire
13:22que je n'ai pas envie que mon enfant y aille
13:24pour certaines raisons, peut-être sanitaire ou autre.
13:26Est-ce qu'il n'y a pas justement cette crainte
13:28que ceux qui y retournent soient avantagés par rapport à d'autres ?
13:32Bien sûr, il y a ce risque,
13:33et donc, on doit travailler contre ce risque.
13:35Il y a d'abord...
13:37Alors, première chose à dire, l'instruction est obligatoire.
13:39Donc, même un enfant qui reste chez lui
13:41est un enfant qui est suivi par le système scolaire...
13:43Par l'enseignement à distance,
13:45c'est-à-dire que chaque école est en situation de s'assurer
13:48que l'élève est branché, si je puis dire,
13:51sur l'enseignement à distance,
13:52qu'il vit une sorte de deuxième phase maintenant,
13:54puisqu'on le réorganise pour tenir compte du fait
13:56qu'il y a certains professeurs qui restent chez eux,
13:59notamment pour des raisons de santé,
14:00et certains élèves qui restent chez eux.
14:02Donc, on va davantage les mettre ensemble.
14:04Et puis, on a aussi une logique, évidemment,
14:08d'aller chercher les élèves les plus en difficulté.
14:10Spontanément, c'est justement les élèves de familles
14:14plutôt défavorisées qui ont tendance à rester chez eux.
14:17Donc, on a un travail volontariste
14:19qu'on est en train de commencer à accomplir,
14:21consistant à téléphoner aux familles,
14:23à aller les voir, à s'unir avec les élus, les associations,
14:27l'ensemble des personnels,
14:28comme par exemple les assistantes sociales
14:30de l'Education nationale,
14:31qui vont travailler fortement tout au long de ce mois de mai
14:35pour ramener des élèves à l'école.
14:38Et moi, je compte beaucoup sur une sorte de cercle vertueux,
14:40c'est-à-dire comme la première semaine,
14:43je l'espère, va bien se passer,
14:44la semaine prochaine sera une semaine d'amorce,
14:46tout un chacun pourra constater que ça se passe bien
14:48et que ça vaut la peine d'envoyer les enfants.
14:50Et donc, on va assister à une montée en puissance progressive.
14:54Vous disiez qu'on a entre 80 et 97 % des écoles
14:57qui sont concernées par la réouverture.
14:58On a néanmoins des maires de communes qui, parfois, vont dire
15:01que je ne vais pas rouvrir jusqu'en septembre.
15:03Vous leur répondez quoi ?
15:04Alors, d'abord, on a ouvert toutes les écoles
15:07par décret du Premier ministre.
15:08Donc, déjà, les écoles sont ouvertes
15:09et donc, les décisions à prendre
15:11ne sont pas des décisions d'ouverture,
15:12mais éventuellement des décisions de fermeture
15:14qui sont prises, normalement, conjointement
15:17entre le maire et l'éducation nationale
15:21et acceptées par le préfet.
15:23Nous essayons d'être coopératifs.
15:26Par exemple, aujourd'hui, quand il y a un maire rural
15:27qui nous dit que je n'arrive pas à être prêt pour le 11,
15:30pour des raisons pratiques, on le comprend,
15:32puis on l'aide à se mettre à niveau.
15:36Mais, parfois, vous avez des difficultés
15:39qui ne sont pas d'ordre pratique.
15:40Vous avez des difficultés, par exemple,
15:42qui me semblent d'ordre politique
15:43et, dans ces cas-là, c'est plus un problème
15:45et on doit sortir de ce problème.
15:47Et qu'on dit d'ordre politique, c'est-à-dire que c'est...
15:49Il y a des gens qui se sont exprimés contre l'ouverture
15:52avant même de savoir les détails de la façon de faire.
15:56Et ça, évidemment, ça pose un problème.
15:59Et je pense que lorsque tout le monde...
16:01Comme vous avez plus de 90 % des communes
16:04qui vont entrer dès la semaine prochaine
16:06dans la logique d'ouverture,
16:09que dans les 10 % restants,
16:10il y en a au moins plus de 7 %
16:12qui ne le font pas pour des raisons pratiques
16:16qui vont se résoudre progressivement,
16:18le 2 ou 3 % de ceux qui n'ouvrent pas
16:21alors qu'ils pourraient ouvrir
16:22vont, je pense, se convaincre progressivement
16:25que la bonne formule, c'est d'ouvrir.
16:27Mais ce serait quoi pour vous
16:28l'instrumentalisation politique de la réouverture des écoles
16:29par certains élus ?
16:32Je préfère ne pas croire ça,
16:33mais chacun peut regarder.
16:36Parce qu'on a vu votre prise de parole
16:37notamment à l'Assemblée nationale,
16:38qui était très forte sur ce sujet-là, de dire...
16:41À l'Assemblée nationale,
16:42je me suis fâché contre un député
16:44parce que j'ai trouvé que c'était la posture de facilité.
16:48Vous savez, parfois,
16:49quand on me demande de définir l'éducation,
16:51je dis...
16:52Parfois, on peut définir l'éducation
16:53par le contraire de ce qu'elle est.
16:55Le contraire de l'éducation, c'est la démagogie,
16:57c'est la facilité.
16:58C'est, par exemple, dans la période actuelle,
17:00de sans arrêt s'attacher aux inconvénients de la situation
17:03et des inconvénients.
17:04Il y en a, forcément.
17:05On est dans une période exceptionnelle
17:06avec du virus, etc.
17:07Et donc, être dans le sport qui consiste à dire
17:11c'est pas bien, là, vous devriez faire différemment, etc.
17:16Moi, ça me va qu'on critique,
17:17mais quand on est cohérent dans la critique
17:19et quand on propose quelque chose de mieux.
17:21Et là, ça n'était pas le cas
17:23parce que c'est très facile de dire...
17:25On va ouvrir en septembre.
