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00:00Le chef des Insoumis estime qu'une peine d'inéligibilité avec l'exécution provisoire
00:06sans attendre le jugement en appel ne serait pas juste.
00:09Et c'est une position qui le démarque du reste de la gauche.
00:12On va écouter la réaction de François Ruffin, député écologiste de la Somme.
00:15Il était sur BFM ce matin.
00:17Je ne comprends pas. Je trouve qu'il y a là un mystère.
00:19Je me souviens, il y a une dizaine d'années,
00:21on défilait à Bastille avec des balais pour une opération coup de balai
00:24parce qu'il y avait Jérôme Cahuzac qui avait caché ses comptes en Suisse.
00:29Et à l'époque, Jean-Luc Mélenchon était le porteur de cette colère populaire pour l'exemplarité.
00:32Est-ce que ce n'est pas parce qu'Alephi est pris un peu dans les mêmes affaires ?
00:34Vous croyez ?
00:36Non, c'est une hypothèse.
00:37C'est une hypothèse qui serait à vérifier.
00:38Je vous pose la question.
00:39J'ai du mal à comprendre pourquoi Jean-Luc Mélenchon est rétif
00:42à réclamer de la probabilité de l'exemplarité qui est nécessaire à la République.
00:46Voilà, il fait référence à cette perquisition.
00:49C'était il y a sept ans au siège de Alephi dans une affaire touchant,
00:51elle aussi, l'emploi d'assistants parlementaires européens.
00:54Et alors, est-ce que ça a un lien de cause à effet ?
00:57Est-ce que cette prudence ?
00:59Ce qui a un lien de cause à effet, c'est le contentieux qu'il y a entre François Ruffin et Jean-Luc Mélenchon,
01:03qui fait que de toute façon, François Ruffin, désormais,
01:05dès qu'il a l'occasion, c'est aussi de la politique, il ne faut pas être dupe,
01:08dès qu'il a l'occasion de se démarquer de Jean-Luc Mélenchon, il le fait.
01:10Mais est-ce que Jean-Luc Mélenchon se démarque ou surprend en faisant cette sortie ?
01:15Dieu sait qu'il m'arrive de dire des choses assez négatives sur lui, sur d'autres sujets,
01:19notamment sur l'antisémitisme.
01:20Mais il est vrai que Jean-Luc Mélenchon est assez fidèle à son idée.
01:23Il n'a jamais refusé de combattre politiquement tout le monde.
01:25Il n'a jamais refusé de débattre ni avec Éric Zemmour, ni avec Marine Le Pen, etc.
01:30Il n'a jamais tenté de faire silencier ses adversaires via les tribunaux.
01:35Et il a toujours été plutôt un homme de l'affrontement démocratique,
01:38avec tout ce que cela comporte, d'où transverbal ou de brutalité, mais quand même.
01:42Et donc, je trouve qu'il est assez fidèle à ses convictions.
01:45Il comptait finalement la possibilité pour les juges de destituer un héros.
01:50N'importe quel démocrate, de gauche comme de droite, devrait s'accorder là-dessus.
01:53D'ailleurs, c'est un débat qui dévaste le clivage gauche-droite.
01:55C'est un débat, est-ce que le juge doit se substituer au vote populaire ?
01:58C'est la seule question qu'on devrait poser.
02:00Qui est le juge suprême dans une démocratie ?
02:02De Gaulle a répondu à cette question.
02:04Il a dit, la cour suprême dans une démocratie, c'est le peuple.
02:06Donc, c'est ça le débat.
02:08Il y en a qui considèrent que l'état de droit, c'est-à-dire trois juges dans un bureau,
02:11qui décident de l'avenir de quelqu'un qui fait 13 millions d'électeurs, c'est la démocratie.
02:15Et puis, il y a ceux qui considèrent que la démocratie, c'est le vote,
02:17c'est-à-dire les gens qui votent et qui élisent leurs représentants.
02:19Moi, je suis plutôt dans la deuxième catégorie, vous voyez.
02:21Gabrielle Cluzel.
02:22Non, mais sur le fond, là aussi, il faut dire les faits tels qu'ils existent.
