Louis Aliot, 1er vice-président du RN, et maire de Perpignan, est l'invité du Face à Face sur BFMTV et RMC ce mardi 1er avril 2025.
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00:00Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Louis Alliot, merci d'être mon invité ce matin à ce micro.
00:07Vous êtes premier vice-président du Rassemblement National, vous êtes maire de Perpignan, vous avez été reconnu coupable de détournement de fonds publics,
00:14vous avez été condamné à 18 mois de prison, dont 6 mois ferme sous bracelet électronique, l'inéligibilité mais sans application immédiate.
00:23Est-ce que vous reconnaissez la validité de ce jugement ?
00:26De toute façon on n'a pas le choix, on est condamné, on est condamné.
00:30Maintenant comme on fait appel, on remet les compteurs à zéro et j'allais dire c'est une autre affaire qui se joue devant la cour d'appel désormais.
00:38Mais je conteste le fonds du jugement parce qu'il a été prononcé avec un dispositif qui ne me paraît pas juridique mais totalement politique
00:47et c'est la première fois que je vois ça.
00:49Parce que la magistrate dans le prononcé du jugement a utilisé des termes que très honnêtement je suis avocat aussi, je n'ai jamais entendu dans une enceinte d'un tribunal.
01:02Lesquels ?
01:03Elle parle par exemple d'enrichissement partisan.
01:08L'enrichissement personnel il est qualifié par le code pénal, l'enrichissement partisan ça n'existe pas donc elle l'a inventé, c'est déjà un problème.
01:17Elle a inventé aussi, elle a inversé en quelque sorte le vieux principe qui fait que le doute profite à l'accusé.
01:25Elle dit il y a eu une réunion suspecte qui a été dénoncée par un député ex-député européen, elle dit cette réunion a été plausible.
01:33Mais elle a été ou elle n'a pas été ?
01:35Parce que si elle est plausible ça veut dire que peut-être elle n'a pas été et le doute profite à l'accusé donc elle doit l'écarter de sa motivation.
01:42Que des petites choses comme ça qui laissent à penser que c'est un jugement qui a pris sa source dans des considérations politiques.
01:49J'ajoute que le plus grave pour moi c'est cette phrase, je vous la lis parce que les gens qui nous écoutent ne peuvent pas.
01:55Le tribunal a pris en considération outre le risque de récidive, le trouble majeur à l'ordre public qui est créé par sa décision,
02:03en l'espèce le fait que soit candidate à l'élection présidentielle une personne déjà condamnée en première instance.
02:11Mais c'est gravissime. Donc elle interdit à Marine Le Pen de se présenter à la présidentielle sous prétexte qu'elle serait condamnée en première instance.
02:20Mais cette présidente de tribunal oublie qu'il y a un appel, que cet appel il est constitutionnel, il est légal, il est de droit,
02:26il est toute notre histoire de la liberté des justiciables dans notre pays et en République.
02:31Et ça elle n'en parle pas. Donc si vous êtes condamnée en première instance on vous applique une peine infamante et définitive
02:38sans regarder que l'appel doit pouvoir se dérouler.
02:45J'ajoute, et c'est la contrepartie de ce que je viens de vous dire, l'ancien secrétaire général du conseil constitutionnel,
02:52qu'on ne peut pas suspecter de sympathie avec nous, a dit clairement...
02:55– Lequel ?
02:56– Chuteul, monsieur Chuteul, le conseil constitutionnel, le tribunal de Paris s'est assis sur la décision du conseil constitutionnel.
03:05– Le conseil constitutionnel et la décision à laquelle il fait référence, qui avait, dès vendredi dernier,
03:12sur une question qui peut s'y apparenter, c'est-à-dire la question de l'application immédiate de l'inéligibilité,
03:17avait fait référence à la liberté des électeurs et au fait qu'il ne fallait pas contrevenir à la liberté des électeurs.
03:23C'est d'ailleurs un argument, me semble-t-il, Louis Hallyau, qui a été utilisé pour vous pour ne pas appliquer à votre endroit
03:30l'application immédiate de l'inéligibilité, on est bien d'accord ?
03:33– Exactement, ce qui veut dire qu'il m'applique à moi, très bien, je reste maire de Perpignan,
03:39mais ils auraient dû l'appliquer à Marine de la même manière, parce que, évidemment, les conséquences sont beaucoup plus graves.