17:26C'est la position de Marine Le Pen,
17:28c'est la position de Jean-Luc Mélenchon.
17:31Comme par hasard, ils se rejoignent sur un tel sujet.
17:34Mais on voit bien qu'ils ne sont pas en responsabilité
17:37et on voit bien que leur premier sujet,
17:38c'est peut-être pas le droit à l'éducation de chaque enfant.
17:42Moi, ce qui me paraît très important,
17:43c'est justement d'arriver à défendre le droit à l'éducation,
17:48même dans des circonstances difficiles,
17:50en tenant compte des circonstances sanitaires.
17:53Et donc, c'est pour cette raison
17:55que la petite minorité d'acteurs politiques
17:59qui joue un jeu politique sur ce sujet,
18:01je le dénonce, en effet.
18:04La question notamment des professeurs
18:05qui, pour certains, réagissent dans les commentaires
18:06en disant qu'on n'est pas tout à fait prêts pour lundi,
18:09on a même aussi certains élus qui sont montés là-dessus,
18:10je pourrais compléter par rapport aux questions et commentaires,
18:12qui disent qu'on n'a pas encore eu la possibilité
18:14de pouvoir mettre en place tout ce protocole sanitaire,
18:16on n'a pas forcément tous les masques,
18:17on n'a pas forcément le gel hydroalcoolique.
18:19Comment ça se passe dans ces cas-là ?
18:20Est-ce que vous acceptez un droit de retrait provisoire ?
18:24Alors, c'est pas le mot droit de retrait qui est le bon mot,
18:26mais en tout cas, l'idée, c'est-à-dire l'idée
18:29que ça se passe progressivement et que certains sont en retard,
18:31on est évidemment bien obligés de le comprendre.
18:35C'est ce que je vous disais sur le certain maire Ruraud tout à l'heure.
18:39Parfois, il y a des choses qui semblent très difficiles à faire
18:41à court terme, donc pour certains, par exemple,
18:43ils ouvriront un peu plus tard, en milieu de semaine,
18:47ou la semaine du 18 mai, bon, ça fait ça,
18:49ça fait partie des choses qui sont compréhensibles.
18:54On est vraiment dans une logique d'amorce,
18:55la semaine prochaine, et puis de monter en puissance progressive.
18:58Donc, vous l'aurez compris, en gros, c'est une tolérance de temps,
19:01peut-être une semaine pour s'adapter,
19:02mais il faut qu'au 18 mai, par contre, là,
19:04ce soit vraiment opérationnel.
19:05Bien sûr, bien sûr, c'est important,
19:07et qu'on est tous ensemble pour arriver à ça.
19:09Il n'y a pas...
19:10Par exemple, sur les maires et l'Education nationale,
19:12ce qu'on voit en ce moment, surtout, c'est une coopération.
19:14On est ensemble, on est tous, les Français,
19:16ensemble pour le droit à l'éducation des enfants
19:18dans des conditions sanitaires saines.
19:20Voilà, c'est ça, la situation dans laquelle on n'essaie pas autre chose.
19:23Il n'y a pas de conflit, il n'y a pas de...
19:24Vous savez, je me suis bien entendu avec les associations d'élus
19:26pour regarder tous ces sujets.
19:28Le protocole sanitaire, il a été vu avec ces associations.
19:31Après, qu'il soit exigeant et dur à suivre,
19:33je suis le premier à le reconnaître,
19:34mais c'est les circonstances qui amènent à ça.
19:37Ce n'est pas pour le plaisir que l'on se met dans ces situations.
19:40Donc, je crois qu'il faut qu'on ait un état d'esprit collectif,
19:42constructif,
19:44et c'est ce que je constate dans l'immense majorité des cas,
19:46et on ne doit pas trop se laisser occuper
19:48par les sujets polémiques dans un moment comme ça.
19:51Il y a des questions des syndicats
19:53qui sont, pour certains, même montés au créneau ces derniers jours,
19:55évoquant... On évoquait un droit de retrait.
19:57Pour d'autres, il y a même eu l'idée d'une plainte mise sur la table.
19:59Qu'est-ce que vous leur répondez ?
20:00C'est quoi, un peu, le dialogue que vous avez pu avoir avec eux ?
20:02Et qu'est-ce que vous répondez à ceux qui pensent
20:03à un droit de retrait dans les prochains jours ?
20:05J'ai eu du dialogue, bien sûr, avec les syndicats, beaucoup.
20:08Tout au long de cette période,
20:10nous avons cessé de faire des visioconférences.
20:12J'ai fait des dizaines d'heures de visioconférences
20:13pour se tenir compte de ce qu'ils me disaient.
20:15La manière dont nous avons conçu les choses, d'ailleurs, a tenu compte.
20:18Ils ont, par exemple, par rapport à mes premières hypothèses,
20:20voulu un étalement plus progressif.
20:22J'ai tenu compte de cela.
20:24Après, il y a différents syndicats.
20:25Ils ne disent pas tous la même chose.
20:27Vous avez des syndicats...
20:28Le SGEN-CFDT, par exemple, est tout à fait favorable à...
20:32Je crois pouvoir le dire,
20:33à cette montée en puissance progressive.
20:36Vous avez des syndicats qui sont plus
20:37dans une position intermédiaire,
20:38puis d'autres qui sont radicalement contre.
20:41Mais ces dernières années,
20:42je ne les ai jamais vus pour quoi que ce soit.
20:44Donc, voilà.
20:46C'est une forme d'opposition systématique ?
20:48Il y a certains syndicats qui sont dans une opposition systématique.
20:51Il n'y a pas de doute.
20:52Il y a la question, notamment pratique, du côté des parents.
20:55Certains disent qu'on va mettre les enfants à l'école
20:57que le matin ou que l'après-midi.
20:59C'est la question de la garde aussi.
21:01On passe aussi au travail.
21:03Le gouvernement incite les personnes
21:05à reprendre le travail à partir du 11 mai.
