Dans Destins de Femmes, Judith Beller reçoit Marion Mezadorian, comédienne, humoriste à l'affiche avec son nouveau spectacle « Craquage » à la comédie des Champs-Élysées
"Destins de Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République. Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps. Emission tirée du livre de Valérie Perez-Ennouchi, "Destins de Femmes", sorti chez Ramsay, prix Edgard Faure 2021.
Une émission de Judith Beller.
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##DESTIN_DE_FEMMES-2025-03-29##
"Destins de Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République. Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps. Emission tirée du livre de Valérie Perez-Ennouchi, "Destins de Femmes", sorti chez Ramsay, prix Edgard Faure 2021.
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NewsTranscription
00:00La caisse d'épargne Ile-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio, Destin de Femmes, Judith Beller.
00:09Bonjour, bonjour ! Heureuse de vous retrouver pour Destin de Femmes, l'émission du féminisme autrement, inspirée par le livre de Valérie Pérez.
00:17Elle a l'énergie du Sud, le sens de la répartie bien affûtée et un talent pour croquer la vie en sketch.
00:23L'humoriste et comédienne Marion Mésadorian est passée maître dans l'art de capturer les petites folies
00:27et elle recommence dans Crackage, saison tout nouveau spectacle et c'est au La Comédie des Champs-Elysées à Paris.
00:34Eh bien, bienvenue sur Sud Radio, Marion Mésadorian.
00:36Merci beaucoup.
00:37Contente de vous retrouver.
00:38À tout de suite.
00:39Sud Radio, Destin de Femmes, Judith Beller.
00:42À tout de suite, oui, c'était logique en même temps, ce n'est qu'un jingle.
00:45Alors Marion, on va commencer par les questions usuelles de ce début d'émission.
00:50Quel est selon vous le féminisme ? Qu'est-ce que c'est votre définition du féminisme ?
00:54La définition du féminisme, je dirais défendre ses droits qui sont les plus naturels et les plus évidents.
01:03Oui, qu'on ne devrait pas avoir à défendre en fait.
01:05Qu'on ne devrait pas avoir à défendre, ce n'est pas un sujet normalement.
01:09Est-ce que les hommes peuvent être féministes selon vous ?
01:12Oh oui, bien sûr.
01:15Ils ont des mamans et ils ont des sœurs, ils ont des tantes, ils ont des cousines.
01:20Donc ils ont de l'amour pour ces femmes-là, il n'y a pas de raison qu'ils leur veulent du mal à tout prix.
01:24Vous en avez des hommes féministes autour de vous ?
01:26Oui, mon frère, je trouve qu'il a cet amour pour les femmes.
01:34Il aime les porter, les aider, leur donner un maximum de clés pour qu'elles avancent dans le boulot, dans la vie privée.
01:41Et puis des amis, j'ai beaucoup d'amis de ma génération qui sont vraiment à l'écoute et je trouve que c'est chouette.
01:50Pour qui ? Ce n'est pas un sujet à quoi ?
01:52Ce n'est pas un sujet, non, c'est vrai.
01:54Qu'est-ce qui fait que selon vous, le droit des femmes avance lentement ?
01:59Ou pas assez ?
02:01C'est parce que ça n'arrangerait pas les hommes, peut-être.
02:04Si ça n'avance pas, c'est qu'il y en a un avec qui ça ne doit pas arranger.
02:08Un seul, vous pensez ?
02:10Ils doivent être nombreux, mais voilà.
02:13C'est que ça ne doit pas arranger certaines personnes.
02:16Et quand même, ça bouge un peu quand même, ça va mieux.
02:19Qu'est-ce qui, à votre avis, fait que tout d'un coup, ça commence à avancer un peu plus quand même, même si c'est encore trop lent ?
02:24La parole se libère, on a gagné des droits pour ne plus être enfermés, tapés, prisonniers de tout.
02:32On peut dire les choses, ça assomme parfois.
02:35Certaines se font passer pour des hystériques juste parce qu'elles osent dire les choses, au nom de toutes.