02:27C'est-à-dire que ce sont plutôt les petits partis et pas les gros
02:31qui ont usé de ce transfert entre le Parlement européen
02:36et le parti sur le plan national.
02:40Parce que, que se passe-t-il quand vous n'avez pas de député à l'Assemblée nationale ?
02:42Vous n'avez pas d'argent, et en général, comme à la proportionnelle,
02:45vous avez une prime aux petits partis,
02:47ou en tout cas, disons qu'ils ne sont pas défavorisés aux européennes,
02:50eh bien, ils ont de l'argent par ce biais-là.
02:52Donc, ce transfert entre de A à B,
02:55qui n'a pas d'enrichissement personnel, rappelons-le,
02:57mais qui fait qu'on utilise l'argent dévolu à une filiale A pour alimenter la filiale B,
03:02elle est liée à ça.
03:03Donc, il y a peut-être aussi une interrogation.
03:05Peut-être qu'il y a des arrières-conseils sur son propre cas,
03:07s'agissant de Jean-Luc Mélenchon,
03:08mais c'était un peu le même cas pour le MoDem.
03:10Il y a peut-être des interrogations à avoir sur tout cet argent,
03:13qui, je rappelle, est donné par le contribuable français au Parlement européen,
03:16puisque la France est contributrice nette,
03:17donc ce que donne le Parlement européen aux partis,
03:19ça vient de notre poche, soyons très clairs.
03:21Il y a peut-être une question à se poser,
03:23pourquoi on a donné tant d'argent au Parlement européen,
03:25si les partis en ont besoin sur le plan national ?
03:28J'aimerais qu'on aille au fond du fond du fond du débat.
03:31C'est ce qu'a essayé de faire le RN, d'ailleurs, dans sa ligne de défense au début,
03:33c'est-à-dire, ils ont été relativement honnêtes,
03:35ils n'ont pas dit « on ne l'a pas fait »,
03:36ils ont dit « on l'a fait », mais tout le monde le faisait,
03:39et ce n'est pas si problématique que ça.
03:40C'est-à-dire que les assistants parlementaires...
03:42Oui, système mis en place dans plein de partis, à LFI, au MoDem,
03:45c'est-à-dire les assistants parlementaires,
03:46ils n'ont pas beaucoup de boulot quand ils sont au Parlement européen
03:49et qu'ils sont dans l'opposition,
03:50à part sur des normes et des directives et des sujets abscons,
03:52donc on les utilise aussi pour faire de la politique nationale.
03:55Moi, en tant qu'électeur, savoir que le député européen pour lequel je vote,
03:58il utilise quelqu'un qui travaille pour lui en circonscription,
04:01comme on dit, c'est-à-dire en France, métropolitaine ou outre-mer,
04:05à Bruxelles, ce n'est pas quelque chose qui me choque
04:07ou qui mériterait, si vous voulez, les peines extravagantes
04:10qu'a eues Marine Le Pen, comme si elle avait...
04:12Et cette peine extravagante a fait réagir qui ça ?
04:14Donald Trump !
04:15Ce matin, on avait eu Vladimir Poutine, très rapide à réagir,
04:18mais là, on va écouter la réaction du président des Etats-Unis.
04:21C'est une très grosse affaire, j'en connais quelque chose,
04:24et beaucoup de gens pensaient qu'elle n'allait pas être condamnée
04:26pour quoi que ce soit.
04:27Elle a été interdite de se présenter pendant 5 ans,
04:30elle est la principale candidate.
04:31Cela ressemble à notre pays.
04:33Cela ressemble beaucoup à notre pays.
04:37Cela ressemble beaucoup à notre pays, Donald Trump,
04:39référant sans doute à son parcours tout aussi tumultueux,
04:42et on le rappelle, il avait lui aussi été confronté
04:44à des affaires judiciaires aux Etats-Unis, et pourtant réélu.
04:47Oui...
04:48Il a pu se présenter, lui.
04:50Non, mais il faut...
04:51C'est ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire que
04:53il y a un vent qui traverse quand même les pays occidentaux,
04:57visant, alors quelle que soit l'avis qu'on peut avoir,
05:00moi je ne sais pas si Marine Le Pen est contente ou non
05:01que Donald Trump la soutienne, ce n'est pas le sujet,
05:03mais il y a un vent de tentation, de judiciarisation
05:08pour faire taire ce que l'on appelle communément les populistes.