21:07Comment réussir à gérer ces deux côtés-là ?
21:09C'est-à-dire le fait que des écoles vont dire
21:10qu'on prend votre enfant le matin ou l'après-midi seulement,
21:12et puis d'un autre, il faut venir le chercher.
21:14Dans la période, on ne peut pas être présent sur le terrain.
21:16Normalement, il ne doit y avoir presque jamais
21:19la formule de demi-journée.
21:21Il y a un système d'alternance,
21:23mais on n'a pas recommandé par demi-journée,
21:24parce que ça pose des problèmes d'organisation à tout le monde,
21:26y compris aux collectivités, d'ailleurs.
21:27C'est plus soit une journée sur deux,
21:29soit une demi-semaine sur deux,
21:30soit une semaine sur deux.
21:32C'est plutôt ce type de formule.
21:33Néanmoins, vous avez raison, ça pose des problèmes.
21:35Pour remédier à ça, ce que nous disons,
21:38c'est que l'élève peut se trouver dans quatre situations.
21:40Le fait qu'il ne soit pas en classe
21:42ne signifie pas forcément qu'il est à la maison.
21:44Il y a quatre situations possibles.
21:46Soit il est en classe, en petit groupe,
21:48ce qui est d'ailleurs une situation pédagogiquement favorable.
21:51Soit il peut être à l'étude, si les bâtiments le permettent,
21:53et avec une surveillance
21:55en respectant là aussi les règles sanitaires.
21:58Soit il est dans le système qu'on a conçu spécifiquement
22:01pour le moment que nous vivons,
22:02que nous avons appelé sport, santé, culture, civisme,
22:062S, 2C,
22:07conçu avec les mairies qui le souhaitent,
22:09avec des financements que nous mettons,
22:11pour que l'élève puisse être en dehors de l'école,
22:15dans un gymnase, par exemple, ou dans un musée,
22:17en petit groupe, pour des activités sportives ou culturelles
22:20ou des activités d'éducation à la santé.
22:23Et ça va être très intéressant,
22:24parce que je pense que ça commence à s'enclencher.
22:26Il va y avoir des endroits où ça va vraiment être
22:27un élément d'épanouissement des enfants.
22:29Et d'ailleurs, on peut, même pour l'année prochaine,
22:31concevoir que ces dispositifs qui permettent aux élèves
22:34d'avoir plus d'activités physiques et plus d'activités culturelles
22:36se déploient.
22:37La musique, par exemple,
22:39sur laquelle j'insiste tant depuis 3 ans,
22:40peut beaucoup se développer dans ce cadre-là.
22:43Et donc...
22:44Et là aussi, on est en dehors de la maison.
22:45Donc si les parents travaillent,
22:48eh bien, ce système-là permet d'avoir l'enfant
22:51une partie du temps en groupe,
22:52une partie du temps dans ses activités.
22:54Puis la 4e position de l'élève, c'est l'enseignement à distance.
22:57Et là, ça dépend évidemment de l'âge de l'élève,
23:00si l'enfant peut rester à la maison ou pas.
23:02Mais en tout cas, il y a aussi, évidemment,
23:04des modalités d'enseignement à distance.
23:05Il y a ces protocoles, justement,
23:06qu'on voit mis en place pour la fin de l'année scolaire.
23:08Mais est-ce que vous êtes déjà en train de travailler aussi
23:10à la rentrée prochaine en septembre ?
23:12Parce que c'est vrai qu'on nous dit,
23:15les épidémiologistes le disent,
23:16il faut apprendre à vivre avec ce virus.
23:18On ne sait pas de quoi sera fait l'avenir.
23:19Est-ce qu'on aura une seconde vague dans 3 semaines
23:21ou l'automne prochain ?
23:22Est-ce que le virus disparaîtra totalement ?
23:24Chose qu'on aimerait tous.
23:25Mais justement, il y a la rentrée prochaine
23:27qui va arriver très vite de ce côté-là.
23:29C'est quoi un peu les pistes de travail
23:30pour peut-être pérenniser à long terme
23:32ces protocoles sanitaires
23:33et suivre peut-être du coup plus les programmes ?
23:37Parce qu'imaginons l'année scolaire prochaine
23:39doit se dérouler dans des conditions sanitaires
23:41comme celle-ci.
23:42Comment on fait, cette fois-ci,
23:43pour réussir à suivre un programme scolaire habituel,
23:46ce qui ne peut pas être le cas en ce moment ?
23:48Alors, deux choses.
23:50Une, comme vous l'avez dit,
23:51soit le virus a disparu ou on a trouvé un remède,
23:55soit ce n'est pas le cas.
23:56Malheureusement, c'est la deuxième hypothèse
23:57qui est la plus vraisemblable.
23:58Mais la première est possible.
24:00Dans la première hypothèse, de toute façon,
24:02on doit changer un certain nombre de choses
24:03puisque certains élèves ont pris du retard
24:05à cause des semaines de confinement.
24:08Et donc, on devra être très attentifs
24:10au bilan de début d'année,
24:11à la personnalisation des parcours,
24:12à une capacité d'adaptation du système.
24:14Donc, il y a de toute façon, à minima, ce sujet-là.
24:17Et puis, il y a l'hypothèse où le virus est toujours là
24:20et où, non seulement, il faut rattraper le retard,
24:21mais il faut aussi s'organiser en tenant compte du virus.
24:24Donc, je vais monter des groupes de travail,
24:26on va faire des concertations les plus larges possibles,
24:28on va avoir une forme d'intelligence collective
24:31qui va se déployer pour travailler à ça,
24:34de façon à ce que ces formules mixtes
24:36que je viens d'évoquer pour les mois de mai et juin
24:38puissent atteindre une certaine maturité
24:39et une bonne organisation pour l'année 2020-2021.
24:43Et donc, c'est le travail de ces prochaines semaines
24:47que d'affiner les scénarios de cette organisation mixte
24:50de la présence à l'école.
