Éric Ciotti, président de l'Union des droites pour la République et député des Alpes-Maritimes, était l'invité de BFM Story ce lundi 24 mars sur BFMTV.
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00:00Bonsoir Éric Ciotti, c'est-à-dire l'agression du rabbin d'Orléans, l'âge du suspect numéro 1, il a 16 ans aujourd'hui, qui nourrit l'antisémitisme en France selon vous ?
00:10Il y a plusieurs sources d'antisémitisme mais aujourd'hui l'antisémitisme le plus fréquent c'est naturellement celui des islamo-gauchistes,
00:20c'est celui attisé par l'extrême gauche et souvent par lfi donc soyons clairs, moi j'ose dire clairement les choses, les actes antisémites ont explosé,
00:33c'est une infamie pour notre pays, on ne protège plus les juifs de France, ils sont des cibles, ils sont des victimes et ces cibles souvent ce sont les extrémistes de gauche qui les ont posés.
00:48Les responsables de la France Insoumise ont tous condamné l'agression antisémite samedi ?
00:53Heureusement mais il ne suffit pas de condamner.
00:56Ils sont hypocrites ?
00:57Oui il y a une hypocrisie très claire, on voit bien les attaques permanentes, récurrentes, la confusion en utilisant l'antisionisme qui frôle l'antisémitisme en permanence,
01:10on voit bien ce discours récurrent de certains membres des insoumis qui attisent cette haine et qui quelque part font des juifs notamment une cible.
01:21Mais pourquoi ? Quel est l'intérêt d'attiser cette haine ?
01:24L'intérêt il est très clairement électoral, ils veulent flatter un électorat qui est exploité, qui est utilisé, un électorat qui est sensible aux thèses islamistes, soyons clairs.
01:38Et c'est pour ça qu'il y a ce discours.
01:40Vous êtes allié désormais au Rassemblement National en tant que président du groupe Union des droits de la République.
01:45Jordan Bardella se rend en Israël, ça suscite la polémique, on se dit c'est quand même dingue, qui a fondé le Front National qui est devenu ensuite le Rassemblement National,
01:54c'est Jean-Marie Le Pen qui a été condamné pour antisémitisme, c'est quand même assez paradoxal de voir aujourd'hui Jordan Bardella en Israël.
02:01Pourquoi c'est paradoxal ? Au contraire, oui c'est un beau symbole, c'est un beau symbole de témoigner aussi la force de ce soutien à un État démocratique.
02:12Il n'y a plus d'antisémites au Rassemblement National ?
02:15Je ne crois pas, je n'en ai pas rencontré.
02:17Regardez ce que dit Serge Klarsfeld, qui peut parler le mieux d'antisémitisme que Serge Klarsfeld ?
02:24Ce qu'il a dit au moment notamment de la manifestation après le 7 octobre, Marie Le Pen était présente, c'est le président Macron qui n'était pas là,
02:33ce fut une faute devant l'histoire lorsqu'il y avait ce rassemblement global avec des anciens présidents de la République autour du Sénat de l'Assemblée Nationale.
02:44Lorsque le président de la République n'y est pas allé, très clairement par peur de l'agitation dans les banlieues, c'était une faute.
02:52Comment vous expliquez que les institutions juives de France soient gênées, voire prennent leur distance avec ce voyage de Jordan Bardella,
03:00notamment parce qu'il va voir en Israël des ministres d'extrême-droite, notamment à l'invitation d'un ministre d'extrême-droite,
03:07et parce qu'avec lui viennent à cette réunion d'autres représentants de l'extrême-droite en Europe ?
03:15C'est pas par hasard si le conseil représentatif des institutions juives prend ses distances justement avec ce voyage de Jordan Bardella ?
03:21Ça n'a pas l'air d'être votre cas.
03:23Le CRIF a un prisme politique très clair, qui est marqué à gauche.
03:29Le CRIF ?
03:30Oui, absolument. Dans les élections législatives, le CRIF a pris parti.
03:36C'est intéressant parce que Jean-Luc Mélenchon dit exactement le contraire.
