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La députée La France insoumise de Seine-Maritime était l'invitée du "8h30 franceinfo"; samedi 8 mars 2025.

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00:00Bonjour Alma Dufour, vous êtes députée à l'EFI de Seine-Maritime, dans l'avalanche
00:05de chiffres et d'informations qui paraissent comme chaque année pour ce 8 mars, on pourrait
00:10retenir l'écart de salaire homme-femme, en France qui est plus que de 3,8% à emploi
00:16égale, ou encore par exemple le fait que le Mexique, qui est l'un des pays les plus
00:19machistes d'Amérique centrale, a élu une femme à sa tête, Claudia Schoenbaum.
00:23Vous, la meilleure nouvelle de l'année est coulée pour les droits des femmes, quelle
00:27est-elle ?
00:29Alors, la meilleure nouvelle, je ne sais pas si on peut parler de meilleure nouvelle,
00:33mais quand même, je dirais que les affaires judiciaires de grande ampleur qu'on voit
00:38arriver, concernant évidemment Gisèle Pellicot et son mari, mais maintenant aussi concernant
00:44ce chirurgien, M. Squarney, qui passe enfin, qui comparaît enfin devant la justice, montre,
00:50je l'espère à tous, que l'impunité sur les violences sexistes et sexuelles, et surtout
00:55sur les violences sexuelles faites aux femmes, est en train de prendre fin.
01:00Mais voilà, mais du coup, c'est très important.
01:02Après, le combat est très très long, et je voulais quand même profiter de cette antenne
01:08ce matin pour adresser mes condoléances aux proches, aux familles des 23 femmes qui sont
01:14mortes d'un féminicide, donc assassinées par leur conjoint ou leur ex-conjoint, depuis
01:18le 1er janvier.
01:19C'est-à-dire qu'on en est encore à des taux de féminicides excessivement importants
01:23en France.
01:24Ça doit être à peu près estimé par les associations, parce que les statistiques du
01:27ministère de l'Intérieur ne permettent pas vraiment de faire ce tri, déjà c'est peut-être
01:32un problème.
01:33Mais donc du coup, la question des violences conjugales, des violences faites aux femmes
01:36n'est toujours pas réglée, et on attend toujours les 2,6 milliards qui avaient été
01:40promis par le président Macron aux associations, justement pour lutter contre ce phénomène
01:45qui est absolument inacceptable dans une démocratie.
01:47Sur les écarts de salaire Alma Dufour, Bérengère l'évoquait, 3,8% à poste égal, alors c'est
01:55un peu plus évidemment, il y a toujours la question des temps partiels subis, etc.
02:01Comment on grappille à poste égal ces derniers pourcents qui vont manquer ?
02:05Il y a du progrès quand même déjà.
02:09Oui, mais en fait ce qui est intéressant c'est que ce n'est pas à poste égal, parce
02:12que le patriarcat et la discrimination des femmes s'exerce tout au long de la vie,
02:17et ça finit par aboutir au fait que 1, effectivement il y a plus de temps partiels, 2, les professions
02:22moins rémunérées sont davantage occupées par les femmes, 3, les femmes qui ont des
02:26enfants vont travailler moins, vont prendre en charge davantage les enfants, et l'écart
02:31de salaire s'agrandit au fur et à mesure qu'une femme a des enfants.
02:33Est-ce que les politiques d'enveloppes par exemple qui sont mises en place dans les entreprises,
02:36les enveloppes pour l'égalité, ça c'est quelque chose que vous saluez j'imagine ?
02:39Bien sûr.
02:40Ça fonctionne bien paraît-il ?
02:41Moi quand je vois encore une fois toujours qu'il y a 22% au global, je ne prends pas
02:45les chiffres à travail égal, parce que justement les femmes n'ont pas de travail
02:49égal avec celui des hommes, c'est bien le problème.
02:51Ça existe quand même.
02:53Oui mais en statistique, c'est ce que j'essaye de vous dire, et même on voit avec l'âge,
02:57les femmes ont beaucoup moins de promotion que les hommes, donc les femmes se retrouveront
03:00beaucoup moins facilement.
03:01Mais c'est quoi, c'est la contrainte ?
03:02Mais bien sûr qu'il faut de la contrainte.