03:45Imagine-t-on une Marine Le Pen qui ne puisse pas se présenter et qu'en appel, elle gagne son procès,
03:52mais qu'elle n'ait pas pu se soumettre au suffrage des électeurs, c'est gravissime, je rappelle que la...
03:58– On peut dire l'inverse, Louis Hallyau, on peut dire que si elle avait été élue présidente de la République
04:02et que, par la suite, elle était condamnée définitivement dans l'affaire, ça aurait été gravissime aussi.
04:07– Sauf que vous pouvez être jugé après votre mandat, vous ne faites que reporter l'affaire, là c'est définitif,
04:13vous ne pouvez pas vous présenter à une élection, c'est-à-dire au suffrage du peuple.
04:16Je rappelle que Mme Barège, maire de Montauban, est condamnée à nigebilité avec exécution provisoire
04:23il y a quelques années, a gagné en appel, mais elle avait perdu son mandat de maire,
04:26il y a des conséquences irréversibles, et la juge n'en a tenu aucun compte,
04:30et j'avoue qu'entre la motivation, cette décision qui est quand même extraordinaire,
04:35et je peux vous dire, dans les juristes, à peu près, il n'y a pas une quasi-unanimité,
04:39mais tout le monde est sidéré, je pense que ça fera encore du bruit,
04:43et que nous ne sommes plus, comme je le pensais, en état de droit aujourd'hui, dans un état de droit.
04:47– Nous ne sommes plus dans un état de droit, voilà ce que vous dites ce matin, Louis Hallyau.
04:51– Moi je pense qu'il y a un risque, je le dis, c'est pas... les juges font leur travail,
04:54vous savez, il y a des juges bien, il y a des juges pas bien, partout,
04:57on a un syndicat de la magistrature qui a dans son programme de combattre le Rassemblement National,
05:02attention, de combattre le Rassemblement National,
05:04donc il faut quand même s'inquiéter d'une partie de cette justice-là,
05:08mais la justice, l'autorité judiciaire dans notre constitution est un pouvoir,
05:14comme le pouvoir exécutif, comme le pouvoir judicatif,
05:17il n'est pas en dessous des autres pouvoirs, mais il n'est pas en dessus des autres pouvoirs,
05:22et moi j'ai la phrase de Montesquieu qui résonne dans mon esprit,
05:26il faut que le pouvoir arrête le pouvoir par la disposition des choses,
05:30parce que tout pouvoir qui a trop de pouvoir est porté un abusé.
05:34– Mais ça veut dire quoi, ça veut dire que si vous arriviez au pouvoir,
05:37vous changeriez ces possibilités-là, vous changeriez cette loi ?
05:40– Je pense qu'il faut progresser dans l'état de droit,
05:44et qu'il faut regarder de près la manière dont les procédures se passent.
05:47– Louis Hallyau.
05:48– Parce que je vais vous donner d'autres exemples,
05:49on est sévère avec les politiques, enfin on est sévère avec les politiques, ça dépend,
05:53Marine Le Pen hier inéligible,
05:55je rappelle parce que tout le monde, j'ai vu M. Hollande, l'hypocrite M. Hollande,
05:58M. Kambadélis, ancien secrétaire général du Parti Socialiste, député, ministre, etc.,
06:03a été condamné l'année dernière pour avoir tapé dans la caisse de l'Assemblée Nationale,
06:08s'est payé des voyages, il a même payé sa cotisation au Parti Socialiste,
06:12il a pris de l'inéligibilité, mais pas d'exécution provisoire, rien,
06:16M. Kambadélis, puis il est blanc comme neige,
06:18et on applique donc à la présidente, l'ex-présidente du RN, présidente du groupe,
06:24ce qu'on n'applique pas aux autres.
06:25– Vous n'avez pas, et on le disait, reçu d'exécution provisoire,
06:29c'est sur ce point-là, en particulier, que vous estimez que l'état de droit a été bafoué ?
06:35– Oui, parce que le reste, on peut en discuter,
06:37on n'est pas d'accord sur l'interprétation de la décision de justice,
06:41mais ça, l'appel est fait pour ça,
06:44mais c'est l'exécution provisoire qui produit des effets définitifs,
06:49irréversibles et gravissibles pour la démocratie, c'est ça qu'il faut regarder.
06:53– À l'instant, le procureur général, près de la cour de cassation, déclare, je cite,
06:58« Cette décision n'est pas une décision politique ».
