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00:00L'air.
00:01Europe 1.
00:02Pascal Praud et vous.
00:03Avec vous dans 11h à 13h sur Europe 1.
00:05Il est 11h14, le rabbin d'Orléans, je vous le disais, agressé en pleine rue samedi
00:09en début d'après-midi devant son fils, un adolescent de 16 ans, a été interpellé.
00:13Le rabbin a été frappé, insulté, mordu.
00:15Pour moi c'était une question de temps avant d'être agressé, a-t-il déclaré ? Quelle
00:19est la responsabilité de l'extrême gauche ? Emmanuel Macron a publié un message sur
00:23les réseaux sociaux.
00:24L'agression du rabbin d'Orléans nous choque tous, l'antisémitisme est un poison, nous
00:29ne céderons ni aux silences, ni à l'action, ni à l'inaction.
00:32Marine Le Pen a écrit depuis des mois, elle a filmé une cible dans le dos de nos compatriotes
00:37juifs par des propos insupportables et des visuels nauséabonds.
00:40Bruno Retailleau a écrit les actes antisémites ont explosé depuis le 7 octobre, ils trouvent
00:45leur sourd dans un antisémitisme d'atmosphère qui se développe à la fois dans les discours
00:50des islamistes du monde entier mais aussi dans les mouvements et parties d'extrême
00:54gauche qui en France attisent la haine.
00:56La France Insoumise a réagi avec plusieurs députés comme Manuel Bompard, agression
01:00violente du rabbin d'Orléans, plus que jamais soyons unis pour lutter contre l'antisémitisme.
01:05Je vous propose d'écouter peut-être Arie Engelberg qui est le rabbin d'Orléans, il
01:12était hier soir sur CNews.
01:14On rentrait de la synagogue avec mon fils et il y a un jeune individu qui nous voit
01:18arriver au loin, il sort son téléphone et il commence à crier en disant « Monsieur
01:22est-ce que vous êtes juif ? » Je réponds « Oui ».
01:24Et il dit « Tous les juifs sont des fils d'eux ».
01:27Il insulte et il crache.
01:28Je me suis protégé, il a donné des coups, il m'a atteint, je me suis défendu comme
01:32j'ai pu me défendre.
01:33Il y a eu un moment donné où instinctivement j'ai ramassé ma kippa qui était tombée
01:36par terre.
01:37Il m'a ceinturé par derrière donc il m'a mordu fort dans le dos.
01:40Tout le long de l'agression j'ai surveillé mon fils que je le voyais tétanisé.
01:45On sera dans un instant avec Yonatan Harfic, vous connaissez qu'il est le président du
01:49CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France.
01:53Je le salue, il est déjà avec nous.
01:55Bonjour M. Harfic.
01:56Bonjour.
01:57Et je vous propose d'écouter ce que disait Manuel Valls, ministre des Outre-mer.
02:01Il était l'invité de Sonia Mabrouk sur CNews et sur Europe 1 ce matin.
02:05La haine de la France s'exprime aussi par la haine des juifs.
02:10C'est ce qui explique d'ailleurs cette violence, cette résurgence, ce tsunami anti-juifs
02:16qui s'est conjugué avec la haine d'Israël depuis le 7 octobre 2023.
02:21Mais donc la France est redevenue dangereuse pour les juifs.
02:25Mais c'est la France elle-même qui est attaquée.
02:27En attaquant les juifs, l'islamisme attaquant les juifs avec en effet ses complices, notamment
02:33à l'extrême gauche.
02:34On veut détruire ce qu'est la France, une histoire, sa nation.
02:39Les mots sans ambiguïté de Manuel Valls, le ministre des Outre-mer.
02:44Sophie Prima ou Primace, je ne sais pas d'ailleurs si on peut renoncer le S ou pas, les porte-parole
02:48du gouvernement à l'été hier sur CNews et Europe 1.
02:51Il y a une attaque tous les trois jours antisémite.
02:53Ça nous rappelle des heures vraiment sombres et on ne peut pas laisser continuer à se
02:59développer cet antisémisme.
03:00Gérald Darmanin également a pris la parole, il est ministre de la Justice, il était
03:04hier sur BFM, écoutons-le.
03:06Il faut aussi que les femmes et les hommes politiques, quels qu'ils soient, et notamment
03:09le plus à gauche de notre vie politique, arrêtent avec ambiguïté sur l'antisémitisme.
03:15C'est une violence inacceptable et on sait tous que l'antisémitisme c'est le début.
03:20Les juifs d'abord et ensuite le reste de la société, le début d'une société extrêmement
03:24malade.
03:25Il faut que tout le monde soit très clair.
03:26La France insoumise, c'est incontestable que l'ambiguïté, pas de tous les dirigeants
03:30de la France insoumise, mais d'une partie des dirigeants de la France insoumise, est
03:34mortifère pour le bien commun, est mortifère pour notre paix publique.
