Pendant ce temps-là en France, les initiatives pour s'habiller tout en respectant la planète se multiplient.
Marguerite a co-fondé Clear Fashion, une application pour vérifier l'impact des vêtements neufs sur l'environnement. Julie travaille pour LE CLOSET qui privilégie la location pour éviter la surconsommation. Elles racontent.
Marguerite a co-fondé Clear Fashion, une application pour vérifier l'impact des vêtements neufs sur l'environnement. Julie travaille pour LE CLOSET qui privilégie la location pour éviter la surconsommation. Elles racontent.
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Art et designTranscription
00:00Donc là je vais prendre en photo l'étiquette de composition pour comprendre ce qu'il y a derrière le vêtement.
00:07La composition du coup est reconnue par l'application, elle va être analysée et aussi on analyse les informations autres comme ce qu'elle est la belle présence sur le vêtement et on explique à l'utilisateur quel est l'impact sur à la fois
00:20l'environnement, l'humain, la santé et les animaux. Du coup j'obtiens la note du vêtement
00:24donc là qui est plutôt bien notée
00:26et je peux savoir pourquoi
00:28donc en regardant pour chacun des critères, sur l'environnement la note elle est vraiment pas terrible
00:33pourquoi ? Parce que c'est des matières synthétiques qui sont issues du pétrole en fait.
00:39Pendant ce temps là
00:41mieux choisir ses vêtements, comprendre leur impact sur la planète, c'est ce que propose l'application ClearFashion lancée en septembre.
00:49A l'image de Yuka avec la nourriture, ClearFashion veut pousser l'industrie de la mode, la deuxième plus polluante au monde derrière l'industrie pétrolière,
00:57à adopter des pratiques plus responsables. Le secteur de la mode, c'est un secteur qui est très impactant, qui a un fort impact intégralemental.
01:03Donc c'est 10% de l'impact carbone mondial, c'est 20% de la pollution des eaux sur terre et puis c'est un secteur qui est aussi la source
01:12de beaucoup de risques sur la partie sociale
01:15puisqu'il a été délocalisé au quatre coins du globe, poussé un peu à l'extrême et qu'en fait aujourd'hui
01:22certains ont perdu la maîtrise
01:24des conditions dans lesquelles sont faites les vêtements.
01:28Ce qu'on a découvert
01:29maintenant que l'application est lancée, c'est qu'on a quand même un
01:33pouvoir assez fort en tant que consommateur. Par les choix qu'on fait lors de nos achats, on vient en fait lancer un message
01:39aux acteurs qui sont derrière et du coup on a le pouvoir de faire bouger les choses et c'est vraiment ce qu'on veut permettre via ClearFashion.
01:48Notre combat, c'est la fast fashion. La fast fashion, c'est avoir du changement constamment.
01:54Avoir des incitations à acheter souvent des choses dont on n'a pas forcément besoin, des choses qui ne sont pas durables
02:02et on va créer
02:03dix, quinze collections par an pour avoir toujours une impression de nouveauté et puis posséder des vêtements qu'on porte deux ou trois fois.
02:11Dans cet hangar, tous les vêtements sont à louer. C'est ici à Nanterre que travaille Lucie pour le Closet, une entreprise créée il y a cinq ans
02:18et qui se présente comme une alternative à la surconsommation.
02:21Vous pouvez avoir une veste pour aller au boulot. Peut-être que cette veste, elle a été portée déjà par cinq
02:29abonnées différentes.
02:32Vous pouvez avoir
02:34un petit pull couleur de Noël.
02:38Voilà, l'idée c'est d'avoir un énorme dressing partagé entre des milliers de femmes, un peu comme on avait l'habitude de partager notre dressing avec
02:44nos soeurs quand on était plus jeunes.
02:46Un abonnement permet de recevoir tous les mois un certain nombre de vêtements pour femmes. Entre chaque cliente,
02:51ses robes, pulls, t-shirts et accessoires sont lavés et retouchés.
02:55Nous ce qu'on veut vraiment, c'est changer les habitudes de consommation au quotidien.
02:59Donc on a vu que la location pouvait fonctionner sur des modèles avec des vêtements plutôt premium pour des soirées.
03:05Nous on se concentre sur le quotidien des femmes. Ça va être un abonnement un peu comme Netflix, en fait mensuel
03:11qui ne va pas changer tous les mois. Donc je paye 49 euros par mois, j'ai mon abonnement.
03:16Avec cet abonnement, je peux recevoir un nombre de closettes illimitées dans le mois. Du coup, on ne va plus chercher
03:23à posséder des vêtements pour les porter deux fois et puis les jeter par la suite.
03:29On va prendre des habitudes de consommation différentes où
03:34on valorise plutôt l'usage à la possession.
03:37Et donc en effet, il y a moins de gâchis puisqu'en plus nous, on s'occupe de
03:42louer à d'autres personnes, plus de rapistoler si besoin. Il y a aussi le côté, ben non, je porterai des réticences,
03:49je ne porterai pas
03:50des vêtements que quelqu'un d'autre a porté, j'aime bien avoir mes vêtements à moi. C'est ce combat
03:57qu'on a envie de mener et en fait, des habitudes vraiment qu'on a envie de changer
04:02dans la consommation globale.
04:04En France, depuis 2008, le marché de la mode a perdu 15% de sa valeur.
04:09Le secteur est en mutation et ce sont les solutions de seconde main qui en profitent le plus,
04:13en disant, le nombre de français qui ont acheté des vêtements de seconde main a doublé.
04:19Quand je vais acheter un produit, en fait, je vais soutenir tout un écosystème. Quand j'achète un t-shirt à 5 euros dans une grande ancienne,
04:25je soutiens ce mode de production-là, éloigné de mes valeurs, éloigné géographiquement.
04:31Alors que quand je vais acheter un t-shirt peut-être chez une petite enseigne, fabriquée en France, en matière naturelle,
04:36et bien là, je vais soutenir une économie locale, une économie raisonnée et tout un écosystème qui est vachement plus sain, vachement plus vertueux.
04:43Consommer que lorsque c'est nécessaire et quand c'est nécessaire, parce que j'ai faim, parce que j'ai envie de m'habiller,
04:47et bien il faut que je me tourne vers des solutions
04:50les plus saines possibles, les plus vertueuses possibles. Aujourd'hui, on a un vrai impact sur la planète, sur la société, sur l'environnement.
04:58Donc, si jamais on arrive à faire passer tous les voyants au vert dès maintenant, je me dis pour les prochaines années,
05:04on peut être optimiste. Donc, chez Opal, on se dit qu'il y a deux gros enjeux, il y a réparer les erreurs du passé,
05:10c'est pour ça qu'on fait des matières recyclées, et aussi préparer le futur, c'est pour ça qu'on essaie de travailler avec des fabricants,
05:15de créer des écosystèmes locaux, de travailler sur des matières naturelles, pour se dire, voilà, on a d'un côté la responsabilité de réparer les erreurs du passé,
05:22mais surtout, on doit préparer le futur, et ça, on ne va pas le faire tout seul, on a besoin des fabricants et de vous.