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Il était l'autre moitié du groupe Her. Il est aujourd'hui chanteur solo.
Victor Solf revient sur la disparition de son ami Simon Carpentier, raconte le deuil et comment il lui rend hommage à travers sa musique.

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Musique
Transcription
00:00Simon, c'est un de mes meilleurs amis, c'était mon témoin de mariage.
00:04On était au lycée ensemble, même avant Her, on a eu un projet ensemble.
00:08On avait tout vécu ensemble, on se voyait bien continuer longtemps,
00:11mais malheureusement, la maladie en a voulu autrement.
00:15Simon Carpentier nous a quittés d'un cancer peu de temps avant qu'on termine l'album.
00:20Et j'ai terminé l'album sans lui, pour lui, pour nous.
00:25Et j'ai emmené le projet Her jusqu'au Zénith de Paris.
00:30C'est sûr que j'ai dû faire plusieurs deuils à la fois.
00:40J'ai perdu un ami, j'ai perdu aussi quelqu'un avec qui je travaillais,
00:47avec quelqu'un avec qui je faisais de la musique.
00:49Ce qui a été le plus dur pour moi, c'est vraiment accepter l'absence.
00:53Une absence permanente.
00:58Et ça, c'est un concept qui est très propre aux décès et aux deuils,
01:03et qui a été très compliqué pour moi.
01:05Et en fait, pendant des mois, et particulièrement pendant la tournée de Her,
01:11je continuais, tant bien que mal, à essayer de le faire vivre,
01:15à essayer de le faire revenir, à chanter nos chansons.
01:18Et j'ai lutté pendant des mois pour accepter l'absence, irrévocable.
01:25Et c'est notamment quand j'ai commencé à l'accepter,
01:28quand le Zénith de Paris se profilait,
01:30que je me suis rendu compte qu'il était temps que je tourne la page,
01:32et que c'était le seul moyen pour moi pour vraiment me reconstruire
01:36et me tourner vers l'avenir.
01:38Parce que sinon, c'est quelque chose, je pense, qui peut te suivre pendant très longtemps.
01:42Il ne faut pas non plus créer un sujet tabou sur le deuil.
01:47Parce que ça, ce n'est pas du tout une manière d'accepter l'absence.
01:49On n'accepte rien quand ça devient un sujet tabou.
01:51Parce que ça, c'est des choses que j'ai déjà entendues sur le deuil.
01:54J'ai perdu quelqu'un et je ne veux plus jamais qu'on en parle.
01:58C'est un autre extrême.
02:00Il y a l'extrême de dire, d'en faire un sujet tabou.
02:06Et moi, ce n'est pas le cas non plus.
02:08Je n'ai aucun problème à parler de Simon.
02:12Ça réveille en moi toujours une forme de mélancolie,
02:18une forme de saudade, comme dirait les Brésiliens.
02:20C'est une nostalgie positive.
02:23C'est vraiment ça.
02:29Il va m'accompagner toute ma vie.
02:33Je suis tellement content d'avoir connu cette expérience.
02:39Ça m'a transformé.
02:42Il y a un titre qui s'appelle « Fight for love »
02:44et qui vraiment évoque l'absence.
02:54Ce que je dis sur le refrain, c'est que j'ai répété ce refrain en boucle,
02:59presque comme un mantra,
03:02comme quelque chose qui allait me faire accepter l'absence.
03:05Ce que je dis, c'est les pleurs, mes pleurs ne te ramèneront pas.
03:09Ma colère ne te ramènera pas.
03:12Mes peurs, ma peur de la mort ne te ramènera pas.
03:15Même notre musique, même « Her » ne te ramènera pas.
03:20Mais je vais continuer à me battre pour l'amour,
03:24à me battre pour être heureux.
03:26C'est ce constat que j'ai fait sur l'album et sur « Still there is hope ».
03:35« Fight for love », c'est un des titres qui me résume bien
03:39et qui résume bien ce que j'ai vécu avec Simon.

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