03:04C'est contraindre le chef d'entreprise, c'est la société qui ne bouge pas, comment on grapille ?
03:09Il faut de la contrainte à métier égal, justement surgrapiller ces pourcents qui manquent,
03:14mais aussi il faut que les pouvoirs publics s'intéressent aux métiers dits féminisés.
03:17Il y a deux manières, déjà nous par exemple, les AESH, les aides à domicile, des métiers
03:21très féminisés, dans ma circonscription, des fois dans certaines villes, une femme
03:25sur trois occupe ce type de métier.
03:27Ces métiers ne sont pas reconnus, ce sont des temps partiels subis, on leur impose.
03:32Elles sont à 900 euros par mois, ça ce n'est plus possible, nous la France insoumise on
03:36se bat pour une création du statut de fonctionnaire par exemple, pour les AESH, pour les aides
03:40à domicile, pour donner des temps complets.
03:44C'est ce que vous avez récompli pour les aides à domicile ?
03:45Oui bien sûr, un droit du travail qui permette d'atteindre le temps complet, ensuite il
03:51faut revaloriser les bas salaires, parce que là aussi les femmes occupent davantage des
03:55métiers à bas salaire que les hommes.
03:57Il y a plus de femmes au SMIC que d'hommes en proportion par rapport à la répartition
04:00dans la société.
04:01Quand on dit qu'il faut augmenter le SMIC, quand on dit qu'il faut lutter contre l'inflation,
04:05toutes ces mesures-là peuvent paraître, elles sont générales, mais elles protègent
04:10en premier lieu les femmes, et idem pour la réforme des retraites, qui, sans surprise
04:14et comme nous l'avions annoncé pendant un an au moment de la négociation, pénalisent
04:17davantage les femmes que les hommes, et là aussi c'est un vrai problème.
04:21Juste un mot avant de revenir à l'Ukraine, on a appris hier que la France insoumise avait
04:26déposé une proposition de loi pour mettre fin au devoir conjugal dans le droit français.
04:30Oui tout à fait, qui est une anachronie totale.
04:33La CEDH a condamné la France suite à un divorce pour faute prononcée contre une femme qui
04:38ne dormait plus avec son mari en clair, c'est utilisé dans combien de divorces chaque année
04:42ça en France ?
04:43Écoutez, c'est assez faible, mais la question c'est surtout, c'est symbolique, il y a des
04:48choses qui doivent être ancrées dans le droit pour faire avancer les mentalités.
04:52On va revenir sur la question des violences conjugales, des féminicides, il faut rompre
04:57cette idée qu'une femme appartient à un homme à partir du moment où elle est en
05:02couple avec lui, et a fortiori à partir du moment où elle est mariée avec lui.
05:05Je ne veux pas revenir sur l'affaire Pélico, mais on parle de ça, et ça, symboliquement,
05:10ça permet de trancher définitivement cette question-là dans l'imaginaire de tous les
05:14Françaises et les Français, c'est-à-dire non, le fait d'être mariée à un homme
05:18ne lui donne pas des droits sur votre corps.
05:19Et vous voulez inscrire ça dans le code civil.
05:21Voilà.
05:22Alma Dufour, un tout autre sujet qui est évidemment au cœur de l'actualité, c'est la guerre
05:27en Ukraine, ce qui est en train de se passer sous nos yeux du point de vue américain,
05:31du point de vue russe.
05:33Également, est-ce que, d'ailleurs, à vos yeux, la Russie est un adversaire ?
05:39En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il faut faire très, très, très attention
05:43dans la période aux mots qu'on utilise.
05:45C'est bien pour ça que je vous demande de qualifier ce qu'est la Russie.
05:48Justement, et c'est bien pour ça que je vous dirais que je ne préfère pas qualifier
05:52un État qui a une puissance nucléaire, avec laquelle on espère qu'il est encore possible
05:57d'aboutir à une paix plus juste.
05:59Vous ne qualifiez pas la Russie ? La Russie n'est ni une menace, ni un adversaire ?
06:03Bien sûr que c'est une menace.
06:05Mais dire adversaire, ça veut dire quasiment qu'on est prêts à rentrer en guerre.
06:09Mais menace existentielle, comme le dit Emmanuel Macron, c'est une réalité.
06:12Pour qui ? Pour l'Ukraine, ça, c'est une certitude.
