• la semaine dernière
Avec Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen

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##L_INVITE_POLITIQUE-2025-03-20##

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News
Transcription
00:00Jean-Jacques Bourdin
00:02Notre invité ce matin, Karim Bouamran, maire socialiste de Saint-Ouen, bonjour.
00:08Bonjour M. Bourdin.
00:09Bonjour Karim Bouamran.
00:11Karim Bouamran, vous êtes socialiste et vous êtes en train d'essayer de faire remuer votre parti, de bouger votre parti.
00:21Nous allons y revenir ce matin parce que vous avez beaucoup de choses à dire là-dessus.
00:25Karim Bouamran, je voudrais commencer sur cette annonce faite par le ministre de l'économie qui va mettre en place un fonds pour la défense.
00:33Pour financer notre effort de défense, si j'ai bien compris, on pourra verser 500 euros minimum pour financer l'effort de défense à un fonds
00:44et qui rapportera, c'est un genre d'emprunt national, la possibilité aux Français de participer à cet effort de défense.
00:54Vous en pensez quoi ? Il faut, c'est nécessaire là ?
00:57Là, ce qui est nécessaire, c'est qu'on a changé de paradigme.
01:00Notre génération, c'était la génération, la paix est pérenne.
01:04Et là, on se rend compte que la paix n'est pas pérenne.
01:06Et on se rend compte aussi que notre allié historique, les Etats-Unis, n'est pas forcément notre allié pérenne.
01:11Donc effectivement, il faut renouer avec une politique de défense ambitieuse.
01:16Je suis plus partisan d'un emprunt européen.
01:19Je sais que les 27 se retrouvent aujourd'hui et demain.
01:22L'Allemagne et les Pays-Bas, ils sont opposés pour l'instant.
01:24L'Autriche et les Pays-Bas qui sont assez sceptiques.
01:30Je pense qu'aujourd'hui, et c'est bien ce qu'a fait le premier chancelier allemand en termes de dynamique.
01:35Le rapport de Ragui l'évoquait il y a quelques mois.
01:38On a le plan Rearm Europe qui est plus dans un plan national.
01:41Mais toujours est-il qu'aujourd'hui, on change de paradigme.
01:43On doit mettre les moyens à la hauteur de nos ambitions.
01:45C'est-à-dire faire en sorte qu'on vive dans un territoire sécurisé et de paix.
01:49Parce qu'on change.
01:51Mais cette autonomie en termes de sécurité nécessite des moyens.
01:56La dernière fois que j'étais ici, on discutait sur le projet de loi de financement.
02:00Il faut remettre tout à plat, comme l'évoquait Pierre Moscovici ce matin dans Les Echos.
02:05Il faut qu'on ait une vision globale et pas réagir à la petite semaine comme on réagit...
02:10Oui, mais Karim Bouamane...
02:12Là, il y a urgence.
02:14Trouver de l'argent pour notre défense.
02:16Certains disent que l'urgence c'est la défense, c'est plus le social.
02:21Vous êtes d'accord ou pas ?
02:23Non, il ne faut pas opposer les deux.
02:24Certains opposent les deux.
02:26Ils se trompent.
02:28Il faut qu'il y ait une véritable politique de sécurité, une autonomie sur le plan européen.
02:33C'est pour ça que cette notion de moyens doit être réfléchie sur le plan global avec les 27
02:38et mutualiser absolument au travers d'un emprunt.
02:40Il y a le plan Rearm Europe qui évoque les 650 milliards.
02:43Il y a la notion de les déconnecter des critères de Maastricht.
02:46Tout ça, c'est bien, mais ça prend 3-4 ans, 5 ans.
02:49Cela fait depuis les années 90 qu'on était dans une espèce de confort.
02:52On se disait, vous savez quoi, on a les États-Unis, pas la peine de poursuivre nos investissements militaires.
02:58Et là, on se rend compte que la paix n'est pas une valeur pérenne et partagée par toutes et tous.
