Voilà ce que les femmes qui ont recours à l'IVG en France doivent encore subir aujourd'hui.
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00:00Oui, dans notre pays, nous avons vécu nous-mêmes parfois des entraves à l'IVG,
00:04nous avons vécu des délais qui étaient trop longs,
00:06nous avons vécu des médecins qui nous ont obligés à écouter des battements de cœur.
00:09Nous l'avons vécu !
00:11Et nous ne voulons pas que les femmes dans notre pays continuent à le vivre.
00:14Non seulement je parle avec des femmes qui ont avorté, mais j'ai moi-même avorté.
00:17Et le moment de détresse, je l'ai ressenti à quel moment ?
00:20C'est le jour où je suis allée chez le gynécologue
00:22et qu'on m'a expliqué qu'il n'y aurait pas de place à temps
00:25pour que je puisse avorter dans les délais.
00:30Il y a 45 ans, la France a reconnu à toutes les femmes le droit de disposer librement de leur corps.
00:34Alors, pourquoi légiférer aujourd'hui ?
00:37Les professionnels de santé et les associations qui accompagnent les femmes
00:40nous alertent depuis de nombreuses années sur les entraves à ce droit.
00:48La loi aborde la question de l'allongement du corps.
00:51C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'entrave.
00:53C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'entrave.
00:55C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'entrave.
00:58La loi aborde la question de l'allongement du délai légal.
01:01Donc, on passerait de 12 à 14 semaines.
01:03Ce qui est une demande qui est réitérée depuis très longtemps
01:06par les associations féministes, les plannings,
01:09et qui existe déjà en Espagne et dans de nombreux pays.
01:13En Suède, les délais sont de 18 semaines.
01:16Aux Pays-Bas, c'est de 22 semaines.
01:18Et au Royaume-Uni, c'est de 24 semaines.
01:28Il y a énormément de médecins qui partent à la retraite
01:31et les postes ne sont pas renouvelés.
01:33Il y a de plus en plus de praticiens
01:35qui refusent de pratiquer des IVG
01:37et qui ne réorientent pas les femmes derrière
01:40alors que la loi, normalement, les y oblige.
01:43Il y a la double clause de conscience
01:45qui est vraiment spécifique à l'IVG.
01:47C'est l'unique acte médical en France
01:49qui a une clause de conscience spécifique
01:51qui s'ajoute donc à la clause de retraite.
01:54Cette double clause de conscience
01:56tend à faire de l'IVG un acte médical à part
01:59et à le stigmatiser.
02:01Il y a de nombreux centres IVG
02:03qui ont fermé ces 15 dernières années.
02:06Forcément, il y a des gros problèmes
02:08pour les femmes pour trouver des endroits
02:10où faire pratiquer leur IVG.
02:12Et enfin, il y a depuis 2009
02:14une généralisation de la tarification à l'acte.
02:17C'est-à-dire qu'il n'y a pas de tarification
02:20à l'acte.
02:23Cela fait de l'IVG un acte
02:25peu valorisé non seulement socialement
02:27mais aussi financièrement
02:29puisqu'il est mal payé.
02:31Cela contribue à faire que des praticiens
02:33qui peuvent avoir des convictions
02:35qui font qu'ils n'ont pas envie
02:37de pratiquer un IVG,
02:39ça va encore moins les encourager à le faire.
02:53C'est un débat qui est primordial
02:55d'avoir actuellement en France
02:57parce que, même si la majorité des personnes
02:59sont globalement pour l'IVG,
03:01il y a toujours une culture
03:03de la culpabilisation des femmes.
03:05Il y a toujours l'idée que les femmes
03:07auraient recours à l'IVG
03:09de façon légère
03:11et qu'elles seraient négligentes
03:13avec leur contraception.
03:15Il faudrait quand même
03:17que les femmes puissent
03:19se rappeler que la contraception
03:21pèse essentiellement sur les femmes
03:23et que ce n'est pas pour ça
03:25qu'elles ont à porter
03:27la responsabilité d'un IVG.
03:29Je rappelle que
03:31un tiers des femmes
03:33avortent au cours de leur vie
03:35donc il y a quand même l'idée
03:37que c'est quelque chose
03:39qui peut arriver à tout le monde.