02:41Et donc du coup, ça bouge, ça repousse et on s'habitue enfin à ce que ce soit possible.
02:48Il y avait une grande dame qui nous a dit dans Le Second Sexe, c'est Simone de Beauvoir,
02:52qu'on ne naît pas femme, on le devient.
02:54Est-ce que c'est une phrase qui vous parle ça ?
02:56Est-ce qu'il y a un moment particulier où vous vous êtes sentie devenir femme ?
02:58Je peux comprendre. Alors moi, par rapport à l'éducation que j'ai eue,
03:01mon papa qui a eu une enfance très très dure,
03:04moi j'ai l'impression d'avoir été élevée entre guillemets comme un homme,
03:08comme on dit, à la dure, machin.
03:10Il n'y a pas vraiment eu de différence entre les hommes et les femmes.
03:13Donc c'est vrai qu'entre moi et mon frère, j'ai eu vraiment la même éducation.
03:17Il fallait avoir la même force, la même intelligence.
03:20Même bagou aussi, à priori.
03:23Il faut envoyer le même répondant.
03:25Et puis, oui, du coup, quand d'un coup je grandis, je me dis
03:30« Ah mais il y a une différence entre les hommes et les femmes quand même ! »
03:33Ça existe la différence.
03:35Ce n'était pas dans ma famille au départ.
03:37Allez Marion Mésadorian, on vous écoute sur Sud Radio, c'est parti.
03:40J'en peux plus. J'en peux plus, je te dis.
03:44Je tombe toujours sur des mecs qui disent « J'aimerais bien apprendre à te connaître »
03:47et ils me donnent rendez-vous à 22h30.
03:51Moi maintenant, j'aimerais bien qu'on apprenne à me connaître, mais à 18h.
03:55Parce qu'il fait jour à 18h. On est obligé de se parler à 18h.
03:58On se regarde dans les yeux à 18h.
03:59On ne boit pas 5 shots de tequila avec un oeil qui dit merde à l'autre.
04:01Tu vois ce que je veux dire ou tu ne vois pas ce que je veux dire ?
04:03Ouais, tu vois ce que je veux dire.
04:05Et au boulot, là, c'est pareil.
04:06Attends, ma boîte me demande de valider des crédits à des gens
04:08dont on est sûr qu'ils ne pourront jamais rembourser.
04:10Comme ça, après, on revend tous les crédits à une autre boîte
04:12qui, elle, travaille avec les huissiers qui débarquent chez les gens.
04:15Toi, par exemple, t'en penses quoi ?
04:17Éthiquement, c'est pas ouf ouf, non ?
04:22Je me dis, j'arrive en soirée pour draguer.
04:24Tu fais quoi dans la vie ?
04:25Moi, je ruine les gens, comme je vais ruiner ta vie.
04:29Ça marche. Vous faites rire.
04:31Mais alors, vous faites rire sur des absurdités.
04:33Sur des absurdités du quotidien ou de positionnement
04:37ou sur des petits nœuds que vous relevez comme ça
04:39et c'est ça les craquages.
04:41Oui, c'est ce qui me fait rire, c'est les incohérences.
04:45C'est les incohérences de nos propres propos à chacun.
04:48Et alors, on y passe tous, très clairement.
04:50J'ai passé mon temps à écouter les gens
04:52et puis je vois qu'il n'y en a pas un qui passe à côté.
04:57Peu importe d'où on vient, notre statut hiérarchique,
05:01notre niveau de vie, peu importe.
05:03Et j'aime relever ça,
05:05ce qui est vraiment l'incohérence de ce qu'on raconte
05:09et on se rend compte qu'on peut être tout et l'autre en cinq minutes.
05:12Et puis, c'est de l'expérience vécue aussi ?
05:14À tout !
05:15C'est quelque chose qui vous soit arrivé.
05:17J'incarne 16 personnages.
05:19Alors, les 16, c'est des profils que soit j'ai rencontrés,
05:22soit j'ai romancé en fusionnant deux personnes que j'ai pu rencontrer.
05:25Mais c'est des gens que j'ai vus, entendus
05:28et puis après, j'ai rajouté ma patte.
