• il y a 4 jours
Avec Paul Melun et Philippe Viguié-Desplaces, auteurs de "Et si le prochain président était un roi ?" aux éditions Mareuil

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##LA_VERITE_EN_FACE-2025-03-24##

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Transcription
00:00Sud Radio, La Vérité en face, Patrick Roger.
00:04La Vérité en face, avec une question et un livre en forme de provocation, bien sûr.
00:09Et si le prochain président était un roi ?
00:13Vous allez me dire, pour certains, je vous vois, je vous entends,
00:16il y a déjà un roi qui était un, Emmanuel Macron.
00:20Ça c'est les mauvaises langues qui ne dérangent pas Patrick Roger.
00:23Paul Melun et Philippe Viguier déplacent bonjour à tous les deux.
00:27C'est un livre sous forme d'un peu de match entre vous plaidez, bien sûr,
00:33Philippe Viguier déplace vous, vous êtes journaliste au Figaro, grand reporter,
00:37vous avez écrit plusieurs livres autour justement de la monarchie, etc.
00:43Et Paul Melun, vous êtes un essayiste, écrivain, de gauche plutôt, républicain,
00:49mais quand même, j'ai vu que vous avez été sensible aux arguments de Philippe Viguier.
00:54Vous allez faire plaisir à mon co-auteur.
00:56Non mais c'est vrai.
00:58Alors c'est vrai que dans un débat permanent aujourd'hui sur l'état de la démocratie,
01:03il y a ce sujet de la monarchie constitutionnelle,
01:06parce qu'on l'avait cru complètement enterrée cette question,
01:08et il y a quelques-uns à qui l'évoque.
01:10D'ailleurs, vous posez cette question, je crois que c'est vous Paul Melun,
01:16est-ce que finalement une monarchie constitutionnelle en France,
01:20est-ce qu'elle réussirait à contenir la vague populiste qui s'abat sur le pays ces dernières années ?
01:28Oui, oui, c'est une question je pense qui est légitime de se poser,
01:31parce que, et vous le traitez souvent dans vos émissions,
01:34il y a en France une défiance extraordinaire vis-à-vis du pouvoir, vis-à-vis du régime.
01:39Donc on nous dit que cette cinquième république est à bout de souffle,
01:42on nous dit que nos institutions ne fonctionnent plus correctement,
01:45les Français n'ont plus confiance dans les partis politiques,
01:47je ne refais pas le match pour le coup,
01:49mais on voit bien à travers les enquêtes d'opinion toute cette défiance,
01:52et la monarchie constitutionnelle est une piste qui n'est jamais explorée.
01:56Alors moi, ce n'est pas le parti que je défends, vous l'avez rappelé dans le livre,
01:59je suis plutôt le procureur de la République, et mon ami Philippe est plutôt le procureur du roi.
02:03Cependant, je pensais que nos désaccords étaient intéressants,
02:06et que donnés de nos désaccords sur ces deux formes de régimes singulièrement différentes,
02:10il pouvait y avoir quelques bonnes idées,
02:12pour penser et repenser la démocratie qui aujourd'hui souffre d'un certain nombre de lacunes.
02:16Voilà pourquoi ce livre, déjà.
02:18Mais c'est quoi d'ailleurs une monarchie constitutionnelle ?
02:21Puis viguer des places, parce que ça, il faut expliquer les choses.
02:24Oui, parce qu'en France, on n'a jamais connu de monarchie constitutionnelle,
02:27on a toujours connu des monarchies absolues, des monarchies de droit divin,
02:31il y a eu un ou deux essais de monarchie constitutionnelle au moment de la Restauration,
02:35et puis sous Louis Philippe, encore que c'était des monarchies constitutionnelles très limitées,
02:41l'essentiel du pouvoir restait dans les mains du roi.
02:44Une monarchie constitutionnelle, c'est une monarchie qui est encadrée par une constitution,
02:49et dans laquelle le souverain est comme un drapeau.
02:53C'est un drapeau qui est planté au sommet de l'État,
02:57et c'est un drapeau devant lequel on s'incline, c'est un drapeau qu'on respecte.
03:03Et pour répondre à votre question sur le populisme,
03:08je crois que le roi dans une monarchie constitutionnelle,
03:14il incarne vraiment quelque chose de suffisamment fort pour être respecté,
03:25donc c'est une autorité naturelle sans autoritarisme.