05:12Alors Emmanuel Macron, vous vous souvenez, avait parlé d'arc réactionnaire,
05:15je ne suis pas sûre qu'on puisse dire qu'ils soient tous réactionnaires,
05:18mais je ne sais pas si c'est le bon nom,
05:20mais néanmoins, on voit bien que là,
05:22les soutiens autour de Marine Le Pen
05:24sont ceux qu'on a essayé de baïonner un peu de la même façon dans d'autres pays.
05:28Et elle ne risque pas la trompisation,
05:29parce qu'effectivement elle n'a pas appelé à la révolte,
05:31mais de toute façon, la France et les Etats-Unis ne sont pas les mêmes pays,
05:36donc elle sait qu'elle pourrait effrayer ses électeurs,
05:40et sans doute n'en a-t-elle pas envie,
05:42ni même de le faire sans cette idée de les effrayer,
05:45en faisant des appels extravagants à la révolte,
05:52et je pense qu'elle ne le fera pas,
05:53du reste, Jordan Barnella a parlé de protestation pacifique et populaire.
05:58Le risque, c'est qu'il n'y ait pas beaucoup de réactions,
06:00parce qu'il faut quand même qu'il y ait une réaction.
06:01Son électorat, c'est un électorat plutôt de la France silencieuse,
06:05des campagnes, du monde ouvrier, qui aime l'ordre,
06:08donc ce n'est pas celui qui va aller casser dans la boue.
06:11Evidemment, si l'affaire passe crème, ce n'est pas très bon non plus,
06:15donc c'est compliqué de trouver la ligne de crête.
06:17Et à 13h43, on continue à décrypter, évidemment, ce qui se joue,
06:20notamment pour l'avenir du Rassemblement National.
06:24Le plan B, ce serait quoi ?
06:25Bardella-Le Pen ou Le Pen-Bardella ?
06:27Louis Alliot, ce matin, a évoqué cette possibilité.
06:29A tout de suite.
06:32Europe 1, 13h.
06:3313h46 sur Europe 1.
06:34Europe 1, 13h dernière partie avec vous, Céline Giraud.
06:37Aujourd'hui, Paul Melun et Gabrielle Prussel.
06:39Et on continue à parler de l'ombre-choc, de la déflagration,
06:42même sur l'échiquier politique français,
06:44après la condamnation de Marine Le Pen.
06:47On va écouter Jordan Bardella,
06:49président du Rassemblement National et eurodéputé,
06:52qui s'est adressé à ses électeurs.
06:53C'était ce matin sur CNews et Europe 1,
06:57au micro de Sonia Mabrouk et de Laurence Ferrari.
06:59Je leur fais la promesse,
07:00et je pense pouvoir parler en nos deux noms ce matin,
07:04que nous ne les abandonnerons jamais.
07:06Et quelle qu'en soit la forme, quelle qu'en soit la manière,
07:10quelle qu'en soit la composition,
07:12nous serons là et nous serons sur la grille de départ.
07:14Quelle qu'en soit la manière ?
07:15Oui, bien sûr.
07:16Et la composition ?
07:17Mais bien sûr.
07:19On représente un mouvement pour lequel
07:21il y a 11 millions de Français qui ont voté.
07:23Si vous pensez qu'avec une décision de justice,
07:27en cherchant à éliminer la candidate naturelle,
07:29vous allez éteindre la voix de millions et de millions de Français,
07:33non seulement vous vous trompez,
07:35mais vous allez même la rallumer,
07:37la raviver, la rendre encore plus forte
07:39et la rendre encore plus puissante.
07:41Voilà, on se projette, Paul Melun.
07:43Ce qui est vrai, c'est que la décision des juges,
07:46elle a semé plein de petites graines de colère
07:49chez les 13 millions d'électeurs du RN et au-delà.
07:51Par conséquent, s'ils imaginent
07:53qu'en décapitant le parti symboliquement,
07:56en écartant sa tête,
07:58vous allez vous débarrasser du RN
08:00et que tout pourra rentrer dans l'ordre
08:02avec un espace modéré qui gardera le pouvoir,
08:05et ouf, on est passé à côté des méchants populistes.
