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00:00Europe 1, Europe 1, 11h, 13h, Pascal Praud et vous.
00:09Actualité dramatique ce matin, nous le disons, bonjour Géraldine Hamon, bonjour à Laurent Tessier, qui est à la rédaction, chef de ce magazine,
00:17bonjour à Fabrice Laffitte, bonjour évidemment à notre ami Olivier Guenec, et à Alexandre Marre, bonjour.
00:25Rebondissement dans la mort du petit Emile en juillet 2023, l'affaire a ému la France entière.
00:30Quatre personnes, dont ses grands-parents, ont été placées en garde à vue ce matin pour homicide volontaire et recel de cadavres.
00:37C'est une annonce du procureur de la République, elle nous étonnait, puisqu'on aurait pu imaginer qu'il y ait garde à vue,
00:42mais sans motif, la justice ne communique pas toujours précisément.
00:47Donc là elle l'a fait, et j'interrogerai Frédéric Michel pour qu'il nous décrypte cela.
00:52C'est le 25 mars 2025, Philippe Védot-Vigny et son épouse grand-parent d'Emile Soleil, ainsi que deux de leurs enfants majeurs,
01:01ont été placés en garde à vue, on rappelle qu'Emile avait disparu le 8 juillet 2023, alors qu'il avait deux ans et demi,
01:07il venait d'arriver pour les vacances d'été chez ses grands-parents maternels, dans leur résidence secondaire du Hameau du Haut-Vernay, dans les Alpes de Haute-Provence.
01:16Bonjour Frédéric Michel, Frédéric Michel correspondant d'Europe 1 dans le Sud-Est, est-ce qu'il m'entend Frédéric Michel ?
01:25Très très bien, bonjour Pascal, bonjour à tous.
01:27Bonjour Frédéric, alors avant de parler de cette garde à vue, on vient d'apprendre, mais y a-t-il un rapport ou non,
01:35c'est que le prêtre qui avait baptisé le petit Emile, et je crois que c'est Paris Match qui donne l'information,
01:43le prêtre qui avait baptisé le petit Emile s'est suicidé le 15 mars dernier, et cette information a quelques minutes Frédéric Michel.
01:52Comment appréhender cette information ?
01:56Oui alors, cette information n'est pas remontée pour le moment, mais il est vrai qu'au moment de la saisie de la jardinière, il y a une quinzaine de jours,
02:05on s'est concentré sur cette chapelle qui est située vraiment à quelques pas de la maison familiale, de la maison de vacances des grands-parents d'Emile.
02:15Là où il a disparu, on sait que des prélèvements ont été effectués dans cette chapelle, et on parlait d'un prêtre qui avait l'habitude de venir,
02:24notamment pour officier, c'est essentiellement les grands-parents d'Emile, la famille d'Emile qui venait se recueillir ou assister à des messes,
02:34avant et après la disparition d'Emile dans cette chapelle, donc on peut imaginer, certains médias avaient évoqué en effet qu'un prêtre était dans cette histoire,
02:44donc on peut imaginer que tous ces éléments font qu'aujourd'hui l'affaire, le dossier semble se précipiter.
02:52A l'instant Stéphane Burgate qui est notre correspondant à Marseille et qui est devant la maison de la famille du petit Emile,
03:01plus exactement des grands-parents, Phil Védonis et son épouse ainsi que les enfants, m'indiquent qu'une remorque est arrivée et a saisi le véhicule du grand-père,
03:14ainsi qu'une remorque à cheval, car visiblement dans cette propriété familiale, il y a des chevaux,
03:24et Stéphane Burgate, notre correspondant à Marseille, m'indique que la remorque à chevaux a été saisie, une dépanneuse vient de partir,
03:33puisque depuis maintenant 7h du matin, une perquisition a lieu au domicile des grands-parents d'Emile.
03:40Ce qui nous a étonné ce matin, c'est que le procureur communique, et parfois une garde à vue aurait pu être prononcée,
03:48et le motif de la garde à vue n'est pas toujours donné, là il a été donné, et les faits sont suffisamment graves bien sûr pour que ces faits nous interpellent.