06:14Pour l'Europe.
06:15Pour la Géorgie, c'est sans doute une certitude.
06:17Pour les États membres de l'Union européenne, il faut être précis sur ce qu'on dit.
06:21Pour les États membres de l'Union européenne, c'est beaucoup moins une certitude.
06:24Je veux dire, la Russie a réussi à prendre contrôle du Donbass, mais elle n'a pas réussi
06:29à envahir la Crimée, à prendre le contrôle de Kiev.
06:32Il faut quand même rappeler la réalité des rapports de force sur le terrain.
06:35C'est-à-dire que si l'Ukraine ne peut sans doute pas regagner la guerre sans le soutien des États-Unis...
06:40Mais la guerre hybride qui nous est menée sur le cyber, en mer par la Russie,
06:44les avions qui passent à côté d'avions français...
06:47Attendez, laissez-moi finir.
06:48Parce que si, dans ce cas-là, la Russie est un adversaire, expliquez-moi pourquoi l'Union européenne
06:52achète plus en 2024 de gaz et de pétrole russe qu'elle ne donne d'argent à l'Ukraine.
06:58Parce que diversifier, ça prend du temps et que c'est compliqué.
07:00Oui, enfin, sauf que ça a réaugmenté...
07:02Et parce qu'il y a des centrales nucléaires qui ont été fermées dans certains pays aussi, comme l'Allemagne.
07:05Oui, mais ça, c'est les choix de l'Allemagne.
07:07Vous savez que depuis le début de la guerre, on a dépensé 200 milliards,
07:10on a donné 200 milliards à la Russie en pétrole et gaz russe.
07:13Moi, ce que je veux, c'est qu'on arrête...
07:15Donc pour vous, il faudrait stopper ça complètement.
07:16Bien sûr.
07:17Tant pis si l'approvisionnement est effrayant.
07:19Mais attendez, la France, franchement, on n'a pas tant de problèmes que ça.
07:23Nous, en plus, on est obligés aujourd'hui de payer un prix de l'électricité européen
07:26qui est indexé sur le prix du gaz alors qu'on en consomme très peu.
07:29Tout ça pour favoriser les intérêts de l'Allemagne.
07:31Ce que je veux dire, c'est qu'il faut prendre ces sujets avec sérieux.
07:35Il ne faut pas se faire embarquer dans un espèce de coup de force
07:38qu'on est en train de nous vendre.
07:39La France n'est pas menacée aujourd'hui.
07:43La France n'est pas menacée pour vous ?
07:45Elle n'est pas menacée militairement.
07:47Nous avons 300 têtes nucléaires...
07:49La désorganisation d'une cyberattaque...
07:51Mais la Russie n'est pas les seules à faire des cyberattaques.
07:56Ils en font beaucoup.
07:58Je ne dis pas que la Russie n'est pas une menace.
08:00Ce que je veux dire, c'est quand on dit adversaire, entrée en guerre,
08:02il faudrait que le Président, déjà, soit beaucoup plus attentif
08:06aux mots qu'il prononce, ne change pas d'avis toutes les deux secondes
08:09comme le Président Trump.
08:10Je vous rappelle quand même qu'il y a un an, il avait dit
08:12qu'on était prêts à envoyer des troupes au sol en Ukraine.
08:15Il a été désavoué par beaucoup de pays qui font partie de l'OTAN.
08:19Il faut qu'on s'interrompe une seconde parce qu'on doit aller au fil info.
08:21Excusez-moi juste, c'est parce qu'il ne faut pas suivre
08:24la fâcheuse tendance du Président Macron à dire tout et n'importe quoi
08:29à la télé sur des sujets de défense.
08:30On va rentrer dans le détail dans une minute.
08:33D'abord votre fil info à 9h moins 20.
08:35Mathilde Romagna.
08:37La prise en charge médicale des femmes n'est pas la même
08:39que celle des hommes.
08:40Une femme sur deux dit avoir déjà vécu une minimisation
08:43de ses symptômes par un professionnel de santé.
08:45C'est ce que montre une étude de la Fédération hospitalière
08:48de France publiée à l'occasion de la Journée internationale
08:51des droits des femmes.
08:52Le trafic est normal ce matin en gare du Nord à Paris
08:55après une journée de très fortes perturbations.
