Menées sous l'égide de la justice, les négociations entre la LFP et DAZN, qui devaient s'achever le 31 mars, vont se poursuivre jusqu'au 10 avril. Le principal diffuseur de la Ligue 1 cherche en priorité à faire baisser le montant de son contrat, actuellement de l'ordre de 375 millions d'euros par saison.
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00:00Et Raphaël, on parle des droits de télé avec une nouvelle info, l'équipe qui est sortie cet après-midi, on a reçu le pouce sur le coup de 15h.
00:05Oui exactement, puisque vous le savez il y a une médiation actuellement entre la Ligue de Football Professionnel et Dazone
00:10qui devait s'achever le 31 mars au terme d'un mois de discussion tendu.
00:14Mais il a été décidé de prolonger cette médiation jusqu'au 10 avril pour tenter de trouver une solution acceptable pour les deux parties.
00:21Je vous rappelle que Dazone n'a pas renoncé à obtenir une révision de son contrat au prétexte que la Ligue ne lutte pas assez efficacement contre le piratage
00:29et que les clubs ne coopèrent pas suffisamment pour améliorer, je cite, le produit Ligue 1.
00:34À ce sujet, une action est toujours en cours devant le tribunal de commerce de Paris où Dazone réclame un total de 573 millions d'euros à la LFP
00:41pour manquement observé et tromperie sur la marchandise.
00:44Donc les discussions vont se poursuivre pendant encore huit jours pour tenter de trouver une issue qui paraît toujours à certaines.
00:50Dazone souhaite poursuivre avec la Ligue 1 mais à des conditions revues et surtout abaissées, ce qui ne convient évidemment pas à la LFP.
00:58La LFP qui, on l'avait vu hier dans les enregistrements, n'a pas vraiment confiance en son diffuseur.
01:03On l'avait passé les extraits. C'était assez incroyable, assez cru. Olivier Bossard, vous étiez là hier.
01:11Nouvel épisode. Dazone dit ben non. Contre le piratage, vous ouvrez pas assez les vestiaires, vous ne donnez pas assez de biscuits pour qu'on puisse bien bosser.
01:18Nous, on veut bien continuer mais il va falloir baisser le prix, messieurs de la LFP.
01:22Et on se demande où tout ça va nous mener parce que la médiation est repoussée de dix jours ou parce qu'on peut trouver comme miracle en dix jours ?
01:29Non, il n'y en aura pas. Chacun est en train de jouer sa partition et pour moi, ça sonne la fin de l'aventure.
01:37Absolument personne n'est content de son sort. Dazone n'est pas content, évidemment, de toutes les critiques qui peuvent se prendre en off mais qui deviennent du on pendant les réunions.
01:47Il n'y a plus de off, oui. Ça fait longtemps qu'il n'y a plus de off.
01:50Non, bien sûr. Plus ces histoires de piratage. Aujourd'hui, s'ils veulent essayer de récupérer des clients supplémentaires, personne ne va y aller.
01:57En voyant ce que disent les présidents et en voyant ce qui est en train de se passer, les clubs ne sont pas contents non plus du produit que Dazone propose.
02:07Donc, à mon avis, on est au début de quelque chose qui va finir au tribunal et puis ça va finir...
02:13Il y a toujours une action à 573 millions.
02:16Et puis, à mon avis, chacun va s'envoyer des bastos par médias interposés et puis on en viendra à arrêter tout ça en fin de saison.
02:25Je pense que là, on est dans une impasse. Ça n'avance plus. Chacun reste sur ses positions. Donc, à mon avis, à un moment, il faudra dire stop.
02:32Ambre, je conçois que la situation soit délicate. Vous travaillez également chez le diffuseur de La Ligue 1 Dazone et vous venez également dans l'équipe de Greg.
02:39Est-ce que vous avez constaté une amélioration de vos conditions de travail sur place ?
02:42Vous aviez été là quand on avait fait le débat d'ouverture aux vestiaires. Vous nous aviez expliqué ce qui pouvait vous manquer parfois.
02:48Vous aviez été très honnête par rapport à tout ça. Est-ce que vous avez constaté une amélioration, vous, sur place ?
02:53Et même Alicia, qui travaille également parfois le week-end. Est-ce que vous trouvez que vous avez accès à plus de choses ?
02:58Il y a certains clubs qui ouvrent, mais ce sont déjà des clubs qui ouvraient, de toute façon.
03:03Le week-end dernier, j'étais dans le vestiaire de Strasbourg, donc je peux témoigner qu'on a certains accès.
03:08C'est l'un des clubs, typiquement, que Alicia a beaucoup fait, je crois, cette saison, qui participait déjà vraiment à l'aventure de Dazone, qui joue le jeu.
03:16Ça fait partie des clubs qui jouent le jeu, comme la JOSR. Il y a des clubs qui nisent, qui ouvrent les portes,
03:23mais la grande majorité des clubs continue quand même d'être sur le reculoir quand il s'agit de partager.
03:30Il ne faut pas croire que ce soit des consignes qui se plaignent du contrat alors qu'ils l'ont signé.
03:36Je ne comprends pas les gens qui râlent dans les couloirs. Au pire, ne signez pas le contrat, c'est ce que je dis d'ailleurs à toutes mes équipes.
03:41Les râleurs de couloirs, ça me rend fou, en fait, dans une entreprise, parce qu'à ce moment-là, ne signez pas le contrat.
03:45Généralement, on n'avait pas de pistolet sur la tente.
03:47Je ne pense pas que ce soit des consignes. Je pense que c'est le contexte global du football qui fait qu'on ferme davantage de portes
03:51et que du coup, le contrat a moins de nuances qu'avant, a moins de relief, offre moins aux diffuseurs.
03:56Et ça, c'est vrai que peut-être qu'avant de signer, le diffuseur actuel, qui est Dazone, ne se rendait pas compte du contexte.
04:03Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, les clubs jouent moins le jeu. Les acteurs du football jouent moins le jeu.
04:07Ce qui est intéressant avec vous, pardon, j'en profite puisque vous êtes là et je sais que vous avez une grande honnêteté journalistique.
04:12Et je le redis parce que ce n'est pas forcément évident. Vous avez travaillé aussi pour un club.
04:16Vous avez travaillé pour le Paris Saint-Germain. Vous étiez vraiment en inside.
04:18Vous aviez accès aux joueurs, aux entraîneurs, en premier micro, même en sortie de match ou avant l'entraînement.
04:23Le club a voulu pousser ce PEGTV au détriment même des médias plus traditionnels pour leurs réseaux sociaux.
04:29Vous voyez une différence de manière très nette.
04:32Bien sûr. Mais oui, le pendant, je l'avais aussi du côté du Paris Saint-Germain.
04:36C'était de favoriser finalement des médias internes, ce que font beaucoup de clubs,
04:39au détriment de ceux qui sortent le chéquier et payent pour avoir ces mêmes images.
04:43C'est là où il y a un vrai conflit entre des arguments qui s'opposent.
04:48Et maintenant, la question, c'est est-ce que les clubs vont réussir à lâcher du laisse sur leurs propres intérêts
04:53pour un diffuseur qui, lui, paye pour les avoir ?
04:55Mais c'est là toute la question. Et c'est là où le diffuseur, il est en position de demander
04:59de régler un petit peu le curseur au regard de ce qu'il a investi.
05:02C'est ça.