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00:0920h21, les informés.
00:12Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
00:14Bonsoir à tous, bienvenue dans les informés du soir,
00:16votre rendez-vous de débat, votre rendez-vous de décryptage
00:19sur France Info, la radio et le Canal 27 de la TNT.
00:22Jean-Rémi, bonsoir à tous.
00:24On parle de quoi ce soir ?
00:26Les Français Juifs sont-ils en sécurité en France ?
00:29C'est la question qui se pose après l'agression d'un rabbin en pleine rue à Orléans.
00:33Comment protéger les Français de confession juive ? D'où vient cet antisémitisme ?
00:38Le Rassemblement National a-t-il vraiment fait sa mue sur ce sujet ?
00:42Renvoyer les détenus étrangers dans leur pays d'origine, c'est ce que souhaite le ministre de la Justice Gérald Darmanin.
00:49Coup de com' ou solution pour désengorger les prisons ? Est-ce faisable ?
00:54L'idole adorée et puis brûlée, le procès de Gérard Depardieu pour agression sexuelle s'est ouvert aujourd'hui de camp, face à face, au-delà du monde de la culture.
01:04Que dit cette affaire de la société ? A-t-elle fait évoluer les mentalités et les pratiques ?
01:11Enfin, nous terminerons avec la carte blanche des informés.
01:14Nous parlerons notamment de la brutalité de Donald Trump qui donne des idées à d'autres dirigeants.
01:19Et nos informés ce soir autour de la table, François-Xavier Bourmeau, journaliste à l'Opinion,
01:24Alexandra Schwarzbrot, directrice adjointe de la rédaction de Libération,
01:28Patrice Moyon, journaliste à Ouest France et Mickaël Dermont, éditorialiste à Evencat News.
01:33Merci à tous les quatre d'être ici ce soir les informés, c'est parti !
01:39Agathe, on en vient à cette agression, l'agression d'un rimbain à Orléans ce week-end qui relance le débat sur l'antisémitisme en France.
01:46Oui, frappé à la tête, mordu en plein après-midi samedi alors qu'il rentrait de la synagogue avec son fils,
01:52Arie Engelberg a témoigné ensuite en tant que rabbin, c'était une question de temps avant de subir une agression antisémite, dit-il.
02:00Est-on condamné à être agressé parce que français de confession juive ?
02:05Les faits ont été condamnés par toute la classe politique,
02:09mais des voix s'élèvent pour pointer la responsabilité d'un parti dans ce climat, la France insoumise.
02:15Après Gérald Darmanin et Marine Le Pen, c'est le grand rabbin de France Haïm Korsia qui met en cause le parti de Jean-Luc Mélenchon.
02:20Écoutez, c'était sur France Info.
02:22Moi je crois qu'il n'y a plus d'ambiguïté du tout.
02:24Quand vous donnez des signes de connivence, des mots qui disent bien ce qu'ils disent,
02:30même s'ils ne le disent pas officiellement, c'est-à-dire judiciairement, de manière condamnable, ce qu'ils disent,
02:35vous donnez une sorte de sentiment à beaucoup de gens.
02:38Au fond, on peut tout faire, on va mettre la responsabilité écrasante sur une ambiance globale.
02:44Au fond, quand Mélenchon dit, à propos du Helbron-Pivet, Helcamp à Tel Aviv,
02:49reprenant exactement la terminologie des années 30 de l'extrême droite, il sait très bien ce qu'il fait.
02:5662% des actes anti-religieux en France sont des actes antisémites et c'est encore plus à Paris.
03:01Écoutez le préfet de police Laurent Nunez tout à l'heure sur France Info.
03:05À Paris et dans l'agglomération parisienne, le chiffre est plus important.
03:08C'est 88% des actes anti-religieux qui sont des actes antisémites.
03:11Ça peut être des actes violents, des injures, des tags, des propos menaçants, des gestes menaçants.
03:17Voilà, d'où notre grande concentration et détermination à assurer la protection de la communauté.
03:22Les juifs français ne sont-ils plus en sécurité en France ?
03:25La France Insoumise a-t-elle soufflé sur les braises ou davantage ?
03:29Le Rassemblement National est-il vraiment devenu le bouclier de la communauté juive comme il le prétend ?
03:34On va essayer d'aborder cette question évidemment.
03:37Michael Darman, je vais me tourner vers vous. Je rappelle que vous êtes éditorialiste à E24 News.
03:41Je voudrais rebondir sur ces chiffres que nous donne le préfet de police de Paris.
03:4588% des actes anti-religieux sont des actes antisémites à Paris.
03:49C'est 62% au niveau français.
03:51Est-ce à dire que la communauté juive aujourd'hui ne se sent plus en sécurité en France ?
03:56Il est clair que depuis, singulièrement depuis le 7 octobre 2023,
04:01il y a une flambée effectivement d'un antisémitisme et d'agressions antisémites totalement décomplexées
04:07qui prennent plusieurs formes. On l'a encore vu là avec le rabbin Orléans.
04:13Mais on le voit aussi avec des manifestations, en tout cas des déclarations politiques
04:18qui en réalité au fond continuent à faire, à installer ce que moi j'appellerais maintenant,
04:24en paraphrasant Gilles Keppel, un antisémitisme d'atmosphère
04:30qui est installé dans le pays et qui permet aujourd'hui à beaucoup de dire ouvertement
04:38c'est absolument aujourd'hui, c'est un discours qui est tenable, qui est entendable, qui est assumable,
04:43qui est tendance et de ce point de vue là...
04:46Qui est tendance ?
04:47Qui est tendance. Chez beaucoup, notamment chez certains jeunes très engagés à l'extrême gauche,
04:52bien évidemment on le voit et c'est vrai que c'est la France insoumise qui installe cet antisémitisme d'atmosphère.
04:59On a vu la dernière affaire avec Cyril Hanouna qui a provoqué aussi beaucoup de réactions.
05:04On va certainement en parler.
05:06Mais il est vrai aussi que pour répondre à votre question, il y a un sentiment de processus d'invisibilité
05:14qui est en train de se mettre en place au sein de la communauté juive de France
05:17en disant moins on dit qu'on montre l'appartenance à la communauté juive, mieux peut-être on se porte,
05:23en tout cas plus on limite les risques d'agression.
05:27Pour rebondir là-dessus, je discutais avec une collègue à France Info
05:30qui me disait qu'elle avait enlevé la mézouza de sa porte.
05:33C'est cet objet du culte juif que l'on met sur sa porte.
05:38Une autre personne qui me disait qu'elle avait changé de nom pour prendre des Uber ou sur les applications
05:46parce qu'elle avait un nom à consonance juive.
05:50Effectivement, certains juifs aujourd'hui ont peur et commencent à s'invisibiliser, même en France.
05:59Alexandre Assefras Brode, je note ce mot quand même, tendance.
06:04Comme si l'antisémitisme pouvait être tendance, comme dit Mickaël Daman.
06:09Ça vous fait réagir ?
06:10Je ne peux même pas imaginer une chose pareille, que l'antisémitisme soit tendance.
06:14Ce qui est sûr, c'est que c'est terrible.
06:18Ce qui s'est produit hier, cette agression du rabbin est monstrueuse.
06:24On a l'impression d'être revenus des décennies en arrière.
06:28Il faut lutter de toutes nos forces.
06:31Je dis non parce que je pense que c'est une responsabilité collective.
06:35À qui la faute ?
06:36Je pense qu'on ne peut pas pointer du doigt quelqu'un ou un groupe.
06:41C'est un mélange de choses.
06:43Elle est fille, c'est vrai, depuis le 7 octobre.
06:46Entre ce qu'ils n'ont pas dit, le mot terroriste qu'ils n'ont pas voulu accoler au Hamas,
06:51ce qu'ils ont dit, les ambiguïtés, etc.
06:54Elle est fille, c'est vrai, a mis l'huile sur le feu.
06:58En plus, elle est fille s'adresse beaucoup aux jeunes.
07:02C'est très grave ce qui s'est passé avec Cyril Hanouna.
07:06C'est absolument scandaleux.
07:09Il reprend une image de Cyril Hanouna, mais transformée avec des codes antisémites.
07:14C'est monstrueux. Il faut lutter absolument contre ça.
07:18Il y a aussi une question d'éducation.
07:20C'est là où on a tous une responsabilité,
07:23parce qu'il y a cette tendance à penser que tous les Juifs sont des soutiens d'Israël,
07:29que tous les Juifs sont israéliens, que Juifs égale Israéliens,
07:32que Juifs égale soutien d'Israël,
07:34ce qui n'est pas du tout systématiquement le cas.
07:38De la politique israélienne.
07:40De la politique de Benjamin Netanyahou,
07:42ce qui n'est absolument pas systématiquement le cas.
07:44Et ça, je pense que c'est une question d'éducation,
07:47de raconter, de dire les choses.