24:52C'est-à-dire une organisation mixte,
24:53ça pourrait être, par exemple, une classe de 30
24:54où 15 sont présents une journée
24:56et d'autres sont à domicile ?
25:00Oui, ça dépend aussi de l'âge des élèves,
25:01mais ils peuvent aussi être dans des activités
25:03qui ne se passent pas physiquement dans l'école,
25:05qui se passent ailleurs.
25:06Et vous savez, par exemple,
25:08j'avais déjà commencé à engager des expérimentations
25:11pour des formules de cours le matin,
25:13sport et culture l'après-midi.
25:16On pourrait avoir ce type de choses pour les enfants.
25:20On travaille en ce moment, par exemple,
25:21sur les enjeux des anses aquatiques
25:22avec la ministre des Sports, Roxana Maracineanu.
25:26Pourquoi pas un développement très puissant de cela
25:28l'an prochain ?
25:29C'est un des exemples de ce qui se passera.
25:31On travaille beaucoup avec les institutions culturelles.
25:33Là, c'est avec Franck Riester.
25:34Au moment même où, justement,
25:36les acteurs du monde culturel se posent beaucoup de questions,
25:38on peut faire en sorte qu'il y ait un investissement massif
25:40des acteurs de la culture l'an prochain
25:44et que ceci représente un temps de l'élève
25:46qui soit un temps éducatif très utile.
25:49Et ce qui est engagé ?
25:50Le théâtre, la musique, les arts,
25:53l'ensemble de l'activité culturelle
25:55fait partie de la vie éducative
25:56et on va les développer très fortement l'an prochain.
25:59Mais est-ce que ça pourrait demander, justement,
26:00des recrutements ?
26:01Oui, et des coopérations.
26:03À l'Education nationale, c'est évidemment nos professeurs,
26:08mais c'est aussi les partenariats avec les institutions culturelles,
26:11les conservatoires musicaux, les musées.
26:13Là, vous travaillez sur ça.
26:15C'est ça. On travaillait déjà beaucoup sur ça.
26:18Vous voyez, on a ce qu'on appelle...
26:21Hier encore, j'étais en visioconférence
26:22au Conseil de l'éducation artistique et culturelle.
26:25On vient de créer une institution de formation des professeurs
26:28pour l'éducation artistique et culturelle,
26:30dont la base est à Guingamp, d'ailleurs.
26:32Cette dynamique,
26:35on l'avait enclenchée avec Françoise Nyssen,
26:39on l'a poursuivie avec Franck Riester,
26:42et on veut aller maintenant plus loin.
26:45Et le président de la République s'est exprimé sur ce point
26:48pas plus tard que mercredi dernier
26:50pour dire qu'on allait franchir une étape nouvelle en la matière.
26:52Et dans le domaine du sport,
26:54avec la ministre, avec Tony Estanguet
26:56pour le comité des Jeux olympiques,
26:59on a aussi beaucoup travaillé à ces sujets
27:01pour la montée en puissance des pratiques sportives
27:03dans nos écoles, collèges et lycées.
27:05Donc, encore une fois, sur ce point comme sur d'autres,
27:08l'objectif, c'est de faire d'un mal un bien.
27:10Et donc, parce qu'on a une épreuve à traverser,
27:13on réussit aussi des formes de modernisation
27:16au service de nos élèves.
27:17Il y a des questions de l'organe dans les commentaires
27:18qui ont probablement été enseignées.
27:20Est-ce que les enseignants à risque seront-ils remplacés,
27:22c'est-à-dire potentiellement ceux qui ont des maladies importantes ?
27:25On sait que le Covid-19 peut avoir des formes graves
27:28sur des personnes qui ont des maladies importantes
27:31ou qui sont peut-être plus âgées.
27:33Est-ce qu'il y a un processus qui est mis en place aussi
27:34de ce côté-là pour protéger des professeurs
27:36peut-être plus âgés avec des maladies ?
27:38Oui, bien sûr. C'est pour ça qu'on a dit
27:39que les professeurs qui ont une vulnérabilité de santé
27:42vis-à-vis du Covid-19
27:43ou même qui ont un membre de leur foyer,
27:46une personne avec qui ils vivent,
27:48qui a cette vulnérabilité, ne viennent pas en mai et juin.
27:51Et c'est eux qui se dédient à l'enseignement à distance
27:54dans notre système.
27:55Il y a une question qu'il y avait régulièrement
27:56sur la décision de maintenir ou non l'oral du bac de français.
28:00Alors, ça, c'est la grande question
28:01qui me est posée tous les jours.
28:03Elle revient énormément.
28:04Oui, c'est normal.
28:05Je vous refais le...
28:06Vraiment, la réponse est claire.
28:09D'abord, la raison d'être de cet oral de français,
28:12je le redis,
28:14c'est parce que quand on pouvait maintenir
28:15une dimension de contrôle terminal,
28:17on la maintenait.
28:18Et c'était l'oral de français qu'on pouvait maintenir
28:20parce qu'on peut, si un lycée est ouvert,
28:24on peut organiser l'oral de français
28:26en respectant la distance physique, les gestes barrières, etc.
28:30C'était la première raison.
28:31La deuxième, c'est qu'il n'y a pas d'oral,
28:32de note de contrôle continu en oral.
28:34Puis la troisième raison, et qui est en fait la plus importante,
28:35c'est que c'est un signal envoyé à tous les élèves de 1re
28:38pour travailler leur texte.
28:39L'année n'est pas finie.
28:41Ces textes sont des magnifiques textes de littérature française.
28:44Et en cette période de confinement,
28:45il est bon de les travailler,
28:46de même qu'il est bon de travailler sa compétence orale.
28:49Maintenant, je comprends bien
28:50que ça pose plein de problèmes à certains, notamment...
28:53Il y a toujours une incertitude aujourd'hui.
28:55Pour l'instant, on voit que la question,
28:56elle n'est pas tranchée.