03:40Vous savez, je parle beaucoup à Nice avec des amis juifs, et je crois que peu, aujourd'hui, se trompent d'ennemis.
03:51C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le meilleur rempart à l'antisémitisme, c'est le Rational National ?
03:55En tout cas, nous formons dans cette alliance des droites, mais d'autres le font aussi.
04:00Je ne fais aucun procès d'intention, mais notre soutien à l'engagement contre l'antisémitisme est total.
04:09Voilà, il n'y a pas d'ambiguïté.
04:11Alors, ça n'efface pas certaines périodes du passé, mais je crois que Jordan Bardella a été très clair là-dessus.
04:18Donc que le président de la République serbe soit dans ce voyage, que des représentants de l'extrême-droite hongrois soient de ce voyage,
04:28vous, à titre personnel, ça ne vous dérange absolument pas ?
04:31Moi, je vois le... Si on en parle, c'est que c'est une rupture, c'est nouveau.
04:36C'est la première fois qu'un dirigeant, qu'un président du Rassemblement National est présent en Israël.
04:45C'est une évolution, et cette évolution, l'État d'Israël la marque, mais moi, je la mesure sur le terrain.
04:52Aujourd'hui, les Juifs de France savent qu'ils sont des cibles, savent qu'ils sont attaqués.
04:57Ils connaissent qui les attaque, l'extrême-gauche mélenchoniste, et ils savent qui les défend.
05:03Et là, il n'y a pas d'ambiguïté.
05:05Alors après, il y a des institutions plus ou moins politisées qui ont mené un combat aux élections législatives.
05:12Je l'ai vécu moi-même avec des attaques, mais ce n'est pas ça l'important.
05:17L'important, c'est d'être cohérent avec ce qu'on croit, ce qu'on a toujours dit.
05:21La défense d'une certaine vision, la défense d'Israël et la défense des Juifs de France, la protection des Juifs de France.
05:30Pour rétablir l'ordre, puisque vous appelez à rétablir l'ordre en France, Bruno Retailleau, c'est l'homme de la situation ?
05:35Bruno Retailleau, pour l'instant, ne fait que parler.
05:39Moi, j'aimerais qu'il agisse, mais il ne peut pas agir dans ce gouvernement, parce qu'il est prisonnier d'une politique macroniste.
05:45On le voit sur l'exemple algérien.
05:47Je ne sais pas si on va en parler, mais M. Retailleau est monté très haut dans les tours.
05:52Il a parlé très fort, et vous voyez ce qu'il se passe ?
05:56C'est une riposte graduée.
05:58La riposte graduée, c'est la visite de M. Barreau en Algérie.
06:01Et c'est le président Tebboune qui dit que de toute façon, toutes ces personnes ne comptent pas.
06:06C'est un peu mon analyse, d'ailleurs. Ce sont des intérimaires du pouvoir.
06:09Le seul qui compte, c'est M. Macron.
06:11Finalement, le président Tebboune a dit la réalité de la situation en France.
06:16Les Français, aujourd'hui, ont bien noté les propositions de M. Retailleau.
06:20Le plébiscite dans les sondages, il est très haut dans les sondages.
06:24Est-ce qu'il devient un adversaire à même de mettre en danger Marine Le Pen ?
06:27Moi, j'attends des actes.
06:29Et sur l'Algérie, quand Tebboune dit que le seul qui compte en France, c'est Macron, quelque part, il n'a pas tort.
06:36Et moi, ce que je reproche à M. Retailleau, et on a une divergence de fonds qui s'est traduit par des alliances différentes aux élections législatives.
06:43Moi, j'ai voulu une alliance à droite. M. Retailleau a voulu une alliance avec M. Macron.
06:48Mais soyons concrets pour les gens qui nous regardent.
06:50Et avec la gauche au second. Et c'est pour ça qu'il ne peut rien faire.
06:53Soyons concrets. Vous voulez des actes.