08:58Hier, la circulation a été totalement interrompue
09:00après la découverte d'une bombe datant de la Seconde Guerre mondiale.
09:04C'est une première.
09:05Deux collectifs appellent à manifester cet après-midi à Ajaccio en Corse
09:09contre la mafia et contre la criminalité organisée.
09:12Et deux semaines après la mort de Chloé, étudiante de 18 ans,
09:17dans sa voiture sur fond de règlement de compte.
09:19La France affronte l'Irlande cet après-midi
09:21pour la quatrième journée du tournoi destination de rugby.
09:24Le 15 du trèfle et l'actuel tenant du titre,
09:26toujours invaincu pour l'instant dans cette compétition,
09:29coup d'envoi à 15h15.
09:40Toujours avec Alma Dufour, députée La France insoumise de Seine-Maritime
09:45et membre de la commission de la défense à l'Assemblée nationale.
09:49Vous évoquiez les mots d'Emmanuel Macron.
09:51Il y a aussi les propositions.
09:53Alors vous, quels sont les vôtres ?
09:55Est-ce que par exemple, s'il devait y avoir un cessez-le-feu,
09:59il faudrait envoyer des soldats européens
10:06comme une force de maintien de la paix ou en tout cas de contrôle de la paix ?
10:10Bien sûr.
10:11Alors là, pour le coup, je vais sans doute vous étonner
10:13parce que je sais que nos positions sur ce qui se passe en Ukraine
10:15sont toujours très mal relayées.
10:17On a toujours été pour l'envoi, par exemple, des casques bleus.
10:20C'est-à-dire que des forces de paix, y compris...
10:22Pour que ce soit sous mandat de l'ONU.
10:24On préférait que ce soit sous mandat de l'ONU, oui.
10:26C'est le mandat le plus légitime.
10:28Et que les Français, les soldats français participent à ces forces de paix
10:31pour garantir un traité de paix qui soit juste.
10:34Parce que ce que propose Trump à l'Ukraine
10:36et le pillage de ses ressources pour 500 milliards d'euros
10:39qui vont repartir à la Russie et aux Etats-Unis comme par hasard,
10:42c'est inacceptable.
10:43Et on comprend le président Zelensky
10:45de ne pas avoir voulu céder à ce chantage.
10:47Néanmoins, il dit aujourd'hui qu'il veut un accord de paix.
10:50Nous voulons tous un accord de paix.
10:51Et bien sûr que l'envoi des casques bleus, notamment,
10:54serait une bonne chose pour préserver cet accord de paix.
10:56Et un cessez-le-feu...
10:58Globalement, tout le monde est d'accord pour un cessez-le-feu.
11:01Oui, mais il faut le dire.
11:03Moi, je préfère parler de cessez-le-feu
11:05que de traiter la Russie d'adversaires, d'ennemis, etc.
11:08Parce que si on va devoir négocier...
11:10Malheureusement, on n'a pas envie de négocier avec Poutine
11:12qui a agressé l'Ukraine, qui a tué des dizaines de milliers de civils.
11:15Et précisons qu'il a également envahi la Crimée.
11:17Oui, il a crimé depuis 2014.
11:19Mais avec quel objectif, Alma Dufour ?
11:21Là aussi, je reviendrai sur l'hypocrisie.
11:23Parce que depuis 2014, la Russie s'est attaquée aux frontières de l'Ukraine
11:26en envahissant la Crimée.
11:27Ça n'a pas empêché Emmanuel Macron, en 2017,
11:30de soutenir des projets gaziers en Russie.
11:32Je crois me souvenir que Jean-Luc Mélenchon pouvait avoir aussi des propos
11:34pas forcément totalement critiques vis-à-vis de Vladimir Poutine.
11:38Il n'est pas au pouvoir, Jean-Luc Mélenchon.
11:40Là, je vous parle d'un projet gazier de Total Energy,
11:43Yamal LNG, qui a été soutenu en 2017 avec de l'argent public français
11:46par Emmanuel Macron, alors qu'il y avait déjà eu la guerre en Crimée.
11:49Donc il faut cesser l'hypocrisie.
11:51Restons sur le cessez-le-feu, Alma Dufour.
11:53Tout le monde veut un cessez-le-feu.
11:55Personne ne dit clairement avec quel objectif.
