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00:00Europe Un Soir. 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:04La Scénique, on retrouve bien sûr à 21h pour un journal complet.
00:09C'est bien Bruno Retailleau que je vois face à Caroline Roux sur France 2 en ce moment.
00:15Bruno Retailleau qui se retrouve dans une position compliquée, on va dire, pour le moins,
00:21puisqu'il est, vous le savez, ministre de l'Intérieur, puisqu'il est également celui qui avait
00:27inculqué une ligne plutôt forte pour le gouvernement face à l'Algérie.
00:31Algérie, dans laquelle Jean-Noël Barraud, j'allais dire son rival au gouvernement,
00:37mais on n'est pas très loin de la réalité, le ministre des Affaires étrangères,
00:41qui a une autre ligne beaucoup plus douce, qui disait au grand rendez-vous Europe Un,
00:44C News, Les Echos, quand on l'a reçu, la méthode forte, ça ne marche pas.
00:48Alors que la méthode forte, c'est justement celle de Bruno Retailleau,
00:51qui veut aller fort sur les OQTF, qui veut aller fort sur les visas consulaires,
00:54qui veut aller fort sur la reprise des délinquants dangereux qui sont en France,
01:00qui sont dans les centres de rétention administrative, qui voudraient que l'Algérie les reprenne.
01:04Jean-Noël Barraud balayait ça d'un revers de la main.
01:07C'est peut-être lui qui a eu le gain de cause, puisque le président Macron a parlé au téléphone
01:12avec M. Théboune. Au centre de tout cela, il y a bien sûr l'affaire Boilems-en-Salle.
01:17Et, parce que tout cela est assez compliqué, mais je termine, Bruno Retailleau est donc
01:23celui qui est, entre guillemets, mis sur la touche, puisque c'est Jean-Noël Barraud qui va à Alger dimanche.
01:29Et dans tout cela, Retailleau concourt à la présidence DLR.
01:35Et, face à lui, on a un Laurent Wauquiez, Raphaël Stainville,
01:39qui, j'allais dire, n'en loupe pas une à chaque fois quand il peut critiquer son rival.
01:44Vous avez raison, lorsque Laurent Wauquiez accuse le gouvernement d'avoir capitulé face à l'Algérie,
01:51voici quelques jours, c'est bien précisément Bruno Retailleau qu'il vise,
01:55même si le ministre de l'Intérieur a fait la démonstration qu'il voulait entamer un bras de fer avec l'Algérie.
02:03Mais la difficulté de la position de Bruno Retailleau, à la fois un pied dans ce gouvernement
02:10et puis un autre en campagne pour la présidence DLR, c'est qu'il est aussi comptable de ce bilan,
02:16de ce bilan de ce gouvernement, comptable aussi d'un certain nombre de déclarations qu'il a pu faire
02:22sans qu'elles ne se traduisent aujourd'hui par des effets immédiatement perceptibles.
02:28Donc ça profite, ou du moins Laurent Wauquiez voudrait pouvoir en profiter
02:33pour alerter des ambiguïtés de Bruno Retailleau.
02:38Je ne suis pas certain que les militants, les adhérents de LR soient sensibles à ce qui apparaît d'abord comme de la petite politique.
02:49C'est ça, c'est ça, merci Raphaël Staville, vous avez mis le doigt sur ce qui embête,
02:55et je me tourne vers Alexandre Malafaille, les électeurs potentiels de la droite,
03:02qu'elles soient incarnées par un tel ou un tel, c'est-à-dire qu'il y a une telle guerre des chefs à chaque fois.
03:07On a l'impression qu'une nouvelle fois, la droite et ses incarnants n'ont rien compris.
03:13La droite la plus bête du monde.
03:15Qui disait ça déjà ?
03:17Je crois que ça remonte à Jean Dutour, ce qui ne nous rajeunit pas.
03:21Maître Jean Dutour de la Californie.
03:24Ce qui est effondrant dans cette histoire, c'est que certains ont bien compris que
03:29si on revient un instant sur la problématique avec l'Algérie,
03:33c'est que c'est d'abord du rapport de force, il faut créer les conditions du rapport de force.
03:37Donald Trump l'a parfaitement compris.
03:39Le Président Tebboune l'a parfaitement compris.
03:41Donc il crée les conditions du rapport de force, et c'est nous qui sommes en demande.
03:45En tout cas, c'est nous qui paraissons être en demande, puisqu'il y a un certain nombre de sujets qu'il faut mettre sur la table.
03:49Et en contrepartie, on va même, semble-t-il, aider l'Algérie dans le cadre de ses négociations commerciales avec l'Union Européenne.
03:55En tout cas, j'ai vu ça écrit comme étant déçu.
03:59Après, on va peut-être très bien s'en sortir, et Boilem Sansra sera peut-être libéré, et on sera tous très contents.
04:04Mais après, la question, c'est est-ce qu'on continue la ligne Retailleau ?