03:57Homicide volontaire, c'est-à-dire qu'une des quatre personnes ou deux des quatre personnes que sais-je auraient,
04:03évidemment le conditionnel s'impose, auraient tué Emile, en tout cas c'est ça que veut dire homicide volontaire,
04:09et puis recel de cadavre. Alors est-ce que vous avez une explication, Frédéric Michel,
04:16pour laquelle, pour quelles raisons ce procureur a-t-il communiqué aussi précisément ?
04:23Alors c'est vrai que c'est pas habituel, mais de toute façon en matière de procédure d'enquête,
04:29comme une garde à vue ne veut pas dire avec culpabilité, il faudra voir, le procureur explique dans son communiqué
04:36que ces placements en garde à vue s'inscrivent dans une phase de vérification et de confrontation des éléments,
04:43et informations requises lors des investigations, mais c'est vrai qu'il indique aussi le chef,
04:49alors on va toujours au plus haut pour expliquer, pour prendre notre affaire,
04:53lorsque l'on a une suspicion après un meurtre, peut-être d'assassinat, il faut ouvrir au plus haut,
05:00parce qu'on ne peut pas revenir en arrière. Ça explique peut-être cette précision,
05:05mais c'est vrai que c'est assez inhabituel, et puis il y a le fait de recel de cadavre,
05:10donc c'est vrai que c'est un élément important, on peut imaginer que les enquêteurs,
05:16qui ont sans doute pas ce matin interpellé les grands-parents et les deux oncles,
05:23qui semblent être majeurs d'Émile, c'est une fratrie de dix enfants, rappelons-le,
05:29on imagine bien qu'ils ont des éléments solides, et qu'ils peuvent imaginer que peut-être le corps du petit Émile
05:38a été gardé dans un endroit avant de réapparaître, il y a un an, au moment de la Pâque,
05:47plus exactement le jour de la résurrection du Christ, très symbolique pour une famille catholique,
05:52et c'est une rendez-vous qui a découvert ce petit crâne de l'enfant, elle l'a dit posé au milieu du chemin,
06:00comme s'il l'avait été déposé, peut-être que ça a aussi intrigué pour les parents d'Émile,
06:05la maman et le papa, c'était un signe du ciel, ils l'ont dit à plusieurs reprises,
06:09ça leur a permis aussi de commencer un deuil, d'avoir quelques réponses,
06:14mais ça peut aussi intriguer cette découverte à ce moment-là.
06:18Alors en effet, le procureur a été très précis, maintenant il faut rester prudent, c'est la procédure normale aussi.
06:26Il est 11h10, vous êtes sur Europe 1, nous sommes avec Frédéric Michel, le correspondant d'Europe 1 dans le sud-est,
06:32et nous évoquons évidemment la mort du petit Émile en juillet 2023,
06:35et puis ces quatre personnes, dont ses grands-parents, qui ont été placés en garde à vue ce matin pour homicide volontaire et recel de cadavres.
06:41Et là où Frédéric Michel a raison, puisque tout le monde s'est fait la même réflexion,
06:45si le procureur communique précisément sur les motifs de la garde à vue,
06:51c'est que les enquêteurs ont sans doute des éléments tangibles.
06:55Alors la prudence s'impose bien sûr toujours,
06:58mais à ce niveau d'enquête, après autant de temps passé,
07:02chacun peut imaginer, et j'emploie à dessein ce mot imaginer,
07:06que les enquêteurs ont des éléments probants.
07:09Qu'est-ce qui va se passer aujourd'hui ?
07:10D'abord c'est la première fois que les grands-parents sont en garde à vue,
07:13parce qu'on sait que le temps de la garde à vue, Frédéric Michel, est toujours limité.
07:17Alors d'abord c'est la première fois qu'une garde à vue, dans ce dossier, a lieu.
07:22Il n'y a jamais eu de garde à vue.
07:24Et évidemment c'est un coup de tonnerre, puisque là ce sont les grands-parents et deux des oncles d'Émile Soleil.