08:07Alors là, je ne sais pas dans quel monde il faut vivre pour croire à une fable pareille.
08:10Ça va motiver encore davantage les électeurs.
08:12Mais évidemment, ça va décupler.
08:13Faut que vous parliez tout à l'heure de trumpisation.
08:15Marine Le Pen, elle ne va pas se trumpiser.
08:17Je ne pense pas que Jordan Baradella non plus.
08:18Par contre, un certain nombre d'électeurs
08:20vont être très en colère.
08:22Il va y avoir encore plus de clivage,
08:23encore plus de division,
08:25encore plus de défiance dans la justice,
08:26encore plus de méfiance vis-à-vis de la démocratie,
08:28et de plus en plus de Français qui vont dire
08:30qu'on n'est pas en démocratie.
08:31On nous a fait le coup en 2005,
08:33on nous fait le coup maintenant avec Marine Le Pen,
08:35on est dans un simulacre de démocratie.
08:36Discours extrêmement dangereux.
08:38Parce que que l'on soit soi-même
08:40progressiste, démocrate, centriste,
08:42d'extrême droite ou d'extrême gauche,
08:43on ne peut pas se satisfaire d'un tel état social du pays de délitement.
08:47Donc, ça va provoquer une division formidable du pays,
08:50cette décision,
08:51et ensuite, une cristallisation de l'électorat de Marine Le Pen
08:54autour du successeur potentiel,
08:56on verra si c'est Bardella ou un autre,
08:58ou Marion Maréchal ou je ne sais qui.
08:59Mais, en tout cas, le pôle RN,
09:02le parti RN va être renforcé par cette décision.
09:05Jordan Bardella a expliqué ce matin
09:07chez Sonia Mabrouk et Laurence Ferrari
09:09qu'ils enregistraient de nouvelles adhésions.
09:11Oui, mais en même temps,
09:13il y avait vraiment la figure de Marine Le Pen
09:15qui était très puissante,
09:16et le côté un peu jeune,
09:18un peu trop frais de Jordan Bardella
09:21qui se desserre aujourd'hui.
09:22Après, comme il dit,
09:23chaque jour qu'il passe,
09:24il apprend, il progresse.
09:25Est-ce que ça suffira ?
09:26La vieillesse est un défaut dont on se guérit vite,
09:27mais néanmoins,
09:28la jeunesse, pardon,
09:29mais néanmoins,
09:30la vieillesse, malheureusement, non.
09:33Non, mais ce qui est évident,
09:34c'est qu'une élection présidentielle,
09:35c'est très incarné,
09:36c'est très personnel.
09:37Donc, les campagnes qu'elle a faites,
09:39elle les a capitalisées sur son nom.
09:42Par ailleurs,
09:43elle a, comment dire,
09:46un lien particulier
09:47avec les en modeste,
09:50ce qu'on appelle les déplorables.
09:52Vous savez,
09:53qu'il y en a dans tout l'Occident.
09:54D'ailleurs, ça explique la vague populiste
09:56dans tout l'Occident
09:57que décrit J.D. Evans dans son livre,
09:59mais qui existe aussi à Hénin-Beaumont.
10:01Voilà, tout simplement,
10:02c'est le film en fanfare.
10:03Et ceux-là ont un lien très fort
10:06avec Marine Le Pen.
10:08C'est pour ça que quand j'entends dire
10:09« Ah oui, quand elle ne sera plus là,
10:11ça va permettre à la droite... »
10:12On l'entendait tout à l'heure dans le journal.
10:13Maximilien Carli a reculé le témoignage à Hénin-Beaumont.
10:15Et effectivement, les gens disent
10:16« Ouais, mais Jordan, il est encore un peu trop jeune,
10:18j'ai pas sûr d'avoir envie d'y aller... »
10:20Il y a quand même une hésitation qui existe.
10:21En fait, il y a une tandem qui actionne bien
10:22parce que Jordan Bardella
10:24plaît peut-être aux entrepreneurs,
10:27aux parisiens...
10:28Aux plus jeunes aussi.
10:29Aux plus jeunes.