03:37Mathilde Panot, elle, elle était ce matin sur RTL, elle est députée de la France insoumise
03:42comme vous le savez, elle a condamné, bien sûr, ce qui s'est passé samedi, mais il
03:47y a une ambiguïté forcément dans ce mouvement depuis de nombreux mois.
03:51Il y a un poison antisémite, il y a un poison islamophobe dans ce pays qui est agité par
03:56nombre de personnalités politiques et ce poison ne vise qu'une chose, le poison raciste
04:01vise à diviser le peuple français.
04:04Et je veux vous dire qu'il y a danger quand ceux qui sont, ceux qui portent juste le droit
04:09international et la voie de la paix sont qualifiés d'antisémites.
04:12Je parle de monsieur De Villepin, du pape, du secrétaire général de l'ONU jusqu'à
04:16Jean-Luc Mélenchon, moi-même et d'autres.
04:18Enfin, l'affiche antisémite qui caricaturait Cyril Hanouna, elle est venue de la France
04:24insoumise et de personne d'autres mouvements et elle n'a pas été condamnée, que je
04:27sache, par Jean-Luc Mélenchon.
04:29Mais écoutons Madame Panot sur ce point.
04:31Maintenant, ça suffit et je vais vous dire, ce qui est le propre des périodes où l'extrême
04:38droite est en train de monter et d'être banalisée, c'est de transformer les antiracistes
04:43en racistes.
04:44Nous ne sommes pas des racistes, nous sommes des humanistes qui refusons à tout moment,
04:47dans notre pays, qu'on trie les gens selon leur religion, leur origine, leur orientation
04:51sexuelle ou leur genre.
04:52Vous êtes Madame Panot des antiracistes qui avait publié la semaine passée une affiche
04:58antisémite qui caricaturait Cyril Hanouna.
05:01Manuel Bompard, député de la France insoumise, il était avec nos confrères de Nice ce matin
05:05vendredi dernier.
05:07Il y a quelques semaines, une interview d'Emmanuel Todd, qui, juif lui-même, il le disait,
05:13il disait une chose qui me paraît très juste, il disait que si un jour, malheureusement,
05:19les juifs sont menacés, y compris physiquement, en France, je pense qu'ils auront plutôt
05:23intérêt à venir se réfugier chez un militant de la France insoumise que dans un militant
05:28de l'extrême droite.
05:29Je suis d'accord avec lui.
05:30Tout aussi brillant.
05:31Emmanuel Bompard qui disait cela, je le répète, à Nice ce matin.
05:37Alors on est avec Yonatan Harfi, qui est donc président du CRIF, c'est pas que je sache
05:42un militant d'extrême droite.
05:43Qui a agressé un ramas, c'est un jeune homme d'ailleurs dont on ne sait pas grand-chose,
05:49sinon qu'il aurait trois nationalités différentes, qui a donc 16 ans et qui, sans doute, a été
05:56biberonné depuis des semaines à la haine des réseaux sociaux, un jeune homme qui voit
06:01depuis le 7 octobre un antisionisme décomplexé, un jeune homme qui entend de la bouche de
06:06monsieur Mélenchon que les juifs perpétuent un génocide à Gaza, un jeune homme qui voit
06:11fleurir des drapeaux palestiniens un peu partout en France.
06:14Et c'est vrai, monsieur Harfi, qu'on a le sentiment que cet antisémitisme aujourd'hui
06:18est exclusivement à gauche, voire à l'extrême gauche.
06:22Qu'en pensez-vous ?
06:23D'abord que c'est important de dénoncer l'antisémitisme, mais que c'est encore plus
06:29important de dénoncer les antisémites eux-mêmes.
06:31Et oui, nous vivons une période où l'antisémitisme prospère à l'extrême gauche, prospère
06:36dans les réseaux islamistes, et prospère dans le complotisme des réseaux sociaux.
06:41Et donc on a vu aujourd'hui une cause palestinienne dévoyée pour stigmatiser les juifs.
06:47Vous avez parlé de l'accusation de génocide, je crois que c'est une accusation mensongère
06:52qui pèse très lourd et favorise et justifie, malheureusement, dans les esprits vulnérables,
06:58les passages à l'acte contre les Français juifs.
07:00Voilà la réalité de ce que nous vivons, il faut le dire très clairement.
07:03La France insoumise a une responsabilité directe dans ce climat, parce que c'est elle
07:08qui a choisi de faire de la question de Gaza son fonds de commerce électoral, c'est elle
07:12qui a choisi de faire du Proche-Orient un cri de ralliement d'une génération, souvent
07:17radicalisée, et prenant évidemment et naturellement les juifs comme des cibles, en les saumant
07:23de se justifier d'un conflit qui se déroule à 4000 kilomètres.