11:57Est-ce que l'idée, c'est de restituer les territoires ukrainiens aux ukrainiens ?
12:01Est-ce que c'est de geler la situation en l'état ?
12:04Écoutez, évidemment, ce qui est souhaitable,
12:10c'est que l'intégrité territoriale de l'Ukraine soit retrouvée.
12:14Néanmoins, est-ce que c'est possible dans le rapport de force actuelle militaire ?
12:18C'est ça la question, la probabilité.
12:20Mais là, encore une fois, ça me gêne de devoir dire ça à la télé,
12:23parce que c'est des négociations importantes, diplomatiques et militaires.
12:26Sans le soutien actif des États-Unis, c'est très peu probable
12:31que l'Ukraine réussisse à récupérer le don Basse.
12:35On est clair.
12:36Alors, la question, c'est qu'est-ce qu'on peut obtenir de meilleur pour l'Ukraine ?
12:40Parce que ce que Trump a mis sur la table,
12:42c'est du pillage pur et simple et c'est inacceptable.
12:45Et donc, c'est obtenir quoi ?
12:46Et bien, c'est obtenir...
12:47L'entrée dans l'OTAN ?
12:48Alors, l'entrée dans l'OTAN, je pense que c'est la pire idée, par contre.
12:51Je pense que c'est la pire idée, si vous voulez négocier.
12:53Mais parce que c'est ça qui a déclenché...
12:54Même sans les Américains qui sont en train de faire ça.
12:56Mais ça, c'est le narratif du Kremlin, quand même.
12:57Oui, en tout cas, c'est comme ça qu'il le justifie.
12:59Mais même si c'est faux ou si c'est vrai,
13:01quoi qu'il en soit, ils prendront prétexte de ça
13:03pour ne pas signer un accord de cessez-le-feu.
13:05Vous comprenez ça.
13:06Donc, la question, c'est qu'il faut récupérer le maximum de territoire ukrainien.
13:10Il faut demander leur avis aux populations concernées.
13:12Et il ne faut pas que ce soit un pillage en bande organisée.
13:15Je peux juste vous dire ça.
13:16Ce n'est pas à la France de dicter les conditions acceptables de l'Ukraine
13:20pour son propre pays.
13:21Mais voilà, il faut aller vers quelque chose de plus juste
13:24que ce qui a été proposé.
13:25Je ne peux que vous dire ça au jour d'aujourd'hui.
13:27Mais par contre, je suis sûre qu'il faut être très prudent
13:29sur les mots qu'on emploie.
13:31Il ne faut surtout pas se précipiter dans le chantage de Donald Trump
13:35parce que les 3,5% de PIB dans la défense,
13:37ce n'est pas un chiffre sérieux.
13:39C'est ce qu'a demandé Donald Trump.
13:41Il faut qu'on ait un état des lieux sur notre industrie militaire,
13:45notre dépendance militaire.
13:46Aujourd'hui, il y a des usines en France qui ferment.
13:48Vous partagez la nécessité de se réarmer.
13:49Oui, mais pas n'importe comment.
13:51Il faut qu'on achète du matériel militaire français et européen.
13:54Aujourd'hui, le gouvernement, le même qui fait le vote en guerre,
13:57laisse fermer des usines stratégiques pour notre dissuasion nucléaire
14:01comme Vencoresque, par exemple.
14:03En Isère.
14:04Comme Vencoresque en Isère.
14:05Mais ça veut dire que vous soutiendrez tout plan de soutien
14:08à cette industrie de défense ?
14:10Oui, mais sauf que là, il n'y a pas de plan.
14:13Il n'y a eu aucun mot sur la relocalisation.
14:15Je vais vous dire le résultat.
14:17Si c'est maintenant qu'on dépense...
14:19Les votes sur le sujet, c'est très variable chez les Insoumis.
14:23Il y a un an, vous avez voté contre.
14:25Moi, je suis en commission défense.
14:27On n'a jamais été contre l'augmentation du budget de l'armement en France.
14:31Vous avez voté la loi de programmation militaire ?
14:33Non, mais la question...
14:34Parce qu'il y avait beaucoup de choses qui ne me convenaient pas.
14:36Et vous n'avez pas voté le soutien à l'Ukraine il y a un an ?
14:38Si, mais attendez.