03:05Aujourd'hui, on change de paradigme.
03:07L'Europe est importante et il ne faut pas opposer le social et le militaire.
03:10Alors, ne pas opposer le social et le militaire, mais il faut de l'argent.
03:13Il faut de l'argent pour le militaire et il faut de l'argent pour le social.
03:16Bon, même si on pourrait peut-être autrement répartir cet argent.
03:20Mais il y a un débat parallèle au débat consacré à la défense.
03:26Il y a le débat autour de la réforme des retraites.
03:28Bon, François Bayrou a parlé de 62 ans.
03:32On ne reviendra pas à 62 ans, dit-il.
03:35Comment avait vu reçu d'ailleurs ?
03:37Il a eu raison de dire cela ou il a trahi le Parti Socialiste ?
03:41Je pense qu'il s'est trahi lui-même.
03:43Soit on est dans une véritable volonté d'avoir un conclave, comme il l'a évoqué,
03:52pour pouvoir trouver des pistes susceptibles de financer notre système de retraite.
03:56Ou soit on fait un numéro de claquettes, et pardonnez-moi d'être trivial et prosaïque dans mon expression,
04:01afin d'une manœuvre à la Bayrou, dilatoire, tactico-tactique.
04:07Mais le conclave, c'est fini le conclave selon vous ?
04:11Il n'y aura pas de fumée.
04:13Il faut, la CGT ont déserté les lieux.
04:16Donc si d'emblée on dit que 62 ans c'est mort dans le script,
04:20au bout d'un moment on siffle la fin de la récréation.
04:23Et je ne vois pas comment on peut dégager un compromis.
04:25Non, le sujet c'est comment on arrive à financer nos systèmes de retraite,
04:28comment on arrive à intégrer la notion de pénibilité.
04:30Et je pense aussi c'est comment on travaille sur les retraités pauvres.
04:33Mais est-ce que le Parti Socialiste doit évoluer sur cette question des retraites ?
04:37Est-ce que le Parti Socialiste doit dire aujourd'hui,
04:39bon, compte tenu des paradigmes, compte tenu de la natalité,
04:45compte tenu de l'allongement de la durée de vie,
04:49eh bien oui, oui, il faut accepter de travailler plus longtemps.
04:52Est-ce qu'aujourd'hui le Parti Socialiste peut le dire ?
04:55Mais moi je vais vous le dire.
04:57Un bourdin ou un boimerane prendre la retraite à 60 ans,
05:01c'est d'une hérésie, c'est du grand n'importe quoi.
05:04On n'a pas du tout la même pénibilité que vos grands-parents, vos parents ou mon père.
05:10Donc 62 ans, 66 ans, 60 ans, c'est en fonction de la pénibilité.
05:15Prendre en compte aussi les petites retraites,
05:17un exemple très concret, à Saint-Ouen, en tant que maire de Saint-Ouen,
05:19je vois les catégorisés, c'est-à-dire les salaires qui sont à 1200 euros, 1300 euros, 1400 euros,
05:24ils ont démarré leur carrière à 27, 28 ans, 29 ans, 30 ans.
05:28Certains arrivent à 60, 61 ans, 62 ans de carrière,
05:32avec des retraites qui ne dépassent pas les 1000 euros,
05:36et avec un loyer à 900 euros.
05:37Donc vous avez cette espèce de double peine,
05:39paupérisation et en plus, on va dire, non reconnaissance de parcours.
05:44Donc il faut casser le tabou de l'âge.
05:46Est-ce qu'il faut casser le tabou de l'âge ?
05:49Oui, oui, oui, en fonction des profils de carrière.
05:52Donc il faut arrêter de dire 62 ans, 64 ans, c'est stupide selon vous ?
05:57C'est un débat unifactoriel, l'âge.
06:00Il faut intégrer la pénibilité et, au bout d'un moment,
06:03qu'est-ce que touche le retraité ?
