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«Le gros problème, en France, ce n’est pas tant le niveau de salaire, c’est l'écart entre le brut et le net. C’est un sujet collectif: le coût salarial pour l’entreprise est trop élevé et le net perçu par les salariés est trop faible.» Ainsi parle Florent Menegaux, le président du groupe Michelin. Un résumé choc de l’impasse de financement de notre modèle social. [...]

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00:00Le gros problème en France, ce n'est pas tant le niveau de salaire, c'est l'écart
00:12entre le brut et le net.
00:14C'est un sujet collectif.
00:16Le coût salarial pour l'entreprise est trop élevé et le net perçu par les salariés
00:22est trop faible.
00:23Ainsi parle Florent Menegau, le président du groupe Michelin.
00:27Un résumé choc de l'impasse de financement de notre modèle social, c'est le sujet
00:34de mon billet libéral.
00:35Alors pourquoi Florent Menegau parle-t-il d'un sujet collectif ? Parce que depuis
00:40des décennies, quelle que soit l'orientation politique du gouvernement, la France a fait
00:45un choix.
00:46Mutualiser une part de plus en plus importante des richesses créées par le travail et en
00:52faire porter le poids sur les facteurs de production, le travail et le capital.
00:58En 45 ans, nos dépenses publiques sont passées de 46 à 57% du PIB, soit 310 milliards d'euros
01:08de dépenses supplémentaires chaque année.
01:10En totalité, oui, en totalité des dépenses de protection sociale.
01:15Le coût salarial pour l'entreprise s'est alourdi.
01:18Cette question de compétitivité a beaucoup été débattue.
01:21Moins étudiée jusqu'à présent, cet autre constat, le niveau de rémunération revenant
01:28aux salariés a lui aussi été affecté, et non sans conséquence.
01:32De manière d'appréhender cette dérive, dans son livre « Sortir du travail qui ne
01:38paie plus », Antoine Fouché explique « Mécaniquement, la plus grande mutualisation de notre richesse
01:45collective s'est traduite par un prélèvement plus élevé sur la richesse individuelle
01:50et notamment sur les salaires gagnés ».
01:52C'est vrai, la France a pris garde de ne pas pénaliser les salariés au SMIC, mais
01:57ce n'est pas le cas des autres travailleurs.
02:00Au niveau du salaire moyen, pour 100 euros gagnés, le salarié en conservait 69 en 1968,
02:0860 en 1987.
02:11C'est aujourd'hui 54 euros.
02:14100 euros versés, 54 euros conservés.
02:18Dans un autre ouvrage, « La France doit travailler plus », Denis Oliven fait le
02:23même diagnostic.
02:24Il écrit « Travailler pour gagner moins, voilà la martingale maudite du désarroi
02:30français ».
02:31Lui prend un autre indicateur, le taux marginal effectif de prélèvement, c'est-à-dire
02:37la fraction d'une hausse de revenu qui vous échappe, soit parce que votre prélèvement
02:42augmente, soit parce que vos prestations diminuent.
02:46Eh bien, la moitié des personnes en emploi ont un taux marginal de 56%.
02:52Autrement dit, à ce niveau de revenu, si vous gagnez 100 euros de plus, vous ne gardez
02:58pour vous que 44 euros.
03:01Denis Oliven insiste « Plus des deux tiers des Français, et ceux quel que soit leur
03:07niveau de salaire, donnent plus qu'ils ne reçoivent d'une augmentation de leur revenu
03:12du travail ».
03:13Dans Les Echos, l'économiste Pierre Cahuc explique « La redistribution massive constitue
03:19certes une extraordinaire réussite de l'État-providence, mais elle a une contrepartie.
03:25En France, travailler rapporte beaucoup plus aux autres qu'à soi-même.
03:30C'est sans doute la raison essentielle pour laquelle il devient de plus en plus difficile
03:35de convaincre les Français de travailler plus ».
03:39Fin de citation.
03:40C'est la théorie de Denis Oliven.
03:42Pour sortir de la trappe à déclassement, il faut que les Français au global travaillent
03:47davantage et pour cela, il faut qu'ils soient mieux rémunérés.
03:52Denis Oliven, comme Antoine Fouché, propose une baisse massive des cotisations sociales
03:58contre une hausse d'impôts sur les richesses non productives.
04:02Sans doute minore-t-il l'impact d'un tel transfert et sans doute aussi évacue-t-il
04:08trop rapidement une autre option, une réduction drastique des dépenses publiques ?
04:13« On a le pacte social le plus généreux du monde.
04:17Est-ce que ce pacte est tenable ? Non », répond le Premier ministre François Bayrou.
04:22Il sait désormais qu'il est urgent de s'attaquer à la rémunération du travail.

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