10:30Alors, il est très, très fort sur TikTok
10:33pourvu qu'il n'arrive pas la même chose qu'en Roumanie.
10:35Vous vous souvenez que c'est parce que le candidat
10:36avait fait campagne sur TikTok
10:37qu'on l'avait accusé.
10:38Oui, maintenant que Marine Le Pen est éliminée,
10:39on va éliminer Bardella
10:40qui est sous influence chinoise sur TikTok.
10:42Oui, dans l'étape suivante.
10:43Non, mais c'est vrai que
10:45ça ne se remplace pas comme ça.
10:48Un candidat à la présidentielle,
10:50c'est pas...
10:51Avec tout le respect que je dois aux conseillers régionaux,
10:53ce n'est pas un conseiller régional.
10:54Évidemment.
10:55Alors, on a beaucoup parlé de plan B,
10:56comme Bardella.
10:57Écoutez, Louis Alliot,
10:58vice-président du Rassemblement national
11:00et maire de Perpignan,
11:01il était au micro de Pascal Praud
11:02dans Pascal Praud et Vous,
11:03ce matin sur Europe 1.
11:04Je n'imagine pas que Marine Le Pen
11:06ne soit pas candidate.
11:07C'est un ticket que nous portons.
11:09C'est Marine et Bardella,
11:10si je puis dire.
11:11Et que, selon la circonstance,
11:13ce sera Bardella et Marine.
11:15Quoiqu'il arrive.
11:16Quoiqu'il arrive.
11:17C'est-à-dire que vous pensez que
11:18Jordan Bardella...
11:19Mais il est porté par l'opinion
11:20Bardella aujourd'hui.
11:21Donc, il ne faut pas se mettre en position
11:23de faire croire aux Français
11:25qu'on va tourner une page
11:26alors qu'on est dans la bataille, là,
11:27judiciaire, juridique et politique
11:29face à un jugement
11:30qui, manifestement,
11:31utilise la motivation politique
11:33comme seul ressort.
11:34Voilà, Louis Alliot.
11:35Alors, ça pourrait être, effectivement,
11:36Marine Le Pen-Bardella,
11:37Jordan Bardella,
11:38ou alors Jordan Bardella
11:39et Marine Le Pen,
11:40Premier ministre.
11:41Oui, je crois mieux.
11:42Ça a été une question
11:43qui a été posée à Marine Le Pen
11:44et à laquelle elle a refusé
11:45de répondre elle-même.
11:46Donc, on ne peut pas savoir précisément.
11:48Il est vrai que le pire
11:49qui pourrait advenir
11:50pour le RN,
11:51ce serait une nouvelle guerre
11:53fratricide des chefs.
11:55Parce qu'il est vrai que
11:56ce parti a fonctionné
11:57comme une dynastie
11:58depuis Jean-Marie Le Pen.
11:59Nous, seul un Le Pen
12:00a été candidat.
12:01Le dernier à s'y être frotté,
12:03c'était Maigret,
12:04qui a fait scission.
12:05On sait comment ça a terminé
12:06pour lui.
12:07Donc, là, le fait que
12:08Marine Le Pen pourrait être,
12:09on est encore au conditionnel,
12:10écartée de la course
12:11à la présidentielle,
12:12fait que,
12:14même si elle dit
12:15qu'elle va épuiser
12:16tous les recours possibles
12:17pour tenter d'inverser
12:18le son sort.
12:19Je souhaite d'ailleurs,
12:20comme Olivier Faure,
12:21pour le coup qu'il l'a dit,
12:22que l'appel soit avancé
12:23et qu'elle puisse avoir
12:24une issue favorable
12:25avant la présidentielle
12:26pour qu'elle puisse se présenter.
12:27Mais ça peut aiguiser,
12:28si jamais elle n'y allait pas,
12:29les appétits de beaucoup
12:30qui se disent,
12:31maintenant qu'il n'y a plus
12:32de nom Le Pen,
12:33ça peut être moi.
12:34Et en politique,
12:35on sait à quel point
12:36les gens peuvent être parfois
12:37déraisonnables
12:38quant à leurs ambitions,
12:39comme dans tous les partis.