06:05Est-ce qu'aujourd'hui on estime normal qu'un retraité,
06:07qui a travaillé chauffeur de taxi, dans la restauration ou maçon,
06:12il se retrouve à la retraite à 62 ans, 63 ans, 60 ans,
06:16avec une retraite à 900 000 euros ?
06:18Vous dites aujourd'hui au Parti Socialiste,
06:20arrêtez de vous arc-bouter sur un retour à 62 ans
06:24ou sur une opposition à 64 ans.
06:27Je dirais même plus, comme dirait Dupont et Dupont-Nantintin,
06:31le sujet ce n'est pas retraité et actif,
06:35c'est pauvre et riche.
06:38Et aujourd'hui le débat doit être mis sur la table
06:40pour justement financer nos dépenses.
06:41Et il faut oublier ce débat sur l'âge.
06:43Il faut l'intégrer.
06:44Il faut l'intégrer dans le cadre d'une réflexion globale,
06:47pénibilité, pénibilité et évolution de carrière.
06:50Mais il ne faut pas s'obstiner à vouloir défendre
06:54un retour à la retraite à 62 ans.
06:56Pas pour tout le monde.
06:57Si on se limite uniquement à 62 ans, c'est biaisé,
07:00c'est unifactoriel et c'est tronqué.
07:02Et c'est pourtant la position du Parti Socialiste.
07:06C'est pour ça qu'il faut changer de direction.
07:08Oui. Vous voulez changer de direction.
07:10Il faut changer de direction.
07:11Aujourd'hui, notre direction est arc-boutée
07:14sur des principes soit idéologiques, soit politiques surannés
07:18qui manquent d'ambition et surtout
07:20qui n'est pas du tout en phase avec les enjeux du XXIe siècle.
07:23Est-ce qu'Olivier Faure doit quitter la direction du PS ?
07:26Il peut rester, il peut se représenter, c'est son droit.
07:28Mais nous, on doit donner les moyens,
07:30ça a nous organisé pour qu'Olivier Faure
07:32ne soit plus le premier secrétaire.
07:34Ce n'est pas une fin en soi qu'il ne soit plus le premier secrétaire.
07:36Il faut dégager surtout une nouvelle équipe
07:38qui ne refasse pas, qui ne réapplique pas
07:40la même politique qu'Olivier Faure.
07:42Vous avez vu où nous sommes nés.
07:43On a fait moins de 2% dans les élections présidentielles.
07:45Oui, mais 66 députés. 66 députés, Karim Bouamrane.
07:49Et donc c'est la majorité, ça, 66 députés ?
07:51Donc on sacralise la loose.
07:53On sacralise le 66 députés. Super, génial.
07:56Les 66 députés, c'est ce qui nous donne la possibilité
07:58d'améliorer la vie des gens.
08:00Les 66 députés, c'est ce qui nous donne la possibilité
08:02de faire en sorte que les 10% de jeunes qui vivent en situation de précarité
08:05vivent dans un monde meilleur.
08:07Les 66 députés nous donnent la possibilité
08:09d'avoir les retraites, des meilleures retraites
08:11pour les travailleurs pauvres.
08:13Les 66 députés nous ont donné la possibilité
08:15de pallier la crise du logement.
08:17Les 66 députés nous ont donné la possibilité
08:19d'avoir une politique de défense commune ambitieuse.
08:21On est là, on est minorité,
08:23on est minoritaire et on est content.
08:25Ben non, moi je ne me réjouis pas d'être minoritaire.
08:27Moi ça ne m'intéresse pas d'être minoritaire.
08:29Moi ce que je veux pour améliorer
08:31la vie des Françaises et des Français,
08:33moi ce qui m'intéresse pour améliorer la vie
08:35de sous mon territoire, c'est d'être majoritaire
08:37et faire en sorte que notre vision, celle du progrès partagé,
08:39de l'espoir partagé, gagne.
08:41Et ce qui me saoule, c'est que lorsqu'on dit
08:43on a 66 députés, c'est bien, c'est Guy Mollet,
08:45c'est la SFIO, c'est un parti croupion,
08:47c'est la loose.