07:30La garde à vue peut durer 24 heures, renouvelable 24 heures de plus, donc 48 heures au total,
07:37et on aura une indication précise ce soir.
07:40Si ce soir, soyons clairs, les grands-parents et les oncles sont remis en liberté,
07:45si la garde à vue s'achève, c'est que finalement il n'y a pas d'élément suffisant pour les incriminer l'un ou l'autre.
07:53Si la garde à vue se prolonge, c'est que les enquêteurs ont besoin vraiment de fermer beaucoup de portes,
07:59et là on se dit qu'ils ont vraiment des éléments très précis, et ils ont sans doute des éléments précis.
08:04Ça fait près de 20 mois maintenant qu'ils enquêtent de manière minutieuse et très discrète.
08:09Les enquêteurs ont réalisé des centaines, pour ne pas dire des milliers d'actes sur la téléphonie,
08:15mais ils sont allés vérifier un petit peu partout aussi en France.
08:18Ils ont remonté évidemment le passé des différents protagonistes,
08:22ils ont évidemment vérifié qui était là, qui a borné au niveau de son téléphone dans ce hameau du Auvergné.
08:31Ils ont interrogé les personnes, mais ils n'ont jamais placé en garde à vue des individus.
08:36Là c'est une garde à vue qui peut durer 48 heures, et ce sera important de savoir ce soir ce qu'il en sera.
08:41Frédéric Michel reste avec nous bien sûr à 11h11.
08:44Nous serons également tout à l'heure avec Marc Rolland, qui est capitaine de gendarmerie, spécialiste des affaires criminelles.
08:49A tout de suite.
08:50Rebondissement dans l'affaire qui a ému toute la France, la mort du petit Émile en juillet 2023.
08:54Les grands-parents, je vous rappelle, les deux de leurs enfants, sont placés en garde à vue.
08:58On continue d'en parler avec Pascal Praud sur Europe 1, et vous auditeurs, réagissez.
09:02Appelez-nous au 01 80 20 39 21, 11h-13h, c'est Pascal Praud et vous sur Europe 1.
09:12Nous sommes avec Frédéric Michel, correspondant Europe 1 dans le sud-est.
09:16Les dernières informations effectivement de cette matinée, rebondissement dans la mort du petit Émile,
09:23vous arrivez à l'instant à l'antenne, sachez que l'affaire a ému bien sûr la France entière
09:28et que depuis ce matin, 4 personnes, dont ses grands-parents, ont été placées en garde à vue ce matin
09:33pour homicide volontaire et recel de cadavres.
09:36C'est une annonce du procureur de la République d'Aix-en-Provence dans un communiqué.
09:39Est-ce qu'aujourd'hui, il y a une communication prévue, Frédéric Michel,
09:45ou est-ce qu'il va falloir attendre avant que le procureur de la République prenne peut-être la parole ?
09:51Alors, le parquet ne nous a rien confirmé, mais évidemment, on peut imaginer qu'il y aura prise de parole
09:56à l'issue des gardes à vue. Donc, comme je vous l'expliquais, soit ce soir, tout le monde est remis en liberté
10:01et finalement, il n'y a rien, et peut y avoir une simple communication, peut-être comme aujourd'hui,
10:06comme ce matin, par communiqué, où effectivement, les choses sont plus précises
10:12et que demain, les gardes à vue se poursuivent. Et là, on pourrait imaginer, alors elle dure 48h,
10:17ça voudrait dire que ça nous remonterait jusqu'à mercredi matin, on pourrait imaginer au plus tôt une conférence de presse
10:22parce qu'il faudra évidemment s'expliquer, vous l'avez dit, l'affaire a ému la France entière.
10:26Tout le monde a entendu parler du petit Émile et tout le monde aimerait connaître la vérité.
10:33On sait que pour d'autres affaires, je pense notamment à l'affaire Grégory, on n'a toujours pas cette vérité.
10:37C'est vraiment un fait divers qui a plus que marqué la société française.