07:25Donc voilà la réalité de la situation depuis notamment le 7 octobre 2023 dans notre pays.
07:30J'ai vu que cette marche du 22 mars, j'ai vu que la LICRA avait refusé de défiler
07:37avec d'autres associations et même avec évidemment des partis ou des formations de gauche.
07:43Comment vous avez interprété la LICRA refusant de manifester ?
07:47Je crois que la LICRA a vu juste, parce que cette marche contre le racisme a été là
07:54aussi dévoyée, une cause noble, la lutte contre le racisme a été détournée pour
07:57devenir une plateforme pour un certain nombre de mouvements dont les positions antisémites
08:02sont connues.
08:03Je pense au mouvement Urgence Palestine par exemple, je pense à la participation d'un
08:06certain nombre de personnes dont des fichiers S, ça n'avait rien à voir avec une marche
08:10contre le racisme, mais tout à voir avec un kidnapping d'une cause d'intérêt général
08:15par des mouvements radicaux pro-palestiniens, par une extrême gauche et ses complaisances
08:20avec les islamistes.
08:21Pour des juifs, c'était inenvisageable de pouvoir y participer, quel que soit évidemment
08:27notre engagement contre le racisme, parce que je crois que dans la République c'est
08:30une cause qui est chère à chacun, mais ça n'est pas normal qu'elle soit de cette manière-là
08:35prise en otage par une radicalité, notamment à la faveur du conflit israélo-palestinien.
08:41Alors que faire ? Parce que ça fait plusieurs fois qu'on dialogue ensemble, M.
08:45Harfi, et manifestement rien n'y fait, c'est-à-dire que M.
08:49Mélenchon reste sur la même ligne, et non seulement il reste sur la même ligne, mais
08:54j'ai envie de dire que c'est la surenchère, la caricature de Cyril Hanouna était peut-être
09:02la caricature de trop, mais ce qui est frappant après cette caricature, c'est que d'abord
09:07il a demandé à un journaliste d'Austerre qui lui posait quand même des questions,
09:11et que personne à la France Insoumise ne s'excuse ou ne reconnaît cette erreur.
09:16Donc c'est pourquoi je vous dis que faire ?
09:17D'abord, je voulais vous remercier de prendre le temps de revenir sur cette agression de
09:22samedi et sur le contexte d'antisémitisme, parce que certains parfois se lassent, et
09:26vous avez raison de considérer que c'est une question importante, si on veut défendre
09:29notre cadre républicain, il faut prendre la question de l'antisémitisme à bras-le-corps.
09:33Sur la question de Mélenchon, écoutez, c'est assez simple, il a malheureusement décidé
09:38d'en faire le cœur de sa stratégie politique.
09:40Il a donc choisi le communautarisme comme stratégie, et le clientélisme électoral
09:46comme méthode.
09:47Avec ça, évidemment, il espère avoir un socle suffisant, donc il est au fond assez
09:51hermétique à nos critiques, voire même, c'est ce qu'il cherche, il cherche à polariser
09:55ses, j'allais dire, son idéologie de fond qui revient dans ces cas-là, sa formation
10:01notamment trotskiste, qui justifie la polarisation comme méthode politique.
10:07Et il faut qu'on soit très clair, la pression doit être portée sur tous ses alliés.
10:10Il n'est pas normal que la gauche républicaine, je pense notamment au Parti Socialiste, puisse
10:17envisager de s'allier avec la France Insoumise.
10:19Donc, on voit qu'il y a beaucoup de débats aujourd'hui au Parti Socialiste, il faut
10:22que ces débats amènent à une rupture claire, franche et définitive avec la France Insoumise.
10:27La clé de notre vie politique est sans doute là, dans un cordon sanitaire extrêmement
10:32strict vis-à-vis de la France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon en particulier.
10:35Yonatan Harfi est avec nous ce matin, il est président du CRIF sur Europe 1, il est 11h24
10:42et il va même peut-être rester avec nous après la pause, parce que nous dialoguons
10:47souvent ensemble M. Harfi et nous avons un petit différent, si vous me permettez, parce
10:53que vous renvoyez souvent dos à dos le Rassemblement National et la France Insoumise dans le antisémitisme
11:01au fond.
11:02Non, je ne renvoie pas dos à dos, mais il est important de connaître les ressorts et
11:07les spécificités de chacun des mouvements, dont aussi le Rassemblement National.
11:11Mais je ne renvoie pas dos à dos, je ne fais pas d'équivalence entre les uns et les autres.