08:49Non, excusez-moi, moi je me remets...
08:51On ne joue pas pour la Ligue 2,
08:53on ne joue pas pour la Ligue 2, nous.
08:55On joue pour avoir un parti leader,
08:57pour un pays leader,
08:59pour une Europe leader
09:01qui réponde aux enjeux internationaux.
09:03Voilà.
09:05Il faut le départ de l'équipe Olivier Faure
09:07et mettre qui ?
09:09Qui peut porter
09:11justement ce renouveau, cette conquête,
09:13cet esprit de conquête du Parti Socialiste ?
09:15C'est une équipe.
09:17Moi j'ai rassemblé
09:19en toute humilité, toutes celles et ceux
09:21qui ont
09:23comme point commun
09:25la gagne. La gagne pour le Parti Carole
09:27des gars, il y a Hélène Geoffroy,
09:29il y a Nicolas Meilleur-Rossignol,
09:31il y a Valérie Rabault,
09:33William Gage, Philippe Brun.
09:35Le point commun qu'ils ont, c'est qu'ils ont gagné
09:37pour leur parti. Ce ne sont pas des notables,
09:39ce ne sont pas des barons. Ils ont gagné.
09:41Je leur ai dit, écoutez, moi je ne suis pas candidat,
09:43l'ambition que j'ai,
09:45elle est la suivante.
09:47C'est la suivante. Arrêtons
09:49de jouer aux imbéciles et faisons en sorte
09:51qu'on arrive à mutualiser notre intelligence,
09:53notre force pour dégager un parti
09:55costaud, un parti qui a de l'autorité,
09:57un parti souverain et surtout un parti
09:59qui redonne de l'espoir, un parti qui redonne
10:01du plaisir, de la joie. Mais attendez,
10:03M. Bourdin, on va se dire
10:05les choses. Quand vous allez
10:07dans des déjeuners ou dans des soirées, vous en connaissez
10:09beaucoup qui vous disent, écoutez,
10:11j'ai envie d'adhérer au Parti Socialiste parce que j'ai envie de changer la société.
10:13Moi j'avais ça quand j'avais 15 ans.
10:15Aujourd'hui j'en ai 52, je n'entends plus.
10:17On est devenu un parti has-been.
10:19Moi ce que je veux moi, parce que j'ai un minimum de fierté
10:21et surtout j'ai un minimum d'ambition
10:23pour toutes celles et ceux qui souffrent et toutes celles et ceux qui veulent un monde meilleur.
10:25Mais ça veut dire quoi dans l'avenir ?
10:27Plus aucun accord électoral avec LFI ?
10:29Déjà,
10:31l'hypothèque LFI,
10:33moi je l'ai levé à plusieurs reprises,
10:35c'est qu'on arrête
10:37l'ambiguïté avec Mélenchon, une rupture
10:39totale avec la politique portée
10:41par Jean-Luc Mélenchon. TOTALE !
10:43Pourquoi ? C'est pas parce qu'on ne veut pas LFI,
10:45c'est pas parce qu'on ne veut pas Jean-Luc Mélenchon.
10:47C'est tout simplement que l'objectif de Jean-Luc Mélenchon
10:49est de démolir et
10:51d'anéantir toutes
10:53les formations politiques
10:55qui ne sont pas derrière lui et qui sont de gauche.
10:57À ce titre, il y a un message,
10:59il y a un point qui m'a interpellé quand même.
11:01Quand vous regardez la stratégie politique du LFI
11:03dans les municipales, ils vont
11:05attaquer tous les fiefs
11:07des élus de gauche, qu'ils soient
11:09écologistes ou communistes
11:11ou socialistes, sortant
11:13la mienne, moi c'est une majorité de gauche.
11:15Vous serez candidat en 2026 ?
11:17En 2026, oui bien sûr,
11:19à Saint-Ouen, bien sûr.
11:21Donc ils vont vous attaquer ?