05:30Mais c'est des choses qui m'ont touchée,
05:32qui m'ont fait rire et avec lesquelles j'étais d'accord.
05:35Du moins, je sentais leur solitude.
05:37J'avais envie de les mettre en lumière.
05:39Ce qui est intéressant, c'est que chez vous,
05:41le craquage qu'on pourrait...
05:43Quand on pense au craquage, on pense à un pétage de plomb,
05:45mais plutôt négatif en général.
05:47Ce qui est intéressant chez vous, c'est que ça prend le sens du positif.
05:49C'est-à-dire que ce craquage,
05:52ce moment où ça dérape, ça vous libère complètement.
05:54Ça nous libère aussi, nous.
05:56Oui, c'est ça.
05:58C'est une libération.
06:00Je pense que quand moi, je joue le pétage de plomb sur scène,
06:03le public doit le vivre par procuration
06:06et se dire, merci d'avoir pété un calme dans le cadre de l'entreprise.
06:10J'en rêvais.
06:11Je vais peut-être essayer de faire autrement,
06:13moi, maintenant que j'ai vu que ça pouvait partir jusque-là.
06:15Parce que vous allez chercher nos envies les plus cachées, en fait, c'est ça ?
06:17Certainement.
06:19Et alors, votre public, comment il réagit ?
06:21Il est tout à fait en os ?
06:22Enfin, il se marre déjà, évidemment,
06:23mais qu'est-ce que c'est le rapport au public ?
06:25Qu'est-ce qui vous fait le plus plaisir, en fait,
06:27quand vous êtes en face de lui ?
06:28C'est, un, la qualité des silences
06:30et quand on entend les mouches voler
06:32parce que le propos est juste,
06:35il pique, il est à l'endroit où, effectivement,
06:38c'est là où il fallait qu'on mette les mots
06:41et puis, la puissance des rires juste derrière
06:44parce que je joue avec les deux tout du long.
06:47Pour moi, c'est l'écriture, c'est comme un film, quoi.
06:49Il y a des moments saisissants, drôles
06:52et puis les moments qui ne sont pas drôles sont extrêmement voulus
06:55mais pas du tout indigestes.
06:56Au contraire, c'est comme des scènes de film.
06:58Et alors, ce qui est intéressant dans votre craquage,
07:00c'est que vous, vous perdez le contrôle
07:02mais nous, on se retrouve, en fait.
07:04Oui.
07:05Non, mais c'est un peu ça l'idée, quoi.
07:07C'est vraiment ça.
07:08C'est vrai.
07:09Oui.
07:10Alors, j'ai des gangs de psy qui viennent me voir,
07:13elles se passent le mot, la patientelle débarque aussi.
07:15D'accord.
07:16J'apprends ça de soirée en soirée.
07:18Mais oui, effectivement,
07:20le but, c'est un peu de montrer jusqu'où on peut aller
07:24quand on n'ose pas dire les choses, quand on ne parle pas
07:26et de dire, bon, les amis,
07:28si avant d'arriver à ce niveau-là d'abus de soi-même,
07:32est-ce qu'on dirait pas les choses en temps et en heure,
07:35calmement, à la personne concernée
07:37et si on tentait, justement, de le faire ?
07:39C'est vrai.
07:40Alors, il y a aussi, évidemment, ce qu'on a dit au départ,
07:42une forme de protestation aussi
07:44contre une société où la retenue
07:46et la discipline émotionnelle sont mises en avant, quoi.
07:49On n'est pas censé se lâcher, en fait, en général.
07:52Et l'idée, c'est qu'en fait,
07:54c'est au détriment de notre expression personnelle.
07:56C'est aussi ça que vous nous racontez, quoi.
07:57C'est-à-dire qu'à un moment donné, on a besoin de ce lâchage-là
08:00pour vivre mieux ?
08:02Oui, ben disons, quand il y a des nœuds,
08:04c'est sûr que si on les garde, à un moment, ça pète.
08:06Ou du moins...
08:07Alors, ça pète pas forcément dans le cri de
08:09« Ah, ça fait dix ans que je voulais te dire ça ! »
08:11Non !