07:50De dire que ce qui se passe en Israël,
07:52c'est du ressort de la politique de Benjamin Netanyahou,
07:56qui est extrêmement condamnable, on va revenir dessus,
07:58mais ça ne veut pas dire que les Français juifs soutiennent forcément cette politique.
08:04Donc ça, c'est très important.
08:06Et évidemment, bien sûr, tant que ce conflit durera,
08:11parce qu'on y revient quand même, il faut quand même le signaler,
08:13chaque fois qu'il y a des violences dans les territoires palestiniens et en Israël,
08:19chaque fois, et le gouvernement le sait très bien,
08:22le gouvernement français le sait très bien,
08:24chaque fois, ici, en France, il y a des tensions énormes.
08:27Et qui peuvent aller, vu ce qui s'est passé à Gaza, jusqu'à l'exacerbation.
08:32Patrice Moyon, pour continuer ce tour de table,
08:34l'antisionisme est devenu un nouvel antisémitisme ?
08:37L'antisionisme est devenu un nouvel antisémitisme ?
08:41En tout cas, on instrumentalise cette question.
08:44Moi, ce que je voudrais dire, c'est que cette instrumentalisation de la question de l'antisémitisme
08:48est faite à l'extrême droite comme à l'extrême gauche.
08:52Et aujourd'hui, on voit aussi quand un ministre israélien invite Jordan Bardella
08:58ou Marion Maréchal en Israël, il y a aussi une instrumentalisation
09:02par le gouvernement Netanyahou de cette question de l'antisémitisme.
09:06Donc, je pense que c'est peut-être de ça dont il faudrait se méfier aujourd'hui.
09:12Parce que, en instrumentalisant pour des raisons politiques,
09:16on contribue à cristalliser cette question de l'antisémitisme.
09:20Jordan Bardella et Marion Maréchal arrivent demain en Israël.
09:25François-Xavier Bourbon ?
09:27Oui, Mickaël le disait, il faut effectivement replacer ça dans le contexte du conflit israélo-palestinien
09:33qui s'est traduit par cette recrudescence des actes antisémites.
09:38Dès le début d'ailleurs, c'était l'obsession des responsables politiques
09:41et Emmanuel Macron le premier de ne pas importer le conflit en France.
09:44Ça n'a pas marché parce que le conflit était trop passionnel.
09:48S'agissant de l'LFI, il y a deux moments qui sont importants.
09:52Le premier, c'est la marche contre l'antisémitisme
09:54qui intervient début novembre après le 7 octobre.
09:58Marche à laquelle l'LFI refuse de participer pour ne pas s'afficher à côté du RN
10:04qui participe à cette marche.
10:06Officiellement, c'était la raison.
10:09Mais pour l'LFI, on entre à ce moment-là dans une période de non-dits,
10:13de messages subliminaux qui tous viennent alimenter cet antisémitisme d'atmosphère.
10:19Il y a quelque chose qui a changé avec la caricature de Cyril Hanouna,
10:23c'est que les masques sont tombés en réalité.
10:26Cette caricature n'est pas du tout liée ni de loin ni de près au conflit israélo-palestinien.
10:30C'est comme s'il y avait une sorte de coming-out inconscient antisémite de la part de l'LFI.
10:36Et d'ailleurs, depuis, la France insoumise a énormément de mal à expliquer qu'elle ne l'est pas
10:43parce que tout est apparu sur la table et les masques sont tombés en réalité.
10:47Ce que voulait dire François-Xavier Beaumont, c'est que quand Jean-Luc Mélenchon dit
10:50que Yael Brown-Pivet campe à Tel Aviv alors qu'elle est de confession juive
10:53et que le mot « camper » est évidemment connoté dans l'histoire de l'antisémitisme,
10:57comme ça se rattache au conflit et au fait qu'il y a la politique israélienne
11:04qui peut être critiquée en France, ça passe.
11:07Mais là, cette affiche complètement décorrélée du conflit jette une lumière au plus près.
11:14Et les messages jusqu'à cette affiche-là étaient subliminaux, plus ou moins clairs.
11:21Ça transpirait, mais il ne se faisait jamais vraiment attraper.
11:26Là, pour le coup, avec cette affiche, il n'y a plus aucun doute qui est possible
11:30sur la nature antisémite de la France insoumise.
11:32– Avant le philophonique Aldermont.
11:33– Oui, les politiques publiques sont confrontées à la résurgence d'un phénomène
11:37qui est presque éternel.
11:42Dans toutes les évolutions politiques, quand il s'agissait d'être anticapitaliste,
11:48il y avait un problème avec les Juifs.
11:50Quand il fallait dénoncer le communisme, c'était également avec les Juifs.
11:54Quand l'ère est au colonialisme, c'est les Juifs qui sont des coloniaux.
11:57Et quand on n'est pas, ils sont apatrides.
11:59Donc globalement, ça marche.
12:01Ça, l'intérêt avec l'antisémitisme, c'est que ça joue aussi le rôle de baromètre
12:05des sociétés qui sont en des moments de crispation,
12:08qui sont dans des moments, parfois même, de problèmes,
12:11de grands malaises sociaux.
12:12Il y a cette formule du canarie dans la mine qui annonce le coup de grisou.
12:17C'est ça, le rôle du Juif, c'est quand, effectivement,
12:19il y a un problème lié à l'antisémitisme.
12:21Ça veut dire aussi beaucoup de choses sur la société qui émet ce message.
12:25Mais juste pour terminer sur la question d'éducation,
12:27il y a deux volets rapides.
12:29C'est vrai que l'on a vu dans le dernier sondage sur l'antisémitisme
12:32à quel point, chez les jeunes, l'expression « tu es comme un Juif »
12:36était intégrée d'une manière, au fond, dans le langage courant
12:41pour parler entre eux.
12:42Et puis, il y a aussi une autre éducation politique qui est celle,
12:45effectivement, le disait Alexandra, le soulignait très justement,
12:48celle de la gauche et de la manière d'essentialiser.
12:51Je trouve que la manière dont la gauche européenne
12:54et, singulièrement, la gauche française a abandonné la gauche israélienne,
12:57en ne jamais rendant hommage au fait que, semaine après semaine,
13:02depuis des mois, ils viennent critiquer la politique du gouvernement,
13:05avec des manifestations et protester et dire qu'ils veulent un État démocratique
13:09comme ils l'ont connu depuis 1948,
13:11je trouve aussi que c'est un problème d'éducation
13:13et, finalement, d'avoir été abandonnés en race campagne.
13:15– Et vous parlez de la jeunesse,
13:17on rappelle que l'agresseur présumé du rabbin qui a été...
13:22– Agressé à 19 ans.
13:24– Arrêté, agresseur présumé à 16 ans,
13:26qui est un point, évidemment, qu'il faut soulever.
13:29Les informés, on se retrouve dans un instant, il est 20h16,
13:31on fait un nouveau tour de l'actualité avec Théon Metton-Rachambeau.
13:35– Un adolescent de 17 ans est mort ce soir
13:37après avoir été poignardé au thorax devant un lycée de Hyères, en Essonne.
13:42Rix dans un contexte de rivalité entre quartiers, selon le procureur.
13:47La victime n'était pas scolarisée dans cet établissement,
13:49six personnes au total ont été interpellées.
13:52Le procès de Gérard Depardieu s'est ouvert à la mi-journée
13:55au tribunal correctionnel de Paris.
13:57L'acteur est jugé pour des agressions sexuelles sur deux femmes lors de tournage.
14:02L'audience aujourd'hui s'est concentrée sur des questions de procédure
14:06sans avancer pour l'instant sur le fond.
14:08Une frappe russe a fait 65 blessés dans la ville ukrainienne de Soumi
14:12alors que des discussions sont en cours à Riyad
14:15pour une éventuelle trêve entre les deux pays.
14:18La délégation ukrainienne devrait de nouveau rencontrer celle américaine ce soir
14:22en Arabie Saoudite après des discussions entre américains et russes.
14:26Le cycliste danois Jonas Vingegaard a subi une commotion cérébrale
14:31lors de sa chute sur le Paris-Nice le 13 mars dernier.
14:34C'est pour cela qu'il a déclaré forfait pour le Tour de Catalogne.
14:38Il a pu reprendre l'entraînement seulement il y a quatre jours.
14:48Depuis une heure, les informés.
14:50Agathe Lambret, Jean-Louis Baudot.
14:53Allez, retour sur le plateau des informés avec François-Xavier Bourmeau de l'Opinion,
14:56Patrice Moyon de West France, Alexandra Schwarzbrod de Libération
14:59et Mickaël Darmon d'E24 News.
15:01On est en train de parler de cette agression d'un rabbin à Orléans samedi
15:05qui relance le débat sur l'antisémitisme en France.
15:08Agathe, c'est notamment le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau
15:12qui a largement réagi à cette question.
15:14Oui, Bruno Retailleau qui comme Gérald Darmanin,
15:17comme Raymond Corsiale, grand rabbin de France,
15:20pointe la responsabilité de l'extrême gauche.