28:57Enfin, elle va dans un sens,
28:59qui est l'existence de cet oral.
29:00Et donc, encore une fois, mon message,
29:02c'est de travailler vos textes, c'est important.
29:03Et en fonction de ce qu'on aura à décider sur les lycées,
29:09de ce qu'on verra,
29:10on verra si on transforme ou pas en contrôle continu cette épreuve.
29:13Mais en attendant, mon message, c'est bon de travailler les textes.
29:16Et à quel moment il y aura une décision ?
29:18Je résumerai ma vision en disant FEDR plutôt que Netflix.
29:22Mais à quel moment, justement,
29:23il y aura une décision définitive sur cette question-là ?
29:26C'est-à-dire de dire, voilà,
29:28en fonction de l'évolution sanitaire,
29:30à ce moment-là, c'est soit oui, soit non.
29:32A la fin du mois de mai.
29:33Fin du mois de mai.
29:35Ce sera une solution ou une autre.
29:37Définitive de ce côté-là.
29:39Il y a une question qui est revenue régulièrement
29:40parce qu'on sait qu'à partir du 1er juin,
29:42les conditions pour avoir le chômage partiel
29:44pourraient être plus compliquées.
29:45On pourrait même évoquer le fait
29:46qu'il y ait des attestations demandées
29:49par les écoles qui, justement, ne rouvraient pas leurs portes
29:53ou qui ne pourraient pas accueillir les élèves.
29:54Ça voudrait dire que, du coup,
29:55ce ne serait plus forcément sur la base du volontariat.
29:58Alors, on verra bien comment on fait avec la ministre du Travail,
30:01comment les choses évoluent de ce côté-là.
30:04Ce qui est certain, c'est que
30:06on est dans une situation transitoire actuellement.
30:08Alors, est-ce qu'elle va jusqu'au mois de juin ou pas ?
30:10En tout cas, elle s'arrêtera après le mois de juin,
30:12ça, c'est certain.
30:14Encore une fois, l'école...
30:15On peut dire qu'au 1er juin,
30:16les élèves seraient obligés de revenir.
30:18S'il n'y a pas de...
30:19Si l'école n'a pas la capacité d'accueillir...
30:22Ça voudrait dire que l'incapacité d'accueillir doit être démontrée.
30:27Alors qu'aujourd'hui,
30:28ce n'est pas seulement l'incapacité d'accueillir
30:29qui fait que vous avez l'enfant à la maison,
30:30c'est aussi parce que vous avez décidé de ne pas l'envoyer.
30:32Mais à partir du 1er juin, ça peut être différent.
30:34Ça peut être différent, mais ce n'est pas encore décidé.
30:35Ce n'est pas encore acté. Donc, ça, c'est une question importante.
30:37Il y a une question qui revient aussi énormément.
30:39Beaucoup de professeurs qui nous regardent
30:40sur les différents concours.
30:41Alors, on sait qu'il y a eu pas mal d'annonces d'évolution
30:43depuis la dernière fois où on était en direct
30:44où c'était des milliers de questions qui étaient parvenues.
30:46C'est vrai.
30:47Concrètement, comment ça va s'organiser ?
30:49Parce que peut-être certains n'ont peut-être pas eu
30:50toutes les informations.
30:51Les choses se passent de façon cohérente
30:53par rapport à ce que je vous avais dit.
30:54Je tiens à le dire d'ailleurs
30:55parce que j'entends souvent des gens dire
30:57il y a des zigzags sur tel ou tel sujet.
30:58Ce n'est pas si vrai que ça.
31:00Sur beaucoup de sujets, les choses se déroulent
31:03évidemment en tenant compte de la réalité,
31:05mais j'essaye de tenir un calendrier.
31:07C'est ce que je fais aussi pour l'Oral de français.
31:09Je dis quand est-ce que la décision sera annoncée.
31:12Je sais que ce n'est pas toujours facile à entendre,
31:15mais je crois que c'est la meilleure formule
31:18quand on est devant toute une série de problèmes
31:20liés au virus que d'avancer pas à pas
31:23et de dire pourquoi on fait les choses.
31:25C'est aussi pour ça que je vous parle
31:26et que je m'adresse à vous une nouvelle fois
31:29parce que je pense que c'est important
31:31d'expliquer le pourquoi des choses
31:32et d'expliquer aussi dans quel calendrier on se situe.
31:35Et la dernière fois que je vous avais vu,
31:37j'avais dit que l'engagement que j'avais pris,
31:39c'était que ces concours aient lieu,
31:40ce qui n'allait pas de soi à ce moment-là.
31:41Il y avait aussi la solution facile
31:43qui était l'annulation des concours.
31:45On va faire des économies à l'Etat
31:47et c'est moins difficile à organiser.
31:52Pour autant, on les a maintenus
31:54parce que j'avais en tête l'intérêt des candidats
31:57et puis aussi le fait qu'il est bon pour l'éducation nationale
31:59d'avoir ces nouveaux titulaires,
32:01ces personnes qui nous regardent
32:02et qui se préparent à ces concours.
32:05Et je vous avais dit qu'on s'organiserait
32:06pour que ce soit entre juin et juillet
32:09et que les épreuves seraient forcément un peu transformées
32:12pour tenir compte des circonstances.
32:13Donc c'est ce qui se passe.
32:15Les épreuves ont lieu entre la mi-juin et la fin juillet.
32:21Ça se terminera vers le 20-25 juillet.
32:23Dès le début de la semaine prochaine,
32:24pour chacun des concours,
32:26il y aura une information qui sera disponible
32:27sur le site Internet du ministère
32:29sur la date de chaque épreuve.
32:32Et puis nous avons transformé les épreuves.
32:34C'est-à-dire que c'est désormais des écrits
32:36que l'on parle du CRPE,
32:39c'est-à-dire le concours de professeurs des écoles,
32:41ou que l'on parle du CAPES ou de l'agrégation
32:43pour l'enseignement du second degré.