12:40Et beaucoup se diront certainement,
12:44de la primaire,
12:45ou du combat interne,
12:46ou des règlements de comptes,
12:47à OK Coral,
12:48façon Les Républicains
12:49ou UMP jadis,
12:50entre Queppé, Fillon, etc.,
12:52ça va être redoutablement complexe.
12:54Donc il vaudrait mieux
12:55qu'ils aient un plan B
12:56bien organisé.
12:57Ce qui est certain,
12:58c'est qu'il va y avoir
12:59une incertitude
13:00quand bien même l'appel
13:01pourrait intervenir avant.
13:02Il y a plusieurs voies,
13:03c'est des chemins...
13:04Ça pourrait intervenir en 2026.
13:05Exactement.
13:06Mais en attendant,
13:07ça peut bousculer
13:09la légitimité
13:10qu'elle avait établie
13:11et guiser des appétits.
13:12Mais pas seulement
13:13à l'intérieur du parti.
13:14C'est-à-dire que des gens
13:15peuvent se dire...
13:16Eric Zemmour peut se dire...
13:17C'est vrai qu'on voit que les deux...
13:18Il l'a défendu.
13:19Eric Zemmour a dit
13:20que c'était lamentable
13:21qu'elle puisse se présenter.
13:22Mais il peut se dire
13:23« Tiens, mon heure est arrivée. »
13:24Ou Bruno Retailleau,
13:26ou Laurent Wauquiez.
13:28Donc il y a un certain nombre de gens
13:30qui voyaient un peu
13:31quand même l'horizon bloqué,
13:32qui peuvent se dire
13:33« Ah là, il y a une opportunité. »
13:35Donc de fait,
13:36elle va devoir s'employer
13:38si elle veut garder
13:40son capital intact.
13:41A ne pas laisser
13:43se démobiliser les troupes.
13:44C'est un peu une bombe
13:45à fragmentation lente.
13:47Alors après,
13:48il peut y avoir un avantage
13:49aussi pour eux.
13:50C'est qu'évidemment,
13:51ça suscite quand même
13:52l'indignation de beaucoup.
13:53Et donc,
13:54ça peut fédérer
13:56ceux qui n'avaient pas compris
13:59avant à quel point
14:01elle pouvait être menacée
14:02dans sa candidature.
14:03Et puis, dernier point,
14:04c'est qu'elle a eu du côté
14:05par exemple des électeurs
14:06d'Eric Zemmour,
14:07une présomption de mollesse.
14:08Le fait qu'elle soit
14:11écartée
14:12et qu'elle soit vécue
14:14comme un danger politiquement
14:15par la gauche
14:16lui redonne,
14:17si j'ose dire,
14:18ses lettres de noblesse
14:20en matière.
14:21Vous savez,
14:22la dédiabolisation,
14:23c'est toujours une ligne de crête
14:24pour elle.
14:25Donc,
14:26c'est l'avenir qui nous dira
14:27de fait,
14:28comment ça va se tourner.
14:29Et Paul Mellat ?
14:30Non, mais d'un mot,
14:31par-delà le casting,
14:32ce qu'on peut imaginer,
14:33on sait qu'aujourd'hui,
14:35la vie politique française
14:36est tellement instable
14:37que c'est très difficile
14:38de savoir qui fera quoi.
14:39En revanche,
14:40sur la ligne idéologique,
14:41il serait quand même important
14:42de garder la dimension sociale
14:44dont on parlait tout à l'heure
14:45de Marine Le Pen.
14:46C'est-à-dire aussi
14:47son bras gauche
14:48sur les questions sociales,
14:49sur les questions
14:50de redistribution des richesses,
14:51sur les questions de partage,
14:52etc.,
14:53sur la retraite.
14:54Parce que franchement,
14:55si jamais on part
14:56sur la politique économique
14:57purement à droite,
14:58libérale,
14:59façon Zemmour
15:00ou Ciotti
15:01ou Retailleau,
15:02ça va être très difficile
15:03de garder les classes populaires
15:04qu'elle a mis des années
15:05avec son père avant
15:06à réussir à coaguler
15:07les classes populaires,
15:08le monde rural,
15:09etc.,
15:10les ouvriers.
