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Regardez L'édito d'Etienne Gernelle du 26 mars 2025.

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00:007h19 sur RTL, l'édito d'RTL Matin avec vous, Etienne Gernel, Kiev et Moscou ont donc accepté de cesser les hostilités sur la mer noire.
00:11Mais attention, et c'est ce que vous nous dites ce matin, il ne faut pas s'y tromper, c'est vraiment Vladimir Poutine qui est en train de rafler la mise.
00:18Oui, il y a un adage célèbre qui dit que le crime ne paie pas, et bien si, en ce qui concerne Vladimir Poutine, le crime paie.
00:25L'accord décrit hier par des communiqués qui sont différents, il faut le noter de la Maison Blanche et du Kremlin, en est un exemple et il est tout à fait accablant.
00:32En clair, c'est un accord de cesser le feu très très partiel, portant seulement sur la mer noire, qui n'est pas du tout l'épicentre des combats,
00:40et Vladimir Poutine obtient une chose incroyable en contrepartie, le début d'un processus de levée de sanctions.
00:47Bon, mais ces levées de sanctions, elles portent sur quoi exactement, Etienne ?
00:50Alors, selon la Maison Blanche, il s'agit d'aider la Russie à rétablir son accès au marché mondial de produits agricoles et d'engrais, à améliorer l'accès au port et au système de paiement pour ses transactions.
01:00Le Kremlin a été beaucoup plus précis et beaucoup plus exigeant, en ajoutant notamment une condition pour que le cessez-le-feu entre en vigueur, la reconnexion de sa banque d'agriculture,
01:10Rosselkosbank, aux circuits financiers internationaux. Alors, ça peut paraître un détail, mais c'est A-U-R-I-S-S-A-N.
01:18A-U-R-I-S-S-A-N, mais pourquoi ?
01:19D'abord, parce que ça faciliterait les rentrées d'argent de l'état russe et les rentrées légales, ce qui lui permettrait de renflouer son économie exsangue et donc de financer la poursuite de sa guerre d'agression,
01:29laquelle guerre continue, bien évidemment, puisqu'il n'y a pas de vrai cessez-le-feu.
01:33Et puis, c'est un engrenage mortifère, commencer à déshabiller les sanctions avant que les causes de ces sanctions, l'invasion de l'Ukraine, ne s'estompent, c'est pas une politique d'apaisement, ça, c'est une politique d'aplatissement.
01:44Pour résumer, Vladimir Poutine demande des levées de sanctions, non pas pour arrêter l'agression, mais pour ne pas en commettre de nouvelles.
01:52Et puis, par ailleurs, on touche là à une limite de la stratégie trumpienne qui consiste à passer par-dessus la tête de l'Europe.
01:58Ça dit, c'est quand même une limite relative, non ? Parce que Trump, il ne peut pas décider tout seul, unilatéralement, de lever des sanctions.
02:03Ça dépend, c'est souvent compliqué, mais dans ce cas précis, reconnecter la banque agricole russe au système de paiement international SWIFT, qui est domicilié en Belgique, et qui donc obéit aux droits européens, c'est pas son seul ressort.
02:17En tout cas, c'est beaucoup plus difficile que ça.
02:19Or, les sanctions européennes décidées en 2022 visent, nommément, cette banque, j'ai vérifié.
02:24On disait autrefois de l'Amérique qu'elle était le gendarme du monde, vous savez.
02:28Ce que fait Donald Trump, c'est non seulement de caresser le bandit Vladimir Poutine dans le sens du poil, mais aussi de tenter de désarmer les autres gendarmes.
02:36Une bien sombre lecture de ce cessez-le-feu en mer Noire. Merci Etienne Gernel, directeur du Pôle.

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