06:55Si vous étiez au pouvoir, qu'est-ce que vous feriez de plus ou de moins ou de différent de ce que fait Bruno Retailleau pour obliger l'Algérie à reprendre ses ressources ?
07:04Sur l'Algérie, si nous étions au pouvoir, si M. Bardella était Premier ministre,
07:10nous aurions coupé l'octroi de tous les visas. L'année dernière, 250 000 visas ont été octroyés aux Algériens.
07:19Donc plus d'étudiants, plus de regroupement familial, plus d'immigration de travail terminée.
07:23Moratoire immédiat sur les visas tant que nous n'obtenons pas la libération de Boilem Sansal, qui est un prisonnier politique.
07:31Et je suis scandalisé par le fait qu'il n'y ait pas plus de voix qui s'élève pour la libération de Boilem Sansal,
07:38qui est un martyr d'un régime dictatorial. Nous ne donnerions plus aucun visa tant que les OQTF,
07:45toutes les OQTF, des criminels, des délinquants, ne sont pas repris. C'est une mesure très simple, très efficace.
07:53Nous interdirions à l'oligarchie algérienne de venir se soigner gratuitement en France.
07:59Il y a près de 50 millions d'euros de dettes algériennes dans les hôpitaux français.
08:05Nous pourrions bloquer les transferts financiers des ressortissants algériens vers l'Algérie.
08:11C'est une fuite de capitaux.
08:13Ça, il passerait par d'autres pays européens, vous le savez très bien.
08:16La réponse graduée est très différente de celle qu'appelle de ses voeux le gouvernement,
08:21ou celle même qu'appelle de ses voeux M. Darmanin, ici même chez vous.
08:25Il parle de faire revenir l'ambassadeur de France à Alger.
08:30Je pense que ce n'est pas ça qui va faire très peur aux Algériens.
08:33Pendant que nous parlons, on vient d'apprendre qu'un adolescent de 17 ans avait été mortellement poignardé dans l'Essonne.
08:39Quatre suspects ont été interpellés.
08:41Les faits se sont produits devant un lycée, le lycée Louis Armand, à Ayer.
08:45Le jeune homme a reçu un coup de couteau au thorax.
08:49Il a succombé à ses blessures.
08:51Malheureusement, ce n'est pas la première rixe mortelle qui met en cause des adolescents
08:55avec la mort d'un jeune homme, des poignards, des couteaux qui circulent.
09:01Il y a une prolifération, d'ailleurs, de ces armes. Quelle est votre réaction ?
09:05D'abord, un sentiment d'émotion, de soutien à la famille de la victime après cette tragédie,
09:13après ce drame, à ses camarades.
09:15J'imagine le traumatisme dans ce lycée.
09:19Mais c'est un acte de plus, un acte de trop, d'une extrême violence qui traduit la montée de la violence.
09:26C'est des rixes entre bandes, apparemment.
09:28Il y a de la violence dans notre pays qui est de plus en plus forte, qui est de plus en plus précoce,
09:34qui est présente chez de plus en plus de mineurs.
09:37Là aussi, on parle beaucoup, mais où est la réponse ?
09:41Quelle réponse pénale pour les mineurs d'Alexandre ?
09:45La justice pour les mineurs a été revue et corrigée 20 fois.
09:48La dernière fois, c'était avec le garde des Sceaux du pont Moretti.
09:50Ça ne va pas assez loin à chaque fois.
09:52Je me suis opposé à cette réforme.
09:54Elle introduisait quoi ?
09:55Elle introduisait la fameuse césure dans le procès pénal pour les mineurs.
09:59C'est-à-dire qu'au lieu d'avoir une réponse immédiate,
10:02on renvoyait la décision de justice à une année,
10:05en tout cas plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard.
10:08Du coup, à l'inverse, vous allez voter le projet de loi de Gabriel Attal sur la délinquance des mineurs.
10:12Il y avait une forme d'impunité.
10:14Mais dans ce qu'il y avait dans l'esprit du projet de loi de Gabriel Attal,
10:18il est très largement insuffisant.