04:06Est-ce qu'une fois que Sansra est sorti de prison, est-ce qu'on peut, décemment, dire
04:11« Attendez, Retailleau, il a encore sa pile de demandes, là, il faut l'écouter. »
04:16De toute façon, Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez vont se dévorer jusqu'au jour où il n'y en aura qu'un.
04:20Et après, est-ce qu'il y en a un ? L'autre, le battu, va-t-il s'aligner derrière ?
04:24La droite l'a rarement fait dans de bonnes conditions.
04:26Bruno Retailleau, je vous le disais, qui s'exprime sur France 2, il est revenu sur le syndicat de la magistrature.
04:33La très grande majorité des magistrats en France observe une neutralité.
04:38Mais il y a parfois d'organisations syndicales, notamment, qui s'est fait connaître, le mur des cons,
04:45en faisant une contre-circulaire, c'était juste après, pendant les manifestations sur les retraites.
04:50Le syndicat de la magistrature.
04:51C'était le syndicat de la magistrature, en participant à l'Humanité, à la fête de l'Humanité.
04:56Je pense que ça ne...
04:58Il faut l'interdire, comme le demande David Lister.
05:00Je pense que ça ne... En tout cas, comme en Allemagne ou dans d'autres pays,
05:04je pense que la syndicalisation, très bien, je pense que ça doit être centré sur la défense des intérêts professionnels.
05:12Mais je pense qu'il faut renforcer ces conditions, non pas d'indépendance, mais de neutralité.
05:19Qu'est-ce qu'il veut dire, Bruno Retailleau, Raphaël Saint-Ville ?
05:21D'abord, je pense que la première chose...
05:23On est dans le contexte, bien sûr, de la condamnation de Marine Le Pen.
05:25Oui, bien sûr. Mais lorsqu'il s'attaque au syndicat de la magistrature,
05:32il ne fait que souligner ce que un grand nombre de personnes ont très bien compris,
05:37c'est qu'une partie des magistrats, pas tous, loin de là, mais un bon tiers,
05:41aujourd'hui étaient politisés, tellement politisés que les décisions qu'ils peuvent rendre fragilisent, finalement,
05:50cette même justice qu'ils rendent.
05:52Et ça fragilise l'ensemble de la justice, l'ensemble du regard que l'on peut porter sur la justice.
05:58C'est ça qui est problématique avec le syndicat de la magistrature.
06:02Ce n'est pas la manière dont les magistrats, dont les juges, aujourd'hui, rendent la justice.
06:08Mais il met l'accent, il met le doigt sur ce syndicat, sur leur activisme,
06:14sur un certain nombre de proclamations qu'ils ont pu faire ces dernières années,
06:17sur ce mur des cons qui, à tout le moins, était plus que problématique
06:22lorsque vous avez un certain nombre de figures politiques qui seront, par la suite,
06:28condamnées par un certain nombre de magistrats de ce syndicat.
06:31Ça jette le discrédit, finalement, sur l'ensemble de la justice.
06:36On pourrait dire que si on appliquait le principe de la laïcité,
06:40la magistrature devrait être totalement neutre,
06:42ce qui ne serait pas incohérent en termes de raisonnement.
06:45Ce qui n'est pas déconnant, comme disent les jeunes.
06:47Exactement.
06:48Mais après, si on va effectivement sur ce territoire-là,
06:51l'enjeu majeur, aujourd'hui, qui va appartenir aux prochains responsables politiques,
06:55au pluriel, si certains sont raisonnables et arrivent aux affaires,
06:58ça va être de restaurer la confiance.
06:59La restaurer la confiance dans l'autorité politique, dans l'autorité judiciaire,
07:03dans l'autorité tout court, dans l'État, au sens large et dans sa capacité à faire,
07:07passera par des décisions fortes.
07:09En effet, il n'y a pas de justification à ce qu'un corps aussi stratégique,
07:16et qu'on devrait considérer comme étant vraiment indépendant,
07:20celui de la magistrature, soit syndiqué.
07:22Syndiqué au sens politisé du terme.
07:24Donc, en effet, qu'ils aient le droit de se défendre,
07:26mais ils devraient avoir le même droit de réserve politique que l'ont les militaires,
07:30que l'ont les gendarmes.
07:33Franchement, il y a quelque chose qui a été un dérapage quand ça leur a été autorisé,
07:37et dont je ne comprends pas qu'on les laissait faire.
07:40Parce que c'est quand même l'institution qui rend la justice.
07:42Alors qu'après, chacun et sa couleur politique, ce n'est pas le sujet.
07:45Et a priori, ils font tous très bien leur job.
07:47Mais il y a une suspicion.
07:48Donc, pour lever cette suspicion, pour restaurer la confiance,
07:50il faudra travailler sur cette question-là, c'est sûr.
07:52Et là, Bruno Retailleau a raison.
07:54Merci beaucoup Alexandre Malafa, et merci à vous Raphaël Stainville.

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