07:02– Oui, mais il ne va pas dire autre chose,
07:04imaginez qu'il prenne la parole, qu'il dise,
07:06« Oui, c'est une décision politique »,
07:07il n'en demeure pas moins que quand on l'analyse…
07:09– C'est aussi ce que pensent les Français,
07:1157% des Français qui disent que cette décision leur apparaît normale.
07:17– Oui, oui, écoutez, si elle apparaît normale,
07:19c'est qu'il faut quand même leur expliquer,
07:20parce que moi, j'y reçois des messages aussi,
07:22les gens ne savent pas qu'il y a deux degrés de juridiction,
07:25alors que c'est le fondement de notre démocratie, pour le justiciable,
07:29tout ça, il faut l'expliquer aux gens.
07:31C'est sûr que si vous leur dites,
07:32Marine Le Pen est condamnée pour détournement de fonds publics,
07:34qu'est-ce que vous en pensez ?
07:35Ils vont dire, ah ben oui, c'est pas bien,
07:37sauf que le détournement de fonds publics,
07:38il est peut-être qualifié par la juge,
07:40mais tout le monde vous dira qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel,
07:43on n'est pas dans le cas de M. Kambadélis.
07:45– On ne parle pas d'enrichissement personnel, Louis Allion,
07:48on parle quand même de détournement de 4,5 millions d'euros.
07:52– Non mais ça c'est avec le parti politique, d'accord ?
07:57Et on conteste cette vision des choses-là.
07:59Et d'ailleurs, dans ce jugement, ils mettent en cause…
08:03– Ce que dit la présidente du tribunal hier,
08:07c'est précisément que n'ayant pas conscience de la gravité des faits,
08:11ou n'ayant pas reconnu la gravité des faits,
08:14c'est là-dessus qu'elle s'appuie pour dire qu'il y a un risque de récidive.
08:17– Mais c'est le système de défense qu'elle critique,
08:22c'est le boulot de l'avocat, c'est les stratégies des avocats.
08:25L'avocat il est fait pour défendre son client,
08:28et il met en place des stratégies,
08:30y compris de contestation de ce que pense la magistrate,
08:33et on pense l'inverse, et on apporte des éléments de défense,
08:38on apporte des éléments de droit, des éléments de jurisprudence,
08:41de tous les cours qui existent, y compris la cour européenne,
08:46et pourtant elle n'a donné crédit à aucun de nos moyens de défense,
08:51c'est jamais ou tout blanc ou tout noir,
08:54il y a des zones aussi de gris,
08:55mais manifestement elle n'en a pas tenu compte.
08:57– Il pourrait y avoir un procès en appel plus tôt,
09:01d'ailleurs le procureur général près de la cour de cassation
09:04dit à l'instant que c'est tout à fait envisageable en 2026,
09:08vous continuez à demander, comme Marine Le Pen,
09:10à ce que la justice se presse,
09:12et à ce qu'il puisse dans ce cas-là,
09:13y avoir un procès en appel avant l'élection présidentielle.
09:17– Oui, ça parait être le minimum,
09:20mais comme je vois avec quelle lenteur se hâte la justice
09:23pour juger le cabaye roux, qui est à peu près le même sur le modem,
09:27je me dis que…
09:28– Toujours pas rejugé, et en effet, au moment où on se parle,
09:30on n'a toujours pas de date de procès.
09:32– Donc je me dis que c'est quand même…
09:35il va falloir trouver une décision particulière pour avancer la date…
09:38– Vous avez donc un gros doute ?
09:39– J'ai pas un doute, mais je le souhaite,
09:42mais on verra bien, le problème n'est pas là,
09:44et j'ajoute que j'ai vu aussi le communiqué de presse
09:46du Conseil supérieur de la magistrature, sur les menaces,
09:49oui malheureusement, il y a des imbéciles qui menacent les juges,
09:53hier par exemple, j'ai été menacé d'égorgement,
09:55bon, le procureur, on a ouvert une enquête,
09:57tout le monde est menacé aujourd'hui,
09:58les politiques sont en première ligne dans la menace,
10:00ils se font même agresser les maires,
10:01bon, ça fait partie malheureusement…
10:03– Vous banalisez ces menaces ?