10:42Donc évidemment, il y aura sans doute une communication orale, demain soir au plus tôt, mercredi matin,
10:49mercredi dans l'après-midi au plus tard.
10:52C'est vrai que Bruno Retailleau qui était ce matin sur CNews avec Sonia Mabrouk,
10:57on a eu une conversation sur les moyens dont dispose aujourd'hui la police, notamment scientifique,
11:03et il nous disait que bien sûr, ça n'a rien à voir avec ce qu'étaient les enquêteurs,
11:08comment ils pouvaient travailler en 1984-1985 au moment de l'affaire Grégory.
11:12Aujourd'hui, c'est assez exceptionnel, les moyens de la police scientifique,
11:17qui sont d'ailleurs bien souvent très secrets par définition,
11:22mais on arrive à analyser à partir d'une tache de sang, la manière dont elle est tombée sur le sol,
11:29pourquoi pas de remonter comment les faits ont pu se dérouler.
11:37C'est tout à fait saisissant, et c'est sans doute les enquêteurs qui bénéficient aujourd'hui
11:42de toutes ces possibilités scientifiques.
11:45Une dernière chose, Frédéric.
11:47Le petit Émile, c'est sa mère,
11:53et les grands-parents qui sont aujourd'hui en garde à vue,
11:56sont les parents de la mère du petit Émile,
12:00et vous avez rappelé cette famille avec beaucoup d'enfants,
12:03et là-dessus on pouvait avoir une pensée pour la mère du petit Émile,
12:08et puis ses frères et sœurs qui aujourd'hui apprennent que leurs grands-parents sont en garde à vue.
12:17Oui, les grands-parents maternels, vous l'avez dit,
12:20c'est eux qui avaient reçu la charge du petit Émile,
12:24les parents leur avaient confié leur enfant et étaient repartis vers la Bouilladis,
12:30c'était le 7 juillet, la veille de sa disparition, le 7 juillet 2023.
12:36Donc oui, ça doit être un cataclysme dans cette famille.
12:40Rappelons que l'inhumation du petit Émile et ses obsèques ont eu lieu le 8 février dernier.
12:45On a vu les parents qui ont remercié les enquêteurs notamment,
12:50mais toutes les personnes qui avaient aidé dans cette affaire,
12:53les grands-parents aussi, c'était exprimé par Communiqué.
12:58Moi, c'est à ce moment-là où j'ai eu un contact aussi direct avec le procureur de la République
13:04pour obtenir quelques informations.
13:07Il m'avait indiqué, écoutez, ce n'est pas le moment.
13:10C'était le moment des obsèques, ce n'est pas le moment pour Communiqué,
13:14mais je reviendrai vers vous sans doute assez rapidement.
13:17Précisons que ces gardes à vue ne sont pas arrivés comme ça au hasard
13:22et pas forcément en raison de cette saisie du bac devant la chapelle.
13:27Elles sont programmées de longue date.
13:30Je pense qu'il y a sans doute eu une accumulation d'éléments qu'il faut aujourd'hui vérifier.
13:37Il faut confronter les différents protagonistes.
13:40Ce qui ne veut pas dire, Pascal aussi, il faut peut-être le préciser,
13:43on parle d'homicide volontaire, on part au plus haut.
13:47On peut tout imaginer, soit les grands-parents, les oncles ne sont pour rien dans l'affaire,
13:52soit on peut imaginer qu'il y a une volonté de tuer.
13:55Pour quelle raison ? C'est l'enquête qui le décidera.
13:59On peut aussi imaginer, parce que ce qualificatif ne veut pas dire
14:02qu'il n'y a pas eu un accident à l'intérieur de la famille,
14:06qu'on a couvert cet accident, il faut le vérifier.
14:09C'est pour ça qu'on part au plus haut, qu'on ouvre sur homicide volontaire.
14:13Mais pourquoi pas aussi, on peut imaginer, entre enfants,
14:17puisque vous l'avez dit, les oncles sont aussi jeunes, les oncles d'Emile.
