Nicolas Calvao, directeur de l'Adavirs dans l'Yonne.
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00:00Nous sommes le mardi 25 mars, bienvenue à tous, ravi de vous accompagner en ce mardi.
00:04L'ADAVIRS, l'association spécialisée dans l'aide aux victimes, tient son assemblée générale aujourd'hui.
00:09C'est à Saint-Georges-sur-Bauche, l'occasion pour nous ce matin de rappeler son action dans notre département.
00:14Son directeur Nicolas Calvao répond à vos questions.
00:17Bonjour Nicolas Calvao.
00:19Alors justement l'ADAVIRS qui accompagne toutes les personnes qui s'estiment victimes d'une infraction à caractère pénal.
00:25Il n'y a pas de hiérarchie, vous accueillez aussi bien des victimes de vol que des victimes de violences aggravées.
00:31Oui tout à fait, toute personne qui s'estime victime, quelle que soit l'infraction qu'elle a subie, peut profiter, solliciter les services de l'association.
00:39Donc vous êtes là pour les orienter, les aiguiller ?
00:43Oui, les accompagner, les informer, les orienter en fonction des besoins et puis vraiment les accompagner dans la réalisation des différents moments de la procédure.
00:55La demande d'aide juridictionnelle, le recouvrement des dommages d'intérêt, la constitution de partie civile.
01:00Bref tous ces éléments qui sont assez accessibles puisque c'est des lettres simples ou des formulaires à remplir mais sur lesquels il y a besoin d'un accompagnement.
01:08Quelles sont leurs angoisses à ces personnes qui viennent vous voir ? Quelles sont leurs questions ?
01:12Leurs questions ça va être la durée de la procédure, ça va être l'issue de celle-ci, ça va être l'accompagnement dont ils vont pouvoir bénéficier,
01:20ça va être aussi la prise en charge de l'auteur ou de la personne qu'elle met en cause.
01:26Tous ces éléments sont des inquiétudes qui ressortent régulièrement dans les accompagnements.
01:30Ca va être le coût de la procédure ?
01:32Le coût de la procédure peut effectivement être un frein.
01:35Je parlais de l'aide juridictionnelle en fonction de vos conditions de ressources.
01:39Vous avez la possibilité de bénéficier de la prise en charge de vos frais de justice.
01:43Dans les cas d'atteinte les plus graves, cette aide juridictionnelle est octroyée de droit.
01:50Du coup il n'y a même pas la condition de ressources.
01:52Donc il y a effectivement le frein sur les procédures.
01:55C'est peut-être plus valable pour les procédures civiles que pour les procédures pénales ce frein-là.
01:59Les gens qui viennent vous voir, tout à l'heure on disait que ça pouvait être aussi bien des victimes de vols que de violences.
02:06En règle générale, est-ce que ces délits dont ils ont été victimes sont des choses très importantes
02:13ou on vient vous voir pour un vol de voiture ou une voiture abîmée ?
02:18Il y a 60% des infractions qu'on accompagne qui sont des atteintes aux personnes.
02:23Les 30% sont des atteintes aux biens et il y a 10% d'accidents de la route.
02:30Et on peut effectivement nous contacter pour des problèmes de voisinage, des problèmes de chiens violents.
02:36On fait vraiment tout le panel et puis on accompagne aussi des victimes dans des affaires criminelles.
02:43Du coup tout le panel des infractions est pris en charge par les juristes de la Davers.
02:46Et ce matin on vous invite à vous exprimer sur notre antenne.
02:51Trouvez-vous que l'accès à la justice est compliqué ?
02:54Gilles nous appelle de Villeneuve-sur-Yonne ce matin. Bonjour Gilles.
02:58Bonjour.
03:00Gilles, est-ce que vous avez déjà eu affaire à la justice ?
03:04Ou est-ce que justement vous aviez une raison de vous plaindre et vous avez tout arrêté parce que c'était trop compliqué ?
03:11On n'a pas tout arrêté parce qu'on attend.
03:15Voilà, c'est que ma fille a acheté une voiture. La reprise pour la réparer mais on n'a jamais eu de nouvelles.
03:23On a porté plainte. Chaque personne a reconnu les faits.
03:26On est passé au médiateur. Le médiateur l'a convoqué, il n'est jamais venu.
03:31Et depuis 5 ans, on n'a toujours pas de nouvelles de la justice.
03:35Donc vous n'avez pas de nouvelles, personne ne vous donne d'informations ?
03:40Ah non, pas du tout. Donc pour moi, il y a un gros problème.
03:44Faire confiance à la justice, jusqu'à présent j'ai fait confiance parce que j'ai les signes qui sont là pour ça.
03:49Mais voilà, pour des trucs comme ça, on n'est pas au courant, on ne sait pas ce qui se passe.
03:54J'ai lu sur un magazine qu'apparemment, au bout de 6 ans, ça pose des gros problèmes pour faire redémarrer le procès du jour.
04:04Merci Gilles d'avoir témoigné au 03 86 52 23 23.
04:08Vous pouvez faire comme lui et nous appeler pour témoigner.
04:13Gilles qui nous appelait de Villeneuve-sur-Yonne.
04:15La durée des procédures, c'est un peu ça qui est au centre de l'intervention de Gilles.
04:21Est-ce que ça aussi, ça décourage ?
04:23Et est-ce qu'on vient vous voir quand ça dure trop longtemps et qu'on n'a pas d'infos ?
04:27Tout à fait. C'est une des informations les plus pertinentes à donner pour les victimes.
04:32C'est effectivement de savoir qu'il y a des actes qui sont menés ou de savoir qu'il n'y en a pas et de pouvoir réagir en fonction.