10:05– Justement, non, je ne banalise pas, je condamne,
10:07mais il faudrait que, quand ils ont des affaires comme ça,
10:10d'élus menacés, ils soient aussi impitoyables,
10:14et j'estime que les gens qui menacent comme ça,
10:17les élus, les agents publics ou les magistrats,
10:21devraient être condamnés, je veux dire, d'une manière exemplaire.
10:24– Est-ce que vous appelez ceux qui, parfois vos partisans,
10:28sur les réseaux sociaux, notamment depuis hier,
10:30diffusent la photo de la présidente du tribunal d'hier,
10:35avec effectivement, insultes ?
10:37– Vous leur demandez de calmer le jeu ?
10:40– Ce n'est même pas de calmer, c'est inadmissible,
10:41et s'ils font partie du RN, il faudra les sortir du RN,
10:44parce que ça, pour le coup, de mettre la photo,
10:46c'est absolument inadmissible, voilà,
10:47ça c'est quelque chose de condamnable pour le coup,
10:50et je ne comprends même pas qu'on puisse en arriver là,
10:52voilà, on est dans un combat politique,
10:54là on est dans un combat judiciaire,
10:56il y a un appel à préparer, et on va préparer cet appel.
10:58– Vous aviez dit hier matin, Louis Alliot,
11:00avant que ne tombe la décision,
11:03que s'il y avait une exécution immédiate de l'inéligibilité,
11:08alors il y aurait des conséquences très graves,
11:11à quoi vous pensiez ?
11:12Est-ce que vous pensez aussi à une éventuelle colère,
11:14à des éventuelles émeutes ?
11:16Est-ce que vous pensez à cela ?
11:17– Non, on n'est pas aux États-Unis,
11:18il n'y aura pas d'émeute, ça c'est l'extrême gauche.
11:20– Vous disiez, ça pourrait être très grave dans tout le pays,
11:21c'est l'expression que vous aviez.
11:22– Oui, le problème démocratique,
11:24les électeurs qui s'apprêtaient à voter pour Marine Le Pen
11:28à l'élection présidentielle ne pourront peut-être pas le faire,
11:30ça c'est une fracture démocratique,
11:33et lors d'un procès qui, quoi qu'on en pense,
11:35du début jusqu'à la fin, aura été, qu'on le veuille ou non,
11:39un sujet politique, y compris dans l'enceinte du tribunal,
11:42où je rappelle quand même, et là il n'y a pas de communiqué,
11:45du CSM, que la procureure dit à un moment donné
11:50sur une partie du dossier qui méritait relaxe,
11:53oui c'est vrai ce dossier mérite la relaxe,
11:55mais je ne peux pas, ça me ferait trop mal,
11:57c'est-à-dire qu'elle s'engage d'une manière partisane contre nous.
12:01– Propos rapportés par tous ceux qui étaient dans le tribunal,
12:03vous, mais aussi des journalistes en effet.
12:05– Voilà, il n'y a pas eu de sanctions, il n'y a pas eu de communiqué,
12:08il n'y a pas eu, voilà, ça, ça me laisse impensu.
12:11– Ce que vous voulez dire, c'est que ça a laissé à penser
12:14qu'il y avait de la politique, que c'était des choix et des décisions politiques ?
12:18– Ça me laisse à penser que oui, il y avait des choix politiques,
12:20il y avait des attitudes politiques, et qu'en fait on était jugé
12:23avant même de rentrer dans l'enceinte du tribunal.
12:24– Louis Alliot, Jordan Bardella appelle, je cite,
12:26à une mobilisation populaire et pacifique, il lance une pétition.
12:30Alors d'abord, la pétition, est-ce que vous savez si à ce stade elle trouve un écho ?
12:35– Elle a tellement trouvé d'écho qu'hier elle a fait sauter notre serveur
12:39et qu'on l'a remis en place cette nuit,
12:42mais effectivement les gens sont indignés, voilà.
12:45– Mais une pétition pour quoi ? Pour quoi faire ?
12:47– Mais pour mobiliser les gens, pour contester ce système-là,
12:51on ne peut pas se laisser comme ça, malmené par un pouvoir,
12:57qu'on le veuille ou non, qui est un pouvoir qu'il faut respecter,
13:00mais qui n'a pas tous les pouvoirs.
13:02Et moi dans cette décision, j'y vois quand même, qu'on le veuille ou non,
13:08une disproportion des peines qui ont été prononcées
13:12par rapport à ce qui aurait dû arriver.