11:23Qu'ils viennent, c'est ce que j'ai dit.
11:25Donc un,
11:27ils perdront, je vais les battre,
11:29nous allons les battre, sèchement, et ensuite
11:31dans la circonscription,
11:33nous les battrons. Pourquoi ?
11:35Parce qu'aujourd'hui,
11:37ils ne respectent pas leurs engagements.
11:39Ils ont gagné grâce à l'ANUPS,
11:41ils ont gagné grâce au NFP, dans le cadre
11:43d'une coalition de gauche globale,
11:45pour contrer notre ennemi commun
11:47qui est le RN. Et là,
11:49ils sont dans une logique où ils ont déplacé
11:51l'adversité
11:53en une, on va dire,
11:55supercherie politique,
11:57pour répondre aux objectifs de Jean-Luc Mélenchon.
11:59Bien, est-ce que vous irez samedi
12:01marcher contre le racisme et l'extrême droite ?
12:03Oui, oui, oui.
12:05Vous irez ? Oui, bien sûr, en tant que militant contre le racisme
12:07et l'antisémitisme, oui, j'irai.
12:09Organisé par LFI ?
12:11Non, je... Et des associations ?
12:13Non, des associations, je me détache
12:15je me détache des...
12:17Encore une fois, les électeurs...
12:19C'est un parti antisémite pour vous ?
12:21Euh... Les électrices
12:23et les électeurs de LFI, je peux comprendre qu'à un moment
12:25de leur vie, faute de
12:27propositions politiques sérieuses
12:29et qui donnent de l'espoir pour battre l'extrême droite,
12:31ils sont tournés vers Jean-Luc Mélenchon.
12:33Je peux le comprendre. Et c'est pour ça que je m'adresse
12:35surtout à eux. Est-ce que
12:37LFI est un parti antisémite ?
12:39Je ne dirai pas que
12:41LFI est un parti antisémite. Je dirai que
12:43une partie de la direction de LFI
12:45utilise les courroies
12:47de transmission et les méthodes antisémites
12:49pour alimenter l'antisémitisme.
12:51À ce titre, l'affiche la semaine dernière
12:53qui caricaturait Hanouna
12:55est exactement au même niveau que
12:57l'exposition des années 40
12:59« Les Juifs et l'État français »
13:01et c'était une affiche antisémite. C'est la raison pour laquelle
13:03j'avais exprimé mon soutien
13:05républicain à Cyril Hanouna
13:07qui a subi une campagne antisémiste.
13:09Évidemment. Alors ensuite, le rétropédalage
13:11qui consiste à dire « Ah, on ne
13:13savait pas ». Alors ensuite, on remet
13:15la caricature
13:17du leader communiste rousset
13:19d'autres caricatures.
13:21« Ah non, vous vous trompez ».
13:23On ne se trompe pas. Évidemment que c'est une caricature
13:25antisémite. Évidemment qu'on joue avec
13:27les codes antisémites.
13:29Mais Karim Bouamrane, d'ailleurs
13:31LFI ne vous aime pas, je cite
13:33Rima Hassan, puisque vous avez
13:35parlé des nouveaux
13:37bombardements d'Israël sur Gaza.
13:39Je cite Rima Hassan, Karim Bouamrane
13:41vient de dire que le Hamas a provoqué
13:43les centaines de morts
13:45de cette nuit à Gaza, c'était hier.
13:47On le savait peu courageux,
13:49on le sait aujourd'hui très
13:51abrutis. Voilà ce qu'elle dit de vous.
13:53Déjà, quand
13:55on se fait insulter par cette personne,
13:57c'est plutôt flatteur et ça me
13:59rassure dans
14:01ma ligne politique et mes valeurs
14:03universelles. Un, qu'est-ce que je dis ?
14:05Je dis que le Hamas a fait
14:07une faute politique parce qu'il prend en otage sa population.
14:09Deux, le responsable
14:11de ces atrocités,
14:13il s'appelle Netanyahou.