10:20Mais la réponse plus rapide me convient.
10:23Donc moi, je n'ai pas d'opposition à ce stade.
10:26Y compris la comparution immédiate pour les 16 ans et plus ?
10:28La comparution immédiate, c'est indispensable.
10:30Moi, j'ai défendu des amendements.
10:32D'ailleurs, avec l'opposition de M. Attal à l'époque,
10:35on a toujours demandé cette disposition.
10:38Il faut qu'il y ait la comparution immédiate pour les mineurs.
10:41Le précédent gouvernement a fait l'inverse.
10:43C'est-à-dire qu'on renvoyait au calendre grec le procès.
10:47Il faut, si on veut être persuasif…
10:49On juge plus vite.
10:51Mais en revanche, la sanction tombe plusieurs mois plus tard.
10:53Oui, ça veut dire qu'il n'y a pas de sanction.
10:55Et l'excuse de minorité, il faut la faire sauter plus souvent ?
10:57Bien sûr. Là aussi, elle est plus adaptée à l'aggravation de la violence
11:03et à la précocité de la violence.
11:05Aujourd'hui, on a à la fois des mineurs qui sont auteurs
11:09et des mineurs qui sont victimes.
11:11Vous êtes pour qu'elle soit supprimée ?
11:13Oui, qu'elle soit…
11:14Moi, j'ai toujours proposé qu'elle soit ramenée à 16 ans.
11:17Vous pensez qu'il faut juger les mineurs comme des adultes ?
11:20En tout cas, à partir de 16 ans, oui.
11:22Ils sont mineurs à 16 ans.
11:24Et sur des faits très graves, oui.
11:27C'est contraire à tous les traités et à toutes les conventions internationales
11:30que la France a signées.
11:32Ce qui me paraît plus grave que ces traités,
11:37c'est l'assassinat, ce sont ces crimes,
11:41ce sont ces assassinats qui se multiplient
11:43et contre lesquels il faut lutter.
11:45Ce qui me paraît plus grave aussi, c'est qu'on ait des gamins
11:47qui soient dans des réseaux de drogue.
11:49Vous savez, j'ai fait une tournée de nuit à Nice, dans ma ville,
11:53il y a quelques jours, avec les policiers de la BAC.
11:56C'était édifiant, ce que j'ai vu.
11:58Ils ont interpellé, devant moi, j'étais dans le véhicule de la BAC,
12:01un gamin qui avait 15 ans,
12:04qui avait 15 ans et qui nous disait,
12:06qui a crié « ara » quand on est arrivé avec le véhicule de police.
12:10Deux jours auparavant, dans le même quartier,
12:12il y avait eu un assassinat, un règlement de compte.
12:15C'est dans le quartier Bon Voyage.
12:17Et les policiers ont demandé devant moi, à ce gamin,
12:20qu'est-ce qu'il faisait là ?
12:21Alors, après un peu d'hésitation,
12:23en disant qu'il rentrait à pied trois kilomètres plus loin,
12:25chez lui, il a reconnu qu'il était guetteur.
12:29Ils lui ont demandé combien il gagnait.
12:31Il gagnait son chi...
12:34Sa rémunération était indexée sur le chiffre d'affaires du point de deal,
12:39qui pouvait atteindre 40 000 euros la nuit.
12:41Et lui, il gagnait entre 50 et 100 euros par nuit.
12:45Donc, c'est là le cœur du problème.
12:47Et pour ces gamins, il n'y a aucune réponse pénale.
12:51– Il n'y a en ce moment la proposition de loi sur le narcotrafic,
12:54en tout cas, qui doit vous satisfaire.
12:56– Elle n'a pas de réponse.
12:57Moi, en 2011, j'avais fait voter une loi
13:02qui créait un service citoyen, un encadrement de type militaire
13:06dans les épides pour les mineurs délinquants.
13:08On avait ouvert 100 places.
13:10J'ai d'ailleurs parlé à Gérald Darmanin,
13:12quand je l'ai rencontré sur la consultation narcotrafic,
13:15place Vendôme.