32:46C'est des épreuves écrites
32:48qui vont permettre de réussir le concours.
32:52Question qui arrive également dans les commentaires.
32:53Pour ceux qui sont en activité,
32:56vous avez évoqué une prime.
32:59Certains ont envie de savoir, on en est où concrètement ?
33:01Quel montant ? Quand ?
33:03C'est une prime qui vaut pour les personnes
33:06qui se sont spécialement engagées
33:07pendant la période de confinement,
33:10notamment dans l'aide,
33:14dans l'accueil des enfants de personnels soignants.
33:18Les détails seront donnés très prochainement,
33:20mais c'est une prime qui devrait tourner autour de 1 000 euros.
33:22Une prime de 1 000 euros pour les enseignants
33:24qui ont travaillé pendant cette période de confinement.
33:27Pour l'accueil des enfants de personnels soignants.
33:30Ca ne concerne pas ceux qui sont restés en forme d'accueil
33:33à distance depuis leur domicile.
33:35C'est vraiment que pour...
33:36Oui, tout à fait.
33:38Ca, c'est une question qui arrive également.
33:39Il y avait la question également sur les AESH.
33:43Il y a aussi...
33:44Sont-ils invisibles ?
33:46La question des élèves en situation de handicap,
33:47est-elle fâcheuse ?
33:48Nous, on va l'aborder, Aurélie,
33:49parce que je sais qu'il y a énormément de commentaires là-dessus.
33:50Justement, c'est quoi, un peu,
33:53les dispositifs qui peuvent être mis en place ?
33:55Parce qu'on sait que, justement,
33:56il y a une particularité en termes de dispositifs d'accueil, etc.
33:59Et il y a beaucoup de personnes qui travaillent,
34:01qui ont besoin d'être rassurées
34:02ou d'en savoir un peu plus sur comment ça va se dérouler
34:04spécifiquement pour eux.
34:05C'est tout à fait normal.
34:07C'est une question importante.
34:09D'abord, on a défini les élèves handicapés
34:11comme étant prioritaires dans ce retour à l'école.
34:13Donc, dans les trois publics prioritaires
34:16que je vous citais tout à l'heure,
34:17j'ai cité en premier les élèves en situation de handicap.
34:20On sait bien qu'il y a différentes sortes de handicaps.
34:22Et donc, ça suppose des formes,
34:25des réponses différentes, différenciées et personnalisées.
34:29L'objectif, c'est vraiment
34:32de faire en sorte que tous puissent revenir.
34:34Mais certains handicaps peuvent poser des questions particulières
34:37en matière de respect des gestes barrières,
34:38parce que souvent, ce que fait un AESH,
34:40c'est justement d'être en contact physique avec l'élève.
34:44C'est pourquoi il y a des réponses différenciées
34:46selon les handicaps dont on parle.
34:47On a beaucoup travaillé à ça
34:48avec la secrétaire d'Etat aux personnes handicapées,
34:51Sophie Cluzel.
34:52On a développé, d'ailleurs, des ressources
34:53qui sont disponibles sur notre site EduSchool
34:55sur le sujet de l'aide à distance des élèves handicapés
35:00pendant la période de confinement,
35:01mais aussi maintenant sur les pédagogies particulières
35:05en période de déconfinement.
35:06Les AESH sont évidemment très bienvenus à l'école.
35:08Il faut qu'ils reviennent au maximum à l'école,
35:10sauf s'ils ont eux-mêmes un problème de santé.
35:14Et là, il faut qu'on fasse preuve aussi
35:15de pragmatisme et de souplesse.
35:17Par exemple, certains AESH vont revenir
35:19alors même que l'élève dont ils s'occupaient,
35:22lui, reste à la maison pour une raison ou pour une autre.
35:25Donc il va y avoir évidemment une adaptation de leur mission,
35:28mais on va être très attentifs.
35:30Pour moi, les AESH font pleinement partie
35:32de l'éducation nationale
35:33et font évidemment pleinement partie
35:35des enjeux du déconfinement.
35:36Question et commentaire qui vient peut-être plus en détail
35:38sur ce qu'on avait évoqué au début
35:40sur cette carte de France, les zones rouges, les zones vertes.
35:42Pouvez-vous lui demander de clarifier la situation
35:44pour les collèges en zone rouge ?
35:45Quand allons-nous reprendre ?
35:46La carte d'hier vaut-elle pour les 3 prochaines semaines ?
35:48Est-ce qu'en gros, il faut être 3 semaines dans le vert
35:51pour voir les collèges réouvrir
35:52ou si fin mai, c'est vert, ça rouvre immédiatement ?
35:58Alors, lorsqu'on est déjà en vert,
36:01sauf si on passe en rouge,
36:02mais ce que j'espère vraiment pas,
36:03mais quand une zone est déjà en vert,
36:05les collèges vont ouvrir dès la semaine prochaine
36:09pour les classes de 6e et de 5e.
36:11Et ensuite, on va piloter en fonction des évolutions.
36:14Quand un département passe de rouge à vert,
36:17les collèges ont vocation à ouvrir.
36:18Alors, c'est pas forcément du jour au lendemain,
36:20parce qu'il faut préparer les choses.
36:22Notamment, il faut préparer le bâtiment
36:26avec le conseil départemental et tous les acteurs.
36:29Mais c'est pour ça qu'il est bon d'être en anticipation.
36:31C'est pour ça aussi, d'ailleurs,
36:32que les pré-rentrées dans le second degré
36:34peuvent se passer à partir du début du déconfinement
36:36pour qu'au moins les professeurs se retrouvent,
36:38discutent entre eux
36:39et préparent la rentrée des collégiens
36:41pour le moment où elle va arriver.
36:43Et si ça passe de vert à rouge ?
36:45Est-ce qu'on ferme ?
36:48Alors, si un département passe de vert à rouge
36:51d'ici au 18 mai...
36:54Ou même un peu plus tard.