15:11Est-ce que ces gens
15:12seront dans la rue
15:13ce week-end ?
15:14Parce qu'on le rappelle,
15:15elle a demandé,
15:16enfin,
15:17Jordane Bardella
15:18a appelé à une mobilisation.
15:19Est-ce que ce public,
15:20cet électorat
15:21du Rassemblement National
15:22va dans la rue
15:23pour soutenir ?
15:24Moi, je pense que
15:25ce n'est pas une sociologie
15:26qui manifeste.
15:27Je ne peux pas me tromper,
15:28nous verrons bien,
15:29mais je ne pense pas
15:30qu'ils vont voter.
15:31C'est la France silencieuse,
15:32c'est tout ce qu'elle fera.
15:33A mon avis,
15:34si je parlais d'Éric Zemmour,
15:35il y a autant d'Éric Zemmour
15:38des militants
15:39qui descendent dans la rue.
15:40Il y a un risque, après.
15:41Peut-être qu'ils l'ont calculé,
15:42ce risque.
15:43C'est vrai que,
15:44je ne crois pas
15:45que ce soit une population
15:46sociologiquement qui manifeste.
15:47Non.
15:48Ce serait arrivé
15:49à la France insoumise.
15:50Pour le coup,
15:51on aurait un Jean-Luc Mélenchon
15:52Trumpisé,
15:53qui haranguerait les foules
15:54Place de la République
15:55ou Place de la Bastille,
15:56et qui aurait
15:57150 000 personnes
15:58dans la rue
15:59qui dirait
16:00les juges.
16:01Voilà.
16:02Là, le RN,
16:03ce n'est pas comme ça
16:04que ça fonctionne.
16:05Oui, mais ça ne veut pas dire
16:06qu'il y aurait
16:07une colère.
16:08Oui, mais ça ne veut pas dire
16:09que les gens
16:10ne seront pas en colère.
16:11Les gens seront très en colère,
16:12mais ils sont très bien aimés
16:13pour y aller.
16:14Il y a une colère intérieure.
16:15Oui, mais je suis d'accord.
16:16On disait,
16:17c'est bien,
16:18les gens sont revenus aux urnes.
16:19Je rappelle quand même
16:20qu'il y a encore un an,
16:21on disait, on va peut-être
16:22les faire voter par Internet,
16:23leur offrir des goodies.
16:24On ne savait plus comment
16:25faire voter les gens.
16:26Là, aux dernières élections,
16:27il y a eu quand même
16:28une vague de votes
16:29parce que les gens se sont dit,
16:30peut-être que mon vote
16:31va servir.
16:32S'ils se disent,
16:34qui ne s'exprime pas forcément
16:35dans la rue,
16:36mais qui peut être dangereuse à terre.
16:37Et c'est les limites
16:38de la trampisation aussi
16:39parce que c'est là
16:40où s'arrête la comparaison
16:41avec Marine Le Pen.
16:42Parce que finalement,
16:43cette mobilisation
16:44ne sera pas la même.
16:45Mais évidemment,
16:46depuis Marine Le Pen,
16:47vous avez vu,
16:48elle a tout de suite pris le soin
16:49et Jordan Bardella
16:50de dire qu'il ne fallait pas
16:51s'en prendre aux magistrats,
16:52d'appeler tout de suite au calme
16:53alors qu'il n'y a eu aucun débordement.
16:54Mais ils savent
16:55qu'on ne leur pardonne rien à eux.
16:56Donc il vaut mieux
16:57qu'ils soient rapprochables.
16:58Pas de menace.
17:00Il y a des antifas
17:01qui vont tout casser.
17:02Les distributeurs de banques
17:03tout fichent par terre.
17:04On ne dit pas grand-chose.
17:05On dit bon, bah oui,
17:06mais c'est le peuple de gauche.
17:07C'est comme ça.
17:08Et si c'est l'extrême droite
17:10avec les guillemets,
17:11si c'est le RN,
17:12vous avez deux skinheads
17:13qui vont casser un truc.
17:14On va expliquer
17:15que c'est de la faute
17:16de Bardella et de Le Pen.
17:17Donc ils savent très bien
17:18qu'il vaut mieux appeler au calme
17:19avant même qu'il y ait un incident.