08:12Les trois quarts, on se maintient.
08:14Mais c'est quoi qui pète ?
08:15C'est le corps !
08:16Donc, j'en parle en rigolant, mais pas que,
08:19sur toutes les maladies qu'on peut se déclencher,
08:21les troubles, les tocs,
08:23tout ce qui déclenche,
08:25parce que ça explose à un endroit.
08:26Si les mots ne sortent pas, ça explose ailleurs.
08:28Alors, Marion Mésadorian, c'est vous qui écrivez vos sketchs ?
08:31Oui.
08:36Bon, ben voilà.
08:37On le saura, le réel a éternué.
08:39Et Marion lui a dit à ses souhaits.
08:41Dans le spectacle, je dis que les personnes,
08:44quand on éternue, ça veut dire qu'on n'est pas forcément d'accord
08:46avec ce qui vient d'être dit.
08:47Ne rougis pas Juju !
08:49Je pense que la technique a eu du mal
08:52à digérer ce que je venais de dire juste avant.
08:56Et donc oui, je disais, Marion,
08:58avant d'être interrompue par l'éternuement de notre cher réalisateur,
09:01que le seul...
09:03Non, c'était pas ça que je vous disais du tout.
09:05C'est vous qui écrivez vos sketchs.
09:07Donc, votre inspiration, on l'a dit,
09:09c'est votre vie de tous les jours,
09:10c'est vos épreuves et vos trucs marrants.
09:15Quand est-ce que vous savez qu'il y a un truc qui va faire rire ?
09:17Comment vous relevez le moment
09:19où tout d'un coup, ça va devenir un sketch ?
09:20C'est quand ça me touche.
09:22Quand ça me touche, il y a le tampon.
09:24Quand c'est juste drôle,
09:26j'ai l'impression que ça peut vite,
09:29au bout de trois mois, six mois,
09:31il n'y a pas de chose solide derrière.
09:33Quand ça me touche, je me dis,
09:34oula, là, il y a du fond, ça parle.
09:36Ça fait quand même plusieurs fois que j'entends ça.
09:38Et souvent, quand ça me touche,
09:40c'est que ça me fait rire aussi.
09:42Parce qu'il y a quelque chose qui se joue.
09:44Et je suis souvent une des seules à rire
09:46dans la vie, avec mes amis, la famille ou le boulot,
09:49sur certaines scènes que je vois au quotidien.
09:51Je me dis, mais ça, cette phrase, c'est extraordinaire.
09:53C'est une vanne en soi, c'est à mourir de rire.
09:55Mais la situation est tellement dramatique en soi
09:57que j'ai l'impression que moi seule,
09:59je suis un public de cinéma.
10:01Je me dis, mais c'est ça que je vais prendre et le mettre sur scène.
10:03Et vos proches, quand vous faites ça, comment ils le prennent ?
10:05Alors oui, c'est vrai que ça fait...
10:06Ils le connaissent en même temps.
10:07Ça fait quand même deux spectacles
10:08que je mets mon père sur scène.
10:10Bon, lui, je crois qu'il n'a plus de mots.
10:12Il ne les avait pas trop avant,
10:13mais alors là, on en a encore moins.
10:14Il est un peu fier quand même.
10:15Oh, j'espère, je pense.
10:17Il ne vous dit pas ?
10:18Il a du mal, mais si.
10:20Parce que c'est quand même un sacré engagement,
10:22le seul en scène, en plus.
10:23On va y revenir.
10:24Oui, c'est un combat solitaire.
10:26Oui, c'est un vrai combat solitaire.
10:29Eh bien, c'est Destin de Femmes sur Sud Radio.
10:33Aujourd'hui, on est avec la comique Marion Mésadorian,
10:36qui est à l'affiche de son tout dernier spectacle, Crackage.
10:39C'est à la Comédie des Champs-Elysées.
10:41Vous restez avec nous.
10:42Ça continue dans un instant.
10:43A tout de suite.
