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00:00À présent, comme chaque mercredi désormais, de notre rendez-vous avec reporter Le Média de l'écologie et avec son directeur de la rédaction, bonjour Hervé Kempf.
00:08Bonjour Damien.
00:09On ratige chaque semaine l'actualité dans le monde de l'écologie.
00:13On commence par une mauvaise nouvelle pour le climat mondial.
00:16Les émissions de gaz carbonique ont encore augmenté en 2024.
00:20Eh oui, c'est l'annonce faite par l'Agence internationale de l'énergie ce lundi.
00:24Les émissions de CO2, le gaz carbonique, le dioxyde de carbone, ont augmenté de 0,8% en 2024.
00:31Cela représente 37,8 milliards de tonnes qui sont balancées dans l'atmosphère l'année dernière.
00:37Et pourtant, l'année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée.
00:42Qu'est-ce qui a provoqué cette hausse ?
00:44Surtout la climatisation, notamment en Inde, en Chine, aux États-Unis.
00:49Et là, on peut dire qu'on est dans un cercle vicieux.
00:52Parce que plus il fait chaud, plus on va avoir de la climatisation,
00:54donc plus elle va consommer de l'électricité et de l'énergie.
00:57Plus on va avoir d'émissions de gaz à effet de serre, plus il va faire chaud,
00:59plus on va avoir envie de climatisation.
01:01Et on est là dans une situation vraiment néfaste.
01:05Les conséquences, elles pourraient être graves si on en croit une étude publiée par Météo France.
01:09Tout à fait.
01:10Alors ça, c'est la grande agence météorologique française à étudier,
01:14ce que signifierait un réchauffement de 4 degrés Celsius
01:18par rapport à la moyenne de l'époque pré-industrielle au XVIIIe siècle.
01:22Donc un réchauffement sur la France de 4 degrés à l'horizon entre 2050 et 2100,
01:26si rien ne change d'ici là.
01:27Et les conséquences seraient vraiment catastrophiques.
01:29L'eau manquerait de manière récurrente une bonne partie de l'année.
01:32Il y aurait très souvent des canicules et on atteindrait souvent
01:35des records de température de 50 degrés.
01:38C'est-à-dire que c'est absolument invivable.
01:39Et Paris serait complètement invivable, selon des prévisions qui sont très réalistes.
01:43Voilà.
01:43L'agriculture serait très affaiblie.
01:45En fait, toutes les activités économiques seraient affectées, seraient affaiblies.
01:49Et en fait, comme le dit un chercheur que reporter a interrogé,
01:52il ne s'agira plus de vivre, mais de survivre dans de tels bouleversements.
01:56Et alors, est-ce que les responsables politiques ont conscience de ces bouleversements ?
01:59Écoutez, franchement, non.
02:01Si on regarde ce qui se passe aux États-Unis avec un climato-scepticisme
02:03qui est maintenant à la maison blanche,
02:05mais même dans un pays comme la France,
02:06la question écologique est clairement passée au deuxième plan,
02:09voire le troisième ou le quatrième ou le cinquième du gouvernement,
02:12qui continue à parler seulement de s'adapter au réchauffement
02:16et qui continue des projets comme soutenir une autoroute en construction au sud de la France
02:22ou affaiblir les lois sur l'environnement.
02:24Voilà ce qu'on pouvait dire donc sur cette question du climat.
02:27Par ailleurs, Hervé, dans Reporter,
02:29vous revenez cette semaine notamment sur des produits chimiques très inquiétants
02:33dont on entend de plus en plus parler.
02:35Ce sont les PIFAS.
02:37On dit PIFAS parce que c'est la lettre P, P en anglais.
02:40Oui, alors c'est vrai.
02:42Moi, je dis plutôt PIFAS, mais je devrais peut-être dire PIFAS.
02:45Il y a les deux.
02:46Et qu'est-ce que ça veut dire, PIFAS ?
02:47Et alors là, il faut que je regarde mon papier parce que c'est un nom vraiment barbare.
02:50Les peres et polyfluoroalkylés.
02:53Je l'ai bien dit.
02:54C'est une famille de 12 000 molécules chimiques qui ont des caractéristiques,
02:59c'est anti-tache, anti-adhésif et anti, plus exactement, imperméabilisant.
03:05C'est-à-dire que s'il y a de l'eau d'épée face sur ce textile,
03:10par exemple, l'eau glissera et ça ira bien.