11:16En tout cas depuis le 7 octobre, que je sache, le Rassemblement National n'a jamais ni en
11:22acte ni en parole montré quelconque antisémitisme et le grand paradoxe de l'histoire, c'est
11:29qu'aujourd'hui beaucoup de juifs semblent mieux défendus par le Rassemblement National
11:34que par aucun autre parti en France.
11:36Et je dis ça au moment où Jordan Bardella sera en Israël avec Marion Maréchal, ce
11:42qui est quand même un retournement historique quand des gens de ma génération, qui avaient
11:4820 ans en 1984, se souviennent de Carpentras, se souviennent des grandes manifestations
11:53contre Jean-Marie Le Pen, où les juifs défilaient contre Jean-Marie Le Pen et 40 ans plus tard
12:00ils ont le sentiment, à tort ou à raison parfois, d'être mieux défendus par Marine
12:04Le Pen que par n'importe qui en France, Yonatan Arfi.
12:10D'abord, c'est votre thèse, ça n'est pas la mienne.
12:13C'est pas exactement ce qu'il y a, c'est une thèse, c'est ce que j'entends tout simplement.
12:17Et on l'avait vu également avec Éric Zemmour, avec les Français d'Israël, c'est pas une thèse.
12:24Il a été en tête des Français juifs qui vivent en Israël.
12:31Donc pardonnez-moi, c'est pas une thèse ce que je dis là, j'apporte des éléments quand même.
12:37J'entends comme vous effectivement d'abord ce qu'ont été les évolutions du RN par rapport au FN,
12:45notamment sur les questions du rapport aux juifs et du rapport à Israël,
12:48et en particulier depuis le 7 octobre 2023.
12:50Il n'empêche que je refuse qu'on instrumentalise la lutte contre l'antisémitisme
12:56et les déclarations du RN sur ce sujet, pour que ce sujet devienne d'une certaine manière
13:01le clairvaloir ou le marchepied du RN dans sa normalisation.
13:06S'il souhaite évoluer sur le sujet, qu'il le fasse, qu'il fasse sa mue de manière discrète et complète.
13:11Mais je m'offusque que cela soit mis en scène pour donner une forme de respectabilité au RN
13:17dans sa quête du pouvoir, qu'on laisse les juifs tranquilles,
13:21qu'on laisse le combat contre l'antisémitisme au combat à mener contre les antisémites,
13:27mais qu'on ne l'instrumentalise pas politiquement, c'est ça qui m'importe.
13:30C'est ça que je trouve gênant dans l'attitude du RN, plus que tout.
13:34Et puis par ailleurs, j'ai un problème de fond, il faut le dire, avec la question du populisme de manière générale en Europe,
13:40pas seulement en France, et le RN en fait partie sans être ni le pire ni le meilleur de ces parties-là en Europe,
13:46mais nous avons aujourd'hui une vague populiste en Europe qui me paraît dangereuse
13:50et quand on est juif on a une méfiance vis-à-vis des populismes
13:53parce qu'on sait que ça libère des choses dont on ne maîtrise pas totalement les conséquences.
13:58Et cette réserve-là, elle vient de loin dans l'histoire.
14:01Restez avec nous, on se dira au revoir tout de suite après la pause.
14:04Yonathan Arfi, président du CRIF, il est avec nous.
14:08Il est 11h28, nous sommes sur Europe 1, tout de suite.
14:10Et vous aussi, vous pouvez témoigner.
14:11Avez-vous déjà été victime d'actes antisémites ?
14:13Appelez-nous dès maintenant au 01 80 20 39 21 11h13.
14:17Vous écoutez Pascal Praud sur Europe 1.
14:23On revient sérieux parce qu'on parle de ce rabbin d'Orléans agressé en pleine rue,
14:27samedi en début d'après-midi devant son fils de 9 ans
14:29et on est avec Éric. Bonjour Éric, vous nous appelez d'où ?
14:32Bonjour Pascal, eh bien de Lyon en fait.
14:36Vous habitez Lyon ?
14:37Exactement.
14:38Bon, quel sentiment vous avez et qu'est-ce que vous vouliez nous dire sur cette agression ?
14:44Le sentiment, si vous voulez, c'est un sentiment un peu de dégoût,
14:48si vous voulez, un dégoût total vraiment,
14:52et tout mon soutien à ce rabbin, effectivement, pour ce qui lui est arrivé.
14:57Mais tout ça, bien évidemment, c'est la conséquence de la démographie depuis 40 ans en fait.
15:02C'est la conséquence de ça.
15:04Alors quand j'entends Yonatan Narfi, par exemple, tout à l'heure avec vous à l'antenne,
15:09quand j'entends Manuel Valls, c'était Manuel Valls ce matin qui était chez Sonia Mabrouk ?
15:13Oui, c'était lui.
15:15Quand j'entends Manuel Valls, voilà, bon, c'est des gens qui font de la politique,
15:17alors effectivement, de la politique politicienne,
15:20c'est-à-dire venir taper sur le dos de El-Effi.