13:16J'ai dit mais remettez ça, la loi existe toujours.
13:19C'est Madame Taubira qui l'avait rendue inopérante
13:21parce qu'elle avait coupé les crédits.
13:23– Éric Ciotti, il y a 4 400 décisions de justice
13:28prononcées par des juges contre des mineurs,
13:31contre des mineurs, 4 400 qui ne sont pas appliquées, faute de moyens.
13:35– Oui, faute de place.
13:37On avait pour ces mineurs délinquants dans les épides,
13:40c'était environ 200 places par an.
13:42– 4 400 ?
13:43– C'est une partie de la réponse.
13:44– 4 400 ?
13:45– Bien sûr, mais on a une justice qui aujourd'hui manque de moyens,
13:50manque cruellement de moyens.
13:52Manque de magistrats, on a moins de parquetiers,
13:54quatre fois moins que la moyenne européenne,
13:56on a deux fois moins de juges du siège, donc c'est une réalité.
13:59Et surtout, on a beaucoup moins de structures de placement,
14:04notamment pour les mineurs.
14:05Vous savez, un établissement pénitentiaire pour mineurs,
14:08la place, elle est environ à 300 euros par jour.
14:11Un centre éducatif fermé,
14:13M. Macron avait promis le doublement des centres éducatifs fermés,
14:17ce fut, là encore, une fausse promesse, c'est 900 euros par jour.
14:21C'est pour ça qu'on avait proposé, c'était à l'époque du président Sarkozy,
14:25ces services citoyens avec des anciens militaires
14:29dans des établissements où ils portaient l'uniforme,
14:32où ils se levaient à six heures du matin,
14:34où ils apprenaient un métier.
14:36C'est l'époque où les budgets de la justice et de la police
14:39ont le plus baissé.
14:40Oui.
14:41Pas forcément, les budgets de la justice
14:43étaient proportionnellement plus importants aussi.
14:47Il y avait plus de places de prison qu'il y en a aujourd'hui.
14:50En tout cas, il y avait, sous cette présidence,
14:538000 places de prison qui avaient été créées.
14:56Depuis 2012, à peine 2000 places de prison nouvelles,
15:02Hollande, Macron, on est à 82 000 détenus pour 62 000 places.
15:07Ce sont les chiffres qu'a rappelés hier le ministre de la Justice.
15:10Il y a une image qui a fait le tour des réseaux sociaux,
15:13que l'on a vu sur les écrans, c'est cette marque Merachi.
15:17Vous savez, c'est une marque éphémère de vêtements
15:20profession musulmanes pour les femmes
15:23et qui, dans sa publicité, a voilé la tour Eiffel.
15:26Oui.
15:27Alors, c'est un coup marketing qui a fait énormément de buzz.
15:30Ça vous scandalise ?
15:31Oui, j'ai vu que ça avait ému Apolline de Malherbe aussi sur les réseaux.
15:36Moi, ça me scandalise parce qu'on est en train de vouloir installer
15:41une contre-culture dans notre pays.
15:44Et ce n'est pas conforme à l'histoire de notre nation,
15:48à son héritage.
15:50On a des racines, on a une culture, on a des modes de vie.
15:54Il y avait du monde pour acheter.
15:56On est dans le centre de Paris, c'est dans le Marais.
15:58Il y a une boutique éphémère.
15:59Regardez, il y a des femmes pour la plupart voilées
16:02qui viennent acheter dans cette boutique.
16:04Ces images, elles me choquent
16:05parce que ce n'est pas la conception de la France que j'ai.
16:10Le voile n'est pas interdit dans les rues.
16:12Le voile n'est pas interdit dans les rues.
16:15Contrairement d'ailleurs à ce que disent les promoteurs de cette marque.
16:18Il devrait l'être.
16:20En tout cas, ça a été toujours ma proposition.
16:22Vous souhaitez, comme Marine Le Pen,
16:23que le voile soit interdit dans tout l'espace public ?
16:25Dans nos services publics.