04:37Et ça fait partie des questions qui nous sont posées.
04:39Et la DAVIRS a la possibilité d'échanger avec les parquets de Sens et d'Auxerre, avec les services d'enquête,
04:45pour avoir des informations à donner, à communiquer aux victimes sur les actes d'enquête qui sont en cours.
04:52Pour revenir sur l'affaire de Gilles, en termes de droit,
04:58savoir si son affaire relève du civil ou du pénal, s'il y a une plainte qui a été déposée,
05:03quels sont les actes qui ont été produits.
05:06Ça va être le travail d'accompagnement des juristes qui reçoivent au tribunal d'Auxerre ou dans nos locaux à Sens.
05:13Ces délais, justement, qu'on connaît, qui sont souvent très longs,
05:17est-ce que ça aussi c'est un frein pour que les justiciables simples,
05:24en tout cas tout un chacun, viennent saisir la justice ?
05:29Oui, indéniablement, ça fait partie des contraintes qui pèsent et qui peuvent décourager.
05:37Encore une fois, dans les cas les plus graves, la justice a une célérité importante.
05:45Aujourd'hui, en tout cas en matière pénale, il y a les comparutions immédiates
05:48qui peuvent permettre de juger très rapidement après la commission des faits ou après le moment de la garde à vue.
05:54Ça permet d'avoir une réponse plus rapide.
05:56En tout cas, c'est une préoccupation qui est partagée par l'ensemble de l'institution judiciaire.
06:00Mais la justice quotidienne, c'est aussi celle à laquelle est confronté le citoyen moyen le plus souvent.
06:07Et de voir que les choses traînent, ça entame peut-être la confiance ?
06:13Oui, après, dans ces cas-là, venir à la DAVIRS, venir interroger les services d'enquête où la plainte a été déposée,
06:20permet d'avoir des informations sur ce qui est produit.
06:22Parce que ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de nouvelles qu'il n'y a rien qui est fait.
06:25Et c'est ça qui n'est pas forcément toujours évident à comprendre,
06:27c'est le fait qu'il n'y a pas de communication sur les actes qui sont produits,
06:31et pour autant il y a quand même un travail qui est mené.
06:33Donc du coup, dans le cas où il n'y a pas de travail qui est mené,
06:36ça permet de rappeler, aiguillonner, donner des explications sur ce qui fait que les procédures n'avancent pas.
06:41Ici Auxerre, il est 8h20, Nicolas Kelvaou, directeur de la DAVIRS,
06:45l'association spécialisée dans l'aide aux victimes et notre invité ce matin.
06:48Alors c'est vous qu'on vient voir, c'est vous qu'on réprimande aussi ?
06:51On fait partie des personnes qui prennent, parce qu'on fait partie, on est au sein du tribunal,
06:56donc il y a des fois où on est assimilé aux différents dysfonctionnements qu'il peut y avoir, effectivement.
07:00Mais oui, on est réprimandé.
07:02Alors, depuis décembre, les victimes de violences intrafamiliales sont dirigées vers un centre d'accueil à l'hôpital d'Auxerre.
07:08Vous êtes partenaire. Quels sont les premiers retours que vous avez ?
07:12Le premier retour, c'est celui de la nécessité d'avoir une action partenariale et d'avoir une action à plusieurs,
07:19de mettre autour de la table les différents acteurs dans les prises en charge,
07:22pour pouvoir accompagner au mieux les victimes, connaître les situations, les identifier,
07:26savoir ce que chacun fait pour qu'il n'y ait pas de message contradictoire qui soit donné,
07:30et de pouvoir avoir une prise en charge globale et coordonnée.
07:32C'est le premier avantage d'un centre comme celui, comme le CAVI.
07:36Alors, on a parlé beaucoup des victimes. Il y a aussi les auteurs.
07:39Et là, Davir, ce n'est pas que les victimes. Vous recevez aussi des auteurs d'infractions
07:43dans le cadre de mesures alternatives aux poursuites.
07:46Ça concerne qui, au juste, et qu'est-ce que vous leur proposez ?
07:50Alors, ça concerne toute personne qui passe en garde à vue dans Lyon au moment des enquêtes sociales
07:55qui vont permettre d'individualiser la réponse pénale.
07:58Ça concerne toutes les personnes qui sont placées sous contrôle judiciaire également,
08:01où nos contrôleurs judiciaires vont s'assurer du respect des obligations.
08:06qui leur sont imposées.
08:08Et puis, ça va concerner aussi les personnes qui bénéficient d'une mesure alternative aux poursuites.
08:13Le procureur peut décider, plutôt que d'envoyer devant un juge une personne mise en cause,
08:17sur reconnaissance de culpabilité, d'avoir une réponse, une sanction pénale qui est plus rapide,
08:22proportionnée aux faits et à la personnalité de l'auteur.
08:25Et on a des délégués du procureur qui vont notifier ces mesures.
08:28La vraie différence entre les victimes et les auteurs, c'est que les auteurs ne viennent pas vers nous volontairement.
08:33C'est sous mandat de justice qu'ils vont nous accompagner.
08:36Et on propose, en tout cas avec d'autres acteurs, le CCAS, la Croix-Rouge,
08:41de monter un centre de prise en charge des auteurs d'infractions, qui existe déjà,
08:46pour pouvoir les accompagner au mieux et leur proposer des ressources,
08:49y compris sur un accompagnement psychologique.
08:51Merci Nicolas Calvao de nous avoir accompagnés ce matin.
08:54Vous êtes le directeur, je le rappelle, de la DAVIRS dans notre département.
08:58Merci et bonne journée.
08:59Bonne journée.