15:23Il pointe aussi la responsabilité de l'islamisme dans l'antisémitisme.
15:27Bruno Retailleau qui forçait de constater, disons,
15:32que le discours de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise a changé,
15:36même si on semble découvrir un peu tous ces appels du pied,
15:40ce qu'on appelle ces dog whistles,
15:42ces petits signaux codés que Jean-Luc Mélenchon envoie
15:46à une certaine partie de la population.
15:49Jean-Luc Mélenchon avait déjà repris la théorie du peuple déicide il y a des années.
15:54Dès le début du conflit, il a dit que l'antisémitisme en France,
15:57au moment où les actes antisémites explosaient,
16:00Jean-Luc Mélenchon a quand même dit que l'antisémitisme était résiduel en France.
16:04C'est plus qu'un clin d'œil.
16:07C'est nier une réalité au moment en plus où les actes explosent.
16:12Il a renvoyé Jérôme Gage au piqué de ses adhérents,
16:15Jérôme Gage qui est de confession juive.
16:17Il y a eu énormément comme ça de phrases plus ou moins subtiles,
16:21plus ou moins claires, jusqu'à effectivement cette affiche,
16:24comme vous le disiez, François-Xavier et Jean-Luc Mélenchon,
16:28qui fait un pari à l'opposé de ce qu'il était avant,
16:30parce qu'il défendait une ligne plutôt très laïque, Jean-Luc Mélenchon.
16:34Il a vraiment évolué dans son parcours.
16:36Aujourd'hui, on a l'impression qu'il s'adresse à une communauté.
16:39Il s'adresse, pour des raisons électorales, aux jeunes de banlieue,
16:44aux personnes de confession musulmane,
16:46en supposant que toutes ces personnes-là, en les essentialisant,
16:49en supposant que ces personnes-là, forcément, seraient flattées
16:53et attirées par un discours ambigu avec l'antisémitisme à minima.
16:59C'est la stratégie qu'il a opérée pendant la campagne des Européennes,
17:02alors que Gaza était évidemment un sujet très important,
17:06mais ce n'était pas le principal sujet de la campagne des Européennes.
17:09Les Insoumis ont absolument tout fait pour que tout tourne autour de ce conflit.
17:13Ils ont réussi, alors qu'au début de la campagne,
17:16ils étaient plutôt bas dans les sondages, autour de 5-6 %,
17:19ils ont réussi, avec ce discours, à terminer, quand même, à quasiment 10 %.
17:24Donc Jean-Luc Mélenchon fait ce pari-là pour 2027.
17:27Il se dit qu'il rassemblera plus tard.
17:29Mais en tout cas, lui, pour accéder au second tour,
17:32il pense que c'est avec ce discours très resserré, finalement,
17:36qu'il réussira à avoir une base solide pour passer.
17:39C'est donc, si j'écoute Agathe, un calcul électoral, François-Xavier Bourbon ?
17:42S'agissant des Européennes, à l'opinion, à l'époque,
17:44on avait titré, justement, sur cette stratégie de Jean-Luc Mélenchon,
17:47« Le diable s'habille en Gaza ».
17:49C'était exactement ça.
17:50Pour Jean-Luc Mélenchon, c'est la communauté musulmane,
17:53c'est le nouveau lumpenproletariat,
17:55c'est les classes laborieuses qu'il doit séduire pour les amener aux urnes
17:58parce qu'il pense qu'il y a des réservoirs de voix,
18:00parce qu'il y a beaucoup d'abstentionnistes.
18:02Et donc, c'est ce qui lui permettra d'accéder au second tour.
18:05Effectivement, c'est une stratégie politique qui est pensée,
18:08mais depuis très longtemps déjà,
18:10et qui se développe et qui est amplifiée par le contexte dont on parlait.
18:14Mais il n'y a aucun doute là-dessus, en tout cas.
18:16Et c'est d'ailleurs une ligne de fracture au sein de la gauche
18:18et même au sein de la France insoumise.
18:20Jean-François Ruffin a reproché à nombreuses reprises à Jean-Luc Mélenchon
18:27d'oublier les classes populaires.
18:29En fait, d'avoir remplacé le discours de la gauche historique traditionnelle
18:34envers les classes populaires et ceux qui étaient dans le besoin
18:36par un discours plutôt communautaire,
18:39adressé essentiellement à une communauté,
18:43quitte à oublier les classes populaires.
18:46Et dans ce contexte, on semble voir un virage à 180 degrés du RN sur cette question.
18:51Michel Darmont, vous qui avez longtemps suivi le Front National en tant que journaliste,
18:57vous pensez que ce virage est sincère ?
19:01De la part de Marine Le Pen, c'est indéniable.
19:05De la part d'autres personnes qui sont autour d'elle,
19:10ses principaux lieutenants, par rapport à ce qu'on a pu connaître
19:13et surtout aux conversations qu'on a pu avoir tout au long de ces années,
19:18c'est clair que ce changement est majeur.
19:22Il a même d'ailleurs été, au fond, avant d'être peut-être instrumentalisé
19:27ou je ne sais pas encore vraiment par le gouvernement israélien,
19:31il a été acté par des chercheurs, par des politologues, par des historiens
19:36qui d'ailleurs avaient mis à la lune du monde,
19:38c'était tout exprimé le lendemain de la manifestation en novembre 2023,
19:42où Marine Le Pen, à laquelle Marine Le Pen avait participé
19:45contre l'antisémitisme et pour la République,
19:47avait donc tout cité en disant qu'il s'agissait là
19:50d'une mutation politique et historique de grande ampleur.
19:53Et ce ne sont pas des militants politiques ou des journalistes commentateurs,
19:56ce sont des gens qui effectivement travaillent depuis longtemps
19:59sur cette matière et sur ce champ politique, cette famille politique.
20:03Donc clairement, il y a là effectivement une mutation
20:07que prend en compte pour ses raisons également personnelles,
20:11en tout cas collectives plutôt politiques,
20:13le gouvernement israélien dans un moment très important,
20:16mais ça on pourra en reparler,
20:17en ce qui concerne effectivement cette évolution,
20:20pour la question que vous posez, ça me paraît clair.
20:24Ce que je voudrais dire aussi très rapidement en revenant sur Orléans,
20:28parce que c'est aussi un événement emblématique,
20:31ça ne s'est pas passé à Paris ou dans les villes
20:34où on a l'habitude peut-être entre guillemets de voir,
20:36parce qu'il y a une grande concentration de communautés juives,
20:39des agressions, ça s'est passé dans une ville assez emblématique
20:42de l'ancrage et de l'enracinement du judaïsme français.
20:47Orléans est une ville historiquement qui a accueilli le judaïsme français
20:51comme Troyes a pu le faire avec Arachi,
20:57et donc au fond c'est intéressant parce qu'il y a un émoi assez singulier,
21:02je dirais, de la part de la chronique nationale
21:05à l'égard de cet événement depuis quelques jours,
21:07qui ne ressemble pas à tout ce qu'on a pu connaître par ailleurs.
21:10Et surtout, il s'est développé durant cet événement et autour de cet événement
21:14une chaîne de solidarité assez intéressante de la part de gens
21:18qui sont intervenus, qui ont défendu, la police a immédiatement fait son travail.
21:22On a vu aussi la société française réagir par rapport à cet événement devant eux
21:30et ça je trouve que quelque part, malgré tout ce qu'on dit,
21:33et peut-être ça vient encore plus souligner l'aspect groupusculaire
21:35de l'action maintenant de Jean-Luc Mélenchon,
21:37ça vient aussi souligner ce que pense en son très fond la société française.
21:42D'ailleurs, le rabbin a remercié aussi des jeunes musulmans,
21:45visiblement, de l'avoir aidé et que c'est eux qui lui ont dit...
21:49Absolument, ça a montré quelque chose de ce que la France pense de cette situation.
21:53Voilà, et c'est ces jeunes qui ont été les premiers à dire
21:55il faut appeler la police, monsieur le rabbin, et tout ça.
21:58Donc c'est vrai qu'il y avait quand même un espoir dans cette scène.
22:02C'était exactement ce que je voulais préciser,
22:04c'est qu'il ne faut pas non plus oublier, négliger le fait que
22:09de nombreuses personnes se sont précipitées pour sauver le rabbin,
22:14pour aider le rabbin et pour éloigner l'agresseur.
22:16Et ça, c'est important, c'est extrêmement important.
22:19Ça veut dire qu'il y a quand même beaucoup de personnes en France
22:24qui n'ont rien d'antisémite et qui font tout pour essayer de protéger
22:31ceux qui pourraient être agressés.
22:32Un dernier mot, Patrice Moyen.
22:33Oui, juste un mot pour dire que le 21 mars,
22:35les organisations syndicales de salariés qui sont traditionnellement
22:38très divisées se sont rassemblées pour justement lancer une campagne
22:42contre l'antisémitisme et la xénophobie.