10:44La Caisse d'Épargne, Île-de-France,
10:46fière de soutenir toutes les femmes,
10:48nous vous présente Sud Radio,
10:50Destin de Femmes, Judith Beller.
10:52Destin de Femmes, c'est l'émission du féminisme autrement
10:55que vous retrouvez tous les samedis à 13h30 sur Sud Radio.
10:58Aujourd'hui, on est avec Marion Mésadorian,
11:00qui est comédienne humoriste,
11:02et à l'affiche de son tout nouveau spectacle, Crackage.
11:04C'est à la Comédie des Champs-Elysées.
11:06Alors, Marion Mésadorian,
11:08on l'a dit, vous avez écrit ce nouveau spectacle.
11:11Vous êtes mise en scène aussi.
11:14Alors, je vais retrouver son nom.
11:16Merci beaucoup.
11:17C'est la communauté.
11:18Dans mes 15 fiches.
11:19Mickaël Chirignan, voilà.
11:20Voilà, la communauté arménienne.
11:22On a bien choisi.
11:23Les gens rigolent pendant le spectacle.
11:24Et alors, ça m'intéresse justement,
11:25parce qu'avec Mickaël Chirignan,
11:27en fait, lui, il vous met en scène,
11:29seul en scène, avec vos propres textes.
11:31Comment il aborde un texte qui n'est pas le sien
11:33pour réussir à quand même mettre sa patte ?
11:35Il est trop fort.
11:36C'est vrai que le but d'un metteur en scène,
11:38c'est quand même de ne pas s'imposer à l'autre,
11:40mais d'essayer de comprendre comment
11:42l'autre veut délivrer les choses.
11:44C'est sa force, comment ça peut s'articuler
11:46tout en rajoutant une folie
11:48que moi, je n'ai pas jusque-là
11:50et que lui a, et qui est magique
11:52et magnifique, et nos deux univers
11:54se mixent vraiment bien.
11:56Il arrive à customiser
11:58tous mes personnages avec
12:00une pensée, une position,
12:02un accessoire, une façon
12:04de me diriger avec justesse
12:06pour être vraiment en direct dans le cœur
12:08avec le public.
12:09Vous vous connaissez bien depuis longtemps ?
12:11C'est mon producteur qui m'a fait rencontrer
12:13Mickaël en 2019, quand j'étais
12:15en train de développer mon premier spectacle.
12:17On s'est très bien entendus
12:19et puis on a redémarré.
12:23J'ai envie de savoir, est-ce que vous connaissez
12:25une blague arménienne ?
12:26Mais pas du tout !
12:27Non, il n'y en a pas ?
12:28Il y en a une qui a beaucoup circulé sur Internet,
12:30c'est avec Guillaume Pley.
12:32Je ne sais pas si vous l'aviez entendue.
12:34Je crois que c'était un Arménien
12:36qui avait appelé
12:38et qui dit, oui, moi,
12:40avec la langue arménienne, et c'est vrai,
12:42mon père a le même problème.
12:43On a du mal avec le féminin et le masculin.
12:45On dit un maison,
12:47un brouette,
12:49on a du mal quand c'est une ou un.
12:51Quand je vais acheter mon pain, au lieu de dire
12:53une baguette, j'ai trouvé l'astuce.
12:55Je dis, excusez-moi, est-ce que je pourrais avoir deux baguettes ?
12:57Je redis vraiment
12:59ce que j'ai vu dans l'émission de Guillaume Pley.
13:01Ça m'a fait vraiment rire.
13:03Ça marche bien.
13:05Marion Mésadorian, vous êtes quand même débutante
13:07même si vous commencez à avoir une petite
13:09cote de popularité.
13:11Évidemment, vous vous êtes servi des réseaux sociaux aussi
13:13pour avancer. Est-ce que vous pensez que c'est un change ?
13:15Est-ce que ça change la donne ?
13:17On va parler français.
13:19C'est totalement possible.
13:21Évidemment, c'est la nouvelle plateforme
13:23pour être vue, entendue
13:25à notre sauce,
13:27en toute liberté.
13:29C'est hyper important.
13:31Pour percer aujourd'hui, c'est incontournable.