03:29Or, aujourd'hui, dans les républiques, le président de la république,
03:33pour qu'il ait de l'autorité, il faut qu'il y ait une forme d'autoritarisme.
03:37Dans une monarchie, non, le roi parait, on respecte le roi.
03:42Il y a une distance naturelle qui se fait vis-à-vis du souverain.
03:47Est-ce qu'il y a un exemple dans le monde, Philippe Viguier déplace,
03:50un exemple dans le monde de monarchies constitutionnelles intéressantes ?
03:54Oui, alors il y en a une qui est très proche de nous,
03:58alors il y en a beaucoup, il y en a onze en Europe,
04:01il y en a une qui est intéressante, c'est la monarchie espagnole.
04:04Parce que la monarchie espagnole, précisément, elle s'est imposée,
04:08peu à peu, ça n'a pas été une monarchie naturelle,
04:12dans la mesure où elle a succédé à une dictature.
04:15Et quand Juan Carlos succède au général Franco,
04:19on ne sait pas exactement de quel régime il va sortir.
04:25Donc c'est une monarchie qui est intéressante de ce point de vue-là.
04:29Et j'en parlais hier encore, quand il y a eu les événements de Peporta,
04:34vous savez quand il y a eu les inondations,
04:37le roi Philippe, il va au-devant dessinistrer, il se fait injurier,
04:45il fait fermer son parapluie de protection,
04:51savant Kevlar, par ses gardes du corps,
04:55et il plonge dans la foule.
04:57Après, le chef du gouvernement espagnol qui l'accompagne,
05:01il est, lui, exfiltré et évacué dans une voiture.
05:04Et le roi, il va au contact.
05:06Et il va en ressortir grandi.
05:08Et il faut remettre cette image dans son contexte,
05:11avec, par exemple, ce qui s'est passé au...
05:16Non, avec le président Macron...
05:21Ah oui, oui, qui a été...
05:23Qui a été à Mayotte.
05:25Qui lui a été reçu exactement avec les mêmes colibés,
05:29mais sauf qu'il parlait à la foule,
05:32derrière une barrière de sécurité.
05:36Même si Emmanuel Macron est allé au contact à plusieurs reprises.
05:40Oui, il est allé au contact, mais sauf que...
05:45Le contact que le président de la République française a,
05:49c'est un contact qui est assez agressif, qui est assez conquérant.
05:52Le roi, il est allé, il a écouté, il a très peu parlé dans ses échanges.
05:55Il a écouté, il a pris les gens dans ses bras.
05:58Il y avait une dimension un peu paternaliste,
06:01et qui, je trouve, convient à notre époque.
06:03Parce qu'un des grands avantages de la monarchie,
06:07et de la monarchie constitutionnelle bien entendu,
06:09puisque la monarchie constitutionnelle est une institution au service de la démocratie,
06:13à la différence de la monarchie absolue,
06:15c'est que c'est une monarchie qui crée un apaisement dans la société.
06:19Et aujourd'hui, en France, on a besoin d'apaisement.
06:22Et on aurait au moins une personne...
06:24Vous savez, quand est-ce qu'on est uni en France sur un match de foot ?
06:29Mais c'est tout. Et encore.
06:31Et encore, il y a débat sur le sujet.
06:34Mais vous voyez, on n'a pas d'occasion de se rassembler.
06:37Et le roi, c'est une occasion quotidienne de se rassembler.
06:40Et la République qui est fracturée en fait aujourd'hui,
06:43vous vous y tenez quand même.
06:45Bien sûr.
06:46Bien sûr, comme beaucoup, heureusement.
06:48Toute notre différence avec Philippe,
06:50et c'est aussi ce qui est intéressant dans ce livre,
06:52c'est qu'on est fort de nos désaccords,
06:54c'est que moi je pense que nul besoin d'un souverain
06:56pour ressusciter la Vème République.
06:58Je suis un ardent défenseur de la Vème République,
07:00tel que pensait par Debray et De Gaulle.
07:02Je suis un ardent défenseur du suffrage universel direct
07:05pour l'élection du président en 1962.