15:22Ce que je comprends, effectivement, El-Effi, l'extrême-gauche,
15:24met une cible depuis des années.
15:26Bon, tous ces gens-là font de la politique.
15:28Mais en l'occurrence, nous, le peuple, la démocratie,
15:31c'est le pouvoir du peuple pour le peuple, par le peuple.
15:33Et ça, ce n'est pas respecté.
15:35Cette démocratie représentative, elle ne représente pas le peuple.
15:39Alors pourquoi je fais la parenthèse, je fais le lien avec Yonatan Narfi ?
15:42Parce qu'il vous a répondu tout à l'heure quelque chose d'assez important.
15:44Il n'aime pas le populisme, il a peur du populisme.
15:47Mais depuis 40 ans, s'il n'y avait pas...
15:50Enfin, je veux dire, le populisme, pour moi, c'est un terme péjoratif
15:54parce que mettre en opposition le peuple avec les médias, la culture, les élites...
16:00Mais est-ce que les élites l'ont défendu, ont défendu les juifs depuis 40 ans ?
16:04Qui est venu en 45 ? C'est l'oncle Sam qui est venu.
16:07L'oncle Sam, c'est qui ? C'est des pauvres militaires américains
16:10qui sont venus sauver la France.
16:12Ça, c'est absolument scandaleux quand j'entends Yonatan Narfi
16:17tenir ce genre de propos.
16:18Et vous avez raison de lui avoir fait la remarque
16:21sur le fait qu'il met dos à dos le Rassemblement National.
16:24Mais il s'en défend, il dit qu'il s'en défend, il ne met pas dos à dos,
16:27mais il ne souhaite pas que le Rassemblement National instrumentalise, dit-il, ce sujet.
16:33Mais c'est quand même difficile quand tu es leader politique à ce moment-là.
16:36Si tu ne dis rien, on peut te reprocher d'être silencieux.
16:38Et si tu dis quelque chose, on me dit que tu instrumentalises.
16:41Bon, je ne fais pas le procès à Marine Le Pen d'être antisémite.
16:48Je connais l'histoire du Front National.
16:52Je sais les passerelles.
16:54Il y a 50 ans, qui a pu exister avec une extrême droite intellectuelle ?
16:59C'est incontestable.
17:00Aujourd'hui, je ne lui ferai pas ce procès-là.
17:03Ni à Jordan Bardella, parce que cette génération-là est très éloignée.
17:09Elle n'est pas fabriquée intellectuellement de la même manière qu'étaient fabriquées
17:14des gens qui pouvaient être autour de Jean-Marie Le Pen,
17:16qui avait été parfois Algérie française, qui avait été parfois OAS,
17:20et qui arrivait aussi parfois de la collaboration française,
17:23je crois qu'il y avait M. Brignot notamment.
17:25Mais ces personnalités-là ont disparu, et c'était il y a 50 ans.
17:30Oui, mais pour revenir à cette agression,
17:33effectivement, c'est la conséquence de la démographie.
17:36Cette démographie qui n'a pas été enrayée depuis 40 ans.
17:40Tous ces politiciens, y compris Marine Le Pen,
17:43y compris tous ces gens-là, aujourd'hui, font de la politique.
17:45Et la politique, moi je suis d'accord,
17:47mais aujourd'hui, il faudrait aussi penser à la population, au peuple.
17:51Moi, quand je roule sur la route, qui me fait des queues de poissons ?
17:54Qui ne respecte pas ? Qui provoque des incivilités ?
17:57C'est toujours le même type de personnes.
17:59Malheureusement, ce genre de propos, on va vous traiter de raciste.
18:03Mais c'est une réalité.
18:04Oui, mais parce que vous exagérez vous-même.
18:06Vous ne pouvez pas stigmatiser ou généraliser en disant
18:09que quand quelqu'un vous fait une queue de poissons,
18:12c'est quelqu'un qui n'a pas la bonne origine.
18:16Parce que ce n'est pas possible, en fait, ce que vous dites.
18:18Je n'ai pas dit ça. Je n'ai pas dit qu'il n'a pas la bonne origine.
18:21Vous dites que c'est toujours les mêmes personnes.
18:23Vous ne pouvez pas dire ça.
18:26Bien sûr, je vous rappelle que Pierre Palmade, il a foncé dans une voiture,
18:30que je sache, et il avait tué trois personnes qui étaient à l'intérieur.
18:35Donc moi, je ne rentre pas là-dedans.
18:38Mais en revanche, qu'il y ait un problème d'éducation,
18:42un problème de règles, d'intégration et d'assimilation,
18:46bien sûr, que dans certains quartiers,
18:51l'éducation est mal transmise.