13:14Qu'on soit condamné, à la limite on peut en discuter, c'est une appréciation.
13:19Mais là, la disproportion est définitive, l'exécution provisoire s'applique
13:23pour quelqu'un qui était en tête dans les sondages
13:25et qui, dans toutes les enquêtes d'opinion, était, j'allais dire,
13:30pressenti pour être la future présidente de la République.
13:33– Louis Alliaud, vous dites pétition de soutien, de contestation de cette décision,
13:39mais qu'est-ce qu'il vous reste ?
13:41– Il ne me reste rien, il me reste le suffrage,
13:43et c'est le peuple qui est souverain.
13:46De Gaulle disait la Cour suprême, c'est le peuple,
13:49et donc le peuple décidera, et je pense qu'on crée une fracture supplémentaire
13:54dans un pays déjà fracturé, alors que, je répète,
13:58cette exécution provisoire ne méritait pas de s'appliquer à ce cas-là.
14:04Voilà, et c'est reconnu par des juristes qui sont bien plus compétents que moi
14:08et que d'autres, et qui ne comprennent pas le sens de cette décision.
14:12– Lorsqu'il parle, Jean-Bernard de Mardela, de mobilisation populaire et pacifique,
14:15en plus de la pétition, est-ce que vous appelez les Français à se mobiliser,
14:19y compris en allant dans les rues, en tractant ?
14:23Quelle va être la manifestation de ce que vous appelez
14:25une mobilisation populaire et pacifique ?
14:27– Non, il faut expliquer, tractage, boitage, affichage.
14:31Moi-même, à Perpignan, je ferai très certainement une réunion publique
14:34pour expliquer un peu la genèse, le processus et la décision du tribunal,
14:38pour que les gens comprennent, parce que pour les gens,
14:41c'est des assistants parlementaires, mais toute leur vie,
14:44ils ont vu des assistants parlementaires de leurs députés ou de leurs sénateurs
14:46faire de la politique dans leur ville ou dans leur village,
14:49toute leur vie, ils ont vu ça.
14:51Ils se disent, mais qu'est-ce que c'est ? Ils n'ont pas tapé dans la caisse ?
14:54Non, on n'a pas tapé dans la caisse.
14:55– On ne va pas refaire le procès ici, mais vous n'aviez jamais lu
14:57le mode d'emploi, le règlement du Parlement européen ?
15:00– Vous savez combien de fois il a changé le mode d'emploi ? 150 fois.
15:03– Oui, mais enfin, c'est comme ça, c'est comme quand on achète un produit,
15:05on est quand même obligé de relire avant de coucher la petite case.
15:08Vous êtes élu, vous regardez le règlement.
15:10– Sauf que le mode d'emploi à l'Europe n'est pas le même
15:12que celui à l'Assemblée nationale, voilà.
15:14– Oui, mais vous avez été élu là-bas et pas ici.
15:17– Sauf que le contrat de travail, lui, il est de droit français,
15:20il n'est pas le contrat d'assistant qui est de droit européen.
15:24– Ça veut dire que dans un appel, puisque vous-même vous ferez appel,
15:28vous allez continuer à plaider la même chose.
15:30C'est ce que vous faites en ce moment même.
15:32– Sur ça précisément, oui, parce que nous pensons que nous avons raison sur ça.
15:37Pour le reste, c'est aux avocats qu'il appartient de regarder…
15:41– Avez-vous été bien défendu ?
15:44– Écoutez, moi j'ai confiance à mes avocats, sinon je ne les aurais pas pris.
15:46Et on a confiance à ces avocats-là.
15:48Mais que la magistrate se serve, par exemple, de la plaidoirie de l'avocat de Marine…
15:52– N'avez-vous pas péché par maïsité ?
15:54– Non, mais que la présidente du tribunal se serve de la plaidoirie
15:57d'un des avocats de la Défense pour en faire un argument contre Marine Le Pen,
16:01ça ne s'est rarement vu.
16:03– Un argument pour dire que la récidive serait possible
16:07et justifier ainsi l'exécution immédiate.
16:09– Il n'y a aucun argument sur la récidive.
16:12Dix ans après, Marine, elle est présidente de groupe,
16:14si elle avait récidivé, ça se saurait.
16:16Moi je suis maire de Perpignan, s'il y avait eu des abus, ça se saurait.
16:21Donc il n'y a pas de récidive.