07:07Et je pense que l'élection présidentielle a trouvé sa place dans notre République
07:12parce qu'elle est un catalyseur de toute la souveraineté populaire,
07:15de tout le désir de souveraineté populaire.
07:17C'est ce qui crée, et là Philippe a raison,
07:19parfois cette animosité contre la figure du chef de l'État,
07:22mais c'est aussi ce qui crée une formidable adhésion au chef de l'État, paradoxalement.
07:26Bien sûr, il peut y avoir des chefs d'État impopulaires à un moment,
07:29mais il y a aussi, et on se souvient par exemple d'Emmanuel Macron,
07:32la ferveur qu'il y a eu lorsqu'il a été élu.
07:34On peut dire la même chose de François Mitterrand en 1981,
07:36on peut dire la même chose d'un certain Baudot,
07:38de Nicolas Sarkozy par exemple.
07:40Cette ferveur-là, elle peut effectivement retomber
07:42parce qu'à la différence du monarque,
07:44le président de la République a un réel pouvoir d'action.
07:47Souvent dans les monarchies européennes que cite Philippe,
07:49et d'ailleurs je crois, je parle sous ton contrôle Philippe,
07:52mais que dans le livre, Philippe ne propose pas un monarque absolu
07:55qui aurait le pouvoir de changer les choses.
07:57Le monarque est un espèce de spectateur de la vie politique nationale.
08:00D'ailleurs en Espagne, c'est Pedro Sanchez qui fixe la politique espagnole et non Philippe.
08:04Donc, moi je pense que c'est véritablement
08:07le renforcement des pouvoirs du président de la République,
08:09l'enjeu de la République et une dose de démocratie directe.
08:13Vous savez, on avait beaucoup parlé ici-même,
08:15d'ailleurs et dans d'autres stations des mouvements des Gilets jaunes,
08:18c'était une de leurs doléances,
08:19les référendums d'initiatives citoyennes, etc.
08:21Moi je crois beaucoup à la démocratie directe
08:23comme un moyen de rafraîchir un peu cette République.
08:25Pour revenir quand même aussi à la monarchie constitutionnelle,
08:28Philippe Figuier déplace,
08:31ça veut dire que ce n'est pas une monarchie de droit divin,
08:34c'est-à-dire que ce n'est pas un...
08:37Les auditeurs sont en droit de se poser la question,
08:39mais comment serait nommé en fait le roi,
08:42et ensuite la succession, la filiation ?
08:45Alors, le principe d'une monarchie constitutionnelle,
08:48c'est le principe d'une monarchie,
08:50c'est-à-dire que la fonction suprême s'hérite
08:54et donc il y a un facteur d'hérédité
08:56qu'on a mis de contre.
08:58Alors, moi c'est d'ailleurs...
08:59On y constate un chapitre d'hérédité.
09:01On a un chapitre important là-dessus,
09:03et d'ailleurs c'est un sujet de désaccord avec Paul Melun,
09:08parce que moi je pense que la fonction de chef d'État
09:12est devenue tellement complexe,
09:14et nos sociétés se sont tellement complexifiées,
09:17que je pense qu'il faut une vraie formation.
09:20Et je le dis par exemple en parlant d'un ancien président de la République
09:24qui pensait à devenir président en se rasant le matin,
09:28et je dis donc que...
09:30C'est un peu le cas de tous.
09:31Mais je dis que ce n'est pas une affaire de salle de bain
09:34d'être chef de l'État.
09:37Ce n'est pas quelque chose comme ça
09:39auquel on pense quand on se rase le matin.
09:41Et c'est l'avantage d'une monarchie constitutionnelle,
09:45c'est que le prince qui va monter sur le trône,
09:47il est formé dès son plus jeune âge.
09:50Et il y a un apprentissage de la fonction...
09:54Avec des avantages et des défauts aussi, bien sûr.
09:57Oui, mais les défauts...
09:59Il y a un certain nombre de souverains qui n'étaient pas là pour régner,
10:01ils sont arrivés sur le trône.
10:03Je cite dans le livre par exemple,
10:05je l'aime beaucoup par ailleurs pour d'autres réalisations architecturales,
10:07mais vous prenez Louis II de Bavière par exemple,
10:09ça a été un désastre au total.
10:11Là, c'est avec une certaine malhonnêteté amicale
10:15que Paul Melun cite cet exemple.