14:21J'entends bien Frédéric, mais là, précisément, je sais que parfois,
14:26les auditeurs, les téléspectateurs peuvent nous reprocher d'entrer dans des hypothèses
14:31qui, par définition, sont des hypothèses.
14:33Donc ce que je propose sur ces sujets, c'est de garder une très grande prudence
14:37sur toutes ces hypothèses.
14:39Et que ces hypothèses, elles sont dans votre tête comme dans la mienne
14:42et comme dans ceux qui nous écoutent,
14:44mais sans doute, faut-il mieux qu'elles restent ?
14:50Je vais l'expliquer pour dire que homicide volontaire ne veut pas dire forcément un meurtre.
14:54Il faut l'ouverture, c'est pour cette raison.
14:58Et vous avez raison de préciser qu'homicide volontaire ne veut pas dire meurtre.
15:03En tout cas, je vous remercie grandement pour la qualité et la précision
15:08de tout ce que vous nous avez dit depuis que nous avons pris cette antenne.
15:12Et puis aujourd'hui, bien sûr, on vous entendra régulièrement sur l'antenne d'Europe 1
15:16pour de nouvelles précisions s'il tentait qu'il y en ait avant 20h ou 21h ce soir.
15:22Il est 11h21 et nous sommes avec Marc Rolland, capitaine de gendarmerie.
15:31Marc Rolland, bonjour Monsieur Rolland.
15:35Évidemment, on fait le parallèle entre Emile et le petit Grégory
15:39parce que chacun fait naturellement ce parallèle
15:42et ce sont deux époques différentes
15:45avec des manières d'enquêter qui sont radicalement différentes
15:49et qui permettent grâce, sans doute, aux avancées scientifiques
15:54d'espérer une vérité criminelle dans l'affaire Emile
16:00alors qu'il n'y en aura sans doute jamais dans l'affaire Grégory.
16:05Tout à fait, et l'épisode malheureux de territoire des Vosges
16:11dans le milieu des années 80
16:14nous rappelle que nous étions, nous, gendarmes, mais également policiers,
16:17particulièrement démunis en matière de police technique et scientifique.
16:21Et cette affaire Villemin, cette affaire du petit Grégory
16:25a effectivement été un marqueur essentiel
16:28dans la construction de tout le schéma criminalistique
16:33au plus proche du terrain jusqu'au plus haut des laboratoires en gendarmerie
16:38avec notamment dans l'eau du spectre notre institut criminel à Pontoise, par exemple.
16:43Alors c'est vrai que moi je suis d'une très grande prudence
16:45parce que je pense aux auditeurs qui n'aiment pas, je le disais à l'instant,
16:49qu'on parte dans des conjectures et des hypothèses
16:51ce sont parfois des choses qu'on nous reproche
16:53on lui dit voilà vous parlez avec des spécialistes autour de la table
16:56mais au fond ces gens disent tout en disant qu'ils ne savent rien
17:00disent quand même des choses qui auraient pu se passer, etc.
17:03Alors là, qu'est-ce qui s'est passé ?
17:05Qu'est-ce qui a déclenché ces garde à vue ?
17:08Personne ne le sait précisément sauf les enquêteurs.
17:12On sait simplement que les gendarmes ont saisi une jardinière
17:17qui était disposée à l'entrée d'une chapelle du Hameau
17:19il se trouve que dans cette chapelle venait un prêtre régulièrement
17:23et qu'on a appris, je ne sais même pas si c'est le prêtre qui a baptisé le petit Émile
17:27on a appris ce matin, c'est Paris Match qui donne cette information
17:31que le prêtre qui avait baptisé le petit Émile s'est suicidé le 15 mars
17:36donc ce qui ajoute, peut-être n'y a-t-il absolument aucun rapport
17:40entre l'affaire Émile et cette mort
17:44mais évidemment ça frappe l'imagination d'entendre cela ce matin.
17:51Tout à fait, vous avez un contexte judiciaire qui est pollué par des hypothèses
17:56mais les enquêteurs travaillent précisément sur des hypothèses
18:00et il leur appartient de les consolider par des éléments matériels
18:04des retours d'expertise, des analyses d'audition.