22:44Donc ça veut bien dire aussi qu'il y a des choses positives.
22:46C'est-à-dire qu'ils constatent effectivement qu'autour de la machine à café,
22:49comme ils disent, il y a des propos parfois racistes, antisémites,
22:53mais que les organisations syndicales ont conscience de ça
22:57et qu'elles se mobilisent.
22:58Donc ça, c'est plutôt un signe d'espoir.
23:00Allez, on va passer au deuxième thème ce soir des informés
23:03avec la question de l'expulsion éventuelle des détenus étrangers.
23:06C'est Gérald Darmanin, le ministre de la Justice,
23:08qui brandit son remède contre la surpopulation carcérale.
23:11Agathe ?
23:12Oui, dans une circulaire, le garde des Sceaux demande aux procureurs
23:15de repérer les détenus étrangers expulsables avec cet objectif
23:19qu'ils exécutent leur peine hors de France, dans leur pays d'origine.
23:23Gérald Darmanin qui présente ces expulsions comme une solution
23:27pour désengorger les prisons.
23:29Aujourd'hui, plus de 19 000 étrangers sont en prison.
23:32Ça fait à peu près un quart de la population carcérale.
23:36Écoutez ce que pense de cette mesure
23:38la députée de la France Insoumise, Mathilde Panot, CT sur RTL.
23:42En fait, ça s'appelle la double peine.
23:44Voilà ce que ça s'appelle.
23:46C'est-à-dire que si vous avez la nationalité française,
23:48du coup vous restez en prison en France.
23:50Si vous avez une double nationalité, on pourrait vous expulser à l'étranger.
23:54Donc en fait, cela n'a aucun sens.
23:56Cela ne respecte pas l'état de droit.
23:58Et donc, nous ne sommes pas d'accord
24:00pour qu'on court derrière une répression toujours plus grande.
24:03La mesure a fait beaucoup réagir.
24:06Double peine, vraie solution ou coup de com' de la part de Gérald Darmanin ?
24:10Alors, si un détenu sur quatre est étranger
24:12et que les prisons françaises sont surpeuplées,
24:14finalement tout ça a l'air presque un peu trop simple pour ce Xavier Bourbon.
24:18Oui, j'ai l'impression que Gérald Darmanin
24:20a trouvé l'équivalent pour les prisons des OQTF.
24:22Là, c'est l'obligation de quitter les prisons françaises.
24:24Mais déjà pour les OQTF,
24:26on sait que c'est compliqué,
24:28qu'il faut négocier de pays à pays
24:30et que souvent les pays refusent.
24:32Il n'y a pas de raison que ça fonctionne mieux
24:34sur les prisonniers étrangers.
24:36En réalité, c'est une sorte de séquence du bras de fer
24:40entre Bruno Retailleau et Gérald Darmanin
24:42qui, chacun,
24:44essaie de prospérer sur le terrain de la sécurité
24:47en vue de la prochaine élection présidentielle.
24:49À coup d'une du GDD, quoi.
24:51Et avec un pari, il me semble, qui est intéressant,
24:54c'est que de leur part,
24:56il ne me semble pas qu'ils peuvent espérer
24:58obtenir des résultats importants
25:00ou en tout cas probants
25:02dans l'année qui vient.
25:04Comme s'il était plus important pour eux
25:06de marquer leur territoire à coup de déclarations
25:08plutôt que d'obtenir des résultats.
25:10Et donc, je me demande si derrière ça,
25:12ils ne parient pas sur un séjour
25:14dans leur ministère respectif assez court,
25:16avec un départ de François Bayrou
25:18qui interviendrait rapidement
25:20dans le courant de l'année.
25:22Un passage à l'intérieur et à Beauvau
25:24qui leur servirait surtout
25:26à poser des jalons,
25:28marquer leur territoire,
25:30plutôt que d'obtenir des résultats.
25:32Ah oui, alors là, c'est de la politique pure,
25:34Michael Darmanin.
25:36Ah oui, on a vraiment l'impression
25:38que Gérald Darmanin veut lutter
25:40contre la surexposition
25:42médiatique de Bruno Retailleau.
25:44Et c'est d'autant plus paradoxal
25:46qu'ils ne sont pas opposés sur le plan idéologique.
25:48Ils pensent au fond la même chose.
25:50Ils sont à peu près convaincus que l'opinion française,
25:52dont on a parlé tout à l'heure avec François-Xavier,
25:54est au fond assez prête
25:56à leur préparer
25:58et au fond peut accueillir
26:00ce genre de... Voilà, c'est ce qu'ils pensent,
26:02ce genre de politique.
26:04Mais il est vrai que pour l'instant,
26:06ils préfèrent faire autre chose que des déclarations,
26:08que du positionnement,
26:10que de manière à pouvoir ensuite
26:12prendre des positions, comme on dit,
26:14pour les évolutions et les scrutins à venir.
26:16Patrice Moyen,
26:18est-ce que vous vous souvenez de ce qui s'était passé
26:20au moment du Covid ?
26:22Puisqu'il y avait un risque sanitaire dans les prisons
26:24et en fait, on avait fait sortir 5000 prisonniers
26:26qui étaient en fin de peine.
26:28Il n'y avait eu aucune conséquence.
26:30Le ministère de la Justice avait bien étudié
26:32les cas des prisonniers.
26:34Là, on est effectivement complètement
26:36dans de la com politique
26:38à partir d'un syllogisme
26:40un peu absurde.
26:42On laisse croire qu'on va pouvoir
26:44régler la question de la surpopulation carcérale.
26:46Ce qui est un peu absurde.
26:48D'autant que, si on comprend bien,
26:50la législation européenne
26:52permet de le faire, ce que la France,
26:54semble-t-il, ne fait pas tellement.
26:56Mais après, la question que vous posez très justement,
26:58c'est les pays étrangers
27:00qui n'ont pas forcément envie de reprendre
27:02leurs OQTF, vont pas particulièrement avoir
27:04envie de reprendre par ailleurs leurs détenus.
27:06Ils n'ont pas forcément non plus les places en prison
27:08pour les accueillir.
27:10En tout cas, le symbole aura été posé
27:12parce qu'il n'y aura pas forcément de suivi de cette mesure.
27:14C'est un peu facile de faire une grande interview
27:16avec une mesure forte, parce que
27:18quand on donne une interview
27:20pour donner aussi aux médias
27:22pour que ça imprime, il faut avoir une
27:24mesure forte. Et puis après,
27:26si on ne lui demande pas des comptes, peut-être
27:28qu'il ne va rien se passer. Pour l'instant,
27:30on ne sait pas comment concrètement, Gérald Darmanin
27:32peut mettre cette mesure en oeuvre.
27:34Les informer, on se retrouve dans un instant. Mais pour l'heure, il est 20h30.
27:36Et à 20h30, sur France Info,
27:38c'est un nouveau journal.
27:4420h30.
27:46Bonsoir, Etienne Cholez.
27:48Bonsoir. Il est bientôt 23h en Turquie.
27:50Une nouvelle soirée de manifestation
27:52est en cours. Le parti du maire d'Istanbul
27:54a appelé ses soutiens à descendre dans la rue.
27:56Et Kremi Mamelou, figure de l'opposition,
27:58est en prison depuis hier
28:00pour corruption chaque soir
28:02depuis mercredi dernier et son arrestation
28:04des manifestants défilent dans les rues
28:06malgré l'interdiction décidée
28:08par le gouvernement turc.
28:10Je suis un vrai gentil, un vrai gentleman.
28:12Voilà l'une des déclarations
28:14de Mounir Bouta, l'ex-compagnon
28:16de Chahinez Daoud.
28:18Il comparaît pour l'avoir brûlée vive devant
28:20chez elle à Merignac en pleine journée
28:22en mai 2021. Une affaire
28:24emblématique des féminicides en France.
28:26En Dordogne, dans la commune
28:28de Limeira, une mère et sa fille
28:30ont été tuées à l'arme blanche tôt ce matin.
28:32Elles ont 38 et 13 ans.
28:34Un suspect a été interpellé.
28:36C'est l'ex-compagnon de la mère. Il a 41 ans.
28:38Le parquet de Perigueux précise
28:40qu'il doit être hospitalisé.
28:42C'est le dernier jour pour candidater sur la plateforme
28:44Montmaster. Les étudiants
28:46en bac plus 3 ont jusqu'à ce soir
28:48minuit s'ils veulent poursuivre leurs études
28:50en master l'an prochain. Les réponses
28:52pour les formations en alternance arriveront
28:54à partir du 2 mai.
28:56Pour les autres, ce sera à partir
28:58du 2 juin. Et puis,
29:00un retour, celui d'Alizé Cornet.
29:02Elle sort de sa retraite. La joueuse de tennis
29:04disputera le tournoi professionnel de Rouen
29:06à partir du 14 avril.
29:08L'ex-numéro 11 mondial avait mis
29:10un terme à sa carrière en mai dernier
29:12à Roland-Garros.
