Le concept de guerre hybride est de plus en plus utilisé dans les médias et s'est imposé dans les discours des autorités belges et européennes. Mais concrètement, qu'est-ce que cela veut dire ?
C'est une combinaison de plusieurs actions visant à nuire de manière indirecte : sabotage, cyberattaques, manœuvres de désinformation à grande échelle...des procédés de plus en plus utilisés par les Russes et qui visent à affaiblir les démocraties européennes afin d'éroder leur soutien à l'Ukraine.
C'est une combinaison de plusieurs actions visant à nuire de manière indirecte : sabotage, cyberattaques, manœuvres de désinformation à grande échelle...des procédés de plus en plus utilisés par les Russes et qui visent à affaiblir les démocraties européennes afin d'éroder leur soutien à l'Ukraine.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00qu'entanglent ce soir sur ce qu'on appelle la guerre hybride.
00:02Et aussi la guerre invisible, celle que l'on appelle la guerre hybride.
00:06La guerre hybride.
00:08Vous avez probablement entendu ce terme apparaître de plus en plus dans les médias
00:12et vous vous demandez sûrement, mais c'est quoi une guerre hybride ?
00:15Et bien comme son nom l'indique, c'est une combinaison de différentes actions
00:18visant à influencer un adversaire de manière plus ou moins inaperçue.
00:23Ça peut être par exemple du sabotage, de l'espionnage,
00:27des cyberattaques visant des institutions ou des infrastructures clés,
00:30voire de la désinformation pour influencer les populations.
00:34Ces dernières années, et encore plus depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022,
00:38la Russie se livre à cette autre forme de conflictualité
00:41sur le reste du continent européen.
00:43Une menace hybride qui devient de plus en plus intense
00:46et qui vise des points stratégiques très importants.
00:48Depuis 2023, une dizaine de câbles situés en mer Baltique ont été endommagés,
00:53touchant l'Estonie, la Finlande, la Suède, l'Allemagne et la Lituanie.
00:57Autre exemple, les gazoducs Nord Stream
00:59qui a cheminé du gaz naturel russe vers l'Allemagne
01:02ont aussi été endommagés par des explosions sous-marines en septembre 2022.
01:06Des incidents qui, selon l'OTAN, n'en sont pas vraiment,
01:08les soupçons de sabotage étant plutôt attribués à Moscou.
01:12Et ces actes malveillants peuvent prendre parfois des formes très déstabilisantes.
01:15Le 28 mars 2024, à midi 18 précisément, la programmation de Baby TV,
01:21une chaîne hollandaise pour enfants, s'interrompt soudainement.
01:28Le dessin animé est remplacé par un clip de propagande russe.
01:32Des chars, des soldats et un immense drapeau russe.
01:37Moins d'un mois plus tard, la chaîne est à nouveau piratée
01:40et cette fois-ci, le clip de propagande restera à l'écran pendant 15 minutes.
01:43Deux piratages qui ont mené Zygo, le fournisseur de la chaîne,
01:46à la suspendre temporairement.
01:48Des piratages qui sont aussi informatiques
01:50et qui visent autant les particuliers que des institutions
01:53et qui font partie de ce qu'on appelle aujourd'hui la cyberguerre.
01:57La cyberguerre, c'est des pirates qui vont pouvoir contacter,
02:00aller voir des structures et puis ils vont pouvoir se glisser dans les serveurs
02:04pour pouvoir récupérer des données et puis après tout bloquer.
02:07On voit que Poutine a créé au niveau des services militaires des pirates d'État
02:12et ces pirates d'État vont pouvoir aller dans les serveurs
02:14et pouvoir récupérer des informations, récupérer des données.
02:17On a constaté qu'en Belgique, par exemple,
02:20on avait des problèmes au niveau des structures officielles.
02:25Des piratages qui ont touché différents secteurs clés du pays,
02:28de la compagnie de l'Aïn en passant par des hôpitaux.
02:31Avant les élections communales, des hackers russes du collectif Noname057
02:36avaient même revendiqué le piratage de plusieurs sites de communes et de la chambre.
02:40Les pirates avaient justifié ces attaques comme des représailles
02:43après que la Belgique a annoncé vouloir donner des unités d'artillerie à l'Ukraine.
02:47Alors aujourd'hui, comment la Belgique en tant qu'État se défend-elle face à ces attaques
02:52et à cette escalade de la menace hybride ?
02:54Alors l'État belge essaye de se préparer par rapport à tout ça
02:57parce qu'il y a quelques années, ce n'était pas du tout le cas.
02:59On n'était pas vraiment préparé parce qu'on ne s'attendait pas à ça.
03:02Depuis, la Belgique a fait quand même pas mal d'efforts.
03:05On sait que l'armée a un département spécifique
03:08qui est censé lutter contre cette cyberguerre
03:12mais qu'on appelle aussi « guerre hybride ».
03:15La guerre hybride, ce n'est pas uniquement le cyber,
03:16mais c'est aussi par exemple la désinformation.
03:18On ne sait pas exactement combien de personnes travaillent pour cette composante
03:22qui elle-même est intégrée dans les services de renseignements généraux de l'armée, le SGRS.
03:27On sait qu'ils ont déjà déjoué pas mal d'attaques.
03:30Alors ce genre d'attaque n'est pas toujours clairement identifiable,
03:33mais on sait quand même que ça vient plutôt de pays
03:36qui sont plutôt hostiles à la Belgique, à l'OTAN et à l'Union européenne en général.
03:41Moi je crois, et certains spécialistes croient aussi,
03:43comme le chef de la défense d'ailleurs qui l'a dit il n'y a pas longtemps,
03:46que la guerre hybride peut faire plus de dégâts qu'une guerre conventionnelle.
03:51On peut avoir des attaques d'hôpitaux, on peut avoir des attaques de ports,
03:54on peut avoir des attaques d'infrastructures énergétiques
03:56comme ça se passe en Ukraine avec des missiles et des drones,
03:58mais ici ça peut se passer d'une autre façon.
04:01Si on coupe maintenant l'Internet pendant 24 heures,
04:03quasiment tout dans ce pays et dans d'autres pays fonctionne par Internet.
04:07S'il n'y a plus de courant, souvent il n'y a plus d'Internet non plus.
04:09Ne parlons même pas de l'approvisionnement en eau
04:11qui peut être aussi attaqué d'une façon ou d'une autre.
04:14Ça ne fera peut-être pas de victimes directes,
04:16mais dans des hôpitaux, si des hôpitaux se font attaquer,
04:18ça peut quand même mener à la mort de patients
04:21qui n'ont pas été sortis à temps et envoyés dans un autre hôpital.
04:24La sûreté de l'État appelle toutefois à rester vigilant.
04:27La main russe n'est pas responsable de chaque incident malveillant.
04:31Croire ceci fait aussi partie du jeu de Moscou puisque créer la panique,
04:34c'est provoquer du désordre et de la désunion,
04:37ce qui affaiblit les démocraties européennes
04:39et donc érode le soutien à l'Ukraine.