14:39La question, Madame, c'est qu'est-ce qu'on fait ?
14:43Et ce n'était pas un soutien.
14:44C'était une résolution.
14:45Mais la loi de programmation militaire, c'est des dizaines de milliards en plus.
14:47C'était les mots de la résolution.
14:48La question de l'élargissement à l'OTAN.
14:49C'est la question de l'élargissement potentiel à l'Union Européenne qu'on ne voulait pas voter.
14:53Ce n'est pas le soutien militaire.
14:54Nous ne sommes pas contre envoyer des armes et de l'argent à l'Ukraine.
14:58Il va falloir le dire.
14:59Je reviens sur la loi de programmation militaire.
15:00C'était des dizaines de milliards en plus pour l'armée.
15:02Est-ce que je peux finir, s'il vous plaît ?
15:04Je suis en commission défense.
15:05Mais précisément.
15:06Notre position, elle est claire.
15:07Nous ne sommes pas opposés au montant pour renforcer le budget militaire.
15:13Nous sommes, par contre, excessivement opposés à une rhétorique hypocrite.
15:17Au fait de dire qu'on va envoyer des soldats alors qu'on n'est même pas capable d'appliquer des sanctions économiques dignes de ce nom.
15:22Au fait qu'on utilise ces armes correctement.
15:25Qu'elles respectent les droits de l'homme.
15:27On est aussi extrêmement tâtillons à ce qu'on n'exporte pas d'armes.
15:29Par exemple, d'air Israël qui commet un génocide.
15:31Tout ça, c'est très important.
15:32Vous savez que ce terme est contesté.
15:34C'est très important.
15:35Moi, ce que je vais vous dire, c'est qu'on n'est pas contre le réarmement de la France et de l'Europe.
15:39La question, c'est que là, si on dépense 40 milliards cette année dans du matériel militaire,
15:44ils vont aller où ces 40 milliards ?
15:46Aux Etats-Unis.
15:47Parce que 63% des dépenses de l'Union Européenne en matériel militaire,
15:51elles vont dans les poches de qui ?
15:53De Donald Trump.
15:54Et c'est exactement pour ça qu'il nous fait ce chantage.
15:56Vous croyez que c'est sérieux quand un partenaire, et je mets des guillemets,
16:01se désengage aussi brutalement, humilie un chef d'Etat ?
16:04Il faut par exemple annuler les commandes de F-35 qui sont faites par les Etats membres de l'Union ?
16:08Je peux finir une phrase ?
16:09Il a humilié Zeminsky ?
16:10Oui, mais il faut qu'on pose des questions aussi.
16:11Non, mais vous pensez sérieusement que c'est sérieux de dire
16:14« Ok, pas de soucis, et on va vous faire un chèque de 40 milliards pour du matériel militaire
16:17alors que vous venez de mettre un couteau dans le dos à l'Ukraine et à l'Union Européenne ? »
16:21Voilà, c'est ça qu'on dit.
16:22Donc nous, on veut bien augmenter les budgets.
16:24Il nous reste 30 secondes.
16:25Mais il faut un plan sérieux.
16:26Comment on finance cet effort de défense ?
16:28On parle de grands emprunts, on parle d'utiliser les avoirs réguliers.
16:31Désolée, ce sera très court, mais votre réponse à quelques mots.
16:35Déjà, c'est hors de question qu'on le fasse sur le dos des services publics,
16:38qu'on le fasse sur le dos de l'hôpital public, qu'on le fasse sur le dos des écoles.
16:42Donc on le fait sur quoi ?
16:43On le fait en augmentant les impôts.
16:44Je suis désolée, mais c'est comme ça.
16:45De tout le monde ?
16:46Non, pas de tout le monde, des milliardaires.
16:47Nous, de tout le monde, on est très clair.
16:49C'est la solution à tout ?
16:50Écoutez, il y a quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent.
16:53Vous savez qu'avec 2% du patrimoine des 500 fortunes les plus riches de France,
16:56on gagne 25 milliards d'euros, c'est-à-dire la moitié de l'effort militaire que vous souhaitez.
17:00Merci à vous, Alma Dufour, députée La France Insoumise de Seine-Maritime
17:04et membre de la commission de la défense à l'Assemblée nationale.
17:07Merci.

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