13:33Je ne pense pas que ce soit incontournable
13:35mais c'est un outil
13:37qui peut être direct.
13:39C'est un outil qui peut être aussi aidant
13:41dans votre cas par exemple, que dangereux
13:43et polarisant.
13:45Comme tous les médias, à partir du moment où on s'exprime
13:47peu importe où, selon ce qu'on
13:49raconte et avec qui,
13:51ça peut être compliqué.
13:53Mais du coup, ça dépend
13:55de l'utilisation qu'on en fait.
13:57C'est un peu comme l'humour aussi, parce que l'humour ça peut être
13:59aussi une arme, ça peut être
14:01un outil de résistance.
14:03Vraiment, parce qu'avec le rire
14:05on fait comprendre et digérer les choses.
14:07Moi je le vois, que ce soit
14:09avec mon chéri, avec mon fils, avec ma famille,
14:11toutes les choses un peu dures à faire comprendre,
14:13je le mets en métaphore
14:15avec de l'humour, tout de suite ils rigolent,
14:17ils comprennent et boum,
14:19on n'est plus dans le conflit.
14:21C'est vraiment une libération, c'est ça que vous racontez.
14:23Moi c'est un outil depuis petite. Quand j'ai compris que ça permettait
14:25de désarmer chaque conflit,
14:27c'est un bonheur.
14:29Je l'utilise à toutes les sauces, ça me permet de dire
14:31ce que je pense et que l'autre l'entende
14:33sans se braquer puisqu'il voit qu'il n'y a pas d'agression
14:35et que ça le fait rire.
14:37Donc si ça le fait rire, c'est que c'est vrai.
14:39C'est sûr. Marion Mésadorian,
14:41votre premier solencel, on en a parlé, c'était Pépite.
14:43Il a reçu la récompense du prix
14:45SACD Fonds Humour en 2016.
14:47Pourquoi ? Qu'est-ce qui fait que
14:49tout d'un coup, à votre avis, vous êtes sortie du lot ?
14:51Parce que j'ai payé quelqu'un.
14:53Certainement !
14:55Point du tout !
14:57Qu'est-ce qui s'est passé ?
14:59Je ne sais pas.
15:01Ça a dû plaire.
15:03Ça ne vous a pas débriefé derrière en disant
15:05qu'il y a tel ou tel truc ?
15:07C'est vrai que quand on reçoit ce genre de prix,
15:09on sait qu'on n'a plus
15:11au-delà d'une majorité.
15:13Et donc ça plaît ?
15:15Ça vous aide aussi ?
15:17De recevoir un prix ?
15:19Oui, ce n'est pas ce qui
15:21transforme le plus l'essai en tout cas.
15:23Mais ça nous permet de confirmer
15:25qu'on peut être validé par nos pairs.
15:27Ce qu'on fait, on ne se plante pas tant que ça.
15:29Ça nous donne
15:31des plots à suivre, on va dire.
15:33Et alors vous, en tant que femme,
15:35parce que les humoristes femmes, il y en a de plus en plus,
15:37mais c'est nouveau, ça ne fait pas si longtemps que ça
15:39qu'elles commencent à percer, à être entre guillemets respectées.
15:41Est-ce que ça a été un sujet pour vous ?
15:43Vous l'avez senti ?
15:45Que si vous aviez été un homme, ça aurait été plus vite ?
15:47Ou pas du tout ?
15:49Je ne pense pas que si j'avais
15:51été un homme, ça aurait été plus vite.
15:53Je l'ai senti au début
15:55quand je faisais des scènes ouvertes dans des comédies club
15:57il y a dix ans. Mais je m'en suis vite
15:59extirpée parce que
16:01comme je ne fais pas de stand-up, c'était plus un lieu
16:03d'expression pour moi qui me semblait juste.
16:05Par contre, oui, c'est vrai que ça se
16:07sentait un peu comme ça il y a dix ans.
16:09Les collègues qui y sont aujourd'hui me disent que ça l'est moins
16:11donc ça fait vraiment plaisir d'entendre.