29:14France Info
29:1620h, 21h
29:18Les Informés, Agathe Lambret
29:20et Jean-Rémi Baudot.
29:22Retour sur le plateau des Informés pour cette 2e grande partie.
29:24Mickaël Darmon, éditorialiste à E24 News.
29:26Patrice Moyon, journaliste à
29:28Ouest France. François-Xavier Bourmeau,
29:30journaliste à L'Opinion et Alexandra Schwarzbrot,
29:32directrice adjointe de la rédaction de Libération.
29:34On ne vous a pas encore entendu sur cette question
29:36de cette idée d'expulser les détenus étrangers
29:38et finalement si c'était aussi simple que ça,
29:40Alexandra ? Non mais là on est dans la course
29:42de coques. Il y a deux coques
29:44qui se bagarrent.
29:46C'est sérieux comme sujet quand même, non ?
29:48Justement, mais c'est ça le problème. Et quand je viens
29:50entendre les sujets qui viennent d'être
29:52toute cette actualité terrifiante
29:54qui vient d'être donnée,
29:56Gérald Darmanin
29:58ferait mieux de s'occuper de ces femmes
30:00des féminicides.
30:02Il y a de quoi faire par les ministres
30:04de l'Intérieur et de la Justice. Il y a vraiment
30:06de quoi faire, parce que quand on voit l'absence
30:08de prise en compte et de recueil
30:10de la parole, à quel point ces femmes sont
30:12mal accompagnées, et même la surpop...
30:14Moi ça me rend dingue quand je pense qu'il
30:16met ça sur le compte de la surpopulation carcérale.
30:18C'est un vrai sujet. J'avais
30:20été absolument horrifiée
30:22par une tribune qui avait
30:24publié chez nous la contrôleuse
30:26générale des lieux de privation et de liberté,
30:28chez nous, pardon, à Libération,
30:30Dominique Simonot, qui est d'ailleurs
30:32une ancienne de Libération, mais c'est pas pour ça que
30:34je la cite, c'est que son texte était
30:36terrifiant. Elle
30:38parlait de prisons dans lesquelles les
30:40cafards pullulent au point que les femmes
30:42et les hommes sont obligés de se boucher, de se mettre du
30:44coton dans les oreilles et les narines
30:46quand ils dorment, pour éviter que les cafards
30:48n'entrent pas par ces orifices,
30:50des gens qui sont atteints de
30:52leptospirose, la maladie causée par
30:54l'urine des rats qui cavalent dans les
30:56amas d'ordures entassés au biais des bâtiments. Bref,
30:58c'est un sujet grave,
31:00c'est un sujet important, et donc
31:02on ne s'amuse pas à faire du
31:04populisme électoral
31:06sur des sujets pareils, parce qu'on sait
31:08très bien, et vous l'avez souligné, que
31:10cette mesure ne sera jamais
31:12mise en œuvre et qu'elle est très compliquée.
31:16Les prisonniers
31:18d'origine étrangère ne seront sans doute pas repris
31:20par leur pays d'origine. Enfin bref,
31:22on voit bien que c'est uniquement
31:24pour faire parler de lui, et je trouve que
31:26tout ce qui se passe par ailleurs est trop grave
31:28pour qu'un ministre se permette de jouer
31:30avec ça. Le problème, c'est que je doute que vous
31:32soyez entendues, Alexandra,
31:34parce qu'on est en 2025, dans deux ans,
31:36c'est la présidentielle. Je le sais très juste.
31:38Je suis tout le temps plus énervée. Vous avez vu depuis
31:40quelques jours que la campagne
31:42pour 2027 a commencé, avec un meeting
31:44d'Edouard Philippe, des réunions publiques
31:46aussi à gauche, et
31:48à partir de maintenant, on va avoir des
31:50personnalités qui vont essayer d'aller dans le sens
31:52de l'opinion. Aujourd'hui, la tendance,
31:54elle est plutôt à droite, c'est une opinion qui
31:56radicalise, et donc on risque de se retrouver
31:58avec un concours lépine de mesures
32:00toutes plus populistes les unes que les autres.
32:02Mais pour pronger ce
32:04catalogue terrifiant
32:06qu'on vient d'entendre, moi ça me rappelle les propos
32:08de l'ancien ténor du Barreau, Thierry
32:10Lévy, décédé, qui disait, si vous voulez regarder
32:12comment va une société,
32:14regardez ses prisons.
32:16Et effectivement, au vu de ce qu'on entend, la France
32:18va pas bien.
32:20Oui, et puis encore une fois de plus,
32:22la tentation du bouc émissaire,
32:24c'est-à-dire qu'on réglerait la question
32:26de la surpopulation carcérale
32:28en
32:30expulsant les étrangers,
32:32alors que la France a des responsabilités
32:34sur la population carcérale
32:36qu'elle n'a pas assumée depuis des années.
32:38Bon, lui, on ne sait pas s'il ira en prison,
32:40mais en tout cas, il y a un procès qui s'est ouvert
32:42aujourd'hui, c'est Gérard Depardieu
32:44qui était devant le tribunal
32:46aujourd'hui à Paris, Agathe. Oui, c'est le comportement
32:48d'un roi fou, selon la comédienne
32:50Anouk Grimbert, venue assister au
32:52procès parmi un parterre
32:54de personnalités aujourd'hui.
32:56L'image était forte, ce monstre
32:58sacré, comme on l'appelle,
33:00du cinéma, 76 ans à la barre,
33:02Gérard Depardieu, poursuivi pour agression
33:04et violence sexuelle par deux femmes
33:06en marge d'un tournage
33:08d'un film en 2021.
33:10Il en court jusqu'à 5 ans de prison et
33:1275 000 euros d'amende.
33:14Gérard Depardieu, donc, qui était présent
33:16aujourd'hui après avoir été jugé apte
33:18à comparaitre par un médecin.
33:20Ecoutez la comédienne Anouk Grimbert
33:22ce matin.
33:24C'est le comportement d'un roi fou
33:26parce que je crois qu'il est devenu fou
33:28à force d'être dans un milieu
33:30qui lui permet tout, qui applaudit
33:32toutes ses dérives
33:34et ses violences.
33:36J'ai bien peur que ses conseils,
33:38tous les gens qui l'entourent, l'invitent à mentir,
33:40à travestir la vérité
33:42qui ne fait pas de doute.
33:44Il y a plein de témoins dans l'affaire
33:46et puis de toute façon, tout le monde
33:48sait. On ne peut même plus compter
33:50le nombre de femmes qu'il a agressées.
33:52Écoutez maintenant à l'issue
33:54de cette première journée d'audience l'avocat
33:56de Gérard Depardieu, Jérémy Assous,
33:58très critique
34:00vis-à-vis des partis civils. Écoutez.
34:02Je n'ai jamais vu de plaignantes
34:04qui refusent
34:06et qui font tout pour que la
34:08vérité ne se manifeste pas.
34:10C'est la raison pour laquelle nous n'avons eu
34:12que 16 de vous dire que
34:14ces accusations sont mensongères
34:16et inexactes.
34:18Si elles étaient fondées, elles ne craindraient
34:20pas de confronter leurs accusations
34:22avec un certain nombre
34:24de témoins, avec la configuration des
34:26lieux, avec des expertises médicales.
34:28Tout cela, elles le refusent.
34:30Tout élément objectif,
34:32incontestable et impartial
34:34est systématiquement
34:36refusé par les plaignants.
34:38Il n'y a qu'une seule raison
34:40pour cela, c'est qu'elles craignent la vérité
34:42car une fois de plus, la vérité
34:44est de notre côté. Gérard Depardieu
34:46n'a jamais agressé ces plaignantes.
34:48L'affaire Depardieu et ses révélations
34:50en cascade qui ont ébranlé
34:52le monde du cinéma, fracturé le milieu
34:54de la culture aussi. Et tout le monde savait,
34:56dit-on, si c'est vrai, pourquoi
34:58a-t-on laissé faire le procès de Depardieu ?
35:00Est-il aussi celui d'un
35:02univers et d'une époque ?
35:04Pourquoi est-on sommés de choisir un camp ?
35:06Alexandra Schwarzbrot, c'est quand même aussi
35:08le procès d'un homme à qui personne, semble-t-il,
35:10n'a jamais dit non.
35:12Enfin, à part ces femmes
35:14qui se sont battues
35:16pour ne pas tomber...
35:18À qui personne n'a jamais dit stop.
35:20Oui, voilà, c'est ça.
35:22Le mouvement MeToo, ça a mis du temps
35:24à arriver dans le cinéma et là,
35:26maintenant, la parole se libère.
35:28Je reviens sur les propos de l'avocat
35:30de Gérard Depardieu.
35:32Si on le croit, ça veut dire
35:34que 22 femmes, parce qu'il y a quand même 22 femmes
35:36depuis 2018 qui ont accusé
35:38Gérard Depardieu d'abus sexuels,
35:40ça voudrait dire que ces 22 femmes
35:42mentent, racontent n'importe quoi.