16:27Mais pas comme Marine Le Pen dans la rue.
16:29Dans certains lieux d'espace public.
16:31Jordan Bardella va plus loin et dit qu'à terme,
16:33il faudra interdire dans la rue.
16:34Dans un guichet de sécurité sociale.
16:38Moi, je l'ai toujours défendu.
16:39À l'hôpital.
16:40Dans nos services publics.
16:41Et pourquoi pas dans la rue ?
16:42Parce que vous pensez que ce n'est pas possible,
16:44ce que souhaite Jordan Bardella ?
16:45Parce que les policiers mettent des amendes.
16:47Il faut qu'il y ait cette laïcité qui,
16:49à la fois, respecte les religions.
16:52Moi, je respecte toutes les religions.
16:54Chacun a la liberté de croire au Dieu qu'il veut.
16:57Et les musulmans peuvent croire au Dieu qu'ils veulent.
17:00C'est leur intimité, c'est leur liberté.
17:04On doit garantir à chacun cette liberté.
17:07Mais on ne doit pas pouvoir imposer aux autres,
17:10dans des lieux où ils sont obligés d'aller.
17:12Y compris dans le sport, alors ?
17:13Absolument.
17:14Leur appartenance.
17:15Donc moi, je suis totalement opposé
17:18au port de signes religieux,
17:20au port du voile dans les manifestations sportives.
17:24Et opposé, j'imagine, à l'arrêt des matchs de foot,
17:27pour observer la rupture du jeûne.
17:31J'ai vu qu'Edouard Philippe considérait
17:33que ce n'était pas un problème,
17:35le port de signes religieux
17:37et de voile islamique dans le sport.
17:40Ça me rappelait les petits accommodements raisonnables
17:44qu'avait prôné Alain Juppé lors de la primaire de 2016.
17:47Je crois que, justement,
17:48on ne doit pas avoir d'accommodements
17:50avec ceux qui testent la République.
17:52On a des valeurs, on a des repères,
17:54on a une histoire, c'est celle de la République.
17:57Chacun croit, encore une fois,
17:59à une liberté de croyance.
18:01Et nous devons garantir cette liberté
18:04de croire, de penser,
18:06ou de ne pas croire, d'ailleurs, tout autant.
18:09Mais nous devons aussi respecter un fait culturel,
18:13et qui n'est pas culturel.
18:15Nous sommes les héritiers
18:17d'une civilisation judéo-chrétienne
18:19qui a fait ce que nous sommes.
18:20Notre calendrier civil,
18:22notre architecture, nos modes de vie.
18:24Vous ne croyez pas à la société créole ?
18:26Non, je ne crois pas à la société créole.
18:28Je crois au respect de cette histoire
18:31et que nous devons être fidèles
18:34à cette histoire et à cette culture.
18:35François Bayrou vient de fêter un anniversaire.
18:37Les 100 jours.
18:38Ça fait 100 jours.
18:39C'est un mal fini, les 100 jours.
18:41Il passera le printemps et l'été ?
18:43Nous verrons bien,
18:46mais en tout cas,
18:47ce furent 100 jours pour rien.
18:49Il a fait passer un budget
18:51qui était une mission quasiment impossible.
18:54100 jours d'immobilisme,
18:56100 jours où on voit bien
18:58qu'on va de textes sur le chemsex
19:00à l'Assemblée nationale
19:02à des textes tous les plus anodins
19:04les uns que les autres.
19:06Ce n'est pas vrai pour la loi narcotrafic.
19:09Aujourd'hui, François Bayrou est là pour durer.
19:13Il n'est pas là pour agir.
19:15On peut durer sans agir ?
19:18Oui.
19:19C'est ce qu'il va faire.
19:21C'est toujours ce qu'il a fait d'ailleurs
19:23avec un certain talent,
19:24notamment lorsqu'il était au ministère de l'Éducation.
19:26Si vous vous rappelez d'une des mesures
19:28qu'il a fait adopter
19:29lorsqu'il était quatre ans ministre
19:31de l'Éducation nationale...