10:17Parce que là, vous faites allusion à des monarchies absolues.
10:21Dans les monarchies constitutionnelles modernes,
10:24même si on a des souverains qui sont un peu faibles,
10:29il en ressort toujours une qualité.
10:31Et une fois, la reine de Danemark m'avait dit,
10:34parlant du roi Albert,
10:36du roi Albert II des Belges,
10:38elle m'avait dit, mais regardez
10:40comme il est devenu un grand roi
10:42alors que c'était un prince playboy.
10:44Et le fait que...
10:46La fonction fait le roi.
10:48À la différence de la République,
10:52où la fonction ne fait jamais le président,
10:54on l'a vu avec François Hollande.
10:56Il n'y a pas une euthémicité.
10:58Je pourrais citer d'autres chefs d'État.
11:02Ce qui est intéressant aussi,
11:04c'est qu'il y en a certains qui y pensent quand même.
11:07Emmanuel Macron, le roi n'est plus là.
11:10Votre livre commence par cet extrait.
11:12Oui, on a trouvé cette citation.
11:14Qui est extraordinaire.
11:16Qui date d'avant l'élection en 2015.
11:18Je vais résumer, mais le roi n'est plus là.
11:20C'est vide.
11:22Il y a un vide.
11:24Pourtant, ce qu'on attend du président de République,
11:26c'est qu'il occupe ce siège vide.
11:28Oui, c'est ça qui est fascinant.
11:30C'est pour ça d'ailleurs.
11:32Peut-être que certains l'ont considéré
11:34comme étant le roi, l'empereur,
11:36ou lui se voulant.
11:38Je vais vous paraître un peu macroniste
11:40à votre micro ce matin, Patrick,
11:42une fois n'est pas coutume,
11:44mais il est vrai que je pense qu'Emmanuel Macron
11:46n'a pas tort.
11:48C'est toute la synthèse de la Vème République
11:50voulue par De Gaulle.
11:52C'est une monarchie républicaine.
11:54Une sorte de monarque républicain,
11:56parce qu'il y a chez les Français cette ambivalence un peu étrange
11:58qui fait que les monarchies fascinent.
12:00C'est pour ça qu'on a fait ce livre,
12:02que l'ancien régime continue à fasciner,
12:04même si nous sommes le pays qui a coupé la tête à son roi,
12:06qui a fait les États généraux,
12:08et qui ensuite a mis en place 5 républiques.
12:10Donc, ce grand paradoxe,
12:12le génie gaullien, ça a été
12:14de le réconcilier, ce paradoxe,
12:16de réconcilier cette dualité chez les Français
12:18en en faisant cette constitution un peu bizarre
12:20dans laquelle il y a
12:22un pouvoir très important pour le président de la République.
12:24On parle en ce moment de menaces nucléaires.
12:26On nous parle de la guerre russo-ukrainienne.
12:28Qui a le pouvoir d'engager
12:30la dissuasion nucléaire ? C'est le président de la République.
12:32Quasiment seul. C'est lui le chef des armées.
12:34Nous avons des traditions
12:36absolument extraordinaires,
12:38même par rapport à d'autres démocraties
12:40ou à d'autres républiques européennes.
12:42Et moi, je tiens à cela parce que je pense
12:44que c'est la meilleure façon d'exprimer
12:46la souveraineté populaire puisque
12:48le président de la République, même impopulaire,
12:50est dépositaire de la démocratie,
12:52de la souveraineté populaire.
12:54Philippe Viguier des places, vous le dites
12:56dans ce livre, et si le prochain
12:58président était un roi,
13:00ça allait fouler un peu aussi
13:02De Gaulle.
13:04Dans les années
13:0660. Il y a eu des
13:08discussions, c'était avec le comte
13:10de Paris. Il y a eu deux tentatives
13:12de restauration. Une première tentative
13:14qui a eu lieu
13:16dans les années
13:181875
13:20et avec le comte
13:22de Chambord.
13:24Et d'ailleurs,
13:26le comte de Chambord n'est jamais monté sur le trône.
13:28Il n'aurait pu. Les carrosses étaient prêtes.
13:30On les voit toujours au château de Chambord.
13:32Les carrosses du couronnement étaient prêtes.