36:56Si c'est après, nous verrons les règles
36:58que nous attachons au caractère vert et au caractère rouge.
37:01Il sera possible pour des écoles ou des établissements
37:05qu'ils ferment à un moment donné,
37:07parce que, par exemple, il y aura eu des cas de contagion
37:10vus dans tel établissement.
37:12Ou tel autre.
37:13Ce sont des choses qui restent possibles.
37:15C'est évidemment pas ce que j'espère,
37:16mais c'est possible.
37:18Une question qui revient aussi beaucoup sur le travail.
37:21Les élèves de maternelle et primaire
37:22ne pourront être accueillis à l'école
37:24que 2 jours par semaine.
37:25Comment vont faire les parents
37:26qui vont reprendre le travail pour les 3 jours restants ?
37:28C'est une question essentielle
37:29car, a priori, rien n'est mis en place par les mairies
37:31qui se déchargent sur l'éducation nationale.
37:33La question se pose aussi
37:34pour les centres aérés en juillet et août.
37:35Ca élargit peut-être un peu ce qu'on a évoqué.
37:37Alors, la situation est différente d'un endroit à l'autre,
37:40mais je sais qu'il y a beaucoup de maires
37:42qui ont développé, justement, les centres aérés
37:45et le nouveau dispositif 2S2C dont je vous parlais,
37:49qui est un effort qui est fait par l'Education nationale
37:51non seulement pour participer à 2S2C et financer,
37:56mais aussi pour accueillir au sein de l'école
37:59les publics prioritaires.
38:02Ca aboutit forcément à des choses qui ne sont pas parfaites,
38:04qui ne sont pas...
38:05Je ne prétends pas que nous arrivions
38:07du jour au lendemain à une situation parfaite.
38:08On est forcément dans une adaptation progressive.
38:12Et donc, je comprends parfaitement
38:13les problèmes concrets de la personne
38:16qui pose cette question
38:17et je sais bien que c'est ce qui se passe
38:18pour beaucoup de familles
38:20et j'aimerais pouvoir proposer quelque chose
38:22de plus complet.
38:24Mais il faut voir qu'on part de la situation de confinement
38:28et qu'on ne retourne pas à la normale du jour au lendemain.
38:30C'est tout à fait normal
38:31qu'il y ait cette montée progressive.
38:34Il y a des élèves qui vont être à plein temps.
38:36Je le redis.
38:37Si on prend, par exemple,
38:38les classes de CP, CE1 en réseau d'éducation prioritaire,
38:41c'est des classes de 12.
38:44Elles peuvent avoir...
38:45Les enfants peuvent rentrer à plein temps
38:47et ils font partie, justement, des publics prioritaires.
38:49C'est, par exemple, 300 000 élèves.
38:51Mais en tout cas, on va encourager beaucoup
38:54ce développement des activités périscolaires
38:56pour offrir des solutions aux familles.
38:58Donc, c'est notre travail au quotidien avec les mairies,
39:01ensemble,
39:02mais aussi avec les autres collectivités locales.
39:04Et puis, pour les vacances, en juillet-août,
39:06on va encore plus pousser les dispositifs existants
39:09et on va en créer des nouveaux.
39:10Parce qu'il y avait le risque
39:11d'annuler les colonies de vacances
39:13du fait de la situation sanitaire.
39:15Comme je suis ministre de la Jeunesse,
39:16j'ai aussi la compétence sur ce sujet.
39:17J'ai souhaité qu'elles ne soient surtout pas annulées,
39:19mais qu'on les réadapte à la situation.
39:22Concrètement, on va créer ce label vacances apprenantes
39:25qui permet de couvrir différentes situations.
39:27D'abord, les écoles ouvertes,
39:28c'est-à-dire le fait que ce dispositif
39:31qui s'appelle écoles ouvertes
39:32signifie que le bâtiment scolaire reste ouvert en juillet-août
39:35dans certains endroits
39:36et qu'on y développe des activités ludiques,
39:38culturelles, sportives pour les enfants
39:41pour qu'ils puissent, pendant les vacances,
39:43quand ils ne sont pas en vacances, avoir un lieu d'accueil.
39:46Je sais que les mairies vont être aussi actives
39:48en matière de centres aérés.
39:50Et puis, on va développer des colonies de vacances
39:53d'un genre nouveau, en petit format,
39:55pour avoir des élèves qui partent à 15 ou 20
39:58en milieu champêtre, pas très loin de chez eux,
40:01dans la même région.
40:02Donc ce sont des vacances à la fois écologiques,
40:05éducatives, épanouissantes.
40:08Et donc, on va, évidemment, se mettre à la place des familles
40:11et essayer, là aussi, d'avoir un droit aux vacances des enfants
40:14qui aurait pu être diminué par les circonstances.
40:16Et j'espère qu'on va réussir,
40:17au contraire, non pas à ce qu'il soit diminué,
40:18mais à ce qu'il soit augmenté.
40:20C'est tout le travail qu'on est en train de mener en ce moment.
40:22On se retrousse les manches.
40:23C'est un peu mon message de conclusion, si vous voulez.
40:26Justement, pour ce message de conclusion,
40:28pour l'élargir un peu,
40:29c'est vrai qu'on le voit dans les commentaires,
40:30il y a beaucoup d'inquiétudes.
40:33On voit chez les parents,
40:34même peut-être aussi chez les enfants,
40:36ce monde d'après, quelque part,
40:38qui démarre un peu à partir du 11,
40:39avec toutes ces distanciations sociales qu'on demande,
40:41les protocoles sanitaires,
40:42la crainte de ramener le virus à la maison, etc.
40:45On voit que ce 11 peut être source d'inquiétudes
40:47et d'anxiété pour certains.
40:48Qu'est-ce que vous leur répondez d'un point de vue global ?
40:51Je leur réponds deux choses.
40:53Sur le sujet virus,
40:54ayez en tête l'exemple que je donnais tout à l'heure
40:56sur l'accueil des enfants de personnels soignants.