18:56Je veux bien l'entendre.
18:57Par rapport à d'autres quartiers, bien sûr,
19:00que là où on est, où les parents sont plus présents,
19:05où l'école est plus présente également,
19:08les enfants, généralement, sont plus tenus.
19:10Tout ça est vrai, bien sûr.
19:12Bien évidemment.
19:13Mais on est dans une période assez difficile, assez compliquée.
19:17Forcément, Eric, qu'est-ce que vous faites ?
19:19Pardon ?
19:20On est dans une période compliquée.
19:21Et moi, je trouve que cette démocratie représentative a atteint ses limites.
19:26Mais oui, mais alors c'est quoi le système ?
19:28Le système, ce serait d'adopter, pourquoi pas, une démocratie directe,
19:32sans être attaqué par le populisme.
19:35Et comment vous faites ? C'est quoi la démocratie directe ?
19:38La démocratie directe, c'est une démocratie où le peuple pourrait interagir
19:42systématiquement, aujourd'hui, avec les réseaux sociaux.
19:44Mais systématiquement, vous faites comment ?
19:45C'est-à-dire que tous les jours, vous allez faire...
19:47Non, pas tous les jours.
19:51Mais encore, vous voyez, Pascal,
19:53là je suis en train de vous lancer quelque chose en vous disant
19:56la démocratie représentative pose problème en France.
19:59Depuis plus de 40 ans, on est de la même génération,
20:01depuis plus de 40 ans, moi j'ai vu évoluer la situation de la France
20:06qui est absolument catastrophique.
20:07On a eu en dernière date Emmanuel Macron,
20:10qui a un petit peu fait le remake de Berlusconi,
20:12c'est-à-dire qui a utilisé le marketing,
20:14qui a utilisé la publicité pour se faire élire,
20:17cette méthode-là de communication.
20:19Mais au final, il n'y a rien derrière.
20:21Vous le dites tous les jours, il n'y a rien derrière.
20:23On marque une pause, parce que ce que vous dites est très intéressant
20:25sur la démocratie représentative.
20:27Là où vous avez raison, c'est que les peuples sont oubliés
20:30depuis de nombreuses années.
20:31Et parce qu'ils sont oubliés, ils se tournent vers des gens parfois
20:35qui aussi ont quelques défauts.
20:37Et je pense à Donald Trump,
20:39qui n'est pas la personne la plus élégante au monde, bien évidemment.
20:42Mais à force de ne pas écouter les peuples,
20:45après tu te tournes vers des personnes
20:48qui effectivement peuvent être excessives
20:50ou ont un rapport à la politique qui ne te convient pas complètement.
20:53Je préférais effectivement Giscard d'Estaing ou Ray Bombard
20:56ou Helmut Schmidt ou François Mitterrand ou ces dirigeants-là.
21:00À Donald Trump, bien évidemment.
21:03Mais à force de ne pas écouter les peuples aussi,
21:06on se tourne parfois vers des gens,
21:09des personnalités extrémistes.
21:11Je ne dis pas forcément des idées, mais en tout cas des personnalités extrêmes.
21:20Il est 11h49.
21:22Nous avons quasiment terminé avec Eric.
21:25Eric, je ne vous ai pas demandé dans quelle activité vous êtes.
21:28Dans la publicité.
21:30Mais ça marche bien la publicité en ce moment ou c'est un peu rude ?
21:34Non, c'est difficile.
21:36Vous êtes créatif ?
21:38Non, du tout, dans la partie commerciale, la vente d'espace, tout simplement.
21:41Ce que vous disiez est juste sur la crise de la démocratie représentative.
21:46Vous avez évidemment raison,
21:48puisque les gens ont le sentiment qu'ils votent et qu'ils ne sont pas écoutés.
21:52Tout ça est vrai.
21:53Et on leur impose des choses dans plein de domaines,
21:55par exemple les voitures électriques.
21:57C'est des choses parfois très importantes,
21:59comme l'Europe.
22:01Ils ne sont pas forcément concernés.
22:03Par exemple, l'immigration massive.
22:05Évidemment que les Français,
22:07si on les interroge, ils ne sont pas d'accord.
22:11Et puis après, c'est des choses parfois, non pas plus légères,
22:13mais dans la vie quotidienne.
22:15Par exemple, on vous dit en 2035
22:17qu'il ne faudra plus construire de voitures thermiques.
22:20Les Français ne sont pas associés à ça.
22:22Et c'est ça qui est exaspérant.
22:25C'est que tu as l'impression
22:27que le politique a confisqué le pouvoir du peuple.
22:31Mais l'autre solution...
22:35Je ne vois pas vraiment...
22:37D'abord, constitutionnellement,
22:39on ne peut pas interroger les Français en permanence.