19:33Il a voulu réformer la loi Fallou.
19:35Je vous invite à déjeuner sur le port de Nice
19:37où vous êtes souvent.
19:38D'où je suis originaire.
19:39D'où vous êtes originaire.
19:40D'accord, monsieur Ciotti,
19:42mais dans ce cas-là,
19:43pourquoi Marine Le Pen ne décide pas de le censurer ?
19:46Pourquoi l'avoir laissé agir ?
19:48Cette opportunité, elle est sur la table aujourd'hui.
19:51Nous avons estimé que le budget Bayrou,
19:55parce qu'il avait effacé
19:58les pires dangers du budget Barnier,
20:01notamment l'augmentation de la taxe sur l'électricité,
20:05la désindexation des retraites.
20:07Ce sont des succès que nous avons obtenus.
20:09Nous avons estimé qu'il fallait mieux
20:11qu'il y ait une forme de stabilité
20:13par rapport aux connaissances.
20:15C'est contradictoire.
20:16Aujourd'hui, c'est pour avoir un budget.
20:20Mais là, il peut y avoir des censures hors temps budgétaires.
20:23Rien n'est interdit, rien n'est arrêté à ce stade.
20:27Mais en tout cas, ce qui se passe,
20:29cette espèce d'entre-deux
20:31qui peut nous conduire jusqu'à l'élection présidentielle.
20:33Dans le contexte international,
20:34on a les moyens d'avoir une instabilité politique ?
20:37J'espère.
20:38C'est un élément qui, justement,
20:40appelle à la réflexion.
20:42L'instabilité internationale,
20:44j'espère qu'elle sera levée d'ici l'été.
20:46Je le souhaite et je le crois.
20:48En tout cas, sur le front ukrainien.
20:50Mais, de façon...
20:52Pourquoi une année là ?
20:53Parce qu'il y a eu cette alliance
20:55des contraires aux élections législatives.
20:57Parce que des Républicains,
20:59qui ne m'ont pas suivi,
21:00je ne fais pas la même gable sur tous les Républicains,
21:02mais ceux qui ont préféré l'alliance
21:04avec Emmanuel Macron
21:06et l'alliance avec El-Effi au second tour,
21:08ont conduit à cette situation
21:10d'absence de majorité et de blocage.
21:12Donc, à un moment, il faudra clarifier les choses.
21:14Un dernier mot, parce que dans une semaine pile,
21:16lundi prochain, 31 mars,
21:18sera le jugement pour Marine Le Pen.
21:20Est-ce qu'à votre avis, elle sera déclarée inéligible ?
21:23Avec exécution immédiate ?
21:25Je n'ai absolument pas d'avis là-dessus.
21:27Je me porterais bien de prononcer un jugement.
21:30Simplement, je...
21:32Elle pourrait être écartée de la course...
21:34Ce serait un problème démocratique.
21:36Si elle devait être écartée de la course politique,
21:39ce serait un problème majeur.
21:41Comme ce fut le cas pour François Fillon, je le dis,
21:44parce qu'on donne beaucoup de leçons au monde entier...
21:47C'est bizarre, vous réclamez plus de fermeté
21:49de la part de la justice,
21:51puisque quand ça concerne les responsables politiques,
21:53là, on la trouve un peu trop dure, la justice.
21:55Ce n'est pas une question de fermeté,
21:57c'est une question de justice.
21:59Mais si vous trouvez normal que celui qui devait,
22:01selon tous les sondages, être élu président de la République,
22:04soit éliminé de la course à cinq semaines de l'élection,
22:07et si vous pensez que la même démarche
22:09qui peut toucher celle qui est très largement en tête
22:12de tous les sondages, ne pose aucun problème démocratique,
22:15ce n'est pas mon avis.
22:16Mais il faut quand même élire des responsables exemplaires.
22:19Il faut mieux avoir un président de la République exemplaire.
22:21Bien sûr, mais je crois que dans les deux cas que j'évoque,
22:23ils le sont.
22:24Merci Éric Ciotti.