35:44Le problème,
35:46le pire, je trouve,
35:48ce qui est terrible dans cette histoire,
35:50cette affaire Depardieu,
35:52et comme on l'a vu d'ailleurs avec d'autres
35:54célébrités accusées
35:56des mêmes mots,
35:58des mêmes actes terribles,
36:00c'est que ce sont des hommes
36:02qui s'en prennent à des femmes
36:04subalternes, si je puis dire,
36:06entre guillemets.
36:08C'est une histoire de pouvoir et de domination.
36:10C'est une histoire de pouvoir, et donc ils s'en prennent
36:12souvent à des techniciennes
36:14du cinéma, à des personnes
36:16précaires qui
36:18justement hésiteront
36:20à se plaindre, par peur aussi
36:22de perdre leur boulot, parce qu'elles savent
36:24qu'à partir du moment où vous accusez
36:26un monstre sacré comme ça,
36:28pendant très longtemps
36:30vous étiez viré,
36:32vous ne retrouviez pas de boulot, et ça jusqu'à une date
36:34très récente. Maintenant,
36:36ça va mieux, grâce à MeToo.
36:38Alors, je ne dis pas que MeToo
36:40a tout résolu, malheureusement,
36:42mais c'est vrai que la parole s'est libérée.
36:44Maintenant, ces femmes osent
36:46dénoncer des hommes beaucoup plus puissants
36:48qui usaient de ce pouvoir
36:50pour les agresser, et ça
36:52c'est une bonne chose. Mais bon, à l'Ibé,
36:54on a sorti les propos,
36:56la vidéo qui montrait
36:58Gérard Depardieu et Yann Moix
37:00en train de tenir des propos
37:02monstrueux,
37:04d'obscénité
37:06sur une enfant,
37:08notamment.
37:10Donc, voilà, ça fait
37:12quand même beaucoup de choses. Alors certes,
37:14il est toujours présumé innocent,
37:16il faut le rappeler, mais ça fait quand même beaucoup
37:18de dossiers qui s'accumulent.
37:20Miguel Darman.
37:22C'est vrai que ce procès va énormément
37:24attirer l'attention. Tout est fait
37:26pour que ça soit
37:28une arène passionnelle,
37:30un monstre
37:32sacré, pour lequel
37:34le tribunal va devoir dire à la fin si
37:36c'est au fond plutôt un sacré
37:38monstre. On ne sait pas encore. Bien entendu,
37:40ça ne fait que commencer. Les stars
37:42qui viennent, qui sont divisées,
37:44les vedettes de cinéma qui sont divisées en quand,
37:46pour ou contre. Et puis,
37:48avant d'arriver sur le fond, la scénographie
37:50créée par l'avocat
37:52qui est arrivée nouvellement
37:54dans l'affaire, qui a été changée récemment
37:56parce que, justement, c'est un ténor,
37:58parce que c'est quelqu'un qui a d'emblée
38:00choisi d'antagoniser
38:02et de rejeter la faute
38:04sur la partie adverse et qui, au fond,
38:06fait une sorte de
38:08déclamation, un peu
38:10comme on a connu Depardieu aussi dans ses films.
38:12C'est-à-dire qu'il a choisi
38:14la faconde, la puissance,
38:16la manière de dire,
38:18je retourne l'accusation. Ça, c'est pour
38:20la forme. Sur le fond,
38:22c'est aussi le procès
38:24pour reprendre un titre célèbre
38:26d'une consoeur, c'est le procès d'une omerta
38:28française, qui s'est
38:30développée et installée dans tous les
38:32recoins de la société. On assiste
38:34parallèlement à cela depuis quelques temps, à une
38:36explosion de la parole au sein des institutions catholiques
38:38avec l'affaire Bétharame. Là, ce sont
38:40des garçons, qui s'est mis tout garçon
38:42qui est en train de monter. Ce sont des garçons
38:44qui sont en train de dire, nous avons été violentés.
38:46Mais, on le voit avec ce procès-là également,
38:48c'est l'omerta française
38:50qui est en procès.
38:52C'est le procès de l'omerta, François-Xavier Bourbon.
38:54D'ailleurs, pour faire un pas de côté,
38:56il y a quelque chose qui est vraiment très intéressant
38:58sur la description de cette omerta.
39:00Il y a une commission d'enquête parlementaire en ce moment
39:02sur les violences sexuelles dans le cinéma.
39:04Il y a des acteurs qui ont été auditionnés récemment
39:06à huis clos, mais les propos
39:08des auditions ont été publiés
39:10sur le site de l'Assemblée nationale, comme à chaque fois.
39:12Il y avait Jean Dujardin,
39:14Pio Marmaille, il y avait Jean-Paul Rouve
39:16et Gilles Lelouch.
39:18Dominique Besnéard aussi.
39:20Et quand on lit
39:22ce qu'ils racontent,
39:24ils ont tous commencé leur carrière dans les années 90.
39:26Ce qu'ils décrivent du milieu
39:28dans ces années-là,
39:30c'était une période où les comportements
39:32qui aujourd'hui sont inacceptables faisaient partie
39:34d'une sorte de mal nécessaire
39:36pour qui voulait faire carrière dans le cinéma
39:38ou travailler dans le cinéma.
39:40Sauf que depuis,
39:42il y a Mitou qui est tombé
39:44comme un coup près et qui a totalement changé
39:46les regards sur ses pratiques.
39:48Et donc, dans ce milieu-là,
39:50vous plongez Gérard Depardieu,
39:52qui est un ogre
39:54à tout le sens du terme,
39:56et ça donne le procès qu'on voit
39:58aujourd'hui, où lui
40:00ne voit pas ce qu'on lui reproche
40:02alors que les victimes en face
40:04ne comprennent pas
40:06que lui ne comprenne pas.
40:08Donc c'est pas une histoire uniquement de génération,
40:10c'est aussi une histoire de domination,
40:12c'est aussi une histoire, Patrice Moyon,
40:14de rapport de force.
40:16Oui, alors c'est une histoire
40:18de domination. Moi, ce qui m'impressionne
40:20aussi, parce que quand on prend, par exemple,
40:22le cas de l'abbé Pierre, c'est qu'on voit
40:24que l'entourage savait
40:26quand même plus ou moins ce qui se passait.
40:28C'est comment, à un moment, un entourage
40:30protège alors qu'il y a
40:32des actes de prédation qui sont commis
40:34par un acteur,
40:36une personne, qui a été héroïsée.
40:38En l'occurrence, Gérard Depardieu,
40:40c'était la star du cinéma français.
40:42Donc, on lui pardonnait,
40:44on laissait faire,
40:46on fermait les yeux, comme dans
40:48les institutions scolaires, on a pu
40:50fermer les yeux pour ne pas avoir
40:52de scandale. Donc, c'est effectivement
40:54une question d'omerta, c'est une question de domination.
40:56Et donc, la libération de la parole,
40:58c'est vrai qu'elle est essentielle aujourd'hui.
41:00Et c'est une question d'omerta et aussi
41:02une question de soumission face à
41:04un phénomène qui écrasait tout
41:06à une époque où, dans les années 80,
41:08le cinéma français, c'était Gérard Depardieu,
41:10l'industrie du cinéma, c'était Gérard Depardieu.
41:12Mais ce qui est fou, c'est de voir
41:14à quel point, des années plus tard,
41:16des décennies plus tard,
41:18il a encore quand même une emprise
41:20sur les choses. Quand on voit que le Président
41:22de la République, en personne, avait
41:24dénoncé une chasse à l'homme
41:26et était venu au secours de ce
41:28monstre du cinéma en disant que c'était un immense acteur,
41:30mais c'est pas le sujet, en fait.
41:32Personne n'a dit que c'était un mauvais acteur.
41:34Je pense que le Président est bien capable de pouvoir
41:36distinguer
41:38l'homme de l'artiste, l'homme
41:40de l'acteur. Là, en l'occurrence, c'était pas ce qu'on lui reprochait.
41:42Comme si, toucher à
41:44Gérard Depardieu, c'était un tabou
41:46national. Et ça nous amène aussi à
41:48ce genre de
41:50moment, aussi, où les personnalités
41:52se révèlent. Parce qu'Emmanuel Macron,
41:54son premier mot n'a pas été
41:56pour les victimes, il a été
41:58pour Gérard Depardieu, qui était accusé
42:00par des femmes. Et il y a eu d'autres
42:02événements comme ça. Ça me rappelle l'affaire
42:04Nicolas Hulot, quand Nicolas Hulot était
42:06ministre de l'écologie
42:08d'Emmanuel Macron. Il a été accusé
42:10de viol. Et le gouvernement
42:12a fait bloc, dans un
42:14premier temps, autour de Nicolas Hulot.