22:41Il faudrait simplement que ceux qui sont élus...
22:43Il faut réviser la Constitution.
22:45Mais oui, mais vous n'allez pas faire en permanence des référendums
22:49pour savoir si les gens veulent des voitures électriques ou pas.
22:52Pardonnez-moi de vous couper,
22:54mais le sujet, ce n'est pas les voitures électriques.
22:58Moi, je vous regarde tous les soirs,
23:00vous l'abordez tous les soirs, le sujet.
23:02Le problème du sujet, c'est quoi ?
23:04C'est l'insécurité, l'économie du pays
23:06qui est absolument catastrophique,
23:08un taux de chômage exorbitant.
23:10Le taux de chômage, ce n'est pas ce qu'il y a de plus exorbitant.
23:12C'est un des rares points positifs d'Emmanuel Macron.
23:17Mais la dette, c'est les Français qui l'ont voulu avec le Covid.
23:21En fait, on tourne en rond.
23:23Est-ce que vous, vous allez bénéficier, par exemple,
23:26il y a 5 ans, dans votre entreprise, des aides ?
23:29Les Français, ils voulaient être protégés.
23:31Les Français, ils ont accepté d'être confinés.
23:36Je suis d'accord avec vous, vous le dites vous-même.
23:38Vous venez de dire quelque chose d'important, vous dites les Français.
23:40C'est le peuple, c'est la population.
23:42Aujourd'hui, une démocratie directe pourrait être mise en place
23:46avec un savant mélange de démocratie directe
23:48et de représentation politique
23:50qui pourrait être sanctionnée systématiquement
23:52si les choses allaient mal.
23:54Parce que ces politiciens,
23:56qui font de la politique depuis des années,
23:58de la politique politicienne,
24:00vous le dites tous les soirs, Pascal,
24:02on le sent, vos invités,
24:07on le sent dans le dialogue,
24:09les gens sont exaspérés par ces politiciens.
24:11Ils n'ont pas de courage, ces politiciens.
24:14Je vais vous prendre un exemple concret.
24:17Vous dites démocratie directe, d'accord.
24:19On va demander aux Français, est-ce que vous voulez
24:21que la retraite à 65 ans ?
24:23Bon, ils vont dire non.
24:25Et ils ont tort, parce qu'on ne va pas pouvoir payer.
24:28Donc vous faites comment ?
24:30En fait, les hommes politiques, bien souvent,
24:32vous ne pouvez pas dire qu'ils sont lâches,
24:34parce que si vous dites qu'ils sont lâches,
24:36c'est précisément qu'ils écoutent les uns et les autres,
24:38et peut-être trop.
24:40Vous ne pouvez pas demander une démocratie forcément directe
24:42et après se plaindre du résultat de la démocratie directe,
24:45et la retraite est un bon exemple,
24:47parce qu'en fait, il faut travailler plus.
24:49Il faut travailler plus.
24:51Toute l'Europe travaille un peu plus.
24:53Alors, bien sûr, pour les carrières longues,
24:55bien sûr, pour les métiers difficiles,
24:57il faut trouver une solution.
24:59Souvent, j'ai pris cet exemple du plaquiste.
25:01Je n'ai pas envie de voir un plaquiste
25:03à 66 ans ou 67 ans,
25:05recroquevillé par terre,
25:07en train de peindre ou faire des métiers difficiles.
25:10Mais globalement, la personne qui travaille
25:12avec Anne Hidalgo,
25:14qui est employée municipale à la mairie de Paris,
25:17je ne pense pas qu'elle soit débordée.
25:19J'ai le droit de le dire comme ça ?
25:21Si on la fait travailler un ou deux ans de plus,
25:24je ne pense pas qu'elle sera tuée au travail.
25:26Bon ben ça, si vous demandez aux gens,
25:28ils vont vous dire non, Eric.
25:30Alors vous faites comment ?
25:31Je vais vous dire quelque chose.
25:33Certainement, vous avez raison sur certains points.
25:35Là, c'est un exemple précis.
25:37Je n'ai pas beaucoup de temps à l'antenne.
25:39Vous faites de la démocratie directe, Pascal.
25:42CNews, Europe 1,
25:44Cyril Hanouna, vous faites de la démocratie directe.
25:47Et ça, si on reprend toutes vos émissions
25:49depuis des années,
25:51on pourrait faire une analyse marketing
25:52et voir ce que pense le peuple.
25:54Et ça, c'est effectivement, vous le faites vous-même.
25:56Et Dieu merci, je vous en remercie,
25:58je remercie Vincent Bolloré,
25:59d'avoir mis en place ce système-là.
26:01Et c'est ce qui déplaît à vos adversaires.
26:03C'est pour ça que vous êtes attaqué.
26:05Oui, mais vous n'avez pas répondu à ma question.
26:07Oui, mais le peuple, parfois,
26:09si tu lui proposes de moins travailler,
26:11il va choisir de moins travailler.
26:13Non, mais je suis d'accord avec vous.
26:14Mais il y a des solutions.
26:15Il y a une éducative.
26:16Oui, il y a des solutions.
26:17Elles ne sont pas claires.
26:19Elles ne sont pas faciles.
26:21Je vais vous faire une petite parenthèse.
26:22Vous avez quelqu'un, pendant des années,
26:24qui a éduqué.
26:25Moi, j'ai appris beaucoup de choses
26:26avec Éric Zemmour.
26:28C'est fort dommage qu'il n'ait plus l'antenne.
26:30Parce qu'effectivement, ses interventions
26:32étaient absolument intéressantes
26:34puisqu'elles permettaient d'éduquer
26:36une certaine catégorie de la population.
26:38Sauf qu'il ne s'est pas adressé à la bonne population,
26:40malheureusement, dans le cadre de son entrée en politique.
26:42Mais cette parenthèse, je la fais pourquoi ?
26:44Parce qu'en éduquant les gens,
26:46en expliquant comme vous le faites,
26:48parce qu'indirectement,
26:49quand on vous écoute sur CNews,
26:50quand on écoute Europe 1,
26:52tous les jours, quand vous donnez la parole
26:53à des gens comme nous,
26:54eh bien, ça permet aussi aux autres
26:56d'écouter ce que les gens pensent.
26:57C'est ça qui déplait à vos adversaires.
26:59J'entends bien. Il est 11h55.
27:00Je voulais vous donner deux ou trois petites informations
27:02avant le flash de midi.
27:03D'abord, pour certains, le racisme anti-blanc n'existe pas.
27:05Et pour d'autres, c'est une réalité.
27:06J'habite dans les Yvelines
27:07avec des populations de toutes origines.
27:09Il est arrivé à ma fille au lycée
27:10de se faire traiter de sale blanche.
27:12Donc ça, c'est du racisme à l'état pur.
27:14Je n'ai pas de pudeur à vous dire
27:16que le racisme anti-blanc est une réalité.
27:18C'est Sophie Primas,
27:20la porte-parole du gouvernement,
27:21hier, dans le grand rendez-vous
27:23sur CNews et Europe 1,
27:24qui le disait,
27:26et ça fait écho à ce que disait
27:28M. Le Plongeon l'autre jour,
27:29un des auteurs du fameux livre
27:31sur Claire et Paul,
27:32qui disait que c'est un concept,
27:33le racisme anti-blanc,
27:35mais que ça ne correspond sur aucune réalité.
27:37Je vous propose peut-être d'écouter Mme Primas.
27:40Moi, j'habite dans un endroit dans les Yvelines
27:42avec beaucoup de populations
27:44de toutes les origines, etc.
27:46Et il est arrivé, par exemple,
27:48à ma fille au lycée
27:49de se faire traiter de sale blanche.
27:51Donc ça, c'est du racisme à l'état pur.
27:55Non, non, non.
27:56C'est du racisme anti-blanc, Sophie Primas.
27:58Dites-le.
27:59Oui, je veux bien le dire.
28:00C'est du racisme anti-blanc.
28:01Il est 11h56.
28:02On va marquer une pause, Fabrice Laffitte.
28:04Que me dites-vous, Fabrice Laffitte ?
28:06Voilà qu'on va marquer une pause.
28:07Une belle page en couleur.
28:09Et on reviendra avec la musique de la semaine
28:11que nous avons choisie.
28:12La Margherita.
28:14Que vous avez choisie, plutôt.
28:16Il n'y a pas eu d'autre mot à dire.
28:17C'est un très bon choix.
28:18On a approuvé, c'est un bon choix.
28:19Est-ce que ça vous a plu, sérieusement ?
28:21Oui, oui.
28:22C'est jamais démocratique, cette émission.
28:24Elle est très bien.
28:25Non, arrêtez.
28:26Non, non.
28:27Il va me balancer son soulier.
28:28Non, non.
28:30Non, non.
28:31Les Griffons, les Griffons.
28:32Non, non.
28:33Vous savez que Khrouchov avait tapé sur la table
28:36avec son soulier.
28:38Vous êtes au courant ?
28:39Vous ne savez pas qui est Khrouchov ?
28:41Mais dites-moi, dites-moi.
28:42On a deux secondes.
28:43Khrouchov était le premier secrétaire
28:45du parti soviétique.
28:47Oui, ça me revient.
28:48Ce n'est pas de ta faute.
28:49Et il avait tapé avec sa chaussure
28:51pour ne pas être d'accord.
28:53Route de management.
28:54Si vous me balancez vos chaussures à la figure.
28:55Il est 11h57.