14:15Et Netanyahou, le jour même, devait être jugé
14:17pour corruption.
14:19Et il y a un mandat
14:21international de la CPI et
14:23j'en appelle justement à tous
14:25les universalistes porteurs
14:27de valeurs de paix, dont le responsable
14:29du parti travailliste israélien
14:31qui a été le premier
14:33à condamner Netanyahou.
14:35Donc, la réflexion
14:37politique qui consiste à dire, à partir du moment
14:39où on condamne et Netanyahou
14:41et on considère que le Hamas prend en otage
14:43la population
14:45est digne d'un abruti,
14:47je laisse la responsabilité à
14:49cette dame de ses propos.
14:51Mais ça serait bien qu'elle s'occupe un petit peu
14:53des affaires européennes parce qu'on ne l'a pas beaucoup entendu
14:55sur les affaires européennes. Elle est députée européenne et elle passe son temps
14:57à tweeter. Donc moi je suis maire, je ne passe pas mon temps
14:59à tweeter sur ce qui se passe
15:01dans les affaires internationales. Je m'occupe de logements,
15:03je m'occupe des crèches, je m'occupe des violences conjugales,
15:05je m'occupe des espaces publics
15:07et le peu de temps
15:09qui me reste, je m'occupe des affaires
15:11de mon pays via mon parti et
15:13via des réflexions intellectuelles
15:15pour faire en sorte que...
15:17Vous êtes d'origine marocaine,
15:19vous êtes...
15:21Est-ce que c'est l'Algérie qui nous agresse, comme le disait
15:23hier matin Bruno Retailleau, à votre place ?
15:25Hier,
15:2719 mars
15:292025, dans ma commune, on a célébré
15:33le 19 mars 1962.
15:35Tout d'abord, j'ai une pensée
15:37pour tous mes amis, tous mes compatriotes
15:39français d'origine algérienne
15:41et tous mes compatriotes
15:43et tous mes amis algériens,
15:45algériennes et algériens. Vous imaginez
15:47ce qu'on subit actuellement ? Non, on ne sait pas ce que c'est,
15:49cette obsession
15:51à stigmatiser les Algériennes et les Algériens.
15:53On a toujours vécu avec des Franco-Algériens,
15:55des Français qui ont un lien avec l'Algérie.
15:57Depuis
15:59quelques semaines, il a une marotte,
16:01notre cher ministre
16:03Retailleau, c'est de se mettre sur les côtes
16:05des Algériennes et des Algériens pour pouvoir
16:07se mettre dans une
16:09dynamique des élections
16:11présidentielles de 2027. C'est inacceptable.
16:13C'est inacceptable parce que ce n'est pas la France.
16:15La France, c'est une grandeur au niveau
16:17international. La France, c'est la coopération.
16:19La France, c'est un pays d'accueil.
16:21Mais comment coopérer avec un régime dictatorial
16:23qui emprisonne un écrivain
16:25et qui ne veut pas reprendre
16:27les citoyens que la France veut
16:29lui envoyer ?
16:31On coopère exactement de façon
16:33inversée de la manière avec laquelle
16:35M. Retailleau...
16:37C'est-à-dire ? C'est-à-dire, c'est la diplomatie.
16:39On discute, on négocie,
16:41on respecte, on ne provoque pas,
16:43on ne blesse pas
16:45et on arrête les énièmes
16:47provocations
16:49qui consistent à faire du buzz
16:51pour montrer qu'il y a une espèce de clivage
16:53et pour montrer que derrière, vous avez vu,
16:55on est dur, on incarne l'autorité.
16:57Quelles ont été
16:59les avancées
17:01concrètes de cette politique
17:03franco-algérienne portée par le ministre de l'Intérieur ?
17:05Rien !
17:07Moi, je vais vous dire les conséquences.