16:13C'est des lieux plus safe et plus agréables
16:15à vivre pour tout le monde, pour s'exprimer.
16:17Mais oui...
16:19Par contre, non, je ne suis pas convaincue
16:21du fait qu'être un homme, ça permet
16:23d'aller plus vite et plus loin dans l'humour
16:25quand on voit les carrières de Foresty,
16:27Blanche Gardin, Murel Robin,
16:29ça reste les reines.
16:31C'est les reines.
16:33Et les prochaines arrivent.
16:35Blanche Gardin n'est pas tout à fait en odeur de sainteté en ce moment.
16:37Il y a eu des hauts débats pour tout le monde.
16:39Et la route est longue !
16:41Ça c'est vrai, ça c'est vrai.
16:43Alors, vos deux spectacles se basent
16:45sur vos expériences très personnelles, on l'a dit.
16:47Vous vous exposez du coup
16:49carrément sur la scène et puis même là
16:51dans cette émission, puisque vous dites que c'est bien
16:53de votre histoire que vous parlez.
16:55Est-ce que c'est cette sincérité-là qui fait que
16:57ça fonctionne aussi à votre avis ? Le public doit aimer ça, non ?
16:59Oui, c'est ça.
17:01Moi, de toute façon, dans tout ce que j'écris, je me dis
17:03que c'est la sincérité qui paye.
17:05Le but n'étant pas de dire exactement
17:07ce que l'on vit au quotidien et d'être impudique,
17:09c'est pas forcément sur ce tableau-là,
17:11mais c'est de dire si je joue
17:13ce personnage-là ou si j'explique cette scène-là,
17:15qu'est-ce que j'aurais vraiment dit, qu'est-ce que j'ai vraiment
17:17ressenti ? Et si on est honnête
17:19avec ça, en général, on tape dans le mille.
17:21Je vois souvent quand je travaille avec d'autres humoristes,
17:23ils veulent trouver des vannes et des vannes et des vannes.
17:25Mais en fait, au lieu de chercher une formule qui est une vanne
17:27et qui sonne bien, qu'est-ce qu'on aurait
17:29vraiment dit et qu'est-ce qu'on a vraiment ressenti
17:31à ce moment-là dans l'histoire ? Si on est sincère,
17:33c'est une vanne en soi.
17:35Et là, on tape dans le cœur des gens et on fait
17:37« Ah oui, c'est vrai ». Et il y a un rire parce que c'est trop vrai.
17:39Et donc, c'est pas une mise en danger, quoi.
17:41De dire ce qu'on ressent et ce qu'on pense,
17:43il faut le calibrer
17:45et l'équilibrer. C'est pour ça que le travail d'écriture est très
17:47important. On peut pas aller sur scène en disant
17:53« Ah oui, c'est vrai ». Mais finalement, ça reste juste une discussion entre potes.
17:55Et si la discussion entre potes,
17:57elle est filmée et diffusée, ça peut tourner mal.
17:59Parce que ce qu'on dit entre amis, on sait
18:01qu'on le dit pas à la radio, à la télé, sur les réseaux.
18:03On calibre tout.
18:05Donc, le but est de ne pas se censurer,
18:07mais d'en faire une œuvre qui peut être
18:09audible pour tous.
18:11Et qui soit pas clivante, quoi.
18:13Oui, et qui reste du spectacle aussi.
18:15Alors,
18:17vous, vous avez grandi quand même dans la vie
18:19au départ en observant les marchés,
18:21par exemple. Pas mal.
18:23C'est un lieu riche en personnages.
18:25Est-ce que c'est une des premières inspirations, on imagine que oui ?
18:27Oui, c'est vrai que mon père
18:29travaille sur les marchés depuis
18:31plus de 50 ans, je crois.
18:33C'est peut-être lui votre première inspiration ?
18:35C'est totalement ça !
18:37C'est le plus grand comédien que je connaisse.
18:39Il a une grande technique de respiration ventrale,
18:41pour annoncer son prix
18:43des clémentines et des courgettes.
18:45Croyez-moi que ça envoie.