42:16Comme si la plaignance était forcément
42:18celle qui avait tort, ou racontait
42:20forcément n'importe quoi. Il y a eu
42:22comme ça, cette espèce de réflexe
42:24de caste. Je sais pas si c'est
42:26masculiniste ou pas, mais tout le monde a fait bloc
42:28autour de Nicolas Hulot, avant qu'au bout
42:30de quelques jours, on réalise que
42:32c'était pas des accusations en l'air.
42:34C'était pas n'importe quoi, c'était à prendre au sérieux.
42:36Et donc, avant que le gouvernement
42:38commence un peu à changer de ton.
42:40Et c'est incroyable de voir que, parfois,
42:42certes, il y a des dérives au mouvement
42:44MeToo, mais parfois, on a le sentiment
42:46qu'on doit se justifier
42:48quand on met en cause une personnalité
42:50comme ça, importante, et qui a un statut
42:52important dans la société.
42:54Et on rappelle que ce procès se poursuit demain,
42:56le procès de Pardieu, donc,
42:58à Paris. Dans un instant, les informés
43:00de notre nouvelle
43:02partie,
43:04les cartes blanches des informés,
43:06c'est dans quelques instants, juste après,
43:08un nouveau Fil Info avec
43:10Théo Metton-Réjimbaud, car il est
43:1220h46 sur France Info.
43:14Les vidéos n'étaient
43:16pas probantes, selon le parquet
43:18de Bobigny. Les gardes à vue
43:20de 7 personnes interpellées après des
43:22saluts nazis supposés pendant le match
43:24France-Croatie, hier, ont été
43:26levés. Ces vidéos montrent davantage
43:28des gestes de supporters
43:30que des saluts nazis, dit encore le parquet.
43:32Procédures classées sans
43:34suite. L'adolescent de 16 ans,
43:36suspecté d'avoir agressé le rabbin d'Orléans.
43:38Samedi sera jugé en avril
43:40par le tribunal des enfants.
43:42La détention provisoire est requise
43:44jusqu'à l'audience. Le jeune homme est
43:46suspecté d'avoir roué de coups,
43:48de pieds et de poings le rabbin
43:50après une prière à la synagogue.
43:52L'armée israélienne dit avoir
43:54tiré, sans le savoir, sur un bâtiment
43:56de la Croix-Rouge, à Gaza.
43:58L'explosion a eu lieu à Rafah, sans
44:00faire de blessés. L'État hébreu pensait
44:02avoir repéré des suspects dans
44:04cette zone. Une enquête va être
44:06ouverte. Le Premier ministre
44:08sortant du Groenland dénonce la visite
44:10prévue jeudi de responsables
44:12américains dans ce territoire
44:14autonome du Danemark.
44:16Donald Trump a dit à plusieurs reprises
44:18qu'il voulait l'annexer.
44:20Ce sont la femme du vice-président américain
44:22et le conseiller à la Sécurité nationale
44:24qui s'y rendent.
44:26France Info
44:3020h21,
44:32les informés.
44:34Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
44:36Les informés avec François-Xavier Bourmeau
44:38de l'Opinion, Patrice Moyon de West France,
44:40Alexandra Schwarzbrot de Libération
44:42et Mickaël Darmondi, 24 News.
44:44Voilà donc notre dernière séquence,
44:46la carte blanche des informés.
44:48Oui, on commence avec vous
44:50Alexandra Schwarzbrot.
44:52Je rappelle le principe, vous avez carte blanche,
44:54vous choisissez vos sujets
44:56et vous, vous avez choisi
44:58l'effet d'entraînement, disons,
45:00la méthode brutale de Donald Trump.
45:02Oui, c'est fou, regardez, depuis qu'il est là,
45:04la semaine dernière,
45:06on a vu deux hommes,
45:08deux dirigeants
45:10qui déjà
45:12avaient des méthodes extrêmement
45:14condamnables et qui tout à coup,
45:16c'était open bar, se sont trouvés,
45:18ont cru qu'ils pouvaient
45:20faire ce qu'ils voulaient et s'asseoir
45:22sur la loi.
45:24À qui pensez-vous ?
45:26Je pense notamment à Red Shepard Dohan,
45:28le président turc, qui,
45:30pour éliminer un concurrent,
45:32un rival pour la prochaine élection,
45:34l'a tout simplement mis en prison.
45:36Le maire d'Istanbul, qui est un homme
45:38qui est extrêmement apprécié
45:40et comme il avait peur qu'il lui fasse de l'ombre,
45:42tout simplement, il a inventé
45:44des motifs d'accusation
45:46et il l'a jeté en prison.
45:48Ça a provoqué des manifestations monstres,
45:50vous en avez parlé ces derniers jours.
45:52Et l'autre, c'est Benjamin Netanyahou.
45:54Benjamin Netanyahou, qui déjà,
45:56le Premier ministre israélien,
45:58qui déjà n'avait pas beaucoup de freins
46:00et qui déjà se conduit,
46:02qui mène une guerre
46:04uniquement pour rester au pouvoir
46:06et qui là, en plus,
46:08a décidé de limoger
46:10le numéro un
46:12de la sécurité intérieure
46:14et de limoger la procureure
46:16qui voulait le poursuivre,
46:18qui est en train d'enquêter
46:20pour ses accusations
46:22sur le Premier ministre israélien.
46:24C'est une sorte de dérive autoritaire
46:26qui veut limoger tous les gens qui disent...
46:28J'ai interviewé
46:30samedi, dans Libération,
46:32l'historien
46:34ex-ambassadeur d'Israël en France
46:36Elie Barnaby, qui disait
46:38on est au bord de la guerre civile
46:40en Israël. La démocratie,
46:42il n'y a plus de démocratie.
46:44Et donc, il y a un danger,
46:46un immense danger, évidemment,
46:48je ne parle même pas des monstruosités
46:50qui se passent sur Gaza,
46:52mais au niveau intérieur israélien,
46:54voilà un homme, Benyamin Netanyahou,
46:56qui se croit tout permis, puisque de toute façon,
46:58personne n'a plus de prise sur lui
47:00et le président américain
47:02fait ce qu'il veut, donc il peut faire la même chose.
47:04En l'occurrence,
47:06la différence entre ces deux dirigeants que vous citez,
47:08sans remettre en cause
47:10ce qu'ils font,
47:12au fond, pour Netanyahou, il n'a pas attendu Trump.
47:14Ah non, ça s'est accentué.
47:16Je pense que, quelque part,
47:18il est dans une logique où, paradoxalement,
47:20il va peut-être encore plus fortement,
47:22parce qu'il sent qu'il y a une demande de plus en plus claire
47:24de la société israélienne, plus forte,
47:26pour qu'il y ait des commissions d'enquête,
47:28et tout ce qui se rapproche d'une commission d'enquête,
47:30il limoge, il écarte et il vire.
47:32Mais aussi parce qu'il sent aussi peut-être que,
47:34pour des tas de signaux
47:36qu'on n'a pas le temps de développer ici,
47:38Trump est peut-être en train
47:40de commencer à s'éloigner de lui.
47:42Et qu'en réalité, il craint
47:44qu'il soit un jour lâché
47:46par Trump, et donc,
47:48il va encore plus vite.
47:50Il se durcit de plus en plus...
47:52Pas à cause de Trump, mais parce qu'il pense que Trump
47:54va pouvoir, peut-être, le lâcher un jour.
47:56Un mot, Patrice Moyon, avant qu'on passe
47:58à la carte mentionnante ?
47:59Je pense qu'il faut effectivement regarder
48:01tout ce qui se passe en Israël,
48:03parce que je pense que, comme aux Etats-Unis,
48:05ce qui se passe en Israël aujourd'hui,
48:07c'est un peu l'avant-poste des dérives
48:09autoritaires et qui menacent
48:11aujourd'hui nos démocraties.
48:13Autoritaires et illibérales.
48:15Et illibérales.
48:17Juste en quelques mots.
48:19Hier dimanche,
48:21le gouvernement israélien
48:23a créé un service
48:25pour
48:27virer les Palestiniens de Gaza.
48:29Donc là, maintenant, il y a un service qui a été créé
48:31au sein du gouvernement pour s'occuper...
48:33Voilà où nous en sommes.
48:35Et tout ça parce qu'un
48:37homme s'accroche au pouvoir.
48:39Et c'est très difficile quand on a effectivement un président américain
48:41qui prétend annexer tel et tel territoire,
48:43renommer tel et tel territoire, de reprocher
48:45à Vladimir Poutine ensuite ou à Benjamin Netanyahou
48:47de vouloir faire la même chose
48:49chez eux. C'est vrai que
48:51la grille de lecture menace
48:53d'être complètement renversée
48:55l'ordre mondial
48:57et chamboulée.
48:59Trump, dont on va parler dans votre carte blanche,
49:01Michel Darmon, avec un autre volet du dialogue
49:03Trump-Poutine. Oui, c'est celui
49:05qu'on ne retient jamais, ou très très rarement
49:07lorsqu'on écoute en France,
49:09en tout cas en France, en Europe peut-être,
49:11les conversations qui durent longtemps,
49:13qui a duré notamment longtemps
49:15entre celles de 90 minutes
49:17entre Poutine et Trump, en réalité
49:19c'est le deal global.