13:34Tout était prêt. La chambre
13:36qui a voté l'amendement
13:38Vallon, qui porte le mandat du président
13:40de la République à 7 ans et qu'on considère
13:42comme l'acte fondateur du régime
13:44républicain, cette chambre-là
13:46était entièrement
13:48royaliste.
13:50Je suis allé récemment, je fais une toute petite
13:52parole, parce que c'est amusant, je suis allé récemment à Versailles
13:54dans la salle du Congrès
13:56où se réunit le Parlement.
13:58Vous remarquerez que cette salle du Congrès
14:00a été construite justement à ce moment-là.
14:02Elle a été construite pour une assemblée
14:04royaliste.
14:06Dans les frises
14:08qui sont tout autour, il y a juste le
14:10F. Ils n'ont jamais mis RF
14:12parce qu'ils n'étaient pas sûrs
14:14que le régime serait républicain.
14:16Vous pouvez le voir aujourd'hui, il y a juste le F.
14:18Comme France, ils se sont dit, si jamais
14:20c'est RF, ils vont devoir tout démonter.
14:22Il y a eu cette première tentative
14:24de restauration
14:26et puis effectivement la seconde, qui est assez étonnante,
14:28avec
14:30ce dialogue inédit
14:32entre le général De Gaulle
14:34et le comte de Paris,
14:36qui est absolument surprenant.
14:38De Gaulle hésite à se représenter.
14:40De Gaulle hésite à se représenter
14:42et donc il aurait confié
14:44à l'imperfite, le comte de Paris
14:46a le droit d'être candidat.
14:48Il en a
14:50les qualités
14:52autant qu'un autre.
14:54Et puis
14:56il a quand même ajouté cette petite phrase,
14:58mais de là à le soutenir,
15:00c'est une autre histoire.
15:02Après, il y a quand même toute une correspondance
15:04qui est absolument incroyable
15:06entre le général De Gaulle, avec une déférence
15:08du général De Gaulle,
15:10quand il écrit au prince, il lui met
15:12« Votre Altesse Royale »
15:14avec un V majuscule.
15:16Il y a une déférence
15:18qui est surprenante pour un président de la République
15:20face à un prétendant.
15:22Il faut savoir aussi que le comte de Paris,
15:24quand le général De Gaulle
15:26est né,
15:28la monarchie
15:30s'était éteinte 20 ans avant.
15:32Ça veut dire que ses parents
15:34ont vécu
15:36sous la monarchie.
15:38C'était un militaire aussi.
15:40Il y avait une tradition de déférence
15:42vis-à-vis du prince.
15:44J'attribue plus la déférence
15:46vis-à-vis du prince du général De Gaulle
15:48au fait que je pense que De Gaulle
15:50voyait dans le monarque,
15:52dans le prétendant au trône,
15:54une forme de continuation de la France.
15:56De Gaulle était un
15:58Français, un patriote,
16:00quelqu'un qui était pénétré par l'histoire de France.
16:02Donc il ne pouvait pas rayer
16:04d'un trait de plume l'ancien régime.
16:06À mon avis, il y a de cela.
16:08Ça ne faisait pas forcément de lui un monarchiste.
16:10Ce qui est très intéressant aussi,
16:12c'est qu'effectivement, aujourd'hui,
16:14beaucoup, notamment à gauche,
16:16quand vous écoutez Jean-Luc Mélenchon ou autres,
16:18font commencer l'histoire de France à 1789.
16:20Nous, avec Philippe,
16:22sommes en désaccord sur l'idée de restauration
16:24de la monarchie, mais nous sommes d'accord sur un point,
16:26c'est que l'histoire de France ne commence pas en 1789
16:28et qu'on ne peut pas rayer l'ancien régime
16:30d'un trait de plume.
16:32Je voudrais citer une phrase
16:34qu'on rapporte dans le livre du général de Gaulle
16:36qui date du 27 décembre 1969.
16:40Quand le général de Gaulle a quitté
16:42le pouvoir.
16:44« Je voudrais vous répéter de quel prix incomparables
16:46ont été pour moi, au long de ma mission nationale,
16:48votre approbation
16:50et votre soutien. En ce qui me concerne,
16:52le terme est venu.
16:54Vous, Monseigneur, demeurez intact,
16:56clairvoyant et permanent,
16:58comme l'est et doit le rester pour la France
17:00ce que vous personnifiez
17:02de suprême dans son destin. »
17:04C'est extraordinaire.