17:09C'est que le ciment républicain est fragmenté
17:11et on cherche à monter
17:13les Français d'origine. Vous l'avez évoqué, je suis d'origine
17:15marocaine, on veut monter les Français d'origine
17:17marocaine avec les Français d'origine algérienne,
17:19on blesse les Algériens,
17:21on les stigmatise
17:23et derrière, on est en incapacité
17:25de porter une véritable politique internationale
17:27à la hauteur de notre histoire.
17:29Il n'y a pas plus, d'ailleurs,
17:31de ressortissants marocains sous au QTF
17:33que l'Algérie.
17:35Que les Tunisiens.
17:37On est à 16%,
17:39130 000 au QTF, 16%
17:41d'exécution, donc c'est la raison pour laquelle
17:43il y a cette espèce de fantasme
17:45qui est né
17:47de la guerre d'Algérie et
17:49M. Rotaïou a un véritable problème avec
17:51la communauté algérienne et je veux vraiment
17:53exprimer ma solidarité avec la communauté algérienne
17:55et une pensée pour tous mes amis qui ont un lien avec ce pays.
17:57Le voile dans le sport,
17:59vous êtes passionné de sport, évidemment, vous suivez de très près
18:01le Red Star qui est
18:03le club de votre communauté.
18:05Le grand club, avec Nîmes.
18:07Vous êtes mieux que nous pour l'instant.
18:09Le voile dans le sport,
18:11interdiction à toutes les compétitions sportives
18:13par la loi d'Isaïer Bruno Rotaïou,
18:15il y a un texte qui a été voté au Sénat
18:17qui va venir à l'Assemblée nationale,
18:19je vois qu'Elisabeth Borne assure
18:21qu'elle est favorable à l'interdiction du voile
18:23dans les compétitions sportives, vous aussi ?
18:25Moi je m'en contrefiche,
18:27on parle de 0,07%
18:29des licenciés.
18:31Est-ce qu'aujourd'hui
18:33la laïcité
18:35qui est non pas la direction des consciences
18:37mais la liberté des consciences
18:39doit être appliquée
18:41rigoureusement, notamment
18:43la neutralité dans les services publics ?
18:45Évidemment.
18:47Liberté, égalité, fraternité, laïcité
18:49c'est un principe républicain, on ne rigole pas avec ça.
18:51Mais là de quoi on parle ?
18:53On cherche à exploiter
18:55un volet qui concerne 0,07%
18:57de licenciés
18:59pour jouer sur la neutralité
19:01et l'application de la liberté ?
19:03Est-ce qu'il y a un antrisme par exemple
19:05des frères musulmans, de l'islamisme
19:07dans le sport ?
19:09Est-ce que vous le constatez vous,
19:11dans votre commune ?
19:13Pardon, mais il y a
19:15aujourd'hui dans des clubs,
19:17qu'ils soient amateurs, professionnels ou autres,
19:19des pratiques qui n'existaient pas
19:21pendant 20 ou 30 ans, vous êtes d'accord avec moi ?
19:23Mais évidemment !
19:25Alors, est-ce qu'il y a
19:27un antrisme ou pas aujourd'hui ?
19:29Qu'est-ce qu'on appelle par antrisme ? Est-ce qu'aujourd'hui dans les pratiques
19:31sportives, il y a
19:33des comportements machistes,
19:35des comportements sexistes,
19:37des comportements virilistes,
19:39et des comportements qui sont
19:41conservateurs et qui pourraient s'associer
19:43à une version ou une interprétation
19:45ultra-rigoriste de l'islam
19:47voire de l'intégrisme religieux,
19:49islam ou même catholique ?
19:51Evidemment, ça a toujours existé !
19:53Mais on parle de 0,07% des licenciés !
19:55Et là derrière, en faisant cela,
19:57on cherche à exploiter, à instrumentaliser
19:59un pan important
20:01de notre pays,
20:03de nos valeurs de notre pays,
20:05qui est la laïcité. Donc derrière, la question c'est
20:07est-ce que cette loi est nécessaire ? Déjà je ne sais pas si elle va être validée par le Conseil d'État,
20:09donc ça c'est un sujet,
20:11et ça ne sera pas le énième retoquage
20:13qu'aura subi M. Rotaillot sur ce sujet-là,
20:15mais est-ce que derrière cette loi est nécessaire
20:17aujourd'hui ? Mais comme dirait
20:19les américains, c'est du bullshit !