18:07En cela, le fait que les gens parlent, c'est bon signe
18:11ça montre que cette enquête judiciaire, cette affaire judiciaire hors normes, faut-il le rappeler
18:17passionne parce qu'elle concerne effectivement un drame humain
18:21celui du quotidien, celui qui concerne un jeune enfant
18:24et les enquêteurs dans ce brouhaha, à la fois au niveau de la presse écrite, télévisuelle ou autre
18:32doivent faire la séquence la plus compliquée
18:35c'est identifier ce qui est audible en procédure de ce qui ne l'est pas.
18:40C'est un travail d'investigation mais effectivement les hypothèses, quelles qu'elles soient, sont étudiées
18:45et il appartient aux enquêteurs de ne faire l'impasse sur aucune éventualité, sur aucune possibilité.
18:51A 11h24, vous êtes sur Europe 1 avec Marc Roland, capitaine de gendarmerie, spécialiste des affaires criminelles
18:58qui évoque avec nous ses avancées scientifiques qui peuvent permettre peut-être d'éclairer
19:04ou d'arriver jusqu'à la vérité.
19:07La garde à vue est toujours un moment aussi important.
19:10Je ne sais pas comment se passe une garde à vue quand il y a quatre personnes
19:14chacune est entendue séparément par des enquêteurs différents ?
19:20La garde à vue, faut-il le rappeler, est une mesure privative de liberté, un temps soit peu, un temps durant
19:27sous le contrôle d'un magistrat, ici des juges d'instruction
19:30et l'idée c'est effectivement de garantir et le code de procédure pénale le prévoit
19:36le maintien à disposition des enquêteurs pour le besoin des investigations
19:40et dans le cas d'espèce pour éviter possiblement le dépérissement des preuves
19:44et la concertation entre les protagonistes.
19:47Quatre gardes à vue, en soi ce n'est pas compliqué à gérer
19:51puisqu'on arrive parfois à gérer plus de 50 gardes à vue en même temps.
19:55Ce qui est compliqué ce sont malheureusement les capacités matérielles
20:00la disponibilité des médecins et celle des avocats qui assistent leurs clients.
20:04Et depuis quelques années, ce qui n'était pas le cas je crois il y a 30 ou 40 ans
20:10en garde à vue, dès la première heure de garde à vue, il y a possibilité d'avoir un avocat
20:16ce qui fait que celui qui est en garde à vue peut être assisté d'une défense
20:22qui n'était pas le cas avant monsieur Rostand.
20:26Tout à fait, depuis quelques temps l'avocat a effectivement le droit d'assister très rapidement
20:32de tenir un entretien pendant 30 minutes de manière confidentielle avec le gardé à vue
20:36avec son client, il peut même possiblement l'assister durant les auditions
20:41Mais faut-il le rappeler, la charge de la preuve pénale, l'imputabilité du fait criminel ou délictuel
20:49appartient au parquet, appartient aux juges d'instruction, appartient aux enquêteurs.
20:53En cela, on doit être en mesure de construire un dossier judiciaire
20:59au terme d'investigation judiciaire de nature à établir de manière formelle et incontestable
21:05la culpabilité d'un tiers, cela même qu'il devrait garder le silence
21:10ce qui constitue un droit, celui de se taire en garde à vue.
21:14Merci beaucoup monsieur Roland, merci Marc Roland, capitaine de gendarmerie spécialiste des affaires criminelles
21:19voilà ce qu'on pouvait dire ce matin sur cette affaire dramatique.
21:23Dans une seconde, nous serons au téléphone avec Mayar Monchipour, ancien champion du monde de boxe
21:32puisqu'il a répondu à Teddy Riner qui imaginait le voile comme une solution dans la société française
21:41en tout cas ne posant pas forcément de problème.
21:44Réveillez-vous, a dit monsieur Monchipour, on l'écoute après le rappel des titres, à tout de suite.
21:50Restez bien avec nous, la suite de Pascal Prévost, c'est dans un instant et c'est de 11h à 13h sur Europe 1.