49:21Et le deal global qu'ils sont en train
49:23de mettre ensemble, en fait,
49:25sacrifie l'Ukraine.
49:27En réalité, Trump n'a pas vraiment
49:29beaucoup d'intérêt avec l'Ukraine,
49:31mais il veut amener effectivement
49:33Vladimir Poutine à dire
49:35je te lâcherai ce que tu veux sur l'Ukraine,
49:37c'est pour ça qu'il va très très vite,
49:39à condition que tu lâches l'Iran.
49:41Pour que je puisse enfin
49:43mettre en place mon système sur l'Iran,
49:45c'est-à-dire faire en sorte d'affaiblir
49:47le régime des Mollahs,
49:49affaiblir
49:51ce pays
49:53et ses proxys
49:55de manière à pouvoir installer
49:57un autre mode de fonctionnement,
49:59en particulier avec la régulation économique
50:01et l'Arabie Saoudite qui normaliserait
50:03avec Israël et la région.
50:05Et en fait, pour preuve, c'est qu'à chaque fois
50:07quand on a le compte-rendu général de leurs conversations
50:09et de leurs échanges, il y a toujours
50:11en fin de paragraphe, mais ils ont aussi évoqué
50:13la situation au Moyen-Orient,
50:15au Proche-Orient, en Iran, et comme on est évidemment
50:17très concerné par ce qui se passe sur l'Ukraine,
50:19on ne retient que cet aspect-là. En réalité,
50:21ils ont une vue panoptique
50:23et l'Ukraine n'est qu'un des éléments
50:25de leur conversation.
50:27Ils ont aussi parlé, rappelons-le, match de hockey
50:29sur glace. Bien entendu,
50:31ils peuvent le faire. Et on notera que
50:33les pourparlers russo-américains en Arabie Saoudite
50:35ont pris fin après 12 heures,
50:37ce soir, les agences russes.
50:39Et on passe à vous, François-Xavier Bourmaud.
50:41On revient à la politique nationale
50:43avec le Haut-Commissariat
50:45Haut-Plan vers son poste Bayrou.
50:47Alors, qu'est-ce que ça donne ?
50:49Oui, là, on est dans un autre sujet.
50:51Alors, le Haut-Commissariat Haut-Plan, c'était l'ancien
50:53poste de François Bayrou, du Premier ministre.
50:55Il a été remplacé par
50:57Clément Bonne. Et ça
50:59arrive dans un moment où il y a beaucoup d'interrogations
51:01sur est-ce qu'il faut supprimer ou pas
51:03des agences de l'État.
51:05Dites-nous juste à quoi ça sert, ce...
51:07C'est la prospective pour tracer l'avenir de la France
51:09sur tout un tas de sujets à horizon
51:1110, 20, 30, 50 ans.
51:13Donc, c'est très ambitieux.
51:15Et, alors,
51:17François Bayrou n'avait pas laissé une trace
51:19indélébile au plan,
51:21pour le dire gentiment. Et Clément Bonne,
51:23lui, a le défi, au moment où il y a ce débat
51:25sur l'utilité des agences et leurs coûts,
51:27d'en faire quelque chose. Alors, il va
51:29fusionner le Haut-Commissariat Haut-Plan
51:31avec France Stratégie. Donc, il y aura d'un côté
51:33des chercheurs, de l'autre, la boîte à idées.
51:35Et on va voir assez vite si ce
51:37nouveau Haut-Commissariat Haut-Plan
51:39va fonctionner, puisque, mi-avril,
51:41pour mi-avril, il a commandé
51:43deux études flash, la première sur le
51:45financement de la défense et la deuxième sur le
51:47service civique. Alors, ça
51:49peut paraître pas important comme ça, mais
51:51on va avoir, noir sur blanc,
51:53les données chiffrées
51:55de l'effort de défense. On parle de
51:573%, 5%. Qu'est-ce que ça représente ?
51:59Normalement, ces rapports doivent
52:01éclairer l'opinion publique sur
52:03l'effort de défense et le service
52:05civique. Donc, on va savoir assez vite si
52:07Clément Bonneau a réussi
52:09à faire de cet outil qui avait
52:11été créé ad hoc pour François Bayrou
52:13quelque chose d'utile
52:15pour le débat public et le
52:17pays. On voit que la montagne
52:19est assez haute,
52:21on verra si... Oui, la terminologie
52:23de l'étude flash, en fait, rappelle la méthode
52:25de Pierre Moscovici à la Cour des Comptes,
52:27qui est passée, effectivement, des grands
52:29rapports volumineux
52:31qu'on relie fois par an et encore pas
52:33complètement à des études
52:35ponctuelles qui permettent de faire de l'institution
52:37une interbonante
52:39dans le débat public. Il est remis quand ce rapport ?
52:41Redites-nous la date. Mi-avril, c'est deux études
52:43flash, alors c'est deux études très rapides, mais il y en aura
52:45beaucoup d'autres qui suivront, qui sont déjà
52:47programmées, mais dont le contenu sera dévoilé
52:49vers la mi-avril. Dans
52:51quelques semaines. Allez, dernière carte blanche, Patrice Moyon,
52:53l'assassinat d'un syndicaliste corse.
52:55Oui, c'était il y a une semaine, lundi
52:57dernier, et il a été, ses obsèques
52:59ont été célébrés samedi. Alors, ce qui est curieux dans l'actualité
53:01parfois, c'est qu'il y a des
53:03événements qui passent
53:05un peu à la trappe, et celui-ci en fait partie, c'était tout de même
53:07le secrétaire général de la
53:09Via Campagnola, donc la Confédération
53:11Paysanne Corse, et surtout
53:13cet homme, Pierre Alessandri, qui était
53:15producteur d'huile essentielle en Corse,
53:17avait le tort de dénoncer
53:19les manipulations autour des
53:21aides de la politique agricole commune
53:23et aussi
53:25de dénoncer le déclassement de terres agricoles
53:27pour faire de l'urbanisme,
53:29et il n'était pas tout seul à le dire,
53:31et il dérangeait visiblement,
53:33et il y a un rapport récent
53:35de la Cour des Comptes qui confirme
53:37un peu ce qui se passait en Corse,
53:39et donc je trouve que l'assassinat
53:41du secrétaire général d'un syndicat
53:43méritait sans doute un peu
53:45plus que des brèves dans les journaux.
53:47Alors, il y a Sophie Binet, à la CGT,
53:49qui a fait un petit tweet,
53:51il y a la ministre de l'Agriculture qui a dénoncé
53:53la violence, mais au moins
53:55dénoncer ce qui se passait
53:57en Corse,
53:59surtout quand on voit une économie mafieuse
54:01qui se développe autour de la drogue,
54:03ça méritait un peu plus que quelques lignes.
54:05Vous en parlez dans les informés, est-ce qu'on sait ce qui s'est passé ?
54:07Alors, c'est un assassinat qui n'a pas
54:09été revendiqué, mais il y a tout de même
54:11un faisceau de présomption, c'est-à-dire que
54:13la Confédération Paysanne
54:15notamment avait choisi de ne pas
54:17l'inscrire sur la liste des dernières
54:19élections aux chambres d'agriculture parce qu'il se
54:21avait menacé. Et en tout cas, voilà un hommage
54:23qui est rendu, et pour ceux qui nous regardent à la télévision,
54:25on a pu le voir pendant
54:27votre carte blanche. Merci beaucoup
54:29Patrice Moyon. Allez, je vous laisse la parole à la Une
54:31de Ouest-France demain. Alors, on revient sur
54:33les difficultés de l'économie circulaire,
54:35notamment avec la difficulté à recycler
54:37les canettes. À lire dans Ouest-France,
54:39François-Xavier Bourbon à la Une de l'Opinion demain.
54:41Nous, les maires face au narcotrafic,
54:43c'est très compliqué pour eux,
54:45ils se retrouvent dans une situation
54:47très difficile, surtout à l'approche des élections municipales.
54:49Voilà, on avait le maire de Morlaix,
54:51l'autre soir, sur France Info. Effectivement, il raconte
54:53la difficulté de lutter contre
54:55ces trafics. Alexandra Schwarzbrot, à la Une de
54:57Libé demain. Surfroid au Groenland.
54:59Faux. Oui.
55:01On dirait un polar.
55:03C'est passionnant.
55:05Avec un portage, on a une envoyée spéciale
55:07qui a passé une dizaine de jours au Groenland
55:09et qui raconte, c'est absolument passionnant.
55:11Les Américains, ils seront jeudi. Mickaël Darmont,
55:13un grand merci, éditorialiste à
55:15Evencat News. Les informés reviennent
55:17demain matin à 9h avec Renaud Delis et
55:19Célia Bracliat. Agathe, on se retrouve demain.
55:21A demain.

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