20:21Mais franchement, c'est du grand n'importe quoi !
20:23L'époque de la burqa, c'était important
20:25parce que la burqa c'était une question de sécurité !
20:27Mais alors vous me dites, est-ce qu'aujourd'hui
20:29il y aurait de l'antrisme ?
20:31Mais il y a de l'antrisme partout !
20:33Pas uniquement dans les associations sportives,
20:35c'est le rôle de la DGSI de voir si
20:37notre sécurité est fragilisée
20:39à cause de mouvements...
20:41Mais est-ce que ça vous choque ou pas que dans un vestiaire
20:43de football par exemple,
20:45les joueurs ne
20:47se mettent plus nus parce que
20:49ça choque
20:51beaucoup d'autres joueurs
20:53d'une même équipe ?
20:55Moi j'ai été footballeur et je suis un...
20:57Vous connaissez parfaitement le sujet !
20:59Je suis héritier des années 70.
21:01À l'époque, il n'y avait pas
21:03ce type de
21:05pudeur de vestiaire, et dans la génération
21:07non plus. Maintenant, ça a évolué.
21:09Moi j'intègre le fait que parce que ça a évolué,
21:11certains prennent leur
21:13douche avec leur caleçon
21:15ou leur slip. Ça ne me choque pas.
21:17Il n'y a aucun problème là-dessus, c'est une évolution.
21:19La question c'est, ces pratiques-là remettent-elles
21:21en question notre principe de la laïcité ?
21:23Non ! Bon ben voilà, c'est
21:25l'évolution. Ça ne me choque pas.
21:27J'en fais pas une affaire de principe
21:29politique parce qu'il y a des choses
21:31plus importantes et surtout, la laïcité,
21:33le combat pour la laïcité, ne se joue pas
21:35dans les vestiaires de foot.
21:37Hier matin, Bruno Retailleau disait
21:39« Toutes les femmes qui portent le voile ne sont pas islamistes,
21:41mais tous les islamistes veulent
21:43isoler et voiler les femmes. »
21:45C'est vrai ?
21:47Monsieur Retailleau a un
21:49bougé intellectuel et je m'en réjouis.
21:51C'est ce que j'ai toujours dit. Une femme qui porte un voile,
21:53ça ne me choque pas. Ce qui me choque,
21:55c'est une femme à qui on a imposé le voile.
21:57Ce qui me choque, c'est qu'en Iran,
21:59certaines femmes, et on se souvient
22:01de l'image forte, puissante,
22:03et j'étais un des premiers à intervenir et à manifester
22:05pour les soutenir.
22:07Une femme qui décide de ne pas
22:09porter le voile et on l'impose,
22:11ça me choque. Je me bats pour la liberté, pour les libertés.
22:13Maintenant, toutes les femmes qui portent
22:15le voile ne sont pas islamistes,
22:17merci monsieur Retailleau, ce n'est pas un scoop pour nous.
22:19Et j'aimerais même dire,
22:21toutes les femmes qui portent le voile ne sont pas forcément musulmanes.
22:23Il faut qu'elles se promènent du côté de Naples,
22:25ou du côté du sud de l'Italie,
22:27ou même du sud de l'Espagne, ou même en Espagne tout court.
22:29Le voile
22:31n'est pas un signe ostentatoire,
22:33ou n'est pas un signe d'appartenance
22:35à la religion musulmane.
22:37– Merci Karim Bouamane d'être venu nous voir ce matin.
22:39– C'est fini ?
22:41– Oui déjà, 23 minutes.
22:43– C'est incroyable.
22:45– Karim Bouamane, 23 minutes. Bien, merci beaucoup.
22:47– Merci à vous. – Il est 8h57.

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