40:57On n'a pas eu de phénomène de santé
41:00qui se soit particulièrement vu
41:02pour cette configuration-là.
41:04Donc le virus, il faut en prendre l'exacte mesure.
41:07C'est un phénomène grave
41:08vis-à-vis duquel on doit respecter toute une série de règles.
41:10Mais si on respecte ces règles,
41:12on peut avoir une vie en société qui fonctionne.
41:17Et c'est très important,
41:18parce qu'il faut toujours raisonner à contrario.
41:20Qu'est-ce qui se passerait si on ne faisait pas ça ?
41:21Est-ce qu'on va rester enfermés dans des appartements
41:23pendant des mois et des mois ?
41:25C'est inimaginable.
41:26A fortiori, pour ceux qui vivent dans des petits logis,
41:28qui ont des difficultés sociales, c'est inimaginable.
41:31Donc on est obligés d'avoir un esprit de responsabilité
41:33pour inventer des nouvelles modalités de vie ensemble.
41:37Et donc je crois que ces modalités et des inconvénients
41:42sont incontestables.
41:43Et ça ne sert à rien de se les reprocher les uns aux autres.
41:45C'est parce que la situation nous l'impose.
41:47Et j'espère qu'on va dépasser ça au plus vite.
41:50Mais aussi, ce que je dis, c'est qu'on doit faire,
41:52comme toujours dans la vie, de ces circonstances adverses,
41:55un levier pour des améliorations.
41:56Regardez l'usage du numérique
41:58a connu des améliorations dans cette période.
42:00Notre esprit collectif a connu des améliorations.
42:02La relation parent-professeur ou professeur-élève
42:04a connu des améliorations pendant cette période.
42:06Toutes ces choses-là,
42:08eh bien, on doit continuer en méjoin à le faire vivre
42:12et à se retrousser les manches pour résoudre les problèmes.
42:14Je me mets à la place de chacun.
42:16Je comprends les inquiétudes dont vous parlez.
42:18Je comprends les solutions un peu compliquées
42:21devant lesquelles se trouvent les familles
42:23pour arriver à, à la fois, par exemple, travailler
42:27et avoir l'enfant occupé dans quelque chose.
42:29Mais on va trouver des solutions.
42:31On les trouve localement.
42:33Et puis, petit à petit, même si des problèmes demeurent,
42:35eh bien, on va aller vers du mieux.
42:38Et c'est dans ces moments-là
42:39qu'on se prouve quelque chose à nous-mêmes, collectivement.
42:42C'est-à-dire notre capacité à être solidaires
42:45et à avancer collectivement.
42:46Je pense que c'est ce qu'on amorce la semaine prochaine.
42:49Ce sera imparfait, c'est sûr.
42:50Mais ça va dans la bonne direction
42:52et on doit y aller ensemble.
42:54On tient à remercier toutes les personnes
42:55qui ont suivi ce Facebook Live.
42:56Alors, encore une fois,
42:57il y avait des milliers et des milliers de commentaires.
42:59On n'a pas pu tous les prendre
43:00entre ceux qui sont arrivés avant le live,
43:01qui étaient déjà autour d'un millier,
43:03et ceux qui sont arrivés sur ce live.
43:04C'est très impressionnant.
43:05Donc, on a essayé de prendre, en tout cas,
43:07ceux qui revenaient le plus dans ce Facebook Live.
43:09On s'excuse vis-à-vis de ceux
43:10qu'on n'a pas pu forcément prendre.
43:12Mais on essaiera d'y apporter, peut-être,
43:13une réponse une prochaine fois.
43:14Je rappelle qu'il y a parfois des questions
43:16sur le site du ministère, education.gouv.fr,
43:18et parfois sur le site EduSchool aussi.
43:21Et notamment, on a une foire aux questions,
43:22qui permet parfois d'avoir des réponses
43:24aux questions que vous avez.
43:26Donc, très important, on mettra le lien dans les commentaires.
43:27J'en profite pour remercier
43:29tous ceux qui m'ont permis la réalisation de ce live,
43:30Gislain Marais, Hugo Georges, Arnaud Créteil,
43:33et encore Yoann Malquet, qui est juste derrière la caméra.
43:35J'embrasse aussi Charles Villa,
43:36qui m'a suivi sur ces derniers lives aussi,
43:38pour pouvoir réaliser tous ces directs,
43:40parce que dans ces périodes de confinement,
43:41c'est aussi des dispositifs très adaptés,
43:44et sans eux, on ne pourrait pas être en live en ce moment.
43:47Donc, un grand merci à ceux qui sont dans l'ombre
43:49et qui font qu'on puisse être en direct très régulièrement
43:51pour des interviews ici ou ailleurs,
43:54comme c'était encore le cas il y a quelques jours,
43:55avec Nicolas Hulot,
43:57un live que vous pouvez d'ailleurs retrouver en replay.
43:58On va continuer, dans les prochains jours,
44:00dans les prochaines semaines,
44:01à vous informer sur cette crise sanitaire,
44:02que ce soit la rencontre de ceux qui sont en charge
44:04des responsabilités d'un point de vue gouvernemental,
44:06politique, local, national,
44:07mais aussi des médecins, des chercheurs ou autres,
44:10comme on le fait depuis le début,
44:11pour vous informer sur cette épidémie.
44:12Sur ce, on se met sur notre vie d'après,
44:14comment l'aborder du mieux possible
44:16entre crainte et espoir d'un monde nouveau.
44:18On essaiera d'y revenir, bien évidemment,
44:19le plus régulièrement possible.
44:21Et vous remerciez, encore une fois, Jean-Michel Blanquer,
44:23d'avoir répondu à mes questions, aussi celles des internautes.
44:25Merci à vous et bon courage à tous et à bientôt.
44:27Très bonne journée à tous et à bientôt sur Brutal.
44:29Au revoir.