17:06Nous poursuivons ensemble, bien sûr,
17:08autour de cette question.
17:10Si le prochain président était un roi ?
17:12Évidemment, question en forme de provocation.
17:14La laïcité,
17:16dans ces conditions...
17:18C'est ce que nous allons voir
17:20dans ces conditions. La Vérité en face
17:22sur Sud Radio, jusqu'à 10h.
17:24Radio, La Vérité en face,
17:26Patrick Roger.
17:28Et si le prochain président était un roi ?
17:30Dialogue
17:32entre le procureur du roi,
17:34si je puis dire, Philippe Viguier des places,
17:36et Paul Melun, le procureur
17:38de la République, dans ce livre aux éditions
17:40Mareuil, qui est intéressant parce que
17:42c'est vrai, on le disait tout à l'heure
17:44en démarrant cette émission, la démocratie
17:46est un peu en crise, on ne sait pas comment s'en sortir.
17:48Alors, toutes les pistes sont
17:50explorées, y compris celle-ci
17:52d'une monarchie constitutionnelle.
17:54On l'a expliqué tout à l'heure.
17:56Quelle laïcité
17:58il pourrait y avoir ? Et puis, parce que souvent
18:00quand il y a une monarchie,
18:02il y a une forme
18:04d'unité, et donc il y a
18:06une même religion, etc.
18:08Là, aujourd'hui, dans la France
18:10d'aujourd'hui, ce serait quand même un peu compliqué.
18:12Alors ce qui est très intéressant à observer,
18:14c'est que
18:16toute une série de choses qui posent des problèmes
18:18chez nous, n'en posent pas dans
18:20une monarchie.
18:22En Espagne,
18:24par exemple, en Espagne, ou en Belgique,
18:26prenons l'exemple de la Belgique,
18:28c'est un cas
18:30qui est assez célèbre
18:32pour la laïcité.
18:34En Belgique,
18:36le roi va
18:38à la messe.
18:40La fête nationale est inaugurée
18:42par une grande cérémonie
18:44religieuse à la cathédrale
18:46de Bruxelles.
18:48En Espagne, les rois catholiques
18:50qui ne le sont plus beaucoup,
18:52sont également
18:54des monarques
18:56qui sont
18:58accueillis dans les églises
19:00sous un dé royal, etc.
19:02Et ça ne pose de problème à personne.
19:04Ça ne pose de problème à personne.
19:06Y compris aux autres minorités religieuses.
19:08Au Royaume-Uni,
19:10tout le monde reconnaît,
19:12en tout cas une grande majorité des Anglais
19:14reconnaissent le roi Charles
19:16comme leur souverain,
19:18quelle que soit leur religion,
19:20qu'il soit doux, qu'il soit musulman,
19:22qu'il soit juif,
19:24ou qu'il soit
19:26anglican.
19:28Alors que le roi est
19:30sacré et ouin,
19:32c'est d'ailleurs le dernier roi en Europe
19:34qui est ouin par des huiles
19:36saintes qui sont imposées sur son front.
19:38Et ça ne pose de problème à personne.
19:40Alors que nous, dans notre pays,
19:42c'est pour ça que je suis en désaccord là-dessus avec Paul Melun,
19:44on fait une crèche dans une mairie,
19:46le maire se retrouve
19:48devant un tribunal.
19:50Mais ce n'est pas un autre problème.
19:52C'est-à-dire qu'on a un rapport
19:54à la laïcité dans une monarchie
19:56qui est un rapport beaucoup plus détendu.
19:58En même temps,
20:00c'était intéressant
20:02que Philippe cite la Belgique et le Royaume-Uni
20:04parce que les problèmes communautaires
20:06dans ces deux pays sont fantastiquement
20:08énormes.
20:10Finalement, ça n'arrange rien.
20:12En tout cas, ça n'a pas de vocation
20:14à être une solution face aux grands défis
20:16contemporains. Je ne dis pas que la laïcité
20:18à la française est parfaite, loin de là.
20:20Cependant, je la vis quand même
20:22comme une protection face à l'antrisme
20:24islamique notamment, au communautarisme,
20:26etc. Et je pense que quand vous regardez
20:28aujourd'hui... On irait vers une nouvelle guerre des religions.