16:22Et le pire, c'est qu'elle qualifie le risque de récidive
16:25par rapport à une personnalité qui a été condamnée en première instance.
16:30Et où est l'appel ?
16:30– Cette possibilité d'avoir cette exécution immédiate et non-suspensive,
16:35elle a été décidée par les politiques, y compris de votre rang.
16:41Est-ce qu'il faut la changer ?
16:42Est-ce que si vous en avez la possibilité,
16:44certains d'ailleurs le disent, y compris dans les rangs de LR,
16:47par exemple aujourd'hui, y compris dans les rangs de LFI,
16:50Jean-Luc Mélenchon, qui dit que ça doit être au peuple de trancher,
16:54est-ce que vous vous dites qu'il faut empêcher cette possibilité
16:57désormais dans la loi, il faudrait empêcher
16:59qu'il y ait cette exécution immédiate ?
17:02– Il faudrait le faire, mais ça n'empêche pas
17:06de regarder la responsabilité d'un juge
17:10qui qualifie en exécution provisoire et qui l'argumente d'une manière
17:15qui est totalement politique en faisant référence à une élection.
17:19– Jordan Bardella sera candidat ?
17:21– On verra bien, pour l'instant c'est Marine Le Pen qui est candidate.
17:24– Vous allez être obligé de préparer la suite ?
17:26– Oui, écoutez, chaque chose en son temps.
17:29Moi je suis maire de Perpignan.
17:31– Vous êtes maire de Perpignan, mais ça ne vous empêche pas
17:33d'être candidat à la présidentielle s'il le faut ?
17:35– Oui, je n'ai pas cette ambition et on va défendre Marine jusqu'au bout.
17:38– Vous serez candidat à votre réélection à Perpignan ?
17:40– Oui, bien sûr, bien sûr.
17:41– Quand vous avez vu que les premiers soutiens hier
17:44venaient notamment du Kremlin, avec le porte-parole du Kremlin
17:46qui parle d'une violation de la norme démocratique,
17:49Elon Musk, Donald Trump, Bolsonaro, comment vous réagissez ?
17:54– Écoutez, ça fait partie aujourd'hui du petit jeu international
17:58entre la France et les autres pays du monde, notamment les États-Unis.
18:03Mais je rappelle que M. Bolsonaro et M. Trump ont été élus par le peuple.
18:07– On ne parle pas du Kremlin, mais M. Bolsonaro…
18:09– Dimitri Medvedev, l'ancien président et ancien premier ministre de Vladimir Poutine,
18:14qui dit après la décision de justice rendue aujourd'hui,
18:16il semble que comme le 31 mars 1814,
18:18seuls les Cossacks russes puissent ramener la liberté en France,
18:22mais est-ce que Marine Le Pen les attendra ?
18:26– Écoutez Medvedev, regardez son compte Twitter,
18:29il est coutumier d'un certain nombre de provocations.
18:32– C'est des soutiens dont vous seriez bien passé ?
18:34– Non, mais ça fait partie de mes politiques,
18:35vous n'allez pas demander aux gens de ne pas vous soutenir,
18:37ils l'ont fait, je constate qu'il y a un chef d'État en exercice,
18:41et un ancien chef d'État qui disent qu'il y a un problème démocratique, c'est tout.
18:46– Marine Le Pen, premier ministre ?
18:48– Non, je ne rentre pas dans ces discussions.
18:51– Pourquoi vous ne rentrez pas dans ces discussions ?
18:52– Parce que pour l'instant…
18:53– Est-ce que ce n'est pas la même question qui a fait
18:54que vous n'aviez pas vraiment anticipé,
18:56vous n'imaginiez pas qu'il y avait du surprenant qui s'est tombé ?
18:58– Mais c'est dans deux ans la présidentielle, vous vous rendez compte ?
19:00Dans deux ans, il va s'en passer des choses dans deux ans.
19:02– Vous espérez, au moment où on se parle,
19:05Louis Elio, que Marine Le Pen pourra être candidate en 2025 ?
19:08– Ah mais je me bats pour ça,
19:10et on fera valoir toutes les voies de recours et de droits pour que ça puisse arriver.
19:13– Merci Louis Elio d'être venu ce matin dans ce studio répondre à mes questions,
19:17vous qui êtes premier vice-président du RN et donc maire de Perpignan,
19:21et vous le restez.