18:47C'est vrai qu'il projette, il parle fort,
18:49il est drôle, il a le sens du rythme.
18:51C'est assez incroyable. Et souvent, quand je suis allée
18:53en école de théâtre, je trouvais que des fois, certains
18:55profs avaient moins le rythme que mon père.
18:57Et je me suis dit, mais j'étais
18:59à la bonne école !
19:01Et alors la comédie, c'est un truc depuis que vous êtes
19:03toute petite, c'est ça ? C'était une évidence dans votre
19:05chemin ? C'était ça ou rien ?
19:07Je me souviens
19:09qu'à la cour de récré, pendant la cour de
19:11récré, le rire permettait
19:131. de se faire des amis, de désamorcer des
19:15problèmes et 3. d'aider ceux qui n'arrivaient
19:17pas à en avoir.
19:19Et ça me permettait de me faufiler partout, je
19:21supportais pas l'exclusion, de voir certains
19:23mis de côté, c'était un peu
19:25dur. Donc j'arrivais à les faire rire en cachette
19:27parce que j'étais pas la leadeuse du groupe,
19:29qui disait, allez, venez, on le prend lui ! Non, ça je savais pas faire,
19:31mais je savais le récupérer, lui emmener de la douceur
19:33et un regard.
19:35Donc c'est humaniste en fait le rire chez vous aussi ?
19:37Ah ouais, vraiment. Vraiment, ça aide
19:39à créer du lien, absolu.
19:41Parce que ça met, ça désarme
19:43l'autre parce qu'on lui montre qu'on l'a vu
19:45ce qu'il était et que c'est pas grave et qu'on l'aime
19:47quand même. Donc du coup
19:49les armes tombent.
19:51Mais oui, très jeune, à l'âge de
19:53je sais pas, petit, avant mes 10 ans
19:55j'ai découvert Alicacou à la maison,
19:57plus tard, Gad Elmaleh, à mes 10 ans
19:59il y avait déjà la première VHS
20:01qui tournait beaucoup et il était très jeune, Gad Elmaleh,
20:03à ce moment là. Et franchement,
20:05ça a bercé mon enfance et ça
20:07a semé une graine qui n'est jamais, jamais partie.
20:09Donc vous êtes contente aujourd'hui ?
20:11Je suis très heureuse, j'ai réalisé mon rêve.
20:13Bon, bravo.
20:15Si vous aviez un souhait, Marion-Melisa Dorian, ça serait quoi ?
20:17N'importe lequel.
20:19Oh ben n'importe lequel, la paix dans le monde !
20:21Avant de passer à
20:23penser à sa propre carrière. Vous êtes la 10e Miss France qui
20:25passe derrière mon micro. Ça me fait vraiment
20:27plaisir. Par contre, c'est la première fois qu'on me compare
20:29à une Miss France, croyez-moi bien.
20:31J'espère que la vidéo est là.
20:33Pour ceux qui ne regardent pas la vidéo,
20:35d'ailleurs, le mouvement de cheveux
20:37est émerveillé, sachez-le. J'ai tout donné.
20:39Très important. Merci beaucoup d'être
20:41venue nous voir. Merci beaucoup pour l'invitation.
20:43Je rappelle, votre spectacle, c'est craquage.
20:45C'est à la Comédie des Champs-Elysées.
20:47Peut-être que vous allez pouvoir donner l'adresse, d'ailleurs.
20:49Oui, c'est 15 Avenue Montaigne.
20:51Plus particulièrement au studio des Champs-Elysées.
20:53Mais c'est le même bâtiment.
20:55Et ça sera jusqu'au 26 avril.
20:57Eh bien, restez connectés, puis surtout, allez voir
20:59Marion-Melisa Dorian. C'était Destin de Femme.
21:01C'est Julien qui réalisait pour vous.
21:03Aujourd'hui, je lui fais un bisou. Je vous embrasse aussi.
21:05Et je vous retrouve demain à 19h pour cet excellent
21:07Bye Bye.
21:11Avec la Caisse d'épargne Ile-de-France.
21:13Fier de soutenir toutes les femmes.