20:30Ce dont j'aurais peur,
20:32moi, effectivement, et c'est pour ça que
20:34je donne la contradiction à Philippe,
20:36c'est qu'aujourd'hui, la France
20:38est un pays qui n'est pas multiculturaliste
20:40dans son ADN, puisque nous avons notre laïcité,
20:42mais qu'un certain nombre de communautés
20:44religieuses ne seraient, à mon avis,
20:46pas très enclins à
20:48laisser un monarque chrétien,
20:50sachant que la France a déjà
20:52la difficulté à assumer ses racines chrétiennes.
20:54Vous savez, il y a déjà ce débat, même si
20:56on est en République, Philippe parlait des crèches,
20:58c'est vrai, on a déjà du mal à
21:00assumer cela. Je crois que c'était
21:02Emmanuel Macron qui avait...
21:04à des obsèques, qui commençait à prendre
21:06pour, vous savez, pour baigner le cercueil,
21:08et puis il s'est ravisé quand il a compris qu'il allait faire
21:10un signe de croix, il a remis le truc dans sa poche.
21:12Et Mme Macron l'a fait. Mais parce que si le président
21:14de la République bénit un cercueil, tout de suite, en France,
21:16ça devient un psychodrame national.
21:18Donc c'est vrai qu'il y a cette complexité-là
21:20en République laïque, moi je pense
21:22qu'il faut l'assumer, mais qu'en tout cas
21:24une monarchie ne serait pas
21:26de nature à réconcilier
21:28davantage et à apprécier, vous savez,
21:30ce terme un peu à la mode, davantage de vivre
21:32ensemble entre les religions en France.
21:34Oui, mais quand, par exemple,
21:36dans une monarchie constitutionnelle,
21:38le roi reste un rempart,
21:40et même si on sent
21:42le pays se dénaturer,
21:44ou si on sent l'âme du pays se déliter,
21:46il y a toujours
21:48quand même cette figure du souverain
21:50qui fait le lien
21:52entre la tradition du pays,
21:54entre le passé du pays
21:56et son avenir. C'est véritablement un rempart.
21:58Et en cela, je trouve
22:00que, imaginez qu'en France,
22:02par exemple, un jour, ce soit
22:04un président de la République
22:06d'origine musulmane,
22:08c'est le cas au Royaume-Uni
22:10avec Sadik Khan, qui soit le maire de Londres.
22:12Mais est-ce que pour autant
22:14on a le sentiment, au Royaume-Uni,
22:16que le Royaume-Uni a basculé
22:18un peu par endroits ?
22:20Oui, mais ça c'est parce que vous y jetez
22:22un regard polémique.
22:24Mais dans la réalité, je ne crois pas.
22:26Justement, il y a ce rempart.
22:28Et c'est ça qui me plaît dans la monarchie constitutionnelle.
22:30En Belgique, il n'y a pas vraiment un rempart.
22:32Il y a des tribunaux islamiques rivés.
22:34En Royaume-Uni, il y a des tribunaux islamiques.
22:36Les Belges se sentent...
22:38Oui, mais les Belges se sentent toujours Belges.
22:40Il n'y aurait plus le roi
22:42à ce moment-là. Effectivement, il y aurait un vrai
22:44problème d'identité. Le roi est le garant
22:46de l'identité. Ça, c'est vraiment très important.
22:48Je crois que ça ne suffit pas, malheureusement, en Belgique.
22:50Il y a eu, pour le coup, la une du Figaro Magazine
22:52le week-end dernier sur, justement,
22:54l'antrisme islamique.
22:56L'islamisation du pays.
22:58Moi, j'y suis allé il n'y a pas très longtemps.
23:00Vous promenez à Molenbeek, vous comprenez bien que
23:02la vocation patriotique du roi
23:04ne suffit malheureusement pas. Peut-être y contribue-t-elle.
23:06Mais elle ne suffit pas à faire une nation
23:08homogène.
23:10Philippe Viguier des places. Dernière question.
23:12Peut-être si le prochain président était un roi.
23:14Question en forme de provocation dans votre
23:16livre avec Paul Melin, évidemment.
23:18Il faut l'incarner.
23:20C'est une grosse question.
23:22Quand on a...