03:13Alors, elles ont été utilisées massivement depuis les années 1970
03:17dans le papier toilette, dans les poêles, où ça n'attache pas en principe les aliments,
03:21dans le textile, je l'ai dit, dans les encres, dans la peinture,
03:24enfin, dans une infinité de produits de la vie et de la consommation courante.
03:30Et alors, quel est le problème avec ces produits ?
03:31Il y a deux problèmes, en fait.
03:33D'une part, ils peuvent provoquer des cancers, des perturbations hormonales,
03:37des effets sur le système immunitaire.
03:40Et d'autre part, ce sont des molécules extrêmement stables,
03:43c'est-à-dire qu'elles ne se dégradent pas dans l'environnement.
03:45Et donc, comme elles ont été produites massivement,
03:47on en retrouve partout, dans tous les milieux, dans tous les organismes.
03:49Il y a eu une étude qui a été faite sur des Français et des Françaises
03:53par un programme de biosurveillance qui a trouvé au moins un PFAS
03:56dans l'organisme de chacun et chacune d'entre nous, y compris les enfants.
04:00Vous avez sans doute du PFAS dans votre sang,
04:02et moi aussi, il n'y a aucun doute là-dessus.
04:04– Ah oui, j'ai été élevé dans une famille qui utilisait les poêles en teflon,
04:07notamment, et j'en ai forcément.
04:09Alors, maintenant qu'on a dit ça, comment on se rend des barrages ?
04:12– Alors, c'est difficile.
04:13Au niveau de l'approvisionnement en eau, les communes ont deux solutions,
04:18pour faire simple, des filtres soit à charbon actif,
04:20soit des filtres avec des membranes très fines
04:24et qui arrivent à retenir toutes ces petites molécules.
04:26Le problème, c'est que cela coûte très cher.
04:28Il y a eu une estimation qui a été faite au niveau européen.
04:30Si tous les stations de traitement d'eau étaient équipées
04:34par ces systèmes de filtration, cela coûterait 240 milliards d'euros
04:39à l'Union européenne.
04:39– 240 milliards d'euros, et ça règle le problème ?
04:43– En principe, oui, à condition qu'on le fasse.
04:45Et pour l'instant, ces investissements ne sont pas engagés.
04:48Alors, il peut y avoir une solution que les gens commencent à appliquer chez eux.
04:52Un reporter, la journaliste Fabienne Loiseau,
04:55a interrogé des lectrices et des lecteurs de reporters pour savoir comment ils faisaient.
05:00Il y a trois dispositifs qu'on commence à trouver chez soi.
05:03D'une part, des bâtonnets, qu'on appelle binchotan.
05:06C'est un mot qui vient du Japon, comme cette technique.
05:09Il y a aussi des osmoseurs.
05:11Des osmoseurs inverses, pardon.
05:13Ça marche bien, mais c'est très sophistiqué, donc c'est assez coûteux.
05:16Il y a aussi des filtres pour robinet que vous adaptez sur votre robinet.
05:22Et puis des filtres, des systèmes de filtration de l'eau par gravité.
05:26Alors, la plupart de ces dispositifs reposent sur du charbon actif.
05:29C'est un matériau qui a la propriété de capter les molécules indésirables dans l'eau.
05:35Voilà ce qu'on peut en dire pour les dispositifs qui existent.
05:38– Et donc, est-ce que ça règle le problème ?
05:39Pardon, j'y étais allé trop vite.
05:41– On va dire, je ne dirais pas que c'est une emplâtre sur la jambe de bois.
05:44Mais d'abord, le problème, c'est que c'est coûteux.
05:45C'est-à-dire que tout le monde ne peut pas acheter chez soi ce type de dispositif.
05:49La solution, ce serait que ce soit ceux qui ont créé le problème qui le payent.
05:54En l'occurrence, les industriels, parce que cela a été précisément documenté.
05:58Dès les années 1980, les industriels chimistes savaient que les PFAS
06:02étaient mauvais pour la santé.
06:04Et pourtant, ils ont continué à les produire massivement.
06:07– Et ce qu'on peut faire déjà aujourd'hui, c'est essayer d'acheter des produits
06:10qui n'en contiennent pas et de plus en plus de produits qui sont labellisés
06:13et qu'on peut tenter de retrouver.
06:15Merci beaucoup Hervé Kev.
06:16– Merci.
06:16– Je rappelle le site de reporterreporterre.net.
06:22Et on se retrouve donc la semaine prochaine
06:25pour un prochain rendez-vous avec la rédaction de Reporter.
06:28Merci encore.

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