23:24C'est la première question que m'a posée
23:26Paul Melin quand on a commencé à écrire ce livre.
23:28Qui ? Un roi, d'accord, mais lequel ?
23:30Un roi ou une reine ?
23:32Je lui ai dit, pour une fois,
23:34on ne va pas commencer par la fin.
23:36C'est-à-dire que, généralement,
23:38quand on parle de monarchie en France,
23:40on s'étripe sur celui
23:42qui va le mieux l'incarner.
23:44Pour répondre à votre question, il y a trois prétendants
23:46qui sont plus ou moins légitimes.
23:48Le premier, c'est le comte de Paris
23:50qui est actuellement le petit-fils
23:52du comte de Paris
23:54du général de Gaulle, pour faire court.
23:56Vous voyez, il y avait eu ces contacts.
23:58Il a failli être candidat à la présidentielle en 1965.
24:00Qui est un arrière-arrière petit-fils
24:02du roi Louis-Philippe.
24:04Dernier roi des Français.
24:06Et qui a toujours incarné une certaine légitimité
24:08de la monarchie française.
24:10Après, il y a le duc d'Anjou
24:12qui est le descendant
24:14qui est l'aîné de tous les Bourbons.
24:16C'est-à-dire même l'aîné des Bourbons
24:18qui règnent sur l'Espagne.
24:20Puisqu'il y a encore des Bourbons qui règnent dans le monde,
24:22ils règnent sur l'Espagne. Donc le duc d'Anjou,
24:24il habite à Madrid,
24:26il a épousé une Vénézuélienne,
24:28parfois à Paris, mais disons qu'il est
24:30beaucoup moins connecté
24:32à la société française.
24:34Et puis le troisième,
24:36il ne faut pas l'oublier non plus,
24:38c'est le prince Napoléon
24:40qui, j'allais dire, est peut-être
24:42le plus brillant d'entre les trois.
24:44Puisqu'il a fait Harvard, HEC,
24:46il est trader
24:48à Londres.
24:50Le prince Napoléon,
24:52qui descend d'un des frères de Napoléon
24:54qui est le chef de la famille impériale,
24:56qui a une quarantaine d'années, qui est très beau,
24:58et dont la mère
25:00est une Bourbon.
25:02Donc en fait, il freine un peu la synthèse
25:04entre les deux dynasties.
25:06On ne l'entend jamais.
25:08Alors si, c'est lui
25:10qui a accueilli Emmanuel Macron
25:12lors du bicentenaire de la naissance de Napoléon,
25:14de la mort de Napoléon
25:16aux Invalides.
25:18C'était un peu épointu.
25:20Donc trois rois potentiels, pas de reines.
25:22Vous ne m'avez pas cité de reines.
25:24Mais ce n'est pas que
25:26la monarchie est très féministe.
25:28Il y a eu beaucoup de reines dans l'Europe.
25:30Mais en France,
25:32les héritiers, pour l'instant, sont plutôt
25:34des garçons.
25:36En tout cas, c'est très intéressant.
25:38Et si le prochain président était un roi ?
25:40République ou monarchie ? Un match pour la démocratie
25:42aux éditions Mareuille avec Paul Melun et Philippe Viguier.
25:44Merci d'être venu.
25:46Vous pouvez réécouter en podcast, bien sûr,
25:48poser des questions, réagir
25:50autour de ça.
25:52Je trouve en tout cas que ça a le mérite de poser un sujet
25:54au moment où on se pose beaucoup de questions
25:56autour de notre démocratie
25:58qui est en crise.
26:00Merci d'être venu ce matin au micro de Sud Radio.
26:02Dans un instant, nous allons nous interroger
26:04avec Gilles Gansman. Je vais remplacer Valérie Expert.
26:06Elle est un petit peu souffrante, elle n'a plus de voix.
26:08Je vous dis tout, ce matin, elle n'a plus de voix.
26:10Donc je vais rester avec Gilles Gansman pour les débats
26:12et notamment dans la partie médias.
26:14Très intéressant.
26:16Une enquête qui va passer,
26:18qui est diffusée sur France 5 COVID.
26:20Le secret des origines. D'où vient le COVID ?
26:22Très intéressant.
26:24Vous verrez, chinois et américains
26:26ont une responsabilité, forcément